Likkutei Torah · Parshas Shemini · Maamar 1
לויתן זה יצרת לשחק בו
« Ce Léviathan que Tu as formé pour jouer avec lui »
L’idée centrale
Il existe deux sortes de tsadikim : les tsadikim cachés, le Léviathan, dont le service paisible et entièrement spirituel atteint la divinité elle-même en un seul élan, et les tsadikim révélés, le taureau sauvage, dont le service ardent, accompli par les mitsvot physiques et la joie des fêtes, attire la lumière divine dans ce monde. La « chasse » entre eux dans le Monde futur est une élévation mutuelle, car tous deux sont bons et chacun est supérieur à sa manière.
Le maamar en bref
Le Midrach dit que, dans le Monde futur, Béhemot, le taureau sauvage, et le Léviathan se livreront combat en spectacle pour les tsadikim : le taureau frappera de ses cornes, et le Léviathan l’abattra de ses nageoires — un abattage aujourd’hui invalide que D.ieu permettra alors. L’Admour Hazaken y voit deux sortes de tsadikim. Les tsadikim cachés, comme Rabbi Chimon bar Yo’haï dans la grotte, servent dans un esprit pur ; appelés « poissons de la mer », couverts et cachés, ils relient les mondes à l’Infini (livyatan signifie relier) et atteignent la divinité elle-même, avec calme, en un seul élan, comme un poisson traverse la mer avec ses nageoires. Les tsadikim révélés servent par les mitsvot physiques et la joie des fêtes, avec viande et vin, dans une ferveur ardente ; leur viande est « pure », une élévation, mais elle provient d’une réalité limitée. Ainsi, le Léviathan élève le taureau sauvage au-delà de ses propres capacités, étape après étape à travers les palais, ce qui explique pourquoi l’abattage interrompu sera permis ; et le taureau sauvage élève le Léviathan, car son service physique est celui qu’ordonne la Torah. Une glose relie le « jeu » du Léviathan à Yits’hak, à « de toute ta force » et au sacrifice de soi dans le Chéma.
Plan
- Le Léviathan et le taureau sauvage : deux sortes de tsadikimLe Midrach sur le combat de Béhemot, le taureau sauvage, et du Léviathan ; les tsadikim cachés dont le service est spirituel, comme Rabbi Chimon bar Yo’haï et l’Arizal, « poissons de la mer » qui relient les mondes à l’Infini, et les tsadikim révélés qui attirent la lumière des fêtes par les mitsvot physiques ; une glose sur le « jeu » de D.ieu avec le Léviathan à l’heure de Min’ha, sur « de toute ta force » et sur le sacrifice de soi dans le Chéma ; l’unique élan paisible du Léviathan face à la ferveur de la joie autour de la viande ; le taureau sauvage comme pur, sa viande étant une élévation.¶1
- L’abattage comme élévation mutuelleBar, au sens de « pur » ; le service du taureau sauvage est modeste en comparaison de celui du Léviathan, qui l’élève donc avec ses nageoires au-delà de ses propres capacités ; le taureau sauvage élève le Léviathan, car le service physique est une prescription de la Torah ; tous deux sont bons, chacun supérieur à sa manière ; une glose sur bar au sens de grain et sur Yossef le taureau ; l’interruption entre les palais, la raison pour laquelle l’abattage invalide sera permis, et les cornes du taureau.¶2
Notions clés
- Léviathanלויתן
- Les tsadikim cachés, dont le service est entièrement spirituel ; le nom signifie « relier », car ils relient les mondes à l’Infini et, avec leurs « nageoires », s’élèvent d’une extrémité à l’autre en un seul élan.
- Le taureau sauvageשור הבר
- Les tsadikim révélés, qui servent par les mitsvot physiques et la joie des fêtes ; un taureau « du côté gauche », de feu et de ferveur, mais bar, pur et raffiné.
- Poissons de la merנוני ימא
- Des âmes couvertes et cachées comme les poissons le sont par la mer, appartenant au niveau du monde caché ; certaines, comme celle de l’Arizal, sont des « poissons au milieu de la terre », vivant dans des corps.
- Service spirituel et physiqueעבודה ברוחניות ובגשמיות
- Les unions et les élévations accomplies par l’intention du cœur, qui atteignent la divinité elle-même, par opposition aux mitsvot pratiques, qui attirent la lumière divine dans le monde physique ; le monde a besoin des deux.
- De toute ta forceבכל מאדך
- Un amour sans limites, nécessaire pour attirer la lumière qui entoure tous les mondes dans la lumière qui les remplit ; c’est alors « accomplir pleinement la volonté de Celui qui remplit l’univers ».
- Sacrifice de soi lors de « Un »מסירות נפש באחד
- Livrer son âme dans le Chéma, ce qui relie le yéch au aïn et attire l’unité supérieure d’Abba et Imma, une lumière nouvelle provenant de l’Infini.
- Interruption entre les palaisהפסק בין היכל להיכל
- L’élévation ne peut se produire d’un seul coup, mais passe de palais en palais ; ainsi, l’abattage interrompu et « invalide » du taureau sauvage par le Léviathan sera permis.
Le Léviathan et le taureau sauvage : deux sortes de tsadikim ¶1
1לויתן זה12 יצרת345678 לשחק בו. איתא במדרש רבה פ׳ שמיני פ׳ י״ג בהמות ולויתן הם קניגון9 של צדיקים לעתיד לבא כו׳
« Ce Léviathan que Tu as formé pour jouer avec lui. » Il est enseigné dans Midrach Rabba, Parachat Chemini, section 13 : « Le Béhémot et le Léviathan sont le spectacle de chasse (kenigon) des tsadikim dans le monde futur », etc.
Le maamar s’ouvre sur un verset du psaume de la création : D.ieu a formé le Léviathan, la grande créature marine, « pour jouer avec lui ». Il cite ensuite le Midrach, selon lequel, dans le monde futur, le Béhémot, la grande bête terrestre, et le Léviathan seront un kenigon pour les tsadikim : un mot d’origine grecque désignant une chasse ou un combat d’animaux sauvages donné en spectacle.
בהמות נותץ ללויתן בקרניו וקורעו ולויתן נותץ לבהמות בסנפיריו ונוחרו10 כו׳ ולא כך תנינן הכל שוחטין ובכל שוחטין11 ולעולם שוחטין חוץ ממגל קציר12 כו׳
« Le Béhémot frappe le Léviathan de ses cornes et le déchire, et le Léviathan frappe le Béhémot de ses nageoires et le transperce », etc. « Mais n’avons-nous pas appris : “Tout le monde peut abattre, on peut abattre avec n’importe quoi et à tout moment, à l’exception d’une faucille à moisson” », etc.,
Le Midrach décrit le combat : le Béhémot attaque avec ses cornes et le Léviathan tue le Béhémot avec ses nageoires. Il objecte ensuite que la Michna interdit l’abattage avec une faucille à moisson, dont le bord dentelé déchire au lieu de trancher ; un abattage avec des nageoires devrait donc être invalide.
עד חדוש תורה מאתי תצא. שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] יתיר אז שחיטה זו שישחוט הלויתן את הבהמה בסנפיריו.
jusqu’à : « Une innovation dans la Torah sortira de Moi. » [C’est-à-dire que] le Saint béni soit-Il autorisera alors cet abattage : le Léviathan abattra la bête avec ses nageoires.
Le Midrach répond par les mots : « Une innovation dans la Torah sortira de Moi » ; dans le monde futur, D.ieu statuera d’une manière nouvelle. L’Admour Hazaken comprend qu’Il autorisera alors cet abattage même, celui par lequel le Léviathan abat la bête avec ses nageoires.
ובהמות אלו זהו ענין שור הבר (וכמ״ש בתרגום יונתן בתהלים סי׳ נ׳ ע״פ בהמות בהררי אלף13 ותור בר14 כו׳ ועיין בב״ב [בבבא בתרא] דע״ד [דעל דרך] ב׳ ע״ה א׳).
Et ce Béhémot est le taureau sauvage (chor habar). (Comme il est écrit dans le Targoum Yonatan sur les Psaumes, chapitre 50, au sujet du verset « Le Béhémot sur mille montagnes » : « et le taureau sauvage (tor bar) », etc. Voir aussi Bava Batra, folio 74b [et] 75a.)
Le Béhémot est le chor habar, le « taureau sauvage » de la tradition des Sages. Le Targoum rend « les bêtes sur mille montagnes » (Psaumes 50:10) par « le taureau sauvage », et le Talmud, dans Bava Batra, évoque le Béhémot réservé aux justes dans le monde futur ainsi qu’une chasse (kenigya) future du Léviathan.
ולהבין ענין קניגי זו דלויתן עם שור הבר. הענין כי יש ב׳ מיני צדיקים. הא׳ אותן שהם בסתר15 שעבודתם ברוחניות16 פי׳ בכוונת הלב לייחד יחודים עליונים ובבחינת עליות.
Pour comprendre le sens de ce combat de chasse entre le Léviathan et le taureau sauvage, l’explication est qu’il existe deux sortes de tsadikim. Les premiers sont ceux qui demeurent cachés et dont le service s’accomplit dans la spiritualité ; c’est-à-dire par l’intention du cœur, afin de réaliser des unions supérieures (yi’houdim), et par des élévations.
