Likkutei Torah · Parshas Devarim · Maamar 1
ציון במשפט תפדה ושביה בצדקה
« Sion sera rachetée par la justice, et ses captifs par la charité »
L’idée centrale
Les paroles de la Torah peuvent sembler nouvelles chaque jour, car c’est uniquement dans ce monde, par la Torah et les mitsvot, qu’une âme peut attirer l’essence même de D.ieu, que même les mondes les plus élevés ne reçoivent pas. Lorsque l’amertume et la joie du cœur sont captives des choses de ce monde, son point intérieur, Sion, est racheté par les lois de la Torah, et ses sentiments captifs par la charité.
Le maamar en bref
Le maamar s’ouvre sur Isaïe 1:27, dernier verset de la haftara de Devarim, et demande comment les paroles de la Torah peuvent être nouvelles pour une personne chaque jour. Les âmes, enracinées dans la pensée de D.ieu, existaient avant la Création ; leur descente dans un corps doit donc avoir pour but une élévation supérieure. La bénédiction « Mon D.ieu, l’âme » retrace cette descente et mène de la reconnaissance (modé ani), une foi de loin selon laquelle D.ieu seul est véritablement réel, à la bénédiction (baroukh), la révélation attirée par la Torah et les mitsvot, avec l’amour entre les deux. La méditation sur le Chema montre que tous les mondes, même le Gan Eden, ne proviennent que de Sa Mal'hout, une simple lueur ; dans ce monde, la techouva, la Torah et les mitsvot atteignent Son essence, et une personne peut changer en un instant. Ainsi, les mitsvot sont nouvelles chaque jour, et l’amour remplit les deux cavités du cœur : l’amertume devant l’éloignement de D.ieu et la joie des mitsvot, comme la joie d’un homme devant un coffre fermé rempli de joyaux. Lorsque l’amertume et la joie se tournent vers les choses de ce monde, l’étincelle divine est en exil. Sion, le cœur intérieur, est rachetée par les lois de la Torah, et les cavités captives du cœur par la charité.
Plan
- Nouveau chaque jourLe verset du maamar et la question de savoir comment « aujourd’hui » peut signifier chaque jour, de sorte que les paroles de la Torah semblent nouvelles. Les anges sont apparus au moment de la Création, par la parole de D.ieu ; les âmes, issues de Sa pensée, existaient auparavant, de sorte que leur descente dans un corps doit avoir pour but une élévation.¶1–2
- De la reconnaissance à la bénédictionLa bénédiction « Mon D.ieu, l’âme » retrace la descente de l’âme dans le corps et la force qui l’enveloppe et la protège en lui. La reconnaissance (modé ani) concède de loin, par la foi, que D.ieu seul est réel ; la bénédiction attire la divinité dans la révélation par la Torah et les mitsvot ; l’amour, issu du Chema, se situe entre les deux.¶3–4
- Royauté et essenceTous les mondes, même les plus élevés, proviennent de la Mal'hout de D.ieu, une simple lueur, et ne s’élèvent dans le Monde futur que graduellement ; dans ce monde, la techouva, la Torah et les mitsvot atteignent Son essence, et une personne peut changer en un instant. D’où « aujourd’hui » et « nouveau chaque jour », les mitsvot comme 248 membres, et l’amour dans les deux cavités du cœur, l’amertume et la joie, comme la joie devant un coffre fermé rempli de joyaux.¶5
- Sion et ses captifsLorsque l’amertume et la joie s’attachent aux choses de ce monde, l’étincelle divine est en exil. Sion, le cœur intérieur, qui n’a aucun équivalent de l’autre côté, est rachetée par les lois de la Torah ; les cavités captives du cœur sont rachetées par la charité. Sion est également le niveau de la bénédiction, que la Torah fait naître.¶6
Notions clés
- Reconnaissance (hodaah)הודאה
- Concéder une vérité que l’on ne voit pas soi-même : D.ieu seul est véritablement réel et le monde n’est rien devant Lui. Elle repose sur la foi, est « de loin », et chaque Juif la possède.
- Bénédiction (berakha)ברכה
- Attirer la divinité du caché vers le révélé, afin qu’elle soit ressentie dans l’âme. Elle vient par la Torah et les mitsvot, et doit être précédée par l’amour.
- Quelque chose à partir de rien (yech méayin)יש מאין
- De notre point de vue, le monde matériel est le « quelque chose » et le spirituel, le « rien ». Du point de vue de D.ieu, Lui seul est le véritable « quelque chose », et plus une chose est basse, plus elle est néant.
- Sa Mal'hout (souveraineté)מלכותו
- La royauté de D.ieu sur les mondes, qui n’est qu’une lueur de Lui et non Son essence, et dont tous les mondes, même les plus élevés, tirent leur existence. « Ta domination » en est la dimension extérieure, qui soutient même ceux qui Le rejettent.
- Memalé et sovevממלא וסובב
- La lumière qui remplit chaque monde selon une mesure donne au Monde futur son ordre graduel. La lumière qui entoure, au-delà de toute mesure, brille dans ce monde, où la techouva peut transformer une personne en un instant.
- La dimension intérieure du cœur (Sion)פנימית הלב / ציון
- L’amour caché et naturel de D.ieu dans le cœur de chaque Juif, au-delà de l’amour ressenti. Il n’a aucun équivalent du côté opposé ; en exil, il est racheté par l’étude des lois de la Torah.
- Les deux cavités du cœurב׳ חללי הלב
- La cavité gauche doit accueillir l’amertume devant l’éloignement de D.ieu, et la droite, la joie des mitsvot. Lorsqu’elles se tournent vers les manques et les désirs de ce monde, elles sont « captives » et sont rachetées par la charité.
Nouveau chaque jour ¶1–2
« Sion sera rachetée par la justice, et ses captifs par la charité. » (Voir [Midrash] Rabbah, Michpatim, chapitre 30, et dans la paracha Ekev, à propos de « Et Il gardera », etc., « la bonté ».)
Le maamar s’ouvre sur le dernier verset de la haftara de la paracha Devarim (Isaïe 1:27) : Sion sera rachetée par la justice (michpat), et ses captifs par la charité (tsedaka). Le Rabbi Chnéour Zalman relève d’abord deux Midrachim sur ce verset : Chemot Rabbah, sur Michpatim, et le Midrach sur Ekev, où la justice et la charité d’Israël sont mises en parallèle avec la bonté et la compassion de D.ieu.
הנה כתיב והיו הדברים האלה6 אשר אנכי מצוך היום פי׳ קאי על כל יום כי בכל יום78 יהיו בעיניך כחדשים9 אך איך יבא לזה שיהיה כן
Or, il est écrit : « Et ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui seront. » Cela signifie que [« aujourd’hui »] désigne chaque jour, car chaque jour elles doivent être à vos yeux comme nouvelles. Mais comment parvenir à ce qu’il en soit ainsi ?
