Likkutei Torah · Parshas Haazinu · Maamar 4
כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף
Comme l’aigle qui éveille son nid
L’idée centrale
L’âme, une part de Havaya, suit le corps éphémère jusque dans un désert spirituel et, par négligence, perd son étincelle divine au profit de l’autre côté. La réponse de D.ieu est l’aigle : la compassion qui éveille et plane dans les supplications précédant le Chema, puis la techouva plus profonde « du fond des profondeurs » dans le Chema, et surtout à Yom Kippour, qui élève l’âme au-dessus de ses fautes vers D.ieu seul.
Le maamar en bref
Le cantique de Moché compare D.ieu à un aigle qui éveille son nid, plane au-dessus de ses petits et les porte sur ses ailes. Le Rabbi Chnéour Zalman situe le verset après « Il l’a trouvé dans un pays désert » : l’âme, une part de Havaya, suit le corps éphémère jusque dans un désert spirituel. L’aigle est l’une des faces du Char d’Ézéchiel. Au Sinaï et à l’époque du Temple, la divinité se révélait comme une expression générale et collective unique ; en exil, elle se manifeste par l’intermédiaire des anges, le lion (l’amour) et le bœuf (la crainte), ce qui explique pourquoi les bénédictions précédant le Chema décrivent les anges. La racine d’Israël se trouve au-dessus des anges, comme le sommet de l’échelle de Jacob, et, par le sacrifice de soi dans le Chema, l’âme s’élève et les élève. L’aigle (nécher, de nachar, « tomber ») exprime la compassion pour l’étincelle divine qui est tombée. « Nous avons transgressé » signifie que nous avons été des gardiens négligents de cette étincelle ; la techouva du fond des profondeurs fait descendre une volonté qui dépasse toute faute et libère l’étincelle, surtout pendant les Dix Jours de Techouva. Les étapes du verset correspondent ensuite à la prière, au mois d’Eloul et à Yom Kippour, pour s’achever sur le désert lui-même comme lieu d’élévation.
Plan
- L’âme dans le désertLe verset de l’aigle suit « Il l’a trouvé dans un pays désert » : l’âme, une part de Havaya, suit le corps éphémère jusque dans un désert spirituel, et l’aigle représente la compassion de D.ieu.¶1
- Les faces du CharÉzéchiel vit la divinité revêtue du lion et du bœuf parce qu’il prophétisait en exil. Au Sinaï et à l’époque du Temple, elle se révélait comme une expression générale et collective unique ; en exil, l’amour et la crainte passent par les anges, d’où les bénédictions précédant le Chema.¶2–4
- L’échelle de Jacob et l’étincelle tombéeLa racine d’Israël se trouve au-dessus des anges ; par le sacrifice de soi dans le Chema, l’âme s’élève et les élève (« montant »). La « descente » est celle de l’aigle, la compassion pour l’étincelle divine qui est tombée. Les mitsvot font descendre la divinité dans l’âme, mais après des instants d’inspiration, l’homme tombe et l’étincelle est perdue au profit de la kelipa.¶5–7
- Négligence, pardon et retrouvaille« Nous avons transgressé » désigne la négligence à préserver l’étincelle par la Torah. Le pardon est le retour de la faveur de D.ieu, provenant d’un niveau au-delà de la faute, attiré par la techouva du fond des profondeurs, qui libère l’étincelle ; pendant les Dix Jours de Techouva, l’étincelle perdue est « retrouvée ».¶8
- Les étapes de l’aigle« Il éveille » et « plane » désignent des révélations partielles, les Pessouké deZimra et les bénédictions précédant le Chema ; « il le porte sur ses ailes » est la techouva du Chema, au-delà des mitsvot. D’autres lectures situent l’aigle (Eloul, les commandements positifs) en dessous de « Havaya seul l’a conduit » (les Treize Attributs de Miséricorde de Yom Kippour), et s’achèvent sur la pupille sombre et le désert comme sources de lumière et d’élévation.¶9–10
Notions clés
- Une part de D.ieu là-hautחלק אלוה ממעל
- L’âme divine, une part de Havaya : éternelle dans sa racine, mais revêtue d’un corps qui vient à l’existence puis disparaît.
- Les faces du Charפני אריה, פני שור, פני נשר
- Les faces angéliques de la vision d’Ézéchiel : le lion (l’amour), le bœuf (la crainte) et l’aigle (la compassion), par lesquelles la divinité atteint l’âme en exil.
- L’expression générale et collectiveכללות החיות
- La divinité révélée comme une expression générale et collective indivise, comme au Sinaï et à l’époque du Temple, plutôt que répartie en de nombreux niveaux.
- Kodech et kadochקדש / קדוש
- Kodech est la sainteté suprême elle-même, la racine des âmes d’Israël ; kadoch est la sainteté qui descend à travers les différents niveaux par l’intermédiaire des anges.
- La négligence (péchiya)פשיעה
- Le terme de la Torah désignant la négligence d’un gardien, interprété dans « car nous avons transgressé » : ne pas préserver l’étincelle divine par l’étude de la Torah.
- Révélation de la volontéגילוי רצון
- Le pardon comme retour de la faveur de D.ieu, attiré de la volonté suprême au-delà de l’enchaînement descendant des mondes, où la transgression n’a pas sa place.
- La techouva du fond du cœurתשובה מעומקא דליבא
- La techouva « du fond des profondeurs », qui éveille la profondeur suprême, déracine la volonté antérieure et libère l’étincelle divine de la kelipa.
- Les Treize Attributs de Miséricordeי״ג מדות הרחמים
- Une immense miséricorde, très supérieure à la face de l’aigle, révélée en Eloul et à Yom Kippour ; à Yom Kippour, elle répare même les transgressions d’interdits.
L’âme dans le désert ¶1
1כנשר יעיר1 קנו2 על גוזליו ירחף3.45678 יפרוש כנפיו יקחהו ישאהו על אברתו. (פסוק זה הובא בירושלמי פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה. זח״ב [זהר חלק ב׳] יתרו פ׳ ב׳ בהעלותך קנ״ד ב׳. פנחס רל״ג א׳ רל״ח ב׳. האזינו דרצ״ח ב׳)12
« Comme un aigle qui réveille son nid, plane au-dessus de ses petits, déploie ses ailes, les prend et les porte sur ses pennes. » (Ce verset est cité dans le Talmud de Jérusalem, chapitre 2 de ‘Haguiga ; Zohar, partie II, Yitro 80b ; Beha'alotekha 154b ; Pin’has 233a, 238b ; Ha'azinu 298b.)
Le maamar s’ouvre sur un verset du cantique de Moché, Ha'azinu, qui dépeint la sollicitude de D.ieu envers Israël à travers l’image d’un aigle et de ses petits : il réveille le nid, plane au-dessus de ses petits, déploie ses ailes et les porte sur ses pennes. La parenthèse indique les endroits où le verset est développé, dans le Talmud de Jérusalem et dans plusieurs passages du Zohar. Dans ce maamar, chaque expression du verset sera comprise comme une étape de la compassion de D.ieu envers l’âme.
הנה מה כתיב לעיל מיניה ימצאהו בארץ מדבר910 וקאי אדילעיל כי חלק11 הוי׳ עמו שנש״י [שנשמות ישראל] הם חלק אלוה ממעל והחלק ההוא ימצאהו בארץ מדבר.
Or, qu’est-il écrit juste avant cela ? « Il le trouva dans une terre de désert. » Ces mots se rapportent au verset précédent : « Car la part de Havaya, c’est Son peuple. » Les âmes d’Israël sont « une part de D.ieu d’en haut », et c’est cette part que « Il trouva dans une terre de désert ».
L’Alter Rebbe lit le verset avec les deux versets qui le précèdent. « La part de Havaya, c’est Son peuple » signifie que chaque âme juive est « une part de D.ieu d’en haut » ; c’est de cette part divine que le verset suivant dit : « Il le trouva dans une terre de désert ».
כי הנה החלק הוא מבחי׳ הוי׳ שהוא מהווה כל העולמות והויות והיה הוה ויהיה ויורד להתלבש בגוף
Car cette part relève du niveau de Havaya, qui fait exister (mehavé) tous les mondes et tout ce qui existe (havayot), et qui « était, est et sera » ; elle descend pour s’envelopper dans un corps
Puisque l’âme est une part de Havaya, le Nom qui fait exister chaque être et qui est au-delà du temps (« était, est et sera »), elle est par nature éternelle. Pourtant, elle descend pour être vêtue d’un corps matériel.
שהוא הוה ונפסד וכשנמשך אחר הגוף ההוה ונפסד הרי שנמצא בארץ מדבר ושממה ההיפך מבחי׳ הוי׳ ולכן כנשר יעיר קנו במדרגות הנשר שהוא מדת הרחמנות.13
qui vient à l’existence et périt (hové venifsad). Lorsqu’elle se laisse entraîner par le corps, qui vient à l’existence et périt, elle se trouve « dans une terre de désert » et de désolation, à l’opposé du niveau de Havaya. C’est pourquoi il est dit : « Comme un aigle qui réveille son nid » : par les degrés de l’aigle, qui est l’attribut de compassion.
Le corps, en revanche, « vient à l’existence et périt » : il est passager, tout à l’opposé de l’éternité de Havaya. Lorsque l’âme se laisse entraîner par les désirs du corps, elle est, pour ainsi dire, perdue « dans une terre de désert ». D.ieu répond à cet état par la qualité de l’aigle, que le maamar identifie à la compassion.
Le verset de l’aigle est replacé dans son contexte : l’âme, part divine de Havaya, descend dans un corps passager et, en se laissant entraîner par lui, se retrouve dans un désert spirituel. « Comme un aigle qui réveille son nid » exprime la réponse compatissante de D.ieu à cet état.
Le jeu de mots repose sur la racine du Nom Havaya (h-v-h, « être ») : Havaya est mehavé, fait exister tous les êtres (havayot), et est éternel — « était, est et sera » — tandis que le corps est hové venifsad, une chose qui vient à l’existence et se dégrade. Kehot signale que la transcription de ce maamar par le Mitteler Rebbe est imprimée dans Sefer HaMaamarim 5564, et qu'Or HaTorah renvoie à un enseignement sur ce verset donné à Chabbat Chouva 5565.
Maré mekomot
- 1כנשר יעיר · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ד ע׳ ריט. וראה גם ס׳ מאמרי אדה״ז על פרשיות התורה ע׳ תתצח. ביאור באוה״ת האזינו ע׳ א׳תרסד. ביאור שם ע׳ א׳תרעח. א׳תרפה. באוה״ת שה״ש ע׳ סב מציין: ”בתורה ע״פ כנשר יעיר קנו כו׳ (תקס״ה שבת שובה) וז״ל מכ״י הרי״ל”. לכללות המאמר ראה ד״ה זה מש״פ האזינו תשל״ח. ד״ה כנשר יעיר תשמ״ב.
- 2כנשר יעיר קנו · Deuteronomy 32:11
- 3
- 4כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף · Zohar, Yitro 15:277–17:286
- 5כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף · Zohar, Beha'alotcha 18:110–20:122
- 6כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף · Zohar, Pinchas 65:381–67:390
- 7כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף · Zohar, Pinchas 79:489–81:500
- 8כנשר יעיר קנו על גוזליו ירחף · Zohar, Ha'Azinu 12:231–15:242
- 9
- 10ימצאהו בארץ מדבר · Deuteronomy 32:10
- 11כי חלק הוי׳ עמו · Deuteronomy 32:9
- 12(ד״ה כנשר) · ביאור כנשר ע׳ בוך הפערטעל שלי (עז, א). וגם בוך ג (שך, ב) [כ]. [נסמן בספריית כ״ק אדמו״ר מס׳ 470].
- 13חלק אלו-ה ממעל · Job 31:2
Les faces du Char ¶2–4
L’explication est la suivante : au sujet du Char d’Ézéchiel, il est écrit : « La face d’un lion à droite, la face d’un bœuf à gauche, et la face d’un aigle pour les quatre. »
Pour expliquer pourquoi l’aigle représente la compassion, l’Admour Hazaken se tourne vers la vision du Char divin d’Ézéchiel (merkava), les créatures angéliques qui portent le Trône de D.ieu. Chacune avait la face d’un lion à droite, la face d’un bœuf à gauche et la face d’un aigle ; ces visages deviennent la clé de tout le maamar.
וביאור הענין שיחזקאל ראה2 המרכבה בזמן הגלות וגלו לבבל שכינה עמהם3 וכמ״ש ואני בתוך הגולה4 לפיכך ראה התלבשות בבחינת פני אריה פני שור כו׳. כי בזמן שהי׳ [שהיה] בית המקדש קיים היה גילוי שכינה במדריגה יותר עליונה.5
L’explication est que le prophète Ézéchiel vit le Char au temps de l’exil — « ils furent exilés à Babylone, et la Chekhina était avec eux » — comme il est écrit : « Et moi, j’étais parmi les exilés. » C’est pourquoi il vit un revêtement sous les aspects de « la face d’un lion », « la face d’un bœuf », etc. Car, lorsque le Saint Temple existait, la révélation de la Chekhina était à un niveau supérieur.
Ézéchiel eut cette vision à Babylone, en exil, car les Sages enseignent que lorsque le peuple d’Israël fut exilé, la Chekhina partit avec lui. C’est pourquoi il vit la divinité revêtue de formes angéliques, celles du lion et du bœuf ; lorsque le Temple existait, la Chekhina se révélait à un niveau supérieur.
L’aigle est l’un des quatre visages du Char d’Ézéchiel. Comme Ézéchiel prophétisa en exil, la révélation lui parvint revêtue de formes angéliques, contrairement à la révélation supérieure de l’époque du Temple.