Pour expliquer ce combat, l’Admour Hazaken distingue deux sortes de tsadikim. Les premiers servent D.ieu dans le secret et l’intériorité : leur service consiste, par l’intention du cœur, à réaliser des yi’houdim, des unions des attributs divins en haut, et à s’élever de niveau en niveau.
וכגון רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] כשהיה במערה י״ג שנה שבודאי לא17 היה יכול לקיים במעשה כמה מצות מעשיות
C’est le cas, par exemple, de Rabbi Chimon bar Yo’haï lorsqu’il se trouvait dans la grotte pendant treize ans : il ne pouvait certainement pas accomplir concrètement plusieurs mitsvot pratiques,
Rabbi Chimon bar Yo’haï, le Sage du Zohar, se cacha dans une grotte pendant treize ans pour échapper au décret romain. Là, il ne pouvait tout simplement pas accomplir nombre de mitsvot qui requièrent un acte physique.
שהרי לא היו ניזונים רק מחרובא18 ועינא דמיא דאיברי להו א״כ [אם כן] לא קיים אכילת מצה בפסח וקדוש על היין ואתרוג וסוכה כו׳.
car ils ne se nourrissaient que de « caroubes et d’une source d’eau qui avait été créée pour eux ». Ainsi, il n’accomplit pas la mitsva de manger de la matsa à Pessa’h, le Kiddouch sur le vin, le loulav et l’étrog, la soukka, etc.
Le Talmud rapporte qu’un caroubier et une source d’eau furent créés miraculeusement pour lui et son fils, et que c’était là toute leur nourriture. Il ne pouvait donc pas manger de matsa à Pessa’h, réciter le Kiddouch sur le vin, prendre un étrog ni s’asseoir dans une soukka.
וכן האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה]19 היה ג״כ גם בבחינה זו (ר״ל [רוצה לומר] ע״ד [על דרך] מ״ש בזהר ח״ג [חלק ג׳]) (דקפ״ז ע״ב) ע״פ וידגו לרוב בקרב הארץ2021 משא״כ שאר נוני ימא22 שאינן בארץ רק בים זהו ענין המלאכים כו׳.
De même, le saint Ari zal se trouvait également à ce niveau. (C’est-à-dire dans le sens de ce qui est écrit dans le Zohar, partie III) (folio 187b), au sujet du verset : « Qu’ils se multiplient comme les poissons, en abondance, au milieu du pays » ; en revanche, les autres poissons de la mer (nunei yama), qui ne se trouvent pas sur la terre mais seulement dans la mer, désignent les anges, etc.
Le Ari zal avait lui aussi quelque chose de ce niveau. Le Zohar interprète la bénédiction de Yaakov, « qu’ils se multiplient comme les poissons au milieu du pays », comme désignant des poissons qui vivent sur la terre, contrairement aux poissons ordinaires, qui ne survivent pas hors de l’eau. Les tsadikim tels que le Ari zal sont de tels « poissons » : leur service est spirituel, mais ils vivent sur terre, dans un corps ; les poissons qui ne se trouvent que dans la mer représentent les anges.
והב׳23 הם אותן צדיקים שהן בגילוי שעבודתם בגשמיות בקיום המצות מעשיות ושמחת בחגך24 שהוא ג״כ המשכת אורות עליונים מועדי25 הוי׳ והשמחה הוא הגילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה שנמשך ומתגלה
La deuxième catégorie est constituée des tsadikim qui sont révélés, dont le service s’accomplit dans la matérialité : par l’accomplissement des mitsvot pratiques et par « Tu te réjouiras en ta fête », ce qui constitue également un influx de lumières supérieures, « les temps fixés de Havaya ». La joie est la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est attirée et révélée.
La deuxième catégorie de tsadikim sert D.ieu au grand jour, par les mitsvot matérielles, par exemple le commandement de se réjouir lors des fêtes. Cette joie aussi attire une lumière supérieure, car les fêtes sont « les temps fixés de Havaya », et la joie est la révélation de la Lumière infinie qui descend dans le monde.
(וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] בפ׳ צו) והמשכה זו הוא ע״י המצו׳ [המצות / המצוה] בעובדא דוקא כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שבזמן הבית אין שמחה אלא בבשר
(comme cela est écrit plus haut, dans la paracha Tzav). Cet influx s’opère précisément par les mitsvot accomplies en acte, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : à l’époque du Temple, « il n’y a de joie qu’avec de la viande » ;
La parenthèse indique que la joie comme révélation de la Lumière infinie a été expliquée dans la paracha Tzav. Cet influx dépend d’actes matériels concrets : les Sages ont enseigné que, tant que le Temple existait, la joie des fêtes ne pouvait être obtenue que par la consommation de viande.
דהיינו מצות שלמי שמחה שהיו מביאים בכל יו״ט [יום טוב] כו׳ ועכשיו אין שמחה אלא ביין וכדלקמן.
c’est-à-dire la mitsva des offrandes de paix de réjouissance (chalmei sim’ha), qu’ils apportaient à chaque Yom Tov, etc. ; « et maintenant, il n’y a de joie qu’avec du vin », comme [cela sera expliqué] plus loin.
La viande provenait des chalmei sim’ha, les offrandes de paix de réjouissance apportées à chaque fête. À présent que le Temple n’existe plus, ont enseigné les Sages, la joie s’exprime par le vin.
ועיקר ההמשכות בפסח ע״י מצה ובשבועות ע״י מ״ת [מתן תורה] ובסוכות ע״י סוכה ולולב ומיניו ובלעדי זה א״א [אי אפשר] להמשיך כלל
Les influx principaux sont : à Pessa’h, par la matsa ; à Chavouot, par le Don de la Torah ; et à Soukkot, par la soukka, le loulav et ses espèces. Sans cela, il est impossible d’attirer quoi que ce soit.
La lumière de chaque fête est attirée par la mitsva matérielle qui lui est propre : la matsa à Pessa’h, le Don de la Torah à Chavouot, et la soukka ainsi que les quatre espèces à Soukkot. Sans ces actes, la lumière ne peut être attirée.
(אבל רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] שהיה מבחינת לויתן ונוני ימא דאזלין ביבשתא כנ״ל המשיך ההמשכות כשהיה במערה ע״י יחודים ועליות כו׳ כנ״ל).
(Mais Rabbi Chimon bar Yo’haï, qui relevait du niveau du Léviathan et des « poissons de la mer qui vont sur la terre ferme », comme mentionné plus haut, attirait ces influx lorsqu’il se trouvait dans la grotte, au moyen d’unifications et d’élévations, etc., comme mentionné plus haut.)
Rabbi Chimon bar Yo’haï constituait une exception. En tant qu’âme relevant du niveau du « Léviathan », des « poissons de la mer qui vont sur la terre ferme », il attirait les lumières des fêtes dans la grotte par les seules unions et élévations, sans les mitsvot matérielles.
והנה באמת אי אפשר להגיע (אן רירען בל״א [בלשון אשכנז])26 אלקותו ית׳ ע״י עבודה הגשמיות אלא ע״י עבודה רוחניות
Or, en vérité, il est impossible d’atteindre (en yiddish, an rirn [« toucher »]) Sa divinité, béni soit-Il, par le service matériel ; cela n’est possible que par le service spirituel
L’Admour Hazaken expose ici le point profond : il est impossible d’atteindre la divinité elle-même par le service matériel ; seul le service spirituel de la première catégorie de tsadikim le permet. L’expression yiddish an rirn, « toucher », indique qu’il s’agit de toucher réellement la divinité, et non pas seulement d’en attirer la lumière ici-bas.
של הצדיקים הנ״ל והם נקראים נוני ימא27 כדגים אלו שהים מכסה עליהם כך הם מבחינת עלמא דאתכסיא וישנם בכל דור ודור שהם צדיקים שבסתר כו׳
des tsadikim mentionnés plus haut. Ils sont appelés « poissons de la mer » (nounaï yama) : de même que la mer recouvre ces poissons, ils relèvent du monde caché (alma de’itkasya). Il en existe dans chaque génération : ce sont les tsadikim dissimulés, etc.
Ces tsadikim sont appelés « poissons de la mer » parce que, comme la mer recouvre les poissons, ils appartiennent à l’alma de’itkasya, le monde caché. De tels tsadikim dissimulés existent dans chaque génération.
והם המחברים העולמות לא״ס [לאין סוף] ב״ה (וע״ד [ועל דרך] שאמרו דוד היה מחבר תורה שלמעלה בהקב״ה [בהקדוש ברוך הוא]) וזהו ענין לויתן שהוא לשון התחברות28 כמו הפעם ילוה אישי אלי29 כו׳
Ce sont eux qui relient les mondes à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il (comme dans l’enseignement selon lequel « David reliait la Torah d’en haut au Saint béni soit-Il »). Voilà le sens de « Léviathan », terme qui évoque le lien, comme dans « Cette fois, mon mari se joindra à moi », etc.
