Likkutei Torah · Parshas Korach · Maamar 3
והנה פרח מטה אהרן כו׳ ויגמול שקדים
« Et voici que le bâton d’Aharon avait fleuri » (Numbers 17:23)
L’idée centrale
Le bâton d’Aharon porta des amandes, le fruit qui mûrit le plus vite, car la bonté qui est attirée par l’intermédiaire d’Aharon et de la bénédiction sacerdotale atteint rapidement la vie matérielle. Elle provient de « riche en bonté », une bonté sans limite, et échappe ainsi au jugement qui, étape après étape, retient les autres formes de bonté.
Le maamar en bref
Pourquoi le bâton d’Aharon porta-t-il des amandes ? L’amande mûrit en vingt et un jours, plus vite que tout autre fruit, et son nom, chaked, signifie « hâte ». Aharon, dont le nom contient les lettres de nir’eh, « est vu », fit entrer la lumière divine dans la révélation ; ce qui venait par son intermédiaire descendait rapidement. Pour l’expliquer, l’Admour Hazaken répond à la question de Tossefot : si le sort d’une personne est fixé à Roch Hachana, pourquoi prier chaque jour pour la santé et la subsistance ? La bonté décrétée alors se trouve encore en haut, dans Mal’hout d’Atsilout, et doit descendre à travers les nombreuses chambres des quatre mondes pour devenir matérielle. À chaque étape, la personne est jugée selon ses actes de ce jour-là ; des accusateurs peuvent s’y opposer et la bonté peut être retenue, n’ajoutant alors qu’à son plaisir dans le Gan Eden. La bonté qui est attirée par l’intermédiaire d’Aharon et de la bénédiction des Kohanim, donnée « avec amour », traverse tous les mondes sans aucun jugement, car elle provient de « riche en bonté », et non de la « bonté éternelle » mesurée. Un grand fleuve emporte les bûches et la terre qui font barrage à un petit ruisseau ; de même, cette bonté emporte tous les jugements, comme le flux qui se manifeste le Chabbat.
Plan
- Les amandes, Aharon et le jugement quotidienLes amandes mûrissent le plus vite, et chaked signifie « hâte » ; Aharon (nir’eh) révèle la lumière et l’attire rapidement vers le bas. Le décret annuel de Roch Hachana demeure en haut, dans Mal’hout d’Atsilout, et ne descend à travers les chambres des quatre mondes qu’à la faveur d’un jugement quotidien des actes de la personne, que les accusateurs peuvent retarder. La bonté attirée par l’intermédiaire d’Aharon et de la bénédiction sacerdotale traverse les mondes sans jugement, comme dans « Il envoie Sa parole… Sa parole court très rapidement », et parvient aussitôt aux enfants et à la subsistance.¶1
- Deux sortes de bontéVoici la racine de cette rapidité : il y a la « bonté éternelle » et il y a « riche en bonté ». Aharon attire la bonté provenant de « riche en bonté », une bonté sans limite qu’aucun jugement ne peut retenir, tandis que la « bonté éternelle » a un jugement qui se tient face à elle.¶2–3
- Le grand fleuve, le Chabbat et les bonnes amandesOn peut faire barrage à un petit fleuve avec des bûches et de la terre, mais un grand fleuve les emporte ; de même, tous les jugements s’effacent devant « riche en bonté ». Le Chabbat aussi, le flux arrive rapidement (« De jour en jour fait jaillir la parole »). La précipitation de D.ieu peut être pour le mal ou pour le bien ; les amandes du bâton d’Aharon sont pour le bien, comme dans « qui accorde de bonnes bontés », la lumière qui est bonne et qui est vue ici-bas.¶4
Notions clés
- Chaked (amande)שקד
- L’amande, qui mûrit en vingt et un jours ; son nom partage une racine avec « se hâter », comme dans l’expression de Jérémie « bâton d’amandier ». Sur le bâton d’Aharon, elle représente la rapidité de la bonté attirée par son intermédiaire.
- Aharon et nir’ehאהרן / נראה
- Le nom Aharon contient les lettres de nir’eh, « est vu ». Par l’intermédiaire d’Aharon, la lumière divine est révélée et attirée d’en haut vers le bas.
- « L’homme est jugé chaque jour »אדם נדון בכל יום
- Il ne s’agit pas d’un nouveau décret, mais de l’examen quotidien visant à déterminer si, selon les actes de ce jour-là, la bonté accordée à Roch Hachana peut descendre dans la vie matérielle.
- Les chambres (heichalot) des quatre mondesהיכלות דאבי״ע
- Les étapes à travers lesquelles la bonté provenant de Mal’hout d’Atsilout doit descendre, de chambre en chambre, jusqu’à devenir matérielle ; à chacune d’elles, le cas de la personne est jugé.
- La bonté éternelle (’hessed olam)חסד עולם
- La bonté mesurée, face à laquelle se tient un jugement qui peut la retenir.
- Et riche en bonté (ve-rav ’hessed)ורב חסד
- La bonté sans limite, dont provient le flux qui passe par Aharon ; elle descend selon les attributs de D.ieu, et aucun jugement ne peut l’arrêter.
- La bénédiction sacerdotaleברכת כהנים
- La bénédiction des Kohanim, donnée « avec amour », par laquelle la bonté suprême parvient aussitôt aux enfants et à la subsistance, jusqu’au niveau le plus bas.
Les amandes, Aharon et le jugement quotidien ¶1
1והנה פרח1 מטה אהרן2 כו׳ ויגמול שקדים. להבין למה שקדים (וע׳ [ועיין] ברבות ס״פ קרח)3 הנה שקדים הם ממהרים להגמר יותר מכל הפירות ותבואות כמו זית גפן תאנה כו׳
« Et voici que le bâton d’Aharon avait fleuri », etc., « et il avait mûri des amandes. » Il faut comprendre : pourquoi des amandes ? (Voir aussi Midrach Rabba, à la fin de la paracha de Kora’h.) Or, les amandes mûrissent plus vite que tous les fruits et les récoltes, tels que l’olive, la vigne, la figue, etc.,
Après la contestation de Kora’h contre la prêtrise, le bâton d’Aharon fleurit pendant la nuit et porta des amandes mûres, prouvant que la prêtrise lui revenait. Le maamar demande pourquoi le signe fut précisément celui des amandes, et commence par un fait naturel : elles mûrissent plus vite que les autres fruits, comme les olives, les raisins et les figues.
שכולם משתהים זמן רב יותר מהשקדים וכמ״ש ברבות סוף קהלת4 (קט״ו ב׳) מה סימנו של שקד זה משעה שהוא מציץ5 עד שעה שהוא גומר כ״א [כי אם] יום.6
car tous mettent bien plus de temps que les amandes. Comme il est écrit dans Midrach Rabba, à la fin de Kohélet (115b) : « Quel est le signe distinctif de cette amande ? Entre le moment où elle bourgeonne et celui où elle mûrit, il s’écoule vingt et un jours. »
Le Midrach donne le signe distinctif de l’amande : vingt et un jours seulement séparent le bourgeonnement de la maturité, bien plus rapidement que pour les autres fruits. Cette rapidité est la clé de tout le maamar.
וע״כ [ועל כן] נקרא שקד שהוא ענין מהירות כמ״ש (בירמיה סי׳7 א׳) מקל שקד8 כו׳ כי שקד אני על דברי לעשותו910 וזהו רמז על הכהונה.11
C’est pourquoi elle est appelée chaked (amande), nom qui évoque la rapidité, comme il est écrit (dans Jérémie, chapitre 1) : « Un bâton d’amandier (chaked) », etc. ; « car Je me hâte (choked) d’accomplir Ma parole. » Cela fait allusion à la prêtrise.