Le verset place le lion à droite et le bœuf à gauche, tandis que l’aigle appartient « aux quatre ». Le maamar identifie ensuite le lion à l’amour, le bœuf à la crainte et l’aigle à la compassion.
Maré mekomot
- 1במרכבת יחזקאל כתיב פני . . לארבעתן · א, י.
- 2וביאור הענין שיחזקאל ראה · חלק נעתק בד״ה ויהי בשלח תרכ״ז סעי׳ ג. [הוצאת תש״ס] ע׳ קיח בשינויים והוספות. בהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תמז עם הגהות.
- 3וגלו לבבל שכינה עמהם · Megillah 29a:4
- 4ואני בתוך הגולה · Ezekiel 1:1
- 5
3וכמו שהי׳ [שהיה] ראשית הגילוי לכל ישראל במתן תורה דכתיב פנים בפנים דבר1 ה׳ עמכם פי׳ פנים בפנים בלי שום אמצעות והתלבשות כלל2 ולכן כתיב וכל
Ainsi en fut-il lors de la première révélation à tout Israël, au don de la Torah, comme il est écrit : « Face à face, Havaya a parlé avec vous. » « Face à face » signifie sans aucun intermédiaire ni aucun enveloppement. C’est pourquoi il est écrit : « Et tout
La révélation supérieure est illustrée par le don de la Torah, lorsque D.ieu parla « face à face » — ce que l’Admour Hazaken explique comme signifiant sans aucun intermédiaire ni aucun vêtement. La preuve en est le verset : « Et tout le peuple vit les sons. »
העם רואים את3 הקולו׳ [הקולות] רואים את הנשמע ושומעין את הנראה4 שהיה גילוי אלקות בלי שום התחלקות ריבוי המדרגות רק היו רואים גילוי כללות החיות ושפע אלקי ואין שום פירוד ח״ו [חס ושלום] בין ראיה לשמיעה.5
le peuple vit les sons » : ils virent ce qui s’entend et entendirent ce qui se voit. Car ce fut une révélation de la divinité sans aucune division en une multitude de niveaux ; ils virent plutôt la révélation de la force vitale dans son expression générale et collective, et un flux divin, sans aucune séparation, à D.ieu ne plaise, entre la vue et l’ouïe.
Au Sinaï, le peuple « vit les sons » : comme le disent les Sages, il vit ce qui normalement s’entend et entendit ce qui normalement se voit. Cela montre que la divinité se révéla comme un tout indivis, dans son expression générale et collective, sans se répartir en niveaux distincts ; ainsi, même la vue et l’ouïe ne furent pas séparées.
משא״כ בגלות הנה גילוי השכינה הי׳ [היה] ליחזקאל ע״י ריבוי התחלקות המדרגות בהתלבשות פני אריה פני שור כו׳.
En revanche, en exil, la révélation de la Chekhina à Ézéchiel se fit par une division en une multitude de niveaux, au moyen de l’enveloppement par la face du lion, la face du bœuf, etc.
La vision d’Ézéchiel en exil fut à l’opposé : la divinité lui parvint divisée en de nombreux niveaux et revêtue des visages angéliques du lion et du bœuf.
Le Sinaï est le modèle de la révélation supérieure : D.ieu parla « face à face », et le peuple vit les sons et entendit ce qui se voit, signe que la divinité se manifesta comme un tout indivis. En exil, cette même révélation se manifeste divisée et revêtue de formes angéliques.
Kehot cite Or HaTorah, qui reprend ce passage et ajoute que cela ressemble à la révélation de l’essence même de l’âme, en laquelle toutes ses facultés sont réunies, et qui est « englobante » par rapport aux facultés revêtues dans les organes du corps. De même, au Sinaï, une lumière d’Atsilout brilla, englobant Béria, Yetsira et Assiya, où il y a division (Reouven est la vue, Chimon est l’ouïe). Kehot signale également que la lecture de la Mechilta diffère (« ils virent et entendirent ce qui se voit »), lecture examinée longuement dans Likkutei Sichos.
Maré mekomot
- 1פנים בפנים דיבר ה׳ עמכם · Deuteronomy 5:4
- 2פי׳ פנים בפנים בלי שום אמצעות והתלבשות כלל · בסה״מ מהר״ש נוסף הגהה: ”(וע׳ מענין פב״פ ומענין פא״פ בד״ה ראה)”. ראה אוה״ת פ׳ ראה ע׳ תרמ. שם כרך ה ע׳ ב׳לה ואילך. ובאוה״ת שה״ש ע׳ סב. ובהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תמז הגהה ארוכה.
- 3וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15
- 4רואים את הנשמע ושומעין את הנראה · במכילתא הגירסא: רואין ושומעין הנראה. ויש שגורסים ”רואין ושומעין הנראה והנשמע”. בענין גירסת המכילתא בארוכה בלקו״ש ח״ו ע׳ 120, ושם מציין שמכאן משמע שהיו רואין ושומעין בין הנראה ובין הנשמע ע״ש.
- 5ולכן כתיב . . ואין שום פירוד ח״ו בין ראיה לשמיעה · באוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תצג מעתיק קטע זה ומוסיף ”ור״ל ע״ד הגילוי ממהות הנפש עצמה שבה כלולים כל הכחות יחד שבחי׳ זו נק׳ סובב ומקיף לגבי החיות וכחות הנפש המלובשים בכלי הגוף, וכך במ״ת האיר מבחי׳ אצי׳ שנק׳ מקיף וסובב לגבי בי״ע שבבי״ע הוא התחלקות ופירוד ראובן ראי׳ שמעון שמיעה כו׳ ע״ש”.
4וכמו עד״מ תינוק שיכול להבין ביותר מלמדין אותו אף א׳ או יותר בפעם א׳ כפי שיכול שכלו להשכיל
C’est comme, à titre d’analogie, un enfant capable de comprendre davantage : on lui enseigne même une [leçon entière], ou davantage, en une seule fois, selon ce que son intelligence peut saisir.
Cette analogie illustre la différence : un enfant doué peut recevoir une leçon entière, ou davantage, d’un seul coup, car son intelligence peut l’appréhender comme un tout.
ביחיד משא״כ מי שאין כח בשכלו להכיל כ״כ [כל כך] בפעם אחת מלמדין אותו מעט מעט פרקי פרקי כך עד״מ במ״ת [במתן תורה]
d’un seul tenant ; tandis que celui dont l’intelligence n’a pas la capacité d’embrasser autant en une seule fois est instruit peu à peu, section par section. Ainsi en fut-il, à titre d’analogie, lors du Don de la Torah.
Un élève moins doué doit être instruit peu à peu, section par section. Lors du Don de la Torah, Israël était comme l’enfant doué : la divinité lui fut donnée comme un tout, d’un seul coup.
וכן כל זמן שהי׳ [שהיה] בית המקדש קיים היו נש״י [נשמות ישראל] במעלה עליונה והיה כח השגתם בגילוי אלקות בכללות החיות שלא על ידי ממוצעים (ועמ״ש בד״ה אז ישיר ישראל)1
De même, tant que le Saint Temple subsistait, les âmes d’Israël se trouvaient à un niveau élevé, et leur faculté de saisir la divinité révélée dans la force vitale sous son expression générale et collective (klalus) s’exerçait sans intermédiaires (voir aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Alors Israël chanta »).
Il en allait de même tant que le Temple subsistait : les âmes d’Israël pouvaient saisir la divinité comme un tout indivisible, sans intermédiaires. La parenthèse renvoie au discours de l’Alter Rebbe « Alors Israël chanta », dans la paracha de ‘Houkat.
אבל בגלות שגלו ונתלבשו בע״ש [בע׳ שרים] הנה גם גילוי השכינה הוא ע״י ירידה בבחי׳ התחלקות ריבוי המדרגות והתלבשותן בבחי׳ פני אריה פני שור.
Mais, en exil, lorsqu’ils furent exilés et revêtus parmi les soixante-dix princes, la révélation de la Chekhina, elle aussi, passe par une descente vers un état de division en une multitude de niveaux, lesquels se revêtent dans l’aspect de la face du lion et de la face du bœuf.
En exil, toutefois, Israël est revêtu parmi les « soixante-dix princes », les ministres angéliques des nations. La divinité leur parvient donc elle aussi divisée en de nombreux niveaux, par l’intermédiaire des faces angéliques du lion et du bœuf.
פני אריה מחנה מיכאל שהם כנגד מחנה ראובן תימנה2 וכל הפונה למחנה ראובן וכו׳ כך יש כמה רבוי רבבות במחנה מיכאל שהם כמה מדרגות חלוקות זו מזו שבהם
La face du lion est le camp de Mikhaël, qui correspond au camp de Réouven, au sud, ainsi qu’à tous ceux qui se tournent vers le camp de Réouven, etc. De même, le camp de Mikhaël compte de très nombreuses myriades, qui constituent autant de niveaux distincts les uns des autres ; en eux…
La face du lion est identifiée au camp de l’ange Mikhaël, qui correspond au camp de la tribu de Réouven, établi au sud. Comme la multitude du camp de Réouven, le camp de Mikhaël comprend des myriades d’anges répartis en de nombreux niveaux distincts les uns des autres.
ועל ידם [שפע שפע האלקית לנשמה מדרגת אהבה שהנשמה מקבלת ע״י המלאכים כדכתיב כי מלאכיו יצוה3456 לך7 לשמרך בכל89 דרכיך על כפים10 ישאונך1112 כו׳ פי׳
et par leur intermédiaire, le flux divin s’écoule vers l’âme, le niveau de l’amour que l’âme reçoit par l’intermédiaire des anges, comme il est écrit : « Car Il ordonnera à Ses anges de te garder dans toutes tes voies ; ils te porteront sur leurs paumes », etc. Cela signifie :
Par l’intermédiaire de ces anges, le flux divin d’amour parvient à l’âme. La preuve en est le verset : « Car Il ordonnera à Ses anges… ils te porteront sur leurs paumes. »
כי מלאכיו יצוה להיות משפיע לך והם ישאונך שעל ידיהם מתנשאת ומתעלת הנשמה ע״י פני אריה במדרגת האהבה וע״י פני שור במדרגת היראה
« Il ordonnera à Ses anges » de t’accorder leur influence, et « ils te porteront », car c’est par leur intermédiaire que l’âme est élevée et s’élève : par la face du lion, au niveau de l’amour, et par la face du bœuf, au niveau de la crainte.
L’Alter Rebbe interprète le verset avec précision : D.ieu ordonne à Ses anges d’accorder leur influence à l’âme, et « ils te porteront », en l’élevant plus haut. La face du lion élève l’âme par l’amour, et la face du bœuf par la crainte.
(וע׳ ע״פ כי מלאכיו יצוה חגיגה ט״ז א׳ תענית י״א א׳ סנהדרין ק״ג א׳. רבות וישלח ר״פ ע״ח וס״פ משפטים. זח״א [זהר חלק א] י״ב א׳ קס״ה ב׳. ח״ב [חלק ב׳] מ״א ב׳ ח״ג [חלק ג׳] רצ״ז בד ופסוק על כפים ח״א [חלק א׳] כ״ז ב׳).
(Voir aussi les commentaires sur le verset « Car Il ordonnera à Ses anges » : ‘Haguiga 16a ; Ta’anit 11a ; Sanhédrin 103a ; Midrach Rabba, Vayichla’h, début du chapitre 78, et fin de Michpatim ; Zohar, partie I, 12a, 165b ; partie II, 41b ; partie III, 297b ; et sur le verset « sur leurs paumes », partie I, 27b.)
La parenthèse énumère des passages du Talmud, du Midrach et du Zohar qui interprètent « Car Il ordonnera à Ses anges », ainsi qu’un passage du Zohar sur « sur leurs paumes ».
ועד״ז תקנו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] ברכות שלפני13 קריאת שמע יוצר משרתים ואשר משרתיו כולם עומדים כו׳ והאופנים וחיות הקדש ברעש גדול מתנשאים לעומת השרפים כו׳ שמזה מקבל האדם מדת היראה
Dans cette même perspective, nos Sages, de mémoire bénie, ont institué les bénédictions qui précèdent la récitation du Chema : « Qui forme les ministres, et dont tous les ministres se tiennent debout », etc., et « les Ofanim et les 'Hayot saintes, dans un grand tumulte, s’élèvent vers les Sérafim », etc. C’est de là qu’une personne reçoit l’attribut de crainte.
C’est pourquoi les Sages ont placé avant le Chema des bénédictions qui décrivent les anges se tenant dans la crainte, ainsi que les Ofanim et les 'Hayot qui s’élèvent vers les Sérafim. En contemplant cela, une personne reçoit la crainte.
(משא״כ מדאורייתא סגי בק״ש [בקריאת שמע] לבד היינו כמו שהיה בימי משה שנמשך האור והשפע לישראל על ידי השכינה בעצמה שלא ע״י המלאכים שהרי משה לא רצה בשליחות מלאך כמ״ש אם אין פניך הולכים כו׳14
(Tandis que, selon la Torah, le Chema seul suffit. Autrement dit, comme à l’époque de Moché, lorsque la lumière et le flux étaient attirés vers Israël par la Chekhina elle-même, et non par l’intermédiaire des anges — car Moché ne voulait pas d’un ange comme messager, ainsi qu’il est écrit : « Si Ta Face ne va pas », etc.