Leur tâche consiste à relier les mondes à l’Infini, comme le dit le Zohar au sujet du roi David : « Il reliait la Torah d’en haut au Saint béni soit-Il. » Le nom livyatan, Léviathan, signifie lui-même « lien » et vient de la même racine que les paroles de Léa à la naissance de Lévi : « Cette fois, mon mari se joindra (yilavé) à moi. »
(הג״ה [הגהה]) (עיין פ״ק [פרק קמא] דע״ז [דעבודה זרה] ד״ג ע״ב30 רביעית יושב ומשחק עם לויתן שנאמר31 לויתן זה יצרת כו׳ ועיין בשמות רבה פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו]32 דקל״ב ב׳ מענין לויתן זה כו׳
(Glose :) (Voir le premier chapitre d’Avoda Zara, folio 3b : « Durant le quatrième [groupe de trois heures], Il s’assied et joue avec le Léviathan, ainsi qu’il est dit : “Ce Léviathan que Tu as formé” », etc. Voir aussi Chemot Rabba, section 15, folio 132b, au sujet de « ce Léviathan », etc. ;
Ici commence une glose (hagaha), une longue note insérée dans le texte principal. Elle cite l’enseignement talmudique selon lequel la journée de D.ieu comprend quatre périodes de trois heures et où, durant la quatrième, Il « s’assied et joue avec le Léviathan », ainsi qu’un Midrach évoquant le lieu de « ce Léviathan ».
ובזח״א [ובזהר חלק א] ויחי דרמ״ז33 א׳ שמות י״א ע״ב בשלח ד״נ34 ע״ב אחרי דנ״ח ע״א שלח קע״ד א׳ ועיין בעמה״מ [בעמק המלך] שי״ד פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד] דפ״ד ע״ג [עמוד ג׳])
et dans le Zohar, partie I, Vayé’hi, folio 247a ; Chemot, 11b ; Béchala’h, folio 50b ; A’harei, folio 58a ; Chéla’h, 174a. Voir aussi Emek HaMelech, Shaar 14, chapitre 14, folio 84, colonne c.)
La glose énumère d’autres passages du Zohar sur « ce Léviathan que Tu as formé pour jouer avec lui », où le Léviathan est lié à l’union, à la joie des mondes supérieurs et inférieurs, ainsi qu’au Tsaddik. Elle renvoie également à Emek HaMelech, un ouvrage de Kabbala.
והנה בג׳ שעות רביעיות הוא נקרא סמוך למנחה35 כדאיתא בגמ׳ [בגמרא] ר״פ ערבי פסחים ויצחק תיקן תפלת המנחה36 וידוע דיצחק הוא לשון צחוק ושחוק כמ״ש צחוק עשה לי אלקים37 וכמ״ש מזה בד״ה ושבתי בשלום.38
Or, le quatrième groupe de trois heures est appelé « à l’approche de Min’ha », comme l’indique la Guemara au début du chapitre Arvei Pesachim ; et « Yits’hak institua la prière de Min’ha ». Il est connu que le nom « Yits’hak » évoque le rire et le jeu (ts’hok et sé’hok), comme il est écrit : « D.ieu m’a donné le rire » ; comme cela est expliqué à ce sujet dans le discours commençant par « Et je reviendrai en paix ».
Le quatrième quart de la journée, lorsque D.ieu joue avec le Léviathan, correspond à l’après-midi, au moment que la Guemara appelle « à l’approche de Min’ha ». Yits’hak institua la prière de Min’ha ; son nom vient de ts’hok, le rire, comme Sara le dit : « D.ieu m’a donné le rire ». L’heure de Yits’hak est donc celle du jeu divin.
ולכן אז יושב ומשחק עם לויתן כו׳ ועמ״ש בפי׳ מנחה בד״ה ויקח מן הבא בידו מנחה39 כו׳ גם כי יצחק חפר בארות404142 שהוא ענין העלאת מ״ן [מיין נוקבין] ועיין בפ׳ תולדות (דקמ״א סע״א [סוף עמוד א]),
C’est pourquoi, à ce moment-là, Il « s’assied et joue avec le Léviathan », etc. Voir aussi ce qui est écrit sur le sens de « Min’ha » dans le discours commençant par « Il prit de ce qui lui était tombé sous la main une offrande (min’ha) », etc. C’est aussi parce que Yits’hak creusa des puits, ce qui correspond à l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) ; voir aussi la paracha Toldot (folio 141, fin du côté a).
C’est pourquoi D.ieu joue avec le Léviathan à cette heure ; le texte renvoie également à un discours expliquant le mot min’ha. Un autre lien : Yits’hak creusa des puits, ce qui, en Kabbala, signifie élever les mayin noukvin, les « eaux féminines » : un élan qui s’élève d’en bas et suscite une réponse d’en haut. Le Zohar sur Toldot (1:141a) parle des puits creusés par Yits’hak.
והנה מבואר במ״א ענין הנזכר בגמרא (רפ״ו דברכות)43 דפ׳ והיה אם שמוע לא נקרא עדיין עושים רצונו של מקום4445 כדבעי (ע״ש [עיין שם] בתוספות)
Or, il est expliqué ailleurs que, selon l’enseignement mentionné dans la Guemara (au début du chapitre 6 de Berakhot), le passage « Et il arrivera, si vous écoutez » n’est pas encore qualifié de « faire la volonté du Maître du monde » comme il conviendrait (voir Tossefot, à cet endroit).
La glose rappelle maintenant la Guemara dans Berakhot (35b) : le deuxième passage du Chéma, « Et il arrivera, si vous écoutez », évoque une époque où Israël ne fait pas encore la volonté de D.ieu aussi pleinement qu’il le devrait. Tossefot explique à cet endroit qu’il s’agit de personnes qui font Sa volonté, mais pas entièrement, car elles ne sont pas des tsaddikim accomplis.
והיינו לפי שלא נאמר בה בכל מאדך46 כמו בפ׳ שמע דהיינו שלהיות ההמשכה והגילוי מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין] שזהו הנקרא עושין רש״מ [רצונו של מקום].
Cela s’explique par le fait qu’il n’y est pas dit « de toute ta force », comme dans le passage du Chéma. Autrement dit, pour qu’il y ait l’effusion et la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) au sein de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) — ce qui est appelé « faire la volonté du Maître du monde » —,
La raison en est que ce passage ne contient pas les mots « de toute ta force » (be’hol me’odékha), qui figurent dans le premier passage du Chéma. « Faire la volonté du Maître du monde » au sens plein signifie faire descendre la lumière qui entoure tous les mondes dans celle qui les remplit, afin que le transcendant se révèle au sein du monde.
זהו דוקא ע״י בכל מאדך בלי גבול כו׳ וזהו הבחינה הנזכר כאן שלהגיע ולהמשיך בחינת הפעם ילוה כו׳
cela ne peut se faire que par « de toute ta force », sans limite, etc. Tel est le niveau mentionné ici : atteindre et faire descendre le niveau de « Cette fois, mon époux s’attachera à moi », etc. —
Une telle effusion requiert « de toute ta force », un amour sans limite, à la mesure de la lumière illimitée qu’elle fait descendre. C’est le niveau que le maamar désigne par « Cette fois, mon époux s’attachera à moi », le lien que représente le Léviathan.
זהו ע״י העבודה הרוחניות של הצדיקים הנקראים נוני ימא משא״כ בלא בחינת בכל מאדך אף שנאמר והיה אם שמוע תשמעו47 כו׳ כנ״ל.
cela se réalise par le service spirituel des tsaddikim, appelés « poissons de la mer ». Il n’en va pas ainsi sans le niveau de « de toute ta force », même s’il est dit : « Et il arrivera, si vous écoutez attentivement », etc., comme mentionné plus haut.
Ce lien ne peut être atteint que par le service spirituel des tsaddikim appelés « poissons de la mer ». Sans le niveau de « de toute ta force », même l’obéissance décrite par « si vous écoutez » ne permet pas de l’atteindre.
ועד״ז [ועל דרך זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ק [פרק קמא] דע״ז [דעל זה] (שם) משחרב בהמ״ק [בית המקדש] אין שחוק כו׳ וכמ״ש בפ׳ תרומה (קס״ו ב)
Dans le même ordre d’idées, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le premier chapitre d’Avodah Zarah (là) : « Depuis la destruction du Temple, il n’y a plus de jeu », etc. ; comme il est écrit dans Parshas Terumah (166b),
Le Talmud ajoute que, depuis la destruction du Temple, il n’y a plus de jeu divin. Le Zohar, dans Parshas Terumah, applique le verset « le fleuve sera asséché et desséché » au temps de l’exil, où le flux venant d’en haut est interrompu.
בענין ונהר יחרב ויבש484950 ובבראשית (ד״ו ע״ב) ומ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] שם (ד״ו א׳) גבי לרחוק דא יעקב.51
au sujet de « Le fleuve sera asséché et desséché » ; et dans Bereishis (folio 6b) ; ainsi que ce que le Ramaz écrit là (folio 6a) à propos de « Au loin » : cela désigne Yaakov.
L’introduction du Zohar (1:6b) interprète le même verset en disant que le fleuve fut « asséché » lors de la destruction du Premier Temple et « desséché » lors de celle du Second. Le texte renvoie également au commentaire du Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto, commentateur du Zohar) au folio 6a, où « au loin » désigne Yaakov.
ועוי״ל [ועוד יש לומר] בזה עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בכהאריז״ל [בכתבי האריז״ל] שע״י תומ״צ [תורה ומצות] ממשיכים יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] אבל להמשיך יחוד או״א [אבא ואימא] שהוא המשכת אור חדש מא״ס [מאין סוף] ב״ה הוא ע״י מס״נ [מסירות נפש] דייקא
On peut encore l’expliquer à la lumière de ce qui est écrit dans les écrits de l’Arizal : par la Torah et les mitsvot, on fait descendre l’union de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et de Noukva (le féminin / Mal'hout) ; mais faire descendre l’union d’Abba et Imma ('Hokhma et Bina), qui consiste à faire descendre une lumière nouvelle depuis l’Infini, béni soit-Il, ne se réalise que par le sacrifice de soi (messirout néfech).
L’Alter Rebbe propose une autre explication tirée des écrits de l’Arizal. La Torah et les mitsvot produisent l’union de Zeir Anpin et de Noukva, les attributs émotionnels divins et Mal'hout ; mais l’union supérieure d’Abba et Imma, 'Hokhma et Bina, fait descendre une lumière nouvelle depuis l’Infini et requiert le messirout néfech, le sacrifice de soi.
וזהו ענין ק״ש [קריאת שמע] למסור נפשו באחד ועמ״ש מזה בביאור ע״פ ונקדשתי בתוך בני ישראל52 בפ׳ אמור
Tel est le sens de la récitation du Chema : livrer son âme à [la parole] « Un ». Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël », dans Parshas Emor.
Tel est le sens du Chema : à la parole Echad, « Un », l’homme livre son âme à D.ieu. Un discours de Parshas Emor sur « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël » développe cette idée.
וזהו הפי׳ מ״ש כאן שהמשכה זו הוא דוקא ע״י עבודה רוחניות שמבחינת לויתן דהיינו חיבור היש לאין כו׳
Tel est le sens de ce qui est dit ici : cette effusion ne se réalise précisément que par un service spirituel relevant du niveau du Léviathan, à savoir l’union du yesh (quelque chose) et de l’ayin (néant), etc.,
Cela explique ce qui a été dit plus haut : l’effusion ne vient que par le service spirituel du Léviathan. Ce service consiste à « unir le yesh à l’ayin » : unir un être créé, qui se perçoit comme existant, à la divinité, qui dépasse toute appréhension et est donc appelée « néant ».
בבחינת מס״נ [מסירות נפש] באחד ועי״ז ממשיכים להיות ילוה אישי אלי (ועמ״ש סד״ה וללבן שתי בנות5354 בענין ילוה אישי ובד״ה נשא את ראש55 בני גרשון).56
au niveau du sacrifice de soi à « Un » ; et, par cela, on fait descendre l’état exprimé par « mon époux se joindra à moi ». (Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et Lavan avait deux filles », au sujet de « mon époux se joindra à moi », ainsi que dans le discours commençant par « Fais le dénombrement des fils de Gershon ».)
Cette union s’accomplit par le sacrifice de soi à la parole « Un » et fait descendre le lien exprimé par « mon époux se joindra à moi ». La parenthèse renvoie à deux autres discours qui traitent de ces mots.
גם י״ל [יש לומר] פי׳ עבודה רוחניות דנשמות שמבחינת לויתן ע״ד [על דרך] מ״ש בש״ע א״ח [אורח חיים] (סי׳ צ״ח ס״א)
On peut aussi expliquer le sens du service spirituel des âmes qui relèvent du niveau du Léviathan, dans le même ordre d’idées que ce qui est écrit dans le Choul'han Arou'h, Ora'h 'Haïm (section 98, paragraphe 1) :
Une autre manière de comprendre le service des âmes du Léviathan s’appuie sur le Choul'han Arou'h, Ora'h 'Haïm 98:1, qui traite de l’intention dans la prière.
שהתפשטות הגשמיות קרוב למעלת הנבואה57 כו׳ וכענין המבואר בפע״ח [בפרי עץ חיים] שט״ז פ״א על האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] אם הייתי דורש שמונים שנים58 כו׳.
que le dépouillement de la matérialité est proche du niveau de la prophétie, etc. ; de même, selon ce qui est expliqué dans Pri Etz Chaim, Shaar 16, chapitre 1, à propos de l’Arizal : « Si je devais enseigner pendant quatre-vingts ans », etc.
Il y est dit que les pieux d’autrefois méditaient dans la prière jusqu’à atteindre un dépouillement de la matérialité, proche du niveau de la prophétie. Pri Etz Chaim rapporte de même que l’Arizal entendait, dans l’académie céleste, des enseignements si vastes qu’il n’aurait pu les exposer en quatre-vingts ans.
והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] משחרב בהמ״ק [בית המקדש]59 אין שחוק כו׳ ברביעיות מאי עביד יושב ומלמד תינוקות של בית רבן תורה
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Depuis la destruction du Temple, il n’y a plus de jeu », etc. « Pendant la quatrième [période de trois heures], que fait-Il ? Il s’assied et enseigne la Torah aux enfants de l’école. »
La glose revient au Talmud : depuis la destruction du Temple, D.ieu ne joue plus avec le Léviathan pendant le quatrième quart de la journée. À la place, « Il s’assied et enseigne la Torah aux enfants de l’école ».
(ועיין מ״ש במקום אחר על פסוק וכל בניך60 למודי הוי׳ ועיין בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך כרובים וכרוב היינו כרביא. ועמ״ש בד״ה מי יתנך כאח לי61 ועמ״ש בפ׳ ויצא קנ״ו ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם) ע״כ [על כן] הג״ה [הגהה].
(Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset : « Tous tes enfants seront instruits par Havaya. » Voyez également le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Keruvim » ; keruv signifie ke-ravya, « comme un enfant ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Si seulement tu étais pour moi comme un frère », ainsi que ce qui est écrit dans la Paracha Vayetse, p. 156, et dans le Mikdash Melech, à cet endroit.) Fin de la glose.
La parenthèse relie ce propos au verset « Tous tes enfants seront instruits par Havaya », ainsi qu’au mot keruv, chérubin, expliqué comme ke-ravya, « comme un enfant », car les chérubins avaient des visages d’enfants. La glose s’achève là.
אך להיות כי העוה״ז [העולם הזה] הוא גשמי לכן צריך לצדיקים שעבודתם בגשמיות לקיים מצות מעשיות62 והוא שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה]63 עמוד א׳ וצדיק שמו6465 שעליו העולם עומד,
Cependant, puisque ce monde est matériel, il faut donc des tsadikim dont le service s’accomplit dans le domaine matériel, en accomplissant les mitsvot pratiques. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Une seule colonne, et Tsadik est son nom », sur laquelle repose le monde.
De retour au texte principal : puisque ce monde est matériel, il faut également des tsadikim qui servent D.ieu par les mitsvot matérielles. Les Sages appellent un tel tsadik « la seule colonne » sur laquelle repose le monde.
(ועמ״ש בד״ה אשירה להוי׳66 ועמ״ש בביאור ע״פ וקבל היהודים וע״פ טובה הארץ מאד מאד).67 וכל מה שיש ביבשה יש בים68 כי באמת צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] הא והא.
(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je chanterai pour Havaya », ainsi que ce qui est écrit dans l’explication du verset « Les Juifs prirent sur eux », et du verset « Le pays est très, très bon ».) Et « tout ce qui se trouve sur la terre ferme se trouve dans la mer » ; car, en vérité, il faut les deux, ceci et cela.
Les Sages ont dit que chaque créature terrestre a son équivalent dans la mer. De même, les deux sortes de tsadikim sont nécessaires : ceux qui sont comparés aux animaux terrestres et ceux qui sont comparés aux créatures marines.
כי הנה הילוך הצדיקים הנק׳ נוני ימא69 היא נפלאה וגבוה מאד כמו עד״מ [על דרך משל] הדגים ששטים בים כך הם שטים ובטיסה אחת מגיע למעלה מעלה וגדולה הרבה מעבודת הצדיקים שבגשמיות שמחה בבשר כו׳ שהכל למטה במדרגה.
Car le mouvement des tsadikim appelés « poissons de la mer » est prodigieux et très élevé. De même que, par exemple, les poissons nagent dans la mer, eux aussi nagent et, en un seul élan, atteignent des hauteurs toujours plus élevées ; leur service est bien supérieur à celui des tsadikim dont le service s’accomplit dans le domaine matériel — la joie liée à la viande, etc. —, qui se situe tout entier à un degré inférieur.
Les tsadikim appelés « poissons de la mer » se meuvent d’une manière prodigieuse : comme un poisson glisse dans l’eau, ils s’élèvent d’un seul élan jusqu’aux niveaux les plus élevés. Cela dépasse de loin le service par la joie matérielle, qui demeure à un degré inférieur.
משא״כ הילוכם שהוא כמשל דג הים ששט מקצה העולם ועד קצהו כך הילוכם ברוחניות בטיסה אחת (מיט איין שו״פ בל״א [בלשון אשכנז])
En revanche, leur mouvement est semblable à celui d’un poisson de mer qui nage d’un bout du monde à l’autre : ainsi se meuvent-ils dans la spiritualité, en un seul élan (en yiddish, mit ein shup [« d’une seule poussée »]),
L’image est celle d’un poisson qui traverse toute la mer, d’un bout du monde à l’autre, en un seul mouvement. L’expression yiddish mit ein shup, « d’une seule poussée », rend l’image plus vivante.
עולים ומגיעים למעלה מעלה ואין זה כלל בבחי׳ התלהבות ורתיחת הדמים70 כמו עבודת הצדיקים הנ״ל שבגשמיות שמחה בבשר שמחה ביין בחי׳ רשפי אש71 ושלהבת כו׳
ils s’élèvent et atteignent des hauteurs toujours plus élevées. Cela ne relève nullement de l’enthousiasme et de l’échauffement du sang, comme le service des tsadikim mentionnés plus haut, qui s’accomplit dans le domaine matériel — la joie liée à la viande, la joie liée au vin, le niveau des « éclairs de feu » et de la flamme, etc. ;
Leur ascension ne comporte rien de l’exaltation et du « sang bouillonnant » de l’autre catégorie de tsadikim, dont la joie s’exprime par la viande et le vin et brûle comme des « éclairs de feu ».
אלא אדרבה בקרירות הדמים ובנחת (ועמ״ש בבה״ז [בביאורי הזהר] וירא)72 (קי״ב א׳) ע״פ וגם אמנה אחותי בת אבי היא7374 כו׳
mais, au contraire, dans le sang-froid et le calme. (Voyez aussi ce qui est écrit dans Biurei HaZohar, Vayera) (112a), à propos du verset : « Et de plus, elle est véritablement ma sœur, fille de mon père », etc.,
Au contraire, ils s’élèvent avec sang-froid et calme. La parenthèse renvoie à Biurei HaZohar sur Vayera, au sujet du Zohar (1:112a), qui interprète les paroles d’Avraham « elle est véritablement ma sœur, fille de mon père » comme désignant la fille de la 'Hokhma supérieure.
ומ״ש בד״ה בהעלותך את הנרות75 בענין חייך שלך גדול משלהם ובטיסה אחת מגיעים למעלה מעלה כו׳ כנ״ל.
et ce qui est écrit dans le discours commençant par « Quand tu allumeras les lampes », au sujet de : « Par ta vie, ce qui t’est destiné est supérieur à ce qui leur est destiné. » En un seul envol, ils atteignent des hauteurs toujours plus élevées, etc., comme mentionné plus haut.
Cela renvoie également à un discours sur « Quand tu allumeras les lampes », à propos des paroles de D.ieu à Aharon : « Par ta vie, ce qui t’est destiné est supérieur à ce qui leur est destiné. » Elles furent prononcées lorsqu’Aharon était attristé de n’avoir aucune part aux offrandes des princes. Le texte répète ensuite que ces tsadikim atteignent les niveaux les plus élevés en un seul envol.
וא״א [ואי אפשר] לבאר דבר זה בדיבור איך ומה הוא.76 ולכן לא קיים רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] בהיותו במערה כמה מצות מעשיות כנ״ל
Il est impossible d’expliquer cette réalité par la parole : comment elle se réalise, et ce qu’elle est. C’est pourquoi Rabbi Chimon bar Yo’haï, alors qu’il se trouvait dans la grotte, n’accomplit pas plusieurs mitsvot pratiques, comme mentionné plus haut ;
Ce type de service ne peut être exprimé par des mots : ni la manière dont il s’accomplit, ni ce qu’il est. C’est pourquoi Rabbi Chimon bar Yo’haï, dans la grotte, n’accomplit pas plusieurs mitsvot pratiques.
אלא הכל ברוחניות למעלה מבחי׳ שמחה בבשר כו׳. וזהו ענין סנפיריו של הלויתן (הנק׳ פלו״ש פעדר״ן) שבהם הוא שט מן הקצה כו׳.
mais tout se déroulait dans la spiritualité, au-delà du niveau de la joie liée à la viande, etc. Tel est le sens des nageoires du Léviathan (appelées flosh-federn), grâce auxquelles il nage d’une extrémité à l’autre, etc.
Son service était entièrement spirituel, au-delà du niveau de la joie procurée par la viande. C’est ce que représentent les nageoires du Léviathan : grâce à elles, il nage d’une extrémité du monde à l’autre ; leur nom en yiddish est flosh-federn.
ולכן העולם כולו עומד על לויתן7778 שמקיף כל העולם כנודע בדברי רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה].79 ולעתיד הלויתן יעשה מלחמה80 עם שור הבר וישחטנו בסנפיריו.
C’est pourquoi le monde entier repose sur le Léviathan, qui encercle le monde entier, comme on le sait d’après les paroles de nos Sages, de mémoire bénie. Dans les temps futurs, le Léviathan livrera bataille au bœuf sauvage et l’égorgera avec ses nageoires.
C’est pourquoi, comme l’enseignent les Sages, le monde entier repose sur le Léviathan, qui l’encercle : le monde est soutenu par les tsadikim qu’il représente. Dans les temps futurs, le Léviathan combattra le bœuf sauvage et l’égorgera avec ses nageoires.
כי הנה עבודת הצדיקים שבבחי׳ השנית נק׳ שור הבר פני שור מהשמאל81 אלא שהוא בר וזך כו׳
Car le service des tsadikim du second niveau est appelé « le bœuf sauvage », « la face d’un bœuf à gauche », à ceci près qu’il est bar, pur et raffiné, etc.
La deuxième catégorie de tsadikim est appelée « le bœuf sauvage ». Dans la vision du char d’Ézéchiel, le bœuf est la face située à gauche, du côté de Guevoura, du feu et de l’intensité ; pourtant, ce bœuf est bar, « pur » et raffiné.
כי הנה גם עבודתם במעשה גשמיות כמו ושמחת בחגך דיו״ט [דיום טוב] ואין שמחה אלא בבשר כו׳
Car même leur service par des actes matériels, tel le « Tu te réjouiras en ta fête » de Yom Tov — et « il n’est de joie qu’avec de la viande » —, etc.,
Même le service matériel de ces tsadikim — se réjouir à Yom Tov en mangeant de la viande — est davantage que ce qu’il semble être.
אינו כפשוטו שיאכל בשר השור למלאות בטנו ח״ו [חס ושלום] וישיש בו82 אלא בחי׳ העלאות כענין שלמי שמחה מבשר גשמי.
ne consiste pas à prendre ces paroles au sens littéral, à manger la viande du bœuf pour se remplir le ventre, à D.ieu ne plaise, et à y trouver du plaisir ; il s’agit plutôt du niveau des élévations, comme dans les sacrifices de paix offerts pour la joie à partir de viande matérielle,
Il ne s’agit pas, à D.ieu ne plaise, de manger du bœuf pour se remplir l’estomac et en jouir. C’est un service d’élévation, comme les sacrifices de paix offerts pour la joie, dans lesquels la viande matérielle était élevée vers D.ieu.
שהיה בזמן בהמ״ק [בית המקדש] שהיו ריח ניחוח ממש לה׳ ועד״ז [ועל דרך זה] הוא שמחה בבשר יו״ט [יום טוב] וכמ״ש וישמחו בך כו׳ בך דייקא אלא שהוא לשון בקשה מפני שחרב בית מקדשנו כו׳.8384858687888990
qui, à l’époque du Temple, étaient littéralement « un parfum agréable pour D.ieu ». Il en va de même de la joie liée à la viande de Yom Tov, comme il est dit : « Et qu’ils se réjouissent en Toi », etc. : « en Toi » précisément. Mais cette formule est une demande, car notre Saint Temple a été détruit, etc.
À l’époque du Temple, ces offrandes étaient littéralement « un parfum agréable pour D.ieu », et la viande des fêtes d’aujourd’hui leur est semblable. C’est pourquoi la prière de la fête dit : « Et qu’ils se réjouissent en Toi » : en Toi précisément. La formule est une demande, car notre Temple a été détruit.
Ce paragraphe explique que le Léviathan et le taureau sauvage représentent deux sortes de tsadikim : les tsadikim cachés, dont le service entièrement spirituel, calme et froid, atteint la divinité elle-même et relie les mondes à l’Infini (Ein Sof), et les tsadikim révélés, qui attirent la lumière divine dans le monde par les mitsvot physiques et la joie des fêtes, laquelle constitue elle-même une élévation. Un long commentaire relie le « jeu » du Léviathan à Yits’hak et à Min’ha, à « de toute ta force » et au sacrifice de soi dans le Chema, ainsi qu’à la disparition de ce jeu depuis la destruction du Temple.
D’après les notes de Kehot, ce maamar date de 5571 (1810–11), et d’autres transcriptions en ont été conservées, l’une par l’Admour Haemtsaï et l’autre par le Tsema’h Tsédek. La version de Sefer HaMaamarim 5571 précise que les tsadikim cachés sont inconnus des hommes, mentionne le Baal Chem Tov aux côtés du Ari zal et indique que l’âme de Moché était de ce niveau (« Je l’ai retiré de l’eau »), bien qu’il ait transmis la Torah. Elle explique également pourquoi le service physique est nécessaire : des étincelles sont tombées dans les mondes inférieurs lors de la brisure et doivent être raffinées à partir de la grossièreté des aliments, de la viande et du vin ; les tsadikim spirituels opèrent un raffinement supérieur, par la 'Hokhma, ce qui correspond au Léviathan qui abat le taureau sauvage.
Maré mekomot
- 1לויתן זה · Psalms 104:26
- 2לויתן זה · Shemot Rabbah 15:22
- 3לויתן זה יצרת · משנת תקע״א — ראה להלן ברשימת הכתבי-יד.
- 4לויתן זה יצרת · Zohar, Vayechi 75:771–781
- 5לויתן זה יצרת · Zohar, Shemot 17:181–18:192
- 6לויתן זה יצרת · Zohar, Beshalach 12:141–147
- 7לויתן זה יצרת · Zohar, Achrei Mot 4:30–5:39
- 8לויתן זה יצרת · Zohar, Sh'lach 45:309–314
- 9קניגון · במאמרי אדה״ז על מארז״ל ע׳ קמא ואילך מבאר ענין ”קניגון” שהוא ענין צחוק כמו שעושים השרים שיעמידו ארי עם נמר ויראו שיהי׳ באופן שלא יזיק האחד את חבירו לגמרי” ע״ש בארוכה.
