Likkutei Torah · Parshas Korach · Maamar 1
ויקח קרח בן יצהר בן קהת בן לוי וגו׳
« Korach, fils de Yitshar, fils de Kehat, fils de Lévi, prit »
L’idée centrale
Korach prétendait que la lumière qui entoure tout, le talit entièrement bleu et l’« huile » cachée dont il se réclamait n’avaient pas besoin de fils. Moché lui répondit que la lumière infinie de D.ieu n’atteint le monde et le cœur qu’au moyen d’une contraction, par les « cheveux » et les fils des tsitsit et de la barbe d’Aharon, et que ce fil ténu ouvrira la révélation entière dans les Temps futurs.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi Korach, en tant que « fils de Yitshar », fils de l’huile, revendiquait la prêtrise, pourquoi il raillait la mitsva des tsitsit et pourquoi il enviait la barbe d’Aharon. Il distingue deux modes de lumière divine : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), la lumière intérieure qui pénètre chaque monde selon sa mesure (« Sa gloire »), et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), présente partout de manière égale (« Je remplis »). Le talit représente la lumière qui entoure tout ; les tsitsit sont la lumière intérieure qui en est tirée par les « cheveux », un canal contracté qui, seul, peut transmettre une lumière située au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), comme au Sinaï, lorsque la 'Hokhma supérieure fut révélée par un bond. Les fils blancs suscitent un grand amour, et le tekhelet suscite une crainte qui repousse le mal. Aharon, le « compagnon de l’époux », attire le grand amour par sa barbe, tandis que les Lévites, enracinés dans la Guevoura, furent rasés. Korach voulait que la Guevoura prenne la tête dès à présent et revendiquait l’huile cachée, au-dessus de Moché et d’Aharon. Mais l’huile ne dispense aucune lumière par elle-même ; elle ne brille que par les cheveux et un kav. Moché et Aharon sont les véritables « fils de l’huile », et le fil tiré dès à présent par la Torah, les mitsvot et la techouva ouvrira la grande révélation de l’avenir.
Plan
- Les trois griefs de KorachLe Midrach sur Korach, « fils de l’huile », sa question au sujet d’un talit entièrement en tekhelet et sa jalousie : les Lévites furent rasés, tandis qu’Aharon était paré et que sa barbe avait été ointe.¶1–3
- Vêtement et cheveux : deux sortes de lumièreMemalé et sovev, « Sa gloire » et « Je remplis » ; le talit comme lumière qui entoure tout et les tsitsit comme lumière intérieure ; lumière intérieure et lumière qui entoure tout, ascensions des mondes et valeur d’une heure de techouva et de bonnes actions ; Youval et Yaval ; l’analogie de la pensée qui met les membres en mouvement.¶4–11
- Le bond au Sinaï et les trente-deux filsLa gloire de la Torah révélée sur terre ; la 'Hokhma supérieure révélée au Sinaï par un bond au-delà de l’ordre des mondes ; pourquoi une telle lumière ne vient que par les « cheveux » ; la Torah comme « fruit tombé » de la sagesse supérieure ; min kanaf et le Midrach des miroirs ; l’huile précieuse sur la barbe d’Aharon et le blanc des tsitsit.¶12–26
- Le tekhelet : une crainte qui repousse le malLe tekhelet comme kalah, qui détruit le mal ; l’image de l’épouse infidèle et « vous ne vous égarerez pas », même dans les désirs permis ; le Trône du Jugement et la crainte du péché ; le tekhelet comme lumière sévère qui entoure tout, de Mal'hout ; les quatre tsitsit, à gauche et à droite, devant et derrière ; l’amour et la crainte supérieurs attirés par les fils.¶27–32
- La querelle de Korach et son erreurLe Kohen Gadol comme compagnon de l’époux, qui attire le grand amour par sa barbe ; les Lévites, issus de la Guevoura, rasés ; le tekhelet comme laine blanche teinte en bleu ; l’argument de Korach contre les fils et la prêtrise ; la primauté future de la Guevoura, Beit Chammaï et les Lévites comme kohanim, et pourquoi elle ne peut prendre la tête dès à présent.¶33–39
- La réponse de Moché : les fils sont essentielsLe but de la Torah et des mitsvot est d’attirer la lumière vers le bas, ce qui exige des fils ; pourquoi le talit n’a pas de sainteté alors que les tsitsit en ont une ; la Torah seule ne suffit pas ; l’huile comme source cachée au-dessus de la 'Hokhma ; céréales, vin et huile ; la revendication de Korach sur l’huile et la Guevoura d’Atik.¶40–45
- Par le chas d’une aiguilleL’huile ne dispense aucune lumière par elle-même ; Aharon, « la lumière est vue » ; Moché et Aharon comme véritables fils de l’huile ; le tsimtsoum et le kav ; les Treize Attributs et le Saint des Saints comme révélation par contraction ; l’ouverture de techouva, pareille au chas d’une aiguille, et l’ouverture du Palais ; Yossef qui « coud » ; le fil de bonté et le matin ; résumés conclusifs.¶46–53
Notions clés
- la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin)ממלא כל עלמין
- Lumière divine qui pénètre chaque monde selon sa capacité ; « Sa gloire » qui remplit la terre. Toutes les ascensions des mondes, même cinquante mille jubilés, se déroulent en son sein.
- la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
- L’essence même de D.ieu, présente partout de manière égale et que nul ne saisit ; « Je remplis le ciel et la terre ». Elle est attirée vers le bas par la techouva et les bonnes actions accomplies dans ce monde et sera révélée dans les Temps futurs.
- lumière intérieure et lumière qui entoure toutאור פנימי ואור מקיף
- Une lumière absorbée par un réceptacle selon des étapes ordonnées, et une lumière trop grande pour le réceptacle, qui l’entoure et agit sur lui depuis l’extérieur. Les fils des tsitsit sont la lumière intérieure ; le talit est la lumière qui entoure tout.
- les cheveux (se’arot)שערות
- Un canal rattaché à sa source, mais contracté au point d’en être presque séparé. C’est uniquement par un tel canal qu’une lumière située au-dessus de l’enchaînement des mondes peut descendre : les tsitsit, la barbe d’Aharon, les lois de la Torah.
- tekheletתכלת
- Le fil bleu : issu de kalah, il détruit le mal ; il est le Trône du Jugement et la lumière sévère qui entoure tout, de Mal'hout, qui aveugle les forces du mal ; ses fils attirent la crainte supérieure dans l’âme.
- l’huile (shemen)שמן
- La source cachée au-dessus de la 'Hokhma, le Mo'ha Stima'a, que Korach revendiquait en tant que « fils de Yitshar ». Elle ne dispense aucune lumière par elle-même et ne brille que par les cheveux et le kav, par Moché et Aharon.
- le bond (diloug)דילוג
- Une révélation qui franchit l’enchaînement ordonné des mondes, comme au Sinaï, lorsque la 'Hokhma supérieure fut révélée dans ce monde.
- le kav et le chas d’une aiguilleקו וחוט, כחודה של מחט
- La fine ligne de lumière qui suit le tsimtsoum et par laquelle toute révélation vient ; la techouva humaine est une ouverture pareille au chas d’une aiguille, où seul ce fil peut passer, mais qui ouvre pourtant la porte du Palais.
Les trois griefs de Korach ¶1–3
« Kora’h, fils de Yits’har, fils de Kehat, fils de Lévi, prit », etc. [Il nous faut] comprendre le sens de la controverse de Kora’h et de son assemblée contre Moché et Aharon.
Le maamar s’ouvre sur le premier verset de la paracha Kora’h, qui retrace la lignée de Kora’h à travers Yits’har et Kehat jusqu’à Lévi. L’Admour Hazaken expose son propos : comprendre le sens intérieur de la révolte de Kora’h et de ses partisans contre Moché et Aharon.
וברבות פרשה זו א״ר [אמר רבי] לוי למה חלק קרח על משה אמר אני בנו של שמן בן יצהר שנאמר ותירושך ויצהרך וגו׳ [וגומר]
Dans [Midrach] Rabba sur cette paracha : Rabbi Lévi dit : Pourquoi Kora’h contesta-t-il Moché ? Il se disait : « Je suis le fils de l’huile, le fils de Yits’har », comme il est dit : « ton vin et ton huile (yits’hare’ha) », etc.,
Le Midrach rapporte les paroles de Rabbi Lévi : Kora’h fondait sa revendication sur le nom de son père, Yits’har, qui signifie « huile ». Le verset qui associe tirosh et yits’har montre que yits’har est le terme de la Torah pour l’huile ; Kora’h se désignait donc comme « le fils de l’huile ».
אשר נשבע לאבותיך לתת לך3 ר״פ עקב תירוש זה יין ויצהרך זה השמן ובכל משקים שתתן את השמן הוא
« que [D.ieu] a juré à tes pères de te donner », au début de la paracha Ekev. « Tirosh, c’est le vin, et yits’hare’ha, c’est l’huile. Parmi tous les liquides, lorsque l’on y verse de l’huile, elle
Le verset est Deutéronome 7:13, au début de la paracha Ekev. Le Midrach ajoute une propriété de l’huile : versée dans un autre liquide, elle remonte et flotte à la surface ; elle est ainsi le liquide « le plus élevé ».
נמצא עליון כו׳ ומה אלו שנמשחו בשמן בלבד נטלו כהונה ומלכות אני שאני בנו של שמן אינו נמשח ונעשה כהן ומלך מיד נחלק על משה עכ״ל [עד כאן לשונו] וע״ש [ועיין שם] באריכות.45
se trouve au-dessus », etc. « Or, si ceux qui ont été oints d’huile seulement ont reçu la prêtrise et la royauté, moi qui suis le fils de l’huile, ne serais-je pas oint et ne deviendrais-je pas prêtre et roi ? » Aussitôt, il s’opposa à Moché. Fin de citation ; voir là-bas plus longuement.
Dans le Midrach, ceux qui ont été oints d’huile sont Aharon, qui reçut la prêtrise, et David, qui reçut la royauté. Kora’h raisonna ainsi : si ceux qui furent simplement oints d’huile ont acquis une telle grandeur, lui, le « fils » de l’huile elle-même, en méritait davantage encore ; il se dressa donc contre Moché. Le reste du maamar dévoile l’erreur de cette revendication.
Le maamar s’ouvre sur l’argument de Kora’h tel que le rapporte le Midrach : puisqu’il est le « fils de l’huile » (Yits’har), il devrait être supérieur à ceux qui n’ont été qu’oins d’huile. Cette revendication donne son cadre à tout le discours, qui montre finalement pourquoi elle était erronée.
Kehot indique que la transcription du présent maamar par le Mitteler Rebbe est imprimée dans Sefer HaMaamarim 5562, accompagnée de gloses supplémentaires du Tséma’h Tsédek dans Or HaTorah, et que le Mitteler Rebbe traite ce sujet dans Imrei Binah, Sha'ar HaTzitzis. Dans le maamar, l’huile, qui flotte au-dessus de tous les liquides, représente un niveau supérieur à la révélation ordinaire : la source cachée de la lumière, qui ne peut briller par elle-même.
Maré mekomot
- 1ויקח קרח · הנחת כ״ק אדהאמ״צ נדפס בסה״מ תקס״ב ח״א ע׳ רכב. ביאור על המאמר נדפס שם ע׳ רכז, חלק מהנחה אחרת שם ח״ב ע׳ תקפב. הגהות וביאורים באוה״ת קרח ע׳ תרסד. תרסז. תרסח. תרדע. תרפג. וראה שם ע׳ תשז ואילך. ובכרך-ו ע׳ א׳תתכז. ע׳ א׳תתלח קיצור והגהות לתקס״ב. במאמר אדה״א... אמרי בינה שער הציצית פרקים כא-כג. ובדרך מצותיך מצות ציצית. לכללות המאמר ראה ד״ה ונתנו על ציצית באוה״ת שלח ע׳ תקסז. זהו משנת תקס״ב. הובא ביאור נשא מצמ״צ נ״ע בוך ג׳ (דקנו, ב) סוס״א [כ].
- 2ויקח קרח · Numbers 16:1
- 3ותירושך ויצהרך וגו׳ אשר נשבע לאבותיך לתת לך · Deuteronomy 7:13
- 4
- 5
2ולהבין זה וגם השייכות אל המחלוקת שחלק על כהונת אהרן חלק ג״כ על מצות ציצית
[Il nous faut] comprendre cela, ainsi que le lien avec la controverse : celui qui contesta la prêtrise d’Aharon contesta également la mitsva du tsitsit,
Une deuxième question se pose : pourquoi la contestation de la prêtrise d’Aharon par Korah s’accompagna-t-elle d’une attaque contre la mitsva du tsitsit ? Le maamar montrera que ces deux sujets n’en forment qu’un.
כמו שפרש״י [שפירש רש״י / שפירוש רש״י] טלית שכולה תכלת12 חייבת בציצית3 או פטורה אמר להן חייבת התחילו לשחק עליו כו׳ והוא מבואר ברבות פ׳ זו ובתנחומא.4
comme l’explique Rachi : « Un talit entièrement en tekhelet est-il astreint au tsitsit ou en est-il exempt ? » Il leur dit : « Il y est astreint. » Ils se mirent à rire de lui, etc. Cela est expliqué dans [le Midrach] Rabbah sur cette paracha et dans le Tanhouma.
Rachi rapporte que Korah vêtit ses partisans de vêtements entièrement en tekhelet, la laine bleue requise pour l’un des fils du tsitsit, puis demanda à Moché si un tel vêtement devait malgré tout être muni de tsitsit. Lorsque Moché répondit que oui, ils se moquèrent de lui : si un seul fil bleu accomplit la mitsva pour un autre vêtement, à plus forte raison un vêtement entièrement bleu ne devrait-il pas en avoir besoin.
Ce paragraphe ajoute une deuxième énigme : la révolte de Korah contre la prêtrise s’accompagna d’une question moqueuse sur le tsitsit, et le maamar doit expliquer le lien entre les deux.
Maré mekomot
- 1טלית שכולה תכלת · Bamidbar Rabbah 18:3
- 2טלית שכולה תכלת · Midrash Tanchuma, Korach 2:1
- 3טלית שכולה תכלת חייבת בציצית או פטורה אמר להן חייבת התחילו לשחק עליו · Rashi on Numbers 16:1:4
- 4ברבות בפ׳ זו · יח, טז.
3וגם איתא ברבות1 שנתקנא לפי שבלוים נאמר והעבירו תער2 כו׳ ואהרן אחיו קשטו3 כו׳ דהיינו מ״ש כשמן הטוב4 כו׳ יורד על הזקן זקן אהרן כו׳.
Il est également dit dans [le Midrach] Rabba qu’il devint jaloux parce qu’au sujet des Lévites, il est dit : « Ils passeront le rasoir », etc., tandis que son frère Aharon, lui [Moché] l’embellit, etc. ; c’est-à-dire ce qui est écrit : « Comme l’huile précieuse », etc., « qui descend sur la barbe, la barbe d’Aharon », etc.
Le Midrach donne une autre raison à la jalousie de Kora’h : lors de leur consécration, les Lévites, parmi lesquels se trouvait Kora’h, durent passer le rasoir sur toute leur chair et se faire raser, tandis que Moché embellit son frère Aharon comme une fiancée. L’Alter Rebbe relie l’embellissement d’Aharon au verset sur l’huile précieuse qui descend sur sa barbe, de sorte que les cheveux, l’huile et la prêtrise apparaissent déjà associés.
ולהבין כל זה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] תחלה מעט מזעיר ענין מצות עשיית ציצית דכתיב ועשו להם ציצית כו׳ פתיל תכלת כו׳ וזכרתם כו׳ ולא תתורו56 כו׳.
Pour comprendre tout cela, il faut d’abord [expliquer], en quelques mots, la mitsva de confectionner les tsitsit, comme il est écrit : « Ils se feront des tsitsit », etc., « un fil de tekhelet », etc., « et vous vous souviendrez », etc., « et vous ne vous égarerez pas », etc.
Avant de résoudre ces énigmes, l’Alter Rebbe expose la mitsva des tsitsit elle-même, à partir des versets du passage : confectionner les tsitsit, le fil de tekhelet, se souvenir des commandements et ne pas s’égarer à la suite de son cœur et de ses yeux. Chacune de ces expressions sera expliquée plus loin dans le maamar.
Un troisième élément vient s’ajouter à l’énigme : les Lévites furent rasés, tandis qu’Aharon fut embelli et que sa barbe reçut l’huile d’onction. Pour comprendre le lien entre les cheveux, l’huile, les tsitsit et la prêtrise, le maamar commence par examiner la mitsva des tsitsit.
Maré mekomot
- 1וגם איתא ברבות · יח, ד. וראה ד״ה ויקח קרח תשמ״ח.
- 2והעבירו תער · Numbers 8:7
- 3שנתקנא לפי שבלוים נאמר והעבירו תער כו׳ ואהרן אחיו קשטו · Bamidbar Rabbah 18:4
- 4כשמן הטוב · Psalms 133:2
- 5ועשו להם ציצית . . ולא תתורו · Numbers 15:38
- 6וזכרתם כו׳ ולא תתורו · Numbers 15:39
Vêtement et cheveux : deux sortes de lumière ¶4–11
4והענין דהנה כתיב1 מלא כל הארץ כבודו,2 כבודו היינו זיו יקריה, וכתיב את השמים ואת הארץ אני מלא3 אני ממש.
L’explication est la suivante. Il est écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » ; « Sa gloire » désigne l’éclat de Sa gloire (ziv yekarei). Et il est écrit : « Je remplis les cieux et la terre » : « Je », littéralement.
Deux versets semblent décrire différemment la présence de D.ieu dans le monde. Isaïe parle de « Sa gloire » qui remplit la terre, ce que le texte explicite par l’expression araméenne ziv yekarei, « l’éclat de Sa gloire », qui n’est qu’un rayon ; dans Jérémie, D.ieu dit : « Je remplis » les cieux et la terre, c’est-à-dire Son être même.
וידוע שזהו ענין ב׳ הבחינות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] כמ״ש בד״ה אני לדודי4 ובד״ה וזאת המצוה5 ובשאר דוכתי.
Et l’on sait que cela correspond aux deux niveaux que sont la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), comme cela est expliqué dans le discours qui commence par « Je suis à mon bien-aimé », dans celui qui commence par « Et voici le commandement », ainsi qu’en d’autres endroits.
Les deux versets correspondent à deux modes de lumière divine. Memalé kol almin pénètre chaque monde selon sa capacité, à l’image de l’éclat de « Sa gloire » ; sovev kol almin est la lumière infinie qui transcende les mondes et est présente également en tous, le « Je » qui remplit les cieux et la terre.
וזהו ג״כ ענין תורה ומצות. דהנה כתיב לבושיה כתלג חיור6 ושער רישי׳ [רישיה] כעמר נקא. והיינו
Et cela correspond également à la Torah et aux mitsvot. Car il est écrit : « Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de Sa tête comme de la laine pure. » Cela signifie que…
Cette même paire correspond aussi à la Torah et aux mitsvot. Dans sa vision de l’Ancien des jours, Daniel décrit Son vêtement blanc comme la neige et les cheveux de Sa tête comme de la laine pure ; ces deux images représenteront les deux niveaux.
כי בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] נק׳ לבושיה כמ״ש ה׳ מלך גאות לבש7 (וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בד״ה יביאו לבוש מלכות)8
le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes est appelé « Son vêtement », comme il est écrit : « Havaya règne, Il s’est revêtu de majesté » (comme cela a été expliqué dans le discours qui commence par « Qu’on apporte un vêtement royal ») ;
Un vêtement enveloppe le corps sans en devenir une partie ; « Son vêtement » représente donc sovev kol almin, la lumière qui entoure les mondes depuis ce qui les transcende. Le psaume décrit également le règne de D.ieu comme le fait de « se revêtir » de majesté.
וזהו שרש ענין המצות שנקראו לבושים. ובחינת שער רישי׳ [רישיה] היינו מה שמאיר בבחי׳ פנימי להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] והוא שרש התורה.
et c’est là la racine du sujet des mitsvot, qui sont appelées des vêtements. Quant au niveau des « cheveux de Sa tête », il désigne ce qui brille de manière intérieure afin de constituer la lumière qui remplit tous les mondes ; il est la racine de la Torah.
Voilà pourquoi les mitsvot, appelées des vêtements, ont leur racine dans sovev. Les cheveux poussent à partir de la tête et tirent d’elle leur vitalité ; les « cheveux de Sa tête » représentent donc la lumière qui pénètre à l’intérieur, memalé kol almin, racine de la Torah.
והנה במצות ציצית יש כללות ב׳ הבחינות האלו כמש״ל [כמה שכתוב לעיל] בד״ה אני כו׳ אשר הוצאתי כו׳
Or, la mitsva des tsitsit contient les deux niveaux dans leur expression générale, comme cela a été expliqué plus haut dans le discours qui commence par « Je… », « qui ai fait sortir… », etc.
Les tsitsit réunissent les deux niveaux : le vêtement lui-même et les fils qui en pendent. L’Admour Hazaken renvoie au discours sur « Je suis Havaya, ton D.ieu, qui t’ai fait sortir… », le verset qui clôt le passage des tsitsit, où cela a été expliqué précédemment dans Likkutei Torah.
כי הטלית הוא בחי׳ לבושיה ולכן עיקר מצותו טלית לבן מצמר הכבשים9 שהוא כענין לבושיה כתלג חיור. בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין].
Car le talit correspond au niveau de « Son vêtement » ; c’est pourquoi la mitsva s’accomplit principalement [en utilisant] un talit blanc en laine de mouton, qui est semblable à « Son vêtement blanc comme la neige » : le niveau de sovev kol almin.
Le talit lui-même est « Son vêtement blanc comme la neige », le niveau de sovev. C’est pourquoi la mitsva s’accomplit idéalement avec un talit blanc en laine de mouton, qui rappelle le vêtement blanc de la vision de Daniel.
Ce paragraphe pose le fondement du maamar : les deux types de lumière divine, memalé et sovev, correspondent aux « cheveux de Sa tête » et à « Son vêtement », à la Torah et aux mitsvot ; la mitsva des tsitsit réunit les deux, le vêtement et ses fils.
Pour le talit en laine blanche, la note de Kehot renvoie aux lois des tsitsit dans Choul'han Aroukh, Orah 'Haïm 9:1–6. Dans « Qu’on apporte un vêtement royal », dans Torah Ohr, l’Admour Hazaken explique que l’étude de la Torah brille comme une lumière intérieure issue de memalé, puisque « la Torah vient de 'Hokhma », tandis que les mitsvot pratiques, accomplies avec des objets matériels, puisent dans sovev, qui seul peut faire surgir l’existence matérielle à partir du spirituel.
Maré mekomot
- 1והענין דהנה כתיב · ראה אוה״ת פ׳ תרומה ע׳ א׳תסה.
- 2מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
- 3את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 4בד״ה אני לדודי · סידור רכו, א. לקו״ת ראה לג, ב.
- 5ובד״ה וזאת המצוה · לקו״ת ואתחנן ט, א.
- 6לבושי׳ כתלג חיור · Daniel 7:9
- 7ה׳ מלך גאות לבש · Psalms 93:1
- 8בד״ה יביאו לבוש מלכות · תו״א צב, ב.
- 9עיקר מצותו טלית לבן מצמר הכבשים · או״ח ס״ט, א-ו.
5ועמ״ש בפ׳ אמור1 בענין והכשבים הפריד יעקב2. והציצית הם ג״כ ממין כנף3 והיינו בחי׳ ושער רישיה כעמר נקא4,
Et voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Emor au sujet de « Yaakov sépara les agneaux ». Les tsitsit sont également de la même espèce que le coin du vêtement (min kanaf) ; c’est-à-dire qu’ils relèvent du niveau de « les cheveux de Sa tête étaient comme une laine pure »,
L’Alter Rebbe renvoie à son discours dans la paracha Emor sur Yaakov séparant les agneaux. La halakha exige que les tsitsit soient min kanaf, de la même matière que le coin du vêtement ; cette parenté entre les fils et le vêtement correspond à « les cheveux de Sa tête étaient comme une laine pure », et le maamar l’explique plus loin comme le lien entre la lumière intérieure et la lumière enveloppante.
ול״ב חוטין בחינת ל״ב נתיבות החכמה מה שנמשך להאיר בבחי׳ א״פ [אור פנימי] כי החכמה נק׳ ראשית הגילוי והחכמה מאין תמצא.5
et les trente-deux fils correspondent au niveau des trente-deux sentiers de la 'Hokhma (sagesse) : ce qui est attiré vers le bas pour briller comme lumière intérieure (Or Pnimi). Car la 'Hokhma est appelée le commencement de la révélation, et « la 'Hokhma se trouve à partir de Aïn (néant) ».
Chaque tsitsit comporte huit fils, soit trente-deux sur les quatre coins, correspondant aux trente-deux sentiers de la 'Hokhma. La 'Hokhma est le premier point où la Divinité se révèle sous la forme d’une lumière intérieure, et elle provient de « Aïn », le néant qui lui est supérieur.
Les fils des tsitsit sont associés aux « cheveux de Sa tête » et aux trente-deux sentiers de la 'Hokhma, la lumière intérieure attirée depuis ce qui se trouve au-delà de la révélation.
Maré mekomot
- 1בפ׳ אמור · לקו״ת אמור לז, ב.
- 2
- 3והציצית הם ג״כ ממין כנף · Yevamot 4b:1–2
- 4
- 5והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
Et voici le sens de l’enseignement : « Il n’y a de gloire que la Torah » : il s’agit de la gloire suprême, les trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse). « Bénie soit la gloire de Havaya depuis Son lieu. »
Les Sages enseignent : « Il n’y a de gloire que la Torah. » L’Alter Rebbe identifie cette gloire à la gloire suprême, les trente-deux sentiers de 'Hokhma, qui se trouvent également derrière le verset « Bénie soit la gloire de Havaya depuis Son lieu » ; la valeur numérique de kavod, « gloire », est trente-deux, comme le maamar le note plus loin.
כמ״ש בד״ה כי על כל כבוד חופה4 ובד״ה לסוסתי.5 ועמ״ש בד״ה וידבר אלקים6 כו׳ אנכי הוי׳ אלקיך גבי אם אין חכמה אין יראה.78
Comme il est expliqué dans le discours commençant par « Car sur toute la gloire, il y aura un dais » et dans le discours commençant par « À ma jument ». Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et D.ieu parla », etc. : « Je suis Havaya, ton D.ieu », à propos de l’enseignement : « Sans sagesse, il n’y a pas de crainte. »
L’Alter Rebbe renvoie à trois autres discours portant sur les niveaux de gloire et sur 'Hokhma. Dans le discours « Et D.ieu parla… Je suis Havaya, ton D.ieu », il explique l’enseignement « Sans sagesse, il n’y a pas de crainte » : une crainte qui dépasse l’entendement survient lorsque la Lumière infinie se révèle dans 'Hokhma par l’étude de la Torah.
La « gloire » qui remplit la terre est identifiée à la Torah et aux trente-deux sentiers de 'Hokhma, établissant un lien entre le verset d’ouverture d’Isaïe et les trente-deux fils des tsitsit.
Dans Likkutei Torah, Shir HaShirim, le discours « Car sur toute la gloire » distingue deux sortes de gloire : « toute la terre est remplie de Sa gloire » désigne la gloire inférieure, Mal'hout comme memalé kol almin, tandis que « Bénie soit la gloire de Havaya depuis Son lieu » désigne une gloire supérieure.
Maré mekomot
- 1אין כבוד אלא תורה · אבות ו, ג.
- 2אין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
- 3ברוך כבוד ה׳ ממקומו · Ezekiel 3:12
- 4בד״ה כי על כל כבוד חופה · לקו״ת שה״ש מז, ב.
- 5ובד״ה לסוסתי · לקו״ת שה״ש יב, א.
- 6בד״ה וידבר אלקים · לקו״ת במדבר טז, ב.
- 7אם אין חכמה אין יראה · Pirkei Avot 3:17
- 8
7ולבאר הדברים הנה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] תחלה ענין א״פ [אור פנימי] וא״מ [ואור מקיף] ובחי׳ עגולים ויושר והענין הוא כי א״פ [אור פנימי] היינו מה שנכנס ומתיישב בהכלי בבחי׳ יושר והדרגה מעלה ומטה חב״ד [חכמה בינה ודעת] חג״ת [חסד גבורה תפארת] נה״י [נצח הוד יסוד].
Pour expliquer ces notions, il faut d’abord [expliquer] la lumière intérieure (Or Pnimi) et la lumière enveloppante (Or Makif), ainsi que les niveaux des cercles (igoulim) et de la ligne droite (yocher). Voici l’explication : la lumière intérieure est celle qui pénètre dans le réceptacle et s’y établit selon l’ordre de la ligne droite, par degrés, du haut vers le bas : 'Hokhma, Bina et Daat ; 'Hessed, Guevoura et Tiferet ; Netsa'h, Hod et Yessod.
Pour expliquer ces deux niveaux, l’Alter Rebbe introduit deux couples de termes kabbalistiques. La lumière intérieure (Or Pnimi) pénètre dans un réceptacle et y est assimilée de manière ordonnée et graduelle : c’est la « ligne droite » (yocher), qui va de l’intellect ('Hokhma, Bina, Daat), aux émotions ('Hessed, Guevoura, Tiferet), puis aux attributs de l’action (Netsa'h, Hod, Yessod), comme une personne debout, la tête en haut et les pieds en bas.
ובחי׳ א״מ [אור מקיף] הוא מה שלא היה יכול ליכנס בהכלי כלל מפני גודל אורו ונשאר למעלה מן הכלי בבחי׳ מקיף
Le niveau de la lumière enveloppante, quant à lui, est ce qui ne pouvait aucunement pénétrer dans le réceptacle, tant sa lumière était grande ; elle demeurait au-dessus du réceptacle, comme lumière enveloppante ;
La lumière enveloppante (Or Makif) est trop grande pour que le réceptacle puisse la contenir. Elle demeure au-dessus du réceptacle et agit sur lui de l’extérieur, sans y être assimilée.
וגם הוא בבחי׳ עיגול שהרי מקיף הראש והרגל כאחד (והיינו בחי׳ מקיף הישר שמעולם לא נכנס בהכלי).1
et elle est aussi selon la forme d’un cercle, car elle enveloppe pareillement la tête et le pied (c’est-à-dire le niveau de la lumière enveloppante de la ligne droite, qui n’est jamais entrée dans le réceptacle).
Puisqu’elle n’est pas assimilée, la lumière enveloppante est semblable à un cercle, qui n’a ni haut ni bas : elle se rapporte également à la tête et au pied. La parenthèse précise qu’il s’agit de la lumière enveloppante de la ligne droite, qui n’est jamais entrée dans le réceptacle ; Kehot cite la suggestion du Rabbi Rachab selon laquelle cette formulation la distingue d’une autre explication des cercles, présentée dans un maamar antérieur.
והנה ידוע בע״ח [בעץ חיים] ענין הקו וחוט שנמשך מן אור א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא כדי להיות נמשך ומאיר בבחי׳ א״פ [אור פנימי] וראשית הגילוי בחכמה כו׳ ונק׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמאיר בכל עולם לפי ערכו כו׳.
Or, le sujet du kav (ligne de lumière) et du fil qui s’étend depuis la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est connu d’après Etz Chaim : il a pour fonction que [la lumière] se prolonge et brille comme lumière intérieure, le commencement de la révélation se trouvant dans 'Hokhma, etc. ; elle est appelée la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), car elle brille dans chaque monde selon sa mesure, etc.
Etz Chaim décrit le kav, une fine ligne de lumière qui s’étend depuis la Lumière infinie, par laquelle la lumière pénètre dans les mondes comme lumière intérieure, en commençant par 'Hokhma. Puisqu’elle brille dans chaque monde selon la capacité de celui-ci, elle est appelée memalé kol almin.
אמנם בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] הוא אור א״ס [אין סוף] המקיף לכל העולמות בשוה מראש דא״ק [דאדם קדמון] עד רגלי העשי׳ [העשיה]
Le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), en revanche, est la Lumière infinie qui enveloppe tous les mondes également, depuis la tête d’Adam Kadmon jusqu’aux pieds d’Assiya,
Sovev kol almin, en revanche, est la Lumière infinie qui entoure tous les mondes également, depuis le sommet même d’Adam Kadmon, le premier et le plus élevé des niveaux de l’émanation, jusqu’au point le plus bas d’Assiya.
וגם מקיף את הקו2 כו׳ (ועמ״ש מזה בביאור שע״פ יביאו לבוש3 מלכות4 בד״ה להבין ההפרש), והנה שרש המקיפים נמשך מבחינת עגולים.
et elle enveloppe également le kav, etc. (voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication de « Qu’on apporte un vêtement royal », dans le maamar commençant par « Pour comprendre la différence »). Or, la racine des lumières enveloppantes provient du niveau des cercles.
Cette lumière entoure même le kav. Les lumières enveloppantes ont leur racine dans les « cercles » (igoulim), représentation kabbalistique de la lumière qui entoure, par opposition à la « ligne droite », qui descend selon un ordre.
ואף שהן נמשכים מבחי׳ הקו וחוט שממנו נמשכים גם המקיפים שבכל העולמות, אעפ״כ [אף על פי כן] שרש המקיפים נמשך מבחי׳ העיגול הגדול המקיף את הקו וחוט
Et bien qu’elles proviennent du niveau du kav et du fil, d’où proviennent également les lumières enveloppantes de tous les mondes, néanmoins, la racine des lumières enveloppantes provient du niveau du grand cercle qui entoure le kav et le fil
Chaque monde possède ses propres lumières enveloppantes, qui proviennent bien du kav. Toutefois, leur véritable racine est le « grand cercle » qui entoure le kav lui-même, c’est-à-dire sovev kol almin.
(וע״ד [ועל דרך] כמו המל׳ [המלכות] אף שנמשכה מז״א [מזעיר אנפין] שמתפארת דז״א [דזעיר אנפין] נעשה כתר לנוק׳ [לנוקבא] זה אינו כ״א [כי אם] שההשפעה עובר דרך הימנו.
(Cela ressemble au cas de Mal'hout : bien qu’elle provienne de Zeir Anpin, puisque le Tiferet de Zeir Anpin devient le Kéter de Noukva, cela signifie seulement que le flux passe par son intermédiaire.
Une analogie tirée des Séfirot : Mal'hout (Noukva) reçoit son existence de Zeir Anpin, puisque le Tiferet de Zeir Anpin devient le Kéter, le niveau supérieur, de Noukva. Mais Zeir Anpin n’est que le canal par lequel passe le flux.
אבל בשרשה היא נלקחת משרש עליון בפ״ע [בפני עצמו] וכנודע מענין בחכמה יסד ארץ כונן שמים בתבונה5. ולכן יש עת שעלייתה למעלה יותר ממנו כמו בתפלת נעילה.
Mais, dans sa racine, elle est issue d’une racine supérieure qui lui est propre, comme on le sait au sujet de : « Par la sagesse [Il] fonda la terre ; par l’intelligence, Il affermit les cieux. » C’est pourquoi il est un moment où son élévation la porte plus haut que [Zeir Anpin], comme lors de la prière de Néïla,
Dans sa racine propre, Mal'hout provient d’une source plus élevée que Zeir Anpin. Le verset dit que la terre, Mal'hout, fut fondée par la 'Hokhma, tandis que les cieux, Zeir Anpin, furent affermis par la Bina, un niveau inférieur ; ainsi, à certains moments, comme lors de la prière de Néïla à la fin de Yom Kippour, Mal'hout s’élève au-dessus de Zeir Anpin.
ונק׳ אז עטרת בעלה6 ועד״ז [ועל דרך זה] גם כן המדות לגבי השכל דאף שהמדות נולדים מהשכל. אין זה אלא שהשכל גורם להולדת והתהוות המדות אבל עיקר המדות בשרשן נלקחו ממקום עליון יותר מהשכל.
et elle est alors appelée « la couronne de son époux ». Il en va de même des attributs émotionnels (midot) par rapport à l’intellect : bien que les midot naissent de l’intellect, cela signifie seulement que l’intellect provoque leur naissance et leur formation ; mais l’essence des midot, dans leur racine, provient d’un lieu plus élevé que l’intellect.
Mal'hout est alors appelée « la couronne de son époux », une couronne qui repose au-dessus de sa tête. Il en va de même des émotions et de l’intellect : l’intellect fait naître les émotions, mais leur essence a sa racine dans un niveau plus élevé que l’intellect.
ויפה כח הבן מכח האב כמ״ש במ״א גבי ענין האבות הן הן המרכבה וגבי רצועות דתש״ר [דתפילין של ראש] בביאור ע״פ שימני כחותם ע״ש [עיין שם] ועד״ז [ועל דרך זה] יובן כאן בענין המקיפים דאע״פ [דאף על פי] שנמשכים מהקו מ״מ [מכל מקום] שרשן מבחי׳ שלמעלה מהקו.
Et « la force du fils est supérieure à celle du père », comme il est expliqué ailleurs au sujet de « Les Patriarches sont le Char » et des lanières des téfilines de la tête, dans l’explication sur « Place-moi comme un sceau » ; voir là-bas. De même, on comprendra ici, au sujet des lumières enveloppantes : bien qu’elles soient attirées par le kav, leur racine se trouve néanmoins dans un niveau supérieur au kav.
C’est un exemple de la règle selon laquelle « la force du fils dépasse celle du père » : ce qui est engendré peut révéler une racine plus profonde que celle de ce qui l’a engendré. Ailleurs, l’Admour Hazaken le montre à propos des Patriarches, appelés « le Char », et des lanières des téfilines de la tête ; ici, cela signifie que les lumières enveloppantes viennent par l’intermédiaire du kav, tout en ayant leur racine au-dessus de celui-ci.
ועמ״ש כה״ג [כהאי גוונא] בד״ה וירא ישראל7 את היד בענין עלמא דאתכסיא בחי׳ ים שהוא בחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳ והיינו שלהיותו בחי׳ עלמא דאתכסיא שהוא בחי׳ מקיף לכן שרשו מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וע״ש [ועיין שם] בד״ה אז ישיר)8 וכמ״ש מזה ג״כ בביאור ע״פ את שבתתי תשמרו.
Voyez également ce qui est écrit dans le même esprit dans le maamar commençant par « Et Israël vit la main », au sujet du monde caché (alma de'iskasya), le niveau de la mer, qui est le niveau de sovev kol almin, etc. : étant le monde caché, qui est un niveau enveloppant, sa racine se trouve donc dans le niveau de sovev kol almin ; voyez également là-bas, dans le maamar commençant par « Alors [Moché] chanta. ») Et voyez aussi ce qui est expliqué à ce sujet dans l’explication sur « Vous garderez Mes Chabbatot ».
Dans le maamar « Et Israël vit la main », l’Admour Hazaken explique que la mer, le « monde caché » (alma de'iskasya), est un niveau enveloppant et que, pour cette raison, sa racine se trouve dans sovev kol almin. Il renvoie également aux maamarim « Alors Moché chanta » et « Vous garderez Mes Chabbatot », qui traitent du même sujet.
אבל הא״פ [האור פנימי] נמשך מבחי׳ היושר כו׳. ובהקדמה זו יובן ענין עליות העולמות נ׳ אלפים יובלות הוא הכל בהאור פנימי שיתגלו אורות עליונים יותר בהכלים ע״י עליות והזדככות הכלים.
Mais la lumière intérieure provient du niveau de la ligne droite, etc. À la lumière de cette introduction, on comprendra la notion des élévations des mondes au fil de cinquante mille jubilés : tout cela se produit dans la lumière intérieure, lorsque des lumières supérieures se révèlent dans les réceptacles grâce à leur élévation et à leur raffinement.
La lumière intérieure, à l’inverse, provient de la ligne droite. Cette distinction permet de comprendre les élévations des mondes au fil de « cinquante mille jubilés » : quelle que soit l’élévation atteinte, chaque ascension consiste en une révélation accrue de la lumière intérieure dans des réceptacles devenus plus raffinés.
כמו ג״ע [גן עדן] התחתון הוא בחי׳ כלי לגילוי אור וזיו מא״ס [מאין סוף] ב״ה וג״ע [וגן עדן] העליון הוא כלי לגילוי אור ותענוג גדול ונעלה יותר לאין שיעור על האור שבג״ע [שבגן עדן] התחתון.
Par exemple, le Gan Eden inférieur est un réceptacle pour la révélation d’une lumière et d’un rayonnement de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, tandis que le Gan Eden supérieur est un réceptacle pour la révélation d’une lumière et d’un plaisir incomparablement plus grands et plus élevés que la lumière du Gan Eden inférieur.
Le Gan Eden inférieur et le Gan Eden supérieur diffèrent en tant que réceptacles : le supérieur contient une lumière et un plaisir infiniment plus grands que ceux du Gan Eden inférieur. Tous deux sont toutefois des révélations de lumière intérieure.
Ce paragraphe définit la lumière intérieure et la lumière enveloppante. Il montre que, bien que les lumières enveloppantes parviennent aux mondes par le kav, leur racine est sovev kol almin, qui se trouve au-dessus du kav. Il conclut que toutes les élévations des mondes, si grandes soient-elles, ont lieu à l’intérieur de la lumière intérieure.
Dans la Kabbale, igoulim (cercles) et yocher (ligne droite) désignent deux agencements des Séfirot : sous forme de cercles concentriques, aucun n’est supérieur à un autre par rapport au centre ; et sous la forme d’un être humain, la tête en haut et les pieds en bas. Kehot relève que le Rabbi Rachab a examiné pourquoi l’Alter Rebbe écrit ici « la lumière enveloppante de la ligne droite, qui n’est jamais entrée dans le réceptacle », et qu’il approfondit ce sujet dans le Hemshech 5672.
Maré mekomot
- 1בחי׳ מקיף הישר שמעולם לא נכנס בהכלי · בלקו״ת פ׳ קרח ד״ה ויקח קרח כו׳ פ״א בחי׳ מקיף היושר שמעולם לא נכנס בכלי, י״ל שבא להוציא ממ״ש בלקו״ת לעיל פ׳ שלח ד״ה ויאמרו כו׳ טובה הארץ כו׳ פ״ב ששם מבואר ענין העיגולים באופן אחר יעו״ש — כ״ק אדמו״ר מהרש״ב תרמ״ג ע׳ רסו. וראה גם המשך בששה״ק תער״ב ח״א ע׳ מה וע׳ רלא.
- 2המקיף . . את הקו · ראה בסה״מ תרלו כרך-ב ע׳ שז.
- 3בביאור שע״פ יביאו לבוש · תו״א צב, ב.
- 4
- 5
- 6עטרת בעלה · Proverbs 12:4
- 7
- 8אז ישיר · Exodus 15:1
8והנה כתיב באדה״ר [באדם הראשון] וינחהו בג״ע [בגן עדן] לעבדה ולשמרה1 פי׳ שהג״ע [שהגן עדן] שהוא עתה אצלינו קבלת שכר על המצות היה אז אצל אדה״ר [אדם הראשון] בחינת מקום העבודה
Or, il est écrit au sujet d’Adam, le premier homme : « Il le plaça dans le Gan Eden pour le cultiver et le garder. » Cela signifie que le Gan Eden, qui est pour nous aujourd’hui le lieu où nous recevons la récompense des mitsvot, était alors, pour Adam, un lieu de service,
Adam fut placé dans le Gan Eden « pour le cultiver et le garder », c’est-à-dire pour y servir. Pour Adam, le Gan Eden, qui est pour nous le lieu de la récompense, était le lieu du service.
כמו שאצלנו עתה העוה״ז [העולם הזה], וקבלת השכר היה למעלה מן הג״ע [הגן עדן] ולא היה הג״ע [הגן עדן] אצלו נחשב לבחינת קבלת שכר כ״א [כי אם] היה אצלו בחי׳ מדור
comme ce monde l’est pour nous aujourd’hui ; la réception de la récompense se trouvait au-dessus du Gan Eden. Le Gan Eden n’était pas considéré pour lui comme un lieu où recevoir une récompense ; il était plutôt pour lui un lieu d’habitation,
La récompense d’Adam se trouvait au-dessus du Gan Eden. Le Gan Eden lui-même était simplement le lieu où il vivait, comme ce monde est le lieu où nous vivons.
כמו עתה אצלנו העוה״ז [העולם הזה], ועמ״ש מזה בד״ה הן האדם היה כאחד ממנו2 וסד״ה אסרי לגפן עירה3 וז״ש [וזהו שכתוב] ויטע ה׳ אלק ים גן4 כו׳
comme ce monde l’est aujourd’hui pour nous. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous », et à la fin du discours commençant par « Attachant son ânon à la vigne ». C’est là le sens de ce qui est écrit : « Et Havaya Elokim planta un jardin », etc. :
L’Alter Rebbe renvoie à deux discours portant sur l’état d’Adam avant la faute. Le verset « Havaya Elokim planta un jardin » est ici compris comme montrant combien le monde se trouvait alors à un niveau élevé.
ויטע היינו בחי׳ עשי׳ [עשיה] כו׳ כי אז קודם החטא גם כללות עולם העשייה היה בבחי׳ עליונה הרבה יותר ויותר ממה שהוא עתה,
« planta » désigne le niveau d’Assiya (Action), etc. Car alors, avant la faute, même le Monde d’Assiya dans son ensemble se trouvait à un niveau infiniment supérieur à celui où il se trouve aujourd’hui.
Planter est une action ; le mot « planta » renvoie donc à Assiya, le Monde de l’Action. Avant la faute, même Assiya dans son ensemble se trouvait à un niveau bien supérieur à celui d’aujourd’hui, si bien qu’un jardin en Assiya pouvait être le Gan Eden.
ומזה יובן ענין עליות העולמות שיתגלו אורות עליונים יותר בהכלים עד שמה שעתה הוא בחינת אצילות יהיה לע״ל [לעתיד לבוא] בחי׳ עשיה
On comprendra ainsi la notion de l’élévation des mondes : des lumières supérieures se révéleront dans les réceptacles, jusqu’à ce que ce qui est aujourd’hui le niveau d’Atsilout soit, dans les Temps futurs, le niveau d’Assiya ;
Cela illustre l’élévation des mondes : à mesure que les réceptacles sont affinés, des lumières supérieures s’y révèlent. Dans les Temps futurs, la lumière de ce qui est aujourd’hui Atsilout sera au niveau d’Assiya.
דהיינו שעולם העשי׳ [העשיה] דלע״ל [דלעתיד לבוא] יהי׳ [יהיה] בו הגילוי שעכשיו באצילות (ועמ״ש במ״א ע״פ והיה אור הלבנה5 כו׳) ובחי׳ האצילות דלע״ל [דלעתיד לבוא] יהי׳ [יהיה] יותר גבוה לאין קץ מפני שיתגלו אורות גדולים יותר בהכלים
c’est-à-dire que le Monde d’Assiya des Temps futurs contiendra la révélation qui se trouve aujourd’hui en Atsilout (voyez aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de « Et la lumière de la lune sera », etc.). Quant à Atsilout des Temps futurs, il sera infiniment plus élevé, car des lumières plus grandes se révéleront dans les réceptacles
Alors, Assiya contiendra la révélation qui se trouve aujourd’hui en Atsilout, conformément à la prophétie selon laquelle la lumière de la lune sera comme celle du soleil. Atsilout lui-même s’élèvera infiniment plus haut, car des lumières encore plus grandes se révéleront dans ses réceptacles.
(ועמ״ש ע״פ כי כאשר השמים החדשים.6 ועיין בספר הגלגולים פ׳ י״ז פי״ט ועמ״ש בביאור ע״פ אלה מסעי7 גבי עתידה א״י [ארץ ישראל] שתתפשט כו׳), וזהו הכל גילוי אורות פנימים בהכלים שיתגלה יותר עד אין קץ נ׳ אלפים יובלות,
(voyez aussi ce qui est écrit au sujet de « Car comme les nouveaux cieux » ; voyez Sefer HaGilgulim, chapitre 17 et chapitre 19 ; et voyez ce qui est écrit dans l’explication sur « Voici les étapes », à propos de « La Terre d’Israël est destinée à s’étendre », etc.). Tout cela relève de la révélation des lumières intérieures dans les réceptacles, qui se révélera toujours davantage, sans fin, durant cinquante mille jubilés.
D’autres références traitent des nouveaux cieux des Temps futurs, d’un ouvrage sur la transmigration des âmes (Sefer HaGilgulim), et de l’enseignement selon lequel la Terre d’Israël s’étendra. Toutes ces élévations sans fin, à travers « cinquante mille jubilés », sont encore des révélations de lumière intérieure dans des réceptacles.
אבל לגבי הא״מ [האור מקיף] שלמעלה מהקו המקיף מראש א״ק [אדם קדמון] עד רגלי העשיה בשוה שם אין שינוי כלל שהרי מקיף לאצי׳ [לאצילות] ועשיה בהשואה אחת,
Mais, en ce qui concerne la lumière qui entoure tout, au-dessus du kav, et qui entoure également tout, depuis la tête d’Adam Kadmon jusqu’aux pieds d’Assiya, il n’y a là aucun changement, car elle entoure Atsilout et Assiya de manière égale.
La lumière qui entoure tout, au-dessus du kav, ne change pas avec ces élévations, car elle se rapporte exactement de la même manière à Atsilout et à Assiya. Aucun monde ne peut s’en rapprocher davantage.
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז [בעולם הזה] מכל חיי העוה״ב [העולם הבא]8 לשון רבים היינו גם מכל החמשים אלפים יובלות
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde vaut mieux que toute la vie (ḥayé) du Monde futur » : [ḥayé est] au pluriel, c’est-à-dire même mieux que les cinquante mille jubilés tout entiers,
Cela explique la Michna selon laquelle une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur. Le pluriel ḥayé (« vie », littéralement « vies ») est interprété comme incluant chacune des étapes des cinquante mille jubilés.
שהם רק מגילוי הא״פ [האור פנימי] שהוא בחי׳ זיו והארה ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]9 יו״ד צמצום גדול כו׳
qui ne sont que des révélations de la lumière intérieure, laquelle n’est qu’un rayonnement, une illumination : « Le Monde futur fut créé avec la lettre youd », le youd représentant une grande contraction, etc. ;
Toutes ces étapes ne sont que des révélations de la lumière intérieure, un rayonnement. Le Talmud dit que le Monde futur fut créé avec la lettre youd, la plus petite lettre, qui représente une grande contraction.
אבל לית מחשבה תפיסא ביה כלל10 במהותו ועצמותו אבל ע״י תשובה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז [בעולם הזה] ממשיך בחי׳ אור מקיף סוכ״ע [סובב כל עלמין] מהותו ועצמותו.
mais « aucune pensée ne peut Le saisir » en aucune façon, dans Son Être et Son Essence. Toutefois, par la techouva et les bonnes actions en ce monde, on attire le niveau de lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), Son Être et Son Essence.
L’Être et l’Essence mêmes de D.ieu échappent à toute pensée ; aucune révélation dans le Monde futur ne peut donc les atteindre. Mais la techouva et les bonnes actions en ce monde attirent le sovev kol almin, Son Être et Son Essence ; c’est pourquoi une heure de ces pratiques l’emporte sur tout le Monde futur.
(ועמ״ש מזה בד״ה ובבואה לפני המלך11 ובד״ה לריח שמניך.12 ובד״ה להבין ענין הפסוק מי אל כמוך.13 ועמ״ש ע״פ וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך14).
(Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Lorsqu’elle se présenta devant le roi », dans celui commençant par « À cause du parfum de tes huiles », et dans celui commençant par « Pour comprendre le sens du verset : “Quel D.ieu est comme Toi ?” ». Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset : « Et tout ce que Tu me donneras, j’en prélèverai certainement la dîme pour Toi. »)
L’Admour Hazaken renvoie à d’autres maamarim qui développent ce thème : ce qui est attiré par le service accompli en ce monde dépasse toutes les révélations du Monde futur.
וזהו ענין ב׳ הפסוקים דכתיב את השמים ואת הארץ אני מלא15 אני ממש. וכתיב מלא כל הארץ כבודו. וכבודו היינו רק בחי׳ זיו ולא אני ממש.
Tel est le sens des deux versets. Il est écrit : « Je remplis les cieux et la terre » — « Je » au sens propre. Et il est écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » ; or « Sa gloire » n’est que le niveau d’un rayonnement, et non « Je » au sens propre.
Les deux versets s’éclairent à présent : « Je remplis » désigne D.ieu Lui-même, tandis que « Sa gloire » n’est qu’un rayonnement.
והענין כי מ״ש אני מלא זהו בחי׳ אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסובב ומקיף להקו ולכל העולמות בשוה
Voici l’explication : ce qui est écrit, « Je remplis », désigne le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure et englobe le kav ainsi que tous les mondes de manière égale.
« Je remplis » renvoie à la Lumière infinie qui entoure le kav et tous les mondes de manière égale, sovev kol almin.
כי סובב ומקיף אין הפי׳ שמקיף מלמעלה כי אדרבה לית אתר פנוי מיניה ממש וזהו אני מלא.16
Car « entourer et englober » ne signifie pas qu’elle englobe depuis le haut ; bien au contraire, « aucun lieu n’est dépourvu de Lui », au sens propre, et c’est cela, « Je remplis ».
« Entourer » ne signifie pas que cette lumière plane au-dessus du monde, à distance. Au contraire, elle est présente en tout lieu, car « aucun lieu n’est dépourvu de Lui » ; c’est pourquoi D.ieu dit : « Je remplis ».
À partir de l’exemple d’Adam et du Gan Eden, ce paragraphe montre que toutes les élévations futures des mondes sont des révélations de lumière intérieure, tandis que sovev kol almin, l’Essence de D.ieu, est présente partout de manière égale et n’est attirée ici-bas que par la techouva et les bonnes actions accomplies dans ce monde. Cela éclaire les deux versets : « Sa gloire » remplit la terre comme un rayonnement, et « Moi » remplis le ciel et la terre.
Les « cinquante mille jubilés » symbolisent les élévations sans fin des mondes dans les Temps futurs. Le propos du maamar est que toutes ces élévations restent dans le domaine mesuré de memalé, tandis que l’Essence, présente partout de manière égale, est atteinte par le service accompli dans ce monde inférieur.
Maré mekomot
- 1
- 2הן האדם היה כאחד ממנו · Genesis 3:22
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- 4ויטע ה׳ אלק ים גן · Genesis 2:8
- 5והיה אור הלבנה · Isaiah 30:26
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- 7אלה מסעי · Numbers 33:1
- 8יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט בעוה״ז מכל חיי העוה״ב · Pirkei Avot 4:17
- 9ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 10לית מחשבה תפיסא ביה כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 11ובבואה לפני המלך · Esther 9:25
- 12לריח שמניך · Song of Songs 1:3
- 13מי אל כמוך · Micah 7:18
- 14
- 15
- 16
9וגם את השמים ואת הארץ1 בשוה, רק שנק׳ סובב לפי שהוא אינו מושג בשום עולם ואינו מתלבש בהשגה, ומלא כל הארץ כבודו כבודו הוא בחינת זיו כנ״ל.
Et aussi [il remplit] « les cieux et la terre » de manière égale ; on le qualifie d’« entourant » (sovev) uniquement parce qu’il n’est appréhendé dans aucun monde et n’est pas revêtu dans la compréhension. Et « Toute la terre est remplie de Sa gloire » : « Sa gloire » désigne le niveau du rayonnement, comme mentionné plus haut.
Le sovev kol almin est présent de la même manière dans les cieux et sur la terre ; on le qualifie d’« entourant » uniquement parce qu’aucun monde ne peut l’appréhender ni le contenir dans la compréhension. « Sa gloire », en revanche, n’est qu’un rayonnement.
והיינו האו״פ [האור פנימי] שנמשך ומתלבש בתוך העולמות ומתגלה בהם ע״י עליות העולמות בנ׳ אלפים יובלות2 שמתגלים יותר האורות בהכלים כנ״ל.3
C’est-à-dire la lumière intérieure, qui est attirée et revêtue à l’intérieur des mondes et s’y révèle à travers les élévations des mondes au cours de cinquante mille jubilés, lors desquels les lumières se révèlent davantage dans les réceptacles, comme mentionné plus haut.
« Sa gloire » est la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), la lumière intérieure qui pénètre dans les mondes et s’y révèle de plus en plus à mesure que ceux-ci s’élèvent au cours des cinquante mille jubilés.
Ce paragraphe achève l’interprétation des deux versets : « Je remplis » désigne le sovev kol almin, présent partout mais appréhendé nulle part, tandis que « Sa gloire » désigne la lumière intérieure, qui se révèle progressivement à travers les élévations des mondes.
Maré mekomot
- 1את השמים ואת הארץ · Jeremiah 23:24
- 2נ׳ אלפים יובלות · נתבאר במאמרי אדה״א פ׳ קרח ע׳ א׳דש. וראה בהמ״מ לשם.
- 3
Quant aux cinquante mille jubilés, on peut dire que c’est à cela que fait allusion ce qui est écrit : « Le nom de son frère était Yuval » ; c’est pourquoi « il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe », etc.
L’Alter Rebbe trouve une allusion aux « jubilés » (yovlot) dans le verset au sujet de Yuval, « le père de tous ceux qui jouent de la harpe et de la flûte ». La musique de Yuval devient le signe des élévations des mondes.
כי כל העליות הוא ע״י שיר כו׳ וכבר נת׳ [נתבאר] שכל עליות נ׳ אלפים יובלות זהו עדיין בהא״פ [בהאור פנימי]
car toutes les élévations se font par le chant, etc. Or il a déjà été expliqué que toutes les élévations des cinquante mille jubilés se situent encore dans la lumière intérieure ;
Chaque élévation se fait par le chant, qui porte chaque niveau au-delà de lui-même. Pourtant, comme cela a été expliqué, toutes les élévations des cinquante mille jubilés demeurent dans la lumière intérieure.
וזהו ענין יובל וזהו ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] יובל שמו2 (בבכורות דנ״ה ע״ב), אכן על גילוי בחי׳ המקיף נאמר יבל הוא היה אבי יושב אהל3 כו׳
C’est là le sens de Yuval, le jubilé, et c’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Yuval est son nom » (dans Bechoros 55b). Mais, au sujet du dévoilement du niveau de la [lumière] enveloppante, il est dit : « Yaval fut le père de ceux qui habitent sous des tentes », etc.
Le Talmud rapporte l’enseignement de Rabbi Meïr selon lequel Yuval est le nom du fleuve Euphrate à l’endroit où il sort d’Éden ; un fleuve qui poursuit son cours correspond à la lumière intérieure, qui se déploie de degré en degré. Yaval, « le père de ceux qui habitent sous des tentes », représente la lumière enveloppante, car une tente entoure celui qui y habite.
ונק׳ הא״פ [האור פנימי] אחיו להא״מ [להאור מקיף] שהרי מהמקיף הגדול נמשך הא״פ [האור פנימי] והם דבוקים זב״ז [זה בזה] והוא לשון אחוה וחיבור (וזהו ג״כ ענין הכנף מין כ נף).
La lumière intérieure est appelée le « frère » de la lumière enveloppante, car elle est issue de la grande lumière enveloppante et elles restent attachées l’une à l’autre ; le mot « frère » exprime ainsi la fraternité et l’union (et c’est aussi le sens de « l’aile » : « de même espèce que l’aile »).
Yuval est appelé le « frère » de Yaval parce que la lumière intérieure provient de la grande lumière enveloppante et demeure liée à elle ; le mot hébreu ach, « frère », évoque la fraternité et l’union. Le même lien apparaît dans la règle selon laquelle les tsitsit doivent être « de même espèce que le coin » : les fils, qui représentent la lumière intérieure, sont de même nature que le vêtement, qui représente la lumière enveloppante.
והנה המשל לענין א״מ [אור מקיף] וא״פ [ואור פנימי]4 יובן עד״מ [על דרך משל] באדם דהנה המחשבה פועלת תומ״י [תכף ומיד] בכל האברים כנראה בחוש שכשעולה במחשבתו ורצונו לעשות איזה תנועה בידו או לילך ברגליו
Or, l’analogie permettant de comprendre la lumière enveloppante et la lumière intérieure se trouve dans l’être humain. La pensée agit immédiatement dans tous les membres, comme on le constate clairement : dès qu’il lui vient à l’esprit et qu’il veut faire un mouvement de la main ou marcher de ses pieds,
Voici une analogie tirée de l’être humain : la pensée met instantanément les membres en mouvement. Dès qu’une personne décide de bouger la main ou de marcher, le membre répond.
אזי תומ״י [תכף ומיד] ממש תתנענע הרגל או היד לפעול מה שעלה במחשבתו בלתי שיהוי כלל, א״כ [אם כן] עכצ״ל [על כרחך צריך לומר]
aussitôt, réellement, le pied ou la main se met en mouvement pour accomplir ce qui lui est venu à l’esprit, sans le moindre délai. Dès lors, il faut nécessairement conclure
Il n’y a absolument aucun délai entre la décision et le mouvement. Cette observation évidente oblige à conclure quelque chose sur la manière dont la pensée est présente dans les membres.
שזהו מפני שהמחשבה א״צ [אין צריך / אינו צריך] לימשך מהמוח לרגל כסדר המדרגות דא״כ [דאם כן] היתה התנועה מתעכבת איזה רגע מעליות המחשבה עד כדי הובאה מהמוח לרגל כסדר מדרגא לדרגא.
que cela tient au fait que la pensée n’a pas besoin d’être transmise du cerveau au pied selon l’ordre des degrés ; car, s’il en était ainsi, le mouvement serait retardé d’un instant, entre la formation de la pensée et le moment où elle parviendrait du cerveau au pied, selon l’ordre, de degré en degré.
Si la pensée devait cheminer du cerveau au pied, degré après degré, en passant par les niveaux intermédiaires, il y aurait un certain délai entre la pensée et le mouvement.
אלא ודאי שהמחשבה מקפת כל האברים ולכן פועלת גם ברגל ברגע זה ממש שעולה במחשבה לנענע רגלו.
Au contraire, il est certain que la pensée enveloppe tous les membres ; c’est pourquoi elle agit aussi dans le pied au moment même où la pensée de remuer le pied lui vient à l’esprit.
La pensée doit donc déjà entourer tous les membres à la fois. C’est pourquoi elle agit dans le pied à l’instant même où la décision est prise.
אך מ״מ [מכל מקום] בודאי עיקר משכן המחשבה וגילויו הוא במוח אשר שם מתלבשת בבחי׳ א״פ [אור פנימי] אלא שמקפת ג״כ כל האברים בבחי׳ מקיף
Néanmoins, le principal lieu de résidence de la pensée et de sa révélation se trouve certainement dans le cerveau, où elle est revêtue comme lumière intérieure ; mais elle entoure aussi tous les membres comme lumière environnante.
La pensée ne se révèle véritablement que dans le cerveau, où elle est « intérieure » en tant que lumière intérieure. Dans le reste du corps, elle est présente comme une lumière environnante, agissant sans y être ressentie ni comprise.
(וע׳ [ועיין] בע״ח [בעץ חיים] שער סדר אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] ספי״ג כי הלא המחשבה עם הפעולה כו׳, והנה מזה יובן מ״ש בע״ח [בעץ חיים] גבי שבת שהמקיפים נכנסים בבחי׳ פנימים ונמשכים מקיפים עליונים יותר היינו כמו המחשבה אשר על הרגל הוא בחי׳ מקיף ובמוח נכנסת בבחי׳ פנימי כנ״ל).
(Voir aussi Etz Chaim, Sha'ar Seder Atzilus, Beriah, Yetzirah, Asiyah, fin du chapitre 13 : « Car la pensée, avec l’action », etc. On comprendra ainsi ce qui est écrit dans Etz Chaim au sujet de Chabbat : les lumières environnantes entrent comme lumières intérieures, et des lumières environnantes plus élevées sont attirées vers le bas. Cela signifie que, comme la pensée qui, dans le pied, est une lumière environnante et qui, dans le cerveau, entre comme lumière intérieure, ainsi qu’il a été dit plus haut.)
Etz Chaim expose la même idée au sujet de la pensée et de l’action. Il enseigne également que, le Chabbat, les lumières environnantes deviennent des lumières intérieures, tandis que des lumières environnantes encore plus élevées sont attirées vers le bas. L’analogie montre comment une même lumière peut être à la fois « environnante » pour le pied et « intérieure » dans le cerveau, selon le réceptacle.
וממשל זה יובן קצת ענין א״פ [אור פנימי] וא״מ [ואור מקיף] איך שבאמת המקיף פועל ומהווה ומחיה אף שאינו מושג כלל בהעולמות
Cette analogie permet de comprendre quelque peu la notion de lumière intérieure et de lumière environnante : comment, en vérité, la lumière environnante agit, fait exister et donne vie, bien qu’elle ne soit nullement saisie dans les mondes ;
L’analogie clarifie comment la lumière environnante est en réalité ce qui crée et soutient les mondes, bien que ceux-ci ne la perçoivent nullement.
וכמו עד״מ [על דרך משל] שהמחשבה פועלת ברגל תומ״י [תכף ומיד] להיותה מקפת כל האברים ואע״פ [ואף על פי] שאין הרגל משיג כלל את המחשבה כנ״ל, ועמ״ש בביאור ע״פ יונתי גבי כי לא מחשבותי מחשבותיכם5:
de même que, dans l’analogie, la pensée agit immédiatement dans le pied parce qu’elle entoure tous les membres, bien que le pied ne saisisse nullement la pensée, ainsi qu’il a été dit plus haut. Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication sur « Ma colombe », à propos de « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées ».
De même que le pied obéit à la pensée sans la saisir, les mondes sont amenés à l’existence par la lumière environnante sans la saisir. L’Alter Rebbe renvoie à un discours qui développe cette idée à partir du verset « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées ».
À travers les frères Yuval et Yaval, puis l’analogie de la pensée qui met les membres en mouvement, ce paragraphe montre comment la lumière intérieure et la lumière enveloppante sont liées, et comment la lumière enveloppante agit partout à la fois bien qu’elle ne soit pas saisie.
L’analogie montre que la lumière enveloppante n’est pas distante : elle est présente de façon plus immédiate que la lumière intérieure et agit dans tous les membres à la fois, sans toutefois y être perçue. C’est en ce sens que sovev « remplit » le ciel et la terre de manière égale. La note de Kehot renvoie au Hemshech 5672 du Rabbi Rachab pour un développement supplémentaire de cette analogie.
Maré mekomot
- 1ושם אחיו יובל · Genesis 4:21
- 2
- 3יבל הוא היה אבי יושב אהל · Genesis 4:20
- 4והנה המשל לענין א״מ וא״פ · ראה המשך בששה״ק תער״ב ח״א ע׳ תצח.
- 5
11קיצור. ענין ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסכ״ע [וסובב כל עלמין] בחי׳ מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] ובחי׳ אני מלא.1 והא״פ [והאור פנימי] שרשו מהקו והמקיפים אף שנמשכו ג״כ מהקו מ״מ [מכל מקום] שרשם מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין].
Résumé. Le sujet de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) : le niveau de « Toute la terre est pleine de Sa gloire » et celui de « Je remplis ». La lumière intérieure a sa racine dans le kav ; quant aux lumières enveloppantes, bien qu’elles aussi aient été attirées par le kav, leur racine se trouve néanmoins dans le niveau du sovev kol almin.
Résumé du premier chapitre. Memalé correspond à « Toute la terre est pleine de Sa gloire » et sovev à « Je remplis » ; la lumière intérieure a sa racine dans le kav, tandis que les lumières enveloppantes, bien qu’elles passent elles aussi par le kav, ont leur racine dans le sovev.
ועליות העולמות בשמיטין ויובלות הכל בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] א״פ [אור פנימי] אבל בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] השוה ומשוה כו׳ ולכן יפה שעה אחת בתשובה2 כו׳:
Les ascensions des mondes au cours des cycles sabbatiques et des jubilés relèvent toutes du niveau du memalé kol almin, la lumière intérieure ; mais le niveau du sovev kol almin est « égal et égalisant », etc. C’est pourquoi « une heure de techouva est préférable », etc.
Les ascensions des mondes, au cours des cycles d’années sabbatiques et des jubilés, relèvent toutes du memalé. Le sovev est « égal et égalisant », formule tirée des prières, qui s’applique de la même manière à tous les niveaux ; c’est pourquoi une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde dépasse le Monde futur.
Bref résumé du premier chapitre du maamar.
Maré mekomot
- 1ובחי׳ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 2יפה שעה אחת בתשובה · Pirkei Avot 4:17
Le bond au Sinaï et les trente-deux fils ¶12–26
12ב והנה מ״ש מלא כל הארץ כבודו,1 הארץ דוקא היינו כי אין כבוד אלא תורה,2 כבוד בגימט׳ [בגימטריא] ל״ב3 שהם ל״ב נתיבות4 החכמה ול״ב חוטים דציצית,
2. Or, concernant ce qui est écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire », c’est précisément « la terre » : car « il n’est de gloire que la Torah ». Kavod (gloire) a pour valeur numérique trente-deux : ce sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse) et les trente-deux fils des tsitsit.
Le deuxième chapitre revient au verset d’Isaïe et demande pourquoi il dit précisément « la terre ». La réponse : la « gloire » désigne la Torah, et kavod a pour valeur numérique trente-deux (20+2+6+4), les trente-deux sentiers de 'Hokhma et les trente-deux fils des tsitsit ; la gloire de la Torah se révèle précisément sur la terre.
וזהו הודו על ארץ ושמים5 קדמה ארץ לשמים6 בגילוי הודו וזיוו ית׳ ע״י התורה וכמ״ש בשה״ש [בשיר השירים] רבה ס״פ כרם היה לשלמה.
Et c’est là le sens de « Sa splendeur est sur la terre et les cieux » : la terre précède les cieux dans la révélation de Sa splendeur et de Son éclat, béni soit-Il, par la Torah, comme il est écrit dans le Chir Hachirim Rabba, à la fin de [la section sur] « Chlomo avait une vigne ».
Le psaume dit : « Sa splendeur est sur la terre et les cieux », en nommant la terre en premier. L’Alter Rebbe comprend que la terre a la préséance dans la révélation de la splendeur de D.ieu par la Torah, comme l’enseigne le Chir Hachirim Rabba ; Kehot renvoie également à la discussion talmudique sur la question de savoir si le ciel ou la terre fut créé en premier.
Le deuxième chapitre s’ouvre ainsi : la « gloire » qui remplit la terre est la Torah, les trente-deux sentiers de 'Hokhma, qui se révèle sur la terre avant même les cieux.
Maré mekomot
- 1מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
- 2אין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
- 3בגימט׳ ל״ב · Zohar III, 33a
- 4ל״ב נתיבות חכמה · על״ק האזינו (עה, א). וש״נ. [כ].
- 5הודו על ארץ ושמים · Psalms 148:13
- 6קדמה ארץ לשמים · Chagigah 12a:16–17
13והענין הוא כנ״ל שעיקר גילוי אלקות בהכלים יהי׳ [יהיה] ע״י עליות העולמות נ׳ אלפים יובלות עילוי אחר עילוי עד שיתגלה אור א״ס [אין סוף] ב״ה.
L’explication est celle qui a été donnée plus haut : la révélation essentielle de la divinité dans les réceptacles se fera par les élévations des mondes, au cours de cinquante mille jubilés, une élévation après l’autre, jusqu’à ce que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, se révèle.
Comme cela a été expliqué, la pleine révélation de la divinité dans les réceptacles doit se produire progressivement, par les ascensions sans fin des mondes, jusqu’à ce que la Lumière infinie elle-même se révèle.
הנה ישראל המשיכו בעת מ״ת [מתן תורה] שיתגלה עתה לעוה״ז [לעולם הזה] אור א״ס [אין סוף] ב״ה מה שצריך לגילוי זה הדרגת ועליות עילוי אחר עילוי נ׳ אלפים יובלות עד שיגיעו לגילוי זה
Or, au moment du Don de la Torah, Israël fit descendre [la lumière] afin que la Lumière infinie, béni soit-Il, se révèle dès à présent dans ce monde : [une révélation] qui requiert une progression et des ascensions, une élévation après l’autre, au cours de cinquante mille jubilés, jusqu’à ce qu’ils parviennent à cette révélation.
Lors du Don de la Torah, Israël fit descendre immédiatement dans ce monde cette révélation ultime, alors que, selon l’ordre naturel, elle aurait exigé tout le processus des cinquante mille jubilés.
ועל ידי התורה נתגלה בחי׳ גילוי זה בעולם הזה כי אורייתא מחכמה נפקת12 ואור א״ס [אין סוף] ב״ה מלובש בחכמה דוקא (ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] גבי חג השבועות ע״פ וידבר אלקים)3
Et c’est par la Torah que cette révélation se manifesta dans ce monde, car « la Torah provient de la 'Hokhma (sagesse) », et la Lumière infinie, béni soit-Il, est précisément revêtue dans la 'Hokhma (voir ce qui a été écrit plus haut au sujet de la fête de Chavouot, à propos de « D.ieu parla »).
Cela s’est produit par la Torah, car la Torah provient de la 'Hokhma, et la Lumière infinie réside précisément dans la 'Hokhma. L’Admour Hazaken renvoie à son discours de Chavouot sur « D.ieu prononça toutes ces paroles ».
ולכן אצילות נקרא חכמה בכללות העולמות לפי שבו מאיר בחי׳ חכמה דא״ק [דאדם קדמון] שמתלבש׳ ע״י המל׳ [המלכות] דא״ק [דאדם קדמון] באצילות
C’est pourquoi, dans l’ensemble des mondes, le Monde d’Atsilout (Émanation) est appelé 'Hokhma : le niveau de la 'Hokhma d’Adam Kadmon y brille, revêtu dans Atsilout par l’intermédiaire de la Mal'hout d’Adam Kadmon ;
Dans la structure générale des mondes, Atsilout correspond à la 'Hokhma. La 'Hokhma d’Adam Kadmon, le domaine situé au-dessus d’Atsilout, y brille, revêtue dans la Mal'hout d’Adam Kadmon, son niveau le plus bas.
ועל כן באצילות הוא גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה שמאיר בבחינת חכמה כו׳ מה שאין כן בבריאה אינו מאיר בחי׳ חכמה אלא על ידי התלבשות גמור בבינה
et c’est pourquoi, dans Atsilout, la Lumière infinie, béni soit-Il, se révèle et brille selon la modalité de la 'Hokhma, etc. Dans le Monde de Béria (Création), en revanche, le niveau de la 'Hokhma ne brille qu’en étant entièrement revêtu dans la Bina ;
Ainsi, Atsilout connaît une révélation directe de la Lumière infinie sous la forme de la 'Hokhma. Dans Béria, le monde immédiatement inférieur, la 'Hokhma ne brille que lorsqu’elle est entièrement revêtue dans la Bina.
וזהו ענין המסך כו׳ וביצירה אין מאיר אלא על ידי התלבשות עוד בז״א [בזעיר אנפין] דבריאה כו׳ כמ״ש כ״ז [כל זה] בע״ח [בעץ חיים] שער סדר אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] פ״ג [פרק ג׳].
et c’est là le sens du voile (massakh), etc. Dans le Monde de Yetsira (Formation), elle ne brille qu’en étant revêtue davantage encore, dans le Zeir Anpin de Béria, etc., comme tout cela est exposé dans Etz Chaim, Sha'ar Seder Atzilus, Beriah, Yetzirah, Asiyah, chapitre 3.
Entre Atsilout et Béria se trouve un « voile » (massakh), une barrière qui filtre la lumière. Dans Yetsira, la lumière est revêtue davantage encore dans le Zeir Anpin de Béria : chaque monde inférieur reçoit ainsi la 'Hokhma d’Atsilout à travers des enveloppes supplémentaires.
Le Don de la Torah fit descendre dans ce monde, en un seul instant, la révélation que les ascensions des mondes n’auraient atteinte qu’après cinquante mille jubilés, puisque la Torah provient de la 'Hokhma, où réside la Lumière infinie. Le paragraphe expose ensuite comment la 'Hokhma brille ouvertement dans Atsilout et seulement à travers des enveloppes dans les mondes inférieurs.
Dans le schéma kabbalistique, les quatre mondes correspondent aux niveaux de l’ensemble : Atsilout à la 'Hokhma, Béria à la Bina, Yetsira au Zeir Anpin et Assiya à la Mal'hout. C’est pourquoi la 'Hokhma, réceptacle de la Lumière infinie, ne brille ouvertement que dans Atsilout.
Maré mekomot
- 1אורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
- 2אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 3ע״פ וידבר אלקים · לעיל פ׳ במדבר טו, רע״ד.
14והנה בשעת מתן תורה היה למטה בעולם הזה גילוי ח״ע [חכמה עילאה] המאיר באצילות אשר הוא חכים ולא בחכמה ידיעה1 שבחכמה מלובש ומאיר ממש אור א״ס [אין סוף] ב״ה היה גילוי זה ממש בהר סיני
Or, au moment du Don de la Torah, il y eut ici-bas, dans ce monde, une révélation de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa), qui brille en Atsilout, dont il est dit : « Il est sage, mais non d’une sagesse connaissable » : dans cette 'Hokhma, la Lumière infinie, béni soit-Il, est réellement revêtue et brille. Cette révélation même eut lieu au mont Sinaï.
Au Sinaï, la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, en laquelle la Lumière infinie elle-même est revêtue, fut révélée dans ce monde matériel. « Sage, mais non d’une sagesse connaissable » décrit une sagesse qui est propre à D.ieu, et non une sagesse que l’on pourrait saisir comme une chose distincte.
וזהו קול דודי כו׳ מדלג2 כו׳ שע״פ סדר ההשתלשלות הי׳ [היה] צריך לגילוי זה נ׳ אלפים יובלות אלא שבא הגילוי ע״י דילוג שלא כפי סדר השתלשלות,
Et c’est là le sens de « La voix de mon Bien-Aimé », etc., « qui bondit », etc. : selon l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), cette révélation aurait nécessité cinquante mille jubilés ; mais elle se produisit par un bond, sans suivre l’ordre de l’hichtalchelout.
Le Cantique des Cantiques décrit le Bien-Aimé « bondissant par-dessus les montagnes ». Selon l’enchaînement ordonné des mondes, cette révélation aurait nécessité cinquante mille jubilés ; au Sinaï, elle survint par un bond qui sauta cet ordre.
(וגם מובן כי ערך העשיה לגבי אצילות כמו דומם לגבי מדבר ולכן מל׳ [מלכות] מקננא3 בעשי׳ [בעשיה]4 וחכמה באצי׳ [באצילות] ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פ׳ בראשית על פ׳ וייצר כו׳ וכשיהי׳ [וכשיהיה] ח״ע [חכמה עילאה] המאיר באצילות נמשך ומתגלה בעשיה ה״ז [הרי זה] דילוג גדול ועצום כו׳)
(On comprend également que le rapport entre Assiya et Atsilout est comme celui de l’inerte à l’être parlant ; c’est pourquoi « Mal'hout niche en Assiya, et la 'Hokhma en Atsilout ». Voir aussi ce qui est écrit plus haut, dans la paracha de Béréchit, à propos du verset « Et Il forma », etc. Lorsque la 'Hokhma supérieure qui brille en Atsilout est attirée et révélée en Assiya, cela constitue un bond grand et immense, etc.)
L’écart entre Assiya et Atsilout est comme celui qui sépare une pierre d’un être humain doué de la parole ; c’est pourquoi le Tikouné Zohar décrit Mal'hout comme « nichant » en Assiya, tandis que la 'Hokhma se trouve en Atsilout. Que la 'Hokhma d’Atsilout apparaisse en Assiya constitue un bond immense.
וזהו מלא כל הארץ כבודו,5 הארץ דוקא שבמתן תורה נתגלה בעולם הזה בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] ממש למעלה מעלה מבעולמות עליונים כו׳ כנ״ל
Et c’est là le sens de « Toute la terre est pleine de Sa gloire » : la terre, précisément. Car, lors du Don de la Torah, le niveau de la 'Hokhma supérieure elle-même fut révélé dans ce monde, bien, bien au-dessus de ce qui se trouve dans les mondes supérieurs, etc., comme mentionné plus haut.
C’est pourquoi le verset dit : « Toute la terre est pleine de Sa gloire », en précisant la terre. Au Sinaï, la 'Hokhma supérieure elle-même fut révélée dans ce monde, au-delà de ce qui est révélé dans les mondes supérieurs.
ולכן כדי להיות גילוי זה שבבחי׳ דילוג זהו ענין ל״ב נתיבות החכמה וזהו ענין ל״ב חוטי הציצית.
Par conséquent, pour que se produise cette révélation par un bond, il faut les trente-deux sentiers de la 'Hokhma ; c’est là aussi le sens des trente-deux fils des tsitsit.
Un tel bond, qui sort de l’ordre des mondes, s’opère par les trente-deux sentiers de la 'Hokhma et, par correspondance, par les trente-deux fils des tsitsit.
כי הנה ציצית הוא מלשון ויקחני בציצית ראשי6 שהוא המשכת בחי׳ שערות להאיר לכנס״י [לכנסת ישראל] ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בד״ה והיה לכם לציצית.7
En effet, le mot tsitsit vient de l’expression « Il me prit par les mèches (tsitsit) de ma tête » ; il s’agit de l’attraction du niveau des cheveux, afin qu’il brille pour l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël). Voir aussi ce qui est écrit plus haut dans le discours qui commence par : « Et cela sera pour vous des tsitsit ».
Le mot tsitsit signifie aussi une mèche de cheveux, comme dans les paroles d’Ézéchiel : « Il me prit par les mèches (tsitsit) de ma tête ». Les tsitsit représentent donc l’attraction des « cheveux », fins canaux de lumière, vers l’Assemblée d’Israël ; les paragraphes suivants développent ce thème.
Lors du Don de la Torah, la 'Hokhma supérieure d’Atsilout fut révélée dans ce monde par un « bond » qui dépassait l’ordre des mondes. Ce bond relève des trente-deux sentiers de la 'Hokhma, représentés par les trente-deux fils des tsitsit, ces « cheveux » qui font descendre la lumière.
Le « bond » (diloug) du Sinaï est une révélation qui ne passe pas par les niveaux intermédiaires, comme le Bien-Aimé qui saute par-dessus les montagnes. Le maamar montrera ensuite que seuls les « cheveux », canaux contractés et filiformes, peuvent faire descendre une telle révélation.
Maré mekomot
- 1חכים ולא בחכמה ידיעה · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 2קול דודי . . מדלג · Song of Songs 2:8
- 3מקננא · Tikkunei Zohar 23a
- 4מל׳ מקננא בעשי׳ וחכ׳ באצי׳ · ת״ז ת״ו.
- 5מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
- 6ויקחני בציצית ראשי · Ezekiel 8:3
- 7והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
15וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] כי הרי עיקר ההשתלשלות הוא שנה״י [שנצח הוד יסוד] דאימא נעשים מוחין לז״א [לזעיר אנפין] ונה״י [ונצח הוד יסוד] דז״א [דזעיר אנפין] נעשו מוחין לנוק׳ [לנוקבא],
Or, cela demande à être compris. Car le principe essentiel de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) est que Netsa'h, Hod et Yessod d’Imma deviennent l’intellect (mo'hin) de Zeir Anpin, et que Netsa'h, Hod et Yessod de Zeir Anpin deviennent les mo'hin de Noukva.
L’Admour Hazakène soulève une difficulté à partir de l’ordre kabbalistique de la descente. Normalement, chaque niveau donne vie à celui qui lui est inférieur en devenant son « esprit » : les trois Séfirot inférieures — Netsa'h, Hod et Yessod — d’Imma deviennent les mo'hin de Zeir Anpin, et celles de Zeir Anpin deviennent les mo'hin de Noukva.
ואם כן המל׳ [המלכות] מקבלת מבחי׳ נה״י [נצח הוד יסוד] דז״א [דזעיר אנפין] שהן מהותו ממש ומהו ענין הארה זו דציצית שהוא בחי׳ שערות לבד אשר השערות אינן עצמיות ומהות האדם כלל כנראה למטה באדם.
Si tel est le cas, Mal'hout reçoit du niveau de Netsa'h, Hod et Yessod de Zeir Anpin, qui constituent son être même. Quel est donc le sens de cette illumination des tsitsit, qui n’est que du niveau de cheveux, alors que les cheveux ne sont nullement l’essence et l’être d’une personne, comme on le voit chez l’homme ici-bas ?
Mal'hout reçoit donc normalement de la substance même de Zeir Anpin, de ses « membres ». Pourquoi, dès lors, les tsitsit, qui ne sont que des « cheveux », auraient-ils de l’importance, alors que les cheveux ne font manifestement pas partie de l’essence d’une personne ?
אך הענין כי אדרבה המשכה זו שעל ידי השערות שהן הציצית הוא מה שנמשך מלמעלה מסדר ההש תלשלות עילה ועלול ולכן א״א [אי אפשר] לימשך רק על ידי בחי׳ שערות.
Mais l’explication est qu’au contraire, cet écoulement à travers les cheveux, qui sont les tsitsit, est précisément ce qui se prolonge depuis au-delà de l’ordre de la chaîne de cause à effet ; c’est pourquoi il ne peut se prolonger que par le niveau des cheveux.
La réponse renverse la question. Le flux qui vient par les cheveux provient d’au-delà de toute la chaîne de cause à effet, et une lumière d’une telle élévation ne peut descendre d’aucune autre manière.
Le paragraphe demande pourquoi les tsitsit, de simples « cheveux », devraient véhiculer une lumière particulière, alors que, dans l’ordre habituel, l’essence même de chaque niveau se transmet au niveau suivant. Il répond que les cheveux véhiculent une lumière qui provient d’au-delà de cet ordre.
16והיינו שההמשכה שנמשך על ידי הציצית במל׳ [במלכות] הוא ממוחין דאו״א [דאבא ואימא] עצמן מה שאין כן סדר ההשתלשלות הוא שנה״י [שנצח הוד יסוד] דתבונה מתלבשין בז״א [בזעיר אנפין] ואז מנה״י [מנצח הוד יסוד] דז״א [דזעיר אנפין] נמשך ומתלבש בנוק׳ [בנוקבא].
C’est-à-dire que l’effusion qui s’opère par les tsitsit dans Mal'hout provient des mo'hin d’Abba et Imma eux-mêmes. En revanche, dans l’enchaînement descendant des mondes, le Netzach, le Hod et le Yessod de Tevouna s’enveloppent dans Zeir Anpin, puis, depuis le Netzach, le Hod et le Yessod de Zeir Anpin, [la lumière] est attirée et s’enveloppe dans Noukva.
Les tsitsit attirent dans Mal'hout la lumière des mo'hin d’Abba et Imma eux-mêmes, l’intellect supérieur. Dans l’ordre habituel, la lumière passe de Tevouna, le niveau inférieur d’Imma, à Zeir Anpin, puis seulement à Noukva.
והוא מפני שההארה היא קטנה שהוא בחי׳ נה״י [נצח הוד יסוד] דז״א [דזעיר אנפין] לבד לכן יכולים להתלבש בעצמן ומהותן להיות מוחין לנוק׳ [לנוקבא],
Cela tient au fait que l’illumination est faible, puisqu’elle n’est que le niveau du Netzach, du Hod et du Yessod de Zeir Anpin ; ils peuvent donc s’envelopper dans leur essence même et devenir les mo'hin de Noukva.
L’ordre habituel fonctionne parce que ce qui est transmis est limité : il ne s’agit que des Séfirot inférieures de Zeir Anpin. Celles-ci peuvent s’envelopper dans leur substance même pour devenir l’« intellect » de Noukva.
אבל כשצריכין להמשיך במל׳ [במלכות] ממוחין דאו״א [דאבא ואימא] עצמן שלא על ידי התלבשות ממש בז״א [בזעיר אנפין] בדרך וסדר ההשתלשלות.
Mais lorsqu’il faut attirer dans Mal'hout la lumière des mo'hin d’Abba et Imma eux-mêmes, sans qu’elle s’enveloppe effectivement dans Zeir Anpin selon la voie et l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes,
Une effusion directe d’Abba et Imma, qui ne s’enveloppe pas d’abord dans Zeir Anpin, est d’une autre nature.
לכן מפני שהאור שלהן גדול א״א [אי אפשר] להיות נמשך למוחין דנוק׳ [דנוקבא] כ״א [כי אם] דרך בחי׳ שערות לבד
alors, leur lumière étant immense, elle ne peut être attirée vers les mo'hin de Noukva que par le niveau des cheveux.
Une telle lumière est trop intense pour être reçue dans sa substance. Elle ne peut atteindre Noukva que par l’intermédiaire des « cheveux », un canal contracté.
ולכן גבי נזיר נאמר קדוש יהיה גדל פרע1 שער ראשו וכמו י״ג מדה״ר [מדות הרחמים] שנמשכין מבחי׳ שערות כו׳
C’est pourquoi, à propos du nazir, il est dit : « Il sera saint ; il laissera croître les boucles de ses cheveux » ; et [il en va] comme des Treize Attributs de miséricorde, qui sont attirés du niveau des cheveux, etc.
Ces deux exemples montrent que les cheveux portent une sainteté élevée : celle du nazir, dont la sainteté s’exprime par le fait de laisser pousser ses cheveux, et celle des Treize Attributs de miséricorde, qui émanent du niveau des « cheveux ».
וכמ״ש במ״א והוא כמשל השערות שאינן מתאחדים עם האדם כמו האברים שהרי יכול לחתוך השערה ולא יכאב לו מה שאין כן באבר כו׳
comme cela est expliqué ailleurs. Cela ressemble à l’analogie des cheveux, qui ne sont pas unis à la personne comme le sont les membres : on peut couper un cheveu sans qu’elle en souffre, contrairement à un membre, etc. ;
L’analogie est la suivante : les cheveux ne sont pas unis à la personne comme l’est un membre. Les couper ne cause aucune douleur.
אך אעפ״כ [אף על פי כן] הם מחוברים בשרשם אל המוח ומשם יונקים ונתצמצמו כ״כ [כל כך] עד שנעשו כמו דבר נפרד כו׳,
néanmoins, ils sont reliés à leur racine, le cerveau, et y puisent leur nourriture ; ils ont été contractés à tel point qu’ils sont devenus comme une chose distincte, etc.
Les cheveux ont pourtant leur racine dans la tête et puisent leur force vitale dans le cerveau ; ils sont simplement si contractés qu’ils semblent être une chose distincte.
כך להיות המשכה וגילוי מלמעלה מסדר השתלשלות א״א [אי אפשר] ע״י התלבשות בחי׳ נה״י [נצח הוד יסוד] שהוא בחינת אברים שיהיו נעשים מוחין כ״א [כי אם] על ידי שערות כו׳.
De même, pour qu’il y ait effusion et révélation depuis ce qui est au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes, il est impossible que cela se fasse par l’enveloppement du niveau du Netzach, du Hod et du Yessod — qui est le niveau des membres — afin qu’ils deviennent des mo'hin ; cela ne peut se faire que par les cheveux, etc.
De même, une révélation provenant de ce qui est au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant ne peut se produire par l’enveloppement dans les « membres » — le Netzach, le Hod et le Yessod — du niveau supérieur. Elle ne peut se faire que par les « cheveux ».
L’effusion qui passe par les tsitsit provient d’Abba et Imma eux-mêmes. Une lumière aussi élevée ne peut être transmise que par les « cheveux », reliés à leur source mais contractés au point de sembler presque distincts d’elle.
Maré mekomot
- 1קדש יהי׳ גדל פרע · Numbers 6:5
17והוא כענין שנתבאר בד״ה ועתה יגדל נא1 בפי׳ כאשר דברת לאמר שמבחי׳ הדבור שבעולם האצילות נעשים כחב״ד [כחכמה בינה ודעת] שהוא מקור השכל לעולם הבריאה כו׳ ואותיות הדבור נק׳ ג״כ שערות וכמ״ש בד״ה ועשית בגדי קדש.2
Cela correspond à ce qui a été expliqué dans le discours commençant par « Et maintenant, je t’en prie, que [la puissance] soit grande », dans l’explication de « comme Tu l’as dit, en disant » : du niveau de la parole dans le Monde d’Atsilout proviennent [ce qui sert de] 'Hokhma, Bina et Daat, source de l’intellect du Monde de Béria, etc. Les lettres de la parole sont également appelées des cheveux, comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Et tu feras des vêtements sacrés ».
Parallèle : dans le discours sur la prière de Moché « Et maintenant, que la puissance soit grande », l’Admour Hazaken explique que la parole d’Atsilout devient la source de l’intellect de Béria, le monde qui lui est inférieur. Les lettres de la parole sont également appelées des « cheveux », comme cela est expliqué dans le discours « Et tu feras des vêtements sacrés ».
Le fait que la parole d’Atsilout devienne l’intellect de Béria constitue un autre exemple d’un niveau extérieur, semblable à des cheveux, d’un monde supérieur, qui sert de source intérieure à un monde inférieur.
Maré mekomot
- 1ועתה יגדל נא · Numbers 14:17
- 2ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
18והוא ג״כ המשכה מלמעלה מהשתלשלות עילה ועלול ולכן אף שנמשך רק בבחי׳ שערות הוא גבוה לאין קץ מן ההמשכה שבדרך ההשתלשלות אף שהוא מבחי׳ עצמיות שנה״י [שנצח הוד יסוד] שבעליון נעשו ממש מוחין לתחתון.
Et cela aussi est un déversement depuis ce qui est au-dessus de l’enchaînement de cause à effet. C’est pourquoi, bien qu’il ne se déverse que sous la forme de cheveux, il est infiniment plus élevé que le déversement qui suit l’enchaînement descendant, même si celui-ci relève du niveau de l’essence, en ce que le Netsa'h, le Hod et le Yessod du niveau supérieur deviennent véritablement les mo'hin du niveau inférieur.
Cela aussi est un flux provenant de ce qui est au-dessus de l’enchaînement de cause à effet. Aussi, même s’il ne passe que par des « cheveux », il est infiniment plus élevé que le flux ordonné, bien que, dans ce dernier, les « membres » mêmes du niveau supérieur deviennent l’intellect du niveau inférieur.
Un flux par les « cheveux », provenant de ce qui est au-dessus de l’enchaînement des mondes, dépasse même le flux ordonné, dans lequel le niveau supérieur donne sa propre substance.
19וז״ש [וזהו שכתוב] במתן תורה ה׳ בצאתך משעיר1 כו׳ שהיה הגילוי ע״י בחי׳ שערות כי לפי שהיה ההמשכה שלא כדרך השתלשלות כנ״ל שמה שצריך
Et c’est [le sens de] ce qui est écrit au sujet du Don de la Torah : « Havaya, lorsque Tu sortis de Séïr », etc. : la révélation se fit par le niveau des cheveux (séarot). Car, puisque le flux ne suivait pas l’enchaînement descendant, comme mentionné plus haut, ce qui nécessite
Le verset « Havaya, lorsque Tu sortis de Séïr » est interprété comme parlant du Don de la Torah, et Séïr évoque le mot séar, « cheveu ». La révélation au Sinaï passa par des « cheveux », car elle ne suivait pas l’enchaînement ordonné.
נ׳ אלפים יובלות עד שיתגלה אור א״ס [אין סוף] ב״ה נתגלה בשעת מתן תורה בעולם הזה והוא ע״י ל״ב נתיבות שהם ל״ב חוטי הציצית שהם בחי׳ שערות
cinquante mille jubilés pour que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, se révèle fut révélé dans ce monde au moment du Don de la Torah. Cela se fit par les trente-deux sentiers, qui sont les trente-deux fils des tsitsit, lesquels correspondent au niveau des cheveux ;
Ce qui aurait exigé cinquante mille jubilés fut révélé dans ce monde au Sinaï. Cela passa par les trente-deux sentiers, qui sont les trente-deux fils des tsitsit, les « cheveux ».
דהיינו כמו בהשערה יש יניקה מהמוח ממש רק שנתגשם ונתלבש בבחי׳ שערה, כמו כן הוא ענין נובלות חכמה שלמעלה תורה2 שהיא חכמתו ית׳ חכים
c’est-à-dire que, tout comme le cheveu reçoit sa nourriture du cerveau même, mais que celle-ci s’est épaissie et revêtue de la forme d’un cheveu, il en va de même de cette idée : « La Torah est le fruit tombé de la sagesse d’en haut » : [la Torah,] qui est Sa sagesse, béni soit-Il, [dont il est dit qu’Il est] « sage,
Le cheveu tire sa vitalité du cerveau, bien que sous une forme grossière et extérieure. De même, les Sages qualifient la Torah de fruit tombé — nobelot — de la sagesse d’en haut : elle est la sagesse même de D.ieu, dont il est dit qu’Il est « sage, mais non d’une sagesse connaissable ».
ולא בחכמה ידיעה3 רק שנתלבשה בענינים גשמיים שזהו כמו ההמשכה ע״י בחי׳ שערות שאין ערוך כלל מהות חכמה זו אל מהות ח״ע [חכמה עילאה]
mais non d’une sagesse connaissable », si ce n’est qu’elle s’est revêtue de sujets matériels. Cela ressemble au flux qui passe par le niveau des cheveux : la nature de cette sagesse n’a absolument aucune commune mesure avec celle de la 'Hokhma suprême
Cette sagesse s’est revêtue de sujets matériels, les lois de la Torah portant sur les choses du monde. Comme un cheveu, la sagesse sous cette forme n’a aucune commune mesure avec la 'Hokhma suprême telle qu’elle est en haut.
כמו שהיא למעלה ומכל מקום הרי בתוכה ממש ממהות ח״ע [חכמה עילאה] שלמעלה מההשתלשלות כמו שבתוך השערה יש יניקה מן המוחין ממש.
telle qu’elle est en haut ; et pourtant, elle contient véritablement quelque chose de la nature de la 'Hokhma suprême, qui est au-dessus de l’enchaînement descendant, tout comme le cheveu reçoit sa nourriture du cerveau même.
Pourtant, la nature même de la 'Hokhma suprême, qui est au-dessus de l’enchaînement descendant, est réellement présente en elle, tout comme la vitalité du cerveau se trouve dans chaque cheveu.
La Torah donnée au Sinaï est comme un cheveu : une forme extérieure et matérielle de la sagesse même de D.ieu, qui porte néanmoins l’essence de la 'Hokhma suprême. Ainsi, elle fit descendre d’un seul coup ce que l’ordre des mondes aurait mis cinquante mille jubilés à révéler.
Maré mekomot
- 1ה׳ בצאתך משעיר · Judges 5:4
- 2נובלות חכמה שלמעלה תורה · Bereshit Rabbah 44:17
- 3חכים ולא בחכמה ידיעה · Tikkunei Zohar 17b:3–4
20וזהו ענין ל״ב נתיבות החכמה הנתיב הוא קצר ונמשך הרבה להלאה בריחוק מקום שהולכים בו מעיר לעיר, כך הוא ענין מלא כל הארץ כבודו ואין כבוד
Et voici ce qu’il en est des trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse) : un sentier est étroit, mais il se prolonge très loin, jusqu’à un lieu éloigné, comme lorsqu’on l’emprunte pour aller d’une ville à l’autre. Ainsi en est-il de « Toute la terre est remplie de Sa gloire » et de « il n’y a pas de gloire
Pourquoi les appelle-t-on des « sentiers » ? Un sentier est étroit, tout en menant loin, d’une ville à l’autre ; de même, les sentiers étroits de 'Hokhma conduisent sa lumière très bas, jusqu’à « toute la terre », et cette gloire est la Torah.
si ce n’est la Torah », les trente-deux sentiers de 'Hokhma (et voyez ce qui est écrit au sujet des sentiers à propos du verset « Et toutes tes frontières seront de pierres précieuses »). Et voici ce qu’il en est des tsitsit,
L’Alter Rebbe renvoie à son développement sur les « sentiers » à propos du verset « Et toutes tes frontières seront de pierres précieuses ». Les tsitsit sont ces sentiers étroits.
וכמו שכתוב ושער רישיה כעמר נקא3 והוא המשכת החסדים שערות לבנים הנמשכים מלמעלה למטה בל״ב נתיבות החכמה
comme il est écrit : « Et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure » : il s’agit de l’effusion des 'Hassadim (bontés), des cheveux blancs qui se prolongent d’en haut vers le bas par les trente-deux sentiers de 'Hokhma.
« Les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure » désigne les cheveux blancs : l’effusion des 'Hassadim, les bontés, d’en haut vers le bas à travers les trente-deux sentiers.
כי יש ג״כ שערות דז״א [דזעיר אנפין] שהם דינים וכמו שכתוב בזהר פרשה תזריע (דף מ״ח עמוד ב׳) בענין ואיש כי ימרט ראשו4 כו׳
Car il existe aussi les cheveux de Zeir Anpin, qui sont des jugements (dinim), comme il est écrit dans le Zohar, Parachat Tazria (page 48b), à propos de « Et si un homme perd les cheveux de sa tête », etc. ;
Il existe aussi des « cheveux » de Zeir Anpin, qui expriment les jugements (dinim). Le Zohar les relie au verset qui parle d’un homme perdant les cheveux de sa tête et devenant chauve (kéaréa'h).
אבל שערות אלו דציצית הם חסדים והיינו לפי שמקור ההמשכה משערות דא״א [דאריך אנפין] ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער הציצית פרק56 ה׳ בדרוש החברים ועיין שם ובפ״ג [ובפרק ג׳]
mais ces cheveux des tsitsit sont des 'Hassadim, car la source de leur effusion provient des cheveux d’Arikh Anpin. Voyez Pri Etz Chaim, Sha'ar HaTzitzit, chapitre 5, dans l’exposé des Compagnons ; voyez aussi là-bas, ainsi qu’au chapitre 3 :
Les cheveux des tsitsit, en revanche, sont des bontés, car leur source est dans les cheveux d’Arikh Anpin, le niveau de Kéter au-dessus d’Abba et Imma. Pri Etz Chaim traite de cela dans sa section consacrée aux tsitsit ; Kehot cite le résumé du Tsemach Tsedek, selon lequel le tsits et les tsitsit proviennent des mo'hin d’Abba et Imma eux-mêmes.
וגם כי שם כו׳ ומלבינים השערות7 כו׳ וע׳ [ועיין] בעמה״מ [בעמק המלך] שער י״ד פ״מ ושער עשירי פ״ט בענין הציצית.14
« et aussi parce que là-bas », etc., « et ils blanchissent les cheveux », etc. Voyez aussi Emek HaMelech, Sha'ar 14, chapitre 40, et Sha'ar 10, chapitre 9, à propos des tsitsit.
Pri Etz Chaim explique que les cheveux blanchissent là où les 'Hassadim se révèlent ; c’est pourquoi la halakha veut que les tsitsit soient blancs. Emek HaMelech traite également des tsitsit comme de cheveux qui pénètrent dans Zeir Anpin ou Noukva depuis Abba et Imma.
והוא קרוב למ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער או״א [אבא ואימא] פ״ג [פרק ג׳] בהג״ה [בהגהה] ממה״ק [ממהדורא קמא] המתחלת כבר ביארנו כו׳ וע׳ [ועיין] בזח״ג [בזהר חלק ג]
Cela est proche de ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar Abba et Imma, chapitre 3, dans une glose de la première recension (mahadoura kama), qui commence par « Nous avons déjà expliqué », etc. Voyez aussi le Zohar, partie III
Le développement d’Etz Chaim sur Abba et Imma, dans une glose de la première recension, présente une idée semblable. L’Alter Rebbe renvoie également au Zohar, dans la parachat Nasso.
(Nasso, page 140a) : « Et au moment où les cheveux blancs sont attirés vers le bas », etc., « il est écrit : “Les sagesses clament dans la rue” », etc. Et voici ce qu’il en est du « coin » : « de la même espèce que le coin ».
Le Zohar dit que lorsque les cheveux blancs sont attirés vers le bas, la sagesse va « au-dehors », comme dans « Les sagesses clament dans la rue ». C’est le sens de « de la même espèce que le coin ».
דהנה הטלית הוא בחי׳ המקיף שלמעלה מהשתלשלות בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] והציצית שהן ל״ב נתיבות החכמה אע״פ [אף על פי] שהוא מה שנמשך להאיר בבחי׳ אור פנימי בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שאין זה אלא זיו והארה.
Car le talit est le niveau de la lumière enveloppante, qui est au-dessus de l'enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; et les tsitsit, qui sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse), bien qu'ils soient ce qui est attiré vers le bas pour briller comme lumière intérieure, le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), laquelle n'est qu'un rayonnement et une illumination,
Le talit est la lumière enveloppante, sovev, qui se tient au-dessus de l'enchaînement des mondes. Les tsitsit, les trente-deux sentiers, sont attirés vers le bas comme lumière intérieure, memalé, laquelle n'est en elle-même qu'un rayonnement.
אעפ״כ [אף על פי כן] הוא מין כנף ממש שהרי המשכה זו הוא ג״כ בבחי׳ דילוג שלא כסדר השתלשלות העולמות הנמשכים מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כנ״ל
sont néanmoins véritablement « de la même espèce que le coin », car cette attraction vers le bas aussi s'opère par un saut, et non selon l'ordre de l'enchaînement descendant des mondes, lesquels sont attirés du niveau de memalé kol almin, comme mentionné plus haut ;
Pourtant, les tsitsit sont véritablement « de la même espèce » que le vêtement, car leur flux aussi procède par un saut, en dehors de l'enchaînement ordonné. Il ne s'agit pas de la descente graduelle par laquelle memalé soutient les mondes.
אלא גילוי ח״ע [חכמה עילאה] ממש והחכמה מאין תמצא11 וגם החכמה עצמה נק׳ אין לגבי הבינה שנק׳ יש
mais il s'agit d'une révélation de la 'Hokhma supérieure elle-même ; et « la 'Hokhma se trouve à partir du ayin », et la 'Hokhma elle-même est également appelée ayin (néant) par rapport à Bina, qui est appelée yesh (quelque chose),
Il s'agit d'une révélation de la 'Hokhma supérieure elle-même, qui vient « du ayin ». La 'Hokhma est elle-même appelée ayin, « néant », par rapport à Bina, appelée yesh, « quelque chose ».
כי בה שורה אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] באריכות בד״ה וידבר כו׳ אנכי כו׳ הרי גילוי חכמה עילאה נמשך להיות מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] הודו על ארץ12 כו׳.1315
car c'est en elle que repose effectivement la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, comme cela a été expliqué longuement plus haut, dans le discours commençant par « Et D.ieu parla », etc., « Je suis », etc. Ainsi, la révélation de la 'Hokhma supérieure est attirée vers le bas pour devenir : « Toute la terre est remplie de Sa gloire », « Sa splendeur est sur la terre », etc.
La Lumière infinie repose dans la 'Hokhma elle-même, comme l'explique le discours « Et D.ieu parla… Je suis ». La 'Hokhma supérieure est donc attirée vers le bas, jusque sur la terre : « Toute la terre est remplie de Sa gloire », « Sa splendeur est sur la terre ».
Les trente-deux sentiers de 'Hokhma sont des canaux étroits qui portent la lumière très bas ; les cheveux blancs des tsitsit sont des bontés provenant d’Arikh Anpin et, puisqu’ils viennent par un saut depuis la 'Hokhma supérieure, où repose la Lumière infinie, ils sont « de la même espèce » que le vêtement enveloppant.
Cela explique la halakha de min kanaf : les fils (la lumière intérieure) doivent être de la même matière que le vêtement (la lumière enveloppante), car ce que les tsitsit attirent vers le bas est précisément la lumière enveloppante, resserrée sous la forme de lumière intérieure.
Maré mekomot
- 1ואין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
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- 5בפע״ח שער הציצית פרק ה׳ · ”שציץ וציצית הן מה שיוצא ממוחי׳ דאו״א ממש” — אוה״ת קרח ע׳ תרעז.
- 6בפע״ח שער הציצית פרק ה׳ בדרוש החברים · Pri Etz Chaim, Gate of Fringes 5:9
- 7וגם כי שם כו׳ ומלבינים השערות · Pri Etz Chaim, Gate of Fringes 3:23
- 8ובשעתא דאתמשכן שערי חיוורי · Zohar, Idra Rabba 33:268–278
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- 11והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 12הודו על ארץ · Psalms 148:13
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- 14וע׳ בעעה״מ שער י״ד פ״מ · ”כ׳ בענין הציצית שהם בחי׳ שערות שהשערות נכנסי׳ בתוך זעיר או בתוך נוק׳ מאו״א” — אוה״ת קרח ע׳ תרעז.
- 15
Et cela correspond au « pan » : « de même nature que le pan », au niveau de « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure », qui émane du niveau de la blancheur du crâne (hivra de-goulgalta). Ailleurs, cela a été expliqué d’une autre manière, car
C’est le sens de « de même nature que le pan » : les cheveux blancs de « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure » proviennent de la « blancheur du crâne », un niveau de Kéter ; les fils ont donc la même source que le vêtement. L’Alter Rebbe apporte maintenant une seconde explication tirée d’un autre discours.
הנה א״ס [אין סוף] ב״ה הוא הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] כו׳ ואינו יכול להתלבש2 בשום כלי בבחי׳ אור פנימי כו׳
« l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, est la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc., et Il ne peut être revêtu dans aucun réceptacle comme lumière intérieure, etc.,
Ce discours enseigne que l’Infini, puisqu’Il est sovev kol almin, ne peut être revêtu comme lumière intérieure dans aucun réceptacle.
כ״א [כי אם] בבחי׳ החכמה לבדה כו׳ עכ״ל [עד כאן לשונו], מזה משמע שבחכמה מאיר בבחי׳ אור פנימי3 מה שהוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] ואור מקיף
si ce n’est dans le seul niveau de 'Hokhma (sagesse), etc. » Fin de citation. Il ressort de là qu’en 'Hokhma brille, comme lumière intérieure, ce qui est le niveau de sovev kol almin et de la lumière environnante.
La seule exception est 'Hokhma, où la Lumière infinie peut être revêtue comme lumière intérieure. Il s’ensuit que ce qui est en soi sovev, la lumière environnante, brille en 'Hokhma comme lumière intérieure.
וכן משמע מדרוש דנשא4 את ראש בני גרשון5 גבי בני קהת שהיו נושאים את הארון ואורייתא מחכמה נפקת הוא גבוה מבחי׳ היריעות שנשאו בני גרשון אף שהיריעות רומזים לבחי׳ מקיף וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] כמ״ש נוטה שמים כיריעה.6
Cela ressort également du discours sur « Fais le dénombrement des fils de Guerchon », à propos des fils de Kehat, qui portaient l’Arche : [l’Arche,] puisque « la Torah procède de 'Hokhma », est supérieure au niveau des tentures que portaient les fils de Guerchon, bien que les tentures fassent allusion au niveau de la [lumière] environnante et de sovev kol almin, comme il est écrit : « Il déploie les cieux comme une tenture. »
Une seconde preuve est tirée du discours sur Nasso. Les fils de Kehat portaient l’Arche qui renferme la Torah, tandis que les fils de Guerchon portaient les tentures du Tabernacle ; l’Arche est d’un rang supérieur, bien que les tentures représentent sovev, comme dans « Il déploie les cieux comme une tenture ».
אלא משום7 כי בחכמה מאיר אור א״ס [אין סוף] בבחי׳ אור פנימי והיא הנקודה התיכונית שהעיגול סובב עליה כו׳
C’est plutôt parce qu’en 'Hokhma la Lumière infinie brille comme lumière intérieure ; elle est le point central autour duquel tourne le cercle, etc. ;
L’Arche est d’un rang supérieur parce qu’en 'Hokhma, source de la Torah, la Lumière infinie brille comme lumière intérieure. 'Hokhma est comme le point central autour duquel tourne un cercle : le centre contient, sous une forme concentrée, ce qu’embrasse le cercle.
ע״ש [עיין שם], וכן משמע בד״ה כי אברהם לא ידענו89 במ״ש וחכמה עילאה דאצילות היא בחינה ממוצעת והיא כלולה מבחי׳ המאציל א״ס [אין סוף] ב״ה כו׳ בחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳
voir là-bas. Cela ressort également du discours commençant par « Car Avraham ne nous connaît pas », dans ce qui est écrit : « Et la 'Hokhma suprême d’Atsilout est un niveau intermédiaire, et elle comprend le niveau de l’Émanateur, l’Infini, béni soit-Il », etc., « le niveau de sovev kol almin », etc.
Une troisième preuve provient du discours de Torah Ohr « Car Avraham ne nous connaît pas » : la 'Hokhma suprême est un niveau intermédiaire qui inclut l’Émanateur, l’Infini, c’est-à-dire le niveau de sovev.
וכ״מ [וכן משמע] בבה״ז [בביאורי הזהר] ר״פ ויצא ועפ״ז [ועל פי זה] אתי שפיר מ״ש ברבות בראשית10 פרשה ד׳ כותי אחד שאל את ר׳ [רבי] מאיר אפשר אותו שכתוב בו הלא את השמים ואת הארץ אני מלא.1112
Cela ressort aussi de Biouré HaZohar, au début de Vayetse. À la lumière de ce qui précède, ce qui est écrit dans [le Midrach] Rabba, Béréchit, section 4, s’éclaire : « Un Samaritain demanda à Rabbi Meïr : Est-il possible que Celui dont il est écrit : “Ne remplis-Je pas les cieux et la terre ?”
L’Alter Rebbe relève la même idée dans Biouré HaZohar, puis cite un Midrach qui s’accorde avec cette approche. Un Samaritain demande à Rabbi Meïr comment D.ieu, qui remplit les cieux et la terre, pourrait parler à Moché depuis l’espace étroit entre les barres de l’Arche.
היה מדבר עם משה מבין שני בדי הארון. אמר לו הבא לי מראות גדולות אמר לו ראה בבואה שלך בהן.
parle avec Moché depuis l’espace entre les deux barres de l’Arche ? Il lui dit : « Apporte-moi de grands miroirs. » Il lui dit : « Regarde ton reflet dedans. »
Rabbi Meïr répond par une démonstration : il demande au Samaritain de se regarder dans de grands miroirs.
ראה אותה גדולה. אמר לו הבא מראות קטנות. הביא לו מראות קטנות אמר לו ראה בבואה שלך בהן.
Il la vit grande. Il lui dit : « Apporte de petits miroirs. » Il lui apporta de petits miroirs. Il lui dit : « Regarde ton reflet dans ces miroirs. »
Dans les grands miroirs, le reflet est grand ; dans les petits miroirs, il est petit.
ראה אותה קטנה. אמר לו מ ה אם אתה שאתה בשר ודם אתה משנה עצמך בכל מה שתרצה.
Il la vit petite. Il lui dit : « Si toi, qui es de chair et de sang, tu peux te transformer comme tu le souhaites,
Rabbi Meïr en tire la conclusion : un être humain apparaît dans la taille que permet le miroir.
מי שאמר והיה העולם ברוך הוא עאכו״כ [על אחת כמה וכמה]. הוי כשהוא רוצה. הלא את השמים ואת הארץ אני מלא.
celui qui a parlé et le monde est venu à l’existence, béni soit-Il, à plus forte raison ! Ainsi, lorsqu’Il le veut : « Ne remplis-je pas les cieux et la terre ? »
À plus forte raison D.ieu, qui a parlé et le monde est venu à l’existence : lorsqu’Il le veut, Il remplit les cieux et la terre.
Ce paragraphe propose une seconde explication de « de même nature que le pan » : la Lumière infinie, sovev en soi, brille en 'Hokhma comme lumière intérieure, comme le montrent l’Arche et les tentures, ainsi que le Midrach des grands et des petits miroirs.
L’image de 'Hokhma comme « point central autour duquel tourne le cercle » présente sovev et 'Hokhma non comme des contraires, mais comme le cercle et son centre : le centre contient tout le cercle sous une forme concentrée, de même que le petit miroir contient la personne entière.
Maré mekomot
- 1ובמ״א נתבאר באופן אחר · ראה לעיל בהוספות בהערות כ״ק אדמו״ר מוהרש״ב נ״ע לכאן.
- 2ואינו יכול להתלבש · ראה סה״מ תער״ב-א סעי׳ קיט.
- 3שבחכמה מאיר בבחי׳ אור פנימי · ראה סה״מ תער״ב-א סעי׳ קיט.
- 4מדרוש דנשא · לעיל פ׳ נשא.
- 5נשא את ראש בני גרשון · Numbers 4:22
- 6נוטה שמים כיריעה · Psalms 104:2
- 7משום — בחכמה מאיר בבחי׳ אור פנימי · ראה ספה״מ תער״ב-א סעי׳ כח.
- 8בד״ה כי אברהם לא ידענו · תו״א צג, א. ראה לעיל פ׳ שלח מה, ד.
- 9כי אברהם לא ידענו · Isaiah 63:16
- 10ברבות בראשית פ׳ ד׳ · ראה גם אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכב.
- 11כותי אחד שאל את ר׳ מאיר אפשר אותו שכתוב בו הלא את השמים ואת הארץ אני מלא · Bereshit Rabbah 4:4
- 12הלא את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
22וכשהוא רוצה היה מדבר עם משה מבין שני בדי הארון עכ״ל [עד כאן לשונו]. אשר מזה מובן איך
Et lorsqu’Il le souhaite, Il parlait avec Moché d’entre les deux barres de l’Arche. Fin de citation. Il ressort de là que
Le Midrach conclut que, lorsqu’Il le souhaite, D.ieu parle d’entre les barres de l’Arche. L’Admour Hazaken en tire maintenant la leçon.
כי ממש אות׳ [אותה] הבחינה שנאמר את השמים ואת הארץ אני מלא שהוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] כנ״ל בחינה זו ממש מאיר
ce même niveau précis dont il est dit : « Je remplis les cieux et la terre », c’est-à-dire le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), comme mentionné ci-dessus, ce même niveau brille
Le niveau même qui « remplit les cieux et la terre », sovev kol almin, est celui qui brillait entre les barres de l’Arche.
ומתגלה מבין שני בדי הארון וכמובן ג״כ מהמשל מהמראות אשר גם במראה הקטנה שנראה בבואה של האדם קטנה עכ״ז [עם כל זה] הכל ממש מהות אדם אחד
et se révèle d’entre les deux barres de l’Arche. On le comprend également grâce à l’analogie des miroirs : même dans un petit miroir, où le reflet de la personne apparaît petit, il s’agit néanmoins, dans son essence même, d’une seule et même personne.
Un petit miroir montre la personne entière, seulement en plus petit. De même, la lumière entre les barres de l’Arche est sovev en soi, simplement contractée.
וכן למעלה יש זעיר אנפין ואריך אנפין12 ומבואר במ״א כי בפנימיות זעיר אנפין מלובש ממש בחי׳ אריך אנפין (ועיין זח״ג [זהר חלק ג] אחרי ס״ו ב׳ נשא דק״ל ע״א).
De même, dans les mondes supérieurs, il y a Zeir Anpin et Arich Anpin, et il est expliqué ailleurs que, dans la dimension intérieure de Zeir Anpin, le niveau d’Arich Anpin est effectivement revêtu (voir aussi le Zohar, partie III, A’harei 66b ; Nasso, page 130a).
Dans les mondes supérieurs aussi, il existe des « visages » de dimensions différentes : Zeir Anpin, littéralement « le petit visage », et Arich Anpin, « le long visage ». Arich Anpin est revêtu dans la dimension intérieure de Zeir Anpin, comme le développe le Zohar.
והיינו ע״ד [על דרך] הנ״ל כי בחכמה מלובש אור א״ס [אין סוף] ממש בבחי׳ אור פנימי ובחינה זו מאיר בהיכל קדה״ק [קודש הקדשים] בין שני בדי הארון.
C’est-à-dire, dans le prolongement de ce qui précède : dans 'Hokhma (sagesse), la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même est revêtue en tant que lumière intérieure, et ce niveau brille dans la salle du Saint des Saints, entre les deux barres de l’Arche.
Cela rejoint le point précédent : la Lumière infinie elle-même est revêtue dans 'Hokhma comme lumière intérieure. C’est elle qui brillait dans le Saint des Saints, entre les barres de l’Arche qui contenait les Tables.
ועפ״ז [ועל פי זה] אתי שפיר מאד ענין הכנף מין כנף ממש היינו כי בבחי׳ ושער רישי׳ [רישיה] כעמר נקא שהיא השפעה מבחי׳ חכמה מאיר ממש מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין]
À la lumière de cela, l’expression « le coin : véritablement de la même espèce que le coin » s’éclaire parfaitement. Car au niveau de « les cheveux de Sa tête sont comme de la laine pure », qui est un influx provenant du niveau de 'Hokhma, brille effectivement [une lumière] provenant du niveau de sovev kol almin,
Dès lors, « de la même espèce que le coin » devient parfaitement clair. Les cheveux blancs, influx de 'Hokhma, portent la lumière de sovev en soi, la même lumière que celle du vêtement.
רק שנתצמצם להאיר בבחי׳ אור פנימי דוגמת המשל ממראות קטנות, וכמ״ש ג״כ בבה״ז [בביאורי הזהר] פ׳ אחרי ע״פ המאמר שם
mais elle a été contractée afin de briller en tant que lumière intérieure, à l’image de l’analogie des petits miroirs. C’est également ce qui est écrit dans Biurei HaZohar, parachat A’harei, au sujet du passage cité là
Cette lumière est simplement contractée pour briller en tant que lumière intérieure, comme l’image dans le petit miroir. Biurei HaZohar développe un point semblable à propos d’un passage du Zohar.
(דע״ט ע״ב) הביאו עלי כפרה3 בענין היו״ד דשם הוי״ה שעם היותו בחי׳ צמצום אינו העלם גמור
(page 79b) : « Apportez pour Moi une offrande expiatoire », à propos du youd du Nom Havaya : bien qu’il représente le niveau du tsimtsoum (contraction), il ne constitue pas un voilement complet,
Le passage du Zohar concerne l’offrande de Roch ‘Hodech, au sujet de laquelle le Saint béni soit-Il dit : « Apportez pour Moi une offrande expiatoire. » Biurei HaZohar explique que le youd du Nom Havaya représente une contraction, mais que celle-ci ne dissimule pas complètement la lumière.
אלא ע״ד [על דרך] לעולם ישנה אדם לתלמידו4 בדרך קצרה. וכנזכר מזה לעיל בביאור ע״פ כה תברכו5 גבי ושיעור כזית.
mais plutôt selon le principe suivant : « Qu’un homme enseigne toujours à son élève de manière concise. » Comme cela a été mentionné plus haut, dans l’explication sur « Ainsi vous bénirez », à propos de « la mesure d’un volume d’olive ».
Cela ressemble à un maître qui transmet brièvement à son élève un sujet entier : tout le contenu y est, mais sous une forme condensée. L’Admour Hazaken l’a mentionné plus haut, dans le maamar sur « Ainsi vous bénirez », à propos de la mesure d’un volume d’olive.
À partir du Midrach, l’Admour Hazaken conclut que sovev lui-même brillait, sous une forme contractée, entre les barres de l’Arche. Ainsi, les cheveux blancs des tsitsit, l’influx de 'Hokhma, sont sovev contracté en lumière intérieure : « de la même espèce que le coin ».
Arich Anpin, la dimension extérieure de Kéter, se situe au-dessus de l’ordre des Séfirot, et pourtant il est revêtu dans Zeir Anpin. L’Admour Hazaken s’appuie sur ce point pour montrer qu’un réceptacle petit et contracté peut contenir l’essence même de ce qui le transcende.
Maré mekomot
- 1זעיר אנפין ואריך אנפין · Zohar, Achrei Mot 29:182–31:193
- 2זעיר אנפין ואריך אנפין · Zohar, Idra Rabba 9:63–10:73
- 3הביאו עלי כפרה · Zohar, Achrei Mot 72:405–75:413
- 4לעולם ישנה אדם לתלמידו · Pesachim 3b:3
- 5כה תברכו · Numbers 6:23
23ומכוון ג״כ עם משל הנזכר במדרש ממראות קטנות דהיינו ג״כ כענין ישנה אדם לתלמידו בדרך קצרה. ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ענין שהיה מתפלל הכה״ג [הכהן גדול] תפלה קצרה ביוהכ״פ [ביום הכפורים]1 שהוא מועט המחזיק הרבה.
Cela correspond également à la parabole mentionnée dans le Midrach au sujet des petits miroirs, ce qui est aussi conforme à l’enseignement selon lequel « un homme doit enseigner à son élève de manière concise ». De même, le Cohen Gadol récitait une prière brève à Yom Kippour : elle était « peu de chose qui en contient beaucoup ».
Les petits miroirs du Midrach correspondent à l’enseignement concis du maître. De même, le Cohen Gadol ne récitait qu’une prière brève à Yom Kippour : « peu de chose qui en contient beaucoup ».
ושרש בחי׳ זו מבחי׳ עקודים הנזכר בע״ח [בעץ חיים] עקודים בכלי אחד. שהוא ג״כ ראשית הגילוי בבחי׳ אור פנימי מתוך ההעלם דא״ק [דאדם קדמון].
La racine de ce niveau relève du niveau d’Akoudim, mentionné dans Etz Chaim : « liés ensemble (akoudim) dans un seul réceptacle ». C’est aussi le commencement de la révélation, sous forme de lumière intérieure, à partir de la dissimulation d’Adam Kadmon.
La racine de cette révélation condensée est le niveau d’Akoudim, qu’Etz Chaim décrit comme des lumières « liées ensemble dans un seul réceptacle ». C’est la première manifestation de la lumière intérieure issue de la dissimulation d’Adam Kadmon.
La révélation contractée qui contient l’ensemble, à l’image d’un petit miroir, d’un enseignement concis ou de la brève prière du Cohen Gadol, prend racine dans Akoudim, première lumière intérieure à émerger d’Adam Kadmon.
Maré mekomot
- 1שהיה מתפלל הכה״ג תפלה קצרה ביוהכ״פ · Mishnah Yoma 5:1
24וזהו כשמן הטוב על הראש יורד על הזקן1 כו׳ בחי׳ שמן הטוב הוא2 חכמה סתימאה דע״ק [דעתיקא קדישא] או חכמה דעקודים שנמשך על גלגלתא ואח״כ [ואחר כך] יורד ונמשך על הזקן
Et c’est là le sens de : « Comme une huile précieuse sur la tête, qui descend sur la barbe », etc. Le niveau de « l’huile précieuse » est la 'Hokhma cachée (’Hokhma Stima’a) d’Atika Kadicha, ou la 'Hokhma des Akoudim, qui est attirée sur le crâne (Goulgalta), puis descend et se répand sur la barbe,
On peut à présent expliquer le verset : « Comme une huile précieuse sur la tête, qui descend sur la barbe. » L’huile précieuse est la 'Hokhma cachée d’Atika Kadicha, le niveau le plus intérieur de Kéter, ou la 'Hokhma des Akoudim ; elle repose sur le crâne (Goulgalta), puis s’écoule sur la barbe.
דהיינו להאיר בבחי׳ אור פנימי ע״י הלכות התורה כנ״ל וזהו ענין זקן אהרן שיורד ע״פ מדותיו היינו שעי״ז נשפע ונמשך אהבה רבה בכנס״י [בכנסת ישראל] כו׳
c’est-à-dire pour briller comme lumière intérieure par l’intermédiaire des lois de la Torah, comme indiqué plus haut. Tel est le sens de « la barbe d’Aharon, qui descend sur le col de ses vêtements (midotav) » : par ce moyen, un grand amour (ahava rabba) est accordé et attiré dans l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël), etc.
Le fait de descendre sur la barbe signifie briller comme lumière intérieure par l’intermédiaire des lois de la Torah. Dans « la barbe d’Aharon, qui descend sur le col de ses vêtements », midotav signifie aussi « ses attributs » : par l’intermédiaire d’Aharon, un grand amour (ahava rabba) se répand dans l’Assemblée d’Israël.
(ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] ע״פ בהעלותך3 וע״פ ועשית בגדי קדש)45 וזהו ענין הלבן שבציצית שגוון הלבן הוא מבחי׳ ורב חסד6 להיות השפעת החכמה והשפעת אה״ר [אהבה רבה]:7
(Et voyez ce qui est écrit plus haut à propos de « Quand tu feras monter » et de « Tu feras des vêtements sacrés ».) Tel est le sens du blanc des tsitsit : la couleur blanche relève du niveau de « riche en bonté », afin de transmettre l’influence de la 'Hokhma et celle du grand amour.
L’Admour Hazaken renvoie à ses maamarim sur l’allumage de la Ménora et sur les vêtements sacerdotaux. Le blanc des tsitsit provient de l’attribut « riche en bonté » et transmet l’influence de la 'Hokhma et du grand amour.
L’huile précieuse du psaume est la 'Hokhma cachée d’Atika Kadicha. Elle se répand comme lumière intérieure par l’intermédiaire des lois de la Torah et, par la barbe d’Aharon, comme grand amour envers Israël ; le blanc des tsitsit porte cette même bonté.
Dans « Tu feras des vêtements sacrés », dans Torah Ohr, l’Admour Hazaken explique que « riche en bonté » (rav 'hessed), le niveau d’Aharon, le Grand Prêtre, est très supérieur à la bonté par laquelle le monde se construit au fil de l’enchaînement ordonné des causes et des effets ; rav 'hessed est la révélation de la Lumière infinie en 'Hokhma, au-delà de cet enchaînement. Kehot renvoie également à l’entrée consacrée à l’huile dans un lexique kabbalistique.
Maré mekomot
- 1כשמן הטוב על הראש יורד על הזקן · Psalms 133:2
- 2שמן הטוב הוא חכ׳ סתימאה · ראה מא״א אות ש׳, סמ״ח וביאיר נתיב שם.
- 3בהעלותך · Numbers 8:2
- 4וע״פ ועשית בגדי קדש · תו״א פב, ב.
- 5ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
- 6ורב חסד · Exodus 34:6
- 7
25קיצור מהנ״ל. והנה ענין מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] אין כבוד אלא תורה1 שמה שע״י נ׳ אלפים יובלות יהיה גילוי חכמה דא״ק [דאדם קדמון] שאינו מאיר רק באצילות משא״כ בבריאה כו׳
Résumé de ce qui précède. Voici maintenant le sens de « Toute la terre est pleine de Sa gloire », « il n’est de gloire que la Torah » : ce qui, au terme de cinquante mille jubilés, aurait été une révélation de la 'Hokhma d’Adam Kadmon, qui ne brille qu’en Atsilout, mais non en Béria, etc.,
Résumé du chapitre. La 'Hokhma d’Adam Kadmon ne brille normalement qu’en Atsilout, et non en Béria. Selon le processus ordonné, elle n’atteindrait ce monde qu’au terme de cinquante mille jubilés.
היה מתגלה בשעת מתן תורה בעוה״ז [בעולם הזה] והוא דילוג עצום כמו גילוי מדבר בדומם וזהו ענין הציצית שהן בחי׳ שערות והוא כשנמשך לנוקבא מחו״ב [מחכמה ובינה] עצמה כו׳,
s’est révélé dans ce monde au moment du Don de la Torah ; ce fut un immense saut, comme la révélation de la parole dans l’inerte. Tel est le sens des tsitsit, qui sont au niveau des cheveux : c’est lorsque [la lumière] est attirée vers Noukva depuis 'Hokhma et Bina elles-mêmes, etc. ;
Au Sinaï, cela se révéla dans ce monde, par un saut aussi considérable que le fait de donner la parole à une pierre. Les tsitsit, les « cheveux », véhiculent cette sorte de lumière, attirée vers Noukva directement depuis 'Hokhma et Bina.
וכך גילוי ח״ע [חכמה עילאה] בעוה״ז [בעולם הזה] בהלכות התורה זהו כמו המשכת המוח בהשערה כו׳, וזהו ענין הלבן שבציצית ששרשו מבחי׳ ושער רישיה כעמר נקא.2
de même, la révélation de la 'Hokhma supérieure dans ce monde, dans les lois de la Torah, est semblable à la transmission du cerveau dans le cheveu, etc. Tel est le sens du blanc des tsitsit, dont la racine se trouve au niveau de « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ».
La 'Hokhma supérieure dans les lois de la Torah est semblable à la vie du cerveau qui se trouve dans un cheveu. Le blanc des tsitsit provient de « les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ».
Résumé du deuxième chapitre : le saut au Sinaï, les tsitsit comme « cheveux » et le blanc des tsitsit.
Maré mekomot
- 1אין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
- 2ושער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
26וזהו ג״כ ענין זקן אהרן להיות השפעת אה״ר [אהבה רבה]. ועכ״פ [ועל כל פנים] החוטין והשערות הם המשכת הא״פ [האור פנימי] אכן הוא ג״כ למעלה מסדר ההשתלשלות
Et c’est également là le sens de la barbe d’Aharon : elle transmet un grand amour. En tout état de cause, les fils et les poils sont une extension de la lumière intérieure ; toutefois, ils se situent eux aussi au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout),
La barbe d’Aharon également transmet un grand amour. Les fils et les poils sont de la lumière intérieure, et pourtant ils proviennent d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes.
דהיינו שנמשך הגילוי למטה מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] ממש שבה שורה אור א״ס [אין סוף] הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] התאחדות והתקשרות הא״פ [האור פנימי] בהא״מ [בהאור מקיף] וזהו הכנף מין כנף כו׳:
c’est-à-dire que le dévoilement se prolonge vers le bas depuis le niveau même de la 'Hokhma supérieure, en laquelle réside la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) : l’union et le lien de la lumière intérieure avec la lumière englobante. C’est là le sens de « le pan », « de même nature que le pan », etc.
Ils prolongent le dévoilement vers le bas depuis la 'Hokhma supérieure elle-même, en laquelle réside sovev kol almin ; ainsi, la lumière intérieure et la lumière englobante s’unissent en eux. C’est là le sens de « de même nature que le pan ».
Le résumé s’achève ainsi : les fils et les poils, comme la barbe d’Aharon, sont de la lumière intérieure qui s’unit à la lumière englobante, car ils proviennent de la 'Hokhma supérieure en laquelle réside sovev kol almin.
Le tekhelet : une crainte qui repousse le mal ¶27–32
27ג ועתה י״ל [יש לומר] ענין חוטי התכלת שבציצית כי הנה תכלת הוא מלשון תכלה פי׳ שיכלה ויבער הרע מקרבו כמ״ש ובערת הרע מקרבך1 וכמ״ש ולא תתורו אחרי לבבכם ואחרי עיניכם אשר אתם זונים אחריהם.2
3. Nous allons maintenant expliquer la signification des fils de te'helet des tsitsit. Te'helet est apparenté au terme kalah (destruction) : autrement dit, il faut détruire et éradiquer le mal qui est en soi, comme il est écrit : « Tu éradiqueras le mal de ton milieu », et comme il est écrit : « Vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, après lesquels vous vous détournez. »
Le troisième chapitre se tourne vers le fil bleu. Te'helet est rapproché de kalah, la destruction : le te'helet aide une personne à détruire et à éliminer le mal qui est en elle, comme le disent les versets : « Tu éradiqueras le mal de ton milieu » et « Vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux. »
Le troisième chapitre s'ouvre sur cette idée : le fil de te'helet est associé à la destruction du mal et à l'interdiction de s'égarer à la suite de son cœur et de ses yeux.
Maré mekomot
- 1ובערת הרע מקרבך · Deuteronomy 13:6
- 2ולא תתורו אחרי לבבכם ואחרי עיניכם אשר אתם זונים אחריהם · Numbers 15:39
28והנה לשון זונה הוא כמו הזונה שמקבלת מן משפיע אחר ומזנה כך הוא כי כנס״י [כנסת ישראל] נק׳ מקבלים מן הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]
Or, l’expression zonah (prostituée) désigne celle qui reçoit d’un autre homme que celui qui lui donne et lui est infidèle. Il en va ainsi [ici] : la Communauté d’Israël (Knesset Israël) est appelée « réceptrice » du Saint béni soit-Il,
Le mot zonim dans le verset vient de zonah, une femme infidèle qui prend d’un autre homme ce qui devrait lui venir de son mari. La Communauté d’Israël occupe la place d’une épouse qui reçoit du Saint béni soit-Il.
והוא המשפיע שלהם וכמ״ש ברבות במדבר ר״פ ג׳ ע״פ צדיק כתמר יפרח1 מה תמרה זו יש לה תאוה אף הצדיקים יש להם תאוה מהו תאותם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]2 שנאמר נפשי אויתיך בלילה.3
et Il est celui qui lui donne. Ainsi est-il écrit dans le Midrach Rabbah, Bamidbar, au début de la section 3, à propos de « Le juste fleurira comme un palmier » : « De même que ce palmier a une aspiration, les justes ont eux aussi une aspiration. Quelle est leur aspiration ? Le Saint béni soit-Il, comme il est dit : “Mon âme, je T’ai désiré pendant la nuit.” »
D.ieu est le seul dispensateur légitime d’Israël. Le Midrach sur « Le juste fleurira comme un palmier » enseigne que les justes aspirent à D.ieu seul, tout comme le palmier a son aspiration, et cite : « Mon âme, je T’ai désiré pendant la nuit. »
Ce paragraphe définit l’image exprimée par « après quoi vous vous égarez » : Israël reçoit de D.ieu comme une épouse reçoit de son mari, et n’aspire qu’à Lui.
Maré mekomot
- 1צדיק כתמר יפרח · Psalms 92:13
- 2מה תמרה זו יש לה תאוה אף הצדיקים יש להם תאוה מהו תאותם הקב״ה · Bamidbar Rabbah 3:1
- 3נפשי אויתיך בלילה · Isaiah 26:9
29וזהו ולא תתורו כו׳ אשר אתם זונים1 כי כשתתורו אחרי לבבכם ותקבלו מן משפיע אחר אזי יהיה בחי׳ זנות דומה לזונה.
Et c’est là le sens de « Et vous ne vous égarerez pas », etc., « après quoi vous vous prostituez » (zonim) : lorsque vous vous égarez en suivant votre cœur et recevez d’un autre dispensateur, il y a alors une forme de prostitution, semblable à celle d’une prostituée.
S’égarer en suivant son cœur signifie recevoir d’un « dispensateur » autre que D.ieu. C’est une forme d’infidélité.
וזהו שבתחלה כתיב וראיתם אותו וזכרתם ועשיתם אותם ולא תתורו שהוא כמו זונה שבתחלה היה לה משפיע אחד ואח״כ [ואחר כך] מקבלת ממשפיע אחר.
C’est pourquoi il est d’abord écrit : « Vous le verrez, vous vous en souviendrez et vous les accomplirez », puis [vient] « et vous ne vous égarerez pas » : cela ressemble à une prostituée qui, au début, avait un seul dispensateur, puis reçoit d’un autre dispensateur.
Le verset dit d’abord : « Vous le verrez, vous vous en souviendrez et vous les accomplirez », et seulement ensuite : « vous ne vous égarerez pas ». À l’image d’une épouse infidèle, l’avertissement concerne celui qui s’est déjà lié à D.ieu, puis se tourne vers un autre.
משא״כ אם לא היה לה משפיע בתחלה דהיינו שהיא פנויה ומקבלת ממשפיע אחר אין זה זונה האמורה בתורה2 לענין איסור לכהונה3 (כדאיתא בגמרא פ״ו דיבמות).4
En revanche, si elle n’avait pas eu de dispensateur au départ, c’est-à-dire si elle était célibataire et recevait d’un autre dispensateur, elle n’est pas la zonah dont parle la Torah au sujet de l’interdiction d’épouser un Cohen (comme l’indique la Guemara, chapitre 6 de Yevamos).
Selon la halakha, une femme célibataire qui a des relations avec un homme n’est pas la zonah que la Torah interdit à un Cohen d’épouser. L’Alter Rebbe s’appuie sur cela pour montrer que la « prostitution » implique un lien antérieur qui est trahi ; la note de Kehot renvoie à la discussion talmudique dans Yevamos.
כך עד״מ [על דרך משל] למעלה מי שלא ראה אור מימיו אף חושך נדמה לו לאור אבל כשמקבל מתחלה מהקב״ה [מהקדוש ברוך הוא] והכיר אותו כמ״ש וידעת היום והשבות5 כו׳
Il en va de même, par analogie, dans les mondes supérieurs : pour celui qui n’a jamais vu la lumière de sa vie, même l’obscurité semble être de la lumière. Mais lorsqu’on a d’abord reçu du Saint béni soit-Il et qu’on L’a reconnu, comme il est écrit : « Reconnais aujourd’hui et ramène à ton cœur », etc.,
De même, quelqu’un qui n’a jamais vu la lumière divine peut prendre l’obscurité pour la lumière. Mais celui qui a reçu de D.ieu et a appris à Le connaître, comme dans « Reconnais aujourd’hui et ramène à ton cœur », se trouve lié à Lui.
והרחיק הרע וכמ״ש ועשיתם אותם ואזי ולא תתורו אחרי כו׳ אשר אתם זונים כו׳ שדומה לזונה שאסורה לבעלה וכך לא יוכל לקבל בתוכו גילוי אלקות אם לא ע״י תשובה
et qu’on s’est éloigné du mal, comme il est écrit : « et vous les accomplirez », alors s’applique « et vous ne vous égarerez pas après… », etc., « après quoi vous vous prostituez », etc. : on ressemble à une prostituée qui est interdite à son mari, et l’on ne peut donc recevoir en soi une révélation de la Divinité que par la techouva,
Si une telle personne, qui s’est tenue éloignée du mal et a accompli les mitsvot, s’égare ensuite, elle ressemble à une épouse devenue interdite à son mari. Elle ne peut plus recevoir de révélation de la Divinité que par la techouva.
כדאיתא ביומא (דף פ״ו ע״ב) א״ר [אמר רבי] יוחנן גדולה תשובה6 כו׳ ואת זנית כו׳ ושוב אלי7 כו׳ ע״ש [עיין שם].
comme il est dit dans Yoma (page 86b) : « Rabbi Yochanan a dit : Grande est la techouva », etc., « et tu t’es prostituée », etc., « et reviens vers Moi », etc. ; voir là-bas.
Le Talmud, dans Yoma, loue la techouva : une épouse qui a quitté son mari et en a épousé un autre ne peut revenir à son premier mari, et pourtant D.ieu dit à Israël : « Tu t’es prostituée… et reviens vers Moi. »
אבל אנשים שלא הלכו אחר יראת ה׳ אינו בחי׳ זונה מי שלא ראה אור כו׳
Mais les hommes qui n’ont pas suivi la crainte de D.ieu ne relèvent pas de la catégorie de la prostituée ; [ils sont comme] celui qui n’a jamais vu la lumière, etc.
Les personnes qui n’ont jamais vécu dans la crainte de D.ieu ne relèvent pas de cette catégorie. Elles sont comme celui qui n’a jamais vu la lumière.
אך באמת הרי נאמר ועמך ישראל כולם צדיקים8 ועל כולם נאמר נפשי אויתיך כו׳ ועכ״ז [ועם כל זה] הנפקותא הוא
Mais, en vérité, il est dit : « Et ton peuple, tous sont des justes », et de tous il est dit : « Mon âme, je T’ai désiré », etc. Néanmoins, la différence pratique est la suivante :
Pourtant, en vérité, tous les Juifs sont justes et tous aspirent à D.ieu, comme le disent les versets. Il faut donc établir cette distinction autrement.
כי יש פנימיות וחיצוניות וכל מי שנקלט בפנימיותו יותר קרבת אלקים יותר צריך שלא יהיה
qu’il existe une dimension intérieure (pnimiyout) et une dimension extérieure ('hitsoniyout) ; plus la proximité de D.ieu a été absorbée dans l’être intérieur d’une personne, plus elle doit veiller à ne pas être
Chaque personne possède une dimension intérieure et une dimension extérieure. Plus la proximité de D.ieu a pénétré l’être intérieur d’une personne, plus le niveau qu’elle doit maintenir est élevé.
כמו זונה אפילו בדקות הענינים כמו בתאוות היתר וזהו ענין תכלת דאכיל ושצי הרע דנפש הבהמית שמק״נ [שמקליפת נוגה] והיינו כי כדי להיות ובערת הרע.
comme une femme de mauvaise vie, même dans les domaines les plus subtils, tels que les désirs permis. C’est là le sens du te'helet, qui « consume et détruit » le mal de l’âme animale, issue de la kelipa noga. Autrement dit, afin qu’ait lieu « tu extirperas le mal »
Une telle personne doit éviter même les formes subtiles d’« infidélité », comme le fait de s’abandonner aux plaisirs permis. Le te'helet « consume et détruit » le mal de l’âme animale, qui provient de la kelipa noga, l’écorce « translucide » où le bien et le mal se mêlent et qui donne vie aux choses permises.
ולא תתורו זהו ע״י חוטי התכלת כי תכלת נק׳ כורסייא דדינא דדיינין בה910 ד״נ (בזח״ב [בזהר חלק ב׳] תרומה דף קל״ט א׳ וס״פ שלח דקע״ה א׳).
et « vous ne vous égarerez pas », cela se réalise par les fils de te'helet ; car le te'helet est appelé « le Trône du Jugement, où sont jugées les affaires passibles de la peine capitale » (dans le Zohar, partie II, Terumah, page 139a, et à la fin de Parshas Sh'lach, page 175a).
Les fils de te'helet donnent la force d’extirper le mal et de ne pas s’égarer. Le Zohar appelle le te'helet « le Trône du Jugement », où sont jugées les affaires passibles de la peine capitale.
ומזה יומשך היראה להיות יראת חטא וכמש״ש [וכמה שכתוב שם] בפ׳ קרח (קע״ח ב׳) אלמלא דינא לא אשתכח בעלמא11 כו׳ ע״ש [עיין שם] ונתבאר במ״א.12
De là découlera cette crainte, qui deviendra crainte de la faute, comme il est écrit là, dans Parshas Korach (178b) : « Sans le jugement, il n’y aurait rien dans le monde », etc. ; voyez là-bas. Cela est expliqué ailleurs.
La méditation sur ce jugement fait naître la crainte de la faute. L’Alter Rebbe cite le Zohar dans Korach : « Sans le jugement… » ; Kehot note que ce passage est expliqué dans les Biurei HaZohar du Mitteler Rebbe.
ובאמת עיקר פי׳ יראת חטא להתיירא מן החטא שהרע הוא מר ממות כמ״ש את המות ואת הרע.13
En vérité, le sens essentiel de la crainte de la faute est de craindre la faute elle-même, car le mal est plus amer que la mort, comme il est écrit : « la mort et le mal ».
La véritable crainte de la faute consiste à craindre la faute elle-même, car le mal est plus amer que la mort, comme la Torah place côte à côte « la mort » et « le mal ».
והיינו דכמו שע״י קיום המצות תתעלה נפשו מאד כך לעומת זה ע״י הרעה נאמר ואת נפש אויביך יקלענה14 בתוך כף הקלע
C’est-à-dire que, de même que par l’accomplissement des mitsvot son âme s’élève considérablement, ainsi, à l’inverse, par le mal, il est dit : « Et l’âme de tes ennemis, Il la lancera comme depuis le creux d’une fronde »,
Les mitsvot élèvent l’âme très haut, tandis que la faute la projette très loin, comme le disent les paroles d’Avigail à David : « l’âme de tes ennemis, Il la lancera comme depuis le creux d’une fronde ».
דהיינו קליעה למקום רחוק מאד מאד מאור פני ה׳ עד שהדין והמשפט הנמשך על החוטא מכורסייא דדינא זהו
c’est-à-dire qu’elle est lancée en un lieu infiniment éloigné de la lumière de la Face de D.ieu ; à tel point que le jugement et la sentence qui s’abattent sur le pécheur depuis le Trône du Jugement sont
La faute éloigne l’âme très loin de la lumière de la Face de D.ieu. Comparé à cet éloignement, même le jugement qui provient du Trône du Jugement est bénéfique pour le pécheur.
כמו רפואה לו15 כמאמר מוטב דלידייני׳ וליתי לעלמא דאתי שכדאי כל יסורי גיהנם כ ו׳ ולכן הדין הנ״ל תכליתו חסד
comme un remède pour lui, selon la parole : « Mieux vaut qu’il soit jugé et qu’il accède au Monde futur », car toutes les souffrances du Guéhinom en valent la peine, etc. C’est pourquoi la finalité du jugement mentionné plus haut est la bonté,
Ce jugement agit comme un remède, selon la parole de Rabbi Meïr : « Mieux vaut qu’il soit jugé et qu’il accède au Monde futur. » Les souffrances du Guéhinom en valent même la peine ; le jugement a donc pour finalité la bonté.
ולא נקמה ח״ו [חס ושלום] וכמ״ש מזה בד״ה החלצו מאתכם16 ומזה ימשיך האדם יראה גדולה בנפשו להתיירא מאד מן החטא.
et non une vengeance, à D.ieu ne plaise, comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Armez des hommes parmi vous ». De là, une personne fera pénétrer une grande crainte dans son âme, afin de redouter fortement la faute,
Le jugement n’est pas une vengeance, à D.ieu ne plaise, comme l’explique le discours « Armez des hommes parmi vous ». Cette prise de conscience inspire à une personne une crainte profonde et une vive appréhension de la faute.
כיון שאפילו כורסייא דדינא שלמעלה דדיינין בה דיני נפשות זהו טובה עצומה ומוטב דלידייניה17 והחטא גרוע יותר. לכך מבחי׳ תכלת יומשך להיות ולא תתורו כו׳.
puisque même le Trône du Jugement d’en haut, sur lequel sont jugées les affaires passibles de la peine capitale, est un immense bien, et qu’il vaut mieux « qu’il soit jugé », tandis que la faute est pire. C’est pourquoi, du niveau du tekhelet, sera attirée [la force] pour « et vous ne vous égarerez pas », etc.
Si même le jugement du tribunal céleste est un grand bien, la faute elle-même doit être bien pire. Ainsi, le tekhelet donne la force de « ne pas vous égarer ».
Ce paragraphe explique « vous ne vous égarerez pas… après quoi vous vous prostituez » : celui qui a connu D.ieu ne doit pas recevoir d’un autre dispensateur, même à travers des plaisirs permis. Le tekhelet, associé au Trône du Jugement, inspire la crainte de la faute en montrant que le jugement est une bonté et que la faute elle-même est pire.
La kelipat nogah est l’« écorce translucide », un mélange de bien et de mal dont les choses permises tirent leur vitalité, et dont provient l’âme animale. L’exigence que celui qui est intérieurement proche de D.ieu évite la « prostitution », même dans ses désirs permis, découle de cela : se complaire dans ce qui est permis, c’est encore recevoir d’un autre dispensateur.
Maré mekomot
- 1ולא תתורו כו׳ אשר אתם זונים · Numbers 15:39
- 2
- 3אין זה זונה האמורה בתורה לענין איסור לכהונה · Yevamot 59b:4
- 4בגמרא פ״ו דיבמות · נט, ב.
- 5וידעת היום והשבות · Deuteronomy 4:39
- 6
- 7ואת זנית כו׳ ושוב אלי · Jeremiah 3:1
- 8ועמך ישראל כולם צדיקים · Isaiah 60:21
- 9כורסייא דדינא דדיינין בה · Zohar, Terumah 24:230–242
- 10כורסייא דדינא דדיינין בה · Zohar, Sh'lach 46:326–335
- 11אלמלא דינא לא אשתכח בעלמא · Zohar, Korach 8:37–41
- 12וכמש״ש בפ׳ קרח . . ונתבאר במ״א · בביאה״ז לאדה״א צה, ג.
- 13את המות ואת הרע · Deuteronomy 30:15
- 14ואת נפש אויביך יקלענה · I Samuel 25:29
- 15זהו כמו רפואה לו · ראה לקמן פ׳ מטות פו, ב. ובלקו״ש חכ״ב ע׳ 71 הערה 28 מציין ”ראה כוזרי מאמר שני פמ״ד. וראה גם עיקרים מאמר רביעי פל״ח. נתבאר בשיחת ש״פ ויחי תנש״א.
- 16בד״ה החלצו מאתכם · לקמן פ׳ מטות פו, ב.
- 17ומוטב דלדייני׳ · Chagigah 15b:3
30והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] תכלת דומה לים1 הוא בחי׳ מל׳ [מלכות] דאצילות שנק׳ ים. וים דומה לרקיע2 שהוא בחי׳ מקיף וכמ״ש בזהר ר״פ חיי שרה, כי גבי ים כתיב ג״כ והים עומד עליהם מלמעלה34 וכמ״ש במ״א בד״ה מי מנה.56789
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le tehelet ressemble à la mer » : c’est le niveau de Mal’hout d’Atsilout, appelée « mer ». « Et la mer ressemble au firmament (rakia) » : c’est le niveau d’une [lumière] enveloppante, comme il est écrit dans le Zohar, au début de la paracha ‘Hayé Sarah. Car, au sujet de la mer, il est également écrit : « et la mer se tenait au-dessus d’eux, en haut », comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Qui a compté ».
Les Sages disent que le tehelet ressemble à la mer, et que la mer ressemble au firmament. La mer représente Mal’hout d’Atsilout, et sa ressemblance avec le firmament montre qu’elle est également une lumière enveloppante, comme le suggère le verset sur la mer du Temple de Chlomo, qui se tenait au-dessus des bœufs.
Le tehelet ressemble à la mer, qui représente Mal’hout d’Atsilout, et la mer ressemble au firmament, une lumière enveloppante ; le tehelet est donc la lumière enveloppante de Mal’hout.
Dans le Talmud, la chaîne se poursuit : le firmament ressemble à la pierre de saphir, et le saphir au Trône de Gloire. Kehot renvoie également à un lexique kabbalistique pour Mal’hout d’Atsilout comme « mer ».
Maré mekomot
- 1ארז״ל תכלת דומה לים · Chullin 89a:3–4
- 2וים דומה לרקיע · Zohar, Chayei Sara 1:1–4
- 3והים עומד עליהם מלמעלה · ראה מ״א ז, כה.
- 4והים עומד עליהם מלמעלה · I Kings 7:25
- 5בד״ה מי מנה · לקמן פ׳ בלק סח, א.
- 6מי מנה · Numbers 23:10
- 7מל׳ דאצי׳ שנק׳ ים · ראה מא״א אות יו״ד, סט״ז.
- 8בזהר פ׳ חיי שרה · קכא, א.
- 9
31והנה כתיב בנסוע המחנה כו׳ ופרשו בגד1 כליל תכלת מלמעלה2 דהיינו בנסוע המשכן במדבר ששם מדור החיצונים היו מכסים כלי המשכן בבגדי תכלת שהוא בחינת מקיף דמלכות והוא מקיף הקשה ומסמא עיני החיצונים.
Or, il est écrit : « Lorsque le camp se met en marche », etc., « on étendra sur lui une étoffe entièrement de te’hélet, par-dessus » : c’est-à-dire que, lorsque le Michkan se mettait en marche dans le désert, qui est le lieu de résidence des forces extérieures (’hitsonim), on couvrait les réceptacles du Michkan d’étoffes de te’hélet. Celle-ci correspond au niveau de la lumière enveloppante de Mal’hout ; c’est la lumière enveloppante rigoureuse, qui aveugle les yeux des forces extérieures.
Lorsque les enfants d’Israël traversaient le désert, domaine des forces du mal, les réceptacles sacrés étaient couverts d’étoffes de te’hélet. La te’hélet est la lumière enveloppante de Mal’hout, la lumière enveloppante « rigoureuse » qui aveugle les forces extérieures, afin qu’elles ne puissent pas puiser dans la sainteté.
Le fait que les réceptacles du Michkan aient été couverts de te’hélet dans le désert montre que la te’hélet est la lumière enveloppante rigoureuse de Mal’hout, qui tient les forces du mal à distance.
Maré mekomot
- 1בנסוע המחנה . . ופרשו בגד · Numbers 4:5
- 2ופרשו בגד כליל תכלת מלמעלה · Numbers 4:6
32והענין כמבואר למעלה ענין המקיף שהוא מה שאינו נמשך ומתלבש בהכלי מפני שאורו גדול עד שאין הכלי יכולה להכילו כלל
L’explication est la suivante, comme cela a été expliqué plus haut au sujet de la lumière enveloppante : elle n’est pas attirée vers le bas et ne se revêt pas dans le réceptacle, car sa lumière est si intense que le réceptacle ne peut absolument pas la contenir ;
L’Admour Hazakène rappelle ce qu’est une lumière enveloppante : une lumière si intense qu’aucun réceptacle ne peut la contenir.
ולכן הוא מקיף ראש ורגל כאחד. וגם נת׳ [נתבאר] לעיל דשרש כל המקיפים הוא מהמקיף הגדול שמקיף כל העולמות בשוה כו׳,
elle enveloppe donc pareillement la tête et le pied. Il a également été expliqué plus haut que la racine de toutes les lumières enveloppantes se trouve dans la grande lumière enveloppante qui entoure tous les mondes de façon égale, etc. ;
C’est pourquoi elle concerne pareillement la « tête » et le « pied ». Toutes les lumières enveloppantes prennent leur racine dans la grande lumière enveloppante qui entoure tous les mondes de façon égale.
ולכן המקיף דוחה ומסמא עיני החיצונים שיניקת החיצונים הוא דוקא מחמת ההשתלשלות בכלים מכלים שונים שעי״ז גם היש יכול לקבל יניקה משא״כ ע״י אור המקיף הם נדחים מפניו,
la lumière enveloppante repousse donc les forces extérieures et leur aveugle les yeux. Car les forces extérieures ne tirent leur nourriture que par l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), à travers des réceptacles de diverses sortes, grâce auquel même ce qui est yesh — une existence séparée — peut recevoir une nourriture ; en revanche, par la lumière enveloppante, elles sont repoussées devant elle.
C’est pourquoi une lumière enveloppante repousse les « forces extérieures », les puissances de la kelipa. Elles ne tirent leur nourriture qu’à travers l’enchaînement gradué des réceptacles, dans lequel même ce qui se ressent comme une « chose » séparée (yesh) peut recevoir ; une lumière enveloppante, qui ne passe pas par les réceptacles, ne leur offre aucune prise.
אך המקיף האחרון דמל׳ [דמלכות] הוא בחי׳ תכלת שהוא קשה מכולן שמפני שהמל׳ [שהמלכות] היא יורדת בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] ששם יניקת החיצונים היו יכולים לשלוט בהשפע ע״כ [על כן] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] במל׳ [במלכות] דוקא מקיף דתכלת שהוא קשה ומסמא עיני החיצונים ביותר.
Cependant, la dernière lumière enveloppante, celle de Mal'hout (souveraineté), est le niveau de la techelet, qui est la plus rigoureuse de toutes. En effet, puisque Mal'hout descend dans Béria, Yetsira et Assiya, où les forces extérieures tirent leur nourriture, celles-ci auraient pu prendre le contrôle du flux. Il faut donc précisément dans Mal'hout la lumière enveloppante de techelet, qui est rigoureuse et aveugle les yeux des forces extérieures plus que toute autre.
La lumière enveloppante la plus basse, celle de Mal'hout, est la techelet, la plus rigoureuse de toutes. Mal'hout descend dans les mondes inférieurs, Béria, Yetsira et Assiya, où se nourrissent les forces extérieures ; elle a donc besoin de la plus forte protection : une lumière enveloppante qui les aveugle complètement.
וזהו תכלת דאכיל ושצי מלך במשפט יעמיד ארץ,1 וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר פ׳ קרח (דקע״ז ב׳) ורוב כסויא דמאני מקדשא תכלת איהו בגין דתכלת הא אוקמוה כו׳ וע״ש [ועיין שם] בפרשה שלח (דקס״ג ב׳).
C’est là la techelet qui « consume et détruit » : « Un roi établit le pays par la justice. » C’est ce qui est dit dans le Zohar, Parshas Korach (page 177b) : « La majeure partie du revêtement des réceptacles du Sanctuaire était en techelet, car la techelet, comme cela a été établi », etc. ; voyez également à ce sujet la Parshas Sh'lach (page 163b).
La techelet est la couleur qui « consume et détruit », et le verset « Un roi établit le pays par la justice » relie Mal'hout au jugement. Le Zohar, dans Korach, indique que la majeure partie des revêtements des réceptacles du Sanctuaire était en techelet pour cette raison.
אמנם ענין חוטי הציצית דתכלת הם המשכות בבחי׳ פנימיות מבחי׳ תכלת הנ״ל והוא המשכת בחי׳ יראה.
Cependant, les fils de techelet des tsitsit sont des prolongements intérieurs du niveau de techelet mentionné plus haut ; ils constituent la transmission du niveau de crainte.
Les fils de techelet des tsitsit, toutefois, font pénétrer cette lumière à l’intérieur. Ce qu’ils introduisent dans la personne, c’est la crainte (yira).
כי הטלית הוא פרישו דמלכא קבלת עול מלכות שמים שום תשים עליך מלך,2 וחוטי התכלת דציצית הם המשכת בחי׳ יראה הנמשך בנפש שזהו על ידי בחי׳ שערות
Car le talit est « le déploiement du Roi » (perisu demalka), l’acceptation du joug (kabbalat ol) du Royaume des Cieux : « Tu établiras assurément un roi sur toi. » Les fils de techelet des tsitsit transmettent le niveau de crainte qui pénètre dans l’âme, ce qui se fait par le niveau des cheveux.
Le talit lui-même est « le déploiement du Roi », l’acceptation de la souveraineté de D.ieu, comme le dit le verset : « Tu établiras assurément un roi sur toi. » Les fils de techelet font pénétrer cette souveraineté dans l’âme sous forme de crainte, par l’intermédiaire des « cheveux ».
(ובמ״א נת׳ [נתבאר] דתכלת הוא מגבורות דאבא ולבן הוא מבחינת אימא3 גם נת׳ [נתבאר] דתכלת ולבן הם גילוי ממקיפים דאו״א [דאבא ואימא].28
(Il est expliqué ailleurs que la techelet provient des Guevourot d’Abba, et que le blanc relève du niveau d’Imma. Il est également expliqué que la techelet et le blanc sont une révélation des lumières enveloppantes d’Abba et d’Imma.)
Dans une parenthèse, l’Admour Hazakène mentionne une autre explication, pour laquelle Kehot renvoie à Pri Etz Chaim : la techelet provient des Guevourot (puissances de retenue) d’Abba, et le blanc d’Imma ; tous deux révèlent les lumières enveloppantes d’Abba et d’Imma.
והענין כנודע שיש ד׳ בחי׳ דחילו ורחימו ואחר כך רחימו ודחילו נמצא בחי׳ אה״ר [אהבה רבה] זהו בבחי׳ בינה וזהו ענין חוטי הלבן.
L’explication est la suivante, comme on le sait : il existe quatre niveaux, dechilou oure’himou (crainte et amour), puis re’himou oudechilou (amour et crainte). Ainsi, le niveau du grand amour (ahava rabba) relève de Bina, et c’est là le sens des fils blancs.
Il y a quatre étapes du sentiment : une crainte et un amour de niveau inférieur, puis un amour et une crainte de niveau supérieur. Le « grand amour » (ahava rabba) appartient à Bina, et il correspond au blanc des tsitsit.
אמנם יראה עילאה זהו תכלת בחי׳ גבורה דאבא שלמעלה גם מאה״ר [מאהבה רבה] ונק׳ גם כן גילוי מקיפים דאבא כי יראה עילאה זו הוא כענין אבל חרדה גדולה נפלה עליהם4 משום דמזלייהו חזי5 כו׳.
Mais la crainte supérieure est le tekhelet, le niveau de la Guevoura d’Abba, qui est même au-dessus du grand amour ; elle est également appelée révélation des lumières englobantes d’Abba. Car cette crainte supérieure ressemble à ce qui est dit : « Mais un grand tremblement tomba sur eux », parce que « leur mazal vit », etc.
La crainte supérieure, qui dépasse même le grand amour, est le tekhelet, issu de la Guevoura d’Abba. Elle ressemble au tremblement qui saisit les compagnons de Daniel : ils ne virent pas la vision, car « leur mazal », la racine de leur âme en haut, la vit.
ומכל מקום התכלת הוא במל׳ [במלכות] שהוא יראה תתאה כי כן יראה תתאה שרשה מחכמה ויראה עילאה נעוץ סופן בתחלתן67 ועמ״ש בד״ה וזאת המצוה בענין ועתה ישראל מה כו׳
Néanmoins, le tekhelet se trouve en Mal’hout, qui est la crainte inférieure ; car la crainte inférieure prend ainsi sa racine dans 'Hokhma et dans la crainte supérieure : « leur fin est enchâssée dans leur commencement ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et voici le commandement », au sujet de « Et maintenant, Israël, que… », etc.,
Malgré cela, le tekhelet se trouve en Mal’hout, la crainte inférieure, car celle-ci prend sa racine dans 'Hokhma et dans la crainte supérieure ; comme le dit le Sefer Yetsira, « leur fin est enchâssée dans leur commencement ». Le discours sur « Et maintenant, Israël, que Havaya demande-t-Il de toi » développe cette idée.
כ״א [כי אם] ליראה את8 ה׳ אלקיך, ועיין עוד מענין תכלת בזהר חלק א׳ בראשית דף נ״א א׳ תרומה קל״ה א׳).
« mais de craindre Havaya, ton D.ieu ». Voyez encore, au sujet du tekhelet, le Zohar, partie I, Berechit, page 51a ; Terouma, 135a.)
Ce verset se termine par : « mais de craindre Havaya, ton D.ieu ». L’Alter Rebbe renvoie également aux développements du Zohar sur le tekhelet dans Berechit et Terouma.
וזהו ענין מצות ארבע ציצית להיות מסובב במצות שני ציצית לפניו ושני ציצית לאחוריו. השנים שלאחריו א׳ כנגד בחי׳ שמאלו תחת לראשי9 והב׳ וימינו תחבקני
C’est là le sens de la mitsva des quatre tsitsit : être entouré de mitsvot, avec deux tsitsit devant soi et deux derrière soi. Parmi les deux qui sont derrière soi, l’un correspond au niveau de « Sa main gauche est sous ma tête », et le second à « et Sa main droite m’étreint »,
Les quatre tsitsit entourent la personne de mitsvot : deux devant et deux derrière. Les deux qui sont derrière correspondent à « Sa main gauche est sous ma tête » et à « Sa main droite m’étreint », dans le Cantique des Cantiques.
והיינו כנגד בחי׳ ב׳ מדרגות דתכלת ולבן שהתכלת הוא מבחי׳ גבורה ונק׳ שמאלו ונק׳ שמאל דוחה10 ע״ד [על דרך] ותתצב אחותו מרחוק11 ואינה דחייה אמיתית וכמו שכתוב ע״פ ואימתך לא תבעתני12 כו׳
c’est-à-dire qu’ils correspondent aux deux niveaux du tekhelet et du blanc. Le tekhelet relève de la Guevoura et est appelé « Sa main gauche » ; il est aussi appelé « la main gauche qui repousse », à la manière de « Sa sœur se tint à distance ». Il ne s’agit toutefois pas d’un véritable rejet, comme l’explique le commentaire sur le verset « Que Ton effroi ne me terrifie pas », etc.,
Ils correspondent au tekhelet et au blanc. Le tekhelet relève de la Guevoura : c’est « Sa main gauche », « la main gauche qui repousse », comme Myriam qui se tenait à distance de Moché. Cette distance n’est pourtant pas un véritable rejet, ainsi que l’explique le discours sur « Que Ton effroi ne me terrifie pas ».
וכדכתיב מרחוק ה׳ נראה לי13 שבחי׳ חכמה הוא בחי׳ רחוק אך נמשך ממנו גם כן דחייה ממש לסט״א [לסטרא אחרא] שהמקיף דתכלת דוחה ומסמא עיני החיצונים
comme il est écrit : « De loin, Havaya m’est apparu », car le niveau de 'Hokhma est celui de « loin ». Mais c’est aussi de lui que découle un véritable rejet de la sitra a’hra (l’autre côté), car la lumière englobante du tekhelet repousse et aveugle les yeux des forces extérieures ;
« De loin, Havaya m’est apparu » : 'Hokhma est qualifiée de « loin », une proximité ressentie comme une distance. Pourtant, cette même lumière englobante du tekhelet chasse véritablement la sitra a’hra et aveugle les forces extérieures.
וזהו מה שכתוב ולא תתורו כו׳ אשר אתם זונים14 שלא להיות בבחי׳ זונה ח״ו [חס ושלום] והיינו ע״י המשכת היראה ופחד ה׳.
et c’est là le sens de ce qui est écrit : « Et vous ne vous égarerez pas », etc., « après lesquelles vous vous prostituez » : afin de ne pas être, à D.ieu ne plaise, dans l’état d’une prostituée. Cela s’accomplit par l’attraction de la crainte et de l’effroi de D.ieu.
Voilà le sens de « vous ne vous égarerez pas […] après lesquelles vous vous prostituez » : la crainte et l’effroi de D.ieu préservent la personne de la « prostitution », c’est-à-dire du fait de recevoir d’une autre source.
ובחי׳ ימינו תחבקני הוא בחי׳ אהבה. והשני ציצית שלפניו הוא נגד הלב להמשיך אורות עליונים אל הלב כו׳
Et le niveau de « sa droite m’embrasse » est celui de l’amour. Les deux tsitsit de devant lui se trouvent en regard du cœur, pour attirer des lumières supérieures dans le cœur, etc.
« Sa droite m’embrasse » désigne l’amour. Les deux tsitsit de devant se trouvent en regard du cœur, pour y attirer des lumières supérieures.
(פי׳ כמ״ש במ״א שיש ב׳ מיני אהבה15 האהבה הבאה מהשגה מהתבוננות בגדולת ה׳ ויש אהבה התלהבות למעלה מהשגתו והנה האהבה על פי השגה נקרא פב״פ [פנים בפנים]
(C’est-à-dire, comme il est expliqué ailleurs : il existe deux sortes d’amour. Il y a l’amour qui naît de la compréhension, de la méditation sur la grandeur de D.ieu, et il y a l’amour qui est un embrasement, au-delà de la compréhension. Or, l’amour qui découle de la compréhension est appelé « face à face »,
La parenthèse distingue deux sortes d’amour : l’un naît de la compréhension, de la méditation sur la grandeur de D.ieu ; l’autre est un amour brûlant qui dépasse la compréhension. Le premier est appelé « face à face ».
כי בפנים יש הכל שכל ראיה ושמיעה מה שאין כן אהבה שלא על פי השגה נקרא אחור כו׳ כמו באחור רק עצמות לבד ועורף וכמו שאחד דוחפו בעורף ואינו יודע מאין היתה לו זאת כו׳
car le visage renferme tout : l’intellect, la vue et l’ouïe. En revanche, l’amour qui ne découle pas de la compréhension est appelé « dos », etc. ; car dans le dos, il n’y a que les os et la nuque. C’est comme lorsqu’on pousse quelqu’un à la nuque : il ignore d’où lui est venue cette poussée, etc.
Le visage abrite les sens et l’intellect ; l’amour fondé sur la compréhension est donc « face ». L’amour qui dépasse la compréhension est « dos », comme lorsqu’on est poussé par-derrière sans savoir par qui.
והנה לבוא להשגה יותר גדולה שהיא פב״פ [פנים בפנים] צריך מקודם להיות אב״א [אחור באחור] היינו להתלהב לבו למעלה מכפי ערך השגתו כו׳, ועל דרך זה יש לומר ענין הב׳ ציצית שלאחוריו וזהו בחי׳ קוצי דשערי שמכה מאחוריו כו׳
Or, pour parvenir à une compréhension plus grande, qui est « face à face », il faut d’abord passer par « dos à dos » : c’est-à-dire que son cœur doit s’embraser au-delà de la mesure de sa compréhension, etc. Dans cette perspective, on peut expliquer la notion des deux tsitsit derrière lui ; c’est là le niveau des « pointes des cheveux », qui frappent par-derrière, etc. :
Pour atteindre une compréhension plus grande, « face à face », il faut d’abord passer par « dos à dos », c’est-à-dire par un amour qui brûle au-delà de sa compréhension. Les deux tsitsit derrière lui correspondent à cela : ce sont les « pointes des cheveux » qui frappent par-derrière.
שהאוי״ר [שהאהבה ויראה] למעלה מהשגתו ומזה יבא להשגה יותר גדולה ואהוי״ר [ואהבה ויראה] הן הב׳ ציצית שלפניו כו׳, ועוד יש לומר בחי׳ אחור ופנים נקרא אתכפיא ואתהפכא כמו שכתוב בד״ה זכור דעמלק16 וכך מבחי׳ ב׳ ציצית שלאחריו יומשך הכח
l’amour et la crainte qui dépassent sa compréhension ; et de là, il parviendra à une compréhension plus grande, et cet amour et cette crainte sont les deux tsitsit de devant lui, etc. On peut encore dire que les niveaux de « dos » et de « face » sont appelés itkafia (soumission) et it’hap’ha (transformation), comme il est expliqué dans le discours qui commence par « Souviens-toi de ce qu’Amalek a fait » ; ainsi, du niveau des deux tsitsit derrière lui sera attirée la force
Cet amour et cette crainte qui dépassent la compréhension conduisent à une compréhension plus grande : l’amour et la crainte des deux tsitsit de devant. Autre explication : « dos » et « face » désignent l’itkafia, la soumission de l’âme animale, et l’it’hap’ha, sa transformation, comme il est expliqué dans le discours « Souviens-toi de ce qu’Amalek a fait ».
לבוא לבחי׳ אתכפיא בחי׳ לעשותה לאהבה ועל ידי זה אחר כך יבא לבחי׳ אהבה בתענוגים וזהו ענין השני ציצית שלפניו ועמ״ש בד״ה ואהיה אצלו אמון1718 בענין אחור וקדם צרתני19 ובד״ה ביום השמיני שלח).2021
de parvenir au niveau de l’itkafia, celui de « la transformer en amour » ; grâce à cela, il parviendra ensuite au niveau de « l’amour dans les délices ». Telle est la notion des deux tsitsit de devant lui. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson », au sujet de « Tu m’as formé par l’arrière et par l’avant », ainsi que dans le discours qui commence par « Le huitième jour, il envoya ».)
Les tsitsit de derrière donnent la force nécessaire à l’itkafia, qui conduit ensuite à « l’amour dans les délices », les tsitsit de devant. L’Admour Hazaken ajoute des références à « Tu m’as formé par l’arrière et par l’avant » et au discours « Le huitième jour, il envoya ».
והנה מעלת אהוי״ר [אהבה ויראה] הנמשך על ידי הציצית הוא שיש אהוי״ר [אהבה ויראה] ע״פ השתלשלות שהמדות נמשכים מהשכל,
Or, la supériorité de l’amour et de la crainte suscités par les tsitsit est la suivante : il existe un amour et une crainte qui suivent l’enchaînement descendant, où les attributs émotionnels (midot) découlent de l’intellect ;
L’amour et la crainte suscités par les tsitsit possèdent une qualité particulière. L’amour et la crainte ordinaires suivent l’enchaînement descendant : les émotions naissent de l’intellect.
אמנם יש אהוי״ר [אהבה ויראה] שלמעלה מסדר ההשתלשלות מבחי׳ ורב חסד כו׳ ויראה עילאה וזה נמשך ע״י הציצית
mais il existe un amour et une crainte qui dépassent l’ordre de l’enchaînement descendant, issus du niveau de « abondant en bonté », etc., ainsi que de la crainte supérieure ; et c’est ce qui est attiré par les tsitsit.
Les tsitsit attirent un amour et une crainte qui dépassent cet enchaînement, issus de « abondant en bonté » et de la crainte supérieure.
ולכן הם בחי׳ חוטין שנק׳ שערות וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] שלהיות גילוי בפנימית מלמעלה מסדר ההשתלשלות הוא על ידי בחי׳ שערות דוקא
C’est pourquoi ils sont du niveau des fils, appelés « cheveux » ; comme cela a été expliqué plus haut, pour qu’une révélation intérieure venant d’au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes puisse se produire, elle passe précisément par le niveau des cheveux.
C’est pourquoi les tsitsit sont des fils, qui sont des « cheveux » : comme cela a été expliqué, une révélation intérieure venant d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes ne peut se produire que par les cheveux.
וזהו ענין חוטי הציצית כנ״ל ועיין מה שכתוב על פ׳ ועשית ציץ2223 כו׳:(קיצור. ענין תכלת לשון תכלה שמכלה ומבער הרע דהנה״ב [דהנפש הבהמית] לקיים מה שכתוב ולא תתורו.
Tel est le sens des fils des tsitsit, comme indiqué plus haut. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du verset « Tu feras un tsits », etc. (Résumé. Le sens de la te’helèt : le terme évoque kalah, car elle détruit et élimine le mal de l’âme animale, afin d’accomplir ce qui est écrit : « Vous ne vous égarerez pas. »
L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur le tsits du Cohen Gadol, puis résume ce chapitre : la te’helèt, de kalah, détruit le mal de l’âme animale afin que l’on « ne s’égare pas ».
ושלא להיות בחי׳ אתם זונים אפילו בדקות ותאוות היתר כי מההתבוננות בענין כורסייא דדינא יומשך יראת חטא, ותכלת דומה לים מל׳ [מלכות] דאצילות וים דומה לרקיע מקיף ותכלת מקיף דמל׳ [דמלכות] דוחה ומסמא עיני החיצונים
Et afin de ne pas être dans l’état de « vous vous égarez », même dans des domaines subtils et des désirs permis ; car la méditation sur le Trône du Jugement fait naître la crainte de la faute. La te’helèt ressemble à la mer, Mal’hout d’Atsilout, et la mer ressemble au firmament, qui est englobant ; la te’helèt est l’englobant de Mal’hout, qui repousse et aveugle les yeux des forces extérieures.
Il faut éviter de « s’égarer » même dans les désirs permis, et la méditation sur le Trône du Jugement fait naître la crainte de la faute. La te’helèt ressemble à la mer, qui est Mal’hout, et la mer au firmament, lumière englobante ; elle repousse les forces extérieures.
ולכן במסע כלי המשכן כתיב ופרשו בגד כו׳ תכלת כו׳ וחוטי תכלת דציצית המשכת יראה וענין ב׳ ציצית לאחוריו שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני וב׳ ציצית לפניו כו׳
C’est pourquoi, au sujet des déplacements des ustensiles du Michkan, il est écrit : « Ils étendront une étoffe », etc., « de te’helèt », etc. Les fils de te’helèt des tsitsit font descendre la crainte. Quant aux deux tsitsit derrière lui, ils correspondent à « Sa main gauche est sous ma tête, et Sa main droite m’étreint » ; et aux deux tsitsit devant lui, etc.
C’est pourquoi les ustensiles du Michkan étaient recouverts de te’helèt lors des déplacements. Les fils de te’helèt font descendre la crainte ; les deux tsitsit derrière lui correspondent à « Sa main gauche » et à « Sa main droite », et il y en a deux devant lui.
ודרך כלל אהוי״ר [אהבה ויראה] הנמשך ע״י הציצית מבחי׳ אהוי״ר [אהבה ויראה] עילאין שלמעלה מסדר ההשתלשלות ולכן נמשך על ידי חוטי הציצית דוקא ושער רישיה כעמר נקא.
De façon générale, l’amour et la crainte suscités par les tsitsit proviennent du niveau de l’amour et de la crainte supérieurs, au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes ; c’est pourquoi ils sont suscités précisément par les fils des tsitsit, et « les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ».
De façon générale, l’amour et la crainte suscités par les tsitsit sont l’amour et la crainte supérieurs, au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, qui ne viennent que par les fils : « les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ».
וברבות נשא פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד] איתא מפני שתכלת דומה לעשבים והעשבים דומים לים24 כו׳ וע״ש [ועיין שם] עוד הרבה בחינות עד כבוד. ויש לומר פי׳ דומה לעשבים ע״ד [על דרך] מה שכתוב בד״ה ואלה המשפטים2526 בפי׳ וענין ונתתי עשב27 כו׳ ע״ש [עיין שם]):2930
Et dans le Midrach Rabba, Nasso, section 14, il est dit : « Parce que la te’helèt ressemble aux herbes, et les herbes ressemblent à la mer », etc. Voyez là-bas les nombreux autres niveaux, jusqu’à « la gloire ». On peut expliquer que « ressemble aux herbes » renvoie à ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et voici les lois », au sujet du sens de « Je donnerai de l’herbe », etc. Voyez là-bas.)
Le Midrach décrit une chaîne plus longue de ressemblances : la te’helèt ressemble à l’herbe, l’herbe à la mer, et ainsi de suite jusqu’à « la gloire ». L’Admour Hazaken propose de comprendre « ressemble à l’herbe » à la lumière de son explication de « Je donnerai de l’herbe dans ton champ ».
La techelet est la lumière enveloppante rigoureuse de Mal'hout, qui repousse les forces du mal, tandis que ses fils font pénétrer la crainte dans l’âme. Les quatre tsitsit, deux à l’arrière et deux à l’avant, représentent la crainte et l’amour, l’amour qui dépasse l’entendement et celui qui procède de l’entendement, ainsi que l’itkafia et l’ithap’ha ; l’amour et la crainte qu’ils transmettent sont au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, ce qui explique qu’ils passent par les « cheveux ».
« Dos à dos » et « face à face » désignent, dans la Kabbale, des étapes dans la relation entre Zeir Anpin et Noukva. L’Admour Hazakène les applique au service de D.ieu de la personne : un éveil qui vient « de derrière », au-delà de l’entendement, prépare la voie à un amour qui est compris et ressenti.
Maré mekomot
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- 29בזח״א . . נ״א א׳ · נעתק לעיל מה, ג. וראה גם פ׳ ויקרא ו, ב.
- 30
La querelle de Korach et son erreur ¶33–39
33ד ועתה יובן ענין מחלוקת קרח וטעותו. אמר קרח טלית שכולה תכלת כו׳, ובכהאריז״ל [ובכתבי האריז״ל] מבואר דנתקנא קרח על זקן אהרן כו׳, והכל ענין אחד כי
4. On comprend maintenant la querelle de Korah et son erreur. Korah dit : « Un talit entièrement bleu azur… », etc. ; et les écrits de l’Ari Zal expliquent que Korah était jaloux de la barbe d’Aharon, etc. Tout cela relève d’un seul et même sujet, car
Le quatrième chapitre revient à Korah. Sa question moqueuse au sujet du talit entièrement bleu azur et sa jalousie à l’égard de la barbe d’Aharon, rapportées dans les écrits de l’Ari Zal, relèvent d’une seule et même question.
הנה ענין כה״ג [כהן גדול] נקרא שושבינא דמטרוניתא1 שהוא המעלה נש״י [נשמות ישראל] במקורם באור א״ס [אין סוף] ב״ה והיינו על ידי שממשיך להם אהבה רבה10
le grand prêtre est appelé « le compagnon de la Matronita (la Reine) », car il élève les âmes d’Israël jusqu’à leur source dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; il le fait en leur attirant un grand amour (ahava rabba).
Le Zohar appelle Aharon, le grand prêtre, « le compagnon de la Matronita », la Reine, tout comme Moché est le compagnon du Roi. L’Alter Rebbe explique qu’il élève les âmes d’Israël jusqu’à leur source dans la Lumière infinie en leur attirant un grand amour (ahava rabba).
וזהו ענין דיקנא דכהנא רבא וכמ״ש כשמן הטוב כו׳ זקן אהרן שיורד על פי מדותיו2
C’est là le sens de « la barbe du grand prêtre », comme il est écrit : « Comme la bonne huile… », etc., « la barbe d’Aharon, qui descend sur le col de ses vêtements (middotav) » :
C’est là le sens de la barbe du grand prêtre et de la bonne huile qui descend sur la barbe d’Aharon, « sur ses middotav », un terme qui peut désigner à la fois « ses vêtements » et « ses attributs ».
דהיינו שנמשך ויורד על ידו מבחי׳ מדותיו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שהוא אהבה רבה מבחי׳ ורב חסד3 ולפיכך נמשך דוקא על ידי זקן אהרן בחי׳ שערות שלהיותו
c’est-à-dire que, par son intermédiaire, est attiré et descend le grand amour provenant du niveau des attributs du Saint béni soit-Il, du niveau de « riche en bonté ». C’est pourquoi il est attiré précisément par la barbe d’Aharon, qui relève du niveau des cheveux ; car, puisqu’il est
Par l’intermédiaire d’Aharon s’écoule un grand amour provenant des attributs mêmes de D.ieu, de « riche en bonté ». Cet amour doit s’écouler par la barbe d’Aharon, qui relève du niveau des « cheveux ».
מלמעלה מסדר ההשתלשלות על כן אי אפשר להיות נמשך כ״א [כי אם] על ידי בחי׳ שערות דוקא על דרך משל מה שאין כן האהבה הנולדת ונמשכת רק מהשכל שהוא בבחי׳ השתלשלות והוא ע״ד [על דרך] שנתבאר למעלה
au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), il ne peut donc être attiré que par le niveau des cheveux, précisément, à titre d’image ; contrairement à l’amour qui naît et est attiré uniquement de l’intellect, lequel relève de l’enchaînement descendant. Cela correspond à ce qui a été expliqué plus haut.
Cet amour vient d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes ; il ne peut donc être attiré que par l’intermédiaire des cheveux. En revanche, l’amour qui naît de l’intellect suit l’enchaînement ordinaire.
וזהו ענין זקן אהרן שיורד ע״פ מדותיו כו׳ ר״ל [רוצה לומר] המדות שלמעלה מההשגה כו׳ וזהו ג״כ ענין חוטי הציצית תכלת ולבן דו״ר [דחילו ורחימו] עילאין כו׳
C’est là le sens de « la barbe d’Aharon, qui descend sur le col de ses vêtements (middotav) », etc., c’est-à-dire les attributs qui sont au-dessus de la compréhension, etc. C’est également le sens des fils du tsitsit, bleu azur et blanc : la crainte et l’amour supérieurs (de’hilou ou-re’himou ilaïn), etc.
La barbe d’Aharon transmet ainsi les attributs qui sont au-dessus de la compréhension. Il en va de même des fils du tsitsit, bleus et blancs, qui attirent la crainte et l’amour supérieurs.
(ובב׳ ציצית שלפניו שהאהוי״ר [שהאהבה ויראה] נמשך דרך בחי׳ פנים שהוא בחי׳ השגה היינו שנמשך מלמעלה מהחכמה בחו״ב [בחכמה ובינה] כו׳).
(Dans les deux tsitsit de devant, l’amour et la crainte sont attirés par la voie du niveau du « visage », qui est celui de la compréhension ; autrement dit, ils sont attirés d’au-dessus de 'Hokhma vers 'Hokhma et Bina, etc.)
La parenthèse ajoute que, dans les deux tsitsit de devant, l’amour et la crainte supérieurs passent par la voie du « visage », par la compréhension : la lumière qui vient d’au-dessus de 'Hokhma pénètre dans 'Hokhma et Bina.
אך בלוים נאמר והעבירו תער4 כי מפני שהלוים הם מסטרא דשמאלא מבחי׳ גבורות ע״כ [על כן] אדרבה צריך שלא יצא מהם ההמשכה עוד בבחי׳ שערות וצמצוצים
Mais, au sujet des Lévites, il est dit : « Ils passeront le rasoir », car les Lévites relèvent du côté gauche, du niveau des rigueurs ; il faut donc, au contraire, que l’influx qui émane d’eux ne se prolonge pas davantage sous forme de cheveux et de contractions
Les Lévites, en revanche, devaient se raser tous les cheveux. Ils relèvent du « côté gauche », de Guevoura ; un influx supplémentaire sous forme de cheveux et de contractions ne leur convenait donc pas.
(שא״כ [שאם כן] היה זה רבוי כחות הדין ולכן ע״ז [על זה] נאמר ואיש כי ימרט ראשו5 קרח הוא טהור הוא6 וכמ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] תזריע)7
(car, dans ce cas, cela aurait multiplié les forces du jugement ; c’est pourquoi il est dit à ce sujet : « Si la tête d’un homme devient chauve, il est chauve (kere’ach), il est pur », comme il est écrit dans le Zohar, partie III, Tazria)
Les cheveux issus de la Guevoura auraient multiplié les forces du jugement. C’est pourquoi la Torah dit qu’un homme qui devient chauve est pur, comme l’explique le Zohar dans Tazria.
(דמ״ח ע״ב ודמ״ט ע״א) שעל שם זה נק׳ כן קרח לפי שהלוים צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] כן, ודוקא בכהנים ששרשם מבחי׳ ורב חסד אז השערות הם המשכת עליונות.
(page 48b et page 49a) ; c’est pour cette raison qu’il fut appelé Korach, car les lévites doivent être ainsi. Seuls les cohanim, dont la racine se trouve au niveau de « abondant en bonté », ont des cheveux qui constituent un prolongement de ce qui est supérieur.
Le nom même de Korach signifie « chauve » (kere’ach), car les lévites doivent être dépourvus de cheveux. Pour les cohanim seuls, dont la racine se trouve dans « abondant en bonté », les cheveux sont un canal de lumière supérieure.
ואדרבה דוקא בבחי׳ שערות לבד יכול להיות הגילוי וההמשכה מבחי׳ זו שאל״כ [שאם לא כן] לא יוכלו להכיל.
Au contraire, c’est uniquement par le niveau des cheveux que la révélation et le prolongement de ce niveau peuvent avoir lieu, car autrement ils ne pourraient le contenir.
Pour les cohanim, les cheveux ne constituent pas une diminution : seule leur médiation permet de révéler une lumière si élevée, car autrement elle ne pourrait être contenue.
משא״כ בלוים א״צ [אין צריך / אינו צריך] להיות שערות כו׳ וכעין זה נת׳ [נתבאר] למעלה פ׳ אמור ע״פ ונקדשתי בתוך8 כו׳ בענין מ״ש בנזיר קדוש יהיה גדל פרע9 כו׳ ע״ש [עיין שם].
Tandis que les lévites n’ont pas besoin de cheveux, etc. Une idée semblable a été exposée plus haut, dans la paracha Emor, à propos de « Je serai sanctifié au milieu », etc., au sujet de ce qui est écrit concernant le nazir : « Il sera saint ; il laissera pousser sa chevelure », etc. Voir là-bas.
Les lévites n’ont pas besoin de cheveux. L’Admour Hazaken renvoie à son exposé dans la paracha Emor sur le nazir, qui doit laisser pousser ses cheveux.
Les deux griefs de Korah n’en font qu’un : le grand prêtre attire un grand amour d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes par sa barbe, qui relève du niveau des cheveux, tandis que les Lévites, enracinés dans Guevoura, étaient rasés, car des cheveux issus de Guevoura auraient multiplié le jugement ; Korah, le Lévite « chauve », ne disposait donc pas de ce canal.
Kehot renvoie à l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek sur le Zohar dans Tazria, qui explique les cheveux du jugement et la calvitie qui est « pure ».
Maré mekomot
- 1שושבינא דמטרוניתא · Zohar, Shoftim 5:21–24
- 2כשמן הטוב כו׳ זקן אהרן שיורד על פי מדותיו · Psalms 133:2
- 3ורב חסד · Exodus 34:6
- 4והעבירו תער · Numbers 8:7
- 5ואיש כי ימרט ראשו · Zohar, Tazria 23:115–24:123
- 6ואיש כי ימרט ראשו קרח הוא טהור הוא · Leviticus 13:40
- 7וכמ״ש בזח״ג תזריע · ראה אוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתנד ושם סעי׳ ו.
- 8ונקדשתי בתוך · Leviticus 22:32
- 9קדוש יהיה גדל פרע · Numbers 6:5
- 10כה״ג נק׳ שושבינא דמטרוניתא · Zohar III, 20a
34ואע״ג [ואף על גב] דתכלת הוא ג״כ גבורה ואעפ״כ [ואף על פי כן] אדרבה חוטי תכלת דציצית הוא המשכת קדושה עליונה. לא דמי.
Et bien que le tekhelet soit lui aussi de Guevoura, pourtant, au contraire, les fils de tekhelet des tsitsit sont une transmission de sainteté supérieure ; [les cas] ne sont pas comparables.
Difficulté : le tekhelet aussi relève de Guevoura, et pourtant ses fils portent une sainteté supérieure. Pourquoi, dès lors, Guevoura devrait-elle exclure les Lévites du flux transmis par les cheveux ? La réponse est que les cas ne sont pas comparables.
דהא תכלת עמרא הוא1 צמר לבן שהוא מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא2 שהוא אדרבה אמיתת החסד רק שנצבע בגוון תכלת.
Car « le tekhelet est de la laine » : une laine blanche, qui relève du niveau de « les cheveux de Sa tête sont comme de la laine pure », laquelle est, au contraire, la bonté véritable ('Hessed), et qui a seulement été teinte de la couleur du tekhelet.
Le Talmud dit : « le tekhelet est de la laine » : le fil est de laine blanche, qui provient de « les cheveux de Sa tête sont comme de la laine pure », l’essence même de la bonté, simplement teinte en bleu. Sa Guevoura est une couleur appliquée sur le 'Hessed.
Le tekhelet n’est pas de Guevoura par essence : c’est de la laine blanche, bonté, simplement teinte en bleu ; il peut donc transmettre une sainteté supérieure par les cheveux.
Maré mekomot
- 1תכלת עמרא הוא · Yevamot 4b:10–11
- 2שער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
35והיינו ג״כ גבורות דאבא שהם גבורות ממותקות. יראת ה׳ לחיים וגם אור אבא דוחה החיצונים כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] בדרוש הנגעים.
Et cela correspond également aux forces de Guevoura d’Abba, qui sont des forces de Guevoura adoucies : « La crainte de Havaya [conduit] à la vie. » De plus, la lumière d’Abba repousse les forces extérieures, comme il est écrit dans Etz Chaim, dans le maamar sur les plaies (negaïm).
C’est pourquoi la tekhelet provient des forces de Guevoura d’Abba ('Hokhma), des forces de Guevoura « adoucies », dont la rigueur a été tempérée. Comme le dit le verset, une telle crainte conduit à la vie, et Etz Chaim enseigne que la lumière d’Abba repousse les forces extérieures.
משא״כ הלוים הם בעצם בחינת גבורה והיינו ג״כ גבורות דאימא, אשר מבינה דינין מתערין ואע״פ [ואף על פי] שהם ג״כ גבורות עליונות דקדושה לעורר הרנה והתשוקה כו׳
En revanche, les Lévites sont par essence du niveau de Guevoura ; cela correspond également aux forces de Guevoura d’Imma, car « de Bina s’éveillent les jugements ». Et bien qu’elles soient elles aussi des forces de Guevoura saintes et supérieures, qui éveillent le chant et le désir, etc.,
Les Lévites sont par essence liés à Guevoura, aux forces de Guevoura d’Imma (Bina), d’où s’éveillent les jugements. Ce sont également des forces saintes, à l’origine du chant et du désir des Lévites.
מ״מ [מכל מקום] כיון דמשם דינין מתערין צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] והעבירו תער כו׳, ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בד״ה בהעלותך את הנרות1 בענין קרבנות הנשיאים והעלאת הנרות דאהרן שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] שלך גדול משלהם כו׳ ע״ש [עיין שם].2
néanmoins, puisque les jugements s’éveillent de là, il fallait « qu’ils passent le rasoir », etc. Voyez aussi ce qui a été écrit plus haut, dans le maamar commençant par « Quand tu allumeras les lampes », au sujet des offrandes des princes et de l’allumage des lampes par Aharon, dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « La tienne est plus grande que la leur », etc. Voyez là-bas.
Toutefois, puisque des jugements peuvent s’éveiller de ces forces, les Lévites devaient se raser. L’Alter Rebbe renvoie à son maamar sur l’allumage de la Menora par Aharon, où les Sages disent que la part d’Aharon est plus grande que les offrandes des princes.
La tekhelet provient des forces de Guevoura adoucies d’Abba, qui conduisent à la vie et repoussent le mal, tandis que les Lévites relèvent des forces de Guevoura d’Imma, d’où peuvent s’éveiller les jugements ; c’est pourquoi ils devaient se raser.
Maré mekomot
- 1בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 2יראת ה׳ לחיים · Proverbs 19:23
36וזה היה קנאתו על אהרן שהוא בחי׳ שודמ״ט [שושבינא דמטרוניתא] שמבחינת זקן אהרן ושערות דכהנים נמשך קדושה עליונה ה משכת אהוי״ר [אהבה ויראה] לנש״י [לנשמות ישראל] ובלוים אדרבה והעבירו תער1 כו׳
Et telle était sa jalousie envers Aharon, qui est du niveau du chouchbin de la Matronita : du niveau de la barbe d’Aharon et des cheveux des prêtres se déverse une sainteté supérieure, attirant l’amour et la crainte vers les âmes d’Israël ; tandis que, pour les Lévites, c’est au contraire : « Ils passeront le rasoir », etc.
Telle était la jalousie de Korah envers Aharon : Aharon, le « chouchbin », faisait descendre vers Israël une sainteté supérieure, l’amour et la crainte, par sa barbe et les cheveux des prêtres, tandis que les Lévites étaient rasés.
שאין מהם המשכת בחי׳ זו, ומפני שלא היה אצלו בחי׳ המשכה זו ע״כ [על כן] חלק עליו ע״ז [על זה].
car, par eux, ce niveau ne se déverse pas. Et comme il ne possédait pas ce niveau de déversement, il s’opposa donc à lui à ce sujet.
Korah, qui était Lévite, ne disposait pas de ce canal. C’est pourquoi il contesta le rôle d’Aharon.
Korah enviait Aharon, car la barbe de ce dernier attirait l’amour et la crainte vers Israël, par un canal dont les Lévites rasés ne disposaient pas.
Maré mekomot
- 1והעבירו תער · Numbers 8:7
37ואמר שאין נצרך כלל לבחי׳ שערות וחוטי דציצית. שהשערות וחוטין הוא ההמשכה בבחינת צמצום, ולכן שאל טלית שכולה תכלת כו׳
Et il dit qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir le niveau des cheveux et des fils des tsitsit, car les cheveux et les fils représentent l’effusion sous forme de contraction (tsimtsoum). C’est pourquoi il demanda : « Un talit entièrement bleu ciel », etc.
Korach soutenait que les cheveux et les fils étaient superflus, puisqu’ils ne font descendre la lumière que sous une forme contractée. Sa question sur le talit entièrement bleu ciel exprimait cette idée.
פי׳ שהוא אמר שהעיקר הוא התכלת כי תכלת הוא ג״כ בחי׳ גבורות כנ״ל אכיל ושצי כו׳ ואמר שהעיקר הוא הטלית שכולה תכלת
C’est-à-dire qu’il disait que l’essentiel est le bleu ciel, car celui-ci relève lui aussi du niveau des Guevourot, comme mentionné plus haut : « consume et détruit », etc. Il disait donc que l’essentiel est le talit entièrement bleu ciel,
Korach estimait que c’est le bleu ciel qui compte, puisqu’il relève lui aussi de la Guevoura, la force qui « consume et détruit » le mal. Un vêtement entièrement bleu ciel devrait donc constituer l’essence de la mitsva.
דהיינו המקיף שהוא המסמא עיני החיצונים כנ״ל ושהוא פטור מן הציצית שהם החוטין והשערות הממשיכים האורות בבחי׳ פנימיים ואמר שא״צ [שאין צריך / שאינו צריך] כלל להמשכה זו
c’est-à-dire la lumière enveloppante, qui aveugle les yeux des forces extérieures, comme mentionné plus haut, et qui est dispensée des tsitsit — les fils et les cheveux qui font descendre les lumières de manière intérieure. Il disait qu’il n’est nullement besoin de cette effusion,
Le talit bleu ciel représente la lumière enveloppante qui aveugle les forces extérieures. Korach prétendait qu’un tel vêtement n’avait pas besoin de tsitsit, c’est-à-dire de fils faisant pénétrer la lumière à l’intérieur.
כי הרי המקיף עצמו גבוה יותר מהחוטין ואו״פ [ואור פנימי] הנמשכים ממנו (וגם כמש״ל [כמה שכתוב לעיל] דשרש כל המקיפים הוא מבחי׳ המקיף הגדול שלמעלה מהקו וחוט כו׳)
car la lumière enveloppante elle-même est plus élevée que les fils et que la lumière intérieure qui en découle (et aussi, comme expliqué plus haut, la racine de toutes les lumières enveloppantes se trouve dans le niveau de la grande lumière enveloppante, au-dessus du kav et du fil, etc.) ;
Son raisonnement était que la lumière enveloppante est supérieure aux fils et à la lumière intérieure qui en procèdent, et que toutes les lumières enveloppantes ont leur racine au-dessus du kav.
ואיך יתכן שבהטלית והמקיף עצמו לא יהיה המצוה כ״א [כי אם] רק כאשר נמשך ממנו חוטין שהם רק המשכה מצומצמת לגבי המקיף עצמו כו׳.
comment se peut-il alors que la mitsva ne réside pas dans le talit, dans la lumière enveloppante elle-même, mais seulement lorsque des fils en sont tirés, lesquels ne constituent qu’une effusion contractée par rapport à la lumière enveloppante elle-même, etc. ?
Comment, dès lors, la mitsva pourrait-elle résider uniquement dans les fils, qui ne sont qu’un flux contracté, et non dans le talit lui-même, c’est-à-dire dans la lumière enveloppante ? Tel était le fond de sa raillerie.
והיתה כוונתו שבזה יחלוק ג״כ על כהונת אהרן דכשא״צ [דכשאין צריך] לחוטי הציצית כמ״כ [כמו כן] א״צ [אין צריך / אינו צריך] לבחי׳ ההמשכה הנמשך דוקא ע״י השערות
Son intention était ainsi de contester également la prêtrise d’Aharon : s’il n’est pas nécessaire d’avoir les fils des tsitsit, il n’est pas davantage nécessaire d’avoir le niveau de l’effusion qui s’opère précisément par les cheveux ;
Le véritable objectif de Korach était la prêtrise. Si les fils étaient superflus, l’effusion par les « cheveux » l’était aussi — or c’était ce canal qui distinguait Aharon.
ולכן יוכל הוא ג״כ להיות כה״ג [כהן גדול] אע״פ [אף על פי] שבלוים א״א [אי אפשר] להיות המשכת קדושה עליונה מבחי׳ שערות מטעם הנ״ל הרי אמר טלית שכולה תכלת א״צ [אין צריך / אינו צריך] כלל לחוטין
et lui aussi pourrait donc être Kohen Gadol, bien que, parmi les Lévites, l’effusion de la sainteté supérieure depuis le niveau des cheveux soit impossible, pour la raison mentionnée plus haut. En effet, il disait qu’un talit entièrement bleu ciel n’a nullement besoin de fils.
Il pourrait donc lui aussi devenir Kohen Gadol, bien qu’il soit un Lévite privé de ce canal. Selon lui, un talit entièrement bleu ciel n’a nullement besoin de fils.
(ובמגיד מישרים פ׳ קרח איתא ג״כ ע״ז [על זה], ושרש הענין במחלוקת קרח י״ל [יש לומר] כי הנה לעתיד יהיו הלוים כהנים כמש בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] ביחזקאל1 כי אז יתעלה בחי׳ הגבורות
(Dans le Maguid Mecharim, parachat Korach, cela est également rapporté. On peut dire que la racine de la controverse de Korach est la suivante : dans les temps futurs, les Lévites seront des prêtres, comme il est écrit dans le Likkutei Torah de l’Ari zal sur Ye’hezkel, car alors le niveau des Guevourot s’élèvera.
Dans cette longue parenthèse, l’Admour Hazaken dévoile la racine de la controverse. Le Maguid Mecharim en parle également ; et, selon l’Ari zal, cité dans le Tanya, dans les temps futurs les Lévites seront des prêtres, car les Guevourot s’élèveront alors.
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ט דשבת2 שלעתיד יאמרו ליצחק כי אתה אבינו34 ופי׳ בלקוטי הש״ס [הששה סדרים] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] שם דהיינו שהגבורות יהיו עיקרים ע״י בירור עולם התהו והחסדים יהיו טפלים להם וכמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ עקב) (בדף רע״א סע״א [סוף עמוד א]).
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au chapitre 9 de Shabbos qu’au Temps futur, on dira à Yitzchak : « Car tu es notre père » ; et le Likkutei HaShas de l’Arizal explique à cet endroit que les forces de Guevoura seront prépondérantes, grâce au raffinement du Monde de Tohu, tandis que les 'Hassadim leur seront subordonnés ; comme l’écrit le Ramaz dans Parshas Eikev) (à la page 271, fin du côté a).
Le Talmud enseigne qu’à l’avenir, Israël dira à Yitzchak, qui incarne Guevoura : « Tu es notre père. » L’Arizal explique que les forces de Guevoura deviendront prépondérantes grâce au raffinement du Monde de Tohu, le domaine des lumières intenses qui se sont brisées, et que les 'Hassadim leur seront subordonnés.
ועד״ז [ועל דרך זה] פי׳ האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] המשנה פ״ה דאבות כל מחלוקת שהיא לשם שמים סופה5 להתקיים כו׳ זו מחלוקת שמאי והלל.
De même, l’Arizal a expliqué la Michna du chapitre 5 d’Avos : « Toute controverse qui est pour l’amour du Ciel finira par subsister », etc. ; « c’est la controverse de Chammaï et Hillel ».
La même idée éclaire la Michna : « Toute controverse qui est pour l’amour du Ciel finira par subsister », comme celle de Chammaï et Hillel.
והקשו ע״ז [על זה] איך ראוי לומר על מחלוקת שיתקיים והרי אי אפשר להתקיים אלא אחד מן הדעות ומלת מחלוקת כוללת השני צדדים, ותירצו משום שאלו ואלו6
On demanda à ce sujet : comment convient-il de dire d’une controverse qu’elle subsistera, alors qu’un seul des avis peut subsister et que le mot « controverse » englobe les deux parties ? Ils répondirent : parce que « ceux-ci et ceux-ci
Les commentateurs demandèrent comment une controverse pouvait « subsister », alors qu’un seul avis pouvait être retenu. Ils répondirent par les mots du Talmud : « ceux-ci et ceux-ci sont les paroles du D.ieu vivant ».
דברי אלקים חיים ויש לדברי בית שמאי ג״כ שרש למעלה באצילות רק שאין הלכה כן כמ״ש במדרש שמואל7 באבות שם ואין זה תירוץ מספיק על לשון סופה להתקיים.
sont les paroles du D.ieu vivant », et les paroles de Beit Chammaï ont elles aussi une racine en haut, dans le Monde d’Atsilout, même si la halakha n’est pas conforme à leur avis ; ainsi qu’il est écrit dans Midrash Shmuel sur Avos, à cet endroit. Mais cela ne répond pas suffisamment à l’expression « finira par subsister ».
Selon cette réponse, les avis de Beit Chammaï ont une racine en haut, dans le Monde d’Atsilout, même si la halakha ne les suit pas. L’Admour Hazaken juge que cela ne suffit pas à expliquer les mots « finira par subsister ».
אכן האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] פי׳ שלעתיד בזמן המשיח תהיה הלכה כבית שמאי כמ״ש המק״מ [המקדש מלך] (פ׳ בראשית די״ז ע״ב) וזהו סופה להתקיים ממש.
Cependant, l’Arizal a expliqué qu’au Temps futur, aux jours du Machia’h, la halakha suivra Beit Chammaï, comme l’écrit le Mikdash Melech (Parshas Bereishis, page 17b) ; c’est là le sens littéral de « finira par subsister ».
L’Arizal explique qu’aux jours du Machia’h, la halakha suivra Beit Chammaï ; leur avis subsistera donc au sens littéral.
ולכן רצה קרח לעשות גם עכשיו מהגבורות עיקר8 וזהו ענין טלית שכולה תכלת וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] לחוטין שהם המשכות שהוא מבחי׳ חסד, ואף חוטי התכלת הוא כענין אור החסד בכלי הגבורה
C’est pourquoi Korach voulut rendre les forces de Guevoura prépondérantes dès à présent. Voilà le sens d’un talit entièrement bleu ciel, qui n’a pas besoin de fils, lesquels sont des prolongements relevant du niveau de 'Hessed ; et même les fils bleu ciel sont comme la lumière de 'Hessed dans le réceptacle de Guevoura,
Korach voulait déjà rendre Guevoura prépondérante. D’où son talit entièrement bleu ciel, sans fils : les fils représentent un flux de 'Hessed, et même le fil bleu ciel est du 'Hessed contenu dans un réceptacle de Guevoura.
כי החוט זהו ההמשכה כו׳ ועמ״ש במ״א בענין פ׳ שניה דק״ש [דקריאת שמע] שהיא בחי׳ גבורה ואעפ״כ [ואף על פי כן] יש בה שם ע״ב [שם ע״ב] שהוא בחינת חסד.
car le fil représente le prolongement, etc. Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet du second paragraphe du Chema, qui relève du niveau de Guevoura et qui contient pourtant le Nom Av (72), lequel relève du niveau de 'Hessed.
Un fil représente un prolongement, qui relève de 'Hessed. De même, le second paragraphe du Chema relève de Guevoura, mais contient le Nom Av (72), qui relève de 'Hessed.
אך באמת שגה ברואה910 כ י הנהגה זו א״א [אי אפשר] להיות כ״א [כי אם] אחר שלימות הבירורים שמעולם התהו שהוא בחי׳ גבורה כשיתבררו הסיגים לגמרי והרי אז גם היצר הרע11 שמבחי׳ גבורה יתהפך להיות טוב מאד.12
Mais, en vérité, il se trompait dans son appréciation : ce mode de conduite ne peut exister qu’après l’achèvement du raffinement des éléments issus du Monde de Tohu, qui relève du niveau de Guevoura, lorsque les scories auront été entièrement raffinées ; alors même que le mauvais penchant, qui relève du niveau de Guevoura, se transformera pour devenir « très bon ».
Mais Korach « se trompait dans son appréciation ». La prépondérance de Guevoura ne peut advenir qu’une fois achevé le raffinement du Monde de Tohu ; alors même le mauvais penchant, qui provient de Guevoura, sera transformé et deviendra « très bon ».
משא״כ עכשיו היום לעשותם13 מהגבורות יש יניקה לחיצונים וזהו ענין היצה״ר [היצר הרע]14 כו׳ ולכן החסדים הם עיקר והגבורות אפילו דקדושה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] טפלים לגבי החסדים,
À la différence de maintenant, au temps de « aujourd’hui, pour les accomplir », les forces de Guevoura donnent prise aux forces extérieures ; c’est là le sens du mauvais penchant, etc. C’est pourquoi les forces de 'Hessed sont prépondérantes, et les forces de Guevoura, même celles de sainteté, doivent être subordonnées aux forces de 'Hessed.
Maintenant, au temps du service divin, « aujourd’hui, pour les accomplir », la Guevoura donne prise aux forces extérieures, et c’est là le mauvais penchant. Le 'Hessed doit donc prévaloir, et même la Guevoura sainte doit lui être subordonnée.
ולכן הלכה כבית הלל דוקא אף שמחלוקת שמאי היה לשם שמים אעפ״כ [אף על פי כן] ב״ש [בית שמאי] במקום ב״ה [בית הלל] אינו משנה.15
C’est pourquoi la halakha suit précisément Beit Hillel ; bien que la controverse de Chammaï fût menée pour la gloire du Ciel, néanmoins, « [l’avis de] Beit Chammaï, lorsqu’il s’oppose à Beit Hillel, n’est pas une Michna. »
C’est pourquoi la halakha suit Beit Hillel, et l’avis de Beit Chammaï, lorsqu’il s’oppose à celui de Beit Hillel, n’est pas considéré comme la loi, même si leur controverse était menée pour la gloire du Ciel.
La raillerie de Korach dissimulait sa prétention à la prêtrise : si le talit enveloppant n’a pas besoin de fils, l’effusion par les « cheveux » est superflue et un Lévite pourrait devenir Kohen Gadol. Au fond, il voulait que la Guevoura prenne la primauté dès maintenant, comme ce ne sera le cas que dans les temps futurs, lorsque les Lévites seront prêtres et que la halakha suivra Beit Chammaï ; tant que le raffinement du Tohou n’est pas achevé, c’est le 'Hessed qui doit prévaloir.
Le monde de Tohou est celui de lumières intenses contenues dans des réceptacles étroits, qui se brisèrent ; ses étincelles sont raffinées par le service de ce monde. La Guevoura, qui relève de Tohou, ne s’élèvera qu’une fois ce raffinement achevé. C’est pourquoi les Lévites seront alors prêtres et les décisions de Beit Chammaï ne prévaudront que dans les temps futurs.
Maré mekomot
- 1בלקו״ת מהאריז״ל ביחזקאל · מובא בתניא פ״נ.
- 2ארז״ל פ״ט דשבת · פט, ב.
- 3
- 4כי אתה אבינו · Isaiah 63:16
- 5
- 6אלו ואלו דא״ח · Eruvin 13b:11
- 7במדרש שמואל · ראה אוה״ת קרח ע׳ תשד כ׳ ”דאף דהלכה כב״ה מ״מ ע״י שבית שמאי חולקים עליו גורמים להוסיף חכ׳ בב״ה בכדי להסתיר דברי שמאי ולכן גם היא סופה להתקיים וזהו דוחק”. וע׳ ביהל אור ע׳ קצ שמפרש שסופה להתקיים כי יש זמנים כשמאי וכמו ר״ה רצוא ע״ש.
- 8ולכן רצה קרח לעשות . . מהגבורות עיקר · ראה ד״ה השם נפשינו בחיים תשח״י (סה״מ מלוקט-ג ע׳ רד) סעי׳ ד, הערה 35.
- 9אך באמת שגה ברואה · ביטוי זה גם באוה״ת קרח ע׳ תרפו.
- 10שגה ברואה · Isaiah 28:7
- 11היצר הרע · Bereshit Rabbah 9:7
- 12טוב מאד · Genesis 1:31
- 13היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
- 14יצה״ר . . טוב מאד · Bereshit Rabbah 9:9
- 15ב״ש במקום ב״ה אינה משנה · Berakhot 36b:2–3
38וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ק [פרק קמא] דשבת די״ז ואותו היום היה הלל כפוף1 כו׳ והיה קשה לישראל כיום כו׳
Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, au premier chapitre de Chabbat, page 17 : « Ce jour-là, Hillel était courbé », etc., « et il fut aussi difficile pour Israël que le jour… », etc.
Le Talmud dit que, le jour où Beit Chammaï fut plus nombreux que Beit Hillel et décréta dix-huit mesures, Hillel s’assit, courbé devant Chammaï, et que ce jour fut aussi difficile pour Israël que celui où fut fabriqué le Veau d’or.
דלכאורה הדמיון תמוה, אלא שהוא מטעם הנ״ל, רק לעתיד דוקא הוא שיתעלו הגבורות והיינו דוקא אחר שנכנעו להחסדים.
À première vue, la comparaison est étonnante. Mais elle s’explique par ce qui a été dit plus haut : ce n’est que dans les Temps futurs que les Guevourot s’élèveront, et cela seulement après s’être soumises aux 'Hassadim.
La comparaison semble extrême. Le principe énoncé plus haut l’explique : la Guevoura ne peut s’élever que dans les Temps futurs, après s’être d’abord soumise au 'Hessed ; laisser la Guevoura dominer maintenant est donc grave.
וזהו ענין בית שמאי2 וע׳ [ועיין] ביבמות (דף י״ד ע״א). משא״כ קרח שלא נכנע לכן היה לו מפלה כו׳. ועיין בזח״א [בזהר חלק א] בראשית די״ז ובפ׳ ויחי דר״נ ע״א:
Tel est le sujet de Beit Chammaï ; voyez Yevamot (page 14a). Korach, en revanche, ne s’étant pas soumis, connut la chute, etc. Voyez aussi le Zohar, partie I, Berechit, page 17, et la paracha Vaye'hi, page 250a :
Tel est le sujet de Beit Chammaï, dont la relation avec Beit Hillel est abordée par le Talmud dans Yevamot. Korach, en revanche, ne s’est pas soumis et a donc chuté ; le Rabbi Alter Rebbe renvoie également au Zohar sur ces thèmes.
Le jour où Beit Chammaï l’emporta fut aussi difficile que celui du Veau d’or, car la Guevoura ne peut dominer que dans les Temps futurs, après s’être soumise au 'Hessed ; Korach refusa de se soumettre et chuta.
Maré mekomot
- 1
- 2
39קיצור. (ענין כה״ג [כהן גדול] זקן אהרן להמשיך אה״ר [אהבה רבה] הוא קרוב לענין ההמשכה שע״י חוטי הציצית. ולפי שבלוים נאמר והעבירו תער1 ע״כ [על כן] חלק ע״ז ואמר טלית שכולה תכלת א״צ [אין צריך / אינו צריך] כלל לחוטי הציצית שהם בחי׳ שערות כו׳ כדי שעי״ז יהיה הוא יש ודבר אף שאין בו בחינה הנ״ל):
Résumé. (La question du grand prêtre — la barbe d’Aharon — qui attire l’amour immense (ahava raba) est proche de celle de l’attraction opérée par les fils du tsitsit. Et comme il est dit au sujet des Lévites : « Ils passeront le rasoir », il s’opposa donc à cela et déclara qu’un talit entièrement bleu azur n’a nul besoin des fils du tsitsit, qui correspondent au niveau des cheveux, etc., afin que, par là, il puisse être quelqu’un qui compte (yech vedavar), bien qu’il ne possède pas le niveau mentionné plus haut.)
Résumé : la barbe d’Aharon, qui attire l’amour immense, est parallèle aux fils du tsitsit. Comme les Lévites étaient rasés, Korah nia la nécessité des fils, espérant devenir quelqu’un qui compte, bien qu’il ne possède pas cette qualité.
Bref résumé du quatrième chapitre.
Maré mekomot
- 1והעבירו תער · Numbers 8:7
La réponse de Moché : les fils sont essentiels ¶40–45
40ה והשיב לו מרבע״ה [משה רבינו עליו השלום] כי אפילו טלית שכולה תכלת צריך וחייב דוקא לעשות חוטין יען
5. Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, lui répondit que même un talit entièrement en tekhelet doit nécessairement comporter des fils, et qu’il est tenu d’en faire, car
Le cinquième chapitre rapporte la réponse de Moché : même un vêtement entièrement en tekhelet doit comporter des fils.
כי עיקר יסוד התומ״צ [התורה ומצות] הוא להמשיך גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה וכמאמר אם רץ לבך1 שוב2 לאחד ולא די בבחי׳ רצוא לבד שזהו בחי׳ לוים כו׳
le fondement essentiel de la Torah et des mitsvot est de faire descendre ici-bas la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; comme le dit l’adage : « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un. » Le seul élan (ratso), qui est le niveau des Lévites, etc., ne suffit pas.
Le but de la Torah et des mitsvot est de faire descendre la révélation de D.ieu dans le monde. Le Sefer Yetsira dit : « Si ton cœur s’élance, retourne » : l’aspiration vers le haut (ratso), le service des Lévites, ne suffit pas sans le retour (chov), qui fait descendre la lumière.
וכדי שיהיה ההמשכה והגילוי למטה בבחי׳ א״פ [אור פנימי] מלמעלה מהשתלשלות הוא דוקא ע״י החוטין שהם המשכת אורות אל הלב בבחי׳ פנימיים ואע״פ [ואף על פי] שהחוטין הם בחי׳ צמצומים
Pour que cette descente et cette révélation ici-bas prennent la forme d’une lumière intérieure, venant d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), il faut précisément passer par les fils, qui font pénétrer les lumières dans le cœur de manière intérieure. Et bien que les fils soient un niveau de contractions,
Pour qu’une lumière d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes descende sous forme de lumière intérieure, elle doit passer par les fils, qui font pénétrer les lumières dans le cœur. Les fils sont des contractions, mais cela ne diminue pas leur importance.
הרי כך היא המדה שלהיות המשכה עליונה מלמעלה מסדר ההשתלשלות בבחי׳ פנימיות א״א [אי אפשר] כ״א [כי אם] ע״י שערות וחוטין כו׳ ואם לאו לא יומשך כלל בבחי׳ המשכה וגילוי למטה
telle est la règle : une descente supérieure provenant d’au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes, sous forme intérieure, est impossible autrement que par des cheveux et des fils, etc. ; sinon, elle ne descendrait absolument pas ici-bas sous forme de descente et de révélation.
Une lumière si élevée ne peut pénétrer la dimension intérieure que par des cheveux et des fils. Sans eux, elle ne descendrait pas du tout.
(והרי תכלית הבריאה הוא לשבת יצרה3 להיות דירה בתחתונים45 שיהיה הגילוי מלמעלה למטה ועמ״ש מזה בד״ה בפ׳ נסכים כתיב)
(Or, le but de la création est : « Il la forma pour qu’elle soit habitée », afin qu’elle devienne une demeure dans les mondes inférieurs et que la révélation se fasse du haut vers le bas ; voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Dans la section des libations, il est écrit »),
Le but de la création est que D.ieu ait une demeure dans les mondes inférieurs, comme l’enseigne le Midrach et le suggère le verset « Il la forma pour qu’elle soit habitée » : la révélation doit parvenir ici-bas. L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur la section des libations.
וישאר בבחי׳ העלם ובבחי׳ מקיף לבד והעיקר הוא שיומשך בבחי׳ גילוי והיינו ע״י חוטי הציצית דוקא.
et elle resterait cachée et uniquement enveloppante. Mais l’essentiel est qu’elle descende sous forme de révélation, ce qui se réalise précisément par les fils des tsitsit.
Sans les fils, la lumière resterait cachée et enveloppante. L’essentiel est la révélation, qui ne vient que par les tsitsit.
ולכן אין בהטלית שום קדושה כלל ומותר להשתמש בו דברי חול משא״כ בציצית,6 אף שהטלית רומז להמקיף שגדלה מעלתו במאד מאד על קדושת הציצית שהן נימין וא״פ [ואור פנימי]
C’est pourquoi le talit lui-même n’a aucune sainteté et peut être utilisé à des fins profanes, contrairement aux tsitsit ; et ce, bien que le talit fasse allusion à la [lumière] enveloppante, dont le rang est infiniment supérieur à la sainteté des tsitsit, qui sont des fils et une lumière intérieure
Voilà pourquoi le talit lui-même n’a pas de sainteté et peut être utilisé à des fins ordinaires, tandis que les fils des tsitsit sont saints. Pourtant, le talit représente la lumière enveloppante, bien supérieure à la lumière intérieure des fils.
הנמשכים ממנו כמ״ש לעיל, מ״מ [מכל מקום] היא הנותנת שמפני גודל מעלתו שהוא אור גדול לאין קץ ממש ע״כ [על כן] אין יכולה המשכה זו להתגלות למטה כלל להתלבש בטלית הגשמית.
qui en provient, comme expliqué plus haut. Néanmoins, c’est précisément là la raison : en raison de son rang suprême, puisqu’il s’agit véritablement d’une lumière infiniment grande, cette descente ne peut absolument pas se révéler ici-bas ni s’envelopper dans le talit matériel.
Le paradoxe s’explique par la grandeur même de la lumière enveloppante : elle est si infiniment grande qu’elle ne peut se révéler dans le talit matériel ni s’y envelopper.
אבל הציצית לפי שהם מבחי׳ נימין וא״פ [ואור פנימי] הנמשכים ממנו ע״י צמצום בבחי׳ שערות לכך יוכלו להתלבש ממש בציצית הגשמיים.
Mais les tsitsit, puisqu’ils relèvent du niveau des fils et de la lumière intérieure qui en émane par contraction (tsimtsoum), sous la forme de cheveux, peuvent ainsi s’envelopper concrètement dans les tsitsit matériels.
Les fils, flux contracté à l’image de cheveux, peuvent réellement s’envelopper dans les tsitsit matériels. C’est pourquoi la sainteté y réside.
Moché répond que même un talit entièrement bleu doit comporter des fils, car le but de la Torah et des mitsvot est de faire descendre la lumière de D.ieu sous forme de révélation. Une lumière provenant d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes ne peut descendre intérieurement que par des « cheveux » et des fils, qui constituent des contractions ; c’est aussi pourquoi la sainteté réside dans les tsitsit et non dans le talit.
Kehot renvoie aux lois des tsitsit dans le Tour et le Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 21, concernant la différence entre le talit, qui peut être utilisé à des fins profanes, et les fils, qui ne le peuvent pas.
Maré mekomot
- 1וכמאמר אם רץ לבך · על״ק ר״פ חקת (נו, ב) מס״י. [כ].
- 2אם רץ לבך שוב · Sefer Yetzirah 1:8
- 3לשבת יצרה · Isaiah 45:18
- 4להיות דירה בתחתונים · תנחומא בחוקותי, ג.
- 5דירה בתחתונים · Midrash Tanchuma, Bechukotai 3:1
- 6אין בהטלית שום קדושה . . משא״כ בציצית · ראה טושו״ע או״ח סכ״א.
41ולכן אפילו טלית שכולה תכלת ותכלת דומה לים הוא ים החכמה וים דומה לרקיע שהוא בחי׳ מקיף, אעפ״כ [אף על פי כן] חייב בחוטי ציצית דתכלת שהם נימין וא״פ [ואור פנימי] הנמשך משם שיאירו ללב בבחי׳ פנימית
C’est pourquoi, même un talit entièrement en tekhelet — or le tekhelet ressemble à la mer, la mer de 'Hokhma, et la mer ressemble au firmament, qui est un niveau d’enveloppement [de lumière] — est néanmoins tenu d’avoir des fils de tsitsit en tekhelet. Ceux-ci sont des brins et une lumière intérieure qui en sont attirés, afin d’éclairer le cœur de manière intérieure.
Ainsi, même un talit entièrement bleu, qui représente la « mer » de 'Hokhma et le « firmament » enveloppant, a besoin de fils de tekhelet pour faire pénétrer cette lumière dans le cœur.
כי האומר אין לי אלא תורה1 אפילו תורה אין לו וצריך להמשיך יראה ואהבה מלמעלה ע״י הציצית שהם השערות כו׳
Car « celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” n’a même pas la Torah » ; il faut attirer d’en haut la crainte et l’amour par les tsitsit, qui sont les cheveux, etc.
Le Talmud enseigne que celui qui prétend n’avoir que la Torah ne possède même pas la Torah. L’étude seule ne suffit pas : la crainte et l’amour doivent être attirés d’en haut par les tsitsit, les « cheveux ».
(וזהו ויקח קרח בן יצהר שלקח לו לטענה היותו בן יצהר2 שהוא שמן והענין כי הנה מבואר לעיל פי׳ מ״ש כשמן הטוב על הראש3 כו׳ זקן אהרן כו׳ והוא מוחין דאבא)
(Et c’est là le sens de « Korah, fils de Yitshar, prit » : il fit valoir qu’il était fils de Yitshar, c’est-à-dire de l’huile. Voici l’explication : il a été expliqué plus haut ce que signifie « Comme l’huile précieuse sur la tête », etc., « la barbe d’Aharon », etc. ; cela correspond aux mo'hin d’Abba.)
La parenthèse revient au verset d’ouverture : Korah fondait son argument sur le fait d’être fils de Yitshar, c’est-à-dire de l’huile. L’huile précieuse sur la tête d’Aharon représente les mo'hin, l’intellect, d’Abba, comme expliqué plus haut.
(בפ׳ ויקרא ד״ז ע״ב) ושרשו מההשפעה הנמשך מיסוד דע״ק [דעתיקא קדישא] על גלגלתא דא״א [דאריך אנפין] ע׳ [עיין] בפ׳ אמור דפ״ח סע״ב [סוף עמוד ב] ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] לשם ולכן הוא עליון על כל המשקים כי יין מוחין דאימא ההעלם השייך לגילוי
(dans la paracha Vayikra, p. 7b), et sa racine se trouve dans le flux attiré du Yessod d’Atika Kadicha vers le crâne (Goulgalta) d’Arikh Anpin ; voir la paracha Emor, p. 88, fin du côté b, ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit. C’est pourquoi elle est supérieure à tous les liquides. Car le vin correspond aux mo'hin d’Imma, au niveau caché qui est lié au dévoilement ;
Cette huile prend sa source dans le flux du Yessod d’Atika Kadicha, le niveau le plus intérieur de Kéter, vers le crâne d’Arikh Anpin ; c’est pourquoi l’huile surnage au-dessus de tous les liquides. Le vin, en revanche, correspond aux mo'hin d’Imma, un niveau caché qui mène au dévoilement.
אבל מוחין דאבא הוא מה שלמעלה מסדר ההשתלשלות ששרשו מע״ק [מעתיקא קדישא] שהוא חד ולא בחושבן4 הע״ס [העשר ספירות] כו׳ וכמ״ש במ״א בפי׳ אל עליון בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין].
mais les mo'hin d’Abba sont ce qui se trouve au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes, car leur racine est en Atika Kadicha, qui est « Un, et non dans le dénombrement » des dix Séfirot, etc. ; comme il est expliqué ailleurs au sujet du sens de « D.ieu Très-Haut », le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).
Les mo'hin d’Abba se situent au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes et prennent racine en Atika Kadicha, qui est « Un, et non dans le dénombrement » des Séfirot. Cela correspond à « D.ieu Très-Haut », le niveau de sovev kol almin.
Même le talit entièrement en tekhelet doit avoir des fils, car la Torah dépourvue de crainte et d’amour attirés d’en haut est incomplète. Une parenthèse commence à expliquer l’argument de Korah, « fils de Yitshar » : l’huile correspond aux mo'hin d’Abba, dont la racine est en Atika Kadicha, au-dessus de tous les niveaux.
La note de Kehot indique que le Tséma'h Tsédek, dans Or HaTorah, relie le fait que Korah soit « fils de Yitshar » au Midrach sur cette paracha.
Maré mekomot
- 1האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 2ויקח קרח . . היותו בן יצהר · ראה אוה״ת קרח ע׳ תרצב מציין לבמדבר רבה פ׳ זו.
- 3כשמן הטוב על הראש · Psalms 133:2
- 4חד ולא בחושבן · Tikkunei Zohar 17a:9–11
42והנה בחי׳ שמן זה הוא הנמשך ע״י מעשה המצות שנק׳ כי נר מצוה1 כמבואר בת״א [בתורה אור] פ׳ מקץ בד״ה ענין חנוכה ובד״ה ראיתי והנה מנורת זהב.2
Or, ce niveau d’huile est attiré par l’accomplissement des mitsvot, qui sont désignées par les mots : « Car une mitsva est une lampe », comme cela est expliqué dans Torah Ohr, Parachat Mikets, dans le maamar intitulé « Le sens de ’Hanouka » et dans celui intitulé « J’ai vu, et voici un candélabre tout en or ».
L’« huile » est attirée par l’accomplissement des mitsvot : « une mitsva est une lampe », et une lampe a besoin d’huile. L’Admour Hazaken renvoie à ses maamarim sur ’Hanouka dans Torah Ohr, Mikets.
אך ע״י המצות הוא עדיין בבחי׳ מקיף ושיבא לידי גילוי זהו ע״י החכמה בחי׳ ותורה אור שהוא גילוי טעמי מצות שהאור אינו מאיר אלא ע״י השמן שבנר.
Cependant, par les mitsvot, elle demeure encore dans un état de lumière enveloppante ; pour qu’elle parvienne à la révélation, cela se fait par 'Hokhma (sagesse), le niveau de « et la Torah est lumière », qui est la révélation des raisons des mitsvot ; car la lumière ne brille que grâce à l’huile dans la lampe.
Par les mitsvot seules, la lumière demeure enveloppante. Elle est révélée par 'Hokhma, « la Torah est lumière », c’est-à-dire par la compréhension des raisons des mitsvot, de même que la lumière d’une lampe ne brille qu’en consumant son huile.
L’accomplissement des mitsvot attire l’« huile », mais sous la forme d’une lumière enveloppante ; elle ne brille ouvertement que par 'Hokhma, la Torah, qui révèle leurs raisons, comme la flamme révèle l’huile dans une lampe.
Maré mekomot
- 1כי נר מצוה · Proverbs 6:23
- 2ראיתי והנה מנורת זהב · Zechariah 4:2
Et l’huile elle-même ne brille pas, car elle correspond au niveau de « Il fit des ténèbres Sa retraite », qui est le niveau de Kéter (la Couronne) et de la volonté suprême, au-delà de toute compréhension.
L’huile, à elle seule, ne donne aucune lumière. Elle représente Kéter, la volonté de D.ieu, qui dépasse l’entendement, comme dans « Il fit des ténèbres Sa retraite ».
אלא שמאיר לגילוי ע״י אור החכמה. וזהו ואספת דגנך ותירושך ויצהרך2 פי׳ דגנך הנגלות שבתורה שנק׳ חטה לכו לחמו בלחמי.3
Elle ne brille pour se révéler que par la lumière de 'Hokhma (sagesse). C’est le sens de « Tu recueilleras ton grain, ton vin et ton huile » : « ton grain » désigne les parties révélées de la Torah, appelées « blé », comme dans « Venez, mangez de mon pain ».
Elle ne donne de la lumière que par l’intermédiaire de 'Hokhma. Le verset « Tu recueilleras ton grain, ton vin et ton huile » fait allusion à trois niveaux de la Torah : le « grain » est la Torah révélée, appelée « pain », comme dans « Venez, mangez de mon pain ».
תירושך בחי׳ נכנס יין יצא סוד4 שהוא רזין דאורייתא. והוא כמו גופא דאורייתא ונשמתא5 הנז׳ [הנזכר] בפ׳ בהעלותך (דקנ״ב ע״א)
« Ton vin » désigne le niveau de « Quand le vin entre, le secret sort » : les secrets de la Torah. Cela correspond au corps de la Torah et à son âme, mentionnés dans la paracha Beha'alotekha (p. 152a) ;
Le « vin » désigne la partie cachée de la Torah, puisque « quand le vin entre, le secret sort ». Dans la paracha Beha'alotekha, le Zohar appelle ces aspects le « corps » et l’« âme » de la Torah.
ויצהרך הוא רזא דרזין בחי׳ נשמתא לנשמתא וכענין טמירא דכל טמירין שגם מבחי׳ ההעלם הוא נעלם כענין כי גאה גאה.6
et « ton huile » désigne le secret des secrets, le niveau de « l’âme de l’âme », semblable à « le plus caché de tous les cachés » : elle est dissimulée même au niveau du caché, comme dans « Car Il est exalté, exalté ».
L’« huile » est le secret des secrets, « l’âme de l’âme », cachée même à ce qui est caché. Comme le redoublement « Il est exalté, exalté », il s’agit d’un voilement au sein même du voilement.
וכמ״ש בביאור ע״פ בהעלותך בפי׳ שמן משחת קדש7 שבחי׳ קדש העליון הוא חכמה עילאה והשמן מושח את הקדש כי הוא מו״ס [מוחא סתימאה] דעתיקא.
Comme cela est expliqué dans le commentaire sur « Lorsque tu élèveras les lampes », au sujet de « l’huile d’onction sainte » : le niveau de la « sainteté » suprême est la 'Hokhma suprême, et l’huile oint la « sainteté », car elle est le cerveau caché (Mo'ha Stima'a) d’Atika.
Dans son maamar sur Beha'alotekha, l’Alter Rebbe explique l’expression « huile d’onction sainte » : la « sainteté » est la 'Hokhma suprême, et l’huile qui l’oint est le Mo'ha Stima'a, le cerveau caché d’Atika, au-dessus de 'Hokhma.
אשר אבא יונק ממזל השמיני8 שבו נמשך הארה מבחי׳ שמן דמו״ס [דמוחא סתימאה]. וזהו ענין כשמן הטוב כו׳ זקן אהרן.
Car Abba puise au huitième mazal, d’où se prolonge une illumination du niveau de l’huile du Mo'ha Stima'a. C’est le sens de « Comme l’huile précieuse… », « la barbe d’Aharon ».
Abba, la 'Hokhma, reçoit du « huitième mazal », l’une des treize parties de la barbe suprême, qui transmet un rayon de cette huile. C’est l’huile précieuse qui descend sur la barbe d’Aharon.
ולכן הוא בן עמרם דפי׳ הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] הובא במק״מ [במקדש מלך] פ׳ שמות (די״א ע״ב) שהוא מענין עמר נקא כי הוא אבא דיניק ממזל הח׳ ע״ש [עיין שם].
C’est pourquoi il est le fils d’Amram : Rabbi ‘Haïm Vital explique — comme le rapporte le Mikdash Melekh, paracha Shemot (p. 11b) — que ce nom est lié à « amar neka », « laine pure », car il est Abba, qui puise au huitième mazal ; voir là-bas.
Rabbi ‘Haïm Vital explique que le nom d’Amram, père d’Aharon, évoque « amar neka », « laine pure », car Amram correspond à Abba, nourri par le huitième mazal.
וקסבר קרח שאביו שהוא שמן א״כ [אם כן] הוא מו״ס [מוחא סתימאה] שלמעלה מבחי׳ אהרן שנמשח רק בהארה ממנו הנמשך ע״י שערות כו׳.9
Korach pensait donc que son père étant l’huile, il était par conséquent le Mo'ha Stima'a, qui est au-dessus du niveau d’Aharon, oint seulement par une illumination qui en émane et se prolonge par les cheveux, etc.
Korach raisonnait ainsi : son père, Yitshar, étant l’huile elle-même, il était le Mo'ha Stima'a, et donc supérieur à Aharon, qui n’avait été oint que d’un rayon de cette huile, transmis par les cheveux.
L’huile représente la source cachée qui se situe au-dessus de 'Hokhma, le Mo'ha Stima'a, et qui ne brille qu’à travers 'Hokhma. Aharon, « fils d’Amram », en reçoit un rayon par le huitième mazal, tandis que Korach prétendait, en tant que « fils de Yitshar », être l’huile elle-même.
Etz ‘Haïm enseigne qu’Abba et Imma reçoivent des deux mazalot de la barbe suprême, Abba du huitième. Dans Iggeret HaKodech, épître 28, l’Alter Rebbe identifie le huitième mazal à « notser ‘hessed », dont les lettres forment ratson : le temps de faveur qui brille d’en haut vers le bas.
Maré mekomot
- 1ישת חשך סתרו · Psalms 18:12
- 2ואספת דגנך ותירושך ויצהרך · Deuteronomy 11:14
- 3לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 4נכנס יין יצא סוד · Eruvin 65a:19–20
- 5גופא דאורייתא ונשמתא · Zohar, Beha'alotcha 12:56–13:65
- 6כי גאה גאה · Exodus 15:1
- 7שמן משחת קדש · Exodus 30:25
- 8אבא יונק ממזל השמיני · Sefer Etz Chaim 16:6–7
- 9
44ועם היותו מגבורה הרי במו״ס [במוחא סתימאה] מלובש גבורה דעתיק ומגבורה זו עיקר שרש היחוד שהוא השפעת השמן כו׳.
Et bien qu’il relève de Guevoura (retenue), dans le Mo'ha Setimaa est revêtue la Guevoura d’Atik, et c’est de cette Guevoura que provient la racine principale de l’union, à savoir l’effusion de l’huile, etc.
Korach pouvait aussi soutenir que, bien qu’il relève de Guevoura, la Guevoura d’Atik est revêtue dans le Mo'ha Setimaa, et que cette Guevoura est la racine de l’effusion de l’huile.
וע׳ [ועיין] בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ אמור שם שמן משחת קדש איהו מסטרא דשמאלא דאתמר בה וקדשת את הלוים היינו גבורה דע״י [דעתיק יומין] שבמו״ס [שבמוחא סתימאה]. א״כ [אם כן] הוא למעלה ממשה ואהרן שהם בחו״ב [בחכמה ובינה] דאצילות שמקבלים רק ממזלות דמו״ס [דמוחא סתימאה].
Voyez aussi le Ramaz sur la paracha Emor, à cet endroit : « L’huile d’onction sainte provient du côté gauche, au sujet duquel il est dit : “Tu sanctifieras les Léviim” » ; c’est-à-dire la Guevoura d’Atik Yomin qui se trouve dans le Mo'ha Setimaa. Il serait donc plus élevé que Moché et Aharon, qui se situent dans 'Hokhma et Bina d’Atsilout et ne reçoivent que des mazalot du Mo'ha Setimaa.
Le Ramaz dit que l’huile d’onction sainte provient du côté gauche, lequel est lié aux Léviim. Korach pouvait donc soutenir qu’il se tenait plus haut que Moché et Aharon, qui se situent dans 'Hokhma et Bina d’Atsilout et ne reçoivent que des mazalot, la « barbe » du Mo'ha Setimaa.
La revendication de Korach allait plus loin : l’huile elle-même a sa racine dans la Guevoura d’Atik, qui relève du côté gauche des Léviim ; lui, qui relève de Guevoura, se tiendrait donc au-dessus de Moché et Aharon, qui ne reçoivent que par l’intermédiaire des mazalot.
45וכמו השערה שאינה ערוך לגבי עצמיות המוחין. וע׳ [ועיין] ברע״מ [ברעיא מהימנא] ר״פ כי תשא גבי במי מתקדש ע״פ ב״ד [בית דין] ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם.
Et cela est comparable au cheveu, qui ne saurait être comparé à l’essence même du cerveau. Voir aussi le Raaya Mehemna, au début de la paracha Ki Tissa, à propos de « Par quoi est-il sanctifié ? Par le tribunal », ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit.
La barbe est au cerveau lui-même ce que le cheveu est au cerveau : elle n’a avec lui aucune commune mesure. Le Raaya Mehemna, dans Ki Tissa, et le commentaire du Ramaz y sont cités à ce sujet.
וזהו ויקח קרח בן י״צהר שלקח לו לטענה היותו בן יצהר ור״ל [ורוצה לומר] שאף לו יהא שבאצי׳ [שבאצילות] החסדים גבוהים מהגבורות
Et c’est là le sens de « Kora’h, fils de Yitshar, prit » : il prit pour argument le fait d’être fils de Yitshar. C’est-à-dire : même en admettant que, dans Atsilout, les 'Hassadim soient supérieurs aux Guevourot,
C’est là le sens de « Kora’h, fils de Yitshar, prit » : il fondait son argument sur sa descendance de Yitshar. Il concédait que, dans Atsilout, les 'Hassadim se situent au-dessus des Guevourot.
אמנם היותו בן יצהר בחי׳ שמן מו״ס [מוחא סתימאה] הרי שם הגבורות גבוהים יותר ע״ד [על דרך] שיאמרו ליצחק כי אתה אבינו1 פנימיות אבא ובמשה נאמר ופני לא יראו2 וזהו להצהיל פנים משמן.3
néanmoins, en tant que fils de Yitshar — le niveau de l’huile de Mo’ha Stima’a —, là, les Guevourot sont plus élevées, à la manière de ce qu’on dira à Yitshak : « Car tu es notre père » : la dimension intérieure d’Abba. Et il est dit de Moché : « Mais Ma face ne sera pas vue. » C’est là le sens de « faire rayonner le visage par l’huile ».
Mais au niveau de l’huile, le Mo’ha Stima’a, soutenait-il, les Guevourot sont plus élevées ; c’est comme lorsque, dans l’avenir, Israël dira à Yitshak : « Tu es notre père » ; il s’agit de la dimension intérieure d’Abba. De Moché, il est dit : « Ma face ne sera pas vue », et l’huile « fait rayonner le visage » ; Kora’h revendiquait donc la « face » intérieure cachée même à Moché.
L’argument de Kora’h dans son ensemble est le suivant : bien que, dans Atsilout, le 'Hessed prédomine, au niveau de l’huile — la source cachée qui se trouve au-delà de la portée de Moché —, la Guevoura est supérieure. En tant que « fils de Yitshar », il revendiquait ce niveau.
Maré mekomot
- 1שיאמרו ליצחק כי אתה אבינו · Shabbat 89b:4–5
- 2ופני לא יראו · Exodus 33:23
- 3להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
Par le chas d’une aiguille ¶46–53
46וע״כ [ועל כן] סבר שהוא בגבורה שלו יגיע למעלה ממשה ואהרן כו׳. אך באמת טעה בזה דהשמן עצמו א״א [אי אפשר] להגיע כלל
C’est pourquoi il pensait qu’avec sa Guevoura (retenue), il parviendrait à un niveau supérieur à celui de Moché et d’Aharon, etc. Mais, en vérité, il se trompait sur ce point : l’huile elle-même ne peut absolument pas être atteinte,
Koré pensait que, par sa Guevoura, enracinée dans l’huile, il pourrait s’élever au-dessus de Moché et d’Aharon. Mais il se trompait : l’huile elle-même ne peut absolument pas être atteinte.
כי הוא ישת חשך סתרו1 וא״א [ואי אפשר] להיות ממנו שום גילוי כ״א [כי אם] אחר שנמשך ע״י השערות דוקא בחי׳ עמר נקא שהוא בחי׳ עמרם כנ״ל.
car « Il fit des ténèbres Sa retraite », et rien ne peut en être révélé, si ce n’est après qu’elle a été attirée vers le bas précisément par les cheveux, le niveau de amar neka (laine pure), qui est le niveau d’Amram, comme mentionné plus haut.
L’huile est cachée : « Il fit des ténèbres Sa retraite ». Rien n’en est révélé, si ce n’est par les cheveux, la « laine pure », le niveau d’Amram, le père d’Aharon.
L’erreur de Koré : l’huile elle-même est absolument cachée et ne peut être révélée que par les « cheveux », qui lui faisaient défaut.
Maré mekomot
- 1ישת חשך סתרו · Psalms 18:12
47וזהו ענין אהרן בחי׳ נראה אור12 אותיות אהרן שבו ועל ידו דוקא נראה אור והוא נמשך מבחי׳ שמן למאור מקור האור.
Et tel est le sens d’Aharon : le niveau de nir’ah or (« la lumière est vue »), dont les lettres sont celles du nom Aharon ; car c’est précisément en lui et par son intermédiaire que la lumière est vue. Elle est attirée du niveau de « l’huile pour le luminaire », la source de la lumière.
Le nom d’Aharon fait allusion à cela : ses lettres forment nir’ah, « est vue », comme dans « Dans Ta lumière, nous voyons la lumière ». Par Aharon, la lumière devient visible : elle est attirée de l’huile, qui est la source de la lumière.
אבל עכ״ז [עם כל זה] השמן בעצמו אינו מאיר כלום כ״א [כי אם] ע״י האור הוא בחי׳ חכמה שיונק ע״י שערות דעמר נקא הנ״ל.
Mais néanmoins, l’huile elle-même ne donne absolument aucune lumière, si ce n’est par l’intermédiaire de la lumière, qui est le niveau de 'Hokhma (sagesse) et qui puise au moyen des cheveux de la « laine pure » mentionnée plus haut.
L’huile elle-même ne donne aucune lumière. Elle ne brille que par l’intermédiaire de la flamme, qui est 'Hokhma et puise dans l’huile par les cheveux de la « laine pure ».
משא״כ קרח בחי׳ קרחה שאין בו בחי׳ שערות לא יוכל להמשיך כלום מבחי׳ שמן הטוב.
Korach, en revanche, qui est le niveau de la calvitie (karchah), ne possédant pas le niveau des cheveux, ne peut rien attirer du niveau de la bonne huile.
Korach, dont le nom évoque la calvitie, n’a pas de « cheveux » ; il ne peut donc rien attirer de la bonne huile.
Aharon, dont le nom forme « est vue », rend visible la lumière de l’huile par l’intermédiaire des cheveux ; Korach, le chauve, n’a pas de cheveux et ne peut rien en attirer.
Maré mekomot
- 1ענין אהרן בחי׳ נראה אור · Zohar, Emor 42:260–269
- 2נראה אור · Psalms 36:10
C’est donc, au contraire, tout l’inverse : Moché et Aharon, précisément, sont appelés « les deux fils de l’huile », comme il est écrit dans [Midrach] Rabba, Bo, au début de la section 15 ; car c’est en eux
La vérité est l’inverse de ce que prétend Korach : Moché et Aharon sont « les deux fils de l’huile », comme les appelle le Midrach, car c’est par eux que l’huile bénéfique descend.
et par eux, précisément, que le niveau de « comme l’huile bonne », etc., est attiré ; comme il est écrit : « Qu’il est bon et agréable que des frères demeurent ensemble dans l’unité : comme l’huile bonne », etc.,
C’est par eux que s’écoule l’huile bonne du psaume. Celui-ci commence par « Qu’il est bon et agréable que des frères demeurent ensemble », puis poursuit par « comme l’huile bonne ».
דקאי על משה ואהרן כמשארז״ל [כמו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] (בהוריות פ״ג [פרק ג׳] דף י״ב ע״א וברבות פרשה קרח ובפ׳ ויקרא ספ״ג [סוף פרק ג׳] והיינו לפי שהם מבחי׳ ב׳ מזלות ונוצר ונקה שבהם
ce qui se rapporte à Moché et Aharon, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (dans Horayot, chapitre 3, page 12a, et dans [Midrach] Rabba, Parachat Korach, ainsi que dans Parachat Vayikra, fin de la section 3). Cela tient à ce qu’ils relèvent des deux mazalot, Notser et Venaké, dans lesquels
Le Talmud, dans Horayot, applique ce psaume à Moché et Aharon. Ils correspondent aux deux mazalot, Notser (le huitième) et Venaké (le treizième), parties de la barbe céleste par lesquelles l’huile s’écoule.
ועל ידם דוקא נמשך בחי׳ שמן הטוב וגם בתחלת אצילות העולמות היה צמצום ונמשך האור בבחי׳ קו וחוט דוקא כדי שעי״ז יוכל להיות המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בבחי׳ גילוי בפנימית כו׳
et par lesquels, précisément, le niveau de l’huile bonne est attiré. De même, au commencement de l’émanation des mondes, il y eut un tsimtsoum (contraction), et la lumière fut attirée précisément sous la forme d’un kav (ligne de lumière) et d’un fil, afin que, par ce moyen, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, puisse être attirée en se révélant de manière intérieure, etc. ;
Le même principe remonte à la création elle-même. Au commencement, il y eut un tsimtsoum, et la lumière descendit sous la forme d’un kav étroit, afin que la Lumière infinie puisse se révéler intérieurement.
משא״כ אם לא היה נמשך בבחי׳ קו לא היה יכול להיות שום גילוי למטה וגם כל העגולים והמקיפים אינן נמשכים מאור א״ס [אין סוף] אלא ע״י הקו וחוט שהוא אור פנימי ונמשך ע״י צמצום ומקום פנוי מקודם כו׳
alors que, si elle n’avait pas été attirée sous la forme d’un kav, aucune révélation n’aurait pu avoir lieu en bas. De plus, les cercles et les lumières enveloppantes sont tous attirés de la Lumière infinie uniquement par l’intermédiaire du kav et du fil, qui sont une lumière intérieure et sont attirés après le tsimtsoum et l’espace vide, etc. ;
Sans le kav, aucune révélation ne pourrait avoir lieu en bas. Même les cercles et les lumières enveloppantes proviennent de la Lumière infinie uniquement par l’intermédiaire du kav, après le tsimtsoum et l’« espace vide ».
ואח״כ [ואחר כך] נמשך בחי׳ הקו ואז ממנו דייקא מתעגלים העגולים והמקיפים כו׳ ואם לא כן לא היה יכול להיות שום המשכה ועמ״ש במ״א בענין הרועה בשושנים5 א״ת [אל תקרי] שושנים אלא ששונים כו׳.
ensuite, le niveau du kav est attiré, et c’est alors de lui, précisément, que les cercles et les lumières enveloppantes prennent leur forme circulaire, etc. ; sans cela, aucune attraction n’aurait pu avoir lieu. Voir également ce qui est écrit ailleurs au sujet de « Celui qui fait paître parmi les roses » : ne lisez pas shoshanim (« roses »), mais sheshonim (« ceux qui étudient »), etc.
Ce n’est qu’après que le kav a été attiré que les cercles et les lumières enveloppantes prennent forme autour de lui. L’Admour Hazaken ajoute le jeu de mots sur « Celui qui fait paître parmi les roses » : lire shoshanim comme sheshonim, ceux qui étudient.
וכמ״כ [וכמו כן] בחוטי הציצית עצמן ששרשן מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא והרי איתא בע״ח [בעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פ״ה ויש בחי׳ שערות מעולין מן הלבנונית כו׳ וכ״ה במבוא שערים ש״ג ח״ב [חלק ב׳] ספ״ט לפי שהשערות הם ווין ונמשכים מת״ת [מתפארת] דעתיק כו׳,
Il en va de même des fils des tsitsit eux-mêmes, dont la racine relève du niveau de « les cheveux de Sa tête comme de la laine pure » : car il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar Arich Anpin, chapitre 5 : « Il existe un niveau de cheveux supérieur à la blancheur », etc. ; il en est de même dans Mevo She'arim, Sha'ar 3, partie 2, fin du chapitre 9, car les cheveux sont des vav et sont attirés du Tiferet d’Atik, etc.
Il en va de même des fils des tsitsit, dont la racine se trouve dans « les cheveux de Sa tête comme de la laine pure ». Etz Chaim évoque des cheveux supérieurs à la blancheur ; Mevo She'arim explique que les cheveux ressemblent à la lettre vav et sont attirés du Tiferet d’Atik.
וגם כי הרי מבואר למעלה שחוטי הציצית זהו ענין א׳ עם זקן אהרן שלכן קרח שחלק על כהונת אהרן חלק גם כן על מצות ציצית.
En outre, il a été expliqué plus haut que les fils des tsitsit et la barbe d’Aharon relèvent d’un seul et même sujet. C’est pourquoi Korach, qui s’opposa à la prêtrise d’Aharon, s’opposa également à la mitsva des tsitsit.
Comme cela a été expliqué, les fils des tsitsit et la barbe d’Aharon relèvent d’un seul et même sujet. C’est pourquoi Korach s’attaqua aux deux.
וזקן אהרן זהו בחי׳ י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] אשר שם י״ג מדה״ר [מדות הרחמים] ומבואר במ״א שבי״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] מאיר ונמשך הארה שלמעלה מעלה מהשתלשלות שהרי י״ג מדה״ר [מדות הרחמים] הוא בחי׳ נושא עון6 לכפר על פגם וחסרון המשכת המקיפים שנמשכים ע״י המצות כו׳ ועכצ״ל [ועל כרחך צריך לומר] שמאיר בהן הארה שלמעלה מהמקיף.
Et la barbe d’Aharon correspond au niveau des treize tikounim de la barbe, où se trouvent les Treize Attributs de Miséricorde. Il est expliqué ailleurs que, dans les treize tikounim de la barbe, brille et se prolonge une illumination qui se situe très, très au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). En effet, les Treize Attributs de Miséricorde correspondent au niveau de « celui qui porte la faute », afin d’expier la brèche et le manque dans le prolongement des lumières englobantes qui sont attirées par les mitsvot, etc. Il faut donc nécessairement dire qu’en elles brille une illumination qui se situe au-dessus de la lumière englobante.
La barbe d’Aharon correspond aux treize tikounim de la barbe supérieure, source des Treize Attributs de Miséricorde. Ils « portent la faute » et réparent ce que les mitsvot n’ont pas réussi à attirer ; ils doivent donc provenir d’un niveau situé même au-dessus de la lumière englobante.
וכ״ה במב״ש [במבוא שערים] ש״ג ח״ב [חלק ב׳] ספ״ה בענין רישא תנינא דאריך שמתלבש בי״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] ולא באברים לרוב העלמו כו׳, ועמ״ש מזה בביאור ע״פ שוש אשיש7 ומה שכתוב סד״ה כי ההרים ימושו8 בענין מאי פרי מצות.
