Likkutei TorahLa Paracha ’hassidique

Likkutei Torah · Parshas V’Zos HaBerachah · Maamar 6

מזמור שיר חנכת הבית לדוד

Psaume, chant pour la dédicace de la Maison, de David

  • 16 paragraphes · 122 sections
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L’idée centrale

Ce qui est le plus bas dans le monde a la racine la plus élevée : la nourriture, les vêtements et les maisons correspondent à la lumière intérieure, à la lumière enveloppante et à « l’enveloppement de l’enveloppement » ; ainsi, la maison de pierre, comme Mal'hout et l’âme qui s’efface, puise à un niveau supérieur à la volonté elle-même, et il faut y faire entrer la joie de l’extérieur.

Le maamar en bref

Le maamar demande pourquoi la dédicace d’une maison est célébrée par un festin. Il présente trois besoins humains : la nourriture, qui devient une avec le corps ; les vêtements, qui l’entourent de près ; et la maison, qui l’entoure de loin. Leur prix augmente dans cet ordre, car plus une chose descend bas, plus sa racine est élevée. La nourriture provient de la lumière intérieure qui remplit tous les mondes ; les vêtements, d’Arikh Anpin, la lumière enveloppante de Kéter ; la maison, d’Atik, « l’enveloppement de l’enveloppement », ce qui explique qu’elle soit construite de pierre inanimée. Ces trois niveaux se retrouvent dans la Torah (nourriture de l’âme) et les mitsvot (vêtements), ainsi qu’au sein des mitsvot : celles que l’on accomplit par choix puisent dans la volonté suprême, tandis que celles qui ne se présentent qu’à l’insu de la personne, comme la gerbe oubliée, puisent au-delà de la volonté. Puisque la joie relève de la volonté, il fallait faire entrer la joie dans la dédicace du Temple de pierre, d’où « un chant » et le festin. Ce principe explique pourquoi le sanctuaire de pierre de Chilo est appelé « repos », pourquoi il était interdit de faire saillir du bois dans le Temple, pourquoi les mots du Chéma sont des « pierres », et pourquoi Mal'hout est « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs », devenue pierre angulaire.

Plan

  1. La question et les trois besoinsPourquoi la dédicace d’une maison est célébrée ; la nourriture, les vêtements et les maisons comme lumière intérieure, enveloppement proche et enveloppement lointain, et pourquoi ce qui est le plus bas est le plus précieux.¶1–2
  2. Trois niveaux dans le divinLa nourriture provient de la lumière intérieure de Mal'hout (memalé kol almin) ; les vêtements, d’Arikh Anpin ; les maisons, d’Atik, l’enveloppement de l’enveloppement, d’où leur construction en pierre inanimée.¶3–5
  3. Torah, mitsvot et mitsvot au-delà de la volontéLa Torah est la nourriture de l’âme et les mitsvot ses vêtements ; les mitsvot accomplies par volonté proviennent d’Arikh Anpin, celles qui dépassent la volonté (la gerbe oubliée, « nous ferons », fuir les honneurs) d’Atik ; Mal'hout comme « maison » de David.¶6–9
  4. La joie lors de la dédicace ; les enfants comme « maison »La racine du Temple est au-delà de la volonté : il fallait donc y faire entrer la joie, d’où « un chant » et le festin ; la descendance, issue du mazal au-delà de la raison, est également une « maison ».¶10
  5. Chilo, le Temple et la prièreLe sanctuaire de pierre de Chilo est le « repos », et le bois saillant est interdit dans le Temple ; les Pesouké déZimra comme du bois, les 248 mots du Chéma comme des pierres ; les pierres de Yaakov et la stèle.¶11–14
  6. La pierre rejetée et l’épouse comme « maison »Mal'hout, le niveau le plus bas, est la pierre rejetée qui est devenue pierre angulaire grâce au raffinement opéré par David ; la bénédiction et la subsistance d’un homme lui viennent par son épouse, sa « maison ».¶15–16

Notions clés

Lumière intérieure et lumière enveloppante (pnimi et makif)אור פנימי ומקיף
La lumière divine qui pénètre ce qu’elle anime et ne fait qu’un avec lui (comme la nourriture), par opposition à la lumière qui l’entoure de l’extérieur (comme les vêtements).
Enveloppement de l’enveloppementמקיף דמקיף
Un niveau si éloigné des mondes que même la notion d’« entourer » constitue une relation trop proche ; la racine de la maison, de la pierre et des mitsvot au-delà de la volonté.
Arikh Anpin et Atikאריך אנפין ועתיק
Les deux aspects de Kéter : Arikh Anpin, la volonté suprême et le premier des émanés ; Atik, le niveau le plus bas de l’Émanateur, au-dessus de la volonté.
L’inerte (domem)דומם
Le règne le plus bas de la nature, celui de la pierre et de la terre, dont la racine est la plus élevée ; c’est aussi le fait, pour David, de se rendre silencieux (domamti) et l’association de Mal'hout à la « pierre ».
Les mitsvot accomplies à l’insu de la personneמצוה שלא לדעתנו
Des mitsvot qui, comme la gerbe oubliée, ne peuvent survenir qu’involontairement ; un don d’en haut, enraciné au-delà de la volonté humaine.
Le remplissage du héמילוי הה״א
La partie la plus basse de Mal'hout, qui descend dans les mondes inférieurs ; la « servante » et la pierre rejetée qui devient pierre angulaire.

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La question et les trois besoins ¶1–2

1מזמור שיר חנכת הבית לדוד. להבין הטעם שעושים משתה ושמחה בחנוכת הבית הנה יש ג׳ בחי׳ מזון ולבושים ובתים.

« Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison, de David. » Pour comprendre pourquoi l’inauguration d’une maison est célébrée par un festin et des réjouissances : il existe trois niveaux : la nourriture, les vêtements et les maisons.

Explication

Le maamar s’ouvre sur le titre du Psaume 30, le psaume pour l’inauguration (’hanouka) de la Maison, et demande pourquoi l’inauguration d’une maison est marquée par un festin et une célébration. Pour répondre, il présente d’abord trois choses dont l’homme a besoin : la nourriture, les vêtements et une demeure ; elles représenteront ensuite trois niveaux de lumière divine.

מזון הוא חיות פנימי לגוף האדם שנעשה פנימית וחיות לו ע״י הכרס והקיבה שהם מבשלים את המזון והמובחר עולה למוח ונעשה פנימית וחיות למוחין ואברים שמחזק את כל אבריו.

La nourriture est une force vitale intérieure pour le corps de l’homme. Elle devient intérieure à lui et force vitale pour lui par l’intermédiaire du ventre et de l’estomac, qui cuisent les aliments ; la meilleure partie monte au cerveau et devient une nourriture intérieure et une force vitale pour l’intellect et les membres, fortifiant tous ses membres.

Explication

La nourriture est la plus intérieure des trois : elle est digérée et devient la propre chair et la vitalité de la personne ; sa meilleure partie nourrit même le cerveau. Elle représente une lumière intérieure qui pénètre ce qu’elle vivifie et ne fait qu’un avec lui.

ולבושין הם מקיפים על האדם שמקיפו ומלבישו ומציל אותו מקור וחום לבד ואין נעשה פנימית וחיות כמו המזון אך הוא מקיף עליו ממש.

Les vêtements, eux, sont des éléments qui enveloppent l’homme : ils l’entourent, le couvrent et le protègent seulement du froid et de la chaleur ; ils ne deviennent pas intérieurs à lui et force vitale comme la nourriture, mais l’enveloppent en étant directement posés sur lui.

Explication

Les vêtements ne deviennent pas une partie de la personne ; ils l’entourent et le protègent de l’extérieur. Pourtant, ils reposent directement sur son corps : c’est donc une forme d’« enveloppement » (makif) proche et en contact.

בתים הם ג״כ מקיפים על האדם רק לא כמו הלבושים שהם עליו ממש. משא״כ הבתים הן מרוחקים מן האדם בתכלית.

Les maisons, elles aussi, enveloppent l’homme, mais pas comme les vêtements, qui sont directement sur lui. Les maisons, en revanche, sont tout à fait éloignées de l’homme.

Explication

Une maison entoure également la personne, mais à distance : elle ne la touche pas du tout. Nous avons donc trois degrés : l’intériorité (la nourriture), l’enveloppement proche (les vêtements) et l’enveloppement distant (la maison).

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe pose la question du maamar — pourquoi l’inauguration d’une maison appelle une célébration — et présente l’analogie en trois termes de la nourriture, des vêtements et des maisons, correspondant à l’intériorité, à l’enveloppement proche et à l’enveloppement lointain.

Pour aller plus loin

La distinction entre pnimi et makif (lumière intérieure et lumière enveloppante) est fondamentale dans la 'Hassidout. Le maamar la précise en trois degrés : lumière intérieure, makif et makif d’un makif, et relie le dernier au niveau le plus élevé de Kéter.

Maré mekomot

  1. 1
    מזמור שיר חנוכת · נאמר בשנת תקס״ז. ראה רשימת המאמרים בריש ס׳ תקס״ז הע׳ *25. הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסידור יט, ד. ועוד הנחה בס׳ הנחות הר״פ ע׳ עט. וראה הוספות להערות וציונים שם. חלק מהמאמר נדפס ג״כ שם ע׳ פא ומתחיל: אנא אוקיר.
  2. 2
  3. 3
    ולבושין הם מקיפים . . בתים הם ג״כ מקיפים · ראה בסה״מ תש״ד ע׳ 113 ואילך.

2והנה אנו רואים שהמזון נקנה יותר בזול מן הלבושים ולבושים יותר בזול מן הבתים. ולכאורה היה נצרך להיות בהפך שהמזון הוא פנימי וחיות לו

Or, nous constatons que la nourriture s’achète moins cher que les vêtements, et les vêtements moins cher que les maisons. À première vue, cela devrait être l’inverse, puisque la nourriture est intérieure à l’homme et constitue sa force vitale,

Explication

Une observation de la vie ordinaire : la nourriture est la moins chère des trois, les vêtements coûtent davantage et une maison plus encore. On pourrait s’attendre à l’inverse, puisque la nourriture est ce qui est le plus vital.

שנכלל ונתבטל עמו והיו לאחדים ממש וחיות נפשו שא״א לחיות כלל בלי מזון והיה נצרך להיות ביוקר מלבושים שהם אינם חיות לו רק מקיפים עליו.

qu’elle est absorbée et se fond en lui, de sorte qu’ils ne font véritablement qu’un ; elle est la vie de son âme, car il est absolument impossible de vivre sans nourriture. Elle devrait donc être plus chère que les vêtements, qui ne sont pas une force vitale pour lui, mais l’enveloppent seulement.

Explication

La nourriture devient une avec la personne et la maintient en vie ; elle devrait donc, en toute logique, être la plus précieuse. Les vêtements, qui ne font que l’entourer, devraient coûter moins cher.

וכן לבושים נגד הבתים ג״כ כמו ערך המזון לנגד הלבושים (אך הטעם ע״פ פשוט הוא מפני שהמזון אינו מתקיים הרבה שתיכף אחר שיעור עיכול המזון חוזר ונעשה רעב.

De même, les vêtements par rapport aux maisons devraient être dans le même rapport que la nourriture par rapport aux vêtements. (Mais, selon l’explication simple, c’est parce que la nourriture ne se conserve pas longtemps : dès que le temps nécessaire à sa digestion est passé, on a de nouveau faim.

Explication

La même question se pose pour les vêtements comparés aux maisons. La parenthèse donne ensuite l’explication courante : la nourriture est vite consommée, car on a de nouveau faim peu après l’avoir digérée.

משא״כ הלבושים הם מתקיימים לערך שנה ויותר והבתים הם יותר מתקיימים גם מן הלבושים ולכן הבתים דמיהם יקרים מן הלבושים מפני שהם מתקיימים יותר וכן הלבושים יקרים מן המזון כנ״ל).

Les vêtements, en revanche, durent environ un an ou davantage, et les maisons durent plus longtemps encore que les vêtements. Le prix des maisons est donc supérieur à celui des vêtements, parce qu’elles durent plus longtemps ; de même, les vêtements sont plus chers que la nourriture, comme on l’a dit.)

Explication

Les vêtements durent un an ou plus, et une maison davantage encore ; au niveau simple, le prix dépend donc de la durée. L’édition Kehot note que cette parenthèse figure dans le manuscrit des maamarim de l’Admour Hazaken.

אך באמת שרש ג׳ בחי׳ הנ״ל למעלה הבתים שרשם למעלה יותר גבוהים מן הלבושים והלבושים מן המזון כנודע שכל שנפל למטה במדרגה שרשו מבחי׳ ומדרגה יותר גבוה.

Mais, en vérité, quant à la racine supérieure des trois niveaux mentionnés plus haut, les maisons ont une racine plus élevée que les vêtements, et les vêtements que la nourriture. Car on sait que tout ce qui est descendu à un niveau inférieur a sa racine dans un niveau et un degré plus élevés.

Explication

La raison profonde est que plus la racine spirituelle d’une chose est élevée, plus bas elle descend. Les maisons ont la racine la plus élevée ; celle des vêtements est plus élevée que celle de la nourriture. C’est pourquoi elles sont plus chères et durent plus longtemps.

Le paragraphe 2 en bref

À partir des prix et de la durée de vie des objets, le paragraphe énonce le principe qui guidera le maamar : ce qui descend plus bas dans sa forme matérielle a une racine spirituelle plus élevée. Les maisons sont donc enracinées au-dessus des vêtements, et les vêtements au-dessus de la nourriture.

Pour aller plus loin

Le principe selon lequel « tout ce qui est descendu plus bas a une racine plus élevée » est courant dans la 'Hassidout. Il expliquera pourquoi la pierre — le niveau le plus bas, le règne minéral — et Mal'hout, la dernière Séfira, sont liés à la source la plus élevée.

Maré mekomot

  1. 1
    [אך הטעם . . מן המזון כנ״ל] · מוסגר זה נמצא בכת״י מאמרי אדה״ז.

Trois niveaux dans le divin ¶3–5

3והענין כי הנה ג׳ מדרגות הללו יש בבחי׳ עולם שנה נפש בבריאת העולמות וגם בתורה ומצות כי

L’explication est que ces trois niveaux se retrouvent dans les dimensions du Monde, de l’Année et de l’Âme, dans la création des mondes, ainsi que dans la Torah et les mitsvot. Car

Explication

Ces trois niveaux apparaissent dans les trois dimensions de l’existence nommées par le Séfer Yetsira : le Monde (l’espace), l’Année (le temps) et l’Âme (la personne), ainsi que dans la Torah et les mitsvot.

הנה נודע שיש בחי׳ ממכ״ע ובחי׳ סוכ״ע ממכ״ע הוא כח הפועל בנפעל שבחי׳ מל׳ דאצילות מחיה עולמות בי״ע אזי מתלבשת ממש בבי״ע בבחי׳ פנימיות וחיות

on sait qu’il existe le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). La lumière qui remplit tous les mondes est la puissance de l’Artisan à l’intérieur de l’objet créé : lorsque le niveau de Mal'hout d’Atsilout donne vie aux mondes de Béria, Yetsira et Assiya, elle s’y revêt alors réellement comme intériorité et force vitale,

Explication

Memalé kol almin, la lumière qui remplit tous les mondes, agit comme la puissance de l’artisan présente à l’intérieur de ce qu’il fabrique. Mal'hout, dernière Séfira d’Atsilout, pénètre dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya et devient leur vie intérieure.

כמו הנפש המחיה את הגוף בכל פרטי אופני הגוף כח הראיה שמיעה ריח דיבור בראש וידים והלב והכרס והקיבה והרגלים כפי סדר ההשתלשלות

comme l’âme qui vivifie le corps selon les modalités particulières de celui-ci : les facultés de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et de la parole dans la tête, ainsi que les mains, le cœur, le ventre, l’estomac et les pieds, selon l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).

Explication

L’analogie est celle de l’âme dans le corps : une seule âme donne à chaque organe sa faculté propre, la vue à l’œil, l’ouïe à l’oreille, et ainsi de suite, chacun selon sa place.

וכמו כן למעלה בחי׳ מל׳ דאצילות שמתלבשת בבי״ע להחיות העולמות הוא ג״כ בבחינת פנימיות החיות בכל פרטי ההשתלשלות

De même, en haut, le niveau de Mal'hout d’Atsilout qui se revêt dans Béria, Yetsira et Assiya pour donner vie aux mondes agit lui aussi comme une force vitale intérieure, dans tous les détails de l’enchaînement descendant des mondes.