Selon la Torah, le Chema seul suffirait. Cela correspond à l’époque de Moché, lorsque la lumière de D.ieu parvenait directement à Israël par la Chekhina, et non par l’intermédiaire des anges : Moché refusa qu’un ange soit son messager, en disant : « Si Ta Face ne va pas [avec nous], ne nous fais pas monter d’ici. »
ולכן גם בבחי׳ עבודה לא היו צריכים לקבל אהוי״ר [אהבה ויראה] על ידי המלאכים. אבל אח״כ כיון שהוצרכו לקבל ע״י פני אריה פני שור ואפי׳ [ואפילו] ביהושע אמר לו המלאך עתה באתי15 ע״כ גם בעבודה לבא לבחי׳
C’est pourquoi, dans le service divin également, ils n’avaient pas besoin de recevoir l’amour et la crainte par l’intermédiaire des anges. Mais par la suite, puisqu’ils durent recevoir par l’intermédiaire de la face d’un lion et de la face d’un bœuf — et que, même à l’époque de Yehochoua, l’ange lui dit : « Je suis venu maintenant » —, il fallait donc aussi, dans le service divin, parvenir au niveau de
À l’époque de Moché, l’amour et la crainte n’avaient donc pas besoin de passer par les anges. Plus tard, cependant, Israël dut recevoir par l’intermédiaire de l’ange au visage de lion et de celui au visage de bœuf ; dès l’époque de Yehochoua, un ange lui apparut et lui dit : « Je suis venu maintenant. »
אחד ואהבת בק״ש [בקריאת שמע] הוא ע״י שתים לפניה ששם נאמר מענין המלאכים איך שעומדים ביראה. ועי״ז נמשך להאדם ג״כ אהוי״ר [אהבה ויראה] ועמ״ש בד״ה כי תצא16 וסד״ה ואריה כבקר יאכל תבן):17
« Un » et « Tu aimeras », dans le Chema, s’atteignent par les deux [bénédictions] qui le précèdent, où il est question des anges et de la manière dont ils se tiennent dans la crainte. Par ce moyen, l’amour et la crainte sont également attirés vers la personne. Voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Lorsque tu sortiras », ainsi qu’à la fin du discours qui commence par « Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille »).
Pour parvenir à l’amour exprimé par « Un » et « Tu aimeras » dans le Chema, on récite d’abord les deux bénédictions qui le précèdent et qui décrivent les anges se tenant dans la crainte ; par leur intermédiaire, l’amour et la crainte affluent vers la personne. L’Alter Rebbe renvoie à ses discours sur « Lorsque tu sortiras » et sur « Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille ».
Comme un enfant doué à qui l’on enseigne tout d’un seul coup, Israël reçut la divinité comme un tout au Sinaï et à l’époque du Temple ; en exil, elle lui parvient à travers de nombreux niveaux divisés, par les anges du lion (l’amour) et du bœuf (la crainte). C’est pourquoi les bénédictions précédant le Chéma, qui décrivent les anges, sont nécessaires pour mener une personne à l’amour et à la crainte.
Kehot renvoie au Tanya, chapitre 49, où l’on demande pourquoi ces bénédictions sont appelées les bénédictions du Chéma et pourquoi elles ont été instituées précisément avant celui-ci. Le Zohar sur Ha’azinu (3:298b) interprète « Havaya seul le conduisit, et il n’y avait pas de dieu étranger avec lui » comme signifiant que D.ieu conduisit Lui-même Israël dans le désert, sans passer par un ange, et relie cela aux paroles de Moché : « Si Ta Face ne vient pas avec nous. »
Maré mekomot
- 1בד״ה אז ישיר ישראל · לעיל פ׳ חקת סג, א.
- 2פני ארי׳ מחנה מיכאל . . תימנה · Zohar III, 118b
- 3כי מלאכיו יצוה · Zohar, Introduction 24:209–26:220
- 4כי מלאכיו יצוה · Zohar, Vayishlach 1:1–5
- 5כי מלאכיו יצוה · Zohar, Bo 12:192–14:202
- 6כי מלאכיו יצוה · Zohar, Ha'Azinu 11:221–12:231
- 7
- 8
- 9
- 10על כפים · Zohar, Bereshit 24:264–25:273
- 11כי מלאכיו יצוה לך . . על כפים ישאונך · Psalms 91:10
- 12כי מלאכיו יצוה לך לשמרך בכל דרכיך על כפים ישאונך · Psalms 91:11–12
- 13תקנו חז״ל ברכות שלפני ק״ש · ראה תניא פרק מט: ולמה קראו אותן ברכות ק״ש ולמה תקנו אותן לפניה דוקא, וראה בליקוט פירושים שם.
- 14אם אין פניך הולכים כו׳ · Exodus 33:15
- 15עתה באתי · Joshua 5:14
- 16בד״ה כי תצא · לעיל כי תצא לד, ד.
- 17ביהושע א״ל המלאך עתה באתי · Megillah 3a:21
L’échelle de Jacob et l’étincelle tombée ¶5–7
5ב וזהו ענין הסולם שראה יעקב והנה סולם מוצב ארצה123 דקאי על כנס״י [כנסת ישראל] (וע׳ זח״ג [זהר חלק ג] י״ז א׳ קכ״ג ב׳) כללות נש״י [נשמות ישראל] שמוצב ארצה בגוף הגשמי וראשו מגיע השמימה
2. Tel est le sens de l’échelle que Jacob vit : « Et voici qu’une échelle était dressée sur la terre », ce qui désigne l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël) (voir aussi Zohar, Part III, 17a, 123b), l’ensemble des âmes d’Israël, « dressée sur la terre », dans le corps physique, « et dont le sommet atteint le ciel »,
La section 2 commence. L’échelle de Jacob, « dressée sur la terre » et dont « le sommet atteint le ciel », est interprétée comme l’Assemblée d’Israël, toutes les âmes juives considérées comme une seule : elles se tiennent sur la terre, vêtues de corps physiques, tandis que leur racine atteint le ciel. Les passages du Zohar entre parenthèses interprètent l’échelle en rapport avec la Chekhina et les âmes d’Israël.
car « Israël s’éleva dans [la pensée de D.ieu] », etc. : à la racine de leurs âmes, ils sont plus élevés que les anges, même si, ici-bas, ils reçoivent d’eux.
Le Midrach enseigne qu’Israël « s’éleva dans [la pensée de D.ieu] » avant la création du monde. Ainsi, à la racine de leurs âmes, les Juifs sont plus élevés que les anges, même si, ici-bas, ils reçoivent la divinité par l’intermédiaire des anges, comme cela a été expliqué plus haut.
כי חיות המלאכים6 הם מרוח פיו ית׳ משא״כ ישראל עלו כו וכמו שמצינו שבזמן ישעי׳ [ישעיה] כתי׳ [כתיב] קדוש קדוש7 הוי׳ צבאות מלא כל הארץ כבודו (שם סי׳ ו׳)
Car la force vitale des anges provient du « souffle de Sa bouche », béni soit-Il, tandis qu’Israël « s’éleva », etc. Nous trouvons ainsi qu’à l’époque d’Isaïe, il est écrit : « Saint, saint, [saint] est Havaya des armées ; toute la terre est pleine de Sa gloire » (ibid., chapitre 6).
Les anges tirent leur force vitale du « souffle de Sa bouche », la parole de D.ieu, tandis que la racine d’Israël se trouve dans Sa pensée, qui est plus élevée. La vision d’Isaïe met en évidence cette différence : les anges y proclament trois fois que D.ieu est « saint ».
פי׳ שלהיות קדושתו ית׳ נמשך מקדש העליון למטה להיותץ מלא כל האכץ כבודו והוא ע״י בחי׳ ירידת השתשללות ג׳ פעמים קדוש להיות הוי׳ צבאות מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו].
C’est-à-dire que Sa sainteté, béni soit-Il, est amenée du Kodech supérieur (Sainteté) ici-bas, afin que « toute la terre soit pleine de Sa gloire ». Cela se produit par le niveau de la descente à travers l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) — les trois « saint » — jusqu’à ce qu’il y ait « Havaya des armées ; toute la terre est pleine de Sa gloire ».
Les trois « saint » décrivent la descente graduelle de la sainteté de D.ieu depuis le Kodech supérieur, la sainteté telle qu’elle est en elle-même, à travers l’enchaînement des mondes, jusqu’à ce que « toute la terre soit pleine de Sa gloire ».
דהיינו ע״י התלבשות המלאכים שהם נק׳ צבאות (ועמ״ש בפ׳ בא בד״ה בעצם היום הזה כו׳) ואזי מלא כל הארץ כבודו שמקבלים מהם ישראל למטה.
C’est-à-dire par l’intermédiaire de l’enveloppement dans les anges, qui sont appelés « armées » (voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Bo, dans le discours commençant par « En ce jour même », etc.). Alors, « toute la terre est pleine de Sa gloire », que les Israélites d’ici-bas reçoivent d’eux.
Cette descente passe par les anges, qui constituent les « armées » de « Havaya des armées » ; alors seulement toute la terre est pleine de la gloire de D.ieu, que les Israélites d’ici-bas reçoivent d’eux. La parenthèse renvoie au discours « En ce jour même » dans la paracha Bo.
אבל למעלה בשרש נשמותיהם כתיב קדש ישראל לה׳8 שהם מבחי׳ קדש העליון עצמו (ועמ״ש בד״ה יונתי בחגוי הסלע ובד״ה קדש ישראל כו׳ בפ׳ פנחס)
Mais, en haut, à la racine de leurs âmes, il est écrit : « Israël est sainteté pour Havaya », car ils relèvent du Kodech supérieur lui-même (voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher », ainsi que dans le discours commençant par « Israël est sainteté », etc., dans la paracha Pin’has).
À leur racine, toutefois, Israël est appelé kodesh (« Israël est sainteté pour Havaya ») : ils proviennent du Kodech supérieur lui-même, et non d’une sainteté qui serait descendue. La parenthèse renvoie à deux discours qui traitent de ce sujet.
ולא מבחינת קדוש שהוא בחי׳ המשכת קדושתשו למטה בירידת המדריגות וזהו וראשו מגיע השמימה. ועי״ז
et non du niveau de kadoch (saint), qui correspond à l’extension de Sa sainteté ici-bas, à travers la descente des degrés. Tel est le sens de « et son sommet atteint le ciel ». Et par cela,
Kadoch (« saint ») désigne la sainteté qui se prolonge à travers les degrés descendants ; kodesh désigne la sainteté supérieure elle-même. La racine d’Israël dans le Kodech supérieur est ce qu’exprime le verset par « son sommet atteint le ciel ».
והנה מלאכי אלהים עולים ויורדים בו עולים פי׳ שהם מתעלים ע״י ישראל כמ״ש אכלתי יערי עם דבשי.9
« et voici que les anges de D.ieu montaient et descendaient le long d’elle ». « Montaient » signifie qu’ils s’élèvent grâce à Israël, comme il est écrit : « J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel. »
En raison de cette racine, les anges « montent » grâce à Israël : les anges qui se trouvent sur l’échelle sont élevés par les âmes d’Israël. Le verset « J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel » exprime cette idée.
יערי הם המלאכים כמ״ש במ״א10 שע״י מסירת נפש בק״ש [בקריאת שמע] באחד ואהבת בכל לבבך ובכל נפשך11 דהיינו בבחי׳ אליך ה׳ נפשי אשא12 הנה הנשמה עולה למקור חוצבה.
« Mon rayon de miel », ce sont les anges, comme cela est expliqué ailleurs : par le sacrifice de soi (messirout néfech) dans le Chema, dans « Un » et « Tu aimeras de tout ton cœur et de toute ton âme » — c’est-à-dire dans l’aspect de « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme » — l’âme s’élève jusqu’à la source dont elle a été taillée.
Le « rayon de miel », ce sont les anges, comme cela est expliqué ailleurs. Lorsqu’un Juif se donne entièrement dans le Chema, dans « Un » et « de toute ton âme », son âme s’élève jusqu’à sa source et, comme l’explique le paragraphe suivant, les anges s’élèvent avec elle : le rayon de miel est emporté avec le miel.
L’échelle de Jacob représente le peuple juif : établi sur terre dans des corps, mais enraciné plus haut que les anges, dans la pensée de D.ieu et dans le Kodech supérieur. Ici-bas, Israël reçoit par l’intermédiaire des anges ; mais, par le sacrifice de soi dans le Chema, l’âme s’élève jusqu’à sa source et entraîne avec elle les anges.
Le Zohar (3:17a) interprète l’échelle « dressée sur la terre » comme la Chekhina inférieure et « son sommet atteint le ciel » comme l’Imma supérieure ; le Raaya Mehemna (3:123b) appelle l’échelle le « souffle de vie », le trône d’où sont taillées toutes les âmes d’Israël. Pour l’idée que la force vitale des anges provient du souffle de D.ieu, Kehot renvoie aux Psaumes 33:6 : « Par la parole de Havaya les cieux furent faits, et par le souffle de Sa bouche toute leur armée. »
Maré mekomot
- 1סולם מוצב ארצה · Genesis 28:12
- 2סולם מוצב ארצה · Zohar, Vayikra 40:278–41:285
- 3סולם מוצב ארצה · Zohar, Nasso 4:49–59
- 4ישראל עלו במחשבה · ב״ר רפ״א. ע״ל מטות (פ״ג, ג). וש״נ. [כ].
- 5ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 6חיות המלאכים מרוח פיו ית׳ · Psalms 33:6
- 7קדוש קדוש הוי׳ צבאות מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
- 8קדש ישראל לה׳ · Jeremiah 2:3
- 9אכלתי יערי עם דבשי · Song of Songs 5:1
- 10כמ״ש במ״א · בשה״ש לקמן ד״ה באתי לגני פ״ב ובביאור פ״ב [כ].
- 11ואהבת בכל לבבך ובכל נפשך · Deuteronomy 6:5
- 12אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
6וכמאמר ואתה נפחתה בי כו׳1 ואתה עתיד ליטלה ממני2 כו׳. דהיינו למקורה למקום שנפחת בי והרי בשרשה הגבה למעלה יותר מהמלאכים והמלאכי׳ [והמלאכים] מתעלים ג״כ עי״ז
Comme il est dit : « Tu l’as insufflée en moi », etc., « et Tu la reprendras à moi », etc. — c’est-à-dire qu’elle retourne à sa source, à l’endroit d’où elle a été insufflée en moi. À sa racine, elle se trouve à un niveau élevé, supérieur à celui des anges ; et les anges, eux aussi, s’élèvent par son intermédiaire.