La discussion part d’un autre verset, Deutéronome 6:6 : « Et ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui. » « Aujourd’hui » signifie chaque jour : comme l’enseigne le Sifri, les paroles de la Torah ne doivent jamais être ressenties comme un ancien décret, mais comme un décret nouveau. La question est de savoir comment une personne peut véritablement éprouver cela.
ויובן בהקדים כי הנה תכלית ירידת הנשמות מלמעלה שהיו שם מקודם שי״ב [ששת ימי בראשית] כי המלאכים שנתהוו במע״ב [במעשה בראשית] ברוח פיו ית׳ י״א בשני וי״א בחמישי ועוף יעופף101112 כו׳.
Cela se comprendra en expliquant d’abord le but de la descente des âmes d’en haut, où elles se trouvaient avant les six jours de la Création. En effet, les anges furent créés lors de l’œuvre de la Création, par le souffle de Sa bouche, béni soit-Il : certains disent le deuxième [jour], d’autres le cinquième, où il est dit : « et que les oiseaux volent », etc.
La réponse commence par le but de la descente de l’âme dans le monde. Les âmes existaient avant la Création, tandis que les anges furent créés pendant les six jours, par le « souffle de Sa bouche », c’est-à-dire par la parole de D.ieu. Le Midrach rapporte un désaccord : furent-ils créés le deuxième jour ou le cinquième, jour où il est dit : « que les oiseaux volent » ?
L’ouverture expose le verset du maamar et pose une question : comment les paroles de la Torah peuvent-elles paraître nouvelles chaque jour ? La réponse viendra de la compréhension du but pour lequel les âmes, qui existaient avant la Création, descendent dans des corps.
Les notes du Kehot indiquent que ce maamar fut imprimé séparément, accompagné de gloses supplémentaires du Tséma'h Tsédek et de notes de sources du Rabbi, et qu’une deuxième version porte le titre « Nuit du lundi, veille du neuf Av, Vitebsk [5571] ». Le Rabbi s’étonne que le premier maamar de la paracha Devarim soit fondé sur un verset de la haftara, et même sur son tout dernier verset.
Maré mekomot
- 1ציון במשפט · מאמר זה עם הגהות נוספות מאדמו״ר הצ״צ ועם מ״מ מכ״ק אדמו״ר נדפס בקונטרס בפ״ע בשני נוסחאות (”מאמר ציון במשפט תפדה” קה״ת תשט״ו. תש״ל). הנוסח השני נדפס אח״כ באוה״ת דברים-ו ע׳ ב׳קעג. הגהות נוספות אלו נדפסו ג״כ באוה״ת דברים-א ע׳ כח ואילך, ובאוה״ת שם ע׳ לג ואילך נדפס ביאור על המאמר. נוסח שני מהמאמר (בלי ההגהות) נדפס בקונטרס הנ״ל ע׳ 10 בכותרת: אור ליום ב׳ ערב ט׳ באב, וויטעפסק [תקע״א]. וע״ש בהקדמה שאולי הוא הנחת כ״ק אדמו״ר הצ״צ. ההערות דלהלן המובאות בשם כ״ק אדמו״ר נדפסו בקונטרס ציון במשפט הנ״ל. לכללות המאמר ראה גם ד״ה ציון במשפט — תשל״ה (בסה״מ מלוקט ח״א ע׳ קנב). תשל״ו. תש״מ.
- 2ציון במשפט תפדה · ”והוא דבר פלא, שהתחלת פ׳ דברים היא בדרוש על פסוק שבהפטרת הפרשה, ובהפטרה גופא בפסוק האחרון שבה” — ד״ה ציון במשפט תשמ״ו. ראה לקו״ש חכ״ט ע׳ 10. וכ״ה בשיחת ש״פ דברים תשמ״ח ושם מוסיף בשולי הגליון ”אף שישנם דרושים של אדה״ז עה״פ אלה הדברים ועוד פסוקים בהפרשה (כמו שנדפסו באוה״ת להצ״צ) כדמוכח מהגהות הצ״צ להדרושים” — (סה״מ מלוקט ח״ח ע׳ קנב). מאמר זה נתבאר בד״ה ציון במשפט תשל״ו (סה״מ מלוקט ח״ג ע׳ רלא). ובסה״מ תשמ״ז. שייכות הפטרה זו לפ׳ דברים נתבאר בלקו״ש חכ״ט ע׳ 9 ואילך.
- 3ציון במשפט תפדה · Isaiah 1:27
- 4ציון במשפט תפדה · Shemot Rabbah 30:14–15
- 5ושמר כו׳ החסד · Devarim Rabbah 3:7
- 6והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
- 7בכל יום יהיו בעיניך כחדשים · ראה ספרי דברים ו, ו. ושם יא, יג כרש״י שם. ערוך מע׳ פרוזדגמא בשם ילמדנו. רש״י שמות יט, א. — הערת כ״ק אדמו״ר.
- 8בכל יום יהיו בעיניך כחדשים · Sifrei Devarim 33:1
- 9כחדשים · ”ולהעיר דהגם שהלשון במרז״ל זה הוא כחדשים (בכ״ף הדמיון) — הכוונה היא שהענין ד”כחדשים” יהי׳ באמת. ולהעיר מהלשון בלקו״ת (לקמן) א, ב ”כחדשים ממש” — ד״ה ציון במשפט תשל״ו. וראה גם בד״ה זה תשל״ה (סה״מ מלוקט ח״א ע׳ קנב) סעי׳ ג.
- 10י״א בשני וי״א בחמישי ועוף יעופף · Zohar I, 46a
- 11י״א בשני וי״א בחמישי ועוף יעופף · Bereshit Rabbah 3:8
- 12ועוף יעופף · Genesis 1:20
2ועוף זה מיכאל1 כו׳ אבל הנשמות שנמשכו מבחי׳ מחשבה2 היו קודם שי״ב [ששת ימי בראשית] וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במי נמלך3 בנשמותיהן של צדיקים4 ולא צדיקים לבד אלא כדכתיב ועמך כולם צדיקים5 וירידתן בגוף הוא צורך עלי׳ [עליה].6
« Les oiseaux » : c’est Mikhaël, etc. Mais les âmes, qui furent attirées du niveau de la pensée, existaient avant les six jours de la Création, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Avec qui prit-Il conseil ? Avec les âmes des justes. » Et pas seulement celles des justes, mais, comme il est écrit : « Et ton peuple est tout entier composé de justes. » Leur descente dans un corps a pour but une ascension.
Le Zohar interprète les « oiseaux » comme désignant l’ange Mikhaël : même les anges les plus élevés appartiennent donc aux jours de la Création. Les âmes, attirées de la « pensée » de D.ieu, existaient avant la Création : le Midrach dit que D.ieu « prit conseil » avec les âmes des justes et, puisque « ton peuple est tout entier composé de justes », cela inclut chaque âme juive. Leur descente dans un corps doit donc avoir pour but une ascension encore plus élevée.