- 10בהמות נותץ ללויתן בקרניו וקורעו ולויתן נותץ לבהמות בסנפיריו ונוחרו · Vayikra Rabbah 13:3
- 11הכל שוחטין ובכל שוחטין · רפ״א חולין.
- 12הכל שוחטין ובכל שוחטין ולעולם שוחטין חוץ ממגל קציר · Mishnah Chullin 1:2
- 13
- 14ותור בר · Aramaic Targum to Psalms 50:10
- 15הא׳ אותן שהם בסתר · בסה״מ תקע״א נוסף: ”בסתר בעולם ולא נודעו לבנ״א כי עבודתם הכל ברוחני׳”.
- 16שעבודתם ברוחניות · ראה לקו״ש ח״ב ע׳ 321. במאמרי אדה״ז — מארז״ל ע׳ קמד מבאר ”עבודתם הוא רק ברוחניות, דהיינו לעשות יחודים עליונים באצילות ובהם כמה מדריגות שונות בעליות רבות מאד עד עצמות אא״ס כו׳ . . והדוגמא לזה הוא בעבודה של האבות שכל בחי׳ העבודה שלהם הוא ברוחניות שיחדו יחודים העליונים כמו ע״י חפירות בארות ופיצול המקלות . . וכגון זה היו צדיקים בדורות התנאים וכן בכל דור ודור כמו רשב״י”.
- 17שבודאי לא הי׳ יכול לקיים במעשה · נתבאר בד״ה ונקדשתי — תשמ״ז אמאי לא קיים המצות בגשמיות ע״י נס, דהי׳ יכול להעשות לו נס שיהיו אצלו מצות סוכה וכו׳, ומבאר שקיום המצות בגשמיות צ״ל דוקא ע״פ טבע הגשמיות. ראה לקו״ש ח״ה ע׳ 80 ואילך. וש״נ.
- 18רק מחרובא · ראה מדרש תלפיות ענף חרוב.
- 19וכן האריז״ל · במאמרי אדה״ז שם ”(וכמו האריז״ל וחביריו בדורו והבעש״ט ז״ל וחביריו בדורו וכך בכל דור ודור)”. בסה״מ תקע״א ע׳ קסד: ”ומהם היה האריז״ל בדורו (פי׳ שהי׳ בו גם מבחי׳ זו ולא זו בלבד) והבעש״ט ז״ל בדורו”.
- 20ע״ד מ״ש בזהר . . ע״פ וידגו לרוב בקרב הארץ · ראה ביאוה״ז לאדה״א קמט, א.
- 21
- 22נוני ימא · ראה ג״כ לעיל ז, א. ביאוה״ז בשלח מא, ג. שער האמונה פנ״ג.
- 23בארץ — והב׳ · ראה לעיל יח, ג בהוספה הערת כ״ק אדמו״ר מהורש״ב נ״ע.
- 24ושמחת בחגך · Deuteronomy 16:14
- 25מועדי ה׳ · Leviticus 23:2
- 26אי אפשר להגיע (אן רירען בל״א) · ראה ליקוט משיחת ש״פ תצא תנש״א הערה 94.
- 27והם נקראים נוני ימא · בסה״מ תקע״א נוסף: ”(ומזה היה נשמת משה שנאמר בו מן המים משיתיהו הגם שהוא דוקא נתן התורה היינו שנמשך בבחי׳ זו לתקן העולם)”.
- 28לשון התחברות · ראה בהכותב לעין יעקב לב״ב עד, ב בשם הרשב״א.
- 29הפעם ילוה אישי אלי · Genesis 29:34
- 30עיין פ״ק דע״ז ד״ג ע״ב · נעתק באוה״ת בראשית-ב דף רצט, א ”רביעיות יושב ומשחק עם לויתן, ומשחרב בהמ״ק שאין שחוק למעלה ברביעיות מאי קא עביד יושב ומלמד תינוקות של בית רבן תורה”, ע״ש.
- 31
- 32שמות רבה פט״ו מענין לויתן · פכ״ב. נעתק ביהל אור ע׳ תז ”יקוו המים מתחת השמים אל מקום אחד כו׳ למקומו של לויתן כו׳ שנאמר אל מקום זה יסדת להם וזהו מקומו של לויתן שנאמר לויתן זה יצרת כו׳” ע״ש.
- 33ובזח״א ויחי דרמ״ז א׳ · מובא ביהל אור שם ע׳ תז ”למחדי בהו עילאין ותתאין כמ״ש לויתן זה יצרת לשחק בו ופי׳ בזח״א ובמק״מ שע״י חיות קטנות עם גדולות י״ב בקר דבריאה המרוממים ומעלים המל׳ נעשה יחוד זו״נ שעי״ז נעשה החדוה והשמחה בעולמות”.
- 34בשלח ד״נ סע״ב · מובא גם ביהל אור שם ע׳ תז ”ועיין מזה ג״כ בזהר שלח דף נו״ן ע״ב היתה כאניות סוחר ושם ג״כ פסוק שם אניות יהלכון לויתן זה יצרת וז״ל ר׳ יהודא אומר שם אניות יהלכון בההוא ימא דאזלין ושטין . . עד דאתיין לאתחברא בההוא דרגא כדין כתיב לויתן זה יצרת לשחק בו”. וראה גם אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תפה ואילך.
- 35
- 36ויצחק תיקן תפלת המנחה · Berakhot 26b:6–7
- 37צחוק עשה לי אלקים · Genesis 21:6
- 38ושבתי בשלום · Genesis 28:21
- 39
- 40יצחק חפר בארות · Genesis 26:18
- 41יצחק חפר בארות · Genesis 26:18–19
- 42יצחק חפר בארות · Zohar, Toldot 12:99–14:108
- 43רפ״ו דברכות · לה, ב. ראה לעיל פ׳ בשלח ב, ב ובמ״מ לשם.
- 44
- 45עושים רצונו של מקום · Tosafot on Berakhot 35b
- 46בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 47והיה אם שמוע תשמעו · Deuteronomy 11:13
- 48
- 49ונהר יחרב ויבש · Zohar, Terumah 74:734–76:742
- 50ונהר יחרב ויבש · Zohar, Introduction 12:92–104
- 51לרחוק דא יעקב · Zohar, Introduction 12:84–92
- 52
- 53סד״ה וללבן שתי בנות · תו״א כב, ד.
- 54וללבן שתי בנות · Genesis 29:16
- 55ובד״ה נשא את ראש · לקמן פ׳ נשא כא, ד.
- 56נשא את ראש בני גרשון · Numbers 4:22
- 57התפשטות הגשמיות קרוב למעלת הנבואה · Shulchan Arukh, Orach Chayim 98:1
- 58שמונים שנים · ע״ל צו ד״ה והניף פ״ב (יז, ב) וש״נ [כ].
- 59ארז״ל משחרב ביהמ״ק · Avodah Zarah 3b:11
- 60ע״פ וכל בניך · אולי הכוונה להנדפס לקמן פ׳ ראה רכט, א.
- 61
- 62שעבודתם בגשמיות לקיים מצות מעשיות · בסה״מ תקע״א ע׳ קסד יש כאן הוספה: ”(דהיינו מפני שהוא ממש שנפל בשבירה בבי״ע ובנוגה דבי״ע שצריך בירור להפשיט מחומריות הנוגע המעורב טו״ר או אפי׳ ביטול היש דבי״ע שזהו בירור הא׳ והיינו ע״י הצדיקים שבבחי׳ הב׳ שעבודתם בגשמיות וזהו ענין כוונת המאכלים בשר ויין כו׳, משא״כ צדיקים שבבחי׳ (הב׳) [הא׳] עבודתם ברוחני׳ וכמ״ש במ״א שיש ב׳ מיני בירור הא׳ ע״י המל׳ והב׳ ע״י חכמה דבחכמה אתברירו בירור אחר בירור להיות נכלל באין ממש, והיינו מה שהלויתן שוחט את שור הבר כו׳, וכמ״ש ההפרש בין נשמת משה שהי׳ מבחי׳ פנימי׳ דמ״ה וכמ״ש מן המים משיתיהו ובין נשמת אליהו ב״ן דמ״ה וד״ל)”: כי באמת צ״ל בשו״ה וע״פ.
- 63שארז״ל · Zohar II, 271a
- 64וצדיק שמו · Chagigah 12b:3
- 65עמוד א׳ וצדיק שמו · Zohar, Addenda, Volume II 3:10–18
- 66בד״ה אשירה להוי׳ · אולי הכוונה לתו״א סג, ג בענין מעלת הצדיק.
- 67טובה הארץ מאד מאד · Numbers 14:7
- 68וכל מה שיש ביבשה יש בים · Chullin 127a:12–14
- 69הילוך הצדיקים הנק׳ נוני ימא · באוה״ת תצא ע׳ תתקלט מציין לכאן בענין ההפרש בין נשמות שמבחי׳ לויתן ובין שאר נשמות שצריכין ארבין.
- 70התלהבות ורתיחת הדמים · בסה״מ תקע״א נוסף: ”הבא מבירורי נוגה של המאכלים)”.
- 71רשפי אש · Song of Songs 8:6
- 72ועמ״ש בבה״ז וירא · לאדה״א י, ב.