Le mot hébreu désignant l’amande, chaked, a la même racine que choked, « se hâter », comme dans le jeu de mots que D.ieu fait à l’adresse de Jérémie : le bâton d’amandier qu’il voit signifie que D.ieu se hâte d’accomplir Sa parole. Le nom révèle la nature : l’amande incarne la rapidité même, ce qui fait allusion à l’effet de la prêtrise.
כי הנה אהרן אותיות נראה (עמ״ש מזה בד״ה בהעלותך) שעל ידו היו כל ההתגלות והמשכות האורות מלמעלה למטה. ועמ״ש סד״ה כי עמך מקור חיים באורך12 נראה אור.
En effet, Aharon est formé des mêmes lettres que nir’é (« est vu ») (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Quand tu élèveras »), car c’est par son intermédiaire que toute la révélation et toute la descente des lumières d’en haut vers le bas avaient lieu. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Car auprès de Toi est la source de la vie ; dans Ta lumière nous voyons la lumière. »
Le nom Aharon (אהרן) est formé des mêmes lettres que nir’é (נראה), « est vu », car le rôle du Cohen était de révéler la lumière divine en la faisant descendre d’en haut vers le bas. Le verset « dans Ta lumière nous voyons la lumière » emploie le même mot, et l’Admour Hazaken renvoie à deux autres discours qui développent ce thème.
והנה ההמשכות הנמשכים על ידו הם נמשכים מרום המעלות עד למטה במהירות גדולה בלי שום עיכובים כי
Or, les flux qui descendent par son intermédiaire descendent des sommets les plus élevés jusqu’en bas avec une grande rapidité, sans aucun retard. Car
Le lien est maintenant énoncé : ce qu’Aharon fait descendre parcourt les niveaux les plus élevés jusqu’aux plus bas avec une grande rapidité et sans entrave. Le « Car » final ouvre l’explication de l’importance même de cette rapidité.
הנה כתוב בבהמ״ז [בברכת המזון] הזן את העולם כולו בטובו בחן בחסד להיות מתהוה מטובו וחסדו העליונים השפעות גשמיים צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ירידת החסד בהשתלשלות מדרגות רבות מאד עד שיתעבה ההשפעה ממנו על חסד גשמי וע״י אהרן
il est écrit dans le Birkat Hamazon : « Qui nourrit le monde entier par Sa bonté, avec grâce, avec bienveillance. » Pour que des bienfaits matériels prennent forme à partir de Sa bonté et de Sa bienveillance supérieures, la bienveillance doit descendre à travers l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), [un enchaînement] comportant un très grand nombre de niveaux, jusqu’à ce que le flux qui en émane s’épaississe et devienne une bienveillance matérielle. Et par l’intermédiaire d’Aharon,
Le Birkat Hamazon dit que D.ieu nourrit le monde « par Sa bonté, avec grâce, avec bienveillance », c’est-à-dire par une bienveillance spirituelle supérieure. Pour que cette bienveillance élevée devienne nourriture et moyens de subsistance matériels, elle doit traverser de nombreux niveaux jusqu’à ce qu’elle « s’épaississe » et prenne une forme matérielle.
שהוא בחינת נראה אור היינו שיהיה נמשך השפעת החסד במהירות שלא יתעכב בהעולמות וריבוי ההשתלשלות שמוכרח להיות נמשך בהם עד שיומשך ויתגלה למטה כ״א [כי אם] יהיה עובר ונמשך דרך הם במהירות מבלי עכבה בהם.
qui est le niveau de nir’é or (« la lumière est vue »), le flux de bienveillance descend donc rapidement, sans être retenu dans les mondes ni dans les nombreuses étapes de l’enchaînement descendant qu’il doit nécessairement traverser pour descendre et se révéler ici-bas ; au contraire, il les traverse et les parcourt rapidement, sans y être retenu.
Par l’intermédiaire d’Aharon, celui par qui la lumière devient manifeste, le flux ne reste pas bloqué à l’une des nombreuses étapes de sa descente : il les traverse rapidement et parvient ici-bas. Telle est la rapidité symbolisée par l’amande.
(ועיין כה״ג [כהאי גוונא] מענין מהירות בהרמ״ז [בהרב משה זכות] אמור ריש דף צ״ט כו׳) וע״כ [ועל כן] הרמז לזה הוא שקדים כנ״ל.
(Voir une idée semblable sur le thème de la rapidité dans le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto), sur Émor, au début du folio 99, etc.) C’est pourquoi les amandes, comme indiqué plus haut, en sont l’allusion.
L’Admour Hazaken ajoute une référence au Ramaz, le kabbaliste Rabbi Moché Zacuto, sur la paracha d’Émor, où l’on trouve une idée semblable au sujet de la rapidité. Il conclut ensuite ce premier point : les amandes du bâton d’Aharon font allusion à cette descente rapide du flux.
וביאור הענין הנה ידוע הקושיא מהו שמבקשים בכל יום ומתפללים רפאנו ה׳ ברך עלינו הרי עיקר דינו של13 האדם הוא בר״ה [בראש השנה] ויוה״כ [ויום הכפורים]14 וכמ״ש קושיא זו בתוספות (פ״ק [פרק קמא] דשבת די״ב ע״ב ובפ״ק [ובפרק קמא] דר״ה [דראש השנה] דט״ז ע״א).
Explication de la question. Celle-ci est bien connue : pourquoi demandons-nous et prions-nous chaque jour : « Guéris-nous, Havaya », « Bénis pour nous » ? Le jugement essentiel de l’homme n’a-t-il pas lieu à Roch Hachana et à Yom Kippour ? Cette question est soulevée dans les Tossafot (premier chapitre de Chabbat, folio 12b, et premier chapitre de Roch Hachana, folio 16a).
Pour approfondir l’idée, il soulève une question bien connue que l’on trouve dans les Tossafot : si le sort d’une personne pour l’année est décidé à Roch Hachana et à Yom Kippour, pourquoi prions-nous chaque jour, dans la Amida, pour la santé (« Guéris-nous ») et la subsistance (« Bénis pour nous ») ? La réponse montrera qu’il existe un second jugement, quotidien.
אך הענין כי מה שנכתב ונחתם15 בר״ה [בראש השנה] ויוהכ״פ [ויום הכפורים] היינו שנמשך לו חסד על נפשו והחסד ההוא הנמשך מא״ס [מאין סוף] ב״ה הוא למעלה עדיין במל׳ [במלכות] דאצילות שהיא מקור דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה]
Mais voici l’explication : ce qui est inscrit et scellé à Roch Hachana et à Yom Kippour signifie qu’une bonté est attirée sur son âme ; et cette bonté, attirée de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, se trouve encore au-dessus, dans Mal'hout du Monde d’Atsilout, qui est la source des [mondes de] Béria, Yetsira et Assiya.
Ce qui est inscrit à Roch Hachana et à Yom Kippour est une bonté accordée à l’âme de la personne, mais elle se trouve encore « au-dessus », dans Mal'hout d’Atsilout, la Séfira la plus basse du monde le plus élevé. Mal'hout d’Atsilout est la source d’où procèdent les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya ; à ce niveau, la bonté n’est pas encore physique.
והיינו מ״ש בטובו בחן ובחסד שלו שהוא חסד עליון ב״ה אשר הוא למעלה מעלה ממהות השפעת גשמיים וכנודע מענין ואנכי עפר ואפר16 שאמר אברהם על חסד ואה״ר [ואהבה רבה] שלו שאין לו דמיון לחסד דאצילות רק
Et c’est ce que l’on dit : « dans Sa bonté, avec grâce et avec bienveillance » — Sa propre bonté, qui est la bonté suprême, béni soit-Il, très, très au-dessus de la nature même des bienfaits matériels. Comme on le sait d’après l’idée exprimée par « je ne suis que poussière et cendre », qu’Avraham dit à propos de sa propre bonté et de son grand amour (ahava rabba) : ceux-ci ne sont en rien comparables à la bonté d’Atsilout, mais sont seulement
La bénédiction après le repas parle de « Sa » bonté : une bonté divine suprême, très éloignée de tout ce qui est matériel. Avraham, qui incarnait la bonté, se qualifia de « poussière et cendre », car même sa grande bonté et son amour n’étaient rien en comparaison de la bonté d’Atsilout.