Les anges furent créés pendant les six jours, par la parole de D.ieu, tandis que les âmes, enracinées dans Sa pensée, existaient avant la Création ; ainsi, la descente d’une âme dans un corps ne peut avoir pour but qu’une ascension.
Dans une note à son maamar de 5735, le Rabbi relie ce passage au Likkutei Torah, Roch Hachana : l’âme au-dessus du corps est comparable au soleil, en lequel il n’y a aucun changement. Parce que la racine de l’âme dans la pensée est constante et au-delà de tout changement, l’homme peut trouver chaque jour nouvelles les paroles de la Torah.
Maré mekomot
- 1ועוף זה מיכאל · Zohar, Bereshit 72:159–73:169
- 2שהנשמות נמשכו מבחי׳ מחשבה . . המחשבה היא תמידית · בד״ה זו תשל״ה (סה״מ מלוקט ח״א) הערה 17 מציין כ״ק אדמו״ר ”ראה לקו״ת ר״ה שם [סב, ג] שבחי׳ ישראל (היינו בחי׳ הנשמה שלמעלה מהגוף) היא ”כענין שמשא . . וכמו בהשמש אין שום שינויים בחי׳ לא שניתי כך בבחי׳ ישראל”. ועפ״ז יומתק הקשר להמובא בהדרושים . . שהנשמות ”נמשכו מבחי׳ מחשבה . . המחשבה היא תמידית” — כי הענין דבכ״י כחדשים הוא מצד ענין התמידות (למעלה משינויים) שבנשמה”.
- 3במי נמלך בנשמותיהם של צדיקים · Bereshit Rabbah 8:7
- 4במי נמלך בנשמותיהן של צדיקים · Ruth Rabbah 2:3
- 5ועמך כולם צדיקים · Isaiah 60:21
- 6וירידתן בגוף הוא צורך עלי׳ · Song of Songs 3:4
De la reconnaissance à la bénédiction ¶3–4
3ולהבין ענין העלי׳ [העליה] מאחר שגם בלא״ה [בלאו הכי] עלו במחשבה הנה י״ל [יש לומר] פי׳ נשמה שנתת בי טהורה היא1 כו׳
Pour comprendre la nature de cette élévation, puisque même sans cela ils s’étaient élevés dans la pensée, on peut expliquer [à travers] le sens de : « L’âme que Tu as placée en moi est pure », etc.
Si les âmes s’étaient déjà « élevées dans la pensée » avant la Création, quelle élévation un corps peut-il leur apporter ? L’Alter Rebbe répond à travers la bénédiction du matin : « Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure. »
והוא תחלת התפלה גם קודם לאשר יצר2 כמ״ש בגמרא פ׳ בתרא דברכות ד״ס ע״ב3 כי מתער משנתיה אומר אלקי נשמה שנתת בי טהורה היא4 כו׳.
C’est le début de la prière, même avant [la bénédiction] « Qui a formé (Asher yatsar) », comme il est écrit dans la Guemara, au dernier chapitre de Berachos, folio 60b : « Lorsqu’il se réveille de son sommeil, il dit : “Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure”, etc. »
Cette bénédiction ouvre les prières de la journée : la Guemara (Berachos 60b) indique qu’on la récite au réveil, avant même « Asher yatsar », la bénédiction sur le fonctionnement du corps. Ses formules retracent tout le parcours de l’âme, depuis sa source jusqu’à son entrée dans le corps.
פי׳ טהורה היא מבחי׳ טהירו עילאה5 ואח״א [ואחר אומר] אתה בראתה פי׳ בריאה היינו יש מאין עד נפחתה בי התלבשות הנשמה בתוכיות הגוף להחיותו ואתה משמרה שלא תצא מהגוף
C’est-à-dire que « est pure » signifie qu’elle provient du niveau de la pureté suprême (tehirou ila’a). Il dit ensuite : « Tu l’as créée » : la création (Béria) consiste à faire quelque chose à partir du néant ; puis vient « Tu l’as insufflée en moi », c’est-à-dire l’investissement de l’âme à l’intérieur du corps afin de lui donner la vie. « Et Tu la gardes » : afin qu’elle ne quitte pas le corps,
Chaque formule désigne une étape de la descente. « Pure » renvoie à la source de l’âme dans la pureté suprême (tehirou ila’a) ; « Tu l’as créée » désigne la création comme quelque chose à partir du néant ; « Tu l’as insufflée en moi » évoque son entrée dans le corps pour lui donner la vie ; et « Tu la gardes » l’empêche de quitter le corps.
והוא בבחי׳ מקיף וכך אור א״ס ב״ה סוכ״ע וממכ״ע [וממלא כל עלמין] ולא שסובב מלמעלה רק שבכל אתר ופנה הוא ממלא כהתלבשות החיות בהנברא וסובב מלמעלה בבחי׳ שמירה שלא יפסוק החיות ויצא כו׳ ועמ״ש בביאור ע״פ לבבתני אחותי.6
et cela relève d’un aspect enveloppant (makif). De même, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, entoure tous les mondes (sovev kol almin) et remplit tous les mondes (memalé kol almin). Cela ne signifie pas qu’elle se contente de les entourer d’en haut ; au contraire, elle remplit chaque lieu et chaque recoin, à la manière de la force vitale investie dans l’être créé, et les entoure d’en haut à la manière d’une garde, afin que la force vitale ne cesse pas et ne s’en aille pas, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans le Biur sur le verset : « Tu as ravi mon cœur, ma sœur. »
Cette garde est une force enveloppante (makif) qui maintient l’âme dans le corps depuis ce qui le dépasse. De même, la lumière de D.ieu remplit tous les mondes, leur donnant la vie de l’intérieur, et les entoure, veillant à ce que leur force vitale ne s’interrompe pas ; « entourer » ne signifie pas être absent des mondes inférieurs.
La bénédiction « Mon D.ieu, l’âme » retrace le parcours de l’âme, depuis sa source pure jusqu’à son entrée dans le corps, où une force enveloppante la maintient en place. Cette même double dimension — une vie intérieure et une garde enveloppante — décrit la manière dont la Lumière infinie remplit et entoure les mondes.
Le Tséma'h Tsédek (Or HaTorah, dans les notes de Kehot) soulève deux difficultés. Le texte de la bénédiction dans la Guemara commence par « Tu l’as formée » et ne mentionne pas « Tu l’as créée » (le Rabbi note que cette formule apparaît toutefois dans le Rif, dans un ordre différent, et chez le Rambam). Et si tehirou ila’a se situe au-dessus de Kéter, quelle élévation supplémentaire peut-il y avoir ? Il laisse cette seconde question à l’étude.
Maré mekomot
- 1נשמה שנתת בי טהורה היא · ברכת אלקי נשמה.
- 2קודם לאשר יצר · ”ראה שער הכולל פ״א סק״ח”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
- 3כמ״ש בגמרא פ׳ בתרא דברכות ד״ס ע״ב · באוה״ת דברים ע׳ כט: ”וצ״ע דשם לא נזכר ענין אתה בראת רק מתחיל אתה יצרת”, ועל זה העיר כ״ק אדמו״ר בקונטרס ציון במשפט שם: אבל נזכר ברי״ף (בשינוי סדר), ברמב״ם וכו׳. וראה ג״כ חדא״ג מהרש״א שם. דקדוקי סופרים.
- 4כי מתער משנתיה אומר אלקי נשמה שנתת בי טהורה היא · Berakhot 60b:4
- 5מבחי׳ טהירו עילאה · Zohar I, 15a
- 6בביאור ע״פ לבבתני אחותי · לקמן שה״ש כט, ד ואילך.
4והנה כל זמן שהנשמה בקרבי מודה אני1 שכאו״א [שכל אחד ואחד] יכול להודות לה׳ אבל אח״כ צ״ל ברוך אתה ה׳ הוא מדרגה גבוה יותר מבחי׳ ההודאה.
Or, « Tant que l’âme est en moi, je reconnais (modeh ani) » : chacun peut reconnaître D.ieu. Mais ensuite, il faut dire : « Béni sois-Tu, Havaya », ce qui est un degré supérieur au niveau de la reconnaissance (hoda’a).
La même bénédiction du matin dit : « Tant que l’âme est en moi, je Te reconnais (modeh ani) », des mots que chaque Juif peut prononcer. Pourtant, ensuite, on dit : « Béni sois-Tu, Havaya », et la bénédiction est un degré supérieur à la reconnaissance.
ולהבין זה ומהו הודאה כי מודים חכמים לר״מ [לרבי מאיר] לפי שמחולקים תחלה ואיך שייך לומר כן נגדו ית׳
Pour comprendre cela, et ce qu’est la reconnaissance : [on dit] « Les Sages reconnaissent (modim) l’avis de Rabbi Meïr », car ils étaient d’abord en désaccord. Et comment peut-on dire une telle chose à Son égard, béni soit-Il ?
Dans le Talmud, on dit que « les Sages reconnaissent (modim) l’avis de Rabbi Meïr » lorsqu’ils étaient d’abord en désaccord, puis admettent qu’il a raison. La reconnaissance implique donc qu’on ait d’abord soutenu un autre avis : comment peut-elle alors décrire notre rapport à D.ieu ?
אך כי אנו שוכני מטה אומרים שהבריאה הוא יש מאין ששמים וארץ ושמי השמים דבר היש הנראה לעינינו ומה שלמעלה הוא האין
Mais [voici l’explication] : nous qui habitons en bas disons que la création est une chose à partir du néant : le ciel, la terre et les cieux des cieux sont le « quelque chose » (yech), visible à nos yeux, tandis que ce qui est au-dessus est le « néant » (ayin).
La réponse est que, de notre point de vue d’en bas, les cieux matériels et la terre semblent réels, comme un « quelque chose » (yech), tandis que les mondes spirituels supérieurs semblent être un « néant » (ayin). C’est pourquoi nous décrivons la création comme « quelque chose à partir du néant ».
אבל אצלו ית׳ הוא בהיפך מן מה שנראה לעינינו כי כולא קמיה כלא2 ממש חשיב וכל מה שלמטה הוא יותר כלא וכאין
Pour Lui, béni soit-Il, c’est toutefois l’inverse de ce qui est visible à nos yeux, car « tout, devant Lui, est considéré comme véritablement néant », et tout ce qui est inférieur est d’autant plus comme rien et néant,
Du point de vue de D.ieu, c’est l’inverse. Comme le dit le Zohar, tout est comme rien devant Lui, et plus une chose est inférieure, plus elle est néant.
et Lui, béni soit-Il, est le véritable « quelque chose » (yech). (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Lorsque Israël fit précéder “Nous ferons” », et à la fin du discours commençant par « Lorsque tu écouteras la voix ».)
Lui seul est le véritable « quelque chose », l’unique existence réelle. Le texte renvoie à deux discours qui approfondissent ce sujet : « Lorsque Israël fit précéder “Nous ferons” » et « Lorsque tu écouteras la voix » (dans la paracha de Reéh).
וע״ז אנו אומרים מודים אנחנו שאנו מודים שהאמת הוא כמו שהוא בידיעתו ית׳ וכאו״א [וכל אחד ואחד] מישראל יש בו בחי׳ הודאה זו
Et à ce sujet, nous disons : « Nous reconnaissons (modim ana’hnou) », c’est-à-dire que nous reconnaissons que la vérité est telle qu’elle est dans Sa connaissance, béni soit-Il. Et chacun des enfants d’Israël possède ce niveau de reconnaissance.
La reconnaissance consiste donc à admettre que la vérité est telle que D.ieu la connaît, même si le monde ne nous apparaît pas ainsi. C’est ce que nous disons dans la prière de Modim, et chaque Juif possède cette capacité.
אך עכ״ז [עם כל זה] ההודאה הוא מרחוק דהיינו שבעצמו אינו אצל וסמוך לזה שמודה אלא בבחי׳ אמונה שהיא בחי׳ עטרה ומקיף
Néanmoins, cette reconnaissance est de loin : autrement dit, celui qui reconnaît n’est lui-même ni proche ni uni à ce qu’il reconnaît, si ce n’est par le niveau de la foi, qui est le niveau d’une couronne (atara) et d’une [lumière] enveloppante (makif).
Cette reconnaissance reste « de loin » : une personne admet la vérité sans en être elle-même proche. Elle repose sur la foi, qui entoure la personne comme une couronne (atara), un niveau enveloppant, au lieu d’être ressenti intérieurement.
ולכן גנבא אפום מחתרתא רחמנא קריא5 הרי שמאמין ביכולת רבוש״ע [רבונו של עולם] כו׳ אבל ברכה הוא גילוי
C’est pourquoi « le voleur, à l’entrée du tunnel, invoque le Miséricordieux » : il croit donc au pouvoir du Maître du monde, etc. Mais la bénédiction (berakha) est une révélation,
La preuve en est le voleur qui prie D.ieu à l’entrée de son tunnel, selon une formulation que donne la version de la Guemara dans Ein Yaakov (Berakhot 63a) : il croit au pouvoir de D.ieu, mais sa foi ne se répercute pas dans sa conduite. La bénédiction (berakha), en revanche, consiste à faire entrer la divinité dans la révélation.
comme dans « Yishmael, Mon fils, bénis-Moi ». Et ainsi : « Béni soit Havaya d’un monde à l’autre », etc. : cela est attiré du monde caché vers le monde révélé.
Lorsque D.ieu demanda à Rabbi Yishmael : « Bénis-Moi », celui-ci pria afin que la compassion de D.ieu se révèle : une bénédiction attire ce qui est caché. Ainsi, « Béni soit Havaya d’un monde à l’autre » s’interprète comme un influx attiré du monde caché vers le monde révélé.
והיינו ע״י והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום8 כו׳ שע״י מצות ותורה ממשיכים גילוי בנפש
Et cela se réalise par « Et ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui seront », etc. : par les mitsvot et la Torah, on attire une révélation dans l’âme.
Cet influx se réalise par la Torah et ses mitsvot, « ces paroles que Je t’ordonne ». Elles font entrer la divinité dans une révélation manifeste au sein de l’âme elle-même.
(וכמ״ש בספרי שמתוך כך אתה מכיר9 את מי שאמר והיה העולם10 ועמ״ש בד״ה וידעת היום11 והשבות12 מענין באמונתו יחיה)13 ומתחלה צ״ל ואהבת14 כו׳
(Comme le dit le Sifrei : « C’est ainsi que tu en viens à reconnaître Celui qui parla, et le monde fut ». Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et tu sauras aujourd’hui et tu prendras à [ton cœur] », au sujet de « il vivra par sa foi ».) Et il faut d’abord « Et tu aimeras », etc.,
Le Sifrei demande comment aimer D.ieu et répond que, par les paroles de la Torah qui sont sur le cœur, on en vient à reconnaître le Créateur ; le texte renvoie également à son développement sur « le juste vivra par sa foi ». Mais il faut d’abord « Et tu aimeras », qui précède « Et ces paroles » dans le Chéma.
שעי״ז אח״כ בש״ע [בשמונה עשרה] ברכות והמשכות בא״י [ברוך אתה ה׳] כו׳ היינו שבין בחי׳ הודאה לבחי׳ ברכה הוא בחי׳ אהבה כו׳
par cela, ensuite, dans la Chemoné Essré, [viennent] les bénédictions et les influx, « Béni sois-Tu, Havaya », etc. Autrement dit, entre le niveau de reconnaissance et le niveau de bénédiction se trouve le niveau de l’amour, etc.
Dans l’ordre de la prière, l’amour du Chéma conduit à la Chemoné Essré, dont les bénédictions, chacune formulée « Béni sois-Tu, Havaya », sont des influx. Ainsi, l’amour est l’étape qui se situe entre la reconnaissance et la bénédiction.
(Et voyez ce qui est écrit au sujet de la bénédiction dans le discours commençant par « Vois, je place devant vous aujourd’hui une bénédiction » : elle est le niveau de la vision, le niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc. ;
Le texte ajoute une référence : le discours « Vois, je place devant vous aujourd’hui une bénédiction » explique la bénédiction comme une « vision », un niveau de bitoul (annulation de soi).
ע״ש ועמ״ש בד״ה ביום השמיני עצרת17 בענין לבא מבחי׳ כריעה לבחי׳ השתחואה והשתחואה הוא בחי׳ ביטול והוא בחי׳ שמו״ע [שמונה עשרה] כמ״ש סד״ה השמים כסאי1819 ולכן הממוצע ביניהם הוא בחי׳ אהבה):
voyez là-bas. Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Le huitième jour, une assemblée », au sujet du passage du niveau de l’inclination au niveau de la prosternation ; la prosternation est le niveau de l’annulation de soi, et elle correspond à la Chemoné Essré, comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Les cieux sont Mon trône ». C’est pourquoi le niveau intermédiaire entre eux est celui de l’amour.)
Le discours sur Chemini Atseret évoque le passage de l’inclination à la prosternation complète, qui est le bitoul et correspond à la Chemoné Essré, comme l’explique la fin de « Les cieux sont Mon trône ». L’amour est donc le niveau intermédiaire entre eux.
La reconnaissance (hoda’a) admet de loin, par la foi, que D.ieu seul est véritablement réel ; la bénédiction (berakha) fait descendre cette vérité dans la révélation par la Torah et les mitsvot. L’amour, éveillé par le Chema, fait le lien entre les deux.
Le discours parallèle sur Reéh, auquel renvoie la note de Kehot, relie cette inversion aux deux unités. L’unité supérieure, dans laquelle tout est comme néant devant Lui, s’accomplit par le Nom Havaya ; l’unité inférieure, qui voit la création comme « quelque chose à partir du néant », s’accomplit par le Nom Elokim, qui dissimule afin que le monde paraisse indépendant, pour que son « quelque chose » soit annulé.
Maré mekomot
- 1כל זמן שהנשמה בקרבי מודה אני · Berakhot 60b:4
- 2כולא קמי׳ כלא חשיב · Zohar I, 11b
- 3בשעה שהקדימו ישראל נעשה · Shabbat 88a:7–8
- 4וסד״ה כי תשמע בקול · לקמן פ׳ ראה כג, ד.
- 5גנבא אפום מחתרתא רחמנא קריא · Berakhot 63a:4
- 6ישמעאל בני ברכני · Berakhot 7a:4
- 7ברוך ה׳ מן העולם · Psalms 106:48
- 8והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום · Deuteronomy 6:6
- 9וכמ״ש בספרי שמתוך כך אתה מכיר · ואתחנן ו, ו.
- 10שמתוך כך אתה מכיר את מי שאמר והיה העולם · Sifrei Devarim 33:1
- 11בד״ה וידעת היום · לקמן פ׳ ואתחנן ד, א ואילך.
- 12וידעת היום והשבות · Deuteronomy 4:39
- 13באמונתו יחיה · Habakkuk 2:4
- 14ואהבת · Deuteronomy 6:5
- 15בד״ה ראה אנכי נותן · לקמן פ׳ ראה יח, ד.
- 16ראה אנכי נותן לפניכם היום ברכה · Deuteronomy 11:26
- 17ביום השמיני עצרת · Numbers 29:35
- 18סד״ה השמים כסאי · תו״א א, ג.
- 19השמים כסאי · Isaiah 66:1
Royauté et essence ¶5
5ב והנה כדי שיבוא לבחי׳ ואהבת הוא ע״י התבוננות שמע ישראל1 ובשכמל״ו [וברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] פי׳ כי הנה הבריאה
2. Or, pour parvenir au niveau de « Et tu aimeras », il faut méditer sur « Écoute, Israël » et « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais ». Explication : la création
La section 2 explique comment parvenir à l’amour exprimé dans « Et tu aimeras » : en méditant sur « Écoute, Israël » et sur la phrase qui suit, « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais ». Cette seconde phrase explique ce que signifie que la création est « quelque chose à partir de rien ».
הוא יש מאין פי׳ כמ״ש בשכמל״ו [ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] שבחי׳ מלכותו מה שנק׳ מלך עליהם שאינו בחי׳ עצמיות הוא המחיה כל עולמות עליונים וממשלתך הוא למטה מבחי׳ המלוכה
est quelque chose à partir de rien. C’est-à-dire, comme il est dit dans « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » : le niveau de Sa Mal'hout (souveraineté), le fait qu’Il soit appelé Roi sur eux, qui n’est pas le niveau de Son essence, est ce qui donne vie à tous les mondes supérieurs. Et « Ta domination » est inférieure au niveau de la royauté,
« Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume » évoque la Mal'hout (souveraineté) de D.ieu, le fait qu’Il soit Roi sur les mondes, ce qui n’est pas Son essence ; tous les mondes supérieurs en reçoivent leur vie. « Ta domination » (Psalms 145:13) est un niveau inférieur à celui de la royauté.
שהוא מושל בעל כרחן שלא בטובתן והוא חיצוניות מדת מלכותו ית׳ הוא בכל דור ודור2 שיש דורות שהיו רשעים
car Il exerce sur eux une domination contre leur gré, sans leur consentement ; c’est la dimension extérieure ('hitsoniyout) de l’attribut de Sa Mal'hout, béni soit-Il. Elle est « dans chaque génération », car il y eut des générations méchantes,
Un roi règne sur des sujets qui y consentent, tandis que la domination s’impose contre leur gré ; c’est la dimension extérieure de Sa Mal'hout. Le verset dit qu’elle existe « dans chaque génération », y compris les générations méchantes.
כמו דור המבול כו׳ שלא קבלו עול מלכותו ברצון ואעפ״כ [ואף על פי כן] נמשך להם חיות רב מבחי׳ ממשלתך כו׳
comme la génération du Déluge, etc., qui n’accepta pas de plein gré le joug de Sa souveraineté ; néanmoins, une abondante force vitale leur fut dispensée depuis le niveau de « Ta domination », etc.
La génération du Déluge n’accepta pas la souveraineté de D.ieu, et pourtant elle reçut une abondante force vitale de ce niveau extérieur de « domination ». La domination de D.ieu soutient même ceux qui la rejettent.
והנה כל העולמות עליונים ג״ע [גן עדן] תחתון שהוא תענוג נפלא מעוה״ז עד שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] מוטב דלידייני׳3 כו׳
Or, tous les mondes supérieurs : le Gan Eden inférieur, dont le plaisir dépasse de loin celui de ce monde, au point que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Mieux vaut qu’il soit jugé », etc.,
Parmi les mondes supérieurs figure le Gan Eden inférieur, dont le plaisir dépasse tellement celui de ce monde que Rabbi Meïr dit d’A’her : « Mieux vaut qu’il soit jugé », puis qu’il entre dans le Monde futur. Pourtant, même un plaisir aussi grand appartient à l’ordre de la création.
וג״ע [וגן עדן] עליון ויש עוד עליות לאין קץ כולם נתהוו רק מבחי׳ מלכותו ית׳ ולכן נקרא הבריאה יש מאין
et le Gan Eden supérieur, ainsi que des ascensions encore plus élevées, sans fin : tous sont venus à l’existence uniquement du niveau de Sa Mal'hout, béni soit-Il. C’est pourquoi la création est appelée quelque chose à partir de rien,
Au-delà se trouvent le Gan Eden supérieur et d’autres ascensions sans fin ; pourtant, tous sont venus à l’existence uniquement de la Mal'hout de D.ieu. C’est pourquoi la création est appelée « quelque chose à partir de rien ».
כי התהוות הנבראים הוא מבחי׳ שהוא כאין ואפס שאינו רק בחי׳ זיו והארה ממנו ית׳ והוא בחי׳ ומדת מלכותו ית׳ וע׳ בפ׳ ראה ע״פ אחרי
car la venue à l’existence des créatures procède d’un niveau qui est comme rien et néant, n’étant qu’un rayonnement et une lueur émanant de Lui, béni soit-Il ; c’est là le niveau et l’attribut de Sa Mal'hout, béni soit-Il. Voir aussi, dans la paracha Reéh, le commentaire sur le verset « Après ».
Les créatures procèdent d’un niveau qui est « comme rien » en comparaison de D.ieu : la Mal'hout n’est qu’un rayonnement et une lueur de Lui, et non Son essence. De ce « rien » vient le « quelque chose » de tous les mondes ; le texte renvoie à un maamar de la paracha Reéh pour plus de détails.
וגם זאת אינה מתלבשת בתוכיותם רק עומד עליהם מלמעלה בבחי׳ מקיף ע׳ [עיין] בפ׳ בלק ע״פ מי מנה4 וכמשל המלך אשר שמו נקרא עליהם.
Et même ce rayonnement ne s’investit pas en eux ; il se tient plutôt au-dessus d’eux, d’en haut, à la manière d’une lumière enveloppante (makif) (voir, dans la paracha Balak, le commentaire sur le verset « Qui a compté »), comme dans l’image du roi dont le nom est proclamé sur eux.
Même ce rayonnement ne pénètre pas dans les mondes, mais les enveloppe, comme le nom d’un roi est proclamé sur son peuple sans que le roi lui-même soit en son sein. Le texte renvoie ici au maamar « Qui a compté » de la paracha Balak.
אך הנה כ״ז [כל זה] הוא מצד סדר השתלשלות והתהוות העולמות עליונים אבל בעוה״ז ע״י תשובה ומע״ט [ומעשים טובים] יוכל להמשיך גילוי עצמות א״ס ב״ה ממש
Mais tout cela relève de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et de l’émanation des mondes supérieurs. Dans ce monde, en revanche, par la techouva (retour) et les bonnes actions, on peut faire descendre une révélation de l’essence même de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
Tout cela appartient à l’ordre de l’hichtalchelout, la manière dont les mondes viennent à l’existence. Dans ce monde, toutefois, la techouva et les bonnes actions peuvent faire descendre une révélation de l’essence même de D.ieu, bien au-dessus de Mal’hout.
ועוד זאת ישים אל לבו שבעוה״ב [שבעולם הבא] א״א לעלות רק בהדרגה5 כף הקלע וגיהנם ג״ע [גן עדן] תחתון נהר דינור ג״ע [גן עדן] ע ליון כו׳ כמשפט הראוי לפי שהוא מבחי׳ ממלא
De plus, qu’il prenne à cœur que, dans le Monde futur, il est impossible de s’élever autrement que par étapes : le creux de la fronde, le Guéhinom, le Gan Eden inférieur, le fleuve de feu, le Gan Eden supérieur, etc., selon ce qui convient, car cela relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).
Dans le Monde futur, une âme ne peut s’élever que par étapes, en passant par des degrés tels que le « creux de la fronde », le Guéhinom, le Gan Eden inférieur, le fleuve de feu et le Gan Eden supérieur. Cet ordre graduel relève de la lumière qui remplit tous les mondes, chacun selon sa mesure.
אבל בעוה״ז יכול להשתנות מן הקצה אל הקצה מיד כרגע67 עד שלדינא המקדש את האשה ע״מ [על מנת]8 הוא צדיק גמור מקודשת אפי׳ [אפילו] הוא רשע9 גמור שמא הרהר תשובה10 כו׳
Mais, dans ce monde, on peut changer d’un extrême à l’autre immédiatement, en un instant, au point que, selon la loi, si un homme épouse une femme à condition d’être parfaitement juste, elle est épousée même s’il est parfaitement mécréant, car peut-être a-t-il eu une pensée de techouva, etc.
Dans ce monde, une personne peut changer d’un extrême à l’autre en un seul instant. La Guemara statue que si un homme épouse une femme « à condition que je sois parfaitement juste », elle est épousée même s’il est parfaitement mécréant, car il se peut qu’il ait eu une pensée de techouva.
והיינו מפני שיש הארת הסובב ומטעם זה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] יפה שעה11 אחת בתשובה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז12 כו׳ וזהו מרב כל13 פי׳ למעלה מעוה״ב [מעולם הבא] הנק׳ כל1415 (עמ״ש בד״ה מנורת זהב)1617
Cela tient à ce qu’il y a [ici] un rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). C’est pour cette raison que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde est préférable », etc. Et c’est là « plus que tout » (merov kol), c’est-à-dire au-dessus du Monde futur, appelé « tout » (kol). (Voir ce qui est écrit dans le discours intitulé « Un candélabre d’or ».)
Un changement aussi soudain est possible parce que sovev kol almin, la lumière qui dépasse toute mesure, rayonne ici. C’est pourquoi une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde est préférable à toute la vie du Monde futur. L’expression de la Torah « plus que tout » (merov kol) se comprend ainsi : au-dessus du Monde futur, appelé « tout » (kol).
ולכן יהיה ואהבת בכל נפשך18 במס״נ [במסירות נפש] ולא מסירת הגוף בלבד והתכלית להמשיך א״ס ב״ה הסובב למטה והיינו ע״י תורה ומצות.
C’est pourquoi « Tu aimeras […] de toute ton âme » doit s’accomplir par le sacrifice de soi (messirout néfech), et non par le seul don du corps. Le but est de faire descendre ici-bas l’Infini, béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; cela se réalise par la Torah et les mitsvot.
Ainsi, aimer D.ieu « de toute ton âme » signifie messirout néfech : donner son âme elle-même, et pas seulement son corps. Le but est de faire descendre dans ce monde l’Infini, qui englobe tout ; cela s’accomplit par la Torah et les mitsvot.
וז״ש [וזהו שכתוב] והיו הדברים האלה אשר אנכי19 מי שאנכי20 עצמותו ית׳ מצוך לשון התקשרות ולא מבחי׳ שם כבוד מלכותו ית׳ היום דוקא ולא למחר בעוה״ב [בעולם הבא]21 שאינו
Et c’est le sens de ce qui est écrit : « Et ces paroles, que Moi… » : « Moi », Celui qui suis ce que Je suis, Son essence même, béni soit-Il ; « te commande » (metsavkha), expression de lien, et non du niveau du « Nom de la gloire de Son royaume », béni soit-Il ; « aujourd’hui » : précisément aujourd’hui, et non demain, dans le Monde futur, qui est
Chaque mot du verset est maintenant interprété ainsi : « Moi » (Ano’hi) désigne l’essence même de D.ieu, et non le niveau de Son royaume ; « te commande » (metsavkha) signifie unir, lier ensemble ; et « aujourd’hui » signifie dans ce monde, non dans le Monde futur.
רק לקבל שכרם ובהתבוננו בזה בכל יום יהיו בעיניך כחדשים ממש כיון שהיום בעוה״ז הוא שיכול להמשיך מבחי׳ עצמותו ומהותו ית׳ משא״כ למחר בעוה״ב [בעולם הבא] כו׳ וע׳ בפ׳ פינחס ע״פ צו את2223 כו׳
uniquement pour recevoir leur récompense. Et lorsque vous méditerez à cela, chaque jour, elles vous paraîtront véritablement nouvelles, puisque c’est aujourd’hui, dans ce monde, que l’on peut faire descendre du niveau de Son essence et de Son être, béni soit-Il, contrairement à demain, dans le Monde futur, etc. Voir aussi, dans la paracha Pin’has, sur le verset « Ordonne… », etc.
Le Monde futur ne sert qu’à recevoir la récompense. Puisque c’est uniquement ici, aujourd’hui, que l’on peut faire descendre l’essence même de D.ieu, les mitsvot peuvent paraître véritablement nouvelles chaque jour ; cela répond à la question qui ouvrait le maamar.
ולכן נק׳ המצות רמ״ח אברים24 רמ״ח המשכות החיות מהרצון העליון כמשל האבר שיש בו גיד מהמוח שמתלבש בו הרצון להטותו כפי שרוצה כו׳
C’est pourquoi les mitsvot sont appelées 248 membres : 248 effusions de force vitale provenant de la Volonté suprême. Cela ressemble à un membre qui contient un nerf venant du cerveau, dans lequel la volonté s’investit afin de le faire bouger comme on le souhaite, etc.
Les mitsvot sont appelées les 248 « membres » du Roi : chacune est un canal de vie provenant de la Volonté suprême. De même, un membre contient un nerf venant du cerveau, par lequel la volonté le met en mouvement.
וזהו ואהבת להיות הוי׳ אלקיך גילוי אלקות בשיני חללי לבך25 חלל השמאלי מרירות על שהוא משוקע בעניני עוה״ז וריחוקו מה׳ וחלל הימיני שמחה של מצוה כו׳
Et voici ce que signifie « Et tu aimeras » : que Havaya soit ton D.ieu, une révélation de la divinité dans les deux chambres de ton cœur : la chambre gauche, l’amertume de se trouver plongé dans les affaires de ce monde et éloigné de D.ieu ; et la chambre droite, la joie d’une mitsva, etc. :
« Et tu aimeras » signifie donc que Havaya devienne « ton D.ieu », révélé dans les deux chambres du cœur. La chambre gauche ressent de l’amertume à se trouver plongée dans les affaires de ce monde et éloignée de D.ieu, et la droite éprouve la joie d’une mitsva.
ישמח ישראל בעושיו26 הן המצות שנתלבשו בעשי׳ [בעשיה] וע׳ ב סש״ב [ספר של בינונים] ס״פ ל״ד וכל שתהיה המרירות יותר מההעדר
« Qu’Israël se réjouisse en son Créateur (be’osav) » : il s’agit des mitsvot, qui sont investies dans [le Monde d’]Assiya (Action). Voyez aussi le Sefer Shel Beinonim, à la fin du chapitre 34. Et plus l’amertume devant le manque sera grande,
« Qu’Israël se réjouisse en son Créateur (be’osav) » se comprend comme une joie dans les mitsvot, qui sont revêtues dans Assiya, le monde de l’action : be’osav s’entend comme « dans ses œuvres », les actes qu’Israël accomplit. Le Tanya, à la fin du chapitre 34, explique comment un cœur brisé et la joie peuvent être éprouvés simultanément.
אזי יהיה אח״כ יתרון השמחה מהגילוי אור א״ס שע״י המצות (וע׳ בד״ה אסרי לגפן2728 ובד״ה בהעלותך2930 ובד״ה מנורת זהב הנ״ל)
alors, par la suite, la joie procurée par la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) qui vient par les mitsvot sera d’autant plus grande. (Voyez aussi le discours commençant par « Liant à la vigne », celui qui commence par « Quand tu allumeras », et celui qui commence par « Un chandelier d’or », mentionnés plus haut.)
Plus l’amertume devant ce qui manque est profonde, plus grande sera la joie qui suivra : une joie suscitée par la Lumière infinie révélée par les mitsvot. Le texte renvoie à trois discours qui développent cette idée.
ואף שאין הגילוי עתה לעתיד יהיה הגילוי וז״ש [וזהו שכתוב] זורע צדקות ומצמיח ישועות31 וישע ה׳ שע״ה נהורין וה״ז [והרי זה]
Et bien que la révélation ne soit pas présente maintenant, elle se manifestera dans les temps futurs. Tel est le sens de ce qui est dit : « Il sème des actes de justice et fait germer des délivrances » ; et « Et Havaya se tourna (vayisha) » : les 375 lumières. Et cela est
Cette révélation est cachée maintenant, mais elle se manifestera dans les temps futurs. C’est le sens de la bénédiction : « Il sème des actes de justice et fait germer des délivrances » : les mitsvot sont semées maintenant, et les « délivrances » sont associées à vayisha, « Havaya se tourna » (Genesis 4:4), que le texte met en relation avec les 375 lumières.
כמו אדם שיש לו תיבה מלאה אבנים טובות ומרגליות שהוא שמח מאד בהם אף שאינו רואה אותם כי הם סגורים בתיבה:32
comme une personne qui possède un coffre rempli de pierres précieuses et de perles : elle en est très heureuse, bien qu’elle ne les voie pas, car elles sont enfermées dans le coffre.
En attendant, la personne ressemble à quelqu’un qui possède un coffre fermé rempli de joyaux et s’en réjouit sans pouvoir les voir. De même, on peut se réjouir de la lumière attirée par les mitsvot avant même qu’elle ne soit révélée.
La méditation sur le Chéma montre que tous les mondes, même les plus élevés, procèdent de la Mal'hout de D.ieu, qui n’est qu’un rayonnement, tandis que, dans ce monde, la techouva, la Torah et les mitsvot attirent Son essence même. C’est pourquoi les mitsvot peuvent être nouvelles chaque jour, et pourquoi l’amour emplit les deux chambres du cœur : avec l’amertume de l’éloignement de D.ieu et la joie des mitsvot.
Les notes de Kehot renvoient au Tikkunei Zohar (Tikkun 30) au sujet des mitsvot comme 248 membres, ainsi qu’à Berachos 54a et au Sifrei concernant l’amour de D.ieu des deux côtés du cœur. Le maamar de Beha'aloscha cité dans la note explique pourquoi les larmes et l’amertume suscitent un éveil d’en haut, et renvoie à l’enseignement suivant : « une autre raison est que, par l’amertume, on mérite une révélation de la divinité », qui est l’enseignement donné ici.
Maré mekomot
- 1שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 2וממשלתך . . בכל דור ודור · Psalms 145:13
- 3מוטב דלדייני׳ · Chagigah 15b:3
- 4מי מנה · Numbers 23:10
- 5בעוה״ב . . רק בהדרגה · ועל״ק (לד, א) ותחילה צריך לירד לגיהנם כו׳. וע׳ ד״ה יפה שעה א׳ בוך פערטעל (קכז, ב) [מצויין בספריית כ״ק אדמו״ר במס׳ 499. והוא ד״ה יפה שעה א׳ מאדהאמ״צ הנדפס במאמרי אדה״א קונטרסים ע׳ רמא ואילך]. כה״ק לראשית גוי׳ ואינו מועיל גיהנם שזהו בירור אלא איבודו זהו תיקון כו׳. וגיהנם מועיל לז׳ עמים מדות רעות שבנפה . . . ועל״ק (ע, א) כמ״ש כאן. [כ].
- 6יכול להשתנות מן הקצה אל הקצה מיד כרגע · זח״א קכט, סע״א. בלקו״ש חי״ט ע׳ 593 בהערה מציין כ״ק אדמו״ר ע״ז: ”ולהעיר מיחזקאל יח, כא ואילך”.
- 7יכול להשתנות מן הקצה אל הקצה מיד כרגע · Zohar, Chayei Sara 15:114–16:121
- 8המקדש את האשה ע״מ שהוא צ״ג · Kiddushin 49b:4–5
- 9וישע ה׳ · Genesis 4:4
- 10המקדש את האשה ע״מ הוא צדיק גמור מקודשת אפי׳ הוא רשע גמור שמא הרהר תשובה · Shulchan Arukh, Even HaEzer 38:31
- 11יפה שעה א׳ בתשובה · אבות ד, יז.
- 12יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט בעוה״ז · Pirkei Avot 4:17
- 13מרוב כל · Deuteronomy 28:47
- 14מעוה״ב הנק׳ כל · ראה ב״ב יז, רע״א. פי׳ האריז״ל ע״פ תחת גו׳ מרוב כל. של״ה תושב״כ פ׳ תבא.
- 15מעוה״ב הנק׳ כל · Bava Batra 17a
- 16בד״ה מנורת זהב · לעיל בהעלותך לג, ד.
- 17מנורת זהב · Zechariah 4:2
- 18ואהבת בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
- 19והיו הדברים האלה אשר אנכי · Deuteronomy 6:6
- 20אנכי מי שאנכי · נסמן לעיל פינחס פ, ב.
- 21היום . . ולא למחר בעוה״ב · Eruvin 22a:5–6
- 22בפ׳ פינחס ע״פ צו את · לעיל פנחס עה, ג.
- 23צו את · Numbers 28:2
- 24נק׳ המצות רמ״ח אברים · ראה ת״ז ת״ל.
- 25ואהבת . . בשני חללי לבך · Berakhot 54a:6–7
- 26ישמח ישראל בעושיו · Psalms 149:2
- 27בד״ה אסרי לגפן · תו״א מו, ג.
- 28אסרי לגפן · Genesis 49:11
- 29ובד״ה בהעלותך · לעיל בהעלותך ל, ב ”והטעם בזה .ֿ. ועמ״ש לקמן עוד טעