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Torah Ohr · Parshas Va’eira · Maamar 1

וארא אל אברהם אל יצחק ואל יעקב באל…

« Je suis apparu à Avraham, à Yitzchak et à Yaakov comme Kel Cha-daï »

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L’idée centrale

La révélation que les Avot reçurent comme Kel Cha-daï demeure vivante en chaque Juif : en exil, nos facultés sont semblables à celles d’un fœtus, formées mais inactives ; en révélant dans le cœur l’unité de D.ieu, nous parvenons à la « naissance » et au « lait » de la joie, qui fait croître l’amour et la crainte. Plus élevée encore est la Torah, donnée par le bitoul complet de Moché, qui révèle D.ieu dans Son être même, le niveau que les Avot ne connaissaient pas.

Le maamar en bref

D.ieu dit à Moché qu’Il est apparu aux Avot comme Kel Cha-daï, mais qu’Il ne leur était pas connu sous Son Nom Havaya. Le Rabbi Chnéour Zalman comprend également « Je suis apparu » comme exprimant une action qui se poursuit dans le présent : les Avot sont la racine de chaque âme juive, si bien que leur niveau se trouve en chaque Juif. L’exil est une grossesse. Comme un fœtus dont les organes sont formés, mais dont la tête est repliée et qui ne respire pas, Israël observe les mitsvot, mais leur nourriture n’atteint ni le cœur ni l’intellect ; le service devient alors froid et machinal. La Délivrance est une naissance, qui dépend de notre service à présent : révéler l’unité de D.ieu, « Havaya est Un », au sein du monde divisé et de nos propres émotions. L’amour grandit alors jusqu’à devenir colère contre le mal (Yitzchak), puis compassion pour sa propre âme (Yaakov), et enfin véritable joie, le « lait » qui fait croître l’amour et la crainte ; c’est là Kel Cha-daï, de chadayim, « seins ». Au-dessus de tout cela se trouve la Torah, donnée par le bitoul complet de Moché. Celui qui prononce des paroles de Torah exprime la parole même du Roi et fait descendre D.ieu en tant qu’Unique, dans Son être même — Celui qui « ne leur était pas connu », aux Avot.

Plan

  1. Vaéra à chaque génération« Je suis apparu » exprime aussi le présent : le niveau des Avot, racine de toutes les âmes, est l’héritage de chaque Juif, contrairement aux niveaux des tribus.¶1–2
  2. L’exil comme grossesseComme un fœtus dont les organes sont formés mais inactifs, Israël en exil observe les mitsvot sans vitalité ; la naissance de la Délivrance dépend de la révélation de l’amour caché dans le cœur.¶3–6
  3. Havaya est Un« Un » désigne l’unité de D.ieu révélée au sein du monde divisé, et non Son essence, qui est Unique ; Israël a le pouvoir de faire descendre cette unité, d’où naît un amour animé par les deux penchants.¶7–9
  4. La joie comme laitLe service animé par l’amour est la joie, comparée au lait ; le lait provient du sang, et le sang de la nourriture.¶10–11
  5. Des offrandes à la joieLa prière et les mitsvot font descendre la lumière de D.ieu comme la nourriture ; celle-ci devient une avec la personne, comme le sang, et conduit à la colère contre le mal, à la compassion pour l’âme, puis enfin à la véritable joie.¶12–13
  6. Kel Cha-daïCha-daï, rapproché de chadayim, désigne le lait de la joie qui fait croître l’amour et la crainte, les qualités des Avot.¶14
  7. « Mon Nom ne leur était pas connu »Les Avot servirent comme des serviteurs dévoués ; le bitoul complet de Moché fit venir la Torah, par laquelle D.ieu dans Son être même — le niveau de l’Unique — est révélé.¶15–18

Notions clés

Grossesse et naissance (ibbour et leidah)עיבור ולידה
L’exil ressemble à une grossesse, durant laquelle chaque faculté existe sans fonctionner ; la Délivrance est une naissance, où la lumière de D.ieu se révèle ouvertement dans le cœur.
Un et Unique (e'had et ya'hid)אחד ויחיד
« Un » désigne l’unité de D.ieu révélée dans un monde composé de nombreuses parties, toutes annulées devant Lui ; « Unique » désigne Son essence, au-delà de tout monde ou de toute dimension.
Kel Cha-daïאל שדי
Le Nom sous lequel D.ieu apparut aux Avot, rapproché ici de chadayim, « seins » : le lait de la joie qui fait croître l’amour et la crainte.
Le service d’un serviteurעבודת עבד
Servir D.ieu avec amour et crainte, même avec plaisir, tout en demeurant un être qui Le sert ; tel était le service des Avot.
L’annulation de soi complète (bitoul)ביטול לגמרי
La qualité de Moché, qui ne ressentait absolument aucun soi, et par laquelle la Torah fut donnée et D.ieu dans Son être même est révélé.
La compassion avant la joieרחמנות ושמחה
Voir son âme éloignée de la lumière de D.ieu éveille la compassion, qui est le commencement de la véritable joie, tout comme le nouveau-né pleure d’abord, puis reçoit du lait.
« Moi, Celui que Je suis » (Ano'hi mi she'ano'hi)אנכי מי שאנכי
D.ieu dans Son être même, au-dessus du Nom Havaya : le niveau d’où la Torah est attirée.

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Vaéra à chaque génération ¶1–2

1וארא אל אברהם אל יצחק ואל יעקב באל שדי ושמי הוי״ה לא נודעתי להם. הנה וארא יש בו ב׳ פירושים א׳ לשון עבר שנתגלה לאבות והב׳ לשון עתיד

« Je suis apparu à Avraham, à Yits’hak et à Yaakov sous le nom de Kel Cha-daï, mais [par] Mon Nom Havaya, Je ne Me suis pas fait connaître à eux. » Or, [le mot] vaéra (« Je suis apparu ») a deux sens. Le premier est au passé : Il s’est révélé aux Avot (les Patriarches). Le second est au futur,

Explication

Le maamar s’ouvre sur les paroles de D.ieu à Moché : Il est apparu aux Avot sous le nom de Kel Cha-daï, mais ils ne L’ont pas connu par Son Nom Havaya. L’Admour Hazaken relève que le verbe vaéra peut se lire de deux façons. La première est le sens simple, au passé : D.ieu s’est autrefois révélé à Avraham, Yits’hak et Yaakov.

שהוא לשון הוה שתמיד יש בחינה זו בכל זמן בכל אדם כי הנה אין קורין אבות אלא לשלשה.

ce qui exprime [aussi] le présent : ce niveau est constamment présent, en tout temps et en toute personne. Car « seuls trois sont appelés Avot ».

Explication

Lu comme une forme future, vaéra décrit une réalité continue : la révélation dont les Avot ont bénéficié est présente en tout temps chez chaque Juif. La règle talmudique selon laquelle seuls ces trois-là sont appelés Avot (pères) introduit le paragraphe suivant, qui explique pourquoi leur niveau appartient à tous leurs enfants.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe présente le verset et avance que « Je suis apparu » ne décrit pas seulement une révélation passée aux Avot, mais aussi une révélation continue, présente en tout Juif à chaque instant.

Pour aller plus loin

Les maamarim du Rabbi cités dans la note de Kehot (Vaéra 5738 et 5734) expliquent que les deux lectures sont liées parce qu’elles sont réunies en un seul mot : la révélation de vaéra eut également lieu à l’époque de Moché, elle existe encore aujourd’hui et, de la même manière qu’elle eut lieu chez les Avot, elle a toujours lieu en chaque Juif. La note indique également que les mots « en tout temps » figurent dans le manuscrit 633, mais sont absents de la version publiée dans Or HaTorah d’après le manuscrit du Tséma’h Tsédek.

Maré mekomot

  1. 1
    וארא אל אברהם · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ב ע׳ קלד. ביאור בע׳ קלז. ושם ע׳ רצא קיצור לכ״ק אדמו״ר הצ״צ [על הנחת כ״ק אדה״א]. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. המאמר עם הגהות באוה״ת וארא ע׳ קלט, וע׳ קמ. כרך ז ע׳ ב׳תקמט. עוד הגהות בע׳ ב׳תקפד. כרך ח ע׳ ב׳תתסה. ד״ה דודי לי ואני לו בסה״מ תרכ״ז ע׳ רכב. לכללות מאמר זה ראה ד״ה ועברתי בארץ מצרים תרמ״ד סעי׳ ו (הוצאת תשס״ב ע׳ שלז ואילך). ובד״ה וארא תשכ״ז. תשל״ט. תשמ״ה. ד״ה כי כאשר תשמ״ז.
  2. 2
    וארא אל אברהם · Exodus 6:3
  3. 3
    וארא יש בו ב׳ פירושים · תחילת המאמר נתבאר בארוכה בספר השיחות תשמ״ט ע׳ 189.
  4. 4
    א׳ לשון עבר שנתגלה לאבות · כפשוטו של מקרא בפרש״י — ד״ה וארא תשל״ט.
  5. 5
    והב׳ . . שתמיד יש בחינה זו · ראה לקו״ש ח״י ע׳ 97. בד״ה וארא תשל״ח ”והיינו שהענין דוארא הי׳ (לא רק אצל האבות, כ״א גם) בזמן משה רבינו וגם ישנו עתה בזה״ז”. ”ומאחר ושני הפירושים ה״ה בתיבה אחת וענין אחד הרי מובן שיש להם שייכות זה לזה. והיינו שבאותו האופן שהי׳ הענין דוארא אצל האבות, באותו האופן הוא גם תמיד בכל אחד מבני ישראל” — ד״ה וארא תשל״ד (מהנחה בלתי מוגה).
  6. 6
    שו״ה זו בכל — בכל זמן · כ״ה בבוך 633. אבל באוה״ת וארא כרך ח ע׳ ב׳ תתסה (שנדפס מגוכתי״ק הצ״צ עם הגהות) ליתא תי׳ אלו.
  7. 7
    אין קורין אבות · Berakhot 16b:13–14

2והענין שבחי׳ האבות היא ירושה לבניהם אחריהם בכל דור ודור לכל חד לפום שיעורא דיליה.

L’explication est que le niveau des Patriarches est un héritage pour leurs enfants après eux, à chaque génération, « chacun selon sa mesure ».

Explication

Le niveau des Patriarches se transmet à leurs descendants comme un héritage, à chaque génération. L’expression araméenne « chacun selon sa mesure » signifie que chacun le reçoit selon sa propre capacité.

ולכן אומרים אלהי אבותינו אלהי אברהם וכו׳ אבל שאר בחינות ומעלת הצדיקים כגון השבטים ראובן שמעון לוי

C’est pourquoi nous disons : « le D.ieu de nos pères, le D.ieu d’Avraham », etc. Mais les autres niveaux et la haute stature des tsadikim, tels que les Tribus : Reouven, Chimon, Lévi,

Explication

La première bénédiction de la Amida invoque le « D.ieu de nos pères, le D.ieu d’Avraham » : chaque Juif invoque le D.ieu des Patriarches, car leur niveau est son propre héritage. Les niveaux des tribus, les fils de Yaakov tels que Reouven, Chimon et Lévi, sont différents, comme l’explique la partie suivante.

שהם ודאי בחינות אורות עליונים יש לך אדם שאין בו כלל בחי׳ ומדרגות אלו משא״כ בחי׳ האבות צריך להיות בכל אדם שהם שרש ומקור כל נשמות ישראל.

qui sont certainement des niveaux de lumières supérieures : on peut trouver une personne qui ne possède aucun de ces niveaux ni degrés. En revanche, le niveau des Patriarches doit se trouver en chaque personne, car ils sont la racine et la source de toutes les âmes d’Israël.

Explication

Les tribus représentent des lumières spirituelles élevées, mais un Juif en particulier peut en être entièrement dépourvu. Les Patriarches, en revanche, doivent être présents en chaque Juif, puisqu’ils sont la racine et la source de toutes les âmes d’Israël.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi le dévoilement accordé aux Patriarches est présent en chacun : les Patriarches sont la racine de toutes les âmes juives ; leur niveau est donc l’héritage de chaque Juif, contrairement aux niveaux des tribus.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot, citant le Likkutei Sichos, précise ce point : une personne peut être dépourvue des niveaux de toutes les tribus, tandis que les niveaux des trois Patriarches doivent se trouver en chaque Juif. Le Likkutei Torah, Bamidbar, emploie la même expression du Zohar à propos de la connaissance de D.ieu : chacun Le connaît dans la mesure où il contemple Sa grandeur dans son cœur, selon la profondeur de sa compréhension.

Maré mekomot

  1. 1
    שבחי׳ האבות היא ירושה לבניהם · ראה לקו״ש ח״י ע׳ 97.
  2. 2
    לכל חד לפום שיעורא דילי׳ · Zohar I, 129b
  3. 3
    לכל חד לפום שיעורא דיליה · Zohar, Vayera 9:153–164
  4. 4
    ולכן אומרים אלקי אבותינו אלקי אברהם · ראה בספר השיחות תשמ״ט ח״א ע׳ 189 הערה 13.
  5. 5
  6. 6
    יש לך אדם שאין בו כלל בחי׳ ומדריגות אלו · הכוונה, שאין בו הבחי׳ של כל השבטים. ודלא כהאבות, שבחי׳ כל ג׳ האבות צ״ל בכ״א. — לקו״ש ח״ו ע׳ 11 הערה 39. חט״ו ע׳ 360.
  7. 7
    משא״כ בחי׳ האבות · ע׳ לקו״ש ח״ד ע׳ 1068 הערה יב.

L’exil comme grossesse ¶3–6

3ולהבין ענין גילוי זה שבכל דור ודור בבחי׳ ומדריגת האבות שבכל אדם מישראל. הנה הגלות נמשל לעבור.

Pour comprendre cette révélation, à chaque génération, du niveau et du rang des Patriarches qui se trouvent en chaque membre du peuple d’Israël, il faut savoir que l’exil est comparé à une grossesse (ibbour).

Explication

Pour expliquer comment le niveau des Patriarches se révèle en chaque Juif, à chaque génération, l’Admour Hazaken recourt à une image : l’exil est comme une grossesse (ibbour), un état dans lequel l’enfant existe, mais demeure encore caché.

וגאולת ימי המשיח שיהיה במהרה בימינו נמשל ללידה כמ״ש כי חלה גם ילדה ציון את בניה וכשישראל נתונים בצרה ח״ו כתיב כי באו בנים

Et la rédemption, aux jours du Machia’h, qui viendra bientôt, de nos jours, est comparée à une naissance, comme il est écrit : « Sion a été en travail et a aussi donné naissance à ses enfants. » Et lorsque le peuple d’Israël est plongé dans la détresse, à D.ieu ne plaise, il est écrit : « Car des enfants sont parvenus

Explication

La rédemption est comparée à une naissance, comme dans la prophétie de Yechayahou selon laquelle Sion « a été en travail et a donné naissance à ses enfants ». Les périodes de détresse sont décrites dans les mêmes termes : le message du roi ‘Hizkiyahou à Yechayahou compara la crise de son époque à des enfants parvenus à la naissance, alors qu’il n’y avait pas la force d’accoucher.

עד משבר וכח אין ללידה וכן חבלי ימות המשיח נקראים בשם חבלי לידה כמ״ש כי חבלי לידה יבאו לך.

à la naissance, et il n’y a pas la force d’accoucher. » De même, les douleurs des jours du Machia’h sont appelées douleurs de l’enfantement, comme il est écrit : « Car des douleurs de l’enfantement viendront sur toi. »

Explication

Les souffrances qui précèdent la venue du Machia’h sont appelées « douleurs de l’enfantement ». Dans chacune de ces images, la rédemption est une naissance : ce qui s’est formé dans le secret apparaît au grand jour.

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe introduit l’analogie centrale du maamar : l’exil est une grossesse et la rédemption, une naissance, comme le décrivent les prophètes.

Pour aller plus loin

Plus loin dans cette paracha (Torah Ohr, Vaera, 58d, cité dans la note de Kehot), l’exil en Égypte est expliqué comme Zeir Anpin dans un état de grossesse, et la sortie d’Égypte comme une naissance : les attributs émotionnels sortent de la méditation pour se révéler. Deux manuscrits ajoutent ici une remarque qui relie cette image à un jeu de mots talmudique : « même au moment où Tu es rempli de colère (evrah) contre eux, comme une femme enceinte (oubara). »

Maré mekomot

  1. 1
    ולהבין ענין גילוי זה · בבוך באב׳ 17 כו, א נוסף: (דוארא כו׳).
  2. 2
    הגלות נמשל לעבור · Zohar III, 50a
  3. 3
    כי חלה גם ילדה · Isaiah 66:8
  4. 4
    כי באו בנים עד משבר · Isaiah 37:3
  5. 5
    וכח אין ללידה · בבוך באב׳ 17. 170 נוסף: (וכ״מ במשנה פ״ד דברכות אפילו בשעה שאתה מתמלא עליהם עברה כאשה עוברה כו׳): וכן.

4וכן בגאולת מצרים המשיל בנבואת יחזקאל כל הענין לולד ביום הלידה כמ״ש ומולדותיך ביום הולדת אותך לא כרת שרך וגו׳. ולהבין משל ומליצה צריך להבין מהו ענין העיבור.

De même, à propos de la délivrance d’Égypte, dans sa prophétie, Ye’hezkel compare toute cette situation à un nouveau-né le jour de sa naissance, comme il est écrit : « Quant à ta naissance, le jour où tu es né, ton cordon ombilical ne fut pas coupé », etc. Pour comprendre l’analogie et la figure de style, il faut comprendre ce qu’est la gestation.

Explication

Dans la prophétie de Ye’hezkel, Israël, au moment de la Sortie d’Égypte, est représenté comme un nouveau-né le jour de sa naissance, dont le cordon ombilical n’avait pas encore été coupé. Pour comprendre cette image de la naissance, l’Admour Hazaken examine d’abord l’état qui la précède : la gestation.

כי הנה אמרו רז״ל דרש ר׳ שמלאי למה הולד דומה במעי אמו לפינקס מקופל ראשו בין ברכיו ועקבותיו על עגבותיו ואוכל ממה שאמו אוכלת וכו׳

Car nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : Rabbi Simlaï enseignait : À quoi ressemble le fœtus dans le ventre de sa mère ? À une tablette d’écriture (pinkas), pliée, la tête entre les genoux et les talons contre les fesses ; il se nourrit de ce que mange sa mère, etc. ;

Explication

Le Talmud rapporte la description du fœtus par Rabbi Simlaï : plié comme une tablette d’écriture, la tête entre les genoux et les talons contre les fesses, il est nourri par les aliments que mange sa mère. Chacun de ces détails sera appliqué à Israël en exil.

ופיו סתום וטבורו פתוח וכשיצא לאויר העולם נפתח הסתום ונסתם הפתוח כו׳ דהיינו שיש להעובר כל חתוך האברי׳ ראש ועינים ואזנים כו׳

sa bouche est fermée et son nombril ouvert ; lorsqu’il vient à l’air du monde, ce qui était fermé s’ouvre et ce qui était ouvert se ferme, etc. Autrement dit, le fœtus a déjà tous ses membres formés : la tête, les yeux, les oreilles, etc. ;

Explication

Dans le ventre, la bouche est fermée et le nombril ouvert ; à la naissance, la situation s’inverse. L’Admour Hazaken souligne que le fœtus possède déjà tous ses organes, notamment la tête, les yeux et les oreilles.

אלא שראשו מקופל ומונח בין ברכיו שאינו משמש כלום שאינו מחשב ומהרהר וכן עינים לו ולא ירא׳ ואזנים ולא ישמע

mais sa tête est repliée et repose entre ses genoux, de sorte qu’elle ne fonctionne pas du tout : il ne pense ni ne réfléchit. De même, il a des yeux, mais ne voit pas, et des oreilles, mais n’entend pas.

Explication

Bien que les organes soient présents, ils ne fonctionnent pas : la tête repliée ne pense pas, les yeux ne voient pas et les oreilles n’entendent pas.

וגם המאכל שלו אף שאוכל ממה שאמו אוכלת אינו הולך לו דרך הפה רק דרך הטבור לבני מעיים בלבד להגדיל הגוף

Sa nourriture aussi, bien qu’il se nourrisse de ce que mange sa mère, ne lui parvient pas par la bouche, mais uniquement par le nombril, jusqu’aux intestins seuls, afin de faire grandir le corps,

Explication

Le fœtus est nourri, mais sa nourriture contourne la bouche et passe par le nombril directement aux organes digestifs ; elle sert uniquement à développer le corps.

כמו שנראה בחוש שבתשעה ירחי לידה נגדל גופו אבל להיות המאכל עובר דרך הפה דהיינו לשלוח חיות ללב ומשם למוח

comme on le constate clairement : durant les neuf mois précédant la naissance, son corps grandit. Mais pour que la nourriture passe par la bouche, c’est-à-dire qu’elle transmette la force vitale au cœur, puis de là au cerveau,

Explication

La croissance du corps durant les neuf mois montre que cette nourriture agit. En revanche, elle ne passe pas par la bouche, voie par laquelle la nourriture transmettrait la force vitale au cœur, puis de là au cerveau.

שהם אברי הנשימה אף שנגמרו כל אבריו ויש בו אברי הנשימה ג״כ מכל מקום הרי אין לו נשמת רוח חיים עד שיצא לאויר העולם שאז מוציא הקול

qui sont les organes de la respiration : bien que tous ses organes soient achevés et qu’il possède également les organes de la respiration, il n’a pourtant pas le souffle de l’esprit de vie avant de venir à l’air du monde ; alors, il émet un son,

Explication

Le cœur et le cerveau sont ici comptés parmi les organes de la respiration. Le fœtus les possède pleinement formés, mais n’a pas de souffle de vie avant sa naissance, lorsqu’il émet son premier son.

כמ״ש רז״ל שהוא סימן הלידה דשמעי לולד דצויץ משום שהוציא ראשו ולכן אינו שולח חיות לאברי הנשימה אלא לאברי המזון בלבד דרך טבורו ששם הוא משכן הבני מעיים אברי המזון

comme nos Sages l’ont dit : c’est le signe de la naissance, car on entend le nouveau-né crier parce qu’il a fait sortir sa tête. C’est pourquoi la force vitale n’est pas envoyée aux organes de la respiration, mais seulement aux organes de la nutrition, par son nombril, où se trouvent les intestins, les organes de la nutrition ;

Explication

Le Talmud considère les cris du nouveau-né comme le signe que sa tête est sortie, autrement dit qu’il est né. Jusque-là, la force vitale ne va qu’aux organes de la nutrition, qui sont alimentés par le nombril.

משא״כ ראשו עם כל אברי הנשימה אין משמשין כלום והרי הם כמתים ולכן ראשו מוטל בין ברכיו מפני שאין לו חיות.

tandis que sa tête, avec tous les organes de la respiration, ne fonctionne pas du tout, et qu’ils sont comme morts. C’est pourquoi sa tête repose entre ses genoux, car il n’a pas de force vitale.

Explication

Dans le ventre maternel, la tête et les organes de la respiration sont inactifs, comme s’ils étaient privés de vie. C’est pourquoi la tête repose repliée entre les genoux.

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe expose les détails de l’analogie : pendant la gestation, tous les organes sont présents, mais seul le corps grandit, nourri par le nombril, tandis que la tête, le cœur et la respiration restent inactifs jusqu’à la naissance.

Pour aller plus loin

Dans un maamar de l’Admour Hazaken portant sur ce même enseignement de Rabbi Simlaï, cité dans la note de Kehot, il est ajouté que le fœtus se nourrit de ce que mange sa mère, et non de lait, qui ne vient qu’après que la nourriture a été raffinée et purifiée. Le lait, comme l’explique la suite de ce maamar, est la joie qui vient après la naissance. À côté de Niddah 42b, la note de Kehot renvoie à Chullin 72a, où un décret des Sages suppose qu’un fœtus qui a fait sortir sa tête au-delà du vestibule est déjà considéré comme né.

Maré mekomot

  1. 1
    ומולדותיך ביום הולדת אותך · Ezekiel 16:4
  2. 2
    אמרו רז״ל דרש · בבוך הנ״ל נוסף: (בפ״ג דנדה) בשם ר׳ שמלאי.
  3. 3
    דרש ר׳ שמלאי · Niddah 30b:18
  4. 4
    ראשו בין ברכיו · ראה ד״ה בלילה ההוא תשד״מ. ראה תו״ח שמות מד, סע״ב. ספהמ״צ להצ״צ עז, סע״א ואילך. אוה״ת שמיני ע׳ לה ובכ״מ.
  5. 5
    ואוכל ממה שאמו אוכלת · (ולא החלב שהוא לאחר הבירור הזך והנקי) — מאמרי אדה״ז על מארז״ל ע׳ קלא.
  6. 6
    רק דרך הטבור · ראה לקמן קכד, ב.
  7. 7
    כמ״ש רז״ל · Niddah 42b

5והנה ככל הדברים האלה וככל המשל הזה כך נמשלו בני ישראל בעת הגלות דכתיב ה׳ ממרום ישאג פי׳ כמ״ש בזהר דסליק קוב״ה לעילא וכתי׳ רחל מבכה על בניה כו׳ כי איננו

Or, conformément à tout ce qui vient d’être dit et à toute cette analogie, les enfants d’Israël sont ainsi comparés au temps de l’exil. Car il est écrit : « D.ieu rugit d’en haut », c’est-à-dire, comme le dit le Zohar, que le Saint béni soit-Il est monté en haut. Et il est écrit : « Ra’hel pleure ses enfants », etc., « car il n’est plus »,

Explication

Chaque détail de la situation du fœtus s’applique à Israël en exil. « D.ieu rugit d’en haut » est compris, suivant le Zohar, comme décrivant le Saint béni soit-Il montant en haut, loin du monde ; les pleurs de Ra’hel « car il n’est plus » sont compris de la même manière.

ופי׳ בזהר דקאי על הקב״ה כי איננו בגו בנהא דסליק כו׳ פי׳ שסילק שכינתו וגילוי אלהותו מהתחתונים ודומה לעיני בשר כאלו העולם דבר בפני עצמו והשמן לב העם ועיניו השע עינים להם

et le Zohar explique que cela se rapporte au Saint béni soit-Il : « car Il n’est pas » parmi ses enfants, car Il est monté, etc. C’est-à-dire qu’Il a retiré Sa Chekhina (Présence divine) et la révélation de Sa divinité des mondes inférieurs, si bien qu’aux yeux de la chair, le monde semble être une chose en soi. « Rends épais le cœur de ce peuple et ferme ses yeux » ; « ils ont des yeux »,

Explication

Le Zohar comprend le singulier « il n’est plus » comme se rapportant à D.ieu : Il n’est plus présent parmi les enfants de Ra’hel. Cela signifie que D.ieu a retiré la révélation manifeste de Sa présence, de sorte qu’aux yeux de l’homme, le monde semble exister par lui-même, comme dans les paroles de Yechayahou au sujet d’un peuple dont le cœur est émoussé et les yeux fermés.

ולא יראו אור ה׳ כי בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד ואפי׳ השפעת מצות ומעשים טובים

mais ils ne voient pas la lumière de D.ieu : « dans les cieux au-dessus et sur la terre au-dessous, il n’y a rien d’autre ». Et même l’influence des mitsvot et des bonnes actions,

Explication

Comme le fœtus, le peuple a des yeux mais ne voit pas la lumière de D.ieu : la vérité selon laquelle « dans les cieux au-dessus et sur la terre au-dessous, il n’y a rien d’autre ». Il en va de même de la nourriture spirituelle issue des mitsvot et des bonnes actions.