כמו עפר ואפר כו׳ ולכן כדי שיומשך מחסד שבאצילות השפעות הגשמיות בעשייה כצרכי הנפש בגוף.
comme poussière et cendre, etc. C’est pourquoi, afin que les bienfaits matériels en Assiya, répondant aux besoins de l’âme dans le corps, soient attirés de la bonté qui se trouve en Atsilout,
Les besoins matériels — ce dont l’âme a besoin tant qu’elle vit dans un corps — sont très éloignés de cette bonté suprême. La bonté d’Atsilout ne peut donc apparaître telle quelle en Assiya, le monde inférieur et matériel ; elle doit être amenée jusque-là, comme l’explique la suite.
הוא צריך להשתלשל ולירד בהשתלשלות מדרגות רבות בהיכלות דאבי״ע [דאצילות בריאה יצירה עשיה] מהיכל להיכל עד שיתעבה להיות חסדו בענינים גשמיים לרפאות החולה ולברך השנים
elle doit descendre et se déployer en passant par de nombreux degrés, dans les palais (heikhalot) des mondes d’Atsilout, de Béria, de Yetsira et d’Assiya, de palais en palais, jusqu’à devenir assez grossière pour que Sa bonté se manifeste dans des réalités matérielles : guérir les malades et bénir les années.
La bonté doit descendre à travers les nombreux « palais » (heikhalot) des quatre mondes, l’un après l’autre, jusqu’à devenir assez grossière pour prendre une forme matérielle. Elle se manifeste finalement par la guérison des malades et la bénédiction des récoltes de l’année, précisément ce que nous demandons chaque jour dans la Amida.
(ויובן זה ממ״ש במ״א בד״ה פתח אליהו1718 גבי אין לך עשב19 כו׳ וסד״ה מזוזה מימין20 בענין שלשת אלפים משל21 ובד״ה מראיהם ומעשיהם22 כו׳. בענין עושה חסד לאלפים23 ובד״ה קחו מאתכם תרומה).2425
(On comprendra cela d’après ce qui est écrit ailleurs : dans le discours qui commence par « Eliyahou ouvrit », au sujet de « Il n’est pas de brin d’herbe », etc. ; à la fin du discours qui commence par « La mezouza à droite », au sujet des « trois mille paraboles » ; dans le discours qui commence par « Leur apparence et leurs actes », etc., au sujet de « Celui qui fait bonté envers des milliers » ; et dans le discours qui commence par « Prélevez parmi vous une offrande ».)
L’Alter Rebbe renvoie à quatre discours de Torah Ohr qui éclairent davantage ce sujet. L’un traite du Midrach selon lequel chaque brin d’herbe a une force céleste qui le frappe et lui ordonne de pousser ; les autres portent sur les « trois mille paraboles » de Chlomo, sur « Celui qui fait bonté envers des milliers » et sur l’offrande destinée au Michkan.
וע״ז [ועל זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אדם נדון26 בכל יום שהוא נדון לפי מעשיו היום27 האם ראוי וכדאי הוא שירד ויומשך החסד עליון הנמשך כבר על נפשו למעלה בר״ה [בראש השנה] ויוהכ״פ [ויום הכפורים] שיהיה יורד ונמשך ממדרגה למדרגה מהיכל להיכל.
C’est à ce sujet que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « L’homme est jugé chaque jour » ; il est jugé selon ses actes de ce jour, afin de déterminer s’il est apte et digne que la bonté suprême, déjà attirée sur son âme là-haut à Roch Hachana et à Yom Kippour, descende et se déploie, passant d’un degré à l’autre, de palais en palais,
Cela explique la parole des Sages : « L’homme est jugé chaque jour. » Le jugement quotidien n’est pas un nouveau décret ; il s’agit de déterminer si, par sa conduite de ce jour, il mérite que la bonté déjà accordée à son âme à Roch Hachana et à Yom Kippour soit amenée, degré après degré, dans sa vie concrète.
בכדי שיומשך מרוחניות לגשמיות. או שמא אין ראוי האדם לזה ואזי יתעכב ולא ירד למטה רק ישאר למעלה ברוחניות ושם יגיע לו שיוסיפו לו תענוג בג״ע [בגן עדן] מאחר שנמשך לו החסד.
afin qu’elle soit attirée du spirituel vers le matériel. Ou bien l’homme n’en est peut-être pas digne ; alors elle sera retenue et ne descendra pas ici-bas, mais demeurera là-haut, dans le spirituel. Là, elle lui parviendra sous la forme d’un accroissement du plaisir dont il jouit dans le Gan Eden, puisque la bonté a été attirée pour lui.
S’il en est digne, la bonté descend dans le monde matériel ; sinon, elle est retenue et demeure dans le domaine spirituel. Elle n’est pas perdue pour autant : puisqu’elle lui a été accordée, elle accroît son plaisir dans le Gan Eden.
אבל עכ״ז [עם כל זה] לא יומשך ממנו למטה כלל. (והגם שמה שאמרו אדם נדון בכל יום זהו דברי ר׳ [רבי] יוסי ור׳ [ורבי] נתן משא״כ לרבנן מ״מ [מכל מקום] הא על כרחך גם לר׳ [לרבי] יוסי ור״נ
Pourtant, même ainsi, rien de cela ne se prolongera vers le bas. (Et bien que l’affirmation « L’homme est jugé chaque jour » soit l’opinion de Rabbi Yossé et de Rabbi Natan, tandis que les Sages ne sont pas de cet avis, vous êtes néanmoins contraint [de dire] que, même selon Rabbi Yossé et Rabbi Natan,
Même ainsi, cela ne lui parvient pas en bas. Une longue parenthèse s’ouvre maintenant : dans le Talmud, « L’homme est jugé chaque jour » est l’opinion de Rabbi Yossé (Rabbi Natan dit « chaque heure »), tandis que les autres Sages soutiennent que l’homme est jugé à Roch Hachana ; l’Admour Hazaken démontre que ces deux Sages reconnaissent eux aussi que le jugement principal a lieu à Roch Hachana.
עיקר הדין בר״ה [בראש השנה]28 דאל״כ [דאם לא כן] איך יפרשו הפסוק דכי חק לישראל29 הוא משפט לאלקי30 יעקב דקאי אר״ה [על ראש השנה] וגם מ״ש עיני ה׳ אלקיך בה מראשית השנה31 שמזה למדו בפ״ק [בפרק קמא] דר״ה [דראש השנה]) (דף ח׳) דר״ה [דראש השנה] הוא ר״ה [ראש השנה] לדין כו׳.
le jugement principal a lieu à Roch Hachana. Car, sinon, comment expliqueraient-ils le verset « Car c’est une loi pour Israël, un jugement du D.ieu de Yaakov », qui se rapporte à Roch Hachana, ainsi que ce qui est écrit : « Les yeux de Havaya, ton D.ieu, sont sur elle depuis le début de l’année », verset dont ils ont déduit, dans le premier chapitre de Roch Hachana (folio 8), que Roch Hachana est le nouvel an du jugement, etc. ?
Ses preuves sont deux versets : « Car c’est une loi pour Israël, un jugement du D.ieu de Yaakov », que le Talmud rapporte à Roch Hachana, et « Les yeux de Havaya, ton D.ieu, sont sur elle depuis le début de l’année », dont le Talmud déduit que le jugement de l’année commence à Roch Hachana. Aucune opinion ne saurait expliquer ces versets autrement.