Explication

De même, Mal'hout d’Atsilout donne vie de l’intérieur à chaque détail des mondes inférieurs, en s’adaptant à chacun. Cette vie intérieure, différenciée selon les détails, correspond à la nourriture.

וזהו כבוד מלכותך יאמרו וגבורתך ידברו להודיע כו׳ גבורותיו שנקראו גבורות וצמצומים להתהוות עולמות נפרדים בהתחלקות לכמה פרטים עד אין קץ.

C’est le sens de : « Ils proclameront la gloire de Ton royaume et parleront de Ta puissance, afin de faire connaître… Ses actes puissants. » Ses actes puissants sont ce que l’on appelle des guevourot et des contractions, afin que des mondes distincts soient créés, divisés en un nombre infini de détails.

Explication

Le verset parle de « Ton royaume » (Mal'hout) et de « Ta puissance » (les guevourot) : c’est par les contractions et les limitations que la vie divine unique se divise en une multitude infinie de créatures distinctes.

Le paragraphe 3 en bref

Le paragraphe commence à appliquer l’analogie au divin : la lumière intérieure qui remplit tous les mondes, issue de Mal'hout d’Atsilout, vivifie chaque créature de l’intérieur, selon une mesure et une division. Elle correspond à la nourriture.

Pour aller plus loin

Mal'hout est associée aux guevourot et aux contractions, car le règne d’un roi suppose des sujets distincts et séparés. La division en une infinité de détails caractérise cette lumière intérieure et limitée.

Maré mekomot

  1. 1
    בבחי׳ עולם שנה נפש · ס״י פ״ג, מ״ג ואילך.
  2. 2
    כבוד מלכותך יאמרו גו׳ להודיע גו׳ · Psalms 145:11
  3. 3
    כבוד מלכותך יאמרו וגבורתך ידברו להודיע כו׳ גבורותיו · Psalms 145:11–12

4ולכן נקרא ממכ״ע שהוא בבחי׳ חיות פנימי כח הפועל בנפעל כו׳. ובחי׳ סוכ״ע הוא שאינו מתלבש בתוך עלמין כלל בבחינת פנימי

C’est pourquoi elle est appelée la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), car elle agit comme une force vitale intérieure, comme la puissance de l’Artisan dans l’objet créé, etc. Le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), lui, ne se revêt nullement à l’intérieur des mondes comme intériorité,

Explication

Parce que Mal'hout vivifie chaque créature de l’intérieur, comme l’âme dans le corps, elle est appelée la lumière qui « remplit » tous les mondes. L’autre type de lumière divine, celle qui « entoure » tous les mondes, ne pénètre jamais en eux comme leur vie intérieure.

רק סובב ומקיף עליהם כמ״ש בסש״ב להחיותן שעיקר החיות הוא בבחי׳ מקיף שלמעלה מי״ס דאצילות שהם מתלבשים בתוך י״ס דבי״ע חסד דאצילות בחסד דבריאה כנ״ל ונקר א כתר עליון

mais les entoure et les enveloppe seulement, comme il est écrit dans le Séfer Chel Beinonim, pour leur donner vie. Car la force vitale principale provient du niveau de la lumière enveloppante, qui est au-dessus des dix Séfirot d’Atsilout ; celles-ci se revêtent dans les dix Séfirot de Béria, Yetsira et Assiya — 'Hessed d’Atsilout dans 'Hessed de Béria, comme on l’a dit — et ce niveau est appelé Kéter Elyon (la Couronne suprême).

Explication

Le Séfer Chel Beinonim est le Tanya. L’Admour Hazaken ajoute que la vie principale des mondes provient en réalité de la lumière enveloppante, au-dessus des dix Séfirot d’Atsilout. Les Séfirot elles-mêmes descendent de niveau en niveau, chacune dans son équivalent inférieur ('Hessed d’Atsilout dans 'Hessed de Béria). Cette source supérieure qui les entoure est appelée Kéter Elyon, la Couronne suprême.

(וזהו כל אשר חפץ ה׳ עשה שעיקר ההתהוות הוא מבחי׳ חפץ ה׳ ורצונו העליון וכמשנ״ת בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות שבכל נברא יש המשכת החיות מבחי׳ ממכ״ע וסוכ״ע ושעיקר ההתהוות הוא מבחי׳ סוכ״ע ע״ש)

(C’est le sens de : « Tout ce que D.ieu désira, Il l’a fait », car l’essentiel de la création provient du niveau du désir de D.ieu et de Sa volonté suprême. Comme il est expliqué dans l’Explication sur « Qu’ils apportent un vêtement royal », chaque créature reçoit une extension de force vitale du niveau de memalé kol almin et de sovev kol almin, et l’essentiel de sa création provient du niveau de sovev kol almin ; voir là-bas.)

Explication

Preuve entre parenthèses : « Tout ce que D.ieu désira, Il l’a fait » situe la création dans la volonté de D.ieu, qui est Kéter, au-dessus des Séfirot. L’Explication sur « Qu’ils apportent un vêtement royal » (dans Torah Ohr) montre que chaque créature reçoit à la fois de la lumière qui remplit et de celle qui entoure, mais que son existence même provient de la lumière enveloppante.

אך יש בכתר ב׳ בחי׳ היינו בחי׳ התחתונה שבמאציל וראש וראשון לנאצלים כנודע שכתר הוא הממוצע בין המאציל לנאצלים. וכנודע שכל דבר הממוצע צריך להיות כלול משניהם וכמ״ש בע״ח (שמ״א פ״ג).

Cependant, Kéter comporte deux niveaux : le niveau inférieur de l’Émanateur et le tout premier des émanés, car on sait que Kéter est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés. On sait également que tout intermédiaire doit être composé des deux, comme il est écrit dans Etz Chaim (Sha'ar 41, chapter 3).

Explication

Kéter comporte deux aspects parce qu’il se tient entre l’Émanateur (D.ieu Lui-même) et les Séfirot émanées ; un véritable intermédiaire doit participer des deux. Son aspect supérieur est le niveau inférieur de l’Émanateur ; son aspect inférieur est le premier niveau de ce qui est émané. La référence à Etz Chaim est, selon l’édition Kehot, Sha'ar 41, chapter 3 dans l’impression de Shklov de 1800 ; dans les éditions actuelles, elle correspond à Sha'ar 42, chapter 1.

והנה ראש וראשון לנאצלים הוא הנקרא א״א שהוא מקור שממנו נמשכים התהוות עשר תיקונין י״ס דאצילות בבחי׳ השתלשלות חד אריך כו׳ משא״כ א״א עצמו הוא מקיף סוכ״ע בהשוואה אחת.

Or, le tout premier des émanés est ce que l’on appelle Arich Anpin, source d’où procède la formation des dix tikounim, les dix Séfirot d’Atsilout, selon l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes : « l’un long », etc. Arich Anpin lui-même, en revanche, est une lumière enveloppante, sovev kol almin, qui s’étend également sur tout.

Explication

L’aspect inférieur de Kéter est Arich Anpin (« Long Visage »), la source à partir de laquelle les dix Séfirot d’Atsilout se déploient dans l’ordre, comme dans les mots du Tikouné Zohar, « l’un long, l’autre court », décrivant les lignes des Séfirot. Pourtant, Arich Anpin lui-même entoure tout de manière égale, comme un vêtement qui envelopperait tout le corps.

אמנם בחי׳ התחתונה שבמאציל הוא הנקרא עתיק מלשון המעתיק הרים שאין ערוך כלל לי״ס הנאצלים ואין שייך לקרוא אף בשם מקיף שכל מקיף הוא שיש לו איזה שייכות רק נקרא מקיף דמקיף כו׳

Cependant, le niveau inférieur de l’Émanateur est appelé Atik, du terme signifiant « Celui qui déplace les montagnes » (ha-ma'tik), car il n’a absolument aucun rapport avec les dix Séfirot émanées. Il ne convient même pas de l’appeler « enveloppant », puisque toute lumière enveloppante entretient un certain rapport avec ce qu’elle enveloppe ; on l’appelle plutôt « un enveloppement d’un enveloppement », etc.

Explication

L’aspect supérieur de Kéter est Atik (« l’Ancien »), dont le nom vient d’une racine signifiant « détaché, éloigné », comme dans le verset où D.ieu déplace les montagnes. Il dépasse tellement les Séfirot que le terme « enveloppant » est même trop proche : tout ce qui enveloppe quelque chose garde avec lui un certain rapport. On l’appelle donc « makif d’un makif », un enveloppement de l’enveloppant.

וזהו כמו בית שאינו בחי׳ מקיף הסמוך וקרוב לגוף כמו הלבוש רק הוא מקיף רחוק מגוף האדם והיינו

C’est comme une maison, qui n’est pas un enveloppement proche et adjacent au corps, comme le vêtement, mais un enveloppement éloigné du corps de l’homme ; c’est-à-dire,

Explication

L’analogie revient ici : le vêtement touche le corps et correspond à Arich Anpin ; la maison entoure la personne à distance et correspond à Atik.

כמו בחי׳ מקיף למקיף (ועמ״ש סד״ה השמים כסאי בענין איזה בית אשר תבנו לי. ועמ״ש בפ׳ פנחס סד״ה צו את בנ״י כו׳ את קרבני לחמי בענין הטעם שאין הקרבנות נוהגין אלא בפני הבית ע״ש)

comme le niveau d’un enveloppement d’un enveloppement. (Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », au sujet de « Quelle maison pourriez-vous Me bâtir ? » Voir également ce qui est écrit dans la paracha Pin'has, à la fin du discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain », au sujet de la raison pour laquelle les sacrifices ne sont pratiqués qu’en présence du Temple ; voir là-bas.)

Explication

Les deux renvois traitent du Temple comme « maison » de D.ieu : le verset « Quelle maison pourriez-vous Me bâtir ? » et la règle selon laquelle les sacrifices ne s’appliquent qu’en présence du Temple. Ces deux sujets concordent avec l’idée que la maison tire sa racine du niveau le plus transcendant.

והנה נגד ג׳ בחינות הנ״ל נשתלשלו למטה ג׳ בחי׳ מזון ולבושים והיכלות וכל דבר היותר גבוה ירידתו והתלבשותו למטה ביותר.

Or, correspondant aux trois niveaux mentionnés plus haut, trois niveaux sont descendus en bas : la nourriture, les vêtements et les demeures. Plus une chose est élevée, plus bas elle descend et se revêt en bas.

Explication

Les trois niveaux supérieurs — la lumière intérieure, Arich Anpin et Atik — se manifestent donc en bas sous la forme de la nourriture, des vêtements et des maisons. Selon le principe déjà énoncé, plus la source est élevée, plus son expression devient basse et matérielle.

והנה מזון שהוא חיות פנימי נמשך מבחי׳ ממכ״ע ולכן יש כמה טעמים וכמה גוונין כמו מר מתוק כו׳

La nourriture, qui est une force vitale intérieure, est issue du niveau de memalé kol almin ; c’est pourquoi il existe de nombreuses saveurs et variétés, comme l’amer, le doux, etc.,

Explication

La nourriture provient de la lumière intérieure qui remplit tous les mondes, lumière différenciée et particulière. C’est pourquoi il existe tant de goûts et de sortes d’aliments : amer, doux, etc.

ורבוי התחלקות פרטי המאכלים היינו שכל התכללות הי״ס חסד שבחסד גבורה שבגבורה כו׳ ולכן המזון יש לו כליון מאור פנימי המלובש ומוגבל בכלים כו׳

et la grande diversité des aliments particuliers correspond à l’inclusion réciproque de l’ensemble des dix Séfirot : 'Hessed de 'Hessed, Guevoura de Guevoura, etc. La nourriture est donc sujette à se consumer, car elle provient de la lumière intérieure revêtue et limitée dans des réceptacles, etc.

Explication

La diversité des aliments reflète la manière dont chaque Séfira contient toutes les autres — la bonté dans la bonté, la retenue dans la retenue, et ainsi de suite. Et parce que cette lumière est contenue dans des « réceptacles » qui la limitent, la nourriture est finie et se consume.

(ועמ״ש בד״ה המגיד מראשית אחרית בענין שארה כסותה כו׳ דבחי׳ שארה שהוא המזון נמשך משם אלקים דהיינו מבחי׳ הכלים כו׳ ע״ש)

(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Celui qui annonce dès le commencement la fin », au sujet de « sa nourriture, son vêtement », etc. : le niveau de « sa nourriture », c’est-à-dire la nourriture, provient du Nom Elokim, autrement dit du niveau des réceptacles, etc. ; voir là-bas.)

Explication

Le verset relatif aux obligations du mari envers son épouse — « sa nourriture, son vêtement et ses droits conjugaux » — est interprété ailleurs comme indiquant que la nourriture provient du Nom Elokim, le Nom de la limitation, c’est-à-dire des réceptacles plutôt que des lumières.

ולכן הם למטה מתאחדים לאחדים עם האדם בחיות פנימי לפי ששרשו בבחי׳ ממלא כל עלמין כח הפועל כו׳.

C’est pourquoi, en bas, la nourriture s’unit à l’homme et ne fait qu’un avec lui comme force vitale intérieure, car sa racine se trouve dans le niveau de memalé kol almin, la puissance de l’Artisan, etc.

Explication

C’est pourquoi la nourriture devient une avec la personne : elle a sa racine dans la lumière intérieure qui pénètre et vivifie de l’intérieur.

ולכן הם יותר בזול ואינם הכרחים כ״כ במיני מטעמים שאפשר בפת חריבה כו׳. שיכולים לחיות מפת במלח

C’est pourquoi elle est moins chère et qu’il n’est pas indispensable d’avoir différentes sortes de mets délicats : on peut se contenter de pain sec, etc., car on peut vivre de pain avec du sel,

Explication

La nourriture est moins chère parce que sa variété n’est pas indispensable : on peut survivre avec du pain et du sel, comme le décrit la Michna dans Avot à propos de la vie consacrée à l’étude de la Torah. Selon la note de Kehot (qui cite Likkutei Si'hot), « pas si indispensable » se rapporte seulement aux mets raffinés, non à la nourriture en tant que telle.

וגם יכולים לאכול מיני מטעמים מפני ששרשו מבחי׳ כח הפועל כו׳ שהוא מבחי׳ גבול וכלי שמוגבל בכלי

et l’on peut aussi manger différentes sortes de mets délicats, car sa racine provient du niveau de la puissance de l’Artisan, etc., qui est du côté de la limite et du réceptacle, limité dans un réceptacle ;

Explication

Sa grande variété, du simple pain aux mets délicats, reflète à nouveau sa racine dans la puissance limitée et différenciée qui agit à l’intérieur des choses.

ולכן גם במזון הוא כן משא״כ הלבושים שרשם למעלה הוא מבחי׳ כתר ראש לנאצלים בחי׳ מקיף

c’est ainsi pour la nourriture également. Les vêtements, en revanche, ont leur racine en haut dans le niveau de Kéter, la tête des émanés, le niveau d’une lumière enveloppante ;

Explication

Les vêtements, en revanche, proviennent de Kéter dans son rôle de « tête des émanés », c’est-à-dire d’Arich Anpin, une lumière enveloppante.

ולכן הם למטה ג״כ מקיפים על האדם ולא בחיות פנימי ונצרכים יותר לאדם כי א״א בחורף בלי מלבוש כו׳ וכן בקיף כו׳

c’est pourquoi, en bas aussi, ils enveloppent l’homme et ne sont pas une force vitale intérieure ; ils lui sont davantage nécessaires, car il est impossible de passer l’hiver sans vêtements, etc., et de même en été, etc. ;

Explication

Les vêtements entourent donc le corps et sont, en un sens, davantage nécessaires : on ne peut s’en passer en hiver, ni en été. Le texte imprimé porte « בקיף », qui devrait apparemment être « בקיץ » (été) ; la note de Kehot cite la phrase sous la forme « וכן בקיץ ».

ולכן הם יותר ביוקר ומתקיים יותר לפי ששרשו למעלה גבוה יותר ממזון כנ״ל שהוא מאור המוגבל בכלים משא״כ לבושים שרשם מבחי׳ סובב שאינו מוגבל בכלים

c’est pourquoi ils sont plus chers et durent plus longtemps, car leur racine supérieure est plus élevée que celle de la nourriture, laquelle, comme on l’a dit, provient d’une lumière limitée dans des réceptacles, tandis que les vêtements ont leur racine dans le niveau de sovev, qui n’est pas limité dans des réceptacles ;

Explication

Les vêtements coûtent plus cher et durent plus longtemps que la nourriture, car leur racine, la lumière enveloppante, n’est pas contenue dans des réceptacles.

ולכן אין לו כליון כ״כ [וע מ״ש בביאור ע״פ באתי לגני בענין אריתי מורי שעד״ז הוא ג״כ ההפרש בין טעם לריח ע״ש וז״ש ריח בגדיו

ils sont donc moins sujets à se consumer. [Voir aussi ce qui est écrit dans l’Explication sur « Je suis venu dans Mon jardin », au sujet de « J’ai recueilli ma myrrhe » : la différence entre le goût et l’odeur relève également de cette distinction ; voir là-bas. C’est le sens de « l’odeur de ses vêtements »,

Explication

Parce qu’ils ne sont pas soumis à une limitation, les vêtements ne s’usent pas aussi vite. La remarque entre crochets ajoute que la même distinction existe entre le goût — intérieur, comme la nourriture — et l’odeur, davantage enveloppante, comme les vêtements ; le discours sur « Je suis venu dans Mon jardin » l’explique et la relie à l’odeur des vêtements d’Its’hak.

וזהו גם כן ענין בריחא דלבושייכו בזהר פ׳ בלק דקפ״ו ע״א] ובתים שהם רחוקים יותר מגוף האדם שרשם למעלה הוא מבחי׳ תחתונה שבמאציל שהוא בחי׳ מקיף דמקיף כנ״ל.

et c’est également le sens de « par le parfum de vos vêtements » dans le Zohar, paracha Balak, daf 186a.] Les maisons, qui sont plus éloignées du corps de l’homme, ont pour racine supérieure le niveau inférieur de l’Émanateur, qui est le niveau d’un enveloppement d’un enveloppement, comme on l’a dit.

Explication

Le Zohar parle lui aussi du parfum des vêtements. Les maisons, les plus éloignées du corps, proviennent du niveau inférieur de l’Émanateur, Atik : l’enveloppement d’un enveloppement.

Le paragraphe 4 en bref

Le paragraphe associe les trois analogies à trois niveaux divins : la nourriture à la lumière intérieure des Séfirot (memalé kol almin), les vêtements à Arich Anpin, l’aspect inférieur de Kéter, et les maisons à Atik, l’aspect supérieur de Kéter, qui dépasse même la notion d’enveloppement.

Pour aller plus loin

Les deux aspects de Kéter — Atik, niveau inférieur de l’Émanateur, et Arich Anpin, premier des émanés — appartiennent au cadre de l’Arizal ; l’Admour Hazaken s’en sert pour distinguer deux degrés de makif. La note de Kehot tirée de Likkutei Si'hot explique que la nourriture est plus vitale pour la survie, tandis que les vêtements et surtout une maison sont davantage « nécessaires » à la complétude de la personne, comme le disent les Sages : celui qui n’a pas de maison n’est pas une personne complète.

Maré mekomot

  1. 1
    כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
  2. 2
    בביאור ע״פ יביאור לבוש מל׳ · תו״א צב, ב.
  3. 3
    שו״ה בחי׳ — כנודע · ע״ל בחקותי (מו, ג). וש״נ. [כ].
  4. 4
    שמ״א פ״ג · Song of Songs 7:4
  5. 5
    חד אריך · ת״ז בהקדמה.
  6. 6
    חד אריך כו׳ · Tikkunei Zohar 17a:13–15
  7. 7
    המעתיק הרים · Job 9:5
  8. 8
    סד״ה השמים כסאי · תו״א א, ג.
  9. 9
    השמים כסאי בענין איזה בית אשר תבנו לי · Isaiah 66:1
  10. 10
    ג׳|בחי׳ מזון ולבושים והיכלות · נתבאר בלקו״ש ח״ט ע׳ 138 בהערה 31 בארוכה.
  11. 11
    בד״ה המגיד מראשית אחרית · סה״מ תקס״ח ובאוה״ת משפטים ע׳ א׳שב.
  12. 12
    המגיד מראשית אחרית · Isaiah 46:10
  13. 13
    שארה כסותה · Exodus 21:10
  14. 14
    שו״ה כל — ואינם הכרחים · Yevamot 63a:4
  15. 15
    באתי לגני בענין אריתי מורי · Song of Songs 5:1
  16. 16
    ריח בגדיו · Genesis 27:27
  17. 17
    בזהר פ׳ בלק דקפ״ו ע״א · ראה גם לעיל פ׳ שלח נא, ד. מסעי פט, ב.
  18. 18
    בריחא דלבושייכו בזהר פ׳ בלק דקפ״ו ע״א · Zohar, Balak 4:24–6:33
  19. 19
    ולכן נק׳ ממכ״ע . . כח הפועל בנפעל · ראה באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רצו שמביא תוכן הדברים מכאן.
  20. 20

5ולכן ירדה למטה במדרגה היותר תחתונה אבנים ועפר בחי׳ דומם מה שאין כן הלבושים הן מבחי׳ צומח

C’est pourquoi elle est descendue en bas au niveau le plus inférieur, celui des pierres et de la terre, le règne minéral, tandis que les vêtements relèvent du règne végétal.

Explication

Parce que la maison est enracinée dans le niveau le plus élevé, Atik, elle est faite de la matière la plus basse : la pierre et la terre, le règne minéral. Les vêtements, dont la racine est moins élevée, appartiennent au règne végétal.

ולכן הם למטה גם כן מרוחקים מגוף האדם והם יותר נצרכים לאדם גם מהלבושים כי א״א לדור בלא בית אף רגע והוא יותר ביוקר ומתקיים ביותר מפני ששרשם למעלה מעלה מבחי׳ מקיף דמקיף וד״ל:

C’est pourquoi, en bas également, ils sont éloignés du corps de l’homme ; ils lui sont même plus nécessaires que les vêtements, car il est impossible d’habiter sans maison, ne serait-ce qu’un instant. Elle est plus chère et dure le plus longtemps, car sa racine supérieure est extrêmement élevée, au niveau de l’enveloppement d’un enveloppement. Et cela suffit à qui comprend.

Explication

Une maison se tient à distance du corps, et pourtant on ne peut vivre sans elle, ne serait-ce qu’un instant ; elle coûte le plus cher et dure le plus longtemps, parce que sa racine est la plus élevée, l’enveloppement d’un enveloppement.

Le paragraphe 5 en bref

Le paragraphe achève l’analogie : la maison, enracinée dans le niveau le plus élevé, est construite avec la matière la plus basse, la pierre et la terre ; elle est aussi la plus chère et la plus durable des trois.

Pour aller plus loin

La correspondance inversée — la matière minérale provenant de la racine la plus élevée, les plantes d’une racine inférieure — prépare l’argument suivant : le Temple de pierre, et Mal'hout en tant que « pierre », puisent en Atik.

Maré mekomot

  1. 1
    כי א״א לדור בלא בית אף רגע · Yevamot 63a

Torah, mitsvot et mitsvot au-delà de la volonté ¶6–9

6ב וכן יש ג׳ בחי׳ הנ״ל בתורה ומצות כנודע דאורייתא היא בחי׳ מזון לנשמה ומצות הם לבושים לנשמה (וכמ״ש בד״ה אלה מסעי ובד״ה אני לדודי ובד״ה יונתי כו׳ ושאר דוכתי)

2. De même, les trois niveaux mentionnés plus haut se retrouvent dans la Torah et les mitsvot. On sait que la Torah est le niveau de la nourriture pour l’âme et que les mitsvot sont ses vêtements (comme il est écrit dans le discours commençant par « Voici les étapes », dans celui commençant par « Je suis à mon bien-aimé », dans celui commençant par « Ma colombe », etc., ainsi qu’en d’autres endroits).

Explication

La deuxième section applique les trois niveaux à la Torah et aux mitsvot. L’étude de la Torah est la « nourriture » de l’âme, car celle-ci absorbe ce qu’elle comprend et s’y unit ; les mitsvot sont ses « vêtements » : elles l’entourent plutôt que de pénétrer en elle. Le texte renvoie à d’autres discours où cette idée est développée.

והנה אף שלמטה בהשתלשלות המצות הם במדרגה יותר תחתונה מהתורה שהם במעשה גשמיות אעפ״כ אנו רואים שגבוהים הם יותר בשרשן

Or, bien qu’en bas, dans l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), les mitsvot soient d’un niveau inférieur à celui de la Torah, puisqu’elles consistent en des actes matériels, nous constatons néanmoins que leur racine est plus élevée.

Explication

Même paradoxe que pour la nourriture et les vêtements : les mitsvot sont des actes matériels et semblent donc inférieures à l’étude ; pourtant, selon le principe déjà exposé, ce qui descend plus bas a une racine plus élevée.

ולכן כל התורה היא פי׳ המצות הן בנגלה הן בנסתר כמו ספר הזהר וכן ארז״ל גדול תלמוד שמביא לידי מעשה וכן לא המדרד עיקר אלא המעשה כו׳ וכן ארז״ל (בכתובות דפ״ו)

Ainsi, toute la Torah est une explication des mitsvot, dans leur partie révélée comme dans leur partie cachée, telle que le livre du Zohar. Nos Sages ont dit de même : « Grande est l’étude, car elle conduit à l’action » ; et encore : « Ce n’est pas l’étude qui est l’essentiel, mais l’action », etc. Nos Sages ont également dit (dans Ketoubot 86a) :

Explication

Preuve que les mitsvot sont supérieures : toute la Torah, tant la loi révélée que la Kabbale du Zohar, sert à expliquer les mitsvot. Les Sages louent l’étude parce qu’elle conduit à l’action et déclarent que l’action, et non l’étude, est l’essentiel.

אבל במצות עשה כגון שאומרים לו עשה סוכה ואינו עושה כו׳ היו מכין אותו עד שתצא נפשו

« Mais, dans le cas des commandements positifs, par exemple si on lui dit : “Construis une soukka” et qu’il ne le fait pas, etc., on le frappait jusqu’à ce que son âme s’en aille. »

Explication

Autre preuve tirée du Talmud : un tribunal pouvait contraindre celui qui refusait d’accomplir un commandement positif, tel que construire une soukka, même par des coups sans limite. Cette contrainte montre combien l’acte est essentiel.

ואף שאמרו שמי שתורתו אומנתו כגון רשב״י וחביריו אין מפסיקין לתפלה ובירושלמי פ״ק דשבת אמרו שפי׳ לק״ש אין מפסיקין היינו דוקא לק״ש

Et bien qu’ils aient dit que celui dont la Torah est l’occupation, comme Rabbi Chimon bar Yo’haï et ses compagnons, n’interrompt pas son étude pour prier — et que, dans le Talmud de Jérusalem, au premier chapitre de Chabbat, il est dit que cela signifie qu’il n’interrompt pas pour la récitation du Chema — cela ne concerne que la récitation du Chema ;

Explication

Une objection se présente : Rabbi Chimon bar Yo’haï et ses compagnons, dont toute l’occupation était la Torah, n’interrompaient leur étude même pas pour prier. Mais le Talmud de Jérusalem limite cela à la récitation du Chema.

אבל למ״ע כמו לסוכה ולולב מחוייב להפסיק כמבואר בירושלמי שם הובא בבעל המאור פ״ק דשבת ולא מודה רשב״י שמפסיקין לעשות סוכה כו׳ טעמיה דרשב״י שזה שנון

mais pour un commandement positif, comme la soukka et le loulav, il est tenu d’interrompre, comme l’explique le Talmud de Jérusalem à cet endroit, cité par le Baal HaMaor au premier chapitre de Chabbat : « Rabbi Chimon bar Yo’haï ne reconnaît-il pas qu’on interrompt pour construire une soukka, etc. ? La raison de Rabbi Chimon bar Yo’haï est la suivante : ceci est l’étude… »

Explication

Pour un commandement qui requiert une action, comme la soukka ou le loulav, même eux interrompaient leur étude. Le Talmud de Jérusalem demande si Rabbi Chimon ne s’interromprait pas pour construire une soukka, et le Baal HaMaor — commentateur médiéval du Talmud — rapporte cette question. Selon une note de Likkutei Si'hot, la soukka et le loulav sont choisis parce qu’ils sont tous deux liés à Daat, la connaissance (« afin que vos générations sachent »).

וזה שנון אין מבטלין שנון מפני שנון וכל הנ״ל הוא שאף שלמטה בהשתלשלות הם יותר תחתונים שהמה בחי׳ לבושים מקורם ושרשם למעלה הוא יותר גבוה שהתורה

« et ceci est l’étude ; on ne suspend pas une étude au profit d’une autre étude. » Tout ce qui précède montre donc que, bien qu’en bas, dans l’enchaînement descendant des mondes, les mitsvot soient inférieures, puisqu’elles sont au niveau des vêtements, leur source et leur racine sont plus élevées. Quant à la Torah,

Explication

La raison de Rabbi Chimon pour ne pas interrompre afin de réciter le Chema est que celui-ci consiste lui aussi en une récitation de la Torah : une étude ne se suspend pas au profit d’une autre. En revanche, un acte l’emporte sur l’étude, ce qui montre que sa racine est plus élevée, bien que sa forme extérieure soit inférieure, comme celle d’un « vêtement ».

שהיא בחי׳ מזון שרשו מבחי׳ פנימית י״ס דאצילות אורייתא מחכמה נפקת כו׳ ולכן לימוד התורה אין לה שיעור

qui est au niveau de la nourriture, elle a sa racine dans la dimension intérieure (pnimiyout) des dix Séfirot d’Atsilout : « La Torah procède de 'Hokhma », etc. C’est pourquoi l’étude de la Torah n’a pas de mesure fixe,

Explication

La Torah, « nourriture » de l’âme, provient de 'Hokhma (sagesse), la dimension intérieure des Séfirot, comme le dit le Zohar : « La Torah procède de 'Hokhma. » Comme la nourriture, elle n’a donc pas de quantité fixe.

כי גם בפרק אחד שחרית ופרק אחד ערבית יצא ידי חובת ת״ת וגם והגית בו יומם ולילה

car même un chapitre le matin et un chapitre le soir suffisent pour s’acquitter de l’obligation d’étudier la Torah, et pourtant il est aussi dit : « Tu la méditeras jour et nuit. »

Explication

Le Talmud enseigne qu’un chapitre le matin et un autre le soir suffisent à s’acquitter de l’obligation d’étude de la Torah ; pourtant, le verset nous demande de la méditer jour et nuit. Cette amplitude, du minimum à une étude sans limite, correspond à la nourriture.

והיינו שהוא בחי׳ מזון שדי לו בפת חריבה וגם יכול לאכול מיני מטעמים ששרשם ומקורם הוא מבחינת ממלא

C’est-à-dire qu’elle est au niveau de la nourriture : le pain sec suffit, mais on peut aussi consommer différentes sortes de mets délicats, car leur racine et leur source proviennent du niveau de memalé,

Explication

Comme on peut vivre de pain sec ou savourer des mets délicats, l’étude de la Torah peut être minimale ou très vaste ; sa racine est dans la lumière intérieure qui remplit les mondes (memalé), différenciée en de multiples détails.

אבל המצות הם מבחינת מקיף העליון בחי׳ כתר אחד כו׳ שהוא למעלה מהחכמה דאצילות ולכן נעשים לבושים לנשמה כנ״ל בלבושים.

tandis que les mitsvot proviennent du niveau de la lumière enveloppante suprême, le niveau de Kéter, « un », etc., qui est au-dessus de 'Hokhma d’Atsilout. C’est pourquoi elles deviennent des vêtements pour l’âme, comme on l’a dit plus haut au sujet des vêtements.

Explication

Les mitsvot proviennent de Kéter, la lumière enveloppante au-dessus de 'Hokhma. C’est pourquoi elles sont des vêtements pour l’âme : elles l’enveloppent de la volonté de D.ieu, qui dépasse l’intellect. Le texte ne développe pas l’expression abrégée « un, etc. ».