L’ascension de l’âme suit les paroles de la bénédiction du matin : « Tu l’as insufflée en moi… et Tu la reprendras à moi. » Elle retourne à l’endroit d’où D.ieu l’a insufflée, à une racine supérieure à celle des anges ; par son intermédiaire, les anges eux aussi s’élèvent.
כי מאחר שמהם קבלה אהבתם ויראתם להעלות לה׳ אחד לאהבה בכל נפשך יהי׳ [יהיה] גם הם עולים ונכללים בבחי׳ יחוד העליון ב״ה ולאשתאבא בגופא דמלכא3
Car, puisqu’elle a reçu d’eux leur amour et leur crainte afin de s’élever vers Havaya, l’Unique, et d’aimer « de toute ton âme », eux aussi s’élèveront et seront inclus dans le niveau de l’unité suprême, béni soit-Il, et « s’absorberont dans le corps du Roi ».
Les anges s’élèvent parce que l’âme a reçu d’eux son amour et sa crainte, du lion et du bœuf. Lorsque l’âme emploie cet amour et cette crainte pour s’élever vers le D.ieu unique dans le sacrifice de soi, les anges sont inclus avec elle dans l’unité suprême, « absorbés dans le corps du Roi », selon les termes du Zohar.
(ועמ״ש בפ׳ וישב בד״ ונתתי לך מהלכים בין העומדים וממש״ש [וממה שכתוב שם] ונמצא שהשפעת המלאכים מישראל היא בין מלמטה למעלה ובין מלמעלה למטה כו׳ ע״ש מזה יובן פי׳ עולים ויורדים כו׳ שהם ב׳ בחי׳ הילוך הנזכר שם).
(Voyez ce qui est écrit dans la paracha Vayéchev, dans le discours commençant par « Et Je te donnerai des chemins pour marcher parmi ceux qui se tiennent debout », ainsi que ce qui y est écrit : « Il en ressort que l’influence que les anges reçoivent d’Israël s’exerce aussi bien d’en bas vers le haut que d’en haut vers le bas », etc. ; voyez là-bas. Cela permettra de comprendre le sens de « ils s’élèvent et descendent », etc. : il s’agit des deux sortes de marche mentionnées là-bas.)
La parenthèse renvoie au discours de la paracha Vayéchev sur « des chemins pour marcher parmi ceux qui se tiennent debout », qui explique que l’influence d’Israël sur les anges s’exerce aussi bien d’en bas vers le haut que d’en haut vers le bas. Ces deux sortes de mouvement sont les « montées et descentes » des anges sur l’échelle.
והנה כתיב עולים ויורדים עולים תרי והיינו פני ארי׳ [אריה] ופני שור ויורדים הוא בחי׳ נשר כי נשר הוא מלשון נושר4
Or, il est écrit : « Ils montent et descendent. » « Ils montent » est au pluriel et désigne donc deux [figures] : la face du lion et la face du bœuf. « Ils descendent » désigne le niveau de l’aigle, car le mot nesher (aigle) vient du mot noshar (qui tombe, qui se détache),
Le verset dit : « Ils montent et descendent. » « Ils montent », au pluriel, désigne deux [figures] : les faces du lion et du bœuf ; « ils descendent » désigne l’aigle, car nesher (aigle) est apparenté à noshar, ce qui tombe ou se détache.
דהיינו דבר שנפל למטה והוא הוא בחי׳ הרחמנות על ניצוץ אלקות שהרחמנות אינה על גופו ונפשו הבהמית אלא כמ״ש וישוב אל5 ה׳ וירחמהו
c’est-à-dire quelque chose qui est tombé vers le bas. Tel est précisément le niveau de la compassion pour l’étincelle de divinité. Car cette compassion ne porte pas sur son corps ni sur son âme animale, mais, comme il est écrit : « Qu’il retourne vers Havaya, et Il aura compassion de lui »,
L’aigle représente donc la compassion pour ce qui est tombé : l’étincelle de divinité dans l’âme. Cette compassion ne porte ni sur le corps ni sur l’âme animale, mais sur l’étincelle divine, comme dans les mots : « Qu’il retourne vers Havaya, et Il aura compassion de lui. »
דהיינו על ניצוץ אלקות שנפל מאיגרא רמה6 כו׳ בהתלבשו׳ בגוף הגשמי בעוה״ז שמחמת זה נמשך אחר חומריות הגוף ולכן אומרים מחל לנו כי פשענו כי
c’est-à-dire pour l’étincelle de divinité qui est tombée « d’un haut toit », etc., en s’enveloppant dans le corps physique, dans ce monde. De ce fait, elle est attirée par la matérialité du corps. C’est pourquoi nous disons : « Pardonne-nous, car nous avons transgressé (pashanu). » Car…
L’étincelle est tombée « d’un haut toit [dans un puits profond] » et se trouve enveloppée dans un corps physique, dans ce monde ; elle est donc attirée par la matérialité du corps. C’est pourquoi nous disons dans la Amida quotidienne : « Pardonne-nous… car nous avons transgressé (pashanu) », mot que la section suivante explique comme une négligence.
הנה כתיב ויניחהו בג״ע [בגן עדן] לעבדה ולשמרה7 שצריך שמירה לג״ע [לגן עדן] הוא בחי׳ גילוי אלקות שמתגלה בנפשו (עמ״ש בד״ה כי תשמע בקול בפ׳ ראה)
il est écrit : « Il le plaça dans le Gan Eden pour le cultiver et le garder » : le Gan Eden a besoin d’être gardé, et il désigne le dévoilement de la divinité qui se révèle dans son âme (voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Lorsque tu écouteras la voix », dans la paracha Re’é).
Adam fut placé dans le Gan Eden « pour le cultiver et le garder » ; le Gan Eden a donc besoin d’être gardé. Chez une personne, le Gan Eden désigne le dévoilement de la divinité dans son âme, et c’est cela qu’elle doit préserver.
וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] צדיקים יושבים ועטרותיהן בראשיהם ונהנהין מ זיו השכינה ושכר מצוה8 הוא המצוה בעצמה9
À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les justes sont assis, leurs couronnes sur leurs têtes, et jouissent du rayonnement de la Chekhina. » Et la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même,
Les Sages décrivent le Monde futur : « Les justes sont assis, leurs couronnes sur leurs têtes, et jouissent du rayonnement de la Chekhina. » Et la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même, comme l’explique la partie suivante.
כי המצות הן הן המשכות גילוי אלקות על נפשו במצות שמקבל עליו עול מלכות שמים כך
car les mitsvot sont elles-mêmes l’attraction d’une révélation de la divinité sur son âme. De même que, par les mitsvot, il accepte sur lui le joug de la royauté céleste, ainsi
Chaque mitsva attire elle-même la divinité dans l’âme. Plus une personne accepte le joug de la royauté céleste en accomplissant les mitsvot, plus elle attire cette révélation.
יהיה שכרו בג״ע [בגן עדן] להיות נהנה ומתענג על גילוי ה׳ משא״כ מי שעושה מצות אנשים מלומדה10 אע״פ [אף על פי] שהוא סור מרע ועשה טוב ובודאי יהיה שכרו בג״ע [בגן עדן].
sera sa récompense dans le Gan Eden : jouir et se délecter de la révélation de D.ieu. Il n’en va pas de même pour celui qui accomplit les mitsvot comme « un commandement appris par les hommes, par routine » : bien qu’il « s’écarte du mal et fasse le bien », et que sa récompense sera assurément dans le Gan Eden,
Sa récompense dans le Gan Eden consiste à jouir et à se délecter de la révélation de D.ieu attirée par ses mitsvot. Celui qui accomplit les mitsvot par routine, par habitude (« un commandement appris par les hommes, par routine »), s’écarte néanmoins du mal et fait le bien ; lui aussi sera assurément récompensé dans le Gan Eden.
אך אין זה גילוי אלקות ממש שדייקא צדיקים יושבים ונהנים מזיו השכינה11 ממש (עמ״ש מענין זיו השכינה בעוה״ב [בעולם הבא] בד״ה להבין ענין משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בפ׳ חיי שרה12 ועמ״ש ע״פ במדבר סיני כו׳)
ce n’est pourtant pas là une révélation véritable de la divinité. Car ce sont précisément les justes qui sont assis et se délectent du rayonnement de la Chekhina elle-même (voir ce qui est écrit au sujet du rayonnement de la Chekhina dans le monde futur, dans le discours commençant par « Pour comprendre ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit », dans la paracha de ‘Hayé Sarah ; voir également ce qui est écrit sur le verset « Dans le désert du Sinaï », etc.)
Sa récompense n’est pourtant pas une véritable révélation de la divinité : seuls les justes se délectent du « rayonnement de la Chekhina » elle-même. La parenthèse renvoie au discours de Torah Ohr sur ‘Hayé Sarah, qui explique ce qu’est le rayonnement de la Chekhina dans le monde futur, ainsi qu’au discours sur « Dans le désert du Sinaï ».
דהיינו הממשיכים גילוי אלקות על נפשם שכוונתם שישרה ויתגלה אור א״ס בהמשכת מצותיו שכל המצות הן מצות המלך וע״י קיום המצות ממשיכים מ״ש שיתגלה בנפשם והם שנעשים בחי׳ מרכבה להשראת קדושתו ית׳
— à savoir ceux qui attirent une révélation de la divinité sur leurs âmes et qui ont pour intention que la Lumière infinie (Or Ein Sof) repose et se révèle par l’attraction de Ses mitsvot ; car toutes les mitsvot sont les commandements du Roi et, en accomplissant les mitsvot, ils attirent la royauté céleste, afin qu’elle se révèle dans leurs âmes. Ce sont eux qui deviennent un char pour la résidence de Sa sainteté, béni soit-Il,
Les justes sont ceux qui ont pour intention, en accomplissant les mitsvot, que la Lumière infinie repose sur eux et se révèle. Puisque chaque mitsva est un commandement du Roi, l’accomplir attire la royauté céleste dans l’âme ; ils deviennent ainsi un « char », un véhicule entièrement voué à la sainteté de D.ieu.
כמאמר אשר קדשנו במצותיו והנה זלעו״ז [זה לעומת זה] עשה אלקים13 כדכתיב כי לא מחשבותי מחשבותיכם14 ולא דרכיכם דרכי פי׳ כי כשאין דרכיכם דרכי גם מחשבותי לא מחשבותיכם כי
comme il est dit : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements. » Or, « D.ieu a fait l’un correspondant à l’autre », ainsi qu’il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies. » Le sens est le suivant : lorsque vos voies ne sont pas Mes voies, Mes pensées non plus ne sont pas vos pensées. Car
C’est ce que nous disons dans la bénédiction sur une mitsva : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements. » Mais D.ieu a fait une chose correspondant à l’autre, comme le dit Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies » ; lorsque les voies d’une personne ne sont pas celles de D.ieu, les pensées de D.ieu ne sont pas non plus les siennes.
הנה כשדרכיכם דרכי הם ממשיכים להיות מחשבותי מחשבותיכם. משא״כ בהיפך בהמשכת מחשבות אחרים שמצד הקליפה וסט״א [וסטרא אחרא].
lorsque vos voies sont Mes voies, elles attirent [un état dans lequel] Mes pensées deviennent vos pensées. Il n’en va pas de même dans le cas contraire, lorsque sont attirées les pensées des « autres », issues du côté de la kelipa et de la sitra a’hra.
Lorsque les voies d’une personne, c’est-à-dire ses actes, sont celles de D.ieu, elle attire les pensées de D.ieu dans les siennes. Dans le cas contraire, elle attire l’opposé : les pensées des « autres », issues de la kelipa et de la sitra a’hra.
L’ascension de l’âme entraîne avec elle les anges : c’est leur « montée » sur l’échelle de Jacob. La « descente » est celle de l’aigle, qui représente la compassion pour l’étincelle divine tombée dans le corps. Cette étincelle, le Gan Eden intérieur, doit être préservée : les mitsvot accomplies dans l’acceptation du joug du Ciel et avec l’intention de révéler la divinité attirent celle-ci dans l’âme, tandis que les actes contraires aux voies de D.ieu y attirent les pensées de l’autre côté.
Le mot pashanu prépare la section suivante : pécha (transgression) partage sa racine avec pechi’a, le terme de la Torah pour la négligence d’un gardien ; l’étincelle qui tombe est donc celle qui n’a pas été préservée. Kehot renvoie également au Tanya, chapitre 39, à propos de « la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même ».
Maré mekomot
- 1ואתה נפחתה בי כו׳ · ברכת אלקי נשמה.
- 2ואתה נפחתה בי כו׳ ואתה עתיד ליטלה ממני · Berakhot 60b:4
- 3ולאשתאבא בגופא דמלכא · Zohar I, 217b
- 4מלשון נושר · ראה קהלת יעקב בערך נשר.
- 5וישוב אל ה׳ וירחמהו · Isaiah 55:7
- 6מאיגרא רמה · Chagigah 5b:16–17
- 7ויניחהו בג״ע לעבדה ולשמרה · Genesis 2:15
- 8ושכר מצוה · Pirkei Avot 4:2
- 9ושכר מצוה הוא המצוה בעצמה · ראה אבות פ״ד, מ״ב. ולהעיר ג״כ מתניא פל״ט.
- 10מצות אנשים מלומדה · Isaiah 29:13
- 11צדיקים יושבים . . ונהנין מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
- 12בד״ה להבין . . בפ׳ חיי שרה · תו״א טז, א.