ועוד דאל״כ [דאם לא כן] מה ענין מלכיות זכרונות ושופרות שאומרים בר״ה [בראש השנה]. והמלך המשפט בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה]. ומה יום מיומיים.
De plus, sinon, à quoi servent les Mal’houyot, Zikhronot et Chofarot récités à Roch Hachana, ainsi que « le Roi du jugement » pendant les Dix jours de Techouva ? Et en quoi ce jour diffère-t-il des autres jours ?
Une autre preuve vient des prières : les Mal’houyot, Zikhronot et Chofarot (les sections consacrées à la royauté, au souvenir et au chofar dans les prières de Roch Hachana), ainsi que le changement en « le Roi du jugement » dans la Amida pendant les Dix jours de Techouva. Si chaque jour était jugé de la même manière, rien ne distinguerait ces jours.
א״ו [אלא ודאי] גם ר״י [רבינו יצחק] ור״נ מודים דר״ה [דראש השנה] הוא יום הדין. וכן מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] (פ״ב [פרק ב׳] דביצה די״ז ע״א) מזונותיו של אדם32 קצובין לו מר״ה [מראש השנה] ועד יוהכ״פ [יום הכפורים].
Il faut donc dire que Rabbi Yossé et Rabbi Natan reconnaissent eux aussi que Roch Hachana est le Jour du Jugement. De même, nos Sages, de mémoire bénie, enseignent (chapitre 2 de Beitzah, folio 17a) : « La subsistance de l’homme lui est fixée de Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour. »
Il faut donc que Rabbi Yossé et Rabbi Natan reconnaissent eux aussi que Roch Hachana est le Jour du Jugement. L’enseignement du Talmud selon lequel la subsistance de l’homme est fixée de Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour va dans le même sens (il figure en Beitzah 16a ; la référence du texte indique 17a).
משמע דאתי ודאי לכ״ע [לכל עלמין] ואין בזה שום מחלוקת ואעפ״כ [ואף על פי כן] ס״ל [סבירא ליה / סבירא להו] דאדם נדון ג״כ בכל יום
Cela implique que cet enseignement fait certainement l’unanimité et ne fait l’objet d’aucune divergence ; pourtant, ils soutiennent qu’un homme est également jugé chaque jour,
Cet enseignement ne fait l’objet d’aucune controverse et vaut donc pour toutes les opinions ; pourtant, Rabbi Yossé et Rabbi Natan soutiennent toujours que l’homme est jugé chaque jour. Les deux jugements doivent donc porter sur des choses différentes.
והיינו ע״ד [על דרך] שנתבאר וכמ״כ [וכמו כן] גם לרבנן דפליגי אר׳ [אמר רבי] יוסי ור״נ הרי גם לדידהו עכצ״ל [על כרחך צריך לומר] דשייך בחינת דין בכל יום
et cela selon la distinction qui a été expliquée. De même, selon les Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Yossé et Rabbi Natan, vous êtes également contraint de dire que le jugement intervient sous un certain aspect chaque jour,
C’est précisément la distinction déjà expliquée : le décret annuel en haut, et le jugement quotidien portant sur sa descente. De même, les Sages qui sont en désaccord avec Rabbi Yossé et Rabbi Natan doivent eux aussi admettre une certaine forme de jugement quotidien.
שהרי מבקשים כל הבקשות בשמו״ע [בשמונה עשרה] אף גם לרבנן כמבואר בגמרא פ״ק [פרק קמא] דשבת (די״ב ע״א וע״ב) והיינו ג״כ ע״ד [על דרך] שנתבאר וענין המחלוקת שביניהם אין כאן מקומו.
car toutes les requêtes sont formulées dans la Amida, même selon les Sages, comme l’explique la Guemara, premier chapitre de Chabbat (folio 12a et b) ; cela aussi s’inscrit dans la distinction qui a été expliquée. Quant à la nature du désaccord entre eux, ce n’est pas ici le lieu d’en traiter.
La preuve en est que, quelle que soit l’opinion, nous formulons chaque jour toutes les requêtes de la Amida, ce qui n’aurait aucun sens si rien n’était décidé quotidiennement. L’Admour Hazaken réserve à un autre endroit l’examen précis de la nature de leur désaccord.
וכבר האריך בזה ג״כ בע״מ [בעשרה מאמרות] מאמר חקור דין33 ח״ב [חלק ב׳] פ״א ופרק כ״ו. והנה השפעת חסד זה הוא מתעכב ושוהה עד שנמשך ובא למטה
Cette question a déjà été traitée longuement dans Asarah Maamaros, Maamar Chakor Din, partie 2, chapitre 1 et chapitre 26.) Or, ce flux de bonté est retenu et demeure en suspens jusqu’à ce qu’il se prolonge et parvienne en bas,
Il ajoute que l’ouvrage kabbalistique Asarah Maamaros traite longuement de cette question, puis la parenthèse se ferme. Revenant au sujet principal : puisque chaque étape de la descente comporte un jugement, le flux de bonté est retardé et demeure en suspens au cours de sa descente.
שהרי בכל השתלשלות מהיכל להיכל הוא ע״י משפט אם ראוי הוא שיומשך ההשפעה למטה ומעיינים בדינו ויש מי שמקטרג לומר שחטא ואינו ראוי לזה
Car, à chaque étape de la descente d’un Heikhal à l’autre, il y a un jugement : la question est de savoir s’il est digne que l’influx se prolonge vers le bas. Son cas est examiné, et quelqu’un accuse en disant qu’il a péché et qu’il n’en est pas digne.
À chaque étape, d’un Heikhal à l’autre, le cas de la personne est examiné : est-elle digne que l’influx poursuive sa descente ? Des accusateurs soutiennent qu’elle a péché et qu’elle ne le mérite pas, ce qui retient l’influx.
(וזהו מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] ברבות וישלח פע״ו ע״פ ויאמר בניהו34 כו׳ אמן כן יאמר35 והלא כבר נאמר הנה בן נולד לך הוא יהיה איש מנוחה36 אלא אמר הרבה קטגורין יעמדו מכאן ועד גיחון.37 ע״ש [עיין שם])
(C’est là le propos de nos Sages, de mémoire bénie, dans Midrash Rabbah, Vayichla’h, chapitre 76, à propos du verset « Benaya dit… », etc. : « Amen, qu’ainsi le dise [D.ieu]. » Mais n’avait-il pas déjà été dit : « Voici qu’un fils va te naître ; il sera un homme de repos » ? Il dit plutôt : « De nombreux accusateurs se dresseront d’ici jusqu’au Gui’hon. » Voir là-bas.)
Le Midrach l’illustre ainsi : lorsque David désigna Chlomo comme roi, Benaya répondit : « Amen, qu’ainsi le dise D.ieu », bien que D.ieu eût déjà promis à David un fils qui serait « un homme de repos ». Il priait car de nombreux accusateurs pouvaient se dresser entre là et la source du Gui’hon, où Chlomo devait être oint. (Le verset lui-même dit « Benaya répondit », comme le signale l’édition Kehot.)
אבל כשנמשך האור והשפע ע״י אהרן ומגזעו תחתיו כהנים הנושאים את ידיהם38 ומברכים את העם בברכת כהנים
Mais lorsque la lumière et l’influx sont attirés par l’intermédiaire d’Aharon et, à sa suite, [par l’intermédiaire] des Cohanim issus de sa lignée, qui lèvent les mains et bénissent le peuple par la Bénédiction sacerdotale,
Le contraste apparaît alors : l’influx vient par l’intermédiaire d’Aharon et, après lui, de ses descendants, les Cohanim, qui lèvent les mains et bénissent le peuple par la Bénédiction sacerdotale.
אזי השפע היא נמשכת במהירות דרך כל העולמות באין מונע ומעכב ואין מעיינים בדין כלל.
alors l’influx se prolonge rapidement à travers tous les mondes, sans que rien ne l’empêche ni ne le retienne, et sans qu’aucun jugement ne soit examiné.
Cet influx traverse rapidement tous les mondes, sans obstacle, et sans qu’aucun jugement soit examiné. C’est la rapidité de l’amandier : la bénédiction des Cohanim passe outre l’examen qui ralentit les autres bontés.
(וע״ד [ועל דרך] שנתבאר ע״פ ולא אבה ה׳ אלהיך לשמוע אל בלעם כו׳ שלא שמע שום קטרוג והיינו ע״י כי אהבך39 כו׳. וזהו שמברכים הכהנים אקב״ו [אשר קדשנו במצותיו וצונו] לברך את עמו ישראל באהבה.40
(Cela rejoint ce qui a été expliqué à propos du verset « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilam… », etc. : Il n’a entendu aucune accusation, et cela parce que « Il t’a aimé », etc. C’est pourquoi les Cohanim récitent la bénédiction : « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour ».
Il existe un parallèle : la Torah dit que D.ieu « ne voulut pas écouter Bilam », c’est-à-dire qu’Il n’entendit aucune accusation, « parce qu’Il t’a aimé ». L’amour écarte l’accusateur ; c’est pourquoi la bénédiction que les Cohanim récitent avant la Bénédiction sacerdotale s’achève par les mots : « bénir Son peuple Israël avec amour ».
ועד״ז [ועל דרך זה] י״ל [יש לומר] פי׳ הפסוק השולח אמרתו41 ארץ עד מהרה ירוץ דברו. דפי׳ השולח הוא כשיורד השפע לאט לאט ובהדרגה ובמתון. אבל עד מהרה ירוץ דברו היינו כשהשפע הולך במהירות ע״ד [על דרך] הנ״ל. ועמ״ש ע״פ זה במ״א.
Dans cette optique, on peut expliquer le sens du verset : « Il envoie Sa parole sur la terre ; Son verbe court avec rapidité. » Le sens de « Il envoie » est que l’influx descend lentement, peu à peu, progressivement et sans hâte. Mais « Son verbe court avec rapidité » signifie que l’influx se déplace rapidement, comme expliqué plus haut. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs à propos de ce verset.
Le verset « Il envoie Sa parole sur la terre ; Son verbe court avec rapidité » décrit deux façons dont l’influx peut parvenir. « Il envoie » désigne une descente lente, progressive et mesurée, tandis que « Son verbe court avec rapidité » désigne l’influx rapide décrit ici.
ועיין ברבות פ׳ ואתחנן יש תפלה שנענית לארבעים יום42 כו׳ ויש תפלה שנענית לעשרים יום כו׳ ויש תפלה שנענית ליום אחד כו׳ ויש תפלה כו׳ ע״ש [עיין שם]. ועמ״ש במ״א בפי׳ מהר קח43 את הלבוש כו׳ בד״ה עד דלא ידעי44 בין45 כו׳)
Voir aussi Midrash Rabbah, paracha Vaét’hanan : « Il est une prière qui est exaucée au bout de quarante jours, etc. ; une prière qui est exaucée au bout de vingt jours, etc. ; une prière qui est exaucée au bout d’un jour, etc. ; et une prière… », etc. Voir là-bas. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs sur le sens de « Hâte-toi, prends le vêtement… », etc., dans le maamar commençant par « Jusqu’à ce qu’il ne sache plus distinguer entre… », etc.)
Le Midrach énumère des prières exaucées au bout de quarante jours (celle de Moché), de vingt jours (celle de Daniel), d’un jour (celle d’Éliyahou), et d’autres encore. Il montre ainsi que les réponses surviennent à des rythmes différents. L’Admour Hazaken renvoie également à une discussion sur l’ordre du roi à Haman : « Hâte-toi, prends le vêtement », dans un maamar de Torah Ohr sur la formule de Pourim « jusqu’à ce qu’il ne sache plus distinguer entre [maudit soit Haman et béni soit Mordekhaï] ».
וזהו ענין ברכת כהנים יברכך ה׳ וישמרך. וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] יברכך בממון כו׳ יברכך בבנים כו׳ וישמרך מן המזיקים.4647 כמ״ש ברבות נשא פי״א [פרק י״א].
C’est là le sens de la Bénédiction sacerdotale : « Que Havaya te bénisse et te garde. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Qu’Il te bénisse” — de biens, etc. ; “qu’Il te bénisse” — d’enfants, etc. ; et “qu’Il te garde” — de ceux qui font du mal », comme il est écrit dans Midrash Rabbah, Nasso, chapitre 11.
La Bénédiction sacerdotale elle-même le montre. Le Midrach comprend « Que Havaya te bénisse et te garde » comme une bénédiction de biens et d’enfants, ainsi qu’une protection contre le mal. Comme l’explique une note de Sefer HaMaamarim Meloukat, les biens et les enfants montrent que l’influx atteint tous les domaines de la vie ; la protection contre le mal montre qu’il descend très bas, jusque dans les situations où une protection est nécessaire.
היינו שנמשך החסד העליון מיד בגשמי להיות הברכה בבני ומזוני יאר ה׳ פניו היינו הארת פנים ויחונך שנמשך למטה מטה.484950515253
Cela signifie que la bonté supérieure est immédiatement attirée jusque dans le monde matériel, afin que la bénédiction se manifeste par les enfants et la subsistance. « Que Havaya fasse briller Son visage » : c’est le rayonnement du visage ; « et qu’Il te fasse grâce » : elle est attirée jusque dans les niveaux les plus bas.
Ainsi, la bénédiction sacerdotale attire aussitôt la bonté supérieure jusque dans la vie matérielle : les enfants et la subsistance. « Que Havaya fasse briller Son visage » désigne le rayonnement du visage divin, et « et qu’Il te fasse grâce » la fait descendre jusqu’au niveau le plus bas.
Ce paragraphe explique pourquoi le bâton d’Aharon porta des amandes : l’amande est le fruit qui mûrit le plus vite, et la bienveillance qui descend par l’intermédiaire d’Aharon et de la bénédiction sacerdotale atteint rapidement le monde matériel, sans les étapes de jugement qui retiennent autrement la bienveillance décrétée à Roch Hachana. Il répond en chemin à la question de savoir pourquoi nous prions chaque jour si l’année est décidée à Roch Hachana.
Le Talmud de Jérusalem (Taanis 4:5), signalé dans l’édition Kehot, relie le « bâton d’amandier » de Jérémie aux vingt et un jours séparant la brèche dans les murailles de la ville de la destruction du Temple : il reprend les vingt et un jours qui vont du bourgeonnement de l’amande à la maturité de son fruit. La résolution des deux opinions sur le jugement est développée longuement dans le Kuntres Oumaayan, cité dans les notes ; à la fin du maamar 22, il y est expliqué que les opinions portent sur des sujets différents et ne sont donc pas réellement en désaccord.
Maré mekomot
- 1והנה פרח · ראה גם דרמ״צ מצות ברכת כהנים (קיב, א). ובהנסמן בספר הערכים-חב״ד כרך ב׳ ע׳ כה ואילך. ראה להלן ברשימת הכתבי-יד אודות זמן אמירת מאמר זה. כמה ענינים מהמאמר נתבארו בד״ה והנה פרח תשל״ג (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ רצא ואילך). ראה ד״ה והנה פרח מטה אהרן תשמ״ה כמה ביאורים למאמר זה. לקו״ש חל״ג ע׳ 196.
- 2והנה פרח מטה אהרן · Numbers 17:23
- 3וע׳ ברבות ס״פ קרח · ראה סה״מ תרכ״ז ע׳ סד.