שהם מזון לנפש אינו עובר להם דרך הנשימה לשלוח חיות ללב ולמוח למען דעת ה׳ ולאהבה אותו ולעבדו בכל לבבם בלב שלם ונפש חפצה ותשוקה מורגשת בלב כרשפי אש שלהבת וצמאון כו׳

qui sont une nourriture pour l’âme, ne leur parvient pas par la respiration, afin de transmettre la force vitale au cœur et au cerveau, pour connaître D.ieu, L’aimer et Le servir de tout leur cœur, d’un cœur entier et d’une âme désireuse, avec un désir ressenti dans le cœur, semblable aux éclats d’une flamme ardente, et avec une soif, etc.,

Explication

Les mitsvot sont une nourriture pour l’âme, mais en exil cette nourriture ne passe pas « par la respiration » jusqu’au cœur et à l’esprit. Elle ne produit ni connaissance de D.ieu, ni amour, ni désir ressenti comme des flammes de feu, de même que la nourriture du fœtus ne passe pas par sa bouche et ses organes respiratoires.

כי אם כענין שנאמר ותהי יראתם אותי מצות אנשים מלומדה דהיינו בבחי׳ עשיה גשמית בלבד ובקרירות כו׳. וזהו עיקר הגלות ברוחניות.

mais seulement comme il est dit : « Leur crainte de Moi est devenue un commandement d’hommes appris par routine » ; c’est-à-dire au seul niveau de l’action matérielle, et avec froideur, etc. Telle est l’essence de l’exil sur le plan spirituel.

Explication

Au lieu de cela, les commandements sont observés comme le décrit Yechayahou : « un commandement d’hommes appris par routine » ; ils se limitent à l’action matérielle et sont accomplis avec froideur. Voilà, dit l’Alter Rebbe, le cœur de l’exil au sens spirituel.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe applique l’analogie : en exil, la présence de D.ieu s’est retirée, le monde semble indépendant, et les mitsvot ne nourrissent que le « corps » de l’action, sans apporter vie ni sentiment au cœur et à l’esprit.

Pour aller plus loin

Un maamar de Va’eira 5739 cité dans la note de Kehot observe que l’analogie mentionne les organes de la respiration, alors que l’application ne les explique pas. Il les explique à partir de Torah Ohr, Miketz : la néchama (âme) vient de nechima (respiration), qui consiste en un mouvement de course et de retour (ratso vachov) ; en exil, comme dans le ventre, ces facultés existent mais n’agissent pas, si bien que le service manque de vitalité et devient routinier.

Maré mekomot

  1. 1
    וככל המשל הזה · בד״ה וארא תשל״ט (מהנחה בלתי מוגה): שבהמשל מובא גם ע״ד אברי הנשימה, אך בהנמשל אינו מבארם. ומבאר זה ע״פ המבואר בתו״א מקץ לו, ב כי נשמה הוא מלשון נשימה שבאדם שהיא בחי׳ רצוא ושוב. ועד״ז באדם צ״ל העבודה בבחי׳ רצוא והעבודה בבחי׳ שוב, וזהו שהגלות נמשל לעיבור בענין אברי הנשימה, דכמו שבעיבור ישנו חתוך כל האברים גם אברי הנשימה, אך אינם פועלים פעולתם, עד״ז הוא גם בזמן הגלות (הנמשל לעיבור) דהכחות אינם פועלים פעולתם, ועד שהעבודה אינו בחיות כ״א כענין שנאמר ותהי יראתם אותי מצות אנשים מלומדה. ע״ש בארוכה.
  2. 2
    ה׳ ממרום ישאג · Jeremiah 25:30
  3. 3
    כמ״ש בזהר דסליק קוב״ה לעילא · Zohar I, 210a
  4. 4
    דסליק קוב״ה לעילא · Zohar, Achrei Mot 54:332–56:340
  5. 5
    רחל מבכה על בני׳ · Jeremiah 31:15
  6. 6
    והשמן לב העם · Isaiah 6:10
  7. 7
    בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד · Deuteronomy 4:39
  8. 8
    כרשפי אש שלהבת · Song of Songs 8:6
  9. 9
    ותהי יראתם אותי · Isaiah 29:13

6והנה תכלית השלימות של ימות המשיח שהוא בחי׳ לידה והתגלות אור ה׳ בקרב איש ולב עמוק כמ״ש ונגלה כבוד ה׳ וראו כל בשר וגו׳.

Or, la perfection ultime des jours du Machia'h, qui est le niveau de la naissance et de la révélation de la lumière de D.ieu au plus profond de l’être et du cœur, comme il est écrit : « La gloire de D.ieu sera révélée, et toute chair verra », etc.,

Explication

Le but des jours du Machia'h est la « naissance » : la lumière de D.ieu se révèle ouvertement en chacun, au plus profond du cœur. Yechayahou annonce que la gloire de D.ieu sera révélée et que « toute chair verra ».

וכתיב כי עין בעין יראו וגו׳ הוא תלוי במעשינו ובעבודתנו בימי הגלות ע״י התעוררות אהבה המסותרת ודאי בלבו של אדם עד שתחפוץ בחפצה ותשוקה ונפש שוקקה ולהיו׳ אהבת ה׳ בהתגלות לבו.

et il est écrit : « Car ils verront œil à œil », etc. Cela dépend de nos actes et de notre service durant l’exil, par l’éveil de l’amour assurément caché dans le cœur de l’homme, jusqu’à ce qu’il désire avec ardeur et aspiration, d’une âme assoiffée, et que l’amour de D.ieu se révèle dans son cœur.

Explication

Yechayahou ajoute qu’ils verront « œil à œil ». Cette révélation dépend de ce que nous faisons durant l’exil : éveiller l’amour de D.ieu caché dans le cœur de chaque Juif, jusqu’à ce qu’il devienne un désir ressenti et manifeste.

Le paragraphe 6 en bref

Le paragraphe en tire la conséquence pratique : la « naissance » future, la lumière de D.ieu révélée, dépend de notre service dès à présent, qui transforme l’amour caché dans le cœur en amour révélé.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, explique que la grossesse correspond ici à Netsa'h, Hod et Yessod : le fœtus se nourrit par le nombril et ne goûte pas sa nourriture, « car le palais goûte les aliments » ; dans le service, cela correspond à l’action seule. Le Tanya commence le chapitre 37 par des termes presque identiques à ceux de ce passage, et une si'ha de Chabbat Va’eira 5749 rattache l’expression « nos actes et notre service » à la formulation du Rambam dans les Lois du repentir.

Maré mekomot

  1. 1
    בקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
  2. 2
    ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
  3. 3
    כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
  4. 4
    הוא תלוי במעשינו ובעבודתנו · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תרד מבאר שכאן הכוונה: ”עיבור הוא נה״י שהולד ראשו בין ברכיו ואוכל דרך הטבור ואין טעם במאכל כי חך אוכל יטעם, וענין בחי׳ זו בעבודה היינו רק בחי׳ מעשה שהוא נו״ה, כן נתבאר בד״ה וארא”. וכן הלשון בתניא רפל״ז. וראה משיחת ש״פ וארא תשמ״ט סה״ש תשמ״ט ע׳ 197 הערה 70 שהמקור לדיוק לשון אדה״ז מעשינו ועבודתינו הוא מדיוק לשון הרמב״ם בפ״י מהלכות תשובה ע״ש.

Havaya est Un ¶7–9

7וזהו שמע ישראל ה׳ אלהינו ה׳ אחד. ואהבת וגו׳. כי הנה צריך להבין מלת אחד שאינו מורה לכאורה על אמתית יחודו ית׳

Et voici [le sens de] « Écoute, Israël : Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un », ainsi que « Et tu aimeras », etc. Il faut comprendre le mot « Un » (e’had), qui, semble-t-il, n’exprime pas la véritable nature de Son unité, béni soit-Il :

Explication

Le Chema proclame que D.ieu est « Un », puis ordonne de L’aimer. L’Admour Hazaken demande pourquoi le terme choisi est « Un » (e’had), puisqu’il ne semble pas exprimer la véritable unité de D.ieu.

שהוא לבדו הוא ואפס זולתו ואין מלת אחד מורה על זה שהרי יש אחד המנוי ג״כ

à savoir qu’Il est seul et qu’il n’existe rien en dehors de Lui. Le mot « Un » n’exprime pas cela, car il existe aussi un « un » qui est compté [parmi d’autres],

Explication

La véritable unité de D.ieu signifie qu’Il existe seul et que rien d’autre n’existe. « Un » ne peut exprimer cela, car ce mot désigne aussi un élément isolé compté parmi d’autres.

ע״ד משל יעקב היה לו י״ב שבטים ואעפ״כ נק׳ ראובן אחד. אך יצחק נק׳ בנך יחידך וגם כאן הוי ליה למימר ה׳ יחיד.

comme, par exemple : Yaakov avait douze tribus, et pourtant Réouven est appelé « un ». Yits’hak, en revanche, est appelé « ton fils, ton unique (ye’hidekha) ». Ici aussi, il aurait donc fallu dire : « Havaya est Unique (ya’hid). »

Explication

Réouven est « un » des douze fils de Yaakov ; Ye’hezkel désigne ainsi les portes de la ville : « la porte de Réouven, une », et ainsi de suite : il s’agit de l’un parmi plusieurs. Yits’hak, en revanche, est appelé ye’hidekha, « ton unique », sans aucun autre à ses côtés ; le Chema aurait donc pu employer ya’hid, « Unique ».

אך הענין שבאמת לגבי קוב״ה מצד עצמותו ומהותו ית׳ לא שייך עליו מלת אחד כלל

Mais voici l’explication : en vérité, à l’égard du Saint béni soit-Il tel qu’Il est dans Son essence et Son être propres, le mot « Un » ne s’applique nullement à Lui,

Explication

La réponse commence ici : le mot « Un » ne décrit pas D.ieu tel qu’Il est dans Son essence, où il ne s’applique pas du tout.

שהרי הוא יחיד ומיוחד והוא לבדו הוא אלא כמאמר רז״ל שהוא אחד בשבעה רקיעים ובארץ ובד׳ רוחות העולם ר״ל שגם בשמים ובארץ ובד׳ רוחות העולם

car Il est Unique et absolument singulier (ya’hid ouméyou’had), et Il est seul. Mais [il faut comprendre cela] conformément à l’enseignement de nos Sages : Il est Un dans les sept cieux, sur la terre et dans les quatre directions du monde. C’est-à-dire que même dans les cieux, sur la terre et dans les quatre directions du monde,

Explication

Dans Son essence, D.ieu est Unique et absolument singulier ; Il est seul et rien n’existe à Ses côtés. Le qualifier d’« Un » en dirait donc trop peu. « Un » renvoie plutôt à l’enseignement des Sages selon lequel Il est Un dans les sept cieux, sur la terre et dans les quatre directions, c’est-à-dire au sein de la création.

שהם בחי׳ ו״ק העולם בחי׳ התחלקות ופירוד אעפ״כ שורה ומתגלה יחודו ואחדותו ית׳ ואינון מתיחדין באחד שכולם בטלים לגבי אור ה׳ השורה ומתגלה בהם

qui sont les six extrémités du monde, le niveau de la division et de la séparation, Son unité et Son unicité, béni soit-Il, résident néanmoins et se révèlent, et « elles s’unissent en Un », car toutes sont annulées devant la lumière de D.ieu qui réside en elles et s’y révèle.

Explication

Les cieux, la terre et les quatre directions constituent les six dimensions du monde, domaine de la division et de la pluralité. « Un » signifie que l’unité de D.ieu réside et se révèle jusque-là, car toutes ces choses sont annulées devant Sa lumière qui est en elles ; elles deviennent ainsi une.

וכמ״ש וצבא השמים לך משתחוים והם ו״ק גשמיים וששה קצוות רוחניים דהיינו בחי׳ מעלה ומטה שיש בכל העולמות למעלה עד אין קץ ולמטה עד אין תכלית כי גבוה מעל גבוה וגו׳

Comme il est écrit : « Et l’armée des cieux se prosterne devant Toi. » Il s’agit des six extrémités physiques et des six extrémités spirituelles, c’est-à-dire du niveau du haut et du bas qui existe dans tous les mondes, vers le haut sans fin et vers le bas sans limite, car « il est un plus haut que le haut », etc. ;

Explication

Ne’hemia décrit les armées célestes se prosternant devant D.ieu, image de la création annulée devant Lui. Les six directions sont à la fois physiques et spirituelles : dans chaque monde, il y a un niveau supérieur et un niveau inférieur sans fin, comme le dit Kohélet : « il est un plus haut que le haut ».

דהיינו מה שהוא נתפס ומושג בשכל והשגת הנבראים שבכל העולמות נק׳ מטה לגבי העליון שאינו נתפס ומושג בשכל והשגת הנבראים שלמטה ממנו ולית מחשבה דלהון תפיסא ביה

c’est-à-dire que ce qui est saisi et compris par l’intellect et la compréhension des créatures de tous les mondes est appelé « bas » par rapport au niveau supérieur, qui n’est pas saisi ni compris par l’intellect et la compréhension des créatures qui lui sont inférieures, et « aucune de leurs pensées ne Le saisit ».

Explication

Les notions spirituelles de « haut » et de « bas » se définissent par la compréhension : tout ce que les créatures d’un monde peuvent saisir est « bas » par rapport à un niveau supérieur qu’elles ne peuvent absolument pas saisir.

וכן ד׳ רוחות העולם כי חסד דרועא ימינא שהוא דרום וגבורה דרועא שמאלא שהוא צפון כו׳ וכולם מתייחדים ונעשים אחד ליחודו ית׳ השוכן בתוכם

De même, les quatre directions du monde : car « 'Hessed (bonté) est le bras droit », qui est le sud, et « Guevoura (retenue) est le bras gauche », qui est le nord, etc. Elles sont toutes unifiées et deviennent une avec Son unité, béni soit-Il, qui réside en leur sein.

Explication

Les quatre directions ont elles aussi des correspondances spirituelles : dans la représentation kabbalistique, 'Hessed est le bras droit, le sud, et Guevoura le bras gauche, le nord. Toutes ces dimensions sont unifiées et deviennent une par l’unité de D.ieu qui réside en leur sein.