- 13זלע״ז עשה אלקים · Ecclesiastes 7:14
- 14כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
7והנה כל איש ישראל יש בו ניצוץ אלקות שלפעמים ועתים מזומנים מעורר את האהבה כל חד לפום שיעורא דילי׳ [דיליה]1 ואח״כ נופל כו הנה בנפילה זו נאבד ונשקע גם ניצוץ שבנפשו וממנו יונקים הקליפות וסט״א [וסטרא אחרא].
Or, chaque Juif porte en lui une étincelle de divinité qui, à certains moments déterminés, éveille l’amour, « chacun selon sa propre mesure » ; puis il retombe, etc. Dans cette chute, l’étincelle de son âme aussi se perd et s’enfonce, et les kelipot ainsi que la sitra a’hra s’en nourrissent.
Chaque Juif possède une étincelle divine qui, à certains moments, éveille en lui l’amour de D.ieu, chacun selon sa propre capacité, comme le dit le Zohar. Mais ensuite, il retombe ; dans cette chute, l’étincelle elle-même se perd et s’enfonce, et les kelipot ainsi que la sitra a’hra en tirent leur nourriture.
Les moments d’inspiration sont suivis de chutes ; dans la chute, l’étincelle divine se perd et nourrit les forces de la kelipa. Cela prépare la section suivante, consacrée à la protection de l’étincelle.
Maré mekomot
- 1כל חד לפום שיעורא דילי׳ · Zohar I, 103a
Négligence, pardon et retrouvaille ¶8
8וזהו כי פשענו כי פשיעה נזכר בתורה בענין שומרים שהשומר חנם חייב על הפשיעה שניצוץ אלקות צריך שמירה שלא יאבד ואחר ימצאנה והשמירה הוא כדאיתא בספרים שמור זה משנה.12
C’est [le sens de] « car nous avons transgressé (pachanu) » : la péchia (négligence) est mentionnée dans la Torah à propos des gardiens ; [ainsi,] un gardien bénévole est responsable en cas de négligence. Car l’étincelle de divinité doit être gardée, de peur qu’elle ne se perde et qu’un autre ne la trouve. Et cette garde consiste, comme on le trouve dans les livres : « “Garde” — c’est la Michna. »
Le mot pachanu est interprété à la lumière de son sens dans la Torah : la péchia est la négligence dont un gardien bénévole est responsable. L’étincelle divine est un dépôt qui doit être gardé afin qu’elle ne se perde pas et ne soit pas trouvée par « un autre », c’est-à-dire l’autre côté. La manière de la garder est la Michna, l’étude de la Torah orale.
דהיינו כמאמר רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] וירא אלקים כי טוב לגנוז34 והיכן גנזו בתורה56 דהיינו כשמתגלה אור האהבה בנפש האדם צריך לשמור שלא יפול הנופל ממנו7 והשמירה הוא ע״י עסק התורה שע״י עסק התורה היא מתקיימת כו׳
C’est-à-dire, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Et D.ieu vit que [la lumière] était bonne » — pour la mettre en réserve. Et où l’a-t-Il mise en réserve ? Dans la Torah. Autrement dit, lorsque la lumière de l’amour se révèle dans l’âme d’une personne, elle doit la garder afin que « celui qui tombe » n’en tombe pas ; et cette garde s’opère par l’étude assidue de la Torah, car c’est par l’étude assidue de la Torah qu’elle subsiste, etc.,
Les Sages disent que D.ieu vit que la première lumière « était bonne » et la mit en réserve dans la Torah. De même, lorsque la lumière de l’amour se révèle dans l’âme d’une personne, elle doit la garder afin qu’elle ne disparaisse pas ; elle est préservée par l’étude assidue de la Torah, où elle subsiste.
כמ״ש במ״א (וע׳ מזה בד״ה צו את בנ״י [בני ישראל] כו׳ תשמרו להקריב כו׳ בפ׳ פנחס) משא״כ כשאינו שומר הרי הוא פושע בניצוץ אלקות אשר יאבד ממנו וימצאנו אחר.8
comme cela est expliqué ailleurs (et voir à ce sujet le discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël », etc., « vous garderez pour offrir », etc., dans la paracha de Pin’has). En revanche, lorsqu’il ne la garde pas, il est négligent (pochéa) à l’égard de l’étincelle de divinité : elle se perd pour lui et un autre la trouve.
La parenthèse renvoie au discours de la paracha de Pin’has sur « vous garderez pour offrir ». Celui qui ne garde pas l’étincelle de cette manière est un gardien négligent : elle se perd pour lui et « un autre », l’autre côté, la trouve.
וזהו בנים גדלתי ורוממתי והם פשעו בי.9 פירוש שאני גדלתי ורוממתי מקור חוצבם של נשמתם שישראל עלו במחשבה והם פשעו בי ממש דהיינו הניצוץ אלקות שבהם.
C’est le sens de : « J’ai élevé et exalté des enfants, et ils ont transgressé contre Moi (pach’ou vi). » Autrement dit : J’ai élevé et exalté la source d’où leurs âmes ont été taillées, car « Israël est monté dans la pensée [de D.ieu] » ; et « pach’ou vi » signifie qu’ils ont été négligents à Mon égard, à l’égard de Moi-même — c’est-à-dire à l’égard de l’étincelle de divinité qui est en eux.
Le verset d’Isaïe est interprété de la même façon. D.ieu a élevé et exalté la source des âmes d’Israël, qui « sont montées dans la pensée », et « ils ont pach’ou bi » : ils ont été négligents à Mon égard, c’est-à-dire à l’égard de l’étincelle divine en eux.
והתיקון לזה הוא מחל לנו מחילה הוא ענין גילוי רצון שכשהאדם ברוגז על חבירו מסלק רצונו ממנו וכשחוזר ונתפייס הרי חוזר להיות גילוי רצון אליו.
La réparation de cela est : « Pardonne-nous. » Le pardon (me’hila) est une révélation de la volonté (ratson) : lorsqu’une personne est en colère contre son prochain, elle retire sa volonté de lui ; lorsqu’elle se réconcilie avec lui, sa volonté à son égard se révèle de nouveau.
Le remède est : « Pardonne-nous. » Le pardon (me’hila) signifie que la volonté et la faveur de la personne se manifestent de nouveau : lorsqu’elle est en colère contre son ami, elle retire sa volonté de lui ; lorsqu’elle s’apaise, sa volonté à son égard revient.
והנה הגילוי רצון זה הוא ע״י אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ מי אל כמוך נושע עון ועובר על פשע1011 שאין הפשע והפשיעה תופס מקום
Or, cette révélation de la volonté vient par un éveil d’en haut, du niveau de « Qui est un D.ieu (Kel) comme Toi, qui portes la faute et passes sur la transgression », où la transgression et la négligence (pécha et péchia) n’ont aucune prise
Cette faveur renouvelée vient d’en haut, du niveau de « Qui est un D.ieu comme Toi, qui portes la faute et passes sur la transgression », niveau où ni la transgression ni la négligence n’ont de prise.
(וע׳ בזח״ג [בזהר חלק ג] קל״ג א׳. ח״א [חלק א׳] ר״ו ב׳ ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה להבין פי׳ הפסוק מי אל כמוך)12
(voir Zohar, partie III, 133a ; partie I, 206b ; et voir également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Pour comprendre le sens du verset “Qui est un D.ieu (Kel) comme Toi” »),
La parenthèse cite deux passages du Zohar ainsi que le discours de l’Admour Hazaken « Pour comprendre le sens du verset “Qui est un D.ieu comme Toi” », dans Likkutei Torah sur Roch Hachana.
כי אם צדקת מה תתן לו13 והמשכת גילוי רצון זה הוא ע״י אתערותא דלתתא בחי׳ תשובה מעומקא דליבא כמ״ש מ מעמקים קראתיך ה׳ וע״י בחי׳ עומק זה מעוררים למעלה בחי׳ עומק העליון עומקא דכולא
car « Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? » Et l’attraction de cette révélation de la volonté vient par un éveil d’en bas : le niveau de la techouva du plus profond du cœur, comme il est écrit : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya. » Et par ce niveau de profondeur, on éveille en haut le niveau de la profondeur suprême, « la profondeur de tout »,
À ce niveau, comme le dit Job : « Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? » : rien de ce qu’une personne fait n’a d’effet sur lui. Il est attiré d’en bas par la techouva du plus profond du cœur, « Des profondeurs, je T’ai appelé », et cette profondeur humaine éveille la profondeur suprême, « la profondeur de tout ».
שהוא למעלה מעלה מן ההשתלשלות שע״י שחוזר ומתגלה הרצון העליון שלמעלה מן ההשתלשלות הרי שם אין הפשע תופס מקום כלל ואם צדקת כו׳
qui est très, très au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). Car lorsque la volonté suprême, qui est au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, se révèle de nouveau, la transgression n’y a absolument aucune place, et « si tu es juste », etc.
Cette profondeur suprême est très au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes. Lorsque la volonté suprême, qui dépasse l’enchaînement descendant des mondes, se révèle de nouveau, la transgression n’y a absolument aucune place, tout comme la justice n’y ajoute rien.
וע״י בחי׳ תשובה14 הנ״ל הוא חוזר ומוציא את הניצוץ אלקות מהקליפה וסט״א [וסטרא אחרא] שינקו וקבלו חיות ממנו שיעלה למקורו ושרשו ע״י עקירת הרצון בעומקא דליבא ואזי נתקיים מ״ש חיל בלע ויקיאנו ומבטנו יורישנו אל15 (באיוב סי׳ כ׳)
Et par le niveau de techouva mentionné plus haut, il ramène l’étincelle de divinité hors de la kelipa et de la sitra a'hra, qui s’en étaient nourries et en avaient reçu leur force vitale, afin qu’elle remonte à sa source et à sa racine, en déracinant la volonté au plus profond du cœur. Alors s’accomplit ce qui est écrit : « Il a englouti des richesses, et il les vomit ; D.ieu (Kel) les chassera de son ventre » (dans Job, chapitre 20).
Par une telle techouva, en déracinant au plus profond de son cœur sa volonté antérieure, l’homme ramène l’étincelle divine hors de la kelipa qui s’en nourrissait et la fait remonter à sa source. Alors s’accomplit le verset de Job : ce que le méchant a « englouti », il doit le vomir, et D.ieu le chasse de son ventre.
(פי׳ שע״י הגילוי16 מבחי׳ יג״מ [י״ג מדות] הרחמים שע״ז נאמ׳ [נאמר] מי אל כמוך וכן ביג״מ [בי״ג מדות] שבתורה כתיב אל רחום וחנון כו׳17 עי״ז נמשך להיות ומבטנו יורישנו אל. ועמ״ש בד״ה כי תצא18 גבי ושבית שביו ובביאור ע״פ כי המצוה הזאת)
(C’est-à-dire que, par la révélation du niveau des Treize Attributs de miséricorde — à propos desquels il est dit : « Qui est un D.ieu (Kel) comme Toi ? » — et, de même, dans les Treize Attributs de la Torah, il est écrit : « D.ieu (Kel), miséricordieux et clément », etc., cela entraîne que « D.ieu (Kel) les chassera de son ventre ». Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Quand tu sortiras », au sujet de « tu rendras ses captifs captifs », ainsi que dans l’explication du verset « Car cette mitsva ».)
La parenthèse précise que cela se produit par les Treize Attributs de miséricorde. Le Nom Kel (« D.ieu ») figure dans « Qui est un D.ieu (Kel) comme Toi ? », dans « Kel, miséricordieux et clément », ainsi que dans « Kel les chasse de son ventre ». L’Admour Hazakène renvoie à ses discours « Quand tu sortiras » et sur « Car cette mitsva ».
והנה בחי׳ גילטוי רצון זה הוא מתגלה בעשרת ימי תשובה ע״י בחינת ממעמקים ולכן כתיב דרשו ה׳ בהמצאו.
Or, cette révélation de la volonté se manifeste durant les Dix Jours de la techouva, par le niveau de « des profondeurs ». C’est pourquoi il est écrit : « Recherchez Havaya lorsqu’Il se laisse trouver. »
Cette révélation de la volonté suprême survient durant les Dix Jours de la techouva, par le cri « des profondeurs ». C’est pourquoi Isaïe dit : « Recherchez Havaya lorsqu’Il se laisse trouver. »
וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] בהמצאו אלו עשי״ת [עשרת ימי תשובה].19 פי׳ שבחי׳ ניצוץ אלקות20 הנאבד בפשיעת השמירה חוזר ונמצא להיות עולה למקורו.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Lorsqu’Il se laisse trouver” : ce sont les Dix Jours de la techouva. » Cela signifie que l’étincelle de divinité, perdue à cause d’un manque de vigilance dans la garde, est retrouvée, afin de remonter à sa source.
Les Sages disent que « lorsqu’Il se laisse trouver » désigne les Dix Jours de la techouva. L’Admour Hazakène prend le mot « trouvée » au sens littéral : durant ces jours, l’étincelle perdue par manque de vigilance dans la garde est retrouvée et remonte à sa source.
(וזהו ג״כ ענין ימצאהו בארץ מדבר כו׳ ימצאהו דייקא שימצא האבידה ועמ״ש בד״ה אני לדודי בענין ובקשתם משם21 כו׳ ומצאת כו׳)
(C’est aussi le sens de « Il le trouva dans une terre désertique », etc. : « Il le trouva » précisément, car l’objet perdu est retrouvé. Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je suis à mon bien-aimé », au sujet de « Et de là, vous chercherez », etc., et « vous trouverez », etc.)
La même idée éclaire « Il le trouva dans une terre désertique » : « trouva », comme on retrouve un objet perdu. La parenthèse renvoie au discours « Je suis à mon bien-aimé », sur « De là, vous chercherez… et vous trouverez ».
ואזי קראוהו להמשיך שיתגלה בנפשו בהיותו קרוב שעתה קרוב הדבר מאד22 בהיותו חיל בלע ויקיאנו (וע״ד מ״ש ויאמר ה׳ לדג ויקא את יונה):232425262728
Alors, « invoquez-Le », afin d’attirer [Sa présence] pour qu’Il se révèle dans son âme, « lorsqu’Il est proche » — car à présent, « la chose est très proche », lorsque « il a englouti des richesses et les vomit » (selon le sens de ce qui est écrit : « Et Havaya parla au poisson, et celui-ci vomit Jonas »).
Les mots suivants d’Isaïe s’appliquent alors : « Invoquez-Le lorsqu’Il est proche » ; à présent, « la chose est très proche », car la kelipa restitue l’étincelle qu’elle avait engloutie, comme le poisson rendit Jonas sur l’ordre de D.ieu.
« Car nous avons transgressé » est interprété comme « nous avons été négligents » : l’étincelle divine est un dépôt qui doit être gardé par l’étude de la Torah ; lorsqu’elle se perd, l’autre côté s’en nourrit. Le pardon est le retour de la faveur de D.ieu, attirée d’un niveau qui dépasse tout péché par la techouva du plus profond du cœur ; celle-ci libère l’étincelle de la kelipa. Cela se produit particulièrement pendant les Dix Jours de la Techouva, lorsque l’étincelle perdue est « retrouvée ».
Kehot cite Sefer HaMaamarim 5564, où la transcription de ce maamar par le Mitteler Rebbe explicite le propos : un gardien bénévole est responsable en cas de négligence parce qu’il n’a pas suffisamment gardé le dépôt, « dans un récipient à l’intérieur d’un récipient ». Nous disons ainsi : « Pardonne-nous, notre Roi, car nous avons été négligents » — négligents dans la garde de la lumière divine, faute de l’avoir placée dans des réceptacles. Au sujet de « comme on le trouve dans les livres », l’auteur de la note ajoute qu’il ignore de quels livres il s’agit ; il renvoie à Rachi et au Talmud pour « chamor, c’est la Michna », et ajoute que « Il l’a mise en réserve dans la Torah » est également suggéré dans le Zohar 1:47a, à propos de « Vayechoulou ».
Maré mekomot
- 1כדאיתא בספרים שמור זה משנה · Kiddushin 37a:4–5
- 2שמור זה משנה · Rashi on Deuteronomy 12:28
- 3כי טוב לגנוז · זח״א (מה, סע״ב) כי טוב לגנוז אותו. [כ].
- 4וירא אלקים כי טוב לגנוז · Zohar, Bereshit 70:139–148
- 5גנזו בתורה · ע׳ במדבר (יח, ד) וציין אדמו״ר ע״ז מתרומה (קמט, ריש א) וכן משמע מזח״א מז, א ד״ה ויכולו. [כ].
- 6גנזו בתורה · Zohar, Terumah 37:415–38:424
- 7יפול הנופל ממנו · Deuteronomy 22:8
- 8וימצאנו אחר · ”דהיינו שעי״ז יורד השפע לחיצונים” — אוה״ת האזינו ע׳ א׳תרפב.
- 9בנים גדלתי ורוממתי והם פשעו בי · Isaiah 1:2
- 10ועובר על פשע · Zohar, Idra Rabba 13:123–15:134
- 11ועובר על פשע · Zohar, Vayigash 3:26–5:36
- 12בד״ה להבין פי׳ הפסוק מי אל כמוך · ראה לעיל ס, ד (ושם ההתחלה: להבין ענין הפסוק. אולם בס׳ מאמרי אדה״ז — הקצרים הנסמן לעיל בהמ״מ שם ההתחלה: להבין פי׳ הפסוק. וראה גם להלן דרושים לשמע״צ פה, רע״ב. פז, רע״ד).
- 13אם צדקת מה תתן לו · Job 35:7
- 14וע״י בחי׳ תשובה . . יורישנו א-ל · מובא באוה״ת נ״ך ע׳ תרסג.
- 15חיל בלע ויקיאנו ומבטנו יורישנו אל · Job 20:15
- 16(פי׳ שע״י הגילוי . . שע״ז נאמר מי א-ל כמוך · ראה אוה״ת בראשית כרך ד תתכט, ב.
- 17א-ל רחום וחנון כו׳ · Exodus 34:6
- 18בד״ה כי תצא · לעיל לו, א ”בענין ושבית שביו שנתהפך הרע לטוב בהסרת הבגדים הצואים כו׳” — אוה״ת בראשית כרך ד דף תתל, א.
- 19אלו עשי״ת · Rosh Hashanah 18a
- 20פי׳ שבחי׳ ניצוץ אלקות · מובא באוה״ת ש״ש ע׳ א׳תרו. ושה״ש כרך א ע׳ רסט ”והיינו ע׳י הגילוי מבחי׳ מי א-ל כמוך”.
- 21ובקשתם משם · Deuteronomy 4:29
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- 23ויאמר ה׳ לדג ויקא את יונה · Jonah 2:11
- 24נזכר בתו׳ . . שהש״ח חייב על הפשיעה · Bava Metzia 94b
- 25מי א-ל כמוך נושא גו׳ · Micah 7:18
- 26ממעמקים קראתיך ה׳ · Psalms 130:1
- 27דרשו ה׳ בהמצאו · Isaiah 55:6
- 28
Les étapes de l’aigle ¶9–10
9ג וזהו כנשר יעיר שע״י בחי׳ רחמנות מן הנשר ונפל הנה ע״ז כתיב דרך הנשר בשמים12 שמגביה למעלה עד רום המעלות ומתעלה בעילוי אחר עילוי
3. C’est [le sens de] « Comme un aigle (nesher) qui réveille » : par le niveau de compassion [qui émane] de ce qui s’est détaché (nashar) et est tombé. À ce sujet, il est écrit : « la voie de l’aigle dans les cieux », car il s’élève jusqu’aux sommets les plus élevés et monte d’une élévation à l’autre.
La section 3 revient à l’aigle. « Comme un aigle qui réveille » exprime la compassion pour ce qui s’est détaché et est tombé ; nesher est ici rapproché de noshar. De cet aigle, il est dit : « la voie de l’aigle dans les cieux » : il s’élève jusqu’aux sommets les plus élevés, montant d’un niveau à l’autre.
(ועמ״ש בפי׳ וענין שמים בד״ה כי המצוה הזאת3 גבי לא בשמים היא4 כו׳ ע״ש איך דבחי׳ שמים שייך למצות תשובה ועד״ז י״ל [יש לומר] פי׳ דרך הנשר בשמים ובזהר)
(Et voyez ce qui est écrit sur le sens et la notion de « ciel » dans le maamar commençant par « Car ce commandement », à propos de « Elle n’est pas dans les cieux », etc. ; voyez là-bas comment le niveau de « ciel » se rapporte à la mitsva de techouva ; dans cette perspective, on peut expliquer « la voie de l’aigle dans les cieux ». Et dans le Zohar
La parenthèse renvoie au maamar sur « Car ce commandement », qui explique comment le « ciel » de « Elle n’est pas dans les cieux » est lié à la mitsva de techouva ; on peut en dire autant de « la voie de l’aigle dans les cieux ».
(פ׳ יתרו ד״פ ע״ב)5 פי׳ דשמים היינו תפארת דאצילות ועמ״ש לקמן ומתחלה יעיר קנו שאינו
(Parachat Yitro, 80b) explique que le « ciel » désigne Tiferet d’Atsilout ; et voyez ce qui est écrit plus loin). D’abord, « il réveille son nid », ce qui n’est rien
Le Zohar sur Yitro explique que le « ciel » désigne Tiferet d’Atsilout, l’attribut associé à la compassion. L’Alter Rebbe interprète ensuite le verset par étapes, en commençant par « il réveille son nid ».
d’autre qu’un simple éveil, qui touche sans toucher, selon le mode de « parvenir et ne pas parvenir » (mati velo mati) : c’est-à-dire que la Divinité se révèle à son âme et « touche l’âme ».
« Il réveille » ne désigne qu’un éveil : cela « touche sans toucher », comme le vol plané de l’aigle dans l’image du Talmud de Jérusalem. La Divinité se révèle à l’âme et la touche profondément, « jusqu’à l’âme ».
אך אינו נוגע לגמרי להיות נכנס תוך תוכו (עמ״ש בד״ה עיני כל בפ׳ מטות) ולהיות כל עצמותי תאמרנה10 ה׳ מי כמוך ואח״כ על גוזליו ירחף שמלביש את הנפש ומקיפו מכל צד רק שאינו
Mais cela ne la touche pas entièrement, au point de pénétrer au plus profond de lui-même (voyez ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Les yeux de tous », dans la Parachat Matot), et de faire en sorte que « tous mes os disent : “Havaya, qui est comme Toi ?” » Ensuite, « il plane au-dessus de ses oisillons » : il revêt l’âme et l’entoure de toutes parts, mais il n’est rien
Cela ne pénètre pas encore au plus profond de lui-même, de sorte que « tous mes os » puissent dire : « Havaya, qui est comme Toi ? » L’étape suivante, « il plane au-dessus de ses oisillons », est une lumière qui entoure l’âme de toutes parts, mais seulement comme au-dessus d’oisillons. La parenthèse renvoie au maamar « Les yeux de tous », dans la Parachat Matot.
אלא בבחי׳ גוזליו שהם קטנים שאין להם גדפין דהיינו ענין גילוי בחינה זו בכל פסוקי דזמרה עד ק״ש [קריאת שמע].
d’autre qu’au niveau de « ses oisillons », qui sont petits et n’ont pas d’ailes. Cela correspond à la révélation de ce niveau tout au long des Pessouké deZimra, jusqu’au Chéma.
Les oisillons sont petits et n’ont pas d’ailes qui leur soient propres. Cela correspond à la révélation de la Divinité pendant les Pessouké deZimra, les psaumes de louange qui précèdent le Chéma.
La compassion de l’aigle élève ce qui est tombé jusqu’aux hauteurs, selon « la voie de l’aigle dans les cieux ». Ses premières étapes restent partielles : « il réveille son nid » ne fait que toucher l’âme, et « il plane au-dessus de ses oisillons » l’entoure sans encore lui donner d’ailes ; c’est le niveau des Pessouké deZimra, avant le Chéma.
Le Talmud de Jérusalem (Chagigah 2:1) se sert de l’aigle de ce verset pour illustrer un vol plané qui « touche sans toucher », et l’expression du Zohar mati velo mati (1:16b, 1:65a) décrit une lumière supérieure qui parvient sans parvenir. Kehot renvoie également à Or HaTorah sur Ha'azinu (p. 1685) pour le Zohar sur Yitro.
Maré mekomot
- 1דרך הנשר בשמים · Proverbs 30:19
- 2דרך הנשר בשמים · Zohar, Yitro 15:277–17:286
- 3בד״ה כי המצוה הזאת · לעיל מו, א.
- 4לא בשמים היא · Deuteronomy 30:12
- 5ובזהר (פ׳ יתרו ד״פ ע״ב) · ראה באוה״ת פ׳ האזינו ע׳ א׳תרפה.
- 6מטי ולא מטי · זח״א (טז, ב. סה, א). [כ].
- 7מטי ולא מטי · Zohar, Bereshit 5:28–38
- 8מטי ולא מטי · Zohar, Noach 15:121–16:131
- 9ונגעה עד הנפש · Jeremiah 4:10
- 10כל עצמותי תאמרנה · Psalms 35:10
10וזהו ענין התעוררות רחמים שבברכות שלפני ק״ש [קריאת שמע] ברחמיך הרבים רחם עלינו כו׳ אבינו אב הרחמן כו׳ שהוא ענין כנשר כו׳
Tel est le sens de l’éveil de la miséricorde dans les bénédictions qui précèdent le Chema : « Dans Ta grande miséricorde, prends pitié de nous », etc., « Notre Père, Père miséricordieux », etc. C’est [le sens de] « Comme un aigle », etc.,
La compassion de l’aigle s’exprime dans les bénédictions qui précèdent le Chema, où l’on supplie : « Dans Ta grande miséricorde, prends pitié de nous… Notre Père, Père miséricordieux. » Ces bénédictions correspondent à l’aigle qui éveille son nid.
על גוזליו1 ירחף כו׳ משא״כ בק״ש [בקריאת שמע] ע״י מס״נ [מסירות נפש] באחד2 ואהבת בכל נפשך הוא ענין התגלות בחי׳ תשובה ממעמקים שעי״ז ישאהו3 על אברתו4 על דייקא
« il plane au-dessus de ses petits », etc. En revanche, dans le Chema, par le sacrifice de soi (messirout néfech) dans « Un » et dans « Tu aimeras… de toute ton âme », se révèle le niveau de la techouva « depuis les profondeurs » ; grâce à cela, « il le porte sur ses ailes » — « sur », précisément.
Ces bénédictions sont l’aigle qui plane au-dessus de ses petits. Le Chema lui-même constitue une étape supérieure : par le sacrifice de soi dans « Un » et « de toute ton âme », vient la techouva « depuis les profondeurs » ; c’est alors qu’« il le porte sur ses ailes », l’accent portant sur le mot « sur ».
כי אברתו הוא בחי׳ אברין דמלכא שהם המצות5 שהם המשכות רצון העליון המלובש בעוה״ז הגשמי כמוט ציצית של צמר
Car « ses ailes » (evrato) désigne le niveau des « membres du Roi » (evarin), qui sont les mitsvot, lesquelles attirent la volonté suprême lorsqu’elle est revêtue dans ce monde matériel, comme un fil de tsitsit en laine.
« Ses ailes » (evrato) se lit comme evarim, « les membres du Roi », c’est-à-dire les mitsvot. Chaque mitsva attire la volonté suprême dans une réalité matérielle de ce monde, telle le fil de tsitsit en laine.
אבל ע״י תשובה עילאה מעורר רצון העליון שלמעלה מעלה מהשתלשלות העולמות שעל זה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] במקום שבעלי תשובה כו׳
Mais par la techouva supérieure (techouva ila’a), on éveille la volonté suprême, située bien au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), à propos de laquelle nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Là où se tiennent ceux qui font techouva… », etc.
La techouva supérieure atteint cependant la volonté suprême, très au-dessus de l’enchaînement des mondes, au-delà de la volonté revêtue dans les mitsvot. À son propos, les Sages disent : « Là où se tiennent ceux qui font techouva, les justes parfaits ne peuvent se tenir. »
(ועמ״ש מענין ק״ש [קריאת שמע] סד״ה מזמור שיר חנוכת הבית. ולשון על גוזליו א״ש [אתי שפיר] על בעלי תשובה דוקא כי הנה גוזל פי׳ בב״ר [בבראשית רבה])
(Voir ce qui est écrit au sujet du Chema, à la fin du discours commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison ».) L’expression « au-dessus de ses petits » (gozalav) convient bien précisément à ceux qui font techouva, car le mot gozal est expliqué dans Bereishis Rabbah
La parenthèse renvoie à un discours sur le Chema. Elle ajoute ensuite que « au-dessus de ses petits » (gozalav) convient particulièrement à ceux qui font techouva, car le Midrach interprète aussi gozal comme gazlan, « un voleur ».
(פ׳ לך פמ״ד)6 ג״כ לשון גזלן והחוטא נקרא גוזל אביו ואמו78 כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] (רפ״ו דברכות) אך ע״י התשובה אתהפכא חשוכא לנהורא וזדונות נעשו כזכיות.9
(Paracha Le'h, chapitre 44) comme désignant également un voleur (gazlan) ; et le pécheur est appelé celui qui « vole son père et sa mère », comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (au début du chapitre 6 de Berakhot). Mais par la techouva, « l’obscurité se transforme en lumière », et les fautes intentionnelles deviennent comme des mérites.
Le Talmud appelle celui qui profite de ce monde sans bénédiction celui qui « vole son père et sa mère », et tout pécheur est désigné par cette expression. Pourtant, par la techouva, l’obscurité se transforme en lumière et les fautes intentionnelles deviennent comme des mérites.
לכן מבחי׳ גוזל אביו ומו נעשה בחי׳ כנשר כו׳ על גוזליו ירחף כו׳ והיינו להיות ישאהו על אברתו.
Ainsi, du niveau de « celui qui vole son père et sa mère » naît le niveau de « Comme un aigle », etc., « il plane au-dessus de ses petits », etc. ; cela signifie qu’« il le porte sur ses ailes ».
Le « voleur » (gozel) devient donc l’un des « petits » de l’aigle (gozalav), au-dessus desquels il plane, ce qui conduit à « il le porte sur ses ailes ».
ועמ״ש בד״ה תקעו בחדש שופר בענין כי רצון העליון יש לו שני בחינות כו׳ ע״ש דמשם יובן יותר פי׳ על אברתו.
Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », au sujet des deux niveaux de la volonté suprême, etc. ; voir là-bas, car on comprendra mieux, grâce à ce qui y est dit, le sens de « sur ses ailes ».
L’Admour Hazaken renvoie à son discours « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », qui explique que la volonté suprême comporte deux niveaux. Cette distinction éclaire le sens du verset : « sur ses ailes ».
וברע״מ [וברעיא מהימנא] פ׳ פנחס (דרל״ח ע״ב) פי׳ ישאהו ע״ד ישא ה׳ פניו כו׳ ועמ״ש בפי׳ ישא בפ׳ נשא סד״ה כה תברכו לפיכך נאמר מי אל כמוך נושא עון ועובר על פשע10 כו׳.
Et dans le Raaya Mehemna, paracha Pin’has (238b), on explique « il le porte » (yisa’ehu) au sens de « Que Havaya élève (yisa) Sa face », etc. (et voyez ce qui est écrit sur le sens de yisa dans la paracha Nasso, à la fin du discours commençant par « Ainsi vous bénirez »). C’est pourquoi il est dit : « Quel D.ieu (Kel) est comme Toi, qui portes (nosei) la faute et passes sur la transgression », etc.
Le Raaya Mehemna comprend « Il le porte » (yisa’ehu) comme « Que Havaya élève (yisa) Sa face » dans la bénédiction sacerdotale. Dans le même sens, D.ieu « porte (nosei) la faute », la relevant, et « passe sur la transgression ».
תתן אמת ליעקב11 חסד לאברהם כו׳ שהוא הוא הנותן אמת וחסד שלו כו׳ ואזי ה׳ בדד ינחנו121314151617 כו׳ בחי׳ הוי׳ הוא בחי׳ צמצום והתפשטות המשכה כו׳
« Tu accordes la vérité à Jacob, la bonté à Abraham », etc. — car c’est Lui-même qui accorde Sa propre vérité et Sa propre bonté, etc. Alors, « Havaya seul le conduisit », etc. Le niveau de Havaya est celui du tsimtsoum (contraction) et de l’expansion du flux, etc.,
Le verset suivant dans Michée, « Tu accordes la vérité à Jacob, la bonté à Abraham », signifie que D.ieu accorde Sa propre vérité et Sa propre bonté. Vient ensuite le verset qui suit le nôtre : « Havaya seul le conduisit ». Le Nom Havaya désigne le tsimtsoum et l’expansion du flux.
שהיא בחי׳ סדר המשכות והשתלשלות העולמות משא״ד בדד הוא בחי׳ לבדו18 כמו קודם שנברא העולם דהיינו בחי׳ לפני הוי׳ תטהרו שביום הכפורים
qui est le niveau de l’ordre des émanations et de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ; tandis que « seul » (badad) désigne le niveau de « Lui seul », comme avant la création du monde — c’est-à-dire le niveau de « Devant Havaya vous serez purifiés », à Yom Kippour.
Havaya désigne l’ordre des mondes descendants, tandis que « seul » (badad) signifie D.ieu seul, comme avant la création. C’est le niveau de Yom Kippour, « Devant Havaya vous serez purifiés », compris comme un niveau supérieur même au Nom Havaya.
(ועוי״ל [ועוד יש לומר] בפי׳ כנשר יעיר כו׳ דהנה מבואר למעלה שבמ״ת [שבמתן תורה] וכן כל זמן שהיה בהמ״ק [בית המקדש] קיים היה גילוי אלקות מבחי׳ כללות החיות שלמעלה מבחי׳ המלאכים פני ארי׳ [אריה] כו׳ ופני נשר כו׳.
(On peut aussi expliquer « Comme un aigle réveille son nid », etc. En effet, il a été expliqué plus haut qu’au Don de la Torah, et de même tant que le Temple se tenait, il y avait une révélation de la divinité provenant du niveau de la force vitale dans son expression générale et collective, supérieure au niveau des anges — la face du lion, etc., et la face de l’aigle, etc.
L’Admour Hazaken propose une autre interprétation. Comme il a été expliqué plus haut, au Sinaï et à l’époque du Temple, la divinité se révélait depuis un niveau supérieur aux anges, au-dessus des faces du lion et de l’aigle.
וא״כ מובן דבחי׳ גילוי גי״מ [י״ג מדות] הרחמים זהו ודאי בחי׳ רחמים גדולים שלמעלה מעלה הרבה מבחי׳ ומדרגת דבחי׳ פני נשר. ועמ״ש בד״ה ש״ה [שיר המעלות] ממעמקים19 בענין שיש ב׳ בחי׳ רחמנות אב הרחמן ואב הרחמים כו׳
Il s’ensuit que la révélation des Treize Attributs de Miséricorde relève certainement d’un niveau de grande miséricorde, très, très supérieur au niveau et au degré de la face de l’aigle. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Chant des montées : Des profondeurs », à propos des deux niveaux de compassion : « Père miséricordieux » (Av HaRachaman) et « Père des miséricordes » (Av HaRachamim), etc. ;
Il s’ensuit que les Treize Attributs de Miséricorde expriment une grande miséricorde, très supérieure à la face de l’aigle. Il renvoie au discours « Chant des montées : Des profondeurs », qui distingue deux niveaux de compassion : « Père miséricordieux » (Av HaRachaman) et « Père des miséricordes » (Av HaRachamim).
ע״ש וא״כ יש לומר הפי׳ כך כנשר יעיר קנו כו׳ שזהו משל דכמו שנמשך בחי׳ רחמים ע״י בחי׳ פני נשר שבמרכבה על ירידת הנשמה בגוף הגשמי ונה״ב [ונפש הבהמית] וכמ״ש ביצ״מ [ביציאת מצרים] ואשא אתכם על כנפי נשרים20 כו׳
voyez-y. Dès lors, on peut expliquer ainsi : « Comme un aigle réveille son nid », etc., est une parabole. De même que la miséricorde se déploie par le niveau de la face de l’aigle dans le Char, à l’égard de la descente de l’âme dans le corps physique et dans l’âme animale — comme il est écrit au sujet de la sortie d’Égypte : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigles », etc. —
Selon cette interprétation, l’aigle est une parabole. La face de l’aigle dans le Char déploie la miséricorde sur l’âme descendue dans un corps et dans une âme animale, comme lors de la sortie d’Égypte, lorsque D.ieu porta Israël « sur des ailes d’aigles ».
כמו כן ויתר מכן לאין קץ מה שעי״ז אח״כ הוי׳ בדד ינחנו היינו גילוי רחמים גדולים י״ג מדה״ר [מדות הרחמים] המתגלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] שעי״ז בדד ינחנו דהיינו בעצמות אור א״ס ממש וכמאמר והחזירנו בתשובה שלימה לפניך.21
de même, et infiniment plus encore, ce qui se produit ensuite par ce moyen : « Havaya seul le conduisit », c’est-à-dire la révélation d’une grande miséricorde, les Treize Attributs de Miséricorde qui se révèlent à Yom Kippour ; par ce moyen, « seul Il le conduisit », c’est-à-dire dans l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), comme le dit la prière : « Et ramène-nous à une techouva complète devant Toi. »
Infiniment plus grand est ce qui vient ensuite : « Havaya seul le conduisit », la grande miséricorde des Treize Attributs révélés à Yom Kippour. Alors, D.ieu conduit l’âme « seul », dans l’essence même de la Lumière infinie, comme nous prions dans la Amida des jours de semaine : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi. »
ולפ״ז [ולפי זה] פי׳ ישאהו על אברתו דגבי נשר2223 יעיר קאי על מצות עשה דייקא כי גבי מ״ע [מצות עשה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] עבר אדם על מ״ע [מצות עשה] ושב24 לא זז משם עד שמוחלין לו וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] ע״ז ליוהכ״פ [ליום הכפורים] דייקא.
Selon cela, le sens de « il le porte sur ses pennes », dans le contexte de « un aigle réveille son nid », se rapporte spécifiquement aux commandements positifs. En effet, à propos des commandements positifs, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Si quelqu’un a transgressé un commandement positif et s’est repenti, il ne quitte pas les lieux avant qu’on lui ait pardonné » ; il n’a donc pas besoin, pour cela, de Yom Kippour en particulier.
Dès lors, « il le porte sur ses pennes », l’action de l’aigle, s’applique aux commandements positifs. Le Talmud enseigne que celui qui néglige un commandement positif et se repent est aussitôt pardonné, sans avoir besoin d’attendre Yom Kippour.
וזהו על אברתו דרמ״ח פקודין אינון רמ״ח אברין דמלכא2526 וזהו ע״י כנשר יעיר כו׳. אכן ע״י יג״מ [י״ג מדות] הרחמים המתגלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] עם התשובה נתקן ונמחל אפילו הפשעים דל״ת [דלא תעשה] שהל״ת [שהלא תעשה] הן למעלה ממ״ע [ממצות עשה] דמ״ע [דמצות עשה] תלויין בו״ה דשם הוי׳ ול״ת [ולא תעשה] תלויין בי״ה
C’est là « sur ses ailes » : car « les 248 commandements sont les 248 membres du Roi », et cela se réalise par « Comme un aigle qui réveille… », etc. Cependant, grâce aux Treize Attributs de Miséricorde, qui se révèlent à Yom Kippour, conjointement à la techouva, même les transgressions des interdits sont rectifiées et pardonnées ; car les interdits sont plus élevés que les commandements positifs, puisque les commandements positifs dépendent du vav et du hé du Nom Havaya, tandis que les interdits dépendent du youd et du hé.
Les ailes sont les 248 commandements, « les 248 membres du Roi », et leur réparation s’opère par la compassion de l’aigle. Les interdits prennent racine plus haut, dans les premières lettres du Nom (youd-hé), tandis que les commandements positifs prennent racine dans ses dernières lettres (vav-hé) ; leurs transgressions ne sont réparées que par les Treize Attributs révélés à Yom Kippour, conjointement à la techouva.
אך ע״י שביוהכ״פ [שביום הכפורים] הוא בחי׳ לפני הוי׳ תטהרו למעלה גם מבחי׳ י״ה וזהו בדד ינחנו כו׳. לכן נתקן גם הפגמים והעוונות והפשעים דל״ת [דלא תעשה] ועמ״ש בד״ה כי ההרים ימושו.
Mais puisque Yom Kippour correspond au niveau de « Devant Havaya vous serez purifiés », supérieur même au niveau de youd-hé — et c’est là « Seul, Il l’a conduit », etc. —, les atteintes, les iniquités et les transgressions des interdits sont donc elles aussi rectifiées. Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Car les montagnes peuvent se retirer ».
Yom Kippour atteint « devant Havaya », au-dessus même de youd-hé ; c’est là « Seul, Il l’a conduit ». Ainsi, même les atteintes et les transgressions des interdits sont réparées. L’Admour Hazaken renvoie à son discours « Car les montagnes peuvent se retirer ».
גם י״ל [יש לומר] דכנשר יעיר זהו ענין יג״מ [י״ג מדות] הרחמים שמתגלים בחדש אלול לפמ״ש [לפי מה שכתוב] בזהר הרקיע ר״פ בראשית דתליסר עלין דשושנה הם י״ב בקר דבריאה והים עליהם27 כו׳ ע״ש והוי׳ בדד ינחנו זהו ענין יג״מ [י״ג מדות] הרחמים המתגלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים].
On peut également dire que « Comme un aigle qui réveille » désigne les Treize Attributs de Miséricorde qui se révèlent au mois d’Eloul, conformément à ce qui est écrit dans le Zohar HaRakia, au début de Berechit : les treize pétales de la rose sont les douze bœufs de Béria, « et la mer au-dessus d’eux », etc. Voir là-bas. Et « Havaya seul l’a conduit » désigne les Treize Attributs de Miséricorde qui se révèlent à Yom Kippour.
Selon une autre lecture, « Comme un aigle qui réveille » désigne les Treize Attributs de Miséricorde tels qu’ils se révèlent en Eloul, et « Havaya seul l’a conduit », ces mêmes attributs tels qu’ils se révèlent à Yom Kippour. Le Zohar HaRakia identifie les treize pétales de la rose aux douze bœufs de Béria et à « la mer au-dessus d’eux ».
ועיין מענין בדד ינחנו ברבות פ׳ בלק28 גבי הן עם לבדד ישכון)29 (זח״א [זהר חלק א] כ״ו א׳. ח״ג [חלק ג׳] קכ״ד ב׳. ר״י [רבינו יצחק] ב׳ רצ״ח ב׳ ובלק״ת [ובלקוטי תורה (להאריז״ל)] ס״פ האזינו).
Voir aussi, au sujet de « Seul, Il l’a conduit », Midrash Rabbah, Parachat Balak, à propos de « Voici un peuple qui réside seul ». (Zohar, partie I, 26a ; partie III, 124b, 210b, 298b ; et dans le Likkutei Torah de l’Ari Zal, fin de la paracha Ha'Azinu.)
La parenthèse cite également le Midrash qui met en relation « un peuple qui réside seul » avec « Havaya seul l’a conduit », ainsi que des passages du Zohar et du Likkutei Torah de l’Ari Zal sur Ha'Azinu.
ובעה״מ [ובעל המחבר] סוף שער ג׳ ובשער ששי ס״פ מ״ו30 פי׳ שזהו ענין ונשגב ה׳ לבדו ביום ההוא והארה מעין זה מתגלה בכל יום בק״ש [בקריאת שמע]
Et dans Emek HaMelech, à la fin du Shaar 3 et dans le Shaar 6, à la fin du chapitre 46, il est expliqué que c’est là le sens de « Havaya seul sera exalté en ce jour-là ». Un reflet de cela se révèle chaque jour dans le Chema,
Emek HaMelech explique que ces paroles renvoient à « Havaya seul sera exalté en ce jour-là », à la révélation de D.ieu seul. Un reflet de cela se révèle chaque jour dans le Chema.
כי בכל יום צריך להיות המשכה מעט כדי שיתגלה בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] וביוהכ״פ [וביום הכפורים] בכלל כי כך הוא מדת31 התורה כלל ופרט וחזר וכלל32 להיות חוזר ונכלל
car chaque jour, un faible influx doit se déverser afin que cela se révèle dans son ensemble durant les Dix Jours de Techouva et à Yom Kippour. Telle est en effet la règle d’interprétation de la Torah : une formulation générale, une formulation particulière, puis à nouveau une formulation générale — afin que soit de nouveau inclus
Chaque jour, une petite mesure de cette révélation doit se déverser afin qu’elle puisse se révéler dans son ensemble durant les Dix Jours de Techouva et à Yom Kippour. Cela suit la règle d’interprétation de la Torah : général, particulier, puis de nouveau général.
מה שנפרט לפרטי פרטיות בכל יום שעי״ז יהיה גילוי כללות לפי שהפרט נמשך מגילוי כללות כו׳ ועיין בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י] (באיוב סי׳ ל״ט כ״ז)33 גבי יגביה נשר.
ce qui a été détaillé en menus détails chaque jour, afin qu’il en résulte une révélation de l’expression générale et collective ; car le particulier découle de la révélation de l’expression générale et collective, etc. Voir le commentaire de Rachi (sur Job, chapitre 39, [verset] 27) à propos de « l’aigle s’élève ».
Ce qui a été réparti en d’innombrables détails au fil des jours est de nouveau rassemblé en une révélation générale, car chaque particulier découle du général. L’Admour Hazaken ajoute une référence au commentaire de Rachi sur « l’aigle s’élève » dans Job ; Rachi l’explique à l’aide de « Comme un aigle qui réveille son nid » et de Yom Kippour.
והנה ע״י תשובה מעומקא דליבא הנ״ל נאמר יצרנהו כאישון עינו34 כי אישון בת עין הוא החושך שבעין ובו דוקא
Or, grâce à la techouva venant de la profondeur du cœur mentionnée plus haut, il est dit : « Il l’a gardé comme la prunelle de Son œil. » Car la prunelle (ichon), la « fille de l’œil » (bat ayin), est la partie sombre de l’œil, et c’est précisément en elle
La techouva venant de la profondeur du cœur est également évoquée par « Il l’a gardé comme la prunelle de Son œil ». La prunelle, la « fille de l’œil », est la partie sombre de l’œil.
הוא המאיר35 ומתגלה עיקר ראיית האדם שבו האדם רואה כך ע״ בחי׳ החושך36 שמחשיך האדם א״ע [את עצמו] במרירות נפשו בעומק הלב הוא מאיר גילוי רצון העליון
est ce qui donne lumière, et c’est par lui que se révèle l’essentiel de la vue humaine — c’est avec lui que l’homme voit. De même, à travers l’obscurité dont l’homme s’enténèbre lui-même, dans l’amertume de son âme, au plus profond de son cœur, brille la révélation de la volonté supérieure.
Pourtant, c’est précisément dans la pupille sombre que se trouve la lumière grâce à laquelle l’homme voit. De même, lorsque l’homme s’enténèbre par l’amertume de son âme, au plus profond de son cœur, la révélation de la volonté supérieure brille en lui.
וזהו ימצאהו בארץ מדבר דהיינו לפי שהיה במדבר בארץ ציה כו׳. וזהו מי זאת עולה מן המדבר37 עילוי׳ [עילויה] מן המדבר וסילוק׳ [וסילוקה] מן המדבר כו׳:38394041
Et c’est là le sens de « Il le trouva dans une terre désertique » : parce qu’il se trouvait dans le désert, « dans une terre aride », etc. Et c’est là le sens de « Qui est celle qui monte du désert ? » : son élévation vient du désert, et son départ vient du désert, etc.
C’est pourquoi le verset dit : « Il le trouva dans une terre désertique » : l’âme se trouvait dans le désert, une terre aride, et c’est là qu’elle est trouvée. De même, « Qui est celle qui monte du désert ? » : aussi bien l’élévation que le départ viennent du désert lui-même.
Le verset est interprété comme décrivant les étapes de la prière : l’éveil et le vol plané de l’aigle correspondent aux supplications pour obtenir miséricorde avant le Chema, tandis que « il le porte sur ses ailes » désigne la techouva du Chema, qui atteint la volonté suprême au-delà des mitsvot. D’autres interprétations situent la compassion de l’aigle (Eloul, les commandements positifs) en deçà de « Havaya seul l’a guidé » (les Treize Attributs du jour de Kippour, qui réparent même les interdits) ; tout au long de ces explications, la descente de l’âme dans le désert et son amère techouva deviennent la source de son élévation.
Le Raaya Mehemna (3:238b) interprète « ses ailes » comme le membre avec lequel une personne accomplit une mitsva, membre de la Chekhina. Dans son discours sur la paracha de Chla'h, l’Admour Hazaken applique le verset aux mitsvot, tout en notant que « ailleurs, à propos de Kenesher ya'ir », il est appliqué à la techouva. Kehot signale que le sacrifice de soi dans « Un » est traité par le Ba'h (sur le Tour, Ora'h 'Haïm, début de la section 61) et dans Pri Etz 'Haïm (Chaar Kriat Chema, chapitre 12), et renvoie à la Baraita de Rabbi Yichmaël, au début du Sifra, pour la règle « général, particulier et général ».
Maré mekomot
- 1גוזל · Bereshit Rabbah 44
- 2מס״נ באחד · ב״ח טאו״ח רסס״א. פע״ח שער הק״ש פי״ב.
- 3ישאהו · Zohar, Pinchas 79:489–81:500
- 4ישאהו על אברתו · Deuteronomy 32:11
- 5כי אברתו הוא בחי׳ אברין דמלכא שהם המצות · ראה לעיל פ׳ שלח לט, ב.
- 6פי׳ בב״ר (פ׳ לך פמ״ד) · ”ע״פ ותור וגוזל כו׳ שהוא גזלן ע״ש דקאי על איש משחית” — ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ תקעג.
- 7והחוטא נקרא גוזל אביו ואמו · ראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ תקעג. המשך חייב אדם לברך תרל״ח פי״ז. לקו״ש חכ״ה ע׳ 453.
- 8
- 9ע״י התשובה . . וזדונות נעשו כזכיות · Yoma 86b:3–4
- 10מי אל כמוך נושא עון ועובר על פשע · Micah 7:18
- 11תתן אמת ליעקב · Micah 7:20
- 12ה׳ בדד ינחנו · Deuteronomy 32:12
- 13בדד ינחנו · Bamidbar Rabbah 20:19
- 14בדד ינחנו · Zohar, Bereshit 21:238–248
- 15בדד ינחנו · Zohar, Nasso 5:87–6:93
- 16בדד ינחנו · Zohar, Balak 45:458–470
- 17בדד ינחנו · Zohar, Ha'Azinu 12:231–15:242
- 18בדד הוא בחי׳ לבדו · באוה״ת כאן ע׳ א׳תרפו ”ובדד בד ד׳ פי׳ ב״ד ר״ל יחידי”.
- 19בד״ה ש״ה ממעמקים · לעיל ר״ה סב, ד.
- 20ואשא אתכם על כנפי נשרים · Exodus 19:4
- 21והחזירנו בתשובה שלמה לפניך · תפלת שמו״ע של חול.
- 22יגביה נשר · Job 39:27
- 23יגביה נשר · Rashi on Job 39:27
- 24עבר אדם על מ״ע ושב · Yoma 86a:7
- 25רמ״ח פיקודין אינון רמ״ח אברין דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
- 26רמ״ח פקודין אינון רמ״ח אברין דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 27והים עליהם · I Kings 7:25
- 28ברבות פ׳ בלק · פ״כ, יט.
- 29הן עם לבדד ישכון · Numbers 23:9
- 30ברבות פ׳ בלק . . (זח״א כ״ו א׳ . . ובשער ששי ס״פ מ״ו · כל המראה מקומות נעתקו לשונם באוה״ת פ׳ האזינו ע׳ א׳רצא ואילך וכמה מהם עם הגהות מכ״ק אדמו״ר הצ״צ.
- 31כך הוא מדת התו׳ כלל ופרט · ראה תו״כ ר״פ ויקרא (ברייתא דר״י).
- 32כלל ופרט וחזר וכלל · Sifra, Baraita DeRabbi Yishmael 9
- 33ועיין בפרש״י באיוב סי׳ ל״ט כ״ז · ע״פ אם על פיך יגביה נשר וכי ירים קנו, פרש״י: ”השכינה, שנאמר כנשר יעיר קנו היה מסלק פמליא שלו שלא יזיקו לאהרן בבאו אל הקדש ביום הכפורים”.
- 34יצרנהו כאישון עינו · Deuteronomy 32:10
- 35ובו דוקא הוא המאיר · ראה אוה״ת כאן ע׳ א׳תרעג. וביהל אור ע׳ טו ואילך. המשך וככה תרל״ז פרק נז ופרק עג.
- 36כך ע״י בחי׳ החושך · מובא באוה״ת בראשית כרך א לב, ב.
- 37מי זאת עולה מן המדבר · Song of Songs 3:6
- 38וסילוק מן המדבר כו׳ · ראה אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שכב, א.
- 39במקום שבע״ת · Berakhot 34b:22–23
- 40ישא ה׳ פניו · Numbers 6:26
- 41לפני הוי׳ תטהרו · Leviticus 16:30
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Chaque instant d’inspiration doit être préservé par l’étude de la Torah, faute de quoi l’étincelle divine qu’il a révélée est perdue. Lorsqu’on a fait preuve de négligence, la réponse est la techouva du fond du cœur, un examen de conscience amer et sincère qui, comme la pupille sombre de l’œil, devient le lieu où brille la volonté de D.ieu. La prière quotidienne en attire un peu chaque jour, dans les supplications pour la miséricorde avant le Chema et dans le sacrifice de soi au cours du Chema, afin qu’elle puisse se révéler pleinement pendant les Dix Jours de Techouva et à Yom Kippour.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar interprète-t-il « Il l’a trouvé dans un pays désert » comme une description de l’âme, et en quoi le corps est-il pour elle un « désert » ?
- En quoi les faces du lion, du bœuf et de l’aigle diffèrent-elles, et pourquoi l’exil nécessite-t-il de recevoir l’amour et la crainte par l’intermédiaire des anges ?
- Que signifie être un « gardien négligent » de l’étincelle divine, et comment l’étude de la Torah la préserve-t-elle ?
- Pourquoi la techouva du fond des profondeurs peut-elle atteindre un niveau où « la transgression n’a pas sa place », au-delà des mitsvot elles-mêmes ?
- Comment l’obscurité, comme la pupille de l’œil ou le désert, peut-elle devenir une source de lumière et d’élévation ?