- 4וכמ״ש ברבות סוף קהלת · נעתק בסה״מ תרכ״ז ע׳ סז עם הוספות וביאורים. בלקו״ש חכ״ג ע׳ 117 מציין שכ״ה עד״ז בירושלמי תענית פ״ד ה״ה. וראה שם הערה 34 ע״ש.
- 5משעה שהוא מציץ · ברבות שם: משעת שיניץ.
- 6שהוא גומר כ״א יום · Jerusalem Talmud Taanit 4:5
- 7כמ״ש בירמי׳ סי׳ א מקל שקד · וראה מפרשים שם.
- 8מקל שקד · Jeremiah 1:11
- 9כי שקד אני על דברי לעשותו · ”ויש לומר שהכוונה בהוספה זו היא לרמז דהמהירות שבשקדים הוא ענינים וכידוע ששמו של דבר מורה על ענינו” — סה״מ מלוקט שם.
- 10כי שקד אני על דברי לעשותו · Jeremiah 1:12
- 11וזהו רמז על הכהונה · ”כי ההשפעות הנמשכות ע״י אהרן . . הן במהירות.
- 12
- 13ידוע הקושיא . . עיקר דינו של אדם הוא בר״ה · ראה גם בדרך מצותיך מצות תגלחת מצורע דף קו, א. עטרת ראש בתחלתו פרק ג. קונטרס ומעין מאמר יח. קונטרס חנוך לנער ע׳ 46 ואילך. לקו״ש ח״ט ע׳ 375-378. ד״ה והנה פרח מטה אהרן — תשמ״א.
- 14בר״ה ויוה״כ · Beitzah 15a:1–2
- 15
- 16וכנודע מענין ואנכי עפר ואפר · Genesis 18:27
- 17בד״ה פתח אליהו · תו״א דף יג, ד ואילך.
- 18פתח אליהו · Tikkunei Zohar 17a
- 19אין לך עשב · Bereshit Rabbah 10:6
- 20וסד״ה מזוזה מימין · תו״א דף מב, ב ואילך.
- 21
- 22ובד״ה מראיהם ומעשיהם · תו״א דף סט, ג.
- 23
- 24ובד״ה קחו מאתכם תרומה · תו״א דף פט, א.
- 25קחו מאתכם תרומה · Exodus 35:5
- 26אדם נידון בכ״י · Rosh Hashanah 16a:6–7
- 27לפי מעשיו היום · ראה דרך מצותיך מצות תגלחת מצורע. קונטרס ומעין מאמר יז ואילך. ובהנסמן לעיל בקטע המתחיל: ידוע הקושיא.
- 28גם לר׳ יוסי ור״נ עיקר הדין בר״ה · ”וכן לאידך, שגם לרבנן דפליגי אר׳ יוסי (ר״ה שם), יש דין בכל יום — שלכן מבקשים בכל יום הבקשות שבשמו״ע. וראה בארוכה בקונטרס ומעין מאמר כ ואילך. וראה שם מאמר כב בסופו, דמר אמר חדא ומר אמר חדא ולא פליגי. וראה לקו״ש ח״ט ע׳ 375 ואילך” — סה״מ מלוקט שם הערה 11.
- 29כי חק לישראל · Psalms 81:5
- 30
- 31מראשית השנה · Rosh Hashanah 8a:16–17
- 32מזונותיו של אדם · Beitzah 16a:1–2
- 33בע״מ מאמר חקור דין · #ERROR!
- 34ויאמר בניהו · מ״א (א, לו) לפנינו אי׳ ויען ולא ויאמר. [כ].
- 35ויאמר בניהו כו׳ אמן כן יאמר · I Kings 1:36
- 36הנה בן נולד לך הוא יהיה איש מנוחה · I Chronicles 22:9
- 37הרבה קטגורין יעמדו מכאן ועד גיחון · Bereshit Rabbah 76:2
- 38כהנים הנושאים את ידיהם · Sotah 38a:1
- 39
- 40לברך את עמו ישראל באהבה · Sotah 39a:5–6
- 41ועד״ז י״ל פי׳ הפסוק השולח אמרתו · Psalms 147:15
- 42יש תפלה שנענית לארבעים יום · Devarim Rabbah 2:17
- 43
- 44בד״ה עד דלא ידעי · תו״א צה, ד.
- 45עד דלא ידעי בין · Megillah 7b:7–8
- 46וארז״ל יברכך בממון . . וישמרך מן המזיקים · ”דלכאורה אינו מובן, הרי בדרשת רז״ל הנ״ל מבואר רק מהי ההמשכה (ברכה בממון ובבנים ושמירה מן המזיקים), ובלקו״ת מביא דרשה זו לענין שההמשכה היא במהירות, ויש לומר הביאור בזה, דיברכך בממון ובבנים מורה על ריבוי ההשפעה שההשפעה היא בכל הענינים דבני חיי ומזוני [דביברכך בממון נכלל גם הברכה על חיי, דכי יהיב רחמנא שובעא לחיי הוא דיהיב], וענין וישמרך מן המזיקין מורה שההמשכת ההשפעה היא למטה מטה ביותר, אפילו למקום שצריך למשירה מן המזיקין” — סה״מ מלוקט שם ע׳ רצה.
- 47יברכך בממון כו׳ יברכך בבנים כו׳ וישמרך מן המזיקים · Bamidbar Rabbah 11:5
- 48עיני ה״א בה · Deuteronomy 11:12
- 49המשכת החסד שע״י אהרן נמשך במהירות באין מעכב ומונע · ”משא״כ בתפלה בכלל — ה״ז בקשה של אדם המתפלל (מלמטה למעלה) לפעול רצון חדש למעלה, ואין ודאות שתתמלא הבקשה, ואילו ברכה (מלמעלה למטה) היא בלשון ציווי (או בלשון הבטחה), שבודאי נמשכת ההמשכה. ובברכת כהנים ב׳ המעלות (ראה אוה״ת נשא ע׳ ער ואילך, ד״ה כה תברכו תרכ״ו, תרנ״ד. ד״ה ארישב״ל תרכ״ט. לקו״ש ח״י ע׳ 41)” — לקו״ש חל״ט ע׳ 378 הערה 25.
- 50יברכך ה׳ וישמרך · Numbers 6:24
- 51
- 52
- 53יאר ה׳ פניו · Numbers 6:25
Deux sortes de bonté ¶2–3
2ואמנם שרש הטעם לזה על היות המשכת החסד שע״י אהרן נמשך במהירות באין מעכב ומונע ההמשכה הוא לפי
Or, la raison fondamentale en est que la bonté qui se déverse par l’intermédiaire d’Aharon se déverse rapidement, sans que rien ne retienne ni n’entrave cet influx. Cela tient au fait que…
Après avoir montré que la bonté qui se déverse par l’intermédiaire d’Aharon parvient rapidement et sans entrave, l’Alter Rebbe en donne maintenant la raison fondamentale.
il y a bonté et bonté : le 'Hessed olam (« bonté éternelle ») et « abondant en bonté ». Or, l’influx qui se déverse par l’intermédiaire d’Aharon provient du niveau de « abondant en bonté », comme il est mentionné à propos du verset « Lorsque tu allumeras »
Il existe deux sortes de bonté : le 'Hessed olam, « bonté éternelle », et « abondant en bonté », expression tirée des Treize Attributs de miséricorde. L’influx qui se déverse par l’intermédiaire d’Aharon provient de « abondant en bonté », comme l’Alter Rebbe l’a expliqué dans le discours sur Beha'alotkha.
Ce paragraphe expose la raison fondamentale de la rapidité : il existe deux sortes de bonté, et l’influx qui se déverse par l’intermédiaire d’Aharon provient de « abondant en bonté ».