משא״כ לגבי קוב״ה בכבודו ובעצמו שהוא יחיד ומיוחד הרי הוא רם ונשא רבבות מדרגות עד אין קץ וסוף מגדר הקצוות גשמיות ורוחניות

Il n’en va pas ainsi pour le Saint béni soit-Il, dans Sa gloire et Son essence même, Lui qui est unique et sans pareil : Il est exalté et élevé au-delà de myriades de degrés, sans fin ni limite, au-delà des bornes des extrêmes, physiques et spirituels.

Explication

D.ieu Lui-même, unique et sans pareil, se situe infiniment au-delà de tout cela, au-delà de toute dimension, physique ou spirituelle. Le mot « un », qui décrit l’unité au sein de ces dimensions, ne peut donc Le définir.

וכמ״ש לך ה׳ הגדולה והגבורה וכו׳ פי׳ שבחי׳ גדולה וגבורה וכו׳ בטלים לו ית׳ שאינם נקראים בשם גדולה וגבורה כלל

Comme il est écrit : « À Toi, D.ieu, sont la grandeur et la puissance », etc. Cela signifie que les niveaux de grandeur et de puissance, etc., sont annulés devant Lui, béni soit-Il, au point qu’ils ne sont nullement appelés « grandeur » et « puissance »,

Explication

La bénédiction de David, « À Toi, D.ieu, sont la grandeur et la puissance », signifie que ces attributs sont si annulés devant D.ieu qu’en relation avec Lui, ils ne peuvent même pas être appelés grandeur et puissance.

כי כל בשמים ובארץ פי׳ שהכל בטלים אליו ית׳ ולפניו כחשיכה כאורה ומעלה מטה שוין כי מהותו ועצמותו

« car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » : cela signifie que tout est annulé devant Lui, béni soit-Il. Devant Lui, « l’obscurité est comme la lumière », et le haut comme le bas sont égaux. Car Son être et Son essence

Explication

Le verset poursuit : « car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre », ce qui signifie que tout est annulé devant Lui. Comme le dit le psaume, devant Lui, « l’obscurité est comme la lumière » ; ainsi, le haut et le bas Lui sont égaux.

נמצא למטה כמו שנמצא למעלה ממש בלי שום חילוק ושינוי כלל ולא שייך לפניו ית׳ בחינת מעלה ומטה כלל ובחי׳ שמים וארץ כלל לא בבחינת ממלא כל עלמין ולא בבחי׳ סובב כל עלמין

se trouvent en bas exactement comme ils se trouvent en haut, sans la moindre distinction ni le moindre changement. Devant Lui, béni soit-Il, les notions de haut et de bas ne s’appliquent nullement, pas plus que celles de ciel et de terre : ni le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), ni celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),

Explication

L’essence de D.ieu est présente en bas exactement comme en haut, sans aucune différence. Même les deux modes selon lesquels Sa lumière se rapporte aux mondes — les remplissant de l’intérieur et les entourant de l’extérieur — ne décrivent pas D.ieu Lui-même.

כי אינו בבחי׳ וגדר עלמין כלל וכדכתיב כי נשגב שמו לבדו רק הודו על ארץ ושמים הודו בלבד בחי׳ זיו והתפשטות והארה ממנו בלבד

car Il n’entre nullement dans la catégorie ni dans les limites des mondes. Comme il est écrit : « Car Son Nom seul est exalté » ; seul « Son éclat est sur la terre et les cieux » : Son éclat seulement, c’est-à-dire un rayonnement, un prolongement et une lumière émanant de Lui seul.

Explication

Ces deux modes concernent les mondes, tandis que D.ieu n’entre nullement dans la catégorie des mondes. Le psaume dit que Son Nom seul est exalté, et que seul Son « éclat », un rayonnement émanant de Lui, est sur la terre et les cieux.

ואף גם בבחי׳ זו ארץ קדמה לשמים כו׳ כמ״ש במ״א ולכן אומרים מלא כל הארץ כבודו והמלאכים אומרים איה מקום כבודו להעריצו כו׳.

Et même à ce niveau, « la terre précède les cieux », etc., comme cela est expliqué ailleurs. C’est pourquoi nous disons : « La terre entière est pleine de Sa gloire », tandis que les anges disent : « Où est le lieu de Sa gloire, pour L’adorer ? », etc.

Explication

Même dans ce rayonnement, « la terre précède les cieux », comme dans le verset cité plus haut, qui mentionne d’abord la terre ; ce point est expliqué ailleurs. C’est pourquoi nous qui sommes en bas disons : « La terre entière est pleine de Sa gloire », tandis que les anges d’en haut demandent : « Où est le lieu de Sa gloire ? »

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe explique « Havaya est Un » : ce terme ne renvoie pas à l’essence de D.ieu, qui est Unique et se situe au-delà de toute dimension, mais à Son unité révélée dans le monde divisé, où tout est annulé devant Lui et devient ainsi un.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, explique pourquoi le verset ne dit pas « Havaya est Unique » : c’est à partir des sept cieux, de la terre et des quatre directions, dont Il est le Maître, que nous reconnaissons Sa puissance ; c’est pourquoi le Chema dit « Un ». La note observe également que cette distinction entre « Un » et « Unique » ne figure pas dans la transcription du maamar par le Rabbi Dovber, le Rabbi intermédiaire. Le Tséma’h Tsédek, cité dans une autre note, explique que « le haut et le bas sont égaux » signifie que D.ieu n’est même pas supérieur en rang, car la notion de rang ne s’applique qu’aux créatures et aux dix Séfirot.

Maré mekomot

  1. 1
    שמע ישראל . . ואהבת וגו׳ · Deuteronomy 6:4
  2. 2
    כי הנה צ״ל מלת אחד · ראה לקו״ת תזריע כג, ג. בלק ע, א. ואתחנן ד״ה שמע ישראל. מאמרי אדה״ז על מארז״ל ע׳ קי. מאמרי אדה״א בראשית ע׳ תק. תו״ח שמות (אותיות מרובעות) מז, א ואילך. אוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ ריא וע׳ תכט ההפרש בין אחד ליחיד. בראשית כרך ז תתנד, ב. תתשנט, א ואילך. תתרלא, א. שבועות ע׳ רב. אמרי בינה שער הק״ש פ״ח. שרש מצות התפלה פי״א קכד, א. סה״מ תרכ״ז (הוצאת תש״ס) ע׳ קע. סה״מ תרנ״ד ע׳ נו. סה״מ תש״ח ע׳ 244. ד״ה על שלשה דברים תרנ״א. וראה בסה״מ תקס״ב ע׳ רמט בשם חובת הלבבות. ד״ה דודי לי פ׳ אחרי תשכ״ז. ד״ה אתה אחד תשכ״ט (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ סט). לקו״ש חי״א ע׳ 11. חי״ב ע׳ 66. המבואר כאן בין אחד ויחיד — אינו נזכר בהנחת כ״ק אדה״א בסה״מ תקס״ב.
  3. 3
    ראובן אחד · Ezekiel 48:31
  4. 4
    בנך יחידך · Genesis 22:2
  5. 5
    הוי לי׳ למימר ה׳ יחיד · Zohar III, 7b
  6. 6
    לגבי קוב״ה מצד עצמותו ומהותו . . שהרי הוא יחיד ומיוחד · מובא באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תרכו.
  7. 7
    שהוא אחד בשבעה רקיעים · ראה שו״ע אדה״ז או״ח סי׳ סא סעי׳ ו. לקו״ת תזריע צג, ג.
  8. 8
    ואינון מתיחדין באחד · Zohar, Terumah 13:153–14:164
  9. 9
    וצבא השמים · Nehemiah 9:6
  10. 10
    דהיינו בחי׳ מעלה ומטה · מובא באוה״ת וירא כרך ד תשלט, א.
  11. 11
    כי גבוה מעל גבוה וגו׳ · Ecclesiastes 5:7
  12. 12
    חסד דרועא ימינא · Tikkunei Zohar 17a:16–17
  13. 13
    כחשיכה כאורה · Psalms 139:12
  14. 14
    ומעלה ומטה שוין · ראה ד״ה ציון במשפט תפדה תש״מ בדיוק הלשון מעלה ומטה. באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תו, ובספר החקירה עו, א, ובאוה״ת יחזקאל ע׳ תו מפרש כ״ק אדמו״ר הצ״צ וז״ל: ”ור״ל אף לא מעלה ומדרגה ולא כמ״ש המו״נ שנק׳ הוא ית׳ מקום ע״ש המעלה ומדרגה, כי בחי׳ מעלה ומדרגה שייך רק בהנמצאים וע״ס, אבל אצלו ית׳ שוה המעלה עם המטה כנ״ל ועמ״ש מענין זה בלק״ת גבי פסח בד״ה מצה זו כו׳”. ע״ש בארוכה. ולקמן סה, ב.
  15. 15
    משא״כ לגבי קוב״ה . . וגדר עלמין כלל · הלשון נעתק באוה״ת נ״ך כרך ג ע׳ א׳שצה ומציין ללקו״ת פ׳ בהעלותך כט, ד. וראה גם סה״מ תר״ל ע׳ קצז.
  16. 16
    כי נשגב שמו לבדו · Psalms 148:13
  17. 17
    מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
  18. 18
    לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11

8והנה בחי׳ עיבור דהיינו בימי הגלות סליק קוב״ה לעילא לעילא דהיינו לגבי בחי׳ מהותו ועצמותו בחינת יחיד ומיוחד שאינו בגדר עלמין כלל ואינו שורה ומתגלה יחודו ואחדותו בתחתונים

Or, dans l’état de gestation, c’est-à-dire durant les jours de l’exil, « le Saint béni soit-Il est monté là-haut, toujours plus haut » : c’est-à-dire vers le niveau de Son être et de Son essence, le niveau de l’Unique et du Seul, qui n’entre nullement dans les limites des mondes ; Son unité et Son unicité ne résident pas dans les mondes inférieurs et ne s’y révèlent pas.

Explication

En exil, qui est l’« état de gestation », D.ieu est, selon les termes du Zohar, monté là-haut : vers Son essence, où Il est unique et au-delà de tous les mondes. Son unité n’est alors pas révélée dans les mondes inférieurs.

וכדכתיב ביום ההוא (דהיינו לעתיד) יהיה ה׳ אחד ושמו אחד כדאמרי׳ בגמ׳ אטו האידנא לאו אחד כו׳

Comme il est écrit : « En ce jour-là [c’est-à-dire dans les temps futurs], Havaya sera Un et Son Nom sera Un », ainsi que le dit la Guemara : « Est-ce donc qu’à présent Il n’est pas Un ? », etc.

Explication

La prophétie de Zacharie selon laquelle D.ieu sera Un « en ce jour-là » implique qu’Il n’est pas ouvertement Un aujourd’hui ; le Talmud demande donc : « Est-ce donc qu’à présent Il n’est pas Un ? » La parenthèse précise que « ce jour-là » désigne les temps futurs.

והיינו משום שבזמן הגלות אינו נראה יחודו ית׳ בהתגלות ונראה כאלו העולם הוא דבר ויש בפני עצמו

C’est parce qu’au temps de l’exil, Son unité, béni soit-Il, n’est pas visible ouvertement, et qu’il semble que le monde soit une chose et une entité (yech) en soi.

Explication

La réponse est qu’en exil, l’unité de D.ieu n’est pas visiblement révélée, et le monde semble être une entité autonome (yech).

אלא שאף בגלותנו לא עזבנו ה׳ אחד ונותן לנו הכח להיותנו בני ישראל עם קרובו להיות יכולים להמשיך בחינת יחודו ואחדותו ית׳ למטה בתחתונים להיות שם ה׳ אחד בגילוי גם בבחי׳ התחלקות הקצוות מעלה ומטה כו׳

Pourtant, même dans notre exil, le D.ieu Un ne nous a pas abandonnés. Il nous donne la force, à nous qui sommes les enfants d’Israël, « le peuple proche de Lui », de pouvoir attirer Son unité et Son unicité, béni soit-Il, ici-bas, dans les mondes inférieurs, afin que le Nom Havaya soit Un en se révélant, même au niveau de la division des extrêmes, en haut et en bas, etc.,

Explication

Pourtant, D.ieu ne nous a pas abandonnés. Parce que les Juifs sont « le peuple proche de Lui », Il leur donne la force d’attirer Son unité dans le monde inférieur, afin que Son Nom soit ouvertement Un, jusque dans les divisions de l’espace, physique et spirituel.

בגשמיות ורוחניות (וכן להמשיך על נפש האדם בבחי׳ ששה קצוות שלו שהם המדות אהבה ויראה כו׳ שיהיו בהתגלות לבו)

physique et spirituel (et, de même, de l’attirer dans l’âme humaine, au niveau de ses six extrêmes, qui sont les attributs émotionnels (midot), amour et crainte, etc., afin qu’ils se révèlent dans son cœur).

Explication

La parenthèse applique la même idée à l’être humain : ses six « extrêmes » propres sont ses émotions — amour, crainte et les autres —, et il s’agit d’y attirer l’unité de D.ieu afin qu’elle soit ouvertement ressentie dans son cœur.

וזהו שמע ישראל פי׳ שישראל עם קרובו לכן ניתן להם הכח להמשיך בחי׳ הוי״ה למטה שיהא אחד ומתיחד בתחתונים

C’est là le sens de « Écoute, Israël » : puisque Israël est « le peuple proche de Lui », il a donc reçu la force d’attirer le niveau de Havaya ici-bas, afin qu’Il soit Un et s’unisse dans les mondes inférieurs.

Explication

Tel est le sens de « Écoute, Israël » : Israël, le peuple proche de Lui, reçoit la force d’attirer le Nom Havaya ici-bas, afin qu’Il soit Un et s’unisse dans les mondes inférieurs.

וזהו תכלית כל העבודה מפני שנתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים דייקא לאתכפיא סט״א ואסתלק יקרא דקוב״ה כו׳ וזהו וידעו מצרים כי אני ה׳ ולכן במקום שבעלי תשובה עומדים צדיקים גמורים כו׳.