Le paragraphe 6 en bref

Le paragraphe applique l’analogie à la Torah et aux mitsvot : la Torah, issue de 'Hokhma, est la nourriture de l’âme ; les mitsvot, issues de Kéter, sont ses vêtements. Leur forme est inférieure, mais leur racine est plus élevée, comme le montre la priorité halakhique de l’action sur l’étude.

Pour aller plus loin

La suite distinguera deux degrés parmi les mitsvot elles-mêmes, correspondant aux deux niveaux de Kéter : Arich Anpin et Atik.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה אלה מסעי · Numbers 33:1
  2. 2
    גדול תלמוד שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8–9
  3. 3
    לא המדרד עיקר אלא המעשה · Pirkei Avot 1:17
  4. 4
  5. 5
    מי שתורתו אומנתו כגון רשב״י וחביריו אין מפסיקין לתפלה · Shabbat 11a:8
  6. 6
    ובירוש׳ פ״ק דשבת · ה״ב.
  7. 7
    שו״ה למ״ע — לסוכה ולולב · הטעם שתפס ב׳ מצות אלו י״ל כי במצות אלו תוכנם וענינם הו״ע הדעת: בסוכה נאמר (אמור כג, מג) ”למען ידעו דורתיכם כי בסוכות” (ולכן הכוונה במצות סוכה היא לא רק כוונת המצוה אלא גם החלק מקיום המצוה כתיקונה*. — ראה ב״ח או״ח ר״ס תרכ״ה שו״ע אדה״ז שם): ו”לולב ומיניו הוא המשכת הדעת כו׳”. *)ֿאף שכ״ה גם בתפילין וציצית כבב״ח שם, הרי בהנ״ל הוא כפי שנאמר ”למען תזכרו גו׳”, ”למען תהי׳ תורת ה׳ בפיך” ולא כבסוכה למען ידעו גו׳” — לקו״ש חט״ו ע׳ 261.
  8. 8
    ולא מודה רשב״י שמפסיקין כו׳ טעמי׳ דרשב״י שזה שנון כו׳ · ירושלמי שבת פ״א סוף ה״א.
  9. 9
    אורייתא מחכמה נפקת · זח״ב (סב, א. פה, א). זח״ג (קפב, א). וע׳ זח״א (קנו, ב). [כ].
  10. 10
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Beshalach 28:377–388
  11. 11
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  12. 12
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Chukat 6:43–9:54
  13. 13
    גם בפרק אחד שחרית ופ״א ערבית יצא ידי חובת ת״ת · Menachot 99b:16–17
  14. 14
    והגית בו יומם ולילה · Joshua 1:8
  15. 15
    לא המדרש עיקר אלא המעשה · אבות פ״א, מי״ז.
  16. 16

7והנה כמו שבכתר עליון הממוצע בין מאציל לנאצלים יש בו שני בחי׳ כנ״ל מקיף ומקיף דמקיף כנ״ל כך המצות יש ב׳ מיני מצות הא׳ סתם כל המצות שהם ברצונו של אדם לעשותם

Or, de même que dans Kéter Elyon, l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés, il existe deux niveaux, comme indiqué plus haut — un englobant et un englobant de l’englobant —, de même, il existe deux sortes de mitsvot. La première comprend les mitsvot ordinaires, toutes celles qu’une personne accomplit parce qu’elle le veut,

Explication

Kéter comporte deux niveaux : l’englobant (Arich Anpin) et l’englobant de l’englobant (Atik). De même, il existe deux sortes de mitsvot. La première, qui comprend la plupart des mitsvot, est accomplie selon la volonté et la décision propres de la personne.

כמו סוכה ולולב וכה״ג ויש מצות שהם אינם תלוים ברצונו כלל רק דוקא שלא בדעתו כמו מצות שכחה וכה״ג.

telles que la soucca, le loulav et autres mitsvot semblables. Il existe aussi des mitsvot qui ne dépendent absolument pas de sa volonté, mais surviennent précisément à son insu, comme la mitsva de la gerbe oubliée et autres mitsvot semblables.

Explication

La seconde sorte ne peut pas être accomplie par choix : elle ne survient que sans que l’on en ait conscience. Le cas classique est celui de la chikh’ha : une gerbe oubliée dans le champ doit être laissée aux pauvres, et l’on ne peut accomplir cette mitsva qu’en l’oubliant réellement.

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe distingue deux sortes de mitsvot : celles qui sont accomplies volontairement et celles qui ne surviennent qu’à l’insu de la personne. Elles correspondent aux deux niveaux de Kéter.

Pour aller plus loin

La note de Kehot renvoie à Sha’arei Kedouchah, qui classe les mitsvot selon la manière dont elles se présentent à une personne. Le dernier groupe comprend celles qu’on ne peut rechercher soi-même : il faut que le Saint béni soit-Il les fasse venir à elle.

Maré mekomot

  1. 1
    יש ב׳ מיני מצות · ראה אוה״ת פנחס ע׳ א׳סג.
  2. 2
    כמו מצות שכחה וכה״ג · ראה בשערי קדושה להרח״ו שער ד׳ בתחלתו שמחלק המצות לה׳ חלקים: א׳, מצות הנוהגות בזמן התפלה בכל ימי החול. ב׳, מצות התלויות בזמן. ג׳, מצות האפשריות להזדמן ליד האדם. ד׳, מצות שצריך האדם לחפש אחריהן לקיימן. ה׳, מצות שאין ביד האדם לחפש אחריהן אא״כ יזמינם הקב״ה, וראה בסה״מ תרס״ח בסופו בהוספה ג׳ (הגהות על שעה״ק להרח״ו) ע׳ רמז (בהוצאת תשמ״ט).

8וכמו שמצינו בתוספתא פ״ג דפאה מעשה בחסיד א׳ ששכח עומר בתוך שדהו ואמר לבנו צא והקריב עלי פר לעולה ופר לשלמים אמר לו אבא מה

Ainsi trouvons-nous dans la Tosefta, chapitre 3 de Pe’ah : Il arriva qu’un homme pieux oublia une gerbe au milieu de son champ et dit à son fils : « Va offrir en mon nom un taureau en holocauste et un taureau en sacrifice de paix. » Celui-ci lui demanda : « Père, qu’as-tu

Explication

La Tosefta raconte qu’un homme pieux, découvrant qu’il avait oublié une gerbe dans son champ, célébra l’événement en offrant deux taureaux, l’un en holocauste et l’autre en sacrifice de paix.

ראית לשמוח בשמחת מצוה זו מכל מצות שבתורה אמר לו כל מצות שבתורה נתן להם המקום לדעתנו זו שלא לדעתנו שאלו עשינוהו ברצון לפני המקום לא באת מצוה זו לידינו

vu pour te réjouir de la joie de cette mitsva davantage que de toutes les mitsvot de la Torah ? » Il lui répondit : « Pour toutes les mitsvot de la Torah, le Maître du monde nous a donné la possibilité de les accomplir en connaissance de cause ; celle-ci, nous l’accomplissons sans le savoir. Car si nous l’avions faite volontairement devant le Maître du monde, cette mitsva ne nous serait pas échue.

Explication

Son fils lui demande pourquoi cette mitsva méritait davantage de réjouissance que toutes les autres. Le père répond que toute autre mitsva est confiée à notre choix conscient ; celle-ci ne peut survenir qu’involontairement. C’est donc une mitsva que nous n’aurions jamais pu organiser nous-mêmes.

אלא הרי הוא אומר כי תקצור וגו׳ קבע לו הכתוב ברכה עכ״ל התוספתא ור״ל שא״כ קיום מצוה זו היא בחי׳ מתנה מלמעלה לכן אני מקריב פר.

Au contraire, il est dit : “Lorsque tu feras la moisson”, etc. ; l’Écriture lui a réservé une bénédiction. » Fin de citation de la Tosefta. Il voulait dire que, si tel est le cas, l’accomplissement de cette mitsva est un don d’en haut ; c’est pourquoi j’offre un taureau.

Explication

La Torah lui associe une bénédiction (« afin que D.ieu, ton D.ieu, te bénisse »). L’Admour Hazaken explique ce que voulait dire le père : une telle mitsva est un don d’en haut, et c’est pourquoi il offrit un taureau en signe de reconnaissance.

Le paragraphe 8 en bref

Le récit de la Tosefta montre la joie particulière que suscite une mitsva qui survient à l’insu de la personne : c’est un don d’en haut, dont la source dépasse la volonté humaine.

Maré mekomot

  1. 1
    פ״ג דפאה · (הי״ג). [כ].
  2. 2
    בתוספתא פ״ג דפאה מעשה בחסיד א׳ ששכח עומר בתוך שדהו · Tosefta Peah 3:13
  3. 3
    כי תקצור וגו׳ · Deuteronomy 24:19

9והיינו שהמצות שהם תלוים בדעתו ורצונו של אדם שרשם למעלה ג״כ בכתר מבחי׳ א״א שהוא בחי׳ רצון העליון שהוא שרש הנאצלים אנת הוא דאפיקת כו׳

Cela signifie que les mitsvot qui dépendent de la connaissance et de la volonté d’une personne ont également leur racine en haut, dans Kéter, au niveau d’Arich Anpin, qui est le niveau de la volonté suprême, la racine des émanés : « Tu es Celui qui a fait surgir », etc.

Explication

Les mitsvot accomplies par choix conscient proviennent d’Arich Anpin, le niveau inférieur de Kéter. Arich Anpin est la volonté suprême, la source d’où émanent les Séfirot, comme le dit le Tikkunei Zohar : « Tu es Celui qui a fait surgir [les dix Séfirot]. »

ולכן הם למטה ג״כ תלויים ברצונו ובעשותם ממשיך מבחי׳ רצון העליון וזהו אשר קדשנו במצותיו ויכול לעשותם בשמחה גדולה שממשיך בחי׳ רצון העליון בבחי׳ מקיף עליו משא״כ המצות שהם דייקא שלא מדעת ורצון

C’est pourquoi, ici-bas aussi, elles dépendent de sa volonté ; en les accomplissant, il attire l’influx du niveau de la volonté suprême. Tel est le sens de : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements. » Il peut les accomplir avec une grande joie, car il attire sur lui le niveau de la volonté suprême sous la forme d’une lumière englobante. Il n’en va pas ainsi des mitsvot qui s’accomplissent précisément sans connaissance ni volonté,

Explication

Puisqu’elles proviennent de la volonté de D.ieu, ces mitsvot sont accomplies selon la volonté de la personne ; leur accomplissement attire cette volonté sur elle comme un vêtement enveloppant. Voilà pourquoi la bénédiction dit : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », et pourquoi elles peuvent être accomplies avec une grande joie. Les mitsvot qui surviennent sans volonté personnelle sont différentes.

כמו מצות שכחה הנ״ל שרשה מבחי׳ תחתונה שבמאציל שהוא למעלה מן הרצון ונקרא מקיף דמקיף

telles que la mitsva de la gerbe oubliée mentionnée plus haut : sa racine se trouve dans le niveau inférieur de l’Émanateur, qui est au-dessus de la volonté et est appelé l’englobant de l’englobant,

Explication

Une mitsva telle que la gerbe oubliée provient d’Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur, qui se situe entièrement au-dessus de la volonté : c’est « l’englobant de l’englobant », la demeure de l’analogie.

(ואפשר זהו בחי׳ רעוא דכל רעוין דהיינו רצון לרצון כו׳) ולכן הוא למטה ג״כ למעלה מן הדעת ורצון האדם.

(et il se peut que ce soit le niveau de « la Volonté de toutes les volontés », c’est-à-dire une volonté à l’égard de la volonté, etc.) ; c’est pourquoi, ici-bas aussi, elle dépasse la connaissance et la volonté de la personne.

Explication

L’Admour Hazaken avance avec prudence (« il se peut ») qu’il s’agit de « la Volonté de toutes les volontés », la source de la volonté elle-même. Puisque sa racine dépasse la volonté, une telle mitsva ne peut survenir qu’en contournant la connaissance et la volonté de la personne.

וכה״ג מצינו כמה מצות שהם דוקא שלא מרצון כמו ר״ש בן שטח שברח למצרים על שרצו למנותו נשיא ולא היה ברצונו לקבל בחי׳ הנשיאות וברח כו׳

Nous trouvons également plusieurs mitsvot qui s’accomplissent précisément contre la volonté, comme dans le cas de Rabbi Chim’on ben Chéta’h, qui s’enfuit en Égypte parce qu’on voulait le nommer Nassi ; il ne voulait pas accepter cette fonction de Nassi et s’enfuit, etc. ;

Explication

Un autre exemple : un sage qui s’enfuit pour éviter d’être nommé Nassi, chef du Sanhédrin. Le Talmud de Jérusalem raconte cette histoire à propos de Yehouda ben Tabaï ; la note du Rabbi sur ce passage relève que Likkutei Torah nomme Chim’on ben Chéta’h et laisse la question à l’étude, suggérant qu’il se peut que le texte suive l’opinion selon laquelle Chim’on ben Chéta’h était le Nassi.

ורדפו אחריו ונעשה נשיא ואם לא היה בורח והיה ברצונו לקבל הנשיאות לא היו ממנים אותו להיות נשיא

on le poursuivit et il devint Nassi. S’il ne s’était pas enfui, et s’il avait voulu accepter la fonction de Nassi, on ne l’aurait pas nommé Nassi,

Explication

C’est précisément sa fuite qui fit de lui le Nassi : s’il avait désiré cette fonction, elle ne lui aurait pas été confiée.

כי כל הרודף אחר הכבוד כו׳ והיינו שמצוה הזאת היא גם כן שרשה מבחי׳ מקיף דמקיף למעלה כנ״ל

car quiconque poursuit les honneurs, etc. Cela signifie que cette mitsva aussi a sa racine en haut, dans le niveau de l’englobant de l’englobant, comme indiqué plus haut.

Explication

Comme le dit le Talmud, les honneurs fuient celui qui les poursuit et poursuivent celui qui les fuit. Accepter une responsabilité de cette manière constitue une mitsva qui va à l’encontre de sa volonté ; elle aussi a donc sa racine dans l’englobant de l’englobant.

(ועמ״ש בד״ה צאינה וראינה בענין נעשה ונשמע שבחי׳ נעשה זהו ביטול רצון לגמרי למעלה מהדעת והשכל ואפשר זהו בחי׳ הנמשך מרעוא דכל רעוין שהוא בחי׳ הנ״ל

(Voir aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Allez et voyez », à propos de « Nous ferons et nous entendrons » : le niveau de « nous ferons » est une annulation totale de la volonté, au-dessus de la connaissance et de l’intellect ; il se peut que ce soit le niveau qui découle de « la Volonté de toutes les volontés », qui est le niveau mentionné plus haut.

Explication

La parenthèse renvoie à un maamar sur « Allez et voyez » (dans Likkutei Torah, Shir HaShirim), consacré aux paroles d’Israël au Sinaï : « Nous ferons et nous entendrons. » « Nous ferons » signifie s’engager avant de comprendre, mettre entièrement de côté sa propre volonté, au-delà de l’intellect ; il se peut que ce soit là ce qui attire l’influx de « la Volonté de toutes les volontés ».

ולכן קשרו להן ב׳ כתרים אחד כנגד נעשה ואחד כנגד נשמע היינו ב׳ בחי׳ שבכתר עליון שהם בחי׳ מקיף הנמשך ע״י נשמע ובחי׳ מקיף למקיף הנמשך ע״י נעשה שהוא בטול הרצון שמבטל דעתו ורצונו לגמרי.

C’est pourquoi on leur attacha deux couronnes, l’une correspondant à « nous ferons » et l’autre à « nous entendrons » : il s’agit des deux niveaux de Kéter Elyon, le niveau de l’englobant attiré par « nous entendrons » et celui de l’englobant de l’englobant attiré par « nous ferons », qui est l’annulation de la volonté, par laquelle on met entièrement de côté sa connaissance et sa volonté.

Explication

Le Talmud dit que lorsque Israël déclara « Nous ferons et nous entendrons », les anges attachèrent deux couronnes à chacun. Ces deux couronnes sont les deux niveaux de Kéter : « nous entendrons » (comprendre et accepter) attire la lumière englobante d’Arich Anpin ; « nous ferons » (se soumettre au-delà de la compréhension) attire l’englobant de l’englobant, Atik.

וע״כ הקדימו נעשה לנשמע. כי כן בחי׳ עתיק הוא מבחי׳ א״ס קדמון לכל הקדומים וממנו נמשך בחי׳ א״א ועד״ז הוא משארז״ל רפ״ו דברכות כמ״ש ואספת דגנך מיירי

C’est pourquoi ils firent précéder « nous ferons » à « nous entendrons ». En effet, le niveau d’Atik relève de l’Ein Sof, antérieur à tout ce qui est antérieur ; de lui découle le niveau d’Arich Anpin. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre ce que nos Sages ont dit au début du chapitre 6 de Berachos, à savoir que [le verset] « et tu recueilleras ton blé » parle

Explication

« Nous ferons » vient en premier parce qu’Atik, qui provient directement de l’Infini, précède Arich Anpin. La même idée explique un passage de Berachos 35b, où il est dit que le verset « tu recueilleras ton blé », qui évoque le travail pour gagner sa vie, concerne ceux qui ne font pas la volonté de D.ieu.

כשאין עושין רצונו של מקום אע״פ דקאי על והיה אם שמוע תשמעו אל מצותי כו׳ כי פי׳ עושין רצונו להמשיך בחינת הרצון מבחי׳ רעוא דכל רעוין וזהו ע״י בכל מאדך שהוא ביטול רצון למעלה מהדעת.

de ceux qui ne font pas la volonté du Maître du monde, bien que ce verset fasse partie du passage : « Et il arrivera, si vous écoutez attentivement Mes commandements », etc. Car « faire Sa volonté » signifie attirer le niveau de la volonté depuis celui de « la Volonté de toutes les volontés », ce qui s’accomplit par « de toute ta force », c’est-à-dire par l’annulation de la volonté, au-dessus de la connaissance.

Explication

Cela semble surprenant, puisque le verset appartient au passage consacré à ceux qui observent les commandements. La réponse est que « faire la volonté de D.ieu » au sens plein consiste à attirer l’influx de « la Volonté de toutes les volontés », ce qui exige d’aimer D.ieu « de toute ta force » (meodékha), d’un amour qui dépasse toute mesure ainsi que sa propre volonté et sa propre compréhension.

משא״כ ע״י בכל לבבבכם ובכל נפשכם כו׳. ולכן לגבי ההמשכה שמבחי׳ עתיק שהוא א״ס ממש לא נק׳ עדיין עושים רצונו של מקום כו׳.

Il n’en va pas ainsi par « de tout votre cœur et de toute votre âme », etc. C’est pourquoi, par rapport à l’influx qui provient du niveau d’Atik, qui est l’Ein Sof Lui-même, on ne dit pas encore qu’ils « font la volonté du Maître du monde », etc.

Explication

Le second paragraphe du Chema ne mentionne que « de tout votre cœur et de toute votre âme », sans « de toute votre force ». Ainsi, par rapport au niveau d’Atik, ceux qui servent à ce niveau ne sont pas encore considérés comme « faisant la volonté de D.ieu ». (Le texte imprimé « לבבבכם » semble devoir se lire « לבבכם ».)

וקרוב לזה י״ל ג״כ מעלת מצות ל״ת על מ״ע שבקיום מצות ל״ת הוא בחי׳ אתכפיא סט״א וכמארז״ל אל יאמר אדם אי אפשי כו׳

On peut également expliquer dans cette perspective la supériorité des commandements négatifs sur les commandements positifs : accomplir les commandements négatifs relève de la soumission de la sitra a’hra, comme l’ont dit nos Sages : « Qu’une personne ne dise pas : “Je n’en ai pas envie”, etc.,

Explication

Un point connexe : les interdits peuvent être supérieurs aux commandements positifs, car les respecter revient à soumettre la sitra a’hra (les forces opposées à la sainteté) à l’encontre de son propre désir. Les Sages enseignent qu’on ne doit pas dire : « Je n’aime pas les aliments interdits »…

אלא אפשי ומה אעשה אבי שבבשמים גזר עלי ועי״ז אסתלק יקרא דקוב״ה לעילא ועמ״ש בביאור ע״פ שחורה אני ונאוה וע״פ שימני כחותם. וע״פ ראיתי והנה מנורת זהב כו׳ מענין מצות ל״ת.

mais plutôt : “J’en ai envie, mais que puis-je faire ? Mon Père qui est dans les cieux me l’a interdit.” » Par cela, la gloire du Saint béni soit-Il s’élève en haut. Voir aussi ce qui est écrit dans l’Explication sur « Je suis noire, mais belle », sur « Place-moi comme un sceau », et sur « Je vis : voici un chandelier tout en or », etc., à propos des commandements négatifs.

Explication

…mais : « J’en aurais envie, pourtant mon Père qui est dans les cieux me l’a interdit. » S’abstenir uniquement par soumission au décret de D.ieu, au-delà de sa volonté propre, est, selon le Zohar, ce qui fait s’élever la gloire de D.ieu dans tous les mondes. (Le texte imprimé « שבבשמים » semble devoir se lire « שבשמים », « dans les cieux ».) Les renvois portent sur des maamarim de Likkutei Torah consacrés à ces thèmes.

ועד״ז יובן ג״כ מ״ש במ״א סד״ה ראה ריח בני בענין הברכות שקבל יעקב מיצחק שהיו דייקא בלי דעתו של יצחק רק בא אחיך במרמה כו׳

Dans cette perspective, on comprendra également ce qui est écrit ailleurs, à la fin du maamar commençant par « Vois, l’odeur de mon fils », au sujet des bénédictions reçues par Yaakov de Yits’hak, qui lui furent données précisément à l’insu de Yits’hak : « Ton frère est venu avec ruse », etc.,

Explication

Autre exemple : les bénédictions de Yits’hak parvinrent à Yaakov à l’insu de Yits’hak (« Ton frère est venu avec ruse »). Ce sujet est traité dans Torah Ohr, à la fin du maamar sur « Vois, l’odeur de mon fils ».

שא״א להתלבש בבחינת הדעת כו׳ ע״ש שזהו ע״ד הנ״ל בשם התוספתא זו שלא לדעתנו כו׳ והיינו לפי ששרש ברכות אלו הוא ג״כ מבחי׳ טלא דנטיף מעתיקא.

car il était impossible qu’elles s’habillent dans le niveau de la connaissance (Daat), etc. ; voir là-bas. Cela correspond à ce qui a été dit plus haut au nom de la Tosefta : « celle-ci, nous l’accomplissons sans le savoir », etc. C’est parce que ces bénédictions aussi ont leur racine dans le niveau de « la rosée qui s’écoule d’Atika ».

Explication

Ces bénédictions ne pouvaient pas passer par la connaissance consciente (Daat), de même que la mitsva de la gerbe oubliée survient « à notre insu ». Leur racine est la « rosée qui s’écoule d’Atik », image kabbalistique d’une bénédiction provenant du niveau le plus élevé.

וז״ש במדרש ריח בגדיו ריח בוגדיו שהוא בחי׳ תשובה שלמעלה מבחי׳ ריח בגדיו שהם בחי׳ לבושים וכנ״ל שהלבוש הוא מקיף הקרוב כו׳.

C’est ce que signifie l’interprétation du Midrach : « “L’odeur de ses vêtements” (begadav) : l’odeur de ses rebelles (bogdav) ». Cela désigne le niveau de la techouva, qui dépasse celui de « l’odeur de ses vêtements », ces vêtements étant le niveau des vêtements ; comme indiqué plus haut, le vêtement est une lumière englobante proche, etc.

Explication

Le Midrach lit « l’odeur de ses vêtements » (begadav) comme « l’odeur de ses rebelles » (bogdav), c’est-à-dire ceux qui ont péché puis sont revenus. La techouva, le retour depuis les profondeurs, atteint un niveau supérieur à celui des « vêtements », qui correspondent à la lumière englobante proche (Arich Anpin).

ועמ״ש בד״ה וישלח יעקב בפי׳ עובר לסוחר. ועמ״ש בביאור ע״פ כי תצא בענין ב׳ מקיפים ל׳ מ׳ ע״ש)

Voir aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Yaakov envoya », à propos de l’explication de « courant chez le marchand ». Voir encore l’Explication sur « Lorsque tu partiras », au sujet des deux lumières englobantes, lamed et mem ; voir là-bas.)

Explication

Deux autres renvois : un maamar de Torah Ohr sur « courant chez le marchand », et un maamar de Likkutei Torah sur les deux lumières englobantes symbolisées par les lettres lamed et mem finale (la lamed peut parfois pénétrer dans les réceptacles ; la mem, l’englobant de l’englobant, n’y pénètre jamais).

ולכן נאמר בדוד והקמותי לך בית נאמן הרי נק׳ בחי׳ מלכות בשם בית והיינו מפני שאמר לא גבה לבי כו׳ ודוממתי

C’est pourquoi il est dit de David : « Je t’établirai une maison fidèle. » Le niveau de Mal’hout est ainsi désigné par le nom de « maison ». Cela tient au fait qu’il disait : « Mon cœur ne s’est pas enorgueilli », etc., « et j’ai apaisé » (domamti) [mon âme].

Explication

Revenons au fil principal : la royauté de David (Mal’hout) est appelée une « maison fidèle ». David la mérita parce qu’il disait : « Mon cœur ne s’est pas enorgueilli… j’ai apaisé mon âme » ; le mot traduit par « apaisé » (domamti) a la même racine que domem, l’inanimé, la pierre dont une maison est bâtie.

וכמו הבית נעשה מבחי׳ אבנים ועפר שהוא בחי׳ דומם ושרשו מבחי׳ מקיף דמקיף כך המל׳ היא בחי׳ הספירה האחרונה שבע״ס דאצי׳ ושרשה הוא מאד נעלה מבחי׳ מקיף דמקיף כנ״ל.

De même qu’une maison est faite de pierres et de terre, qui relèvent de l’inanimé, et que leur racine se trouve dans le niveau de l’englobant de l’englobant, de même Mal’hout est la dernière Séfira des dix Séfirot d’Atsilout, et sa racine est extrêmement élevée, dans le niveau de l’englobant de l’englobant, comme indiqué plus haut.

Explication

De même qu’une maison, faite de pierre et de terre inanimées, a sa racine dans l’englobant de l’englobant, Mal’hout, dernière et plus basse Séfira, a une racine très élevée, dans ce même niveau. Le détachement de David, semblable au silence de la pierre, est ce qui relie Mal’hout à ce niveau.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe développe les deux sortes de mitsvot : celles qui sont accomplies volontairement attirent l’influx d’Arich Anpin ; celles qui dépassent la volonté — la gerbe oubliée, la fuite devant une fonction dirigeante, « nous ferons », le respect des interdits par soumission et les bénédictions reçues à l’insu de Yits’hak — attirent l’influx d’Atik. Il conclut en reliant la « maison » à Mal’hout et à l’annulation de soi de David.

Pour aller plus loin

L’association de « nous entendrons » à Arich Anpin et de « nous ferons » à Atik, ainsi que l’interprétation de « faire la volonté de D.ieu » comme exigeant « de toute ta force », font de l’annulation de soi au-delà de la raison le canal du niveau suprême. La note de Kehot dans Likkutei Si’hot ajoute que toute fonction dirigeante est liée à l’annulation de soi, car « C’est par Moi que les rois règnent ».

Maré mekomot

  1. 1
    אנת הוא דאפיקת · ת״ז בהקדמה.
  2. 2
    אנת הוא דאפיקת כו׳ · Tikkunei Zohar 17a:11–12
  3. 3
    ר״ש בן שטח שברח למצרים . . ורדפו אחריו ונעשה נשיא · Chagigah 16b
  4. 4
    כל הרודף אחר הכבוד · Eruvin 13b
  5. 5
    בד״ה צאינה וראינה · לקמן שה״ש כב, א.
  6. 6
    בד״ה צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  7. 7
    קשרו להן ב׳ כתרים אחד כנגד נעשה כו׳ · Shabbat 88a:7
  8. 8
    רפ״ו דברכות · (לה, ב). [כ].
  9. 9
  10. 10
    והיה אם שמוע תשמעו אל מצותי · Deuteronomy 11:13
  11. 11
    בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
  12. 12
    אל יאמר אדם אי אפשי · ע״ל האזינו (ע״ד, א). וש״נ. [כ].
  13. 13
    אתכפיא סט״א . . אסתלק יקרא דקוב״ה לעילא · Zohar II, 128b
  14. 14
    בביאור ע״פ שחורה אני · לקמן שה״ש י, ב.
  15. 15
    בביאור ע״פ שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
  16. 16
    וע״פ שימני כחותם · לקמן שה״ש מו, ב.
  17. 17
    וע״פ שימני כחותם · Song of Songs 8:6
  18. 18
    וע״פ ראיתי והנה מנורת זהב · Zechariah 4:2
  19. 19
    סד״ה ראה ריח בני · תו״א כא, א.
  20. 20
    סד״ה ראה ריח בני · Genesis 27:27
  21. 21
    רק בא אחיך במרמה · Genesis 27:35
  22. 22
    ריח בגדיו ריח בוגדיו · ב״ר (פס״ה [כב וברש״י שם]). ובילקוט ר׳ (קטו). וע׳ סנהדרין (לז, א). וכ״ה במדרש אגדה פ׳ תולדות א״ת בגדיו אלא בוגדיו. [כ].
  23. 23
    וז״ש במדרש ריח בגדיו ריח בוגדיו · Bereshit Rabbah 65:22
  24. 24
    וז״ש במדרש ריח בגדיו ריח בוגדיו · Sanhedrin 37a:7–8
  25. 25
    בד״ה וישלח יעקב · תו״א כד, ג.
  26. 26
    בד״ה וישלח יעקב · Genesis 32:4
  27. 27
    עובר לסוחר · Genesis 23:16
  28. 28
    בביאור ע״פ כי תצא · לעיל לו, ד.
  29. 29
    בביאור ע״פ כי תצא · Deuteronomy 21:10
  30. 30
    והקימותי לך בית נאמן · ש״א כא, כח.
  31. 31
    והקמותי לך בית נאמן · I Samuel 25:28
  32. 32
    לא גבה לבי גו׳ ודוממתי · Psalms 131:1
  33. 33
    לא גבה לבי כו׳ ודוממתי · Psalms 131:1–2
  34. 34
    בלקו״ת מבאר · ”שגם כללות ענין הנשיאות הוא ענין שלא ע״פ טעם ודעת (הבורח מן הכבוד כו׳) ומקשר זה עם ענין הקדמת נעשה לנשמע, עיי״ש, וי״ל, שכיון ש”בי מלכים ימלוכו” לכן כל נשיאות קשורה דוקא עם ענין הביטול (הבורח מן הכבוד כו׳)” — לקו״ש חל״ג ע׳ 46 הערה 40.
  35. 35

La joie lors de la dédicace ; les enfants comme « maison » ¶10

10ולכן בחנוכת הבהמ״ק שנמשך לשם מבחי׳ מקיף דמקיף כנ״ל שהוא למעלה מן הרצון בחי׳ כתר כו׳.

C’est pourquoi, lors de l’inauguration du Saint Temple, quand y est attiré l’influx du niveau de l’englobant de l’englobant, comme indiqué plus haut — niveau qui dépasse la volonté, le niveau de Kéter, etc. —,

Explication

La question initiale trouve maintenant sa réponse. Lors de l’inauguration du Temple, la lumière attirée provient d’Atik, l’« englobant de l’englobant », qui dépasse la volonté et constitue le niveau suprême de Kéter.

ואין שייך שם שמחה כלל כמו במצות שהוא ברצון האדם דכתיב אשר לא עבדת בשמחה כו׳ אשר קדשנו במצותיו כו׳

la joie n’y a absolument pas sa place, contrairement aux mitsvot qui sont accomplies selon la volonté d’une personne, comme il est écrit : « [Parce que] tu n’as pas servi avec joie », etc., et : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », etc.,

Explication

La joie est naturellement liée à ce qu’une personne fait par choix : les mitsvot ordinaires sont accomplies volontairement et donc avec joie, comme la Torah reproche à ceux qui « n’ont pas servi avec joie » et comme l’exprime la bénédiction : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements ».

מפני ששרשה הוא מבחי׳ רצון העליון כנ״ל משא״כ חנוכת הבית חומה בחינת דומם ששרשם למעלה מן הרצון כנ״ל אין שייך כלל שמחה

car leur racine se trouve dans le niveau de la volonté suprême, comme indiqué plus haut. En revanche, l’inauguration de la Maison — un mur, le niveau de l’inanimé, dont la racine dépasse la volonté, comme indiqué plus haut — n’appelle absolument pas la joie.