Une note citant le Likkutei Sichos oppose la prière à la bénédiction : la prière est une demande d’en bas qui cherche à susciter une nouvelle volonté en haut, sans certitude d’être exaucée, tandis qu’une bénédiction vient d’en haut sous la forme d’un ordre ou d’une promesse ; son influx se déverse donc avec certitude. La bénédiction sacerdotale possède ces deux qualités.
Maré mekomot
- 1ע״פ בהעלותך · לעיל פ׳ בהעלותך ל, א.
- 2
Et sur le verset : « Et tu feras des vêtements sacrés. » Il s’agit d’une bonté sans limite, qui descend et se déploie selon Ses attributs, sans qu’aucun aspect de rigueur puisse en rien l’entraver.
La même explication est donnée dans le discours sur « Et tu feras des vêtements sacrés. » « Abondant en bonté » désigne une bonté sans limite : elle descend selon les attributs propres à D.ieu, et aucune forme de rigueur ne peut l’entraver.
En revanche, dans la bonté éternelle (’Hessed olam), un aspect de rigueur se tient en face d’elle et l’entrave. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset : « Les bontés de Havaya, car nous n’avons pas cessé. »
À l’inverse, la « bonté éternelle » a face à elle une force de rigueur qui peut l’entraver, comme dans le cas de la rigueur quotidienne évoquée plus haut. Selon les notes de Kehot, l’explication du verset « Les bontés de Havaya, car nous n’avons pas cessé », auquel le texte fait référence, se trouve dans Iggeres HaKodesh 10 du Tanya.
Ce paragraphe définit deux sortes de bonté : « abondant en bonté » est sans limite et aucune rigueur ne peut l’arrêter, tandis que la « bonté éternelle » a face à elle une rigueur qui peut l’entraver.
Le discours de Torah Ohr sur « Et tu feras des vêtements sacrés », auquel la note renvoie le lecteur, décrit Aharon comme l’un des sept bergers qui font descendre la Lumière infinie vers toutes les âmes d’Israël : l’homme de bonté et le grand Kohen qui fait descendre le niveau du grand amour (ahava rabba), ses vêtements étant les vêtements de cet amour.
Maré mekomot
- 1וע״פ ועשית בגדי קדש · תו״א פב, א ואילך.
- 2ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
- 3משא״כ בחסד עולם יש כנגדו בחינת דין המעכבו · ראה בד״ה אמר לצפון תני — תר״ן ע׳ שפט.
- 4ע״פ חסדי ה׳ כי לא תמנו · אגה״ק סי׳ י׳.
- 5חסדי ה׳ כי לא תמנו · Lamentations 3:22
Le grand fleuve, le Chabbat et les bonnes amandes ¶4
4והמשל לזה עד״מ [על דרך משל] נהר גדול במאד שהליכת המים הוא בתגבורת גדולה לא יוכלו לעכב הליכת המים.
L’analogie à cela est celle d’un très grand fleuve, dont les eaux s’écoulent avec une force immense, de sorte qu’on ne peut en arrêter le cours.
L’analogie est celle d’un très grand fleuve qui coule avec une telle force que ses eaux ne peuvent être arrêtées.
משא״כ בנהרות שאין גדולים כ״כ [כל כך] מעכבים הליכת והמשכת מימיו ע״י עצים ועפר וכיוצא עד שמעמידין עי״ז עליהם בית הטחינה או גשרים.
En revanche, dans le cas de fleuves qui ne sont pas si grands, on peut entraver le cours et l’écoulement de leurs eaux au moyen de bois, de terre et d’autres éléments semblables, jusqu’à y établir ainsi un moulin ou des ponts.
On peut retenir les fleuves plus petits avec du bois, de la terre et d’autres éléments semblables, au point d’y construire un moulin ou des ponts. C’est l’image de la bonté que le jugement peut retenir.
אבל בנהר גדול מאד לא יעוכב ע״י מונעים ומעכבים הנ״ל כי אם הלוך ילך כמנהגו וישטוף העצים והעפר המעכבים.
Mais un très grand fleuve ne sera pas arrêté par les obstacles et les entraves mentionnés ci-dessus ; il continuera plutôt de couler selon son cours et emportera le bois et la terre qui le retiennent.
Un très grand fleuve n’est pas arrêté par de tels obstacles : il continue de couler comme à l’accoutumée et les emporte.
כך הנמשל בענין ההמשכה מבחי׳ ורב חסד הוא הולך ונמשך במרוצה. וכל הדינין מתעברין ומתבטלין מחמתו כו׳.
Il en va de même dans l’analogie pour l’effusion qui provient du niveau de « abondant en bonté » : elle s’écoule et se déverse avec rapidité, et tous les jugements s’évanouissent et sont annulés par son effet, etc.
De même, l’effusion issue de « abondant en bonté » se déverse rapidement, et toutes les forces de jugement s’évanouissent et sont annulées devant elle. C’est pourquoi la bénédiction transmise par Aharon arrive sans délai.
(ועמ״ש במ״א ע״פ יום ליום יביע אומר12 דפי׳ בזהר תרומה קל״ו ב׳ יביע כד״א [כמה דאת אמר] מבע אתעבד אוחי לאתנהרא דא מן דא3 לשון מהירות כדמתרגם וחש עתידות למו45 ומבע דעתיד להון.6
(Et voyez ce qui est écrit ailleurs à propos du verset « De jour en jour, il fait jaillir la parole », comme l’explique le Zohar, Terumah, 136b : « Yabia, comme il est dit : mabba — il fut produit rapidement, afin que l’un s’illumine de l’autre. » [Mabba est] un terme qui exprime la rapidité, comme le Targoum traduit « et les événements à venir sur eux se hâtent » par « oumaba de'asid lehon ».
Cette parenthèse rattache le sujet à Chabbat. Le Zohar interprète « De jour en jour, il fait jaillir la parole » comme chaque niveau se hâtant d’illuminer le suivant, et relie yabia à mabba, le terme que le Targoum emploie pour « se hâter » dans le verset « et les événements à venir sur eux se hâtent ».
דהיינו שבשבת נמשך האור והשפע ג״כ במהירות משום דכל דינין מתעברין מינה כו׳ ע״ש [עיין שם]. ועיין עוד מענין שקדים7 בפ׳ שמות) (ט״ו ב׳)8 ויובן ע״פ מ״ש (בירמיה סי׳ ל״א כ״ח) שיש שקידה למוטב ולטוב.9
C’est-à-dire que, le Chabbat, la lumière et l’effusion sont elles aussi attirées rapidement, car « tous les jugements s’évanouissent d’elle », etc. Voyez là-bas. Voyez aussi ce qui est dit au sujet des amandes dans la paracha Chemot (15b).) Et cela se comprendra à partir de ce qui est écrit (dans Jérémie, chapitre 31, [verset] 28) : il y a un empressement (chekida) pour le mal comme pour le bien.
Le Chabbat aussi, la lumière et l’effusion descendent rapidement, car tous les jugements s’évanouissent d’elle ; le Siddour, cité dans les notes de Kehot, explique que, pendant la semaine, l’effusion rencontre des entraves, tandis que le Chabbat elle vient rapidement. Le Zohar, dans la paracha Chemot, dit que certaines amandes sont amères et d’autres douces ; et les paroles de Jérémie, « de même que je me suis hâté à les déraciner… ainsi me hâterai-je à les bâtir et à les planter », montrent que l’empressement de D.ieu peut être pour le mal ou pour le bien.
ועד״ז [ועל דרך זה] נאמר כי נכון הדבר מעם האלקים10 וממהר האלקים לעשותו והיו שני שבע וגם ההפך וע׳ [ועיין] בספר מגן דוד11 באות גימל מזה.
Dans le même esprit, il est dit : « Car la chose est établie par D.ieu, et D.ieu se hâte de l’accomplir » : il y eut les années d’abondance, et aussi leur contraire. Voyez à ce sujet le livre Magen David, à la lettre gimel.