Et tel est le but de tout le service [divin], car le Saint béni soit-Il a désiré avoir précisément une demeure dans les mondes inférieurs : « soumettre la sitra a'hra (l’autre côté), et la gloire du Saint béni soit-Il s’élève », etc. Tel est le sens de « Et l’Égypte saura que Je suis Havaya. » C’est pourquoi « là où se tiennent ceux qui font techouva, les justes parfaits », etc.

Explication

Tel est le but de tout le service : D.ieu a désiré une demeure dans les mondes les plus bas, où la soumission de la sitra a'hra élève Sa gloire. D’où : « L’Égypte saura que Je suis Havaya » et l’enseignement des Sages selon lequel ceux qui font techouva se tiennent là où même les justes parfaits ne peuvent se tenir.

Le paragraphe 8 en bref

Le paragraphe applique l’analogie au Chéma : en exil, l’unité de D.ieu est cachée, mais Israël a la force de l’attirer ici-bas et de la révéler dans le monde inférieur, ce qui constitue le but de la création.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot cite le Sefer HaChakirah : la « montée » de D.ieu n’est pas un éloignement physique, mais une dissimulation. Le passage de Torah Ohr sur ceux qui font techouva, auquel renvoie une autre note, explique que le fait de retourner à D.ieu les mauvais traits ardents procure un grand plaisir en haut, et que ce plaisir sera révélé dans les temps futurs.

Maré mekomot

  1. 1
    בימי הגלות סליק קוב״ה · מובא באוה״ת פ׳ וירא כרך ד תשס, א.
  2. 2
    סליק קוב״ה . . לגבי בחי׳ מהותו ועצמותו · באוה״ת מג״א ע׳ ג׳ מציין לכאן.
  3. 3
    ביום ההוא יהי׳ ה׳ אחד · Zechariah 14:9
  4. 4
    אטו האידנא לאו אחד · Pesachim 50a:16–17
  5. 5
    והנה בחי׳ עיבור . . ויש בפני עצמו · הקטע מובא ביהל אור ע׳ שמד.
  6. 6
    בני ישראל עם קרובו · Psalms 148:14
  7. 7
    שנתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים · Midrash Tanchuma, Nasso 16:1
  8. 8
    לאתכפיא סט״א ואסתלק · Zohar II, 122b
  9. 9
    ואסתלק · ואין זה סילוק גשמי אלא העלם — ספר החקירה ע׳ 272.
  10. 10
    לאתכפיא סט״א ואסתלק יקרא דקוב״ה · Zohar, Terumah 6:38–7:45
  11. 11
    וידעו מצרים · Exodus 7:5
  12. 12
    במקום שבעלי תשובה · נסמן לעיל כא, ג.
  13. 13
    במקום שבעלי תשובה עומדים צדיקים גמורים · Berakhot 34b:22–23

9וזהו ישמח ישראל בעשיו לשון רבים כי עושיו הם המשכותיו בבחי׳ רבוי והתחלקות כדי לקשרם וליחדם אליו ית׳ ועי״ז ממילא בא לבחי׳ ומעלת ואהבת את ה׳ וגו׳

Et c’est là le sens de « Qu’Israël se réjouisse en ses Créateurs » (be’osav), au pluriel : car ses « Créateurs » sont les prolongements qu’Il suscite selon une multiplicité et une division, afin de les rattacher à Lui et de les unir à Lui, béni soit-Il. Par cela, on parvient de soi-même au niveau et à la qualité de « Tu aimeras D.ieu », etc.,

Explication

Le psaume dit qu’Israël se réjouit en ses « Créateurs », au pluriel. Ceux-ci sont les multiples voies par lesquelles D.ieu se déploie dans la multiplicité et la division ; elles doivent être rattachées à Lui et unies à Lui. De là découle spontanément l’amour de D.ieu.

בכל לבבך בשני יצריך דהיינו שתהיה אהבת ה׳ תקועה בלבו בהתגלות כרשפי אש שלהבת כל כך עד שירגיז יצר טוב על יצר הרע כאדם

« de tout ton cœur (levavkha) » : avec tes deux penchants. Autrement dit, l’amour de D.ieu sera profondément ancré dans son cœur et se manifestera ouvertement, comme les élancements d’une flamme ardente, au point qu’il excitera le bon penchant contre le mauvais, comme un homme

Explication

Les Sages interprètent « de tout ton cœur » comme « avec tes deux penchants », le bon et le mauvais. L’amour de D.ieu est si profondément ancré et manifeste dans le cœur que l’homme excite son bon penchant contre le mauvais.

שהוא ברוגז על הפוך רצונו התקוע לו בלבו ונוגע לעצמותו ומהותו כך כשתהיה אהבת ה׳ בקרב איש ולב עמוק ונגעה עד הנפש עד עצמותה ומהותה ממילא יהיה ברוגז מאד על ההפוך.

qui s’irrite contre tout ce qui s’oppose à un désir ancré dans son cœur et qui touche à son essence même et à son être. De même, lorsque l’amour de D.ieu est au-dedans de l’homme, au plus profond de son cœur, et qu’il atteint l’âme, son essence même et son être, il s’irritera spontanément vivement contre tout ce qui s’y oppose.

Explication

De même qu’un homme s’irrite contre tout ce qui va à l’encontre d’un désir qui touche à son être même, un amour de D.ieu qui atteint le cœur de l’âme le conduit spontanément à s’irriter contre tout ce qui s’y oppose.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe montre comment la révélation de l’unité de D.ieu ici-bas conduit à l’amour avec les deux penchants : un amour si profond qu’il se transforme en colère contre le mauvais penchant.

Pour aller plus loin

Cette colère contre ce qui s’oppose à D.ieu est l’étape que le maamar identifiera plus loin à Yits’hak ; elle mène ensuite à la compassion de Yaakov, puis à la joie (paragraphe 13).

Maré mekomot

  1. 1
    ישמח ישראל בעושיו · Psalms 149:2
  2. 2
    ואהבת . . בכל לבבך בשני יצריך · Deuteronomy 6:5
  3. 3
    שירגיז יצר טוב על יצר הרע · Berakhot 5a:2

La joie comme lait ¶10–11

10והנה עיקר העבודה מאהבה היא שמחת הנפש בה׳ עושה וקיום המצות בשמחה וכמ״ש עבדו את ה׳ בשמחה וכתיב תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלהיך בשמחה ובטוב לבב מרוב כל וכמ״ש האריז״ל פי׳ פסוק זה.

Or, l’essence du service par amour réside dans la joie de l’âme en D.ieu, son Créateur, et dans l’accomplissement des mitsvot avec joie, comme il est écrit : « Servez D.ieu dans la joie », et il est écrit : « Parce que tu n’as pas servi Havaya, ton D.ieu, dans la joie et dans la gaieté du cœur, au milieu de l’abondance de toute chose » ; comme l’écrit le Ari zal au sujet de l’explication de ce verset.

Explication

Le service par amour est avant tout joie : la joie de l’âme en D.ieu et l’accomplissement joyeux des mitsvot. Deux versets le montrent : l’appel du psaume à servir dans la joie et le reproche de la Torah pour n’avoir pas servi dans la joie et la gaieté du cœur ; l’Alter Rebbe fait allusion à l’explication du second verset par le Ari zal, sans la développer.

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe présente la joie comme le cœur du service par amour, préparant l’analogie du lait.

Pour aller plus loin

Le Tanya, chapitre 26, auquel renvoie la note de Kehot, cite lui aussi « Parce que tu n’as pas servi… dans la joie » et fait référence à « l’interprétation bien connue du Ari zal sur ce verset ». Ce chapitre enseigne qu’on ne peut vaincre le mauvais penchant par la torpeur née de la tristesse, mais seulement par l’empressement né de la joie.

Maré mekomot

  1. 1
    עבדו את ה׳ בשמחה · Psalms 100:2
  2. 2
    תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלהיך בשמחה ובטוב לבב מרוב כל · Deuteronomy 28:47
  3. 3
    תחת אשר לא עבדת . . בשמחה ובטוב לבב וכמ״ש האריז״ל · Tanya, Likkutei Amarim 26:4–5

11והנה השמחה נמשלה לחלב וכמ״ש דבש וחלב תחת לשונך וכדכתיב כאיש אשר אמו תנחמנו כו׳

Or, la joie est comparée au lait, comme il est écrit : « Du miel et du lait sont sous ta langue », et comme il est écrit : « Comme un homme que sa mère console », etc.

Explication

La joie est comparée au lait. Le Cantique des cantiques parle de « miel et de lait sous ta langue », et Yechayahou compare la consolation de D.ieu à celle d’une mère qui console son enfant.

דהיינו כשם שהאם רוצה לשעשע את הילד מניקתו בחלב וזהו שעשועים שלו כי ע״י זה מתגדלים אבריו עד שיכול להלך

C’est-à-dire que, de même qu’une mère qui veut réjouir son enfant l’allaite, et que cela fait sa joie, car ses membres grandissent ainsi jusqu’à ce qu’il puisse marcher,

Explication

Une mère réjouit son enfant en l’allaitant ; le lait est à la fois son plaisir et ce qui fait grandir ses membres jusqu’à ce qu’il puisse marcher. Le maamar appliquera cela à la joie, qui fait croître l’amour et la crainte.

והנה החלב מתהוה מדם כי דם נעכר ונעשה חלב והדם הוא נעשה מן אכילה ושתיה שאוכלת האם שנהפך בקרבה ונעשה דם:

Or, le lait se forme à partir du sang, car « le sang se transforme et devient du lait » ; et le sang provient de la nourriture et de la boisson que consomme la mère, qui sont transformées en elle et deviennent du sang.

Explication

Le lait n’est pas une substance distincte : comme l’enseigne le Talmud, c’est du sang transformé, et le sang lui-même provient de la nourriture et de la boisson de la mère. Cette chaîne — nourriture, sang, lait — sera appliquée au service divin dans la suite.

Le paragraphe 11 en bref

Le paragraphe présente le lait comme image de la joie et remonte du lait au sang, puis à la nourriture, préparant ainsi les étapes du service divin qui suivent.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, Bamidbar, cité dans la note de Kehot, explique cette image : le sang lui-même, qui est constitué de Guevourot (rigueurs), se transforme en lait, des 'Hassadim blancs (bontés) ; les rigueurs qui sont elles-mêmes adoucies deviennent plus raffinées qu’auparavant.

Maré mekomot

  1. 1
    דבש וחלב תחת לשונך · Song of Songs 4:11
  2. 2
    כאיש אשר אמו תנחמנו · Isaiah 66:13
  3. 3
    כי ע״י זה מתגדלים אבריו · ראה אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תרפג ואילך.
  4. 4
    דם נעכר ונעשה חלב · Niddah 9a:10–11

Des offrandes à la joie ¶12–13

12ולהבין ענין זה בעבודת ה׳. הנה כתיב את קרבני לחמי לאשי שהקרבן נעשה לו ית׳ בחינת לחם ומזון כביכול שעולה ריח ניחח לה׳ ע״ד ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים.

Pour comprendre cela dans le service de D.ieu, il est écrit : « Mon offrande, Mon pain, pour Mes feux » : l’offrande devient pour Lui, béni soit-Il, une sorte de pain et de nourriture, pour ainsi dire, car elle s’élève en odeur agréable à D.ieu, selon le principe de « Israël nourrit leur Père qui est dans les cieux ».

Explication

L’analogie de la nourriture, du sang et du lait est maintenant appliquée au service divin. La Torah appelle les offrandes le « pain » de D.ieu : elles sont, pour ainsi dire, Sa nourriture, qui s’élève en odeur agréable, conformément à la parole des Sages selon laquelle Israël « nourrit » leur Père qui est dans les cieux.

וענין הקרבן להקריב גם נפש הבהמי׳ שבאדם בשעת הבאת קרבנו מן הבהמה בכוונה וברעותא דלבא למסור נפשו לה׳ להעביר רוח הטומאה מן הארץ וכל מחשבות והרהורין בישין יבטלון והיו לשרפת אש כליל על מזבח ה׳.

Le sens de l’offrande est aussi d’offrir l’âme animale qui est en l’homme, au moment où il apporte son offrande provenant d’un animal, avec intention et avec le désir du cœur (reouta deliba), afin de remettre son âme à D.ieu, d’écarter de la terre l’esprit d’impureté, et que toutes les pensées et méditations mauvaises soient annulées et deviennent une combustion de feu, entièrement [consumée] sur l’autel de D.ieu.

Explication

Apporter un animal avait aussi pour but d’offrir l’âme animale de la personne, en la remettant à D.ieu avec une intention sincère. Il s’agissait d’écarter l’esprit d’impureté, afin que les pensées mauvaises soient consumées comme l’offrande sur l’autel.

Le paragraphe 12 en bref

Le paragraphe commence à appliquer l’analogie au service divin : les offrandes sont la « nourriture » de D.ieu, et leur sens profond est l’offrande de l’âme animale.

Pour aller plus loin

Torah Ohr, Miketz, cité dans la note de Kehot, explique que « Israël nourrit leur Père qui est dans les cieux » signifie que l’on fait descendre la Lumière infinie, principalement par la Torah, appelée « Mon pain ». Une autre note indique qu’offrir l’âme animale signifie que même la volonté de la matière du corps est transformée.

Maré mekomot

  1. 1
    את קרבני לחמי לאשי · Numbers 28:2
  2. 2
    ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים · נסמן לעיל לג, ד.
  3. 3
    ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים · Zohar, Vayikra 13:97–16:104
  4. 4
    וענין הקרבן להקריב גם נפש הבהמית שבאדם · ראה לקמן קיא, ג דהיינו שמתהפך גם רצון חומר הגוף. אוה״ת פ׳ כי תשא ע׳ א׳תתפו. לקו״ת פ׳ כי תצא בתחלתו.
  5. 5
    רוח הטומאה מן הארץ · Zechariah 13:2

13ועכשיו שאין בהמ״ק קיים בטלו הקרבנות ואין אנו יכולים לבטל ולהעביר ממשלת הנפש הבהמית מכל וכל לכן תקנו לנו תפלות כנגד תמידין.

À présent que le Saint Temple n’est plus debout, les sacrifices ont cessé, et nous ne pouvons pas annuler et écarter entièrement le pouvoir de l’âme animale. C’est pourquoi [les Sages] ont institué pour nous les prières, correspondant aux sacrifices quotidiens (temidin).

Explication

Sans le Temple, il n’y a pas de sacrifices, et nous ne pouvons pas écarter entièrement le pouvoir de l’âme animale. C’est pourquoi les Sages ont institué les prières à la place des sacrifices quotidiens.

וזהו שאומרים ברוך אתה ה׳ כו׳. כלומר שאף שאין אנחנו יכולים לעשות חובותינו באתערותא דלתתא שלנו אעפ״כ יהא אתערותא דלעילא מחמת

C’est pourquoi nous disons : « Béni sois-Tu, Havaya », etc. Autrement dit : bien que nous ne puissions pas nous acquitter de nos obligations par notre propre éveil d’en bas, puisse néanmoins se produire un éveil d’en haut, parce que

Explication

Le début de chaque bénédiction, « Béni sois-Tu, Havaya », exprime cela : bien que notre propre éveil d’en bas ne puisse nous permettre de nous acquitter de nos obligations, nous demandons à D.ieu de répondre par un éveil d’en haut.

כי חפץ חסד הוא ויוברך ויומשך מלעילא ברכת ה׳ להיות שמו נקרא עלינו בבחינת אלהינו שנהיה בטלים אליו למשוך אחריו בכל לב ונפש כו׳

« Il désire la bonté », et la bénédiction de D.ieu sera « bénie » et attirée d’en haut, afin que Son Nom soit invoqué sur nous au niveau de « notre D.ieu » (Elokeinou) : que nous soyons annulés devant Lui et attirés à Sa suite de tout notre cœur et de toute notre âme, etc.,

Explication

La raison en est, selon les paroles de Mikha, que D.ieu « désire la bonté ». « Bénie » s’entend ici comme « attirée » : la bénédiction de D.ieu descend afin que Son Nom soit invoqué sur nous comme « notre D.ieu », et que nous soyons annulés devant Lui et attirés à Sa suite de tout notre cœur.

כמ״ש במ״א ועד״ז הוא ענין כל רמ״ח מצות עשה רמ״ח המשכות גילוי אלהותו ית׳ להיות שורה בתחתונים והוא נחשב לו ית׳ עד״מ

comme cela est expliqué ailleurs. De même, les 248 commandements positifs sont 248 attirances de la révélation de Sa divinité, béni soit-Il, afin qu’elle réside dans les mondes inférieurs. Et cela est considéré pour Lui, béni soit-Il, à titre d’analogie,

Explication

Il en va de même des 248 commandements positifs : chacun est un canal qui attire la divinité vers le bas, afin qu’elle réside dans les mondes inférieurs. Pour D.ieu, dit l’Alter Rebbe, cela équivaut, pour ainsi dire, à manger.

כמו אכילה שע״י מאכל האדם תחזק נפשו בגופו להיות משכן לנפש בתוך הגוף וכן ע״י מצות ומע״ט נעשה כסא ומכון לשבתו להיות לו דירה בתחתונים כשיומשך ויתגלה בהם בחי׳ ה׳ אחד

comme la nourriture : grâce à la nourriture qu’une personne absorbe, son âme est fortifiée dans son corps, de sorte que le corps devienne une demeure pour l’âme. De même, grâce aux mitsvot et aux bonnes actions, un trône et un lieu de résidence sont formés pour Lui, afin qu’Il ait une demeure dans les mondes inférieurs, lorsque le niveau de « Havaya est Un » y est attiré et révélé.

Explication

La nourriture maintient l’âme unie au corps, afin que celui-ci puisse l’abriter ; de même, les mitsvot et les bonnes actions font du monde inférieur un « trône » et une demeure pour D.ieu, lorsque Son unité, « Havaya est Un », y est attirée et révélée.

וגם ישראל למטה מקבלים הארה מבחי׳ אכילה זו לשלוח חיות ללב ולמוח כדי לאהבה את ה׳ ולעבדו בכל לב ונפש

Et Israël, ici-bas, reçoit également une illumination de cette « nourriture », qui transmet la force vitale au cœur et au cerveau, afin d’aimer D.ieu et de Le servir de tout [son] cœur et de toute son âme.

Explication

Israël aussi bénéficie de cette « nourriture » : comme la nourriture transmet la vie au cœur et au cerveau, elle leur donne la vitalité nécessaire pour aimer D.ieu et Le servir pleinement. C’est la première étape du service.

ואח״כ יעלו ויבאו מזה לקבל הארת והשפעת בחי׳ הדם הוא הנפש כמו המזון שנהפך בקרבו ונעשה דמו

Ensuite, ils s’élèveront et parviendront, à partir de là, à recevoir l’illumination et l’influence du niveau de « le sang, c’est l’âme », comme la nourriture qui se transforme en lui et devient son sang,

Explication

Vient ensuite une étape plus profonde, « le sang, c’est l’âme » : de même que la nourriture devient du sang et que le sang est la vie même d’une personne, la lumière de D.ieu peut devenir partie intégrante de son être.

וזהו חיותו וקיומו כך ע״י המשכת אור ה׳ על נפשו בקיום המצות בסור מרע ועשה טוב נעשה כסא ומכון לשבתו עד שאור ה׳ אחד שורה ומתגלה בו בתוך נקודת לבבו ונגעה עד הנפש ממש להיות

et c’est là sa vie et son existence. De même, par l’attirance de la lumière de D.ieu sur son âme, en accomplissant les mitsvot, en « s’écartant du mal et en faisant le bien », il devient un trône et un lieu de résidence pour Lui, jusqu’à ce que la lumière de « Havaya est Un » réside en lui et s’y révèle, au point le plus intérieur de son cœur, et atteigne l’âme elle-même, afin d’être

Explication

En accomplissant les mitsvot, en s’écartant du mal et en faisant le bien, la personne devient un trône pour D.ieu, jusqu’à ce que Son unité se révèle au point le plus intérieur de son cœur et atteigne l’âme elle-même.

כמו עצמיות אחד ממש וממילא ירגז על הרע שבקרבו כמו רוגז האדם על הפוך בדבר שנוגע לעצמותו ומהותו שבא מרתיחת הדמים

véritablement comme une seule et même essence. Alors, de lui-même, il se mettra en colère contre le mal qui est en lui, comme un homme se met en colère contre ce qui s’oppose à quelque chose qui touche à son essence et à son être, [colère] qui provient de l’ébullition du sang,

Explication

La lumière de D.ieu et l’homme deviennent, pour ainsi dire, une seule et même essence. Alors il se met en colère contre le mal qui est en lui, comme on se met en colère contre ce qui menace son être même, une colère qui provient de l’ébullition du sang.

כי הדם הוא הנפש וזהו בחי׳ יצחק ובחי׳ זבחי אלקים רוח נשברה וגו׳ דהיינו רוח הס״א כו׳

car « le sang est l’âme ». C’est là le niveau de Yits’hak, et le niveau de « Les sacrifices de D.ieu sont un esprit brisé », etc., c’est-à-dire l’esprit de la sitra a'hra (l’autre côté), etc.

Explication

Puisque le sang est l’âme, cette colère correspond au niveau de Yits’hak. Le verset « Les sacrifices de D.ieu sont un esprit brisé » est compris comme la brisure de l’esprit de la sitra a'hra.

ומזה יבא לבחי׳ ומדרגת יעקב מדת הרחמנות על נפשו כאשר יראה בה שהיא בתוך ההפכה ואזי ויצעק אל ה׳ בצר לו שממדת הרוגז על הרע בא למדת הרחמנות

De là, il parviendra au niveau et au degré de Yaakov, l’attribut de compassion envers son âme, lorsqu’il verra qu’elle se trouve au milieu du bouleversement. Alors, « il crie vers D.ieu dans sa détresse » : de l’attribut de colère contre le mal, il passe à l’attribut de compassion.

Explication

À partir de la colère contre le mal, l’homme accède au niveau de Yaakov, celui de la compassion : voyant son âme prise dans un lieu de bouleversement, il crie vers D.ieu. La colère contre le mal se transforme en compassion pour sa propre âme.

משא״כ כשיש דרך ישר לפני איש לא שייך ונופל עליו לשון רחמנות והרחמנות הוא התחלה והכנה לשמחה שתבוא אח״כ כאשר ישיב ללבו הן אמת כו׳.

En revanche, lorsqu’« une voie paraît droite aux yeux d’un homme », le terme « compassion » ne s’applique pas à lui et ne lui convient pas. Or la compassion est le commencement et la préparation à la joie qui viendra ensuite, lorsqu’il prendra à cœur : « Certes, il est vrai », etc.,

Explication

Celui dont la voie paraît droite à ses propres yeux ne ressent pas le besoin d’une telle compassion. La compassion est le commencement et la préparation à la joie qui suit, lorsqu’il réfléchit : « Certes, il est vrai… », comme l’explique le Tanya.

כמ״ש בתניא ועי״ז תהיה השמחה גדולה לאלהים אשר קדשנו במצותיו בקדש העליון כו׳ כיתרון האור הבא מחשך

comme il est écrit dans le Tanya. Par cela, la joie sera grande, [joie] en D.ieu, « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot », dans la sainteté suprême, etc., à l’image de « la supériorité de la lumière » qui vient des ténèbres,

Explication

Le Tanya explique comment, après l’amertume, l’homme se console et parvient à une joie véritable. Ici, la joie est en D.ieu, « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot », et elle est d’autant plus grande qu’elle surgit des ténèbres, de même que la lumière est davantage appréciée après l’obscurité.

כמ״ש במ״א וזהו בבכי יבאו ובתחנונים אובילם וכתיב הלוך ובכה ילכו ואת ה׳ אלהיהם יבקשו כי הבכיה לעתיד תתעורר מחמת בחי׳ ראיה וראו כל בשר וגו׳

comme il est expliqué ailleurs. Tel est le sens de : « Ils viendront en pleurant, et Je les conduirai avec des supplications » ; et il est écrit : « Ils iront en marchant et en pleurant, et ils rechercheront Havaya, leur D.ieu. » Car les pleurs, dans les temps à venir, seront éveillés par le niveau de la vision : « et toute chair verra », etc.

Explication

Yirmeyahou décrit les exilés de retour qui pleurent et recherchent D.ieu. Dans les temps à venir, dit l’Alter Rebbe, ces pleurs seront éveillés par la vision, lorsque « toute chair verra » la gloire de D.ieu.

ואז יתעורר הרחמנות במאד על העבר והיא התחלת השמחה לשמוח באלהים חיים וקרבת ה׳ יחפץ

Alors la compassion pour le passé sera vivement éveillée ; elle est le commencement de la joie de se réjouir en D.ieu vivant, et il désirera la proximité de D.ieu,

Explication

Cette vision éveillera une grande compassion pour le passé ; cette compassion est le commencement de la joie en D.ieu vivant et du désir d’être proche de Lui.

כמ״ש ואת ה׳ אלהיהם יבקשו ולכן אומרים בתפלת שמונה עשרה סלח לנו כי חטאנו ולא קודם התפלה לפי שעדיין לא קבל עליו מלכות שמים בק״ש

comme il est écrit : « et ils rechercheront Havaya, leur D.ieu ». C’est pourquoi nous disons dans la prière de la Chemoné Essré : « Pardonne-nous, car nous avons péché », et non avant la prière, car il n’a pas encore accepté sur lui la royauté du Ciel lors de la lecture du Chéma ;

Explication

Voilà pourquoi « Pardonne-nous, car nous avons péché » est dit dans la Chemoné Essré et non avant : tant qu’il n’a pas accepté la royauté de D.ieu dans le Chéma, l’homme ne ressent pas encore son péché.

משא״כ כשאומר בק״ש ה׳ אחד דהיינו שיחודו ואחדותו ית׳ מתגלה בתחתונים ואזי רואה בנפשו חטאו וחסרונו שחסר לו אור ה׳ ובהבל בא ובחשך ילך ע״כ המו מעיו לו רחם ירחמנו

En revanche, lorsqu’il dit dans le Chéma : « Havaya est Un », c’est-à-dire que Son unité et Son unicité, béni soit-Il, se révèlent dans les mondes inférieurs, il voit alors dans son âme sa faute et son manque : il lui manque la lumière de D.ieu, et « il est venu dans le vide et marche dans les ténèbres ». C’est pourquoi « ses entrailles s’émeuvent pour lui ; il aura certainement compassion de lui ».

Explication

Après avoir dit « Havaya est Un » et reconnu que l’unité de D.ieu se révèle ici-bas, il voit combien la lumière de D.ieu lui manque et qu’il « est venu dans le vide et marche dans les ténèbres ». Alors la compassion s’éveille en lui, selon les mots de Yirmeyahou : « mes entrailles s’émeuvent pour lui ».

ואח״כ יוכל לבא לידי שמחה אמיתית ואין לך שמחה אמיתית יותר מזה שכאשר לא נולדה תחלה הרחמנות בנפשו אין זו שמחה אמיתית וכמשל התינוק הנולד שבצאתו לאויר העולם הוא צועק תחלה ואח״כ נותנים לו החלב.

Ensuite, il pourra parvenir à une joie véritable, et il n’est pas de joie plus véritable que celle-ci. Car si la compassion n’est pas d’abord née dans son âme, sa joie n’est pas véritable. C’est comme l’image d’un nouveau-né : lorsqu’il sort à l’air du monde, il crie d’abord, puis on lui donne du lait.

Explication

Ce n’est qu’alors qu’il peut parvenir à une joie véritable ; une joie qui n’est pas précédée par la compassion n’est pas véritable. De même, le nouveau-né crie d’abord, et ce n’est qu’ensuite qu’on lui donne du lait.

והנה עיקר השמחה והתענוג הוא מהתבוננות בגדולת ה׳ ואשר בחר בנו מכל העמים וקרבנו לעבודתו ולכן ארז״ל שהדדים הם במקום בינה:

Or, l’essence de la joie et du plaisir provient de la contemplation de la grandeur de D.ieu, ainsi que du fait qu’Il nous a choisis parmi tous les peuples et nous a rapprochés de Son service. C’est pourquoi nos Sages ont dit que les seins se trouvent à l’endroit de Bina (compréhension).

Explication

La joie et le plaisir proviennent principalement de la contemplation de la grandeur de D.ieu et du fait qu’Il nous a choisis. C’est pourquoi l’Admour Hazaken cite la remarque du Talmud selon laquelle les seins se trouvent « à l’endroit de la Bina (compréhension) » : le lait, image de la joie, se trouve à l’endroit associé à la contemplation.

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe met en parallèle les étapes du service divin avec la nourriture, le sang et le lait : la prière et les mitsvot attirent la lumière de D.ieu vers le bas ; cette lumière s’unit à la personne, ce qui conduit à la colère contre le mal (Yits’hak), à la compassion (Yaakov), puis enfin à une joie véritable.

Pour aller plus loin

Le manuscrit 17, cité dans les notes de Kehot, ajoute que la première étape — la force vitale atteignant le cœur et l’esprit afin d’aimer D.ieu — correspond au niveau d’Avraham, tandis que la nourriture qui se transforme en sang et la colère contre ce qui s’oppose correspondent à Yits’hak. Il relie également cela au maamar sur « Oseri lagefen » dans Vayé’hi : on ne peut atteindre « le vin qui réjouit » sans passer d’abord par « le vin qui enivre », c’est-à-dire l’amertume de se sentir éloigné de D.ieu, car tout plaisir dépend d’un désir préalable pour ce qui le procure.

Maré mekomot

  1. 1
    תפלות כנגד תמידין · Berakhot 26b:4–5
  2. 2
    כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
  3. 3
    הדם הוא הנפש · Deuteronomy 12:23
  4. 4
    זבחי אלקים רוח נשברה · Psalms 51:19
  5. 5
    דהיינו רוח הסט״א כו׳ · בבוך באב׳ 17 כז, ב נוסף: (ובחי׳ אברהם היינו בחי׳ אהבה שקודם בחי׳ לעולם ירגיז כו׳ שהרי מתחלה ע״י אכילה דמצות ומע״ט נמשך חיות ללב ומוח לאהבה את ה׳ ולעבדו זהו בחי׳ אברהם ומה שאח״כ נהפך המזון לדם בחי׳ רוגז על ההיפוך זהו ובחי׳ יצחק כנ״ל).
  6. 6
    כמ״ש בתניא · פרק לא. בבוך 633: כמ״ש בלק״א.
  7. 7
    כיתרון האור · Ecclesiastes 2:13
  8. 8
    בבכי יבאו ובתחנונים אובילם · Jeremiah 31:9
  9. 9
    הלוך ובכה ילכו · Jeremiah 50:4
  10. 10
    וראו כל בשר · Isaiah 40:5
  11. 11
    מלכות שמים בק״ש · בבוך באב׳ 17 נוסף: (הי׳ דרכו ישר בעיניו ולא הרגיש שהוא חוטא).
  12. 12
    ובהבל בא ובחשך ילך · Ecclesiastes 6:4
  13. 13
    המו מעיו לו רחם ארחמנו · Jeremiah 31:20
  14. 14
    אין זו שמחה אמיתית · בבוך באב׳ 17 כח, א נוסף: (וכה״ג נת״ל פ׳ ויחי ע״פ אסרי לגפן שא״א לבוא לבחי׳ יין המשמח שהיא שמחה מגדולתו ית׳ ואנחנו עם קרובו כו׳ בלתי יוקדם תחלה בחי׳ יין המשכר שהוא המרירות על ריחוקו מה׳, כי לא שייך תענוג מאיזו דבר אם לא יוקדם רצון לזה ולפי ערך הרצון והתשוקה להדבר כך יהי׳ התענוג כשנתמלא לו אותו הדבר כו׳ ע״ש).
  15. 15
    שהדדים הם במקום בינה · Berakhot 10a:16–18

Kel Cha-daï ¶14

14וזהו וארא אל אברהם אל יצחק ואל יעקב באל שדי. פי׳ בבחי׳ והמשכות בחי׳ שדי מל׳ ברכות שדים שהם בחי׳ דדים וחלב להגדיל המדות אהבה ויראה כו׳

Et voici [le sens de] « Je suis apparu à Avraham, à Yitzchak et à Yaakov sous le Nom Kel Cha-daï » : c’est-à-dire au niveau de — et par le prolongement du flux du — niveau de Cha-daï, lié à l’expression « bénédictions des seins » (chadayim), qui évoque les seins et le lait, afin de faire croître les attributs émotionnels (midot), l’amour et la crainte, etc.,

Explication

Le verset d’ouverture est maintenant expliqué : D.ieu est apparu aux Avot sous le Nom Kel Cha-daï, un Nom dont on rapproche le sens de chadayim, « seins ». Il s’agit du flux de « lait », c’est-à-dire de joie, qui fait croître les attributs émotionnels, l’amour et la crainte.

שהן הם בחי׳ האבות אחר שה׳ אחד בהתגלות לבו בבחי׳ לידה והתגלות לשמח נפשם בתוספת אורה ושמחה להתענג על ה׳ בשמחה ובטוב לבב מרוב כל:

qui sont le niveau des Avot, après que « Havaya est Un » se révèle dans son cœur, au niveau de la naissance et de la révélation : réjouir leurs âmes par un surcroît de lumière et de joie, afin de se délecter en D.ieu dans la joie et la bonne humeur, dans l’abondance de toutes choses.

Explication

Ces attributs sont le niveau des Avot : l’amour correspond à Avraham et la crainte à Yitzchak. Après la « naissance », lorsque « Havaya est Un » se révèle dans le cœur, Kel Cha-daï les nourrit d’un surcroît de lumière et de joie, afin que l’homme se délecte en D.ieu, le cœur joyeux.

Le paragraphe 14 en bref

Ce paragraphe rattache l’analogie au verset : « Je suis apparu… sous le Nom Kel Cha-daï » désigne le « lait » de la joie qui nourrit l’amour et la crainte, les qualités des Avot présentes en chaque Juif, une fois l’unité de D.ieu révélée dans le cœur.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, indique que cette interprétation de Cha-daï comme désignant les seins figure également dans Shaarei Orah, et soulève une difficulté à partir du maamar « Va’eira » de 5568, qui explique Kel Cha-daï comme l’attribut du tsimtsoum. Likkutei Torah, Shir HaShirim, renvoie à ce maamar pour son explication de la grossesse, de la naissance et de l’allaitement dans le service de D.ieu.

Maré mekomot

  1. 1
    וארא אל אברהם אל יצחק ואל יעקב באל שדי · Exodus 6:3
  2. 2
    בחי׳ שדי מל׳ ברכות שדים · באוה״ת פ׳ וארא ע׳ קנז כ׳ שכ״ה גם בספר שערי אורה שער ב׳ לה״ר יוסף גיקטליא והקשה שבד״ה וארא תקס״ח מבאר שבחי׳ אל שדי זהו ענין מדת הצמצום, ע״ש בארוכה. באוה״ת כי תצא ע׳ תתקכה מציין לכאן.
  3. 3
    ברכת שדים ורחם · Genesis 49:25
  4. 4
    וחלב להגדיל המדות · בלקו״ת שה״ש לג, ב מציין: ”ושם [בתו״א] נתבאר ענין עיבור ולידה ויניקה בעבודת ה׳ ועיין בפרדס בערכי הכינוים ערך חלב ובשער ח׳ פ״ו ובזהר משפטים (דקכ״ב ע״ב) בענין רוחצות בחלב ובאדרא רבא דקל״ו ע״ב” ע״ש.

« Mon Nom ne leur était pas connu » ¶15–18

15אך ושמי ה׳ לא נודעתי להם. כי הנה אמרו רז״ל שקיים אברהם אבינו ע״ה את כל התורה עד שלא נתנה והיינו שקיים מעשה המצות מאהבה

Mais « Mon Nom Havaya ne leur a pas été connu ». Car nos Sages ont dit qu’Avraham notre père, que la paix soit sur lui, observa toute la Torah avant qu’elle ne soit donnée ; c’est-à-dire qu’il accomplit les actes des mitsvot par amour,

Explication

Voici la seconde partie du verset : « Mon Nom Havaya ne leur a pas été connu ». Les Sages disent qu’Avraham observa toute la Torah avant qu’elle ne soit donnée ; l’Alter Rebbe explique qu’il accomplissait les mitsvot par amour.

וכמאמר רז״ל אברהם תיקן תפלת שחרית והיינו בחינת המשכת אור ה׳ להיות ה׳ אחד שורה ומתגלה בתחתונים לאהבה את ה׳ אהבה בתענוגים ולעבדו בלב ונפש

comme l’enseigne la parole de nos Sages : « Avraham institua la prière du matin. » Cela correspond au niveau où la lumière de D.ieu est attirée vers le bas, afin que « Havaya est Un » réside et se révèle dans les mondes inférieurs, pour aimer D.ieu d’un amour de délices et Le servir de tout son cœur et de toute son âme.

Explication

Les Sages enseignent également qu’Avraham institua la prière du matin. Cela consiste à attirer vers le bas la lumière de D.ieu, afin que Son unité réside dans les mondes inférieurs, et à aimer D.ieu d’un amour empreint de délice.

אבל מ״מ כל זה נק׳ עדיין בשם עבודת עבד ששומע בקול רבו ועושה ציוויו מאהבה ובשמחה ובטוב לבב וכן יצחק מיראה ופחד יצחק כו׳.

Néanmoins, tout cela est encore appelé le service d’un serviteur, qui écoute la voix de son maître et accomplit ses ordres par amour, dans la joie et la gaieté du cœur. De même, Yits’hak servit par crainte, comme l’indique l’expression « la Crainte d’Yits’hak », etc.

Explication

Malgré toute sa grandeur, il s’agit encore du service d’un serviteur, qui obéit joyeusement à son maître, mais demeure un être distinct qui Le sert. Yits’hak servit lui aussi par la crainte, comme la Torah appelle D.ieu « la Crainte d’Yits’hak ».

אבל משה רבינו ע״ה מדה אחרת היתה בו שאמר ונחנו מה בחי׳ בטול לגמרי לפיכך זכה שנתנה תורה על ידו בבחי׳ דבור

Mais Moché notre maître, que la paix soit sur lui, possédait une qualité différente, car il dit : « Et que sommes-nous ? » : le niveau de l’annulation de soi complète (bitoul). C’est pourquoi il mérita que la Torah soit donnée par son intermédiaire, au niveau de la parole.

Explication

Moché possédait une qualité différente : une annulation de soi complète, exprimée par ces mots : « Et que sommes-nous ? » C’est pourquoi la Torah fut donnée par son intermédiaire, sous la forme de la parole.

ואמרו רז״ל שהיתה שכינה מדברת מתוך גרונו של משה כי לא שייך בחי׳ אהבה ותענוג רק בבחי׳ התגלות נגלות אור ה׳ להיות השראתו בתחתונים שהם בגדר עלמין מעלה ומטה כו׳

Nos Sages ont dit que la Chekhina parlait depuis la gorge de Moché. Car l’amour et le délice ne s’appliquent qu’au niveau de la révélation de la lumière révélée de D.ieu, afin qu’elle réside dans les mondes inférieurs, lesquels se trouvent dans les limites des mondes, avec un haut et un bas, etc.

Explication

Les Sages disent que la Chekhina parlait depuis la gorge de Moché. L’amour et le délice appartiennent au niveau révélé de la lumière de D.ieu, la lumière qui réside dans les mondes, où il y a un haut et un bas.

אבל דבר ה׳ זו הלכה ואורייתא וקוב״ה כולא חד שהוא יחיד ומיוחד ולית מחשבה תפיסא ביה לא שייך בזה שום הרגשת אהבה או תענוג שאינו מרגיש את עצמו כלל

Mais « la parole de D.ieu, c’est la halakha », et « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un » : Lui qui est Un et unique, et que « nulle pensée ne peut saisir ». Ici, aucun sentiment d’amour ou de délice ne s’applique, car l’homme ne ressent nullement son propre être ;

Explication

La Torah est différente : « la parole de D.ieu », c’est la halakha, et la Torah est une avec D.ieu, qui est Un et dépasse toute saisie de la pensée. En la transmettant, il n’y a aucun sentiment d’amour ou de délice, car celui qui parle ne ressent nullement son propre être.

רק הוא בטל במציאות ואינו תופס מקום לעצמו כלל אלא שהוא נמשך אחריו לדבר מה שהוא מדבר

au contraire, il est annulé dans son existence même et n’occupe absolument aucune place pour lui-même ; il est seulement entraîné à Sa suite, pour dire ce qu’Il dit.

Explication

Il est annulé dans son existence même, n’occupant aucune place qui lui soit propre, et se laisse simplement entraîner à la suite de D.ieu pour dire ce que D.ieu dit.

וכמ״ש ואשים דברי בפיך ובזה הוא ממשיך המשכת יחודו ואחדותו ית׳ בכבודו ובעצמו כמו קודם שנברא העולם שיתגלה למטה שגם עכשיו העולם כאין ואפס והי׳ כלא היה ואין כאן לא מעלה ולא מטה כו׳.

Comme il est écrit : « J’ai placé Mes paroles dans ta bouche. » Par cela, il attire Son unité et Son unicité, béni soit-Il, dans Sa gloire et dans Son être même, comme avant la création du monde, afin qu’elles se révèlent ici-bas : même maintenant, le monde est comme néant et vide, comme s’il n’avait jamais existé, et il n’y a ici ni haut ni bas, etc.

Explication

Comme le dit Yechayahou : « J’ai placé Mes paroles dans ta bouche. » Par cela, l’homme attire l’unité propre de D.ieu, telle qu’elle était avant la création, révélant que même maintenant le monde est comme néant et qu’il n’y a ni haut ni bas.

Le paragraphe 15 en bref

Ce paragraphe oppose le service des Avot — un amour et une crainte qui laissent encore subsister un moi qui aime — à l’annulation de soi complète de Moché, par laquelle fut donnée la Torah, une avec l’essence de D.ieu.

Pour aller plus loin

Une si’ha citée dans les notes de Kehot qualifie l’annulation de soi de Moché de supérieure à celle des Avot. Une autre, citée intégralement, explique qu’un tel bitoul ne dépend pas du pouvoir propre de l’homme, car « un prisonnier ne peut se libérer lui-même » ; il découle d’une révélation de D.ieu d’en haut, et précisément de la révélation du Nom Havaya, l’essence de D.ieu telle qu’Il se situe au-delà des limites du monde. La note indique également plusieurs passages du Zohar concernant la parole de la Chekhina depuis la gorge de Moché.

Maré mekomot

  1. 1
    שקיים אברהם אבינו ע״ה את כל התורה · משנה סוף קידושין.
  2. 2
    שקיים אברהם אבינו ע״ה את כל התורה עד שלא נתנה · Mishnah Kiddushin 4:14
  3. 3
    אברהם תיקן תפלת שחרית · Berakhot 26b:5–6
  4. 4
    ופחד יצחק · Genesis 31:42
  5. 5
    ונחנו מה · Exodus 16:7
  6. 6
    בחי׳ ביטול לגמרי · למעלה מהביטול דאבות (לקו״ש לכ״ד טבת ח״ו ע׳ 38 הערה 29). ראה סה״מ תרכ״ט ע׳ רכט ואילך.
  7. 7
    שכינה מדברת מתוך גרונו של משה · Zohar II, 115b
  8. 8
    דבר ה׳ זו הלכה · Shabbat 138b:11–12
  9. 9
    ואורייתא וקוב״ה כולא חד · נסמן לקמן נז, ג.
  10. 10
    תפיסא — שאינו מרגיש את עצמו כלל . . ואינו תופס מקום לעצמו כלל · ”שביטול כזה אין ביכולתו של אדם לפעול בכח עצמו (ע״ד אין חבוש מתיר עצמו כו׳), אלא בא על ידי התגלות ה׳ מלמעלה, ובזה גופא — גילוי שם הוי׳, היינו עצמותו של הקב״ה כפי שהוא למעלה מגדרי העולם” — לקו״ש לפ׳ וארא חל״א ע׳ 25.
  11. 11
    ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16

16ומזה אינו נמשך על נפש האדם בחי׳ אהבה או תענוג רק בחי׳ בטול לגמרי וזהו לשון דבור מלשון ידבר עמים תחתנו שהוא ל׳ הנהגה והמשכ׳

De là, ce qui est attiré sur l’âme de l’homme n’est ni amour ni plaisir, mais seulement le niveau de l’annulation complète de soi (bitoul). C’est le sens du terme « parole » (dibbour), qui vient de l’expression « Il conduit (yadber) les peuples sous nos pieds », terme désignant la conduite et l’attraction,

Explication

Ce qui est attiré sur l’âme n’est ni amour ni plaisir, mais une annulation totale de soi. C’est pourquoi la Torah est venue sous forme de dibbour, de « parole » : l’Admour Hazaken relie ce mot à yadber, dans le verset « Il conduit les peuples sous nos pieds », qui signifie conduire et attirer vers le bas.

דהיינו שממשיך שיתגלה למטה בבחי׳ היותו יחיד שהוא בחי׳ עצמותו ומהותו כביכול ולא בבחי׳ אחד בלבד

c’est-à-dire qu’il attire [D.ieu] vers le bas, afin qu’Il se révèle ici-bas comme Unique (ya’hid), ce qui est le niveau de Son essence et de Son être, pour ainsi dire, et non seulement comme Un (é’had).

Explication

La parole de Torah attire D.ieu vers le bas, afin qu’Il se révèle ici-bas comme Unique (ya’hid), dans Son essence même, et non seulement comme Un (é’had) au sein des mondes.

והיינו ע״י התורה דכתיב בה וידבר ה׳ אל משה וגם אינה נקראת בשם עבודת עבד כי כשלומד הדין זה ומדבר דין זה הוא כמלך שמצוה לעשות משפט עמו.

Cela se fait par la Torah, dont il est écrit : « Et D.ieu parla à Moché. » Elle n’est pas non plus appelée le service d’un serviteur : lorsqu’on étudie cette loi et qu’on énonce cette loi, on est comme un roi qui ordonne que justice soit rendue à son peuple.

Explication

Cela se produit par la Torah, dont les lois sont introduites à maintes reprises par les mots « Et D.ieu parla à Moché. » Une telle étude n’est pas le service d’un serviteur : celui qui étudie et énonce une loi est comme un roi qui rend un décret pour son peuple.

Le paragraphe 16 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi l’étude de la Torah attire D.ieu comme Unique, au-delà de Son unité au sein des mondes, et pourquoi elle relève de l’acte d’un roi plutôt que de celui d’un serviteur.

Pour aller plus loin

Torah Ohr, Yitro, cité dans la note de Kehot, interprète de la même manière « Moché parlait » : yedaber signifie attirer vers le bas et conduire. Par son annulation de soi, Moché a attiré la Lumière infinie vers le bas, car la sagesse provient du ayin, du néant.

Maré mekomot

  1. 1
    ידבר עמים תחתינו · Psalms 47:4
  2. 2
    בבחי׳ היותו יחיד · ראה ספר קיצורים והערות לס׳ התניא ע׳ קה. סה״מ תרס״ו ע׳ רסט.

17ולכן אמרו מאן מלכי רבנן ואמרו מתניתא מלכתא שהרי הוא כאומר דבר המלך בלבד ואינו עושה כלום ואינו מדבר דברי עצמו כלל

C’est pourquoi ils ont dit : « Qui sont les rois ? Les Sages », et ils ont dit : « La Michna est reine. » Car il est comme celui qui ne fait que rapporter la parole du roi : il ne fait rien et ne prononce absolument aucune parole qui lui soit propre.

Explication

C’est pourquoi le Talmud appelle les Sages des « rois » et la Michna une « reine ». Celui qui énonce la loi de la Torah est comme celui qui rapporte la parole du roi : il n’y ajoute rien de son propre chef.

כמו העבד העושה צווי רבו שהרי הוא העושה והמקיים דבר המלך ודתו ואפילו עושה מאהבה בתענוגים אעפ״כ יש מי שאוהב כו׳ ולפי שלא נתנה תורה להאבות עדיין

[Il n’est pas] comme le serviteur qui exécute l’ordre de son maître, car c’est [le serviteur] qui accomplit et met en pratique la parole du roi et son décret ; et même lorsqu’il le fait par un amour empreint de délices, il y a néanmoins celui qui aime, etc. Et parce que la Torah n’avait pas encore été donnée aux Avot,

Explication

Le serviteur, en revanche, est celui qui exécute le décret du roi ; ainsi, même lorsqu’il le sert avec délice, il demeure un être distinct qui aime. Comme les Avot vécurent avant que la Torah ne soit donnée, leur service, si élevé fût-il, relevait de cette catégorie.

לכן כתיב ושמי ה׳ לא נודעתי להם לא הודעתי אין כתיב כאן אלא נודעתי שאלו כתיב הודעתי היה משמע דקאי על שמי ה׳

c’est pourquoi il est écrit : « Par Mon Nom Havaya, Je ne leur fus pas connu (noda’ti). » Il n’est pas écrit ici : « Je ne fis pas connaître (hoda’ti) », mais : « Je ne fus pas connu. » Car s’il était écrit : « Je ne fis pas connaître », cela signifierait que ces mots se rapportent à « Mon Nom Havaya ».

Explication

D’où le verset : « Par Mon Nom Havaya, Je ne leur fus pas connu (noda’ti). » Il n’est pas écrit : « Je ne fis pas connaître (hoda’ti) », ce qui signifierait seulement que le Nom Havaya ne leur fut pas enseigné.

אבל עכשיו דכתיב לא נודעתי פי׳ שאני בעצמי לא נודעתי להם דהיינו בבחי׳ אני בעצמי בחי׳ יחיד.

Mais à présent que le texte dit : « Je ne fus pas connu », cela signifie que Moi-même ne leur fus pas connu ; c’est-à-dire le niveau de « Moi-même », le niveau de Yahid (l’Unique).

Explication

La forme passive « Je ne fus pas connu » signifie que D.ieu Lui-même, Son essence, ne leur fut pas connu. C’est le niveau de Yahid, qui fut révélé par la Torah donnée par l’intermédiaire de Moché.

Le paragraphe 17 en bref

Ce paragraphe achève l’interprétation du verset : les Avot connaissaient D.ieu comme Kel Cha-daï par l’amour et la crainte, mais Son être même, le niveau de l’Unique, ne fut connu qu’avec le don de la Torah.

Pour aller plus loin

Rachi, dans son commentaire sur le verset, souligne la même nuance de formulation, mais explique « Je ne fus pas connu » en ce sens que D.ieu ne fut pas reconnu par Son attribut de fidélité, par lequel Il tient Ses promesses. Le manuscrit 17 ajoute ici que celui qui étudie la Torah se situe au-dessus du niveau de l’amour, car c’est la parole du Roi qui est prononcée par sa bouche.

Maré mekomot

  1. 1
    מאן מלכי רבנן · Gittin 62a:14
  2. 2
    מתניתא מלכתא · ביצה כא, וש״נ. ראה לעיל מט, ב.
  3. 3
    יש מי שאוהב · Tanya, Likkutei Amarim 35
  4. 4
    הודעתי אין כתיב כאן · רש״י שמות ו, ג.
  5. 5
    לא הודעתי אין כתיב כאן אלא נודעתי · Rashi on Exodus 6:3:3

18וזהו והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום פי׳ אנכי מי שאנכי דהיינו בחי׳ יחיד משא״כ אצל ואהבת כתיב ואהבת את ה׳ אלקיך

Et voici [le sens de] « Et ces paroles que Moi (Ano’hi) t’ordonne aujourd’hui seront » : Ano’hi signifie « Moi, qui suis Moi », c’est-à-dire le niveau de Yahid, l’Unique. En revanche, pour « Tu aimeras », il est écrit : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu. »

Explication

Le commandement « ces paroles que Moi (Ano’hi) t’ordonne » emploie Ano’hi, que l’on comprend comme « Moi, qui suis Moi » : le Soi propre de D.ieu, le niveau de Yahid. À l’inverse, le commandement d’aimer parle de « Havaya, ton D.ieu ».

אבל התורה היא נמשכה למעלה מבחי׳ הוי״ה דהיינו בחינת לפני ה׳ וכו׳ הוא בחינת אנכי מי שאנכי כמ״ש במ״א:

Mais la Torah est attirée depuis au-dessus du niveau de Havaya, c’est-à-dire du niveau de « devant Havaya », etc., qui est le niveau de « Moi, qui suis Moi », comme cela est expliqué ailleurs.

Explication

L’amour est lié au Nom Havaya, mais la Torah provient d’au-dessus de ce Nom, de « devant Havaya », le niveau de « Moi, qui suis Moi ». Ainsi, le maamar se termine là où il a commencé : la Torah révèle ce que même les Avot ne connaissaient pas.

Le paragraphe 18 en bref

Ce paragraphe final retrouve la même distinction dans le Chéma : l’amour se rapporte au Nom Havaya, tandis que les paroles de la Torah proviennent d’Ano’hi, l’essence de D.ieu, qui est au-dessus de ce Nom.

Pour aller plus loin

Rabbeinu Ba’hya, cité dans la note Kehot, tire lui aussi de la formulation « Je ne fus pas connu », plutôt que « Je ne me fis pas connaître », que Lui et Son Nom sont un. Likkutei Torah, Pekudei, cite la fin de ce maamar à propos de « Moi-même, le niveau de l’Unique » et explique que ce niveau de « Mon Nom Havaya ne fut pas connu » est attiré et révélé par l’observance des commandements négatifs.

Maré mekomot

  1. 1
    והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום · Deuteronomy 6:6
  2. 2
    בחי׳ יחיד · Numbers 2:4
  3. 3
    ואהבת את ה׳ אלקיך · Deuteronomy 6:5
  4. 4
    אנכי מי שאנכי · נסמן לעיל א, א.

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Éveillez l’amour de D.ieu caché dans chaque cœur juif jusqu’à ce qu’il soit ressenti et révélé, au lieu d’observer les mitsvot froidement et machinalement. Laissez cet amour croître jusqu’à devenir colère contre le mal qui est en vous, puis compassion pour votre propre âme lorsque vous voyez combien elle est éloignée de la lumière de D.ieu ; c’est ainsi que nous demandons « Pardonne-nous » seulement après avoir accepté la royauté de D.ieu dans le Chema. Cette compassion ouvre la voie à la véritable joie en D.ieu. Et lorsque vous étudiez et prononcez des paroles de Torah, exprimez-les comme la parole même du Roi, sans sentiment de soi.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le Rabbi Chnéour Zalman demande-t-il pourquoi le Chema dit « Un » plutôt que « Unique », et que désigne chacun de ces mots ?
  2. En quoi le Juif en exil ressemble-t-il à un fœtus qui possède tous ses organes sans s’en servir, et qu’est-ce qui transforme cela en « naissance » ?
  3. Pourquoi la compassion pour sa propre âme doit-elle précéder la véritable joie, et comment cela se reflète-t-il dans l’ordre des prières ?
  4. Quelle différence y a-t-il entre servir D.ieu par amour, comme le faisaient les Avot, et le bitoul par lequel la Torah fut donnée ?
  5. Comment le fait de prononcer des paroles de Torah rend-il une personne semblable à un roi plutôt qu’à un serviteur ?

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Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Va’eiraוארא

  1. 1וארא אל אברהם אל יצחק ואל…“And I appeared to Avraham, to Yitzchak and to Yaakov as Kel Sha-dai”
  2. 2וידבר אלקים אל משה ויאמר אליו…“And Elokim Spoke to Moshe and Said to Him…”
  3. 3ויאמר ה׳ אל משה ואל אהרן…“And G‑d said to Moshe and to Aharon”
  4. 4לכן אמר לבני ישראל אני ה׳…“Therefore say to the children of Israel: I am G‑d”
  5. 5ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above