Explication

Ces mitsvot proviennent de la volonté suprême ; la joie, expression de la volonté, leur convient donc. Une maison, faite de murs de pierre inanimés, provient d’un niveau qui dépasse la volonté ; la joie ne s’y manifeste donc pas spontanément. (Le mot « חומה », un mur, semble désigner les murs de pierre de la Maison.)

לכן היו נצרכים להמשיך שם בחי׳ שמחה (ועמ״ש ע״פ ושאבתם מים בששון שלפי שניסוך המים הוא מבחי׳ שלמעלה מבחי׳ ניסוך היין שהיין משמח כו׳ ע״כ צריך לחברו עם בחי׳ שמחה. וזהו ענין ושאבתם מים דייקא בששון ע״ש)

C’est pourquoi il fallait y attirer le niveau de la joie. (Voir aussi ce qui est écrit sur « Vous puiserez de l’eau dans la joie » : puisque la libation d’eau provient d’un niveau supérieur à celui de la libation de vin — car le vin réjouit, etc. —, il faut donc l’associer au niveau de la joie. Tel est le sens de « Vous puiserez de l’eau » précisément « dans la joie » ; voir là-bas.)

Explication

Il fallait donc introduire délibérément la joie dans l’inauguration. On peut comparer cela à la libation d’eau de Souccot : l’eau provient d’une source supérieure à celle du vin, et, contrairement au vin, l’eau ne réjouit pas naturellement ; il fallait donc effectuer « dans la joie » le puisage de l’eau.

וזהו מזמור שיר חנוכת הית להמשיך בחנוכת הבית בחינת שמחה ולכן עושים משתה ושמחה בעת חנוכת הבית

Tel est le sens de « Psaume, chant de l’inauguration de la Maison » : attirer le niveau de la joie dans l’inauguration de la Maison. C’est pourquoi l’on organise un festin et des réjouissances lors de l’inauguration d’une maison.

Explication

Voilà pourquoi le psaume de l’inauguration de la Maison est appelé « chant » : le chant introduit la joie dans l’inauguration. C’est aussi pourquoi on organise un festin et des réjouissances lors de l’inauguration d’une maison, question par laquelle le maamar s’ouvrait. (Le texte imprimé « הית » semble devoir se lire « הבית », la Maison.)

(וזהו ג״כ ענין מזמור שיר שהוא נראה כפל ענין כמ״ש באלשיך. והיינו ע״ד הנ״ל במעשה דחסיד א׳ כו׳ מה ראית לשמוח בשמחת מצוה זו מכל מצות כו׳ וכנ״ל וכ״ש בחנוכת בית המקדש שזהו כללות בחינה זו ועמש״ל מזה לעיל)

(Tel est aussi le sens de « psaume, chant », expression qui semble répéter la même idée, comme l’écrit l’Alchikh. Cela correspond à ce qui a été dit plus haut dans le récit d’un homme pieux : « Qu’as-tu vu pour te réjouir de la joie de cette mitsva davantage que de toutes les mitsvot ? », etc., comme indiqué plus haut ; à plus forte raison lors de l’inauguration du Saint Temple, qui représente l’ensemble de ce niveau. Voir ce qui a été écrit à ce sujet plus haut.)

Explication

L’Alchikh relève que « psaume, chant » semble redondant. Cette double expression convient à la joie particulière de l’homme pieux devant la gerbe oubliée, mitsva qui provient d’au-delà de la volonté ; à plus forte raison lors de l’inauguration du Temple, qui représente ce niveau dans son ensemble.

וזהו ויהי ביתך כבית פרץ אשר כינה הולדת הולד לבחי׳ בית כי בני לאו בזכותא תליא מלתא

Tel est le sens de : « Que ta maison soit comme la maison de Pérets », où [le verset] désigne la naissance d’un enfant par le terme « maison ». Car, pour les enfants, la question ne dépend pas du mérite,

Explication

La bénédiction adressée à Boaz — « que ta maison soit comme la maison de Pérets » — emploie le terme « maison » pour désigner la descendance. Les Sages disent que les enfants ne dépendent pas du mérite, mais du mazal.

אלא במזלא כו׳ זכות הוא בחינת התפשטות י״ס דאצילות שהם בבחי׳ אור פנימי השכלה שכל לזכות כו׳

mais du mazal, etc. Le mérite correspond à la diffusion des dix Séfirot d’Atsilout, qui relèvent de la lumière intérieure, de la compréhension intellectuelle et du raisonnement permettant d’établir le mérite, etc. ;

Explication

Le « mérite » appartient à la lumière intérieure des Séfirot, domaine de la raison et du jugement, où l’on évalue si une personne mérite quelque chose.

אבל בני שרשם למעלה מן השכל ובחי׳ מזלא שהוא בחי׳ מקיף העליון כי פי׳ מזלא היינו המקור שהוא המשפיע ומזיל להיות יזל מים כו׳ ונוזלים מן לבנון כו׳

tandis que les enfants ont leur racine au-dessus de l’intellect, dans le niveau du mazal, qui est celui de la lumière suprême englobante. Car le sens de mazal est la source, celle qui dispense et fait s’écouler (mazil), comme dans « l’eau s’écoulera », etc., et « les ruisseaux du Liban », etc.

Explication

Les enfants proviennent du mazal, qui ne signifie pas ici « chance », mais la source qui « s’écoule » (racine nazal) : une lumière englobante au-dessus de la raison. Les versets évoquant l’écoulement de l’eau illustrent ce terme.

ולכן נקרא בשם בית ששרשו ג״כ מבחי׳ מקיף עליון כו׳ וז״ש והתקין לו ממנו בנין עדי עד כו׳

C’est pourquoi on les appelle « maison », dont la racine se trouve également dans le niveau de la lumière suprême englobante, etc. Tel est le sens de : « Il lui a préparé par elle un édifice éternel », etc.

Explication

La descendance est donc appelée « maison », car toutes deux proviennent de la lumière suprême englobante. La bénédiction nuptiale « Il lui a préparé par elle un édifice éternel » désigne également la famille comme une construction.

ועמ״ש בפ׳ ואתחנן בד״ה וזאת המצוה דתורה שבעל פה נקרא בית אל תקרי בניך אלא בוניך כו׳ ע״ש:

Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Vaet’hanan, dans le maamar commençant par « Et voici le commandement » : la Torah orale est appelée « maison », selon l’interprétation des Sages : « Ne lis pas banayich, “tes enfants”, mais bonayich, “tes bâtisseurs” », etc. ; voir là-bas.

Explication

Un renvoi : dans Likkutei Torah, Vaet’hanan, la Torah orale est appelée « maison », sur la base de l’interprétation des Sages qui lisent « tes enfants » (banayich) comme « tes bâtisseurs » (bonayich).

Le paragraphe 10 en bref

Le paragraphe répond à la question initiale : l’inauguration du Temple attire un niveau qui dépasse la volonté, où la joie ne surgit pas spontanément. Il faut donc y introduire la joie, d’où le « chant » et le festin lors de l’inauguration d’une maison. Il ajoute que les enfants, qui proviennent du mazal au-dessus de la raison, sont eux aussi appelés une « maison ».

Pour aller plus loin

Le lien entre joie et volonté — et la nécessité d’« ajouter » de la joie là où la source dépasse la volonté — rappelle la libation d’eau de Souccot. L’interprétation de mazal comme source d’écoulement au-dessus de l’intellect est une lecture ‘hassidique courante de l’enseignement talmudique selon lequel les enfants dépendent du mazal.

Maré mekomot

  1. 1
    תחת אשר לא עבדת בשמחה · Deuteronomy 28:47
  2. 2
    ע״פ ושאבתם מים בששון · לעיל עט, ד ואילך.
  3. 3
    ע״פ ושאבתם מים בששון · Isaiah 12:3
  4. 4
    מזמור שיר שהוא נראה כפל ענין כמ״ש באלשיך · Psalms 30:1
  5. 5
    ויהי ביתך כבית פרץ · Ruth 4:12
  6. 6
    יזל מים · Numbers 24:7
  7. 7
    ונוזלים מן לבנון · Song of Songs 4:15
  8. 8
    בד״ה וזאת המצוה · Deuteronomy 6:1

Chilo, le Temple et la prière ¶11–14

11ג והנה עפ״ז יובן מ״ש כי לא באתם עד עתה אל המנוחה ואל הנחלה מנוחה זו בנין שילה כו׳.

3. À présent, à la lumière de ce qui précède, on comprendra ce qui est écrit : « Car vous n’êtes pas encore arrivés au repos et à l’héritage. » « Le repos » désigne la construction de Chilo, etc.

Explication

La troisième section applique le même principe aux Sanctuaires. Moché dit à Israël qu’ils ne sont pas encore arrivés « au repos et à l’héritage », et les Sages interprètent « le repos » comme le Sanctuaire de Chilo.

ולהבין ההפרש שבין בנין המשכן לבין בנין שילה כי לכאורה הם שוין ממש בארכן וברחבן ובכל פרטים כמו צורת המשכן כן נעשה בנין שילה

Il faut comprendre la différence entre la construction du Michkan et celle de Chilo. À première vue, ils étaient exactement identiques par leur longueur, leur largeur et tous leurs détails : le bâtiment de Chilo fut construit selon le plan du Michkan.

Explication

La question est la suivante : Chilo fut construit selon les mêmes dimensions et le même plan que le Michkan dans le désert. Pourquoi Chilo seul est-il alors appelé « repos » ?

אך ההפרש שבמשכן היו הקרשים עצי ארז ומצופים זהב ובבנין שילה היו היריעות מאבנים דוקא.

La différence est que, dans le Michkan, les planches étaient en bois de cèdre recouvert d’or, tandis que, dans la construction de Chilo, les tentures étaient précisément faites de pierres.

Explication

La seule différence : les murs du Michkan étaient constitués de planches de cèdre plaquées d’or, donc de bois, tandis que ceux de Chilo étaient en pierre.

Le paragraphe 11 en bref

Le paragraphe ouvre la troisième section par une question : pourquoi Chilo, et non le Michkan, est-il appelé « repos », alors que la seule différence entre eux est que les murs de Chilo étaient en pierre plutôt qu’en bois ?

Maré mekomot

  1. 1
    כי לא באתם עד עתה אל המנוחה ואל הנחלה · Deuteronomy 12:9

12ולהבין זאת הלא הקרשים שבמשכן היו יקרים הרבה יותר מן היריעות שבשילה שהיו מאבנים ומדוע המשכן לא נקרא מנוחה ובנין שילה נקרא מנוחה.

Pour comprendre cela : les planches du Michkan étaient assurément bien plus précieuses que les tentures de Chilo, qui étaient en pierre. Pourquoi le Michkan n’est-il donc pas appelé « repos », alors que le bâtiment de Chilo l’est ?

Explication

Le cèdre plaqué d’or est bien plus coûteux que la pierre ; pourquoi le Sanctuaire de Chilo, fait de pierre, est-il donc appelé « repos » ?

והטעם כנ״ל כי אבנים שהוא בחי׳ דומם ממש בחי׳ היותר תחתונה שרשם מבחי׳ היותר גבוה מקיף דמקיף כנ״ל.

La raison est celle indiquée plus haut : les pierres, qui relèvent véritablement de l’inanimé, le niveau le plus bas, ont leur racine dans le niveau le plus élevé, l’englobant de l’englobant, comme indiqué plus haut.

Explication

La réponse suit le principe déjà énoncé : la pierre, élément inanimé et inférieur, a sa racine dans le niveau le plus élevé, l’englobant de l’englobant (Atik).

משא״כ עצי ארז כו׳ הוא בחי׳ צומח שרשה הוא מבחי׳ מקיף כנ״ל ולכן מנוחה זו שילה שהיה בנין

Le bois de cèdre, en revanche, etc., relève du végétal, dont la racine se trouve dans le niveau de l’englobant, comme indiqué plus haut. C’est pourquoi « le repos » désigne Chilo, dont le bâtiment

Explication

Le bois, qui appartient au végétal, a sa racine seulement dans la lumière englobante ordinaire (Arich Anpin). C’est donc Chilo qui est appelé « repos ».

אבנים בחי׳ דומם שלא היה בו שום עץ בולט בחי׳ צומח והיה שורה בו בחי׳ מקיף דמקיף כנ״ל (ועמ״ש מזה ע״פ ויגש אליו יהודה ע״ש)

était fait de pierres, relevant de l’inanimé, sans aucun élément de bois en saillie, qui aurait relevé du végétal ; le niveau de l’englobant de l’englobant y résidait, comme indiqué plus haut. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet sur « Yehouda s’approcha de lui » ; voir là-bas.)

Explication

Chilo était construit en pierre, sans aucun élément de bois en saillie ; le niveau le plus élevé, l’englobant de l’englobant, pouvait donc y résider. Le « repos » (menou’ha) est le lieu où ce niveau s’établit.

ולכן מנה הרמב״ם ז״ל וספר החניוך סי׳ תצ״ב בלאוין לא תטע לך אשרה כו׳ שאסור לעשות בבנין בהמ״ק שום עץ בולט ועובר על לאו לא תטע כו׳

C’est pourquoi le Rambam, de mémoire bénie, et le Sefer Ha’Hinoukh (section 492) ont inclus parmi les interdits « Tu ne planteras pas d’achéra », etc., l’interdiction de faire saillir un élément de bois dans la construction du Saint Temple : on transgresse ainsi l’interdit « Tu ne planteras pas », etc. ;

Explication

Voilà pourquoi le Rambam et le Sefer Ha’Hinoukh comptent comme interdit, au titre de « Tu ne planteras pas pour toi d’achéra… près de l’autel », toute poutre de bois faisant saillie dans la construction du Temple.

רק עץ שקוע מותר כמו התקרות כו׳ מפני שהיה דוקא מאבנים בחי׳ דומם ששרשם למעלה מעלה כו׳

seul le bois encastré est permis, par exemple dans les plafonds, etc., car le bâtiment devait être précisément fait de pierres, relevant de l’inanimé, dont la racine est extrêmement élevée, etc.

Explication

Le bois posé à fleur de la pierre, comme les poutres du plafond, est permis. Le bâtiment devait être construit en pierre, car sa racine est la plus élevée.

(וההפרש בין בולט לשוקע עמ״ש ע״פ שימני כחותם) ולכן ארז״ל על כורש שהחמיץ כי ציוה לעשות תלתא די אבן וחד דאעא כו׳

(Pour la différence entre ce qui fait saillie et ce qui est encastré, voir ce qui est écrit sur « Place-moi comme un sceau ».) C’est pourquoi nos Sages dirent de Cyrus qu’il s’était dégradé, car il ordonna de faire trois rangées de pierre et une de bois, etc. ;

Explication

Pour la différence entre ce qui fait saillie et ce qui est encastré, le texte renvoie à son maamar sur « Place-moi comme un sceau » (un sceau peut être en relief ou gravé). Les Sages reprochèrent à Cyrus son décret pour le Second Temple, qui prévoyait trois rangées de pierre et une de bois, et dirent qu’il « s’était dégradé ».

וזה אסור כנ״ל להיות בו שום עץ בולט רק עץ שוקע שהוא בחי׳ פנימי ולא בולט שהוא בחי׳ מיקף היה דוקא מאבנים כנ״ל.

or cela est interdit, comme indiqué plus haut : il ne doit s’y trouver aucun élément de bois en saillie ; seul le bois encastré est permis, car il relève de l’intériorité, tandis que le bois en saillie relève de l’englobant. Le bâtiment devait donc être précisément construit en pierre, comme indiqué plus haut.

Explication

Le bois en saillie se détache comme une lumière englobante ; le bois encastré dans le mur relève de l’intériorité. Le Temple devait être entièrement construit en pierre, sans aucun élément de bois en saillie. (Le texte imprimé « מיקף » semble devoir se lire « מקיף », englobant.)

Le paragraphe 12 en bref

Le paragraphe explique pourquoi le Sanctuaire de Chilo, construit en pierre, est appelé « repos » : la pierre, élément inanimé, a la racine la plus élevée et peut accueillir le niveau le plus élevé. C’est aussi pourquoi il était interdit de faire saillir du bois dans le Temple.

Pour aller plus loin

Le « repos » (menou’ha) est le lieu où se fixe le niveau le plus transcendant : non pas dans les matériaux les plus précieux, mais dans les plus bas, dont la racine est la plus élevée.

Maré mekomot

  1. 1
    ע״פ ויגש אליו יהודה · Genesis 44:18
  2. 2
    וספר החניוך סי׳ תצ״ב · Sefer HaChinukh 492
  3. 3
    לא תטע לך אשרה כו׳ · Deuteronomy 16:21

13וזהו עצי שטים עומדים קרשים עומדים שרפים עומדים והאופנים וחיות הקדש ברעש גדול כו׳ והיינו פסוקי דזמרה עד

Et c’est là le sens de « bois d’acacia, debout » : des planches debout, des sérafim debout ; et « les ofanim et les ‘hayot hakodech dans un grand tumulte », etc. C’est-à-dire, depuis les Pesoukei Dezimra jusqu’à

Explication

Les planches du Michkan sont décrites comme du « bois d’acacia, debout », et les sérafim se tiennent eux aussi « au-dessus de Lui ». Dans la prière du matin, les ofanim et les ‘hayot hakodech (des catégories d’anges) s’élèvent « dans un grand tumulte ». Tout cela s’applique à l’ordre de la prière : les Pesoukei Dezimra (les psaumes de louange)…

ק״ש הוא בחי׳ עצי שטים עומדים הוא בחי׳ צומח כנ״ל וחיות הקדש ברעש גדול על שמרגישים היש מן העולם

la récitation du Chema correspond au niveau du « bois d’acacia, debout », au niveau végétatif, comme indiqué plus haut. Et les ‘hayot hakodech sont « dans un grand tumulte », parce qu’elles perçoivent l’existence (yech) du monde ;

Explication

…jusqu’au Chema, correspondent aux planches de bois « debout », au niveau végétatif. Les ‘hayot hakodech font grand tumulte parce qu’elles perçoivent encore le monde comme une existence réelle (yech).

ולכן כשמשיגים את ביטול ה׳ צבאות קדוש כו׳ הם ברעש גדול משא״כ שרפים שהם אינם מרגישים את היש כמו האופנים

c’est pourquoi, lorsqu’elles saisissent l’annulation de soi (bitoul) exprimée par « Saint… est le D.ieu des armées », etc., elles sont dans un grand tumulte. Il n’en va pas ainsi des sérafim, qui ne perçoivent pas le yech comme le font les ofanim ;

Explication

Lorsqu’elles saisissent que tout est annulé devant D.ieu — « Saint, saint, saint » — elles sont secouées par un grand tumulte. Les sérafim, eux, ne perçoivent pas du tout l’existence du monde.

לכן הם עומדים ממעל לו ממעל לשכינתא וזהו עד ק״ש אבל הרמ״ח תיבין שבק״ש נקרא רמ״ח אבנים בחי׳ דומם כנ״ל.

c’est pourquoi ils se tiennent « au-dessus de Lui », au-dessus de la Chekhina (la Présence divine). Cela correspond à ce qui va jusqu’à la récitation du Chema. En revanche, les 248 mots de la récitation du Chema sont appelés les 248 pierres, le niveau de l’inerte, comme indiqué plus haut.

Explication

Les sérafim se tiennent donc « au-dessus de Lui », au-dessus de la Chekhina. C’est le niveau de la prière jusqu’au Chema. Les 248 mots du Chema, en revanche, sont appelés les « 248 pierres », le niveau de l’inerte, qui est plus élevé encore.

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe met en correspondance les matériaux du Temple et la prière : les Pesoukei Dezimra, comme les planches de bois, correspondent au niveau végétatif, tandis que les 248 mots du Chema sont des « pierres », le niveau de l’inerte, dont la racine est la plus élevée.

Pour aller plus loin

Le contraste entre les anges qui font un « grand tumulte » (ils ressentent leur propre existence) et les sérafim qui se tiennent silencieux, puis les « pierres » silencieuses du Chema, fait écho au thème du domem : l’immobilité comme canal du niveau le plus élevé.

Maré mekomot

  1. 1
    עצי שטים עומדים · Exodus 26:15
  2. 2
    שרפים עומדים · Isaiah 6:2
  3. 3
    קדוש כו׳ · Isaiah 6:3

14וזהו ויקח מאבני המקום רמ״ח תיבין שבק״ש בחינת מל׳ שהיא מדרג׳ היותר תחתונה וישם מראשותיו לא תימא תחת מראשותיו

Et c’est là le sens de « Il prit des pierres de l’endroit » : les 248 mots du Chema, le niveau de Mal’hout, qui est le niveau le plus bas. « Et il les plaça à sa tête (mera’achotav) » : ne dites pas « sous sa tête », mais « mera’achotav »,

Explication

À Beit El, Yaakov « prit des pierres de l’endroit » : ces pierres sont les 248 mots du Chema, le niveau de Mal’hout, la plus basse des Séfirot. Il les plaça mera’achotav ; le texte ne comprend pas cette expression comme « sous sa tête »…

אלא מראשותיו ששרשה מבחי׳ היותר גבוה למעלה מבחי׳ מוחין שהוא מראשותיו וזהו וישם אותה מצבה ויצוק שמן שמתחלה הוא

[ce qui signifie] que sa racine se trouve au niveau le plus élevé, au-dessus du niveau de l’intellect (mo’hin), qui est « sa tête ». Et c’est là le sens de « Il la dressa en stèle et versa de l’huile » : car, au départ, elle n’est

Explication

…mais comme « au-dessus de sa tête » : la racine des pierres est plus élevée que la tête, c’est-à-dire au-delà de l’intellect. Puis il dressa la pierre en stèle et versa de l’huile sur elle.

רק נקודה תחת היסוד ויעקב הרימה ועשאה מצבה ויצוק עליה שמן המשיך בחי׳ מוחין עליונים שמן משחת קדש בחי׳ חכמה עילאה.

qu’un point sous Yessod ; Yaakov l’éleva et en fit une stèle, « et versa de l’huile sur elle » : il fit descendre le niveau de l’intellect supérieur, « l’huile d’onction sainte », le niveau de la ‘Hokhma supérieure.

Explication

Mal’hout commence comme un simple « point » sous Yessod, la Séfira qui la précède. Yaakov l’éleva pour en faire une stèle debout et l’oignit d’huile, faisant descendre en elle l’intellect supérieur, le niveau de la ‘Hokhma supérieure, symbolisé par l’huile d’onction sainte.

Le paragraphe 14 en bref

Le paragraphe interprète les pierres de Yaakov comme les mots du Chema, le niveau de Mal’hout, dont la racine dépasse l’intellect. L’onction de la stèle représente l’élévation de Mal’hout et le fait d’y faire descendre la ‘Hokhma supérieure.

Pour aller plus loin

Le « point sous Yessod » est une description kabbalistique classique de Mal’hout dans son état amoindri ; l’élever en stèle et l’oindre prépare le thème du paragraphe suivant : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs. »

Maré mekomot

  1. 1
    ויקח מאבני המקום ... וישם מראשותיו · Genesis 28:11
  2. 2
    וישם אותה מצבה ויצוק שמן · Genesis 28:18
  3. 3
    שמן משחת קדש · Exodus 30:31

La pierre rejetée et l’épouse comme « maison » ¶15–16

15וזהו אבן מאסו הבונים היתה לראש פינה שבחי׳ מל׳ נק׳ בחי׳ אבן בחי׳ דומם בחי׳ אותיות שתי אבנים כו׳ שהן בחי׳ דומם והיינו שבחי׳ מל׳ הוא בחי׳ התחתונה מכל הי״ס

Et c’est là le sens de « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ». Car le niveau de Mal’hout est appelé le niveau de la « pierre », le niveau de l’inerte, le niveau des lettres : « deux pierres », etc., qui relèvent du niveau de l’inerte. Autrement dit, le niveau de Mal’hout est le plus bas des dix Séfirot,

Explication

La « pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs » du psaume est comprise comme Mal’hout. Mal’hout est appelée « pierre », car elle correspond à la parole, aux lettres, que le Sefer Yetsira appelle des « pierres » (« deux pierres construisent deux maisons ») : comme la pierre, elle relève du niveau de l’inerte, le plus bas des Séfirot.

כמו דומם שהוא יותר תחתון מכל הד׳ יסודות עכ״ז היתה לראש פינה ששרש בחי׳ דומם הנ״ל הוא למעלה מעלה מכל הי״ס דאצילות בחי׳ כתר עליון (ועמ״ש מזה בביאור ע״פ זאת חקת התורה).

tout comme l’inerte est inférieur aux quatre éléments ; néanmoins, elle « est devenue la pierre d’angle », car la racine de ce niveau de l’inerte mentionné plus haut se trouve très haut, au-dessus de toutes les dix Séfirot d’Atsilout, au niveau de Kéter Elyon (voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’Explication sur « Voici la loi de la Torah »).

Explication

La pierre est même inférieure aux quatre éléments (feu, air, eau, terre) sous leur forme pure. Pourtant, elle devient « la pierre d’angle », car sa racine est la plus élevée, au-dessus de toutes les Séfirot, dans Kéter Elyon. Le texte renvoie à son Explication sur « Voici la loi de la Torah » pour de plus amples développements.

וענין מאסו הבונים כי הנה שרה נתנה את שפחתה הגר לאברהם ואמרה אולי אבנה ממנה וכן רחל את שפחתה בלהה ואמרה אולי אבנה גם אנכי ממנה היינו מילוי הה״א

Le sens de « rejetée par les bâtisseurs » est le suivant : Sarah donna à Avraham sa servante Hagar et dit : « Peut-être serai-je construite par elle » ; de même, Ra’hel donna à Yaakov sa servante Bilha et dit : « Peut-être serai-je moi aussi construite par elle. » Il s’agit du remplissage du hé.

Explication

Qui sont « les bâtisseurs » qui l’ont rejetée ? Sarah et Ra’hel donnèrent chacune leur servante à leur mari, en disant : « Peut-être serai-je construite par elle. » Cette « construction » par l’intermédiaire d’une servante est reliée au « remplissage » de la lettre hé, c’est-à-dire aux lettres supplémentaires utilisées lorsqu’on écrit cette lettre en toutes lettres.

כי יש ה׳ עילאה בחי׳ בינה ה״א תתאה בחי׳ מל׳ ויש מילוי הה״א והוא בחי׳ התחתונה שבמל׳ שיורדת ומתלבשת בבי״ע להיות ראש לשועלים ונקרא בחי׳ שפחה נגד עצמיות מל׳

Car il y a le hé supérieur, le niveau de Bina, et le hé inférieur, le niveau de Mal’hout ; il y a également le remplissage du hé, qui est le niveau le plus bas au sein de Mal’hout. Celui-ci descend et se revêt en Béria, Yetsira et Assiya pour devenir « une tête pour les renards » ; il est appelé le niveau d’une « servante » par rapport à l’essence de Mal’hout.

Explication

Dans le Nom Havaya, le premier hé représente Bina et le dernier hé, Mal’hout. Le « remplissage » du hé est la partie la plus basse de Mal’hout ; elle descend dans les mondes inférieurs et devient « une tête pour les renards » (une autorité parmi des êtres inférieurs). Par rapport à Mal’hout elle-même, cette partie est comme une servante par rapport à sa maîtresse.

(ועמ״ש מענין מילוי הה״א בד״ה יגלה לן טעמיה וע׳ בזהר פ׳ בראשית דכ״ז ע״ב) ועד״ז יובן מ״ש בספר עשרה מאמרות במאמר חקור דין פ״י שאמרו באגדה בענין דוד

(Voir ce qui est écrit au sujet du remplissage du hé dans le discours commençant par « Qu’Il nous révèle ses raisons », ainsi que le Zohar, Parachat Berechit, 27b.) C’est ainsi qu’on comprendra ce qui est écrit dans le livre Asarah Maamaros, dans le Maamar ‘Hakour Din, chapitre 10 : ils ont dit dans l’Aggada au sujet de David

Explication

Après les renvois concernant le remplissage du hé (un discours de Torah Ohr et le Zohar), l’Admour Hazaken cite Asarah Maamaros, un ouvrage kabbalistique, qui rapporte une Aggada au sujet de la naissance de David.

כי ישי חשב שבא על שפחתו המשוחררת ובאמת השפחה מסרה סימנין לאשתו ע״ד רחל ללאה וע״ש

que Yichaï croyait s’unir à sa servante affranchie, mais qu’en réalité la servante avait transmis les signes à sa femme, à la manière de Ra’hel avec Léa ; voir là-bas.

Explication

Selon cette Aggada, Yichaï (Jessé) croyait être avec sa servante affranchie, mais celle-ci avait secrètement transmis les signes à sa femme, tout comme Ra’hel les avait transmis à Léa afin qu’elle puisse épouser Yaakov ; David naquit donc de la femme de Yichaï.

(ובגמרא וברבות לא נמצא אגדה זו ואדרבה ממ״ש ברבות תזריע פי״ד כלום נתוין אבא ישי כו׳ משמע דלא כדרשה זו)

(Cette Aggada ne se trouve ni dans la Guemara ni dans le Midrach Rabba ; au contraire, ce qui est dit dans le Midrach Rabba sur Tazria, chapitre 14 — « Mon père Yichaï avait-il eu l’intention… », etc. — semble indiquer que cette explication n’est pas celle qui est retenue.)

Explication

L’Admour Hazaken précise qu’il n’a pas trouvé cette Aggada dans le Talmud ni dans le Midrach Rabba, et qu’un Midrach sur Tazria, où David dit que son père n’avait pas l’intention [de le concevoir], semble indiquer le contraire. (Le texte imprimé « נתוין » semble devoir se lire « נתכוין », « avoir l’intention ».)

ועכ״פ פי׳ וענין שפחה זו היינו בחי׳ מילוי הה״א כנ״ל שהוא בחי׳ התחתונה שבמל׳ בחי׳ דומם ונקרא אבן

Quoi qu’il en soit, le sens et la nature de cette servante correspondent au niveau du remplissage du hé mentionné plus haut : le niveau le plus bas au sein de Mal’hout, le niveau de l’inerte, appelé « pierre ».

Explication

Quelle que soit la véracité du récit historique, la « servante » désigne le niveau le plus bas de Mal’hout, celui de l’inerte, appelé « pierre ».

ולכן אמר אבן מאסו הבונים שהבונים הנ״ל מאסו אותה להיותה ראש לשועלים רגליה יורדות והיא בחי׳ התחתונה בחי׳ דומם ממש

C’est pourquoi il est dit : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs » : les bâtisseurs mentionnés plus haut l’ont rejetée parce qu’elle est « une tête pour les renards », que « ses pieds descendent », et qu’elle est le niveau le plus bas, le niveau véritablement inerte.

Explication

Les « bâtisseurs » ont rejeté cette pierre parce qu’elle descend si bas, là où « ses pieds descendent », dans les mondes les plus inférieurs : le niveau véritablement inerte.

ולא יוכל להבנות בחינה זו רק בבחי׳ דוד מטעם המבואר בספר הגלגולים ומטעם המבואר בספר ע״מ שם ומ״מ כשנבנה בנין זה

Ce niveau ne peut être édifié que par le niveau de David, pour la raison exposée dans Sefer HaGilgoulim et pour celle exposée là dans Asarah Maamaros. Néanmoins, lorsque cet édifice est construit,

Explication

Seul David pouvait « édifier » ce niveau le plus bas dans la sainteté ; le texte renvoie à Sefer HaGilgoulim et à Asarah Maamaros pour en connaître les raisons. Lorsque cela est accompli…

אזי היה עלייה יתירה בה ועל ידה לבחי׳ המל׳ שבאצילות שתהיה היא עי״ז לראש פנה והיינו כמ״ש הרמ״ז פ׳

il s’élève alors davantage, et, par son intermédiaire, le niveau de Mal’hout d’Atsilout s’élève lui aussi, de sorte qu’il devient ainsi la pierre d’angle. C’est ce qu’écrit le Ramaz sur la Parachat

Explication

…cela élève non seulement le niveau inférieur de Mal’hout, mais aussi Mal’hout d’Atsilout, qui devient ainsi « la pierre d’angle ». Le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto), commentateur du Zohar, explique pourquoi.