Un autre exemple de la hâte divine se trouve dans les paroles de Yossef à Pharaon : « Car la chose est établie par D.ieu, et D.ieu se hâte de l’accomplir » : les années d’abondance arrivèrent, ainsi que leur contraire, les années de famine. Pour plus de détails, l’Alter Rebbe renvoie au livre Magen David, à la lettre gimel.
ושקדים דגבי מטה אהרן ויגמול שקדים12 היינו כמאמר אל עליון גומל חסדים טובים13 דפי׳ טובים ע״ד [על דרך] האור כי טוב14 אהרן אותיות נראה. שיומשך האור למטה להיות נראה אור.
Et les amandes au sujet du bâton d’Aharon, « et il fit mûrir des amandes », correspondent à la formule « D.ieu Très-Haut, qui prodigue de bonnes bontés », où « bonnes » s’entend au sens de « la lumière, et elle était bonne ». Les lettres du nom Aharon forment nir'eh : que la lumière soit attirée en bas, de sorte que la lumière soit visible.
Les amandes du bâton d’Aharon sont des amandes « pour le bien », comme dans la prière « D.ieu Très-Haut, qui prodigue de bonnes bontés », où gomel fait écho à vayigmol, « il fit mûrir ». « Bonne » désigne la lumière dont il est dit « la lumière, et elle était bonne » ; et puisque le nom Aharon contient les lettres de nir'eh, son rôle est de faire descendre cette lumière afin qu’elle soit visible ici-bas.
ועמ״ש עוד מענין ברכת כהנים בד״ה ענין משמח חתן (וע׳ [ועיין] בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ שלח דקנ״ח ועוד נודע ששני מיני שפע הם15 הם כו׳ ע״ש [עיין שם]):
Voyez aussi ce qui est écrit plus loin au sujet de la bénédiction des Cohanim, dans le discours qui commence par « Le sens de “Celui qui réjouit le marié” » (voyez également le Ramaz sur la paracha de Chelah, folio 158 ; et il est également connu que les deux sortes d’influx sont précisément celles-ci, etc. Voyez là-bas).
Pour en savoir davantage sur la bénédiction des Cohanim, l’Admour Hazaken renvoie au discours sur « Celui qui réjouit le marié ». Il cite également le Ramaz sur la paracha de Chelah au sujet de deux sortes d’influx, passage qui, selon les notes de Kehot, est expliqué dans Sefer HaMaamarim 5664.
L’analogie du fleuve montre pourquoi la bonté d’« abondant en bonté » emporte tous les obstacles. Viennent ensuite des parallèles avec le Chabbat et avec la « hâte » de D.ieu, puis le paragraphe conclut en reliant les amandes du bâton d’Aharon aux « bonnes bontés » et à la lumière révélée que représente le nom d’Aharon.
Les notes de Kehot rapportent pourquoi l’Alter Rebbe mentionne un empressement « pour le mal », alors que le service d’Aharon était entièrement saint. Selon une explication, les bonnes amandes du bâton d’Aharon possèdent aussi la qualité de transformer le mal en bien ; selon une autre, le bâton fleurit après la dispute de Korach, ce qui établit clairement la force de la prêtrise d’Aharon, car le but des amandes de l’autre sorte est d’être transformées en bien, comme les ténèbres sont transformées en lumière.
Maré mekomot
- 1ע״פ יום ליום יביע אומר · סידור עם דא״ח קפ, ב ואילך. וראה בארוכה פירוש המילות לאדה״א פכ״ו ואילך. וראה באוה״ת-סדור ע׳ קעז. בסידור מבאר ”שבימי החול ישנם כמה עיכובים בהמשכת ההשפעה למטה, וביום השבת, המשכת ההשפעה היא במהירות, יביע אומר, יביע לשון מהירות. ומבואר שם [בסידור קפ, ד] .ֿ. שבימי החול אפשר שההשפעה תתעכב ולא תומשך למטה” — סה״מ מלוקט שם ע׳ רצג.
- 2יום ליום יביע אומר · Psalms 19:3
- 3יביע כד״א מבע אתעבד אוחי לאתנהרא דא מן דא · Zohar, Terumah 15:182–16:192
- 4וחש עתידות למו · האזינו לב, לה.
- 5וחש עתידות למו · Deuteronomy 32:35
- 6ומבע דעתיד להון · Onkelos Deuteronomy 32:35
- 7שקדים · Zohar, Shemot 28:257–31:266
- 8מענין שקדים בפ׳ שמות (ט״ו ב׳) · נעתק באוה״ת סידור ע׳ קעז ”ת״ח שקדים מנהון מרירין מנהון מתיקין כו׳”.
- 9יובן ע״פ מ״ש (בירמי׳ . . שיש שקידה למוטב ולטוב · ”והגם דהתם היינו לדבר עונש, אבל באמת עיקר ענין זה היינו לדבר הטוב להשפעת חיים חן וחסד שיומשך בלי עיכוב כמש״ש [בלקו״ת נה, ג]” — אוה״ת סידור ע׳ קעז. הענין דשקדים מובא בספר השיחות תש״נ כרך-ב ע׳ 533 בהערה 46 מקשה ”דלכאורה מה שייך כאן שקדים למוטב, הרי עבודת אהרן היתה רק בקדושה” ע״ש. ”ושקדים דמטה אהרן הם שקדים טובים, דיש לומר, דזה שמביא בהמאמר שיש שקידה למוטב הוא לרמז שבהשקדים טובים דמטה אהרן יש גם מעלת אתהפכא דמוטב לטוב” — סה״מ מלוקט שם ע׳ רצו. בד״ה והנה פרח מטה אהרן תשמ״ה הקשה למה מביא ענין זה כאן, והרי אין ענינו רק לציין מ״מ בעלמא. ומבאר דענין פרח מטה אהרן הי׳ אחר מחלוקת קרח, ואז נתברר תוקף כהונת אהרן, כי תכלית השקדים של היפוך הטוב הוא להפכם לטוב, ואז יש בהם מעלה זו דאתהפכא חשוכא לנהורא ע״ש.
- 10נכון הדבר מעם האלקים · Genesis 41:32
- 11בספר מגן דוד · נזכר גם באוה״ת ויקרא-ג ע׳ תתז.
- 12ויגמול שקדים · Numbers 17:23
- 13א-ל עליון גומל חסדים טובים · נוסח התפלה.
- 14האור כי טוב · Genesis 1:4
- 15וע׳ בהרמ״ז פ׳ שלח . . ששני מיני שפע הם · מובא ונתבאר בסה״מ תרס״ד ע׳ קסז.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar ne s’arrête pas pour en tirer une leçon, mais sa réponse à Tossefot en contient une : la bonté décrétée à Roch Hachana descend dans la vie d’une personne selon ses actes de chaque jour, ce qui explique pourquoi nous prions chaque jour pour la santé et la subsistance.
Questions à discuter
- Pourquoi le décret de Roch Hachana n’atteint-il pas de lui-même la vie d’une personne ? Que décide le jugement quotidien ?
- Comment le maamar montre-t-il que Rabbi Yossé et Rabbi Natan s’accordent, eux aussi, à considérer Roch Hachana comme le jour du Jugement, et que les Rabbins admettent également l’existence d’un jugement quotidien ?
- Quelle est la différence entre la « bonté éternelle » et « riche en bonté », et comment l’image du fleuve l’illustre-t-elle ?
- Pourquoi la bénédiction des Kohanim se termine-t-elle par « bénir Son peuple Israël avec amour », et comment l’amour fait-il taire l’accusateur, comme dans l’épisode de Bilam ?
- Qu’apportent respectivement les amandes, le nom Aharon (nir’eh) et « qui accorde de bonnes bontés » à l’image de la bonté qui passe par Aharon ?