- 73וגם אמנה אחותי בת אבי היא · Genesis 20:12
- 74וגם אמנה אחותי בת אבי היא · Zohar, Vayera 23:349–354
- 75בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 76וא״א לבאר דבר זה בדיבור איך ומה הוא · בסה״מ תקע״א: ”ואי אפשר לבאר דבר זה היטב בכתב ובמכתב איך ומה הוא”.
- 77העולם כולו עומד על לויתן · Pirkei DeRabbi Eliezer 9:7
- 78העולם כולו עומד על לויתן · Zohar, Mishpatim 3:264–275
- 79העולם כולו עומד על לויתן . . כנודע בדברי רז״ל · Zohar II, 34b
- 80ולעתיד הלויתן יעשה מלחמה · המשל והנמשל נתבאר בארוכה במאמרי אדה״ז-מארז״ל ע׳ קמז ואילך.
- 81פני שור מהשמאל · Ezekiel 1:10
- 82אינו כפשוטו שיאכל בשר השור . . וישיש בו · נתבאר במאמרי אדה״ז שם ע׳ קמט ”ואין כוונתו ח״ו מפני גשם הבשר של השור, אלא מצד בחי׳ הבירור שלו שמוסיף דעת ושמחה אלקית מבחי׳ הרוחניות . . השמחה באה דוקא מבחי׳ הבירורי׳ דבשר ויין וכה״ג שמתברר מהם להיות מחמתן שמחה אלקית בבחי׳ הרוחניות”.
- 83הנחת כ״ק אדה״א ממאמר זה בס׳ מאמרי אדה״ז על מארז״ל ע׳ קמא ומתחיל · להבין מארז״ל בענין השחוק דלעתיד. עוד הנחה שם ע׳ קמד. הנחת כ״ק אדמו״ר הצ״צ נדפס בסה״מ תקע״א. נתבאר גם במאמרי אדה״א דרושי חתונה ח״ב ע׳ תרמא ואילך. ביאור על מאמר זה נדפס באוה״ת שמיני ע׳ תפה. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה מכת״י. ראה תורת חיים בראשית ד״ה ויתן לך פ״י ואילך. ובלקו״ש חי״ב ע׳ 177 ”והוא באופן אחר ממ״ש בלקו״ת. כן מובא מאמר זה — בקצור הביאור בס׳ שני המאורות עמוד יו״ד” [והוא המאמר שנדפס במאמרי אדה״ז שם]. ראה ד״ה לויתן — תשמ״ז.
- 84רשב״י כשהי׳ במערה . . ניזונים רק מחרובא כו׳ · Shabbat 33b:3–4
- 85כמארז״ל בזמן הבית אין כו׳ · Pesachim 109a:5
- 86דוד הי׳ מחבר · Zohar III, 222b
- 87שמות י״א ב׳ · ”ס״פ וילך איש דא קוב״ה דכתיב ה׳ איש מלחמה” — אוה״ת בראשית-א דף רצט, א. וראה יהל אור ע׳ תז.
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L’abattage comme élévation mutuelle ¶2
C’est ce qu’on appelle « le bœuf sauvage » (shor habar), d’après l’expression « pur de cœur » (bar levav), c’est-à-dire une chair affinée et pure ; autrement dit, la joie envers D.ieu qui en naît, avec des flammes ardentes et de la ferveur, etc.
Le second groupe est appelé shor habar, car bar signifie « pur », comme dans « pur de cœur » (bar levav) : sa chair est affinée et pure. Il s’agit de la joie en D.ieu que la viande du festin fait naître, une joie qui brûle comme des flammes.
אלא שאעפ״כ [שאף על פי כן] מילתא זוטרתא היא לגבי הילוך הנפלא של הצדיקים הנק׳ לויתן לפי שבא מדבר גשמי ובעל גבול כו׳
Pourtant, malgré cela, c’est peu de chose en comparaison du mouvement merveilleux des tsadikim, appelés Léviathan, car il provient d’une chose matérielle et limitée, etc. ;
Malgré cela, ce service est peu de chose à côté du mouvement merveilleux des tsadikim appelés Léviathan, car il provient d’une chose matérielle et, par conséquent, limitée.
משא״כ ההילוך שלהם שבטיסה אחת בקרירות ובנחת מגיעים למעלה מעלה שהיא גדולה יותר לאין קץ ולכן הלויתן ישחוט את שור הבר.
tandis que leur mouvement, par lequel ils atteignent toujours plus haut en un seul vol, avec froideur et calme, est infiniment plus grand. C’est pourquoi le Léviathan égorgera le bœuf sauvage.
Leur mouvement, en revanche, atteint les niveaux les plus élevés en un seul vol, avec froideur et calme, et il est infiniment plus grand. C’est pourquoi le Léviathan « égorgera » le bœuf sauvage.
פי׳ שיעלה אותו ע״י הטיסה שלו וזהו בסנפיריו שבהם ועל ידם עיקר העליה שלו כו׳
Cela signifie qu’il l’élèvera par son vol. C’est là [le sens de] « avec ses nageoires », car c’est en elles et par elles que s’accomplit l’essentiel de son ascension, etc.
Ici, égorger signifie élever : le Léviathan fera monter le bœuf sauvage par son propre vol. C’est pourquoi il le fait « avec ses nageoires », qui sont précisément le moyen de sa propre ascension.
שזהו למעלה מכחם עצמם של הצדיקים הנק׳ שור הבר (וע׳ [ועיין] בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך לויתן3 מענין הסנפירים).
ce qui dépasse la puissance propre des tsadikim appelés bœuf sauvage. (Voir aussi le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Léviathan », au sujet des nageoires.)
Cette élévation conduit les tsadikim du bœuf sauvage à une hauteur qu’ils ne pourraient atteindre par leur propre force. La parenthèse renvoie au Pardes, dans sa section consacrée à l’explication des termes kabbalistiques (Erchei HaKinuyim), au sujet des nageoires du Léviathan.
אך באמת גם שור הבר יעלה את הלויתן כי בבחי׳ אחת עבודתם נעלית יותר אף
Cependant, en vérité, le bœuf sauvage élèvera lui aussi le Léviathan, car, sous un certain rapport, leur service est plus élevé, bien que
Pourtant, le bœuf sauvage élèvera lui aussi le Léviathan, car, sous un certain rapport, le service du second groupe est plus élevé. Cela reste vrai bien que leur service soit matériel.
שהיא בבחי׳ עבודה גשמיי׳ [גשמיים] הרי כן צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ע״פ התורה ושמחת בחגך4 ואין שמחה אלא בבשר ויין5 כו׳ ומצד זה יעלה הוא אותו.6
ce soit un service matériel : après tout, c’est ainsi que la Torah l’ordonne : « Tu te réjouiras en ta fête », et « il n’y a de joie qu’avec la viande et le vin », etc. Et c’est sous cet aspect qu’il l’élèvera.
Le service matériel est précisément ce que la Torah ordonne : se réjouir pendant la fête, et cette joie s’exprime par la viande et le vin. Parce que ce service accomplit le commandement même de la Torah, il peut élever jusqu’au Léviathan.
וזה יראה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לע״ל [לעתיד לבוא] לצדיקים כללות עבודתם בהאי עלמא ששניהם כא׳ [כאחד] טובים7 בהא האי עדיף ובהא האי עדיף.
Et c’est ce que le Saint béni soit-Il montrera aux tsadikim dans les temps futurs : leur service dans ce monde, dans son expression générale et collective, car les deux sont également bons ; sous cet aspect, celui-ci est supérieur, et sous cet autre aspect, celui-là est supérieur.
Dans les temps futurs, D.ieu montrera aux tsadikim leur service dans ce monde dans son expression générale et collective : les deux voies sont bonnes, et chacune est supérieure à sa manière.
(הג״ה [הגהה]. עוי״ל [עוד יש לומר] שנקרא שור הבר ע״ד [על דרך] ורב תבואות בכח שור8 ומימי לא קראתי לשורי שורי אלא לשורי שדי9 והתורה נק׳ ראשית תבואתה10 וכ״ז [וכל זה] נמשך בכח שור ע״כ [על כן] נק׳ צדיקים אלו ע״ש [עיין שם] שור הבר.
(Note : On peut encore dire qu’il est appelé le bœuf sauvage (chor habar), selon le verset : « Une abondante récolte vient de la force du bœuf », et selon l’enseignement : « De toute ma vie, je n’ai pas appelé mon bœuf “mon bœuf”, mais mon bœuf “mon champ” » ; or la Torah est appelée « le commencement de Sa récolte », et tout cela est attiré par la force du bœuf. C’est pourquoi ces tsadikim sont désignés par le nom de chor habar.
Cette note donne une autre explication de ce nom : bar signifie aussi « grain », et « une abondante récolte vient de la force du bœuf », qui laboure le champ ; c’est pourquoi un sage appelait son bœuf « mon champ ». La Torah est appelée « le commencement de Sa récolte », et tout cela vient de la force du bœuf ; ainsi, ces tsadikim sont désignés comme le chor habar, le bœuf du grain.
ועוי״ל [ועוד יש לומר] דהנה מבואר לעיל דבחי׳ צדיקים אלו זהו ענין עמוד א׳ וצדיק שמו11 כו׳ וזהו בחי׳ יוסף הצדיק והוא נק׳ שור12 כמ״ש בכור שורו הדר לו)13 (וכמ״ש בזוהר פ׳ שמיני דל״ח ב׳ ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם) ע״כ [על כן] הג״ה [הגהה].
On peut encore dire : il a été expliqué plus haut que le niveau de ces tsadikim correspond à la notion de « un pilier, et son nom est Tsadik », etc. ; c’est le niveau de Yossef le Tsadik, qui est appelé bœuf, comme il est écrit : « Son bœuf premier-né, majesté est à lui. ») (Comme il est écrit dans le Zohar, parachat Chemini, folio 38b, et dans le Mikdash Melekh, à cet endroit.) Fin de la note.
Une deuxième explication : le tsadik qui est le « pilier unique » est Yossef le Tsadik, que la bénédiction de Moché appelle bœuf : « Son bœuf premier-né, majesté est à lui. » Le Zohar sur la parachat Chemini, cité ici, parle du bœuf qui vient du côté gauche ; la note se termine par cette référence.
והנה הלויתן ישחוט את שור הבר בסנפיריו אף שכהיום שחיטה כזו פגומה14 גמורה היא מחמת ההפסק כו׳ אבל לעתיד צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] כן דוקא.
Or le Léviathan abattra le bœuf sauvage avec ses nageoires, bien qu’aujourd’hui un tel abattage soit entièrement invalide en raison de l’interruption, etc. ; mais, dans les temps futurs, il doit précisément en être ainsi.
Aujourd’hui, un abattage avec une nageoire serait totalement invalide : il serait « défectueux », comme une lame ébréchée, car la coupure est interrompue. Dans les temps futurs, en revanche, il faut précisément procéder ainsi.
כי ענין השחיטה זו היא בחי׳ עליות שור הבר למעלה מעלה ע״י הלויתן המעלהו בסנפיריו. ולכן צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] הפסק בינתיים15 שהרי א״א [אי אפשר] להיות כל העליי׳ [העלייה] בבת אחת.
Car cet abattage correspond à l’élévation du bœuf sauvage, toujours plus haut, par le Léviathan, qui l’élève avec ses nageoires. Il doit donc y avoir une interruption entre les étapes, car il est impossible que toute l’élévation ait lieu d’un seul coup,
Cet abattage est en réalité l’ascension du bœuf sauvage, porté par les nageoires du Léviathan jusqu’aux niveaux les plus élevés. Une interruption est nécessaire, car l’ascension entière ne peut pas se produire d’un seul coup.
כנודע שיש כמה היכלות היכל הזכות16 היכל הרצון17 כו׳ וא״א [ואי אפשר] להיות כל העליות בפעם א׳ אלא הפסק בין היכל להיכל
comme on le sait, il existe plusieurs palais (heikhalot), le Palais du mérite, le Palais de la volonté, etc. ; il est impossible que toutes les élévations aient lieu en une seule fois : il y a plutôt une interruption entre un palais et le suivant.
Le Zohar décrit une succession de heikhalot, des palais, parmi lesquels le Palais du mérite et le Palais de la volonté, que l’on traverse en s’élevant. Il est impossible de les franchir tous d’un seul coup ; il y a une pause entre un palais et le suivant.
ולכן יתיר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] פגימה זו (ועיין מ״ש במ״א בענין עליית התפלה דרך ההיכלות עליונים כו׳ בביאור ענין מזוזה מימין18 וממש״ש [וממה שכתוב שם] יובן גם כאן). והנה שור הבר יעלה את הלויתן ע״י שידקרנו בקרניו:19
C’est pourquoi le Saint béni soit-Il permettra cette entaille. (Voir ce qui est écrit ailleurs au sujet de l’ascension de la prière à travers les palais supérieurs, etc., dans l’explication de la mezouza à droite ; ce qui y est écrit permettra de comprendre également le présent passage.) Or le bœuf sauvage élèvera le Léviathan en le transperçant de ses cornes.
Le Saint béni soit-Il permettra donc cette « entaille », puisque l’interruption fait partie d’une ascension qui doit se dérouler de palais en palais. Le texte renvoie à une discussion présentée ailleurs, dans l’explication de « la mezouza à droite », sur l’ascension de la prière à travers les palais supérieurs. Le paragraphe conclut en évoquant l’autre aspect : le bœuf sauvage élèvera le Léviathan en le transperçant de ses cornes.
Ce paragraphe explique que l’égorgement futur consiste en une élévation réciproque. Le Léviathan élève le bœuf sauvage au-delà de ce qu’il pourrait atteindre par ses propres forces, grâce aux « nageoires » de son vol spirituel, calme et progressant de chambre en chambre ; c’est pourquoi son égorgement interrompu, « imparfait », sera permis. Le bœuf sauvage, dont le service matériel accomplit le commandement de la Torah, élève à son tour le Léviathan par ses cornes : les deux formes de service sont bonnes, et chacune est supérieure à sa manière.
Une note de Kehot cite une transcription parallèle : le bœuf peut élever le Léviathan précisément par ses cornes, qui sont son Kéter, car la racine des Guevourot du « visage d’un bœuf à gauche » se trouve dans les Kétarim de Tohu, au-dessus de 'Hokhma, tandis que le Léviathan est 'Hokhma, koach mah. Une autre note cite Yahel Or, où les nageoires sont 'Hessed et Guevoura, ainsi qu’Or HaTorah, qui donne une autre interprétation de l’« imperfection » : les lettres de pegimah forment magefah, une épidémie, et c’est seulement maintenant, tant que le monde n’est pas encore raffiné, que l’entaille invalide l’égorgement.
Maré mekomot
- 1בר לבב · Psalms 24:4
- 2רשפי אש · Song of Songs 8:6
- 3ועי׳ בפרדס בעה״כ ערך לויתן · חלק נעתק ביהל אור ע׳ תה דסנפירין הם חו״ג.
- 4ושמחת בחגך · Deuteronomy 16:14
- 5אין שמחה אלא בבשר ויין · Pesachim 109a:5
- 6שו״ה אלא בבשר — ומצד זה יעלה הוא אותו · בסה״מ תקע״א ע׳ קסו יש הוספה.
- 7שניהם כא׳ טובים · Ecclesiastes 11:6
- 8ורב תבואות בכח שור · Proverbs 14:4
- 9ומימי לא קראתי . . אלא לשורי שדי · Shabbat 118b:10–11
- 10ראשית תבואתה · Jeremiah 2:3
- 11וצדיק שמו · Chagigah 12b:3
- 12והוא נק׳ שור · Zohar, Shmini 4:49–5:59
- 13בכור שורו הדר לו · Deuteronomy 33:17
- 14שחיטה כזו פגומה · ראה לקו״ש חי״ב ע׳ 177.
- 15ולכן צ״ל הפסק בינתיים · מובא באוה״ת ויקרא-ג ע׳ תתח. ושם מפרש שיש לומר באופן אחר ”כי פגימה אותיות מגיפה ועכשיו שעדיין לא נתברר העולם הפגימה היא פסול בשחיטה”, ע״ש.
- 16היכל הזכות · Zohar, Pekudei 48:590–49:602
- 17היכל הזכות . . הרצון · זח״ב [ו, א] פקודי [רנא, א. רנו, ב]. ובסידור האריז״ל היכל הזכות ב[ברכת יוצר] המחדש בטובו כו׳ היכל הרצון אוי״צ [= אמת ויציב] כו׳ יעו״ש. [כ].
- 18בביאור ענין מזוזה מימין · תו״א מג, א.
- 19והנה שור הבר יעלה את הלויתן ע״י שידקרנו בקרניו · ”כי יש בכח שור להעלות לויתן . . והוא בחי׳ קרני השור דוקא, כמו קרני החיות כנגד כולם שהוא בחי׳ כתר שלו שלמעלה מבחי׳ החכמה כי שרש הגבורות דפני שור מהשמאל הוא בבחי׳ הכתרים דתוהו, ולויתן הוא בבחי׳ חכמה כח מה כו׳” — מאמרי אדה״ז-מארז״ל ע׳ קנא.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar enseigne que l’âme atteint son plus haut degré par le service spirituel : l’intention du cœur dans la prière, l’amour « de toute ta force » et le sacrifice de soi lors de « Un », qui touchent la divinité elle-même. Pourtant, puisque ce monde est physique, les mitsvot pratiques et la joie des fêtes autour de la viande et du vin sont indispensables ; on les accomplit non pour se remplir le ventre, mais comme une élévation et une joie en D.ieu. Chaque manière de servir complète l’autre.
Questions à discuter
- Pourquoi l’Admour Hazaken dit-il que la divinité elle-même ne peut être atteinte que par le service spirituel, tandis que la lumière des fêtes ne peut être attirée que par les mitsvot physiques ?
- En quel sens le service du taureau sauvage est-il supérieur à celui du Léviathan, et en quel sens lui est-il inférieur ?
- Que nous enseigne l’image du poisson traversant la mer « d’une seule poussée » sur le service du Léviathan, et pourquoi celui-ci est-il paisible plutôt qu’ardent ?
- Comment « de toute ta force » et le sacrifice de soi lors de « Un » expliquent-ils pourquoi « Et il adviendra, si vous écoutez » n’est pas encore appelé accomplir pleinement la volonté de D.ieu ?
- Pourquoi l’élévation du taureau sauvage doit-elle comporter une interruption, et pourquoi un abattage qui est invalide aujourd’hui sera-t-il permis dans le Monde futur ?