כי תשא (דקפ״ט ע״ב) מפני שכל הבירורים המתעלים מלמטה ע״י מלכות החתתונה עולים עד מלכות דאצילות והיא מעלה הבירורים למעלה ובכח זה היתה לראש פנה והיינו כי באצילות מתבררים בירור נעלה יותר

Ki Tisa (189b) : car tous les birourim qui s’élèvent d’en bas par l’intermédiaire de Mal’hout inférieure montent jusqu’à Mal’hout d’Atsilout, qui élève les birourim plus haut encore ; c’est par ce pouvoir qu’elle est devenue la pierre d’angle. Autrement dit, dans Atsilout, ils font l’objet d’un birour plus élevé.

Explication

Tous les étincelles raffinées (birourim) d’en bas sont élevés par Mal’hout inférieure jusqu’à Mal’hout d’Atsilout, qui les élève plus haut encore et les raffine à un niveau supérieur. C’est ce pouvoir qui fait d’elle la pierre d’angle. (Le texte imprimé « החתתונה » semble devoir se lire « התחתונה », « l’inférieure ».)

והנה הבירורים הם מעולם התהו שלמעלה מעולם התיקון (וכמ״ש מזה בביאור ע״פ שחורה אני ונאוה הנזכר לעיל) ועיקר הבנין הוא דוקא על ידי הבירורים

Or, les birourim proviennent du Monde de Tohou, qui est supérieur au Monde de Tikoun (voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’Explication sur « Je suis noire et belle », mentionnée plus haut). L’édifice se construit essentiellement par les birourim ;

Explication

Les étincelles qui sont raffinées proviennent du Monde de Tohou (chaos), qui était supérieur au Monde de Tikoun (ordre). L’édifice tout entier de la sainteté se construit en les élevant.

כי נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן ויש כמה בחי׳ אבנים אבנים מפולמים אבנים נקובים כו׳.

car « leur commencement est enfoncé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement ». Il existe plusieurs niveaux de pierres : des pierres pétries, des pierres percées, etc.

Explication

Comme le dit le Sefer Yetsira, la fin est enfoncée dans le commencement : ce qui est le plus bas est relié à ce qui est le plus élevé. Les catégories de « pierres » mentionnées — pétries, percées — sont énumérées ici sans plus de développements.

ובכל זה יובן מארז״ל (ביבמות דס״ב ע״ב) ע״פ להניח ברכה אל ביתך [יחזקאל סי׳ מ״ד] שהברכה לאדם היא בשביל אשתו.

Tout cela permet de comprendre ce que disent nos Sages (Yevamot 62b), à propos de « faire reposer une bénédiction sur ta maison » [Ye’hezkel, chapitre 44] : la bénédiction d’un homme lui est accordée grâce à sa femme.

Explication

Cela éclaire l’enseignement talmudique fondé sur les mots de Ye’hezkel : « faire reposer une bénédiction sur ta maison » ; un homme est béni grâce à sa femme.

וזהו מימי לא קראתי לאשתי אשתי אלא לאשתי ביתי (בשבת קי״ח ב׳) וצ״ל דהרי בכתובה כותב האיש לאשתו אנא אוקיר ואוזין כו׳

C’est là le sens de : « De toute ma vie, je n’ai pas appelé ma femme “ma femme”, mais “ma maison” » (Chabbat 118b). Il faut expliquer cela, car dans la ketouba, l’homme écrit à sa femme : « Je t’honorerai et te nourrirai », etc.

Explication

Un Sage a dit qu’il n’appelait jamais sa femme « ma femme », mais « ma maison », identifiant ainsi son épouse à son foyer. Pourtant, dans le contrat de mariage (ketouba), le mari écrit à sa femme : « Je t’honorerai et te nourrirai », comme si c’était lui qui assurait sa subsistance.

ולכאורה תמוה איך כותב אנא אוקיר ואוזין הלא אמרו אין אדם ניזון אלא בשביל אשתו

À première vue, cela est étonnant : comment peut-il écrire « je t’honorerai et te nourrirai » ? N’a-t-il pas été dit : « L’homme ne reçoit sa subsistance qu’en considération de sa femme » ?

Explication

Cela semble contredire l’affirmation selon laquelle l’homme ne reçoit sa subsistance qu’en considération de sa femme. La note de Kehot indique que le Tséma’h Tsédek, dans Or HaTorah, cite lui aussi un enseignement de ce genre et précise qu’il n’en a pas trouvé la source.

אך באמת שניהם אמת כי העיקר העבודה להמשיך בחי׳ חסדים העליונים הוא מבחי׳ דוכרא רק שיכול להיות שיהיו החסדים רק בגילוי אלהות וכדומה

En vérité, les deux affirmations sont exactes. Car l’action essentielle consistant à faire descendre le niveau des bontés supérieures (’hassadim) provient du niveau masculin ; toutefois, il se peut que ces bontés ne se manifestent que par une révélation de la divinité, et ainsi de suite,

Explication

Les deux affirmations sont exactes. Sur le plan spirituel, le fait de faire descendre les bontés supérieures provient du côté « masculin » (les Séfirot qui donnent). Mais ces bontés pourraient ne se manifester que sous la forme d’une révélation de la divinité…

ולא ישתלשל למטה כלל בפרנסה גשמי ושיומשך מ בחי׳ חסד ורחמים דאצילות למטה נותן לחם לכל בשר גשמי זהו בשביל אשתו בחי׳ נוק׳ מל׳ דאצי׳ המחיה בי״ע

sans descendre du tout en bas, jusqu’à la subsistance matérielle. Pour que le niveau de ‘Hessed et de compassion d’Atsilout descende ici-bas — « Il donne du pain à toute chair », du pain matériel —, cela se fait grâce à sa femme, le niveau de Noukva, Mal’hout d’Atsilout, qui donne la vie à Béria, Yetsira et Assiya,

Explication

…sans jamais atteindre la subsistance matérielle. Pour que la bonté de D.ieu descende jusqu’à devenir du pain concret — « Il donne du pain à toute chair » —, il faut « l’épouse », Noukva, Mal’hout d’Atsilout, qui donne la vie aux mondes inférieurs. (Le texte imprimé « מ בחי׳ » semble devoir se lire « מבחי׳ ».)

שהיא נק׳ ביתי שהוא המשכת מקיף העליון שהוא הנותן כח להיות ההמשכה למטה בגשמיות ועמ״ש בפ׳ קרח ע״פ ויגמול שקדים ועמ״ש סד״ה ועשית בגדי קדש:

elle est appelée « ma maison » : elle fait descendre la lumière enveloppante suprême, qui donne la force de faire descendre [la bénédiction] ici-bas, jusque dans la matérialité. Voir ce qui est écrit dans la Parachat Kora’h, sur « Elle produisit des amandes mûres », ainsi qu’à la fin du discours commençant par « Tu feras des vêtements de sainteté ».

Explication

Mal’hout est appelée « ma maison » parce qu’elle fait descendre la lumière enveloppante suprême (le niveau de la maison), qui donne à la bénédiction divine la force d’atteindre le monde matériel. Ainsi, l’homme apporte la bonté spirituelle, mais la bénédiction matérielle vient par l’intermédiaire de sa femme. Deux renvois terminent le maamar.

Le paragraphe 15 en bref

Ce dernier paragraphe applique le principe du maamar à Mal’hout, « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs » : le niveau le plus bas, dont la racine se trouve au plus haut, devient la pierre d’angle grâce au raffinement accompli par David. Le texte se termine en expliquant pourquoi la bénédiction et la subsistance d’un homme lui viennent par sa femme, sa « maison ».

Pour aller plus loin

Le « remplissage » du hé comme « servante » de Mal’hout, et David comme celui qui pouvait l’édifier, relient les thèmes de la maison, de la pierre et du domem à la royauté davidique. La conciliation finale entre « je te nourrirai » et « il reçoit sa subsistance en considération de sa femme » montre que le niveau de la maison — Mal’hout, enracinée dans l’enveloppement suprême — est ce qui fait passer la bonté divine jusque dans la réalité matérielle.

Maré mekomot

  1. 1
    אבן מאסו הבונים היתה לראש פינה · Psalms 118:22
  2. 2
    מל׳ נק׳ בחי׳ אבן · ראה אוה״ת פ׳ ויחי כרך ב שצד, ב. וראה בד״ה וישלח תרע״ג.
  3. 3
    שתי אבנים כו׳ · ס״י פ״ד, מט״ז.
  4. 4
    בביאור ע״פ זאת חקת התורה · Numbers 19:2
  5. 5
    אולי אבנה ממנה · Genesis 16:2
  6. 6
    אולי אבנה גם אנכי ממנה · ראה שם ל, ג.
  7. 7
    וכן רחל את שפחתה בלהה ואמרה אולי אבנה גם אנכי ממנה · Genesis 30:3
  8. 8
    ראש לשועלים · Zohar II, 148b
  9. 9
    להיות ראש לשועלים · Pirkei Avot 4:15
  10. 10
    בד״ה יגלה לן טעמי׳ · תו״א טו, ג.
  11. 11
    וע׳ בזהר פ׳ בראשית דכ״ז ע״ב · Zohar, Bereshit 24:264–25:273
  12. 12
    ממ״ש ברבות תזריע פי״ד כלום נתוין אבא ישי · Vayikra Rabbah 14:5
  13. 13
    רגלי׳ יורדות · Proverbs 5:5
  14. 14
    נעוץ תחלתן בסופן · ס״י פ״א, מ״ז.
  15. 15
    כי נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
  16. 16
    אבנים מפולמים אבנים נקובים · ראה סידור ד״ה להבין ההפרש בין ק״ש לתפלה. ראה ביאוה״ז לאדה״א מד, ג. ואילך.
  17. 17
  18. 18
    להניח ברכה אל ביתך · Ezekiel 44:30
  19. 19
  20. 20
    אין אדם ניזון · ע׳ בס׳ אור התורה מאדמו״ר הצ״צ נ״ע בפ׳ ויצא ד״ה וירא והנה באר סי׳ ה׳ בזה״ל הביא מארז״ל אין נותנין לאדם פרנסה כו׳ (וג״ז ל״מ). עו״ש בפ׳ בראשית ד״ה במ״ר בראשית ויברך (מה, א). [כ].
  21. 21
    נותן לחם לכל בשר · Psalms 136:25
  22. 22
    בפ׳ קרח ע״פ ויגמול שקדים · Numbers 17:23
  23. 23
    סד״ה ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
  24. 24
    בד״ה מנורת זהב · לעיל פ׳ בהעלותך לד, א.
  25. 25
    אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
  26. 26
    ופי׳ ברבות תרומה פל״ה · הלשון נעתק ביהל אור ע׳ שנב
  27. 27
    ובזהר תרומה (קס״ו סע״ב) · ”שזהו״ע מ״ש אור זרוע לצדיק, דהיינו אור שנברא ביום ראשון שזרעו הקב״ה בג״ע ע״י צדיק יסו״א שהוא גננא דגנתא ואוליד ואצמח ועביד פירין וזהו וכגנה זרועיה תצמיח” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ רפט.
  28. 28
    וכ״מ ברבות ס״פ שלח · ”ע״פ ועשו להם ציצית הה״ד אור זרוע לצדיק, וכתיב ה׳ חפץ למען צדקו וגו׳ זרע הקב״ה את התורה ואת המצות להנחילם לישראל לחיי העוה״ב ולא הניח דבר בעולם שלא נתן בו מצוה לישראל יצא לחרוש לא תחרוש בשור ובחמור כו׳ עכ״ל. לפי״ז פי׳ אור זרוע אור היינו התורה ומצות, זרוע מה שנתלבשו בכל פרטי הענינים שבעוה״ז בחרישה וזריעה כו׳, ולבושי׳ כמו ציצית, ובבתים מזוזה וכן בכל שא״ד” — יהל אור ע׳ שנב. וראה אוה״ת נ״ך כרך א ס״ע רפט ואילך.
  29. 29
    ואור החמה יהי׳ שבעתיים כאור שבעת הימים · Isaiah 30:26
  30. 30
    ברבות נשא פי״ג . . תרי״ג אותיות · ראה גם לעיל פ׳ בחקותי מו, ד.
  31. 31
    וזהו שפי׳ בזהר ויקרא (די״ב ע״א) · באוה״ת בראשית כרך ז תתשס, ב מביא לשון המדרש ומקשה ”(קשה איך דבור זכור את יום השבת לקדשו מכוון נגד תדשא הארץ דשא, אדרבה זהו עשיית מלאכה וא״כ זהו הפך לקדשו, לכאורה)”. וראה גם באוה״ת נ״ך ע׳ רצ.
  32. 32
    יוצר משרתים ואשר משרתיו · ברכת יוצר.
  33. 33
    וגילוי זה זהו בשבת · ראה באוה״ת נ״ך ע׳ רצ בסעי׳ ב בענין נשמה יתירה.
  34. 34
    בד״ה ראה כי ה׳ נתן לכם השבת · לעיל פ׳ בשלח ב, א.
  35. 35
    קדושתי למע׳ מקדושתכם · Vayikra Rabbah 24:9
  36. 36
    שמש צדקה ומרפא · Malachi 3:20
  37. 37
    ברבות בא פט״ו (דקל״א ע״ד) · ראה לעיל פ׳ ראה כה, ג. ל, ד. ובאוה״ת פ׳ וירא כרך א פח, ב: ”ובסדר בא פט״ו מבואר ענין שמש צדקה היינו מה שיהי׳ ואור החמה שבעתים כאור שבעת הימים, והוא ענין אור ג״ר דעתיק, ולכן הוא מרפא כי משם מקור החיים”. ע״ש.
  38. 38
    ותהלתי אחטם לך · Isaiah 48:9
  39. 39
    וברבות במדבר פרשה ה׳ · ”דורש אחתם לשון חותם קץ הגאולה החתום . . גם חותמה לטובה” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ קעט. וראה לעיל פ׳ שלח נא, ד.
  40. 40
    בספד״צ פ״ב · Zohar II, 177a

16סליק

Fin.

Explication

« Fin » : formule habituelle qui marque la conclusion du maamar.

Le paragraphe 16 en bref

Le mot final du maamar.

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Le maamar tire ses enseignements de la manière dont une personne sert D.ieu : les mitsvot accomplies par choix le sont avec joie, mais le service le plus élevé est l’abandon de soi au-delà de sa propre volonté et de sa compréhension (« nous ferons » avant « nous entendrons », « de toute ta force », respecter les interdits parce que D.ieu l’a décrété, fuir les honneurs). À l’image de David, qui se fit silencieux comme la pierre, celui qui met de côté son propre sentiment de soi devient une « maison » pour le niveau le plus élevé ; il faut alors faire entrer consciemment la joie dans ce service.

Questions à discuter

  1. Selon le maamar, pourquoi une maison est-elle plus précieuse que des vêtements, et les vêtements plus précieux que la nourriture, et quel principe cela illustre-t-il ?
  2. Comment les deux aspects de Kéter, Arikh Anpin et Atik, correspondent-ils aux vêtements et aux maisons, ainsi qu’aux deux types de mitsvot ?
  3. Pourquoi fallait-il faire entrer la joie dans la dédicace du Temple, alors que les mitsvot ordinaires s’accomplissent naturellement avec joie ?
  4. Qu’est-ce qui fait du sanctuaire de pierre de Chilo un « repos », et quel lien cela a-t-il avec les mots du Chéma considérés comme des « pierres » ?
  5. Comment le maamar concilie-t-il « Je l’honorerai et le ferai vivre » dans la ketouba avec l’enseignement selon lequel un homme est entretenu grâce à son épouse ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas V’Zos HaBerachahוזאת הברכה

  1. 1ואתה מרבבות קדשAnd He Came from the Holy Myriads
  2. 2תורה צוה לנו משה מורשה קהלת…The Torah that Moshe commanded us is the inheritance of the congregation of Yaakov
  3. 3ביאור ע״פ תורה צוהAn explanation of “The Torah that Moshe commanded us”
  4. 4והיה מדי חדש בחדשו ומדי שבת…“And it shall be, every New Moon on its New Moon and every Shabbos on its Shabbos”
  5. 5מזמור שיר חנוכת הבית כו׳ ולא…“A psalm, a song for the dedication of the House…, and You did not let my enemies rejoice over me”
  6. 6מזמור שיר חנכת הבית לדודA psalm, a song of the dedication of the House, of David