Il en est ainsi également dans Mevo She'arim, Sha'ar 3, Part 2, end of chapter 5, à propos de la seconde tête d’Arich [Anpin], qui est revêtue dans les treize tikounim de la barbe et non dans les membres, en raison de son extrême dissimulation, etc. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur « Je me réjouirai grandement », ainsi qu’à la fin du discours commençant par « Car les montagnes peuvent s’écarter », à propos de la question : « Quel est le fruit des mitsvot ? »
Mevo She'arim dit que la « seconde tête » d’Arich Anpin est revêtue dans les treize tikounim de la barbe, et non dans les membres, parce qu’elle est si dissimulée. L’Alter Rebbe renvoie à ses discours sur « Je me réjouirai grandement » et « Car les montagnes peuvent s’écarter ».
ועמ״ש סד״ה את שבתותי תשמרו בענין פי׳ אני הוי׳ דפי׳ אני הוא עצמותו ית׳ עם שם הוי׳ שהוא מה שמאיר על ידי צמצום בחי׳ יו״ד כו׳
Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Vous garderez Mes Chabbatot », à propos du sens de « Je suis Havaya » : « Je » désigne Son Essence, béni soit-Il, avec le Nom Havaya, c’est-à-dire ce qui brille par l’intermédiaire du tsimtsoum, le niveau du youd, etc.,
Dans « Vous garderez Mes Chabbatot », il explique « Je suis Havaya » : « Je » désigne l’Essence de D.ieu, et Havaya désigne ce qui brille par l’intermédiaire du tsimtsoum, le youd.
כולא חד ממש וכמ״ש לעיל בשם בראשית רבה פרשה ד׳ הוי כשהוא רוצה הלא את השמים ואת הארץ אני מלא9 וכשהוא רוצה היה מדבר עם משה מבין שני בדי הארון וע״ש [ועיין שם].
les deux sont véritablement un ; comme il a été écrit plus haut, au nom de Bereishis Rabbah, section 4 : « Ainsi, lorsqu’Il le veut : “Ne remplis-je pas les cieux et la terre ?” Et lorsqu’Il le veut, Il parlait avec Moché d’entre les deux barres de l’Arche » ; voyez aussi là-bas.
Pourtant, les deux sont absolument un, comme l’illustre le Midrach des miroirs : le D.ieu qui remplit les cieux et la terre parle d’entre les barres de l’Arche.
וזהו שאמרו צמצם שכינתו בין שני בדי ארון הרי שזה נקרא צמצום לגבי א״ס [אין סוף] ב״ה ועל ידי זה עיקר הגילוי עד שהכלי לגילוי בחינה זו דייקא נקרא קדש הקדשים ומכל מקום בא הגילוי ע״י צמצום דוקא.
Et c’est ce qu’ils ont dit : « Il a contracté Sa Chekhina entre les deux barres de l’Arche. » Cela montre que, par rapport à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, ceci est appelé une contraction. C’est par ce moyen que se produit la révélation essentielle, au point que le réceptacle de la révélation de ce niveau précis est appelé le Saint des Saints ; néanmoins, la révélation se produit spécifiquement par la contraction.
Les Sages disent que D.ieu « a contracté Sa Chekhina entre les barres de l’Arche ». Cette contraction est le moyen de la révélation essentielle, au point que son réceptacle est le Saint des Saints ; la révélation se produit spécifiquement par la contraction.
ועמ״ש מענין יו״ד דשם בד״ה שרי אשתך10 ובמ״א ע״פ מאמר הזהר) (חלק ג׳ פרשה אחרי דע״ט) הביאו עלי כפרה כו׳.
Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du youd du Nom dans le discours commençant par « Saraï, ta femme », et ailleurs, à propos de la parole du Zohar (Part III, Parshas Acharei, page 79) : « Apportez une expiation pour Moi », etc.
L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Saraï, ta femme », au sujet du youd du Nom, ainsi qu’à la parole du Zohar : « Apportez une expiation pour Moi ».
ועוד זאת כמ״ש בפרשה וישלח בד״ה ויקח מן הבא בידו מנחה11 ויעקב יו״ד עקב כו׳ הגם שיו״ד היא הארה מצומצמת כו׳
En outre, comme il est écrit dans Parshas Vayishlach, dans le discours commençant par « Il prit de ce qui lui était parvenu en main un présent » : Yaakov, youd-akev, etc. ; bien que le youd soit une illumination contractée, etc.,
Dans Vayishlach, il explique que le nom Yaakov renvoie à youd-akev, « youd » et « talon » : le youd, bien qu’étant une lumière contractée, descend jusqu’au talon.
ע״ש [עיין שם] שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] בחי׳ זו דייקא, ועל דרך זה נתבאר ע״פ ט וב לחסות כו׳ כי העיקר שיהיה הוי׳ לי כו׳ ע״ש [עיין שם].
voyez là-bas qu’il faut précisément ce niveau. Dans le même esprit, cela a été expliqué à propos de « Il est meilleur de prendre refuge », etc. : l’essentiel est que Havaya soit « pour moi », etc. ; voyez là-bas.
Il y est montré que ce niveau contracté est précisément nécessaire. De même, il explique « Il est meilleur de prendre refuge en Havaya » : l’essentiel est que Havaya soit « pour moi », révélé à la personne.
Moché et Aharon, et non Korach, sont « les fils de l’huile », car ils sont les canaux, les mazalot, par lesquels l’huile cachée se révèle. La révélation vient toujours par une contraction : le kav après le tsimtsoum, les fils des tsitsit, la barbe d’Aharon et les Treize Attributs, la Chekhina entre les barres de l’Arche.
Dans « Saraï, ta femme » de Torah Ohr, l’Admour Hazaken demande pourquoi le yod de Saraï, qui correspond à 'Hokhma, fut remplacé par un hé afin qu’elle puisse enfanter, et explique que l’apparition d’une existence nouvelle se fait toujours par une contraction. Cette même règle sous-tend tout ce paragraphe.
Maré mekomot
- 1שני בני הי״צהר · Zechariah 4:14
- 2כשמן הטוב · Psalms 133:2
- 3
- 4מה טוב ומה נעים שבת אחים גם יחד · Psalms 133:1
- 5הרועה בשושנים · Song of Songs 2:16
- 6נושא עון · Exodus 34:7
- 7שוש אשיש · Isaiah 61:10
- 8כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 9הוי כשהוא רוצה הלא את השמים ואת הארץ אני מלא · Bereshit Rabbah 4:4
- 10שרי אשתך · Genesis 17:15
- 11ויקח מן הבא בידו מנחה · Genesis 32:14
49והנה על ידי שנמשך עתה הגילוי בבחי׳ קו על ידי התורה ומצות יהיה אח״כ [אחר כך] לע״ל [לעתיד לבוא] גילוי אור הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] שלמעלה מהקו כו׳ שהמקיף יתגלה בבחי׳ פנימי
Or, par la révélation qui est attirée maintenant sous la forme d’un kav (ligne de lumière), par la Torah et les mitsvot, il y aura ensuite, dans les Temps futurs, une révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), laquelle est au-dessus du kav, etc. : la lumière enveloppante sera révélée comme lumière intérieure.
En attirant maintenant la Divinité sous la forme d’une « ligne » étroite (kav), par la Torah et les mitsvot, nous préparons les Temps futurs, où le sovev lui-même, la lumière qui est au-dessus du kav, sera révélé intérieurement.
והיינו דוקא על ידי שנמשך תחלה גילוי א״פ [אור פנימי] מבחי׳ הקו אזי דוקא יוכל להיות לע״ל [לעתיד לבוא] גם כן גילוי המקיף מה שאין כן אם לא היה נמשך תחלה גילוי זה כו׳, וזהו ואמר ביום ההוא
Et cela ne peut se produire que si la révélation de la lumière intérieure, du niveau du kav, est d’abord attirée ; alors seulement la révélation de la lumière enveloppante pourra également avoir lieu dans les Temps futurs. En revanche, si cette révélation n’avait pas été attirée auparavant, etc. Et c’est là le sens de : « Et l’on dira en ce jour-là,
C’est seulement parce que la lumière intérieure est d’abord attirée par le kav que la lumière enveloppante pourra ensuite être révélée ; sans cette première étape, cela ne pourrait se produire. La prophétie d’Isaïe au sujet de « ce jour-là » y fait allusion.
הנה אלקינו זה קוינו לו1 שעל ידי שהמשכנו אותו בבחי׳ קוין על ידי ההמשכות שעל ידי תומ״צ [תורה ומצות]
« Voici notre D.ieu ; nous avons espéré (kivinu) en Lui » : nous L’avons attiré sous la forme de lignes (kavin), par les attirances qui s’opèrent au moyen de la Torah et des mitsvot,
« Voici notre D.ieu ; nous avons espéré (kivinu) en Lui » : kivinu est rapproché de kav, une ligne. En attirant D.ieu sous forme de « lignes » par la Torah et les mitsvot, nous rendons possible Sa révélation future.
שהם שלשה קוין תורה ועבודה וגמ״ח [וגמילות חסדים]2 ע״י זה יהיה נגלה אח״כ [אחר כך] אור המקיף עצמו שלמעלה מהקו וכמ״ש במ״א בפ׳ ויקרא גבי ענין העבודה ומצות תלמוד תורה.
qui sont trois lignes : la Torah, le service (avoda) et les actes de bonté. Par cela, la lumière enveloppante elle-même, qui est au-dessus du kav, sera ensuite révélée, comme cela est expliqué ailleurs, dans la paracha Vayikra, à propos du service et de la mitsva de l’étude de la Torah.
Les trois « lignes » sont la Torah, le service (avoda) et les actes de bonté, les trois piliers sur lesquels, selon la Michna, le monde repose. Par leur intermédiaire, la lumière enveloppante qui est au-dessus du kav sera ensuite révélée.
וזהו מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] בשה״ש [בשיר השירים] רבה ע״פ אני ישנה. פתחי לי פתח אחד של תשובה כחודה של מחט ואני פותח לכם פתחים3 שיהיו כו׳ וע״ש [ועיין שם] בילקוט ובזהר ח״ג [חלק ג׳] פ׳ אמור (דצ״ה א׳)
C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans Chir HaChirim Rabba, sur « Je dors » : « Ouvrez pour Moi une ouverture de techouva, grande comme le chas d’une aiguille, et Je vous ouvrirai des ouvertures qui seront… », etc. Voir également le Yalkout à cet endroit, ainsi que le Zohar, partie III, paracha Emor (page 95a) :
Le Midrach, sur « Je dors », rapporte que D.ieu dit : « Ouvrez pour Moi une ouverture de techouva, grande comme le chas d’une aiguille, et Je vous ouvrirai des ouvertures » assez larges pour laisser passer des chariots. Le Yalkout et le Zohar présentent des versions parallèles.
ואני אפתח לכם תרעין עילאין4 ובמ״א אמרו ואני אפתח לכם כפתחו של אולם, פי׳ שכל האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] שבעולם נקרא רק פתח כחודה של מחט לגבי אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] שאין ערוך אליו כו׳
« et Je vous ouvrirai les portes célestes » ; et ailleurs, ils ont dit : « et Je vous ouvrirai comme l’entrée du Oulam [le vestibule du Temple] ». Cela signifie que tout éveil d’en bas (isarusa dilesata) dans le monde n’est appelé qu’une ouverture grande comme le chas d’une aiguille, comparée à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et à laquelle rien ne peut être comparé, etc. ;
Une autre version dit que D.ieu ouvrira « comme l’entrée du Oulam », le vestibule du Temple. Tout effort humain, cet « éveil d’en bas », n’est qu’un chas d’aiguille comparé à la Lumière infinie qui entoure tous les mondes.
כי בפתח זה אי אפשר להיות נמשך רק מבחי׳ הקו וחוט הנמשך מאור א״ס [אין סוף] ב״ה, וזהו פי׳ כחודה של מחט עד״מ [על דרך משל] שבו נמשך החוט.5
car, par cette ouverture, on ne peut attirer que le niveau du kav et du fil qui est tiré de la Lumière infinie, béni soit-Il. Tel est le sens de « grande comme le chas d’une aiguille » : par analogie, c’est par cette ouverture que le fil passe.
Le chas d’une aiguille ne laisse passer qu’un fil, et nos efforts ne peuvent attirer que le kav, le fil de lumière provenant de l’Infini. Pourtant, comme l’expliquent les paragraphes suivants, c’est ce fil qui ouvre la grande porte.
Le kav étroit attiré maintenant par la Torah et les mitsvot — notre « chas d’aiguille » de techouva — ouvrira la grande révélation du sovev kol almin dans les Temps futurs.
Maré mekomot
- 1ואמר ביום ההוא הנה אלקינו זה קוינו לו · Isaiah 25:9
- 2תורה ועבודה וגמ״ח · Pirkei Avot 1:2
- 3
- 4ואני אפתח לכם תרעין עילאין · Zohar, Emor 25:123–26:131
- 5
50וזהו ענין בן פורת יוסף1 פורת אותיות תופר דהיינו שמחבר בחי׳ בי״ע [בריאה יצירה עשיה] לאצילות שיהיה הגילוי למטה כמו למעלה כמו שכתוב במ״א על פ׳ לעשות הישר כו׳.
Et tel est le sens de « Yosef est un fils fécond (ben poras) » : les lettres de poras forment le mot tofer (« coud »). Cela signifie qu’il relie le niveau de Béria, Yetsira et Assiya à Atsilout, afin que le dévoilement en bas soit comme celui d’en haut, comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset « faire ce qui est droit », etc.
Yaakov bénit Yosef en le qualifiant de ben poras, « fils fécond » ; les lettres de poras forment le mot tofer, « coud ». Yosef, le tsaddik, coud les mondes inférieurs — Béria, Yetsira et Assiya — à Atsilout, afin que le dévoilement en bas corresponde au dévoilement en haut.
וזהו ענין המשכת הקו וחוט מאור א״ס [אין סוף] גם למטה. וזהו על ידי פתח של תשובה ומע״ט [ומעשים טובים].
Et tel est le sens du prolongement du kav et du fil de la Lumière infinie jusque dans les mondes inférieurs également. Cela se fait par l’ouverture de la techouva et des bonnes actions.
La couture s’effectue avec un fil ; il s’agit donc du prolongement du kav depuis la Lumière infinie jusque dans les mondes inférieurs. Cela se réalise par « l’ouverture de l’aiguille » de la techouva et des bonnes actions.
Yosef, « celui qui coud », relie les mondes inférieurs à Atsilout au moyen du fil du kav, qui est prolongé par l’ouverture de l’aiguille de la techouva et des bonnes actions.
Maré mekomot
- 1בן פורת יוסף · Genesis 49:22
Or, bien que cela ne soit que le niveau « comme le trou d’une aiguille » et la continuation du kav, etc., c’est précisément par cela que « Je vous ouvrirai [une ouverture] aussi large que l’entrée de la grande salle ».
Bien que notre ouverture ne soit que le trou d’une aiguille et ne tire qu’un fil, c’est précisément cela qui conduit D.ieu à ouvrir « comme l’entrée de la grande salle ».
והוא גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] ממש, ומכל זה יובן ענין מה שהשיבו מרבע״ה [משה רבינו עליו השלום] שהעיקר הוא בהמשכת חוטי הציצית דוקא.
c’est-à-dire la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), elle-même. Tout cela permet de comprendre ce que Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, lui répondit : l’essentiel réside précisément dans la continuation des fils des tsitsit.
Cette grande ouverture est la révélation du sovev kol almin lui-même. Cela explique la réponse de Moché à Kora'h : l’essentiel réside dans les fils des tsitsit.
אשר זהו התכלית והיכולת שאפשר להמשיך עתה ועל ידי זה ממילא לעתיד ואני אפתח לכם כו׳ ועיין ברבות סדר לך לך ס״פ מ״ג2 גבי אם מחוט ועד3456 כו׳
Car tel est le but, et ce qu’il est possible de faire descendre à présent ; et, par cela, automatiquement, dans les temps futurs, « Je vous ouvrirai », etc. Voir aussi [Midrach] Rabbah, Le'h Le'ha, fin de la section 43, au sujet de « depuis un fil jusqu’à une courroie de chaussure », etc. :
Le fil est ce qui peut être attiré à présent ; par lui, la grande révélation se produira dans l’avenir. Le Midrach dit que, parce qu’Avraham refusa de prendre ne serait-ce qu’« un fil » au roi de Sedom, ses enfants reçurent le fil des tsitsit.
מה יפו פעמיך בנעלים7 וע׳ [ועיין] בזהר חלק א׳ ויגש (דר״ז ע״ב) בענין חוט של חסד8 ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם.9
« Que tes pas sont beaux dans tes sandales ! » Voir aussi le Zohar, partie I, Vayigach (page 207b), au sujet d’« un fil de bonté », ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit.
Pour « une courroie de chaussure », le Midrach cite : « Que tes pas sont beaux dans tes sandales ! » Le Zohar, dans Vayigach, parle d’« un fil de bonté », et le Ramaz l’explique comme un tiers de 'Hessed (72), soit 24, valeur numérique de chut, « fil », en comptant le mot lui-même.
(ח״ב [חלק ב׳] תרומה קמ״ט10 א׳ חלק ג׳ ויקרא כ״ג ב׳.11 כ״ה סע״א [סוף עמוד א] ע״ב)12 ובפ׳ אחרי (דס״ד סע״ב [סוף עמוד ב]) ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם.13 וע׳ [ועיין] בפ׳ נשא (קל״ד ע״א) האי חוטא יקירא קדישא14 כו׳.15
(Partie II, Terouma 149a ; partie III, Vayikra 23b et 25, fin du côté a et côté b), ainsi que dans la paracha A'haré (page 64, fin du côté b), et le Mikdash Mele'h à cet endroit. Voir aussi la paracha Nasso (134a) : « ce fil précieux et saint », etc.
Le Zohar parle de ce fil en plusieurs autres endroits ; dans Nasso, il appelle le mazal de la barbe supérieure « ce fil précieux et saint », auquel sont suspendus tous les poils de la barbe.
ובמשנה ספ״ק [סוף פרק קמא] דקדושין על זה נאמר והחוט המשולש1617 כו׳ ועמ״ש במ״א ע״פ מאמר18 הזח״א [הזהר חלק א] פ׳ וישלח (דקע״ה ב׳) בענין כי ישרים דרכי19 ה׳.
Et dans la Michna, à la fin du premier chapitre de Kiddouchin, c’est à cela que s’applique le verset : « et la corde triple », etc. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de l’enseignement du Zohar, partie I, paracha Vayichla'h (page 175b), concernant « Car les voies de Havaya sont droites ».
La Michna de Kiddouchin cite : « la corde triple ne se rompt pas vite » à propos de celui qui possède l’Écriture, la Michna et une conduite appropriée. L’Admour Hazaken renvoie également à son explication d’un passage du Zohar sur « Car les voies de Havaya sont droites ».
ועיין בת״א [בתורה אור] סד״ה20 ויהי מקץ מ״ש בפי׳ מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] (פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה י״ב ב׳) חוט של חסד משוך עליו ביום21 ומזה יש להעיר למש״כ [למה שכתוב] בקר ויודע22 ה׳.
Voir aussi dans Torah Ohr, à la fin du discours commençant par « Et ce fut à la fin », ce qui est écrit pour expliquer l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie (chapitre 2 de 'Haguiga, 12b) : « Un fil de bonté est tendu sur lui durant le jour. » On peut en tirer un éclairage sur ce qui est écrit : « Au matin, Havaya fera connaître » :
Le Talmud dit que celui qui étudie la Torah la nuit a « un fil de bonté tendu sur lui durant le jour ». Cela éclaire les paroles de Moché à Kora'h : « Au matin, Havaya fera connaître qui est à Lui. »
בקר דוקא ועיין מענין בקר ויודע במדרש ובזח״ג [ובזהר חלק ג] פ׳ קרח (קע״ו ב׳) ובפ׳ בלק (דף ר״ד23 ע ״ב) ע״פ בקר אערוך לך ואצפה.24
« au matin » précisément. Voir aussi, au sujet de « Au matin, Havaya fera connaître », le Midrach, le Zohar, partie III, paracha Kora'h (176b), et la paracha Balak (page 204b), sur le verset : « Le matin, je disposerai [ma prière] devant Toi et j’attendrai. »
Moché a dit « au matin » précisément, car c’est le moment du fil de bonté. Le Midrach et le Zohar, dans Kora'h et Balak, traitent du « matin » en ce sens, à propos du verset : « Le matin, je disposerai ma prière devant Toi et j’attendrai. »
ואפ״ל [ואפשר לומר] דלכן לענין חוטי הציצית קיי״ל [קיימא לן] ג״כ דכסות לילה פטור מן הציצית.25 כי עיקר המשכת חוט של חסד הוא מבחי׳ מדת יום כו׳:262728293031323334353637383940414243444546474849505152
On peut dire que c’est pourquoi, en ce qui concerne les fils de tsitsit, nous retenons également qu’un vêtement de nuit est exempt de tsitsit : car l’essentiel de l’émanation du fil de bonté provient du niveau de l’attribut du jour, etc.
C’est peut-être pourquoi un vêtement porté uniquement la nuit est exempt de tsitsit : le fil de bonté émane de l’attribut du jour.
Bien qu’il ne soit qu’un fil, le kav attiré par les tsitsit est ce qui ouvre la voie à la grande révélation ; c’est le « fil de bonté » que le Midrach, le Zohar et le Talmud associent à Avraham, à l’étude de la Torah durant la nuit et au matin. C’est pourquoi Moché répondit à Kora'h « au matin », et pourquoi un vêtement de nuit est exempté des tsitsit.
Les notes de Kehot citent longuement l’Or HaTorah du Tséma'h Tsédek sur chacun des passages du Zohar mentionnés ici : le fil de bonté descend de la lumière cachée le premier jour, atteint la « chaussure », la cloison entre Atsilout et Béria, descend le long de la colonne vertébrale depuis le fil situé dans le cerveau, et constitue le mazal auquel sont suspendus tous les poils de la barbe, à l’image du kav attiré de la Lumière infinie après le tsimtsoum.
Maré mekomot
- 1
- 2ברבות סדר לך לך ס״פ מ״ג · ”אתה אמרת אם מחוט כו׳ חייך שאני נותן לבניך מצות ציצית המד״א ונתנו על ציצית הכנף פתיל תכלת ומתרגמינן חוטא דתכלתא עכ״ל — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, ב. ”והכוונה כי שורש ההמשכה שע״י חוטי הציצית נמשך מהקו וחוט דאוא״ס והוא בחי׳ השערות” — אוה״ת נ״ך-ב ע׳ תשע.
- 3אם מחוט ועד · Genesis 14:23
- 4אם מחוט ועד · Bereshit Rabbah 43:9
- 5אם מחוט ועד · Zohar, Vayikra 60:396–61:406
- 6אם מחוט ועד · Zohar, Vayikra 64:424–65:435
- 7מה יפו פעמיך בנעלים · Song of Songs 7:2
- 8חוט של חסד · Zohar, Terumah 37:415–38:424
- 9ע׳ בזהר חלק א׳ ויגש (דר״ז ע״ב) . . ובפי׳ הרמ״ז שם · ”ות״ח דהא בליליא מאן דמשבח למארי׳ בתושבחתא דאורייתא כדין אתתקף בתקיפו ביממא מסטרא דימינא (ע׳ בת״א בד״ה רני ושמחי שע״י רננא ברמשא יבוא לבחי׳ שמחה בצפרא, והו״ע המשכת חוט של חסד כו׳) דהא חוטא חד נפקא מסטרא דימינא, וכ׳ הרמ״ז שם וז״ל איתא בדברי הרב זלה״ה שחוט של חסד ה״ס שליש אחד של חסד שהוא כ״ד גימטריא חוט עם הכולל (...) וזה החסד תופר ומחבר כל העולמות” — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, ב. וראה גם אוה״ת מגילת אסתר ע׳ א׳רעח. ובהוצאת תש״נ ע׳ יח. וראה גם ביהל אור ע׳ קעא שזהו ע״ד שנתבאר בד״ה בהעלותך את הנרות ההפרש בין אהבה דאברהם ובין אה״ר דאהרן ע״ש. ”והרמ״ז . . חוט עם הכולל, ור״ל חסד גימט׳ ע״ב ונחלק לג׳ שלישין” — אוה״ת נ״ך-ב ע׳ תשע.
- 10ח״ב תרומה קמ״ט א׳ · ”פי׳ ענין יומם יצוה ה׳ חסדו כו׳ שארז״ל כל העוסק בתורה בלילה חוט של חסד משוך עליו ביום, שהוא חוט והמשכה מאור שנברא ביום ראשון כו׳ שגנזו הקב״ה לע״ל, רק מ״מ הארה מאיר ממנו על הנ״ל” — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, א. ”תרומה דקמ״ט ע״א פי׳ יומם יצוה ה׳ חסדו שהוא חוט של חסד מבחי׳ אור הגנוז שממנו נמשך ההארה על העוסק בתורה כו׳” — יהל אור ע׳ קסח.
- 11חלק ג׳ ויקרא כ״ג ב׳ · ”כד נהר יממא אתער אברהם בההוא חוטא דילי׳ דכתיב בי׳ אם מחוט ועד שרוך נעל כו׳ והיינו להיות נמשך החוט הנ״ל בבחי׳ נעל שהוא הפרסא שבין אצילות לבריאה” — אוה״ת מגילת אסתר ע׳ ב׳רעח (ובהוצאת תש״נ ע׳ יח).
- 12כ״ה סע״א ע״ב · ”לקבלא חד חוטא דחסד ומאי איהו חוטא דאברהם דהוא קני לי׳ דכתיב אם מחוט, פי׳ המק״מ נ״ב חוט היורד דרך השדרה מחוט שבמוח” — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, ב.
- 13ובפ׳ אחרי (דס״ד סע״ב) ובמק״מ שם · ”כד אתער בקר כו׳ ומלכא משיך מיני׳ חד חוטא דברכאן ופריס על מטרוניתא ועל אינון כו׳ דמשתדלי באורייתא בלילא כו׳ לפי שהם המחברים [בכת״י ב׳ ”מתחברים”] לילה ויום שהם מטרוניתא ומלכא, ובמק״מ חוטא דברכאן נ״ב כי הוא היורד דרך החוט עכ״ל” — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, ב.
- 14האי חוטא יקירא קדישא · Zohar, Idra Rabba 17:147–21:157
- 15וע׳ בפ׳ נשא (קל״ד ע״א) האי חוטא יקירא קדישא כו׳ · ”הכל תלוי במזל כו׳ האי חוטא יקירא קדישא דכל שערי דדיקנא תליין בי׳ אקרי מזל כו׳ ותאנא הכל תלוי במזל דאיהו האי חוטא יקירא קדישא דכל שערין תליין בי׳ כו׳ עכ״ל הרי המשיל המשכת השערות לבחי׳ חוט . . וענין האי חוטא יקירא קדישא דכל שערי דדיקנא תליין בי׳, היינו כמ״ש בזהר תרומה דף קל״ב בענין תליסר מכילין דרחמי, אינון תריסר רזא דרתיכא קדישא דנפקין מחד דשריא עלייהו. וכ׳ המק״מ וז״ל זה יובן במ״ש הרב שנוצר חסד הוא כולל כולם כו׳ עכ״ל” — אוה״ת נ״ך-ב ע׳ תשסט. וראה גם ביאה״ז להצ״צ-ב ע׳ תתקט. ”ושם פי׳ ג״כ . . נק׳ חוטא יקירא קדישא, דהיינו כמו דוגמת הקו״ח שנמשך מאור א״ס לאחר הצימצום” — אוה״ת פ׳ האזינו ע׳ א׳תרמו.
- 16והחוט המשולש · Mishnah Kiddushin 1:10
- 17והחוט המשולש · Ecclesiastes 4:12
- 18ע״פ מאמר הזהר . . פ׳ אחרי דע״ט · ביאה״ז לאדה״א עו, ג ואילך. ביאה״ז להצ״צ
- 19כי ישרים דרכי ה׳ · Hosea 14:10
- 20בת״א סד״ה ויהי מקץ · לב, ב ”שהוא אהבה עליונה הבאה עליו מלמעלה כו׳ אהבה בתענוגים ובד״ה חכלילי עינים פי׳ דאהבה בתענוגים היא למעלה מאה״ר הבאה משם מ״ה כי באה משם ע״ב בחי׳ טעמים כו׳ ולכן נק׳ חוט של חסד כי חסד חשבון ע״ב” — אוה״ת בראשית כרך-ד דף תשד, א. ובענין הגמרא דחגיגה ראה גם יהל אור ע׳ קסו ובאוה״ת נ״ך-ב ע׳ תתסא-ב ”שהוא בעבודה המשכת אהבה רבה בנפש אהבה בתענוגים”.
- 21חוט של חסד משוך עליו ביום · Chagigah 12b:8
- 22בקר ויודע ה׳ · Numbers 16:5
- 23ובפ׳ בלק (דף ר״ד ע״ב) · ראה ביאה״ז לאדה״א דף קט, א ואילך.
- 24בקר אערוך לך ואצפה · Psalms 5:4
- 25כסות לילה פטור מן הציצית · Menachot 43a:19–21
- 26הנז׳ בפ׳ בהעלותך (דקנ״ב ע״א) · ראה לעיל פ׳ ויקרא ג, ב.
- 27כי גאה גאה · Exodus 15:1
- 28אבא יונק ממזל השמיני · ע״ח שער טז פ״ו ובכ״מ. מובא באגה״ק סי׳ כח.
- 29ופני לא יראו · שם לג, כג.
- 30להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
- 31ענין אהרן בחי׳ נראה אור · Zohar III, 103a
- 32נראה אור · Psalms 36:10
- 33מה טוב ומה נעים · Psalms 133:1
- 34ובפ׳ ויקרא ספ״ג · ראה יהל אור ע׳ תקה.
- 35וכמ״ש . . א״ת שושנים · על״ק פ׳ ראה (לג, ד). וש״נ. [כ].
- 36נושא עון · Exodus 34:7
- 37וזהו שאמרו · ע״ל פ׳ אמור (לד, ב). וש״נ. [כ].
- 38במב״ש ש״ג . . בענין רישא תנינא · ראה אוה״ת נצבים ע׳ א׳רעו.
- 39בביאור ע״פ שוש אשיש · לקמן פ׳ נצבים מט, ד.
- 40סד״ה כי ההרים ימושו · לקמן פ׳ תצא מא, א.
- 41סד״ה את שבתותי תשמרו · לקו״ת בהר מד, ד.
- 42בד״ה שרי אשתך · תו״א יג, ב.
- 43ע״פ טוב לחסות · לקמן שמע״צ צא, א.
- 44ואמר ביום ההוא הנה · Isaiah 25:9
- 45שהמשכנו אותו בבחי׳ קוין · ראה גם לקמן שה״ש נ, ב. תו״א סג, ד.
- 46תורה עבודה וגמ״ח · אבות א, ב.
- 47בשהש״ר רבה · ה, ג.
- 48במ״א בפ׳ ויקרא גבי ענין העבודה ומצות תלמוד תורה · כן מצויין בכמה מקומות והכוונה לביאור דלא תשבית.
- 49ובמ״א אמרו · הובא בהקדמה של ספר חרדים ברישא ”פתחו לי כחודה של מחט ואני אפתח לכם כפתחו של אולם” יעו״ש. ועל״ק שה״ש (כד, ב). ובואתחנן (ד, א). וע״ע ר״פ בהר סופ״א. [כ].
- 50בן פורת יוסף · Genesis 49:22
- 51פורת אותיות תופר · ראה לקמן פ׳ ראה כד, א.
- 52
52קיצור. שכדי שיומשך הגילוי בבחי׳ פנימיות צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ע״י צמצום והמשכת קו ולכן בחוטי הציצית אסור להשתמש בהן מה שאין כן בהטלית.
Résumé. Pour que la révélation soit attirée dans sa dimension intérieure, elle doit passer par le tsimtsoum (contraction) et par l’attraction d’un kav ; c’est pourquoi il est interdit de faire usage des fils des tsitsit, contrairement au talit.
Résumé : la révélation dans la dimension intérieure requiert le tsimtsoum et un kav ; c’est pourquoi les fils des tsitsit sont saints, tandis que le talit ne l’est pas.
ועד״ז [ועל דרך זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה1 כו׳ וזהו פתחי לי פתח של תשובה כחודה של מחט2 בן פורת יוסף.3
De même, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” », etc. Et c’est là le sens de : « Ouvre-Moi une ouverture de techouva comme le chas d’une aiguille », ainsi que de : « Yossef est un fils fécond. »
De même, la Torah seule ne suffit pas. L’ouverture de techouva comme le chas d’une aiguille et la « couture » de Yossef expriment le même principe.
Résumé du cinquième chapitre : la révélation intérieure ne vient que par le tsimtsoum et un kav.
Maré mekomot
- 1כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 2פתחי לי פתח של תשובה כחודה של מחט · Shir HaShirim Rabbah 5:2:2
- 3בן פורת יוסף · Genesis 49:22
53וענין בן יצהר שמן מקור מוחין דאבא וענין דגנך תירושך ויצהרך1 ואהרן נמשך מבחי׳ הארת מו״ס [מוחא סתימאה] שבמזלות ונוצר ונקה. וקרח טען שהוא בן שמן עצמו.
Et le sens de « fils de Yitshar » : l’huile, source de l’intellect (mo’hin) d’Abba ; et le sens de « ton grain, ton vin et ton huile ». Aharon procède du niveau de l’illumination de Mo’ha Stima’a qui se trouve dans les mazalot Notser et Venaké. Korach prétendait, quant à lui, être le fils de l’huile elle-même.
Résumé de la prétention de Korach : Yitshar, l’huile, est la source des mo’hin d’Abba, l’« huile » de « ton grain, ton vin et ton huile ». Aharon en reçoit un rayon par l’intermédiaire des mazalot Notser et Venaké, tandis que Korach prétendait être le fils de l’huile elle-même.
אך באמת השמן עצמו הוא ישת חשך סתרו2 וא״א [ואי אפשר] להמשיכו כ״א [כי אם] ע״י שיורד על הראש בחי׳ ושער רישיה כעמר נקא3
Mais, en vérité, l’huile elle-même est « Il a fait des ténèbres Sa retraite » ; elle ne peut être attirée vers le bas qu’en descendant sur la tête, le niveau de « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure »,
Mais l’huile est cachée — « Il a fait des ténèbres Sa retraite » — et ne peut être attirée vers le bas qu’en descendant sur la tête : « les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ».
וכן על הזקן וזהו דוקא ע״י משה ואהרן כמ״ש מה טוב ומה נעים שבת אחים גם יחד4 כשמן הטוב כו׳:
et pareillement sur la barbe ; et cela ne se fait que par l’intermédiaire de Moché et Aharon, comme il est écrit : « Qu’il est bon et agréable que des frères demeurent ensemble, dans l’unité : comme l’huile précieuse », etc.
Elle descend sur la barbe par l’intermédiaire de Moché et Aharon, les frères évoqués dans le psaume « Qu’il est bon et agréable », et non par l’intermédiaire de Korach.
Résumé final : Korach revendiquait l’huile elle-même, mais celle-ci est cachée et ne descend que par les cheveux et la barbe, c’est-à-dire par l’intermédiaire de Moché et Aharon.
Maré mekomot
- 1דגנך תירושך ויצהרך · Deuteronomy 11:14
- 2ישת חשך סתרו · Psalms 18:12
- 3ושער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
- 4מה טוב ומה נעים שבת אחים גם יחד · Psalms 133:1
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Celui qui s’est rapproché de D.ieu ne doit pas être comme une épouse infidèle, recevant d’une autre source, même dans les plaisirs permis ; méditer sur le fait que même le jugement céleste est une bonté, tandis que le péché est pire, fait naître la crainte du péché. L’étude de la Torah ne suffit pas à elle seule : l’amour et la crainte doivent être attirés dans le cœur par les mitsvot, comme le font les tsitsit. Et la petite ouverture de techouva et de bonnes actions qu’accomplit une personne — le chas d’une aiguille, où seul un fil peut passer — est précisément ce à quoi D.ieu répond en ouvrant la grande porte.
Questions à discuter
- Pourquoi le talit, qui représente la lumière supérieure, celle qui entoure tout, n’a-t-il aucune sainteté, alors que les fils, lumière contractée, sont saints ?
- Comment l’enseignement de Rabbi Meïr sur les grands et les petits miroirs explique-t-il que le sovev kol almin lui-même puisse briller dans un espace étroit, tel celui entre les barres de l’Arche ?
- Qu’y avait-il de vrai dans la vision de Korach concernant la primauté future de la Guevoura, et pourquoi était-ce une erreur d’agir en conséquence dès à présent ?
- Selon l’image de l’épouse infidèle, pourquoi celui qui est intérieurement proche de D.ieu doit-il se garder même des plaisirs permis ?
- En quel sens notre techouva n’est-elle que « le chas d’une aiguille », et pourquoi cette ouverture étroite est-elle précisément ce qu’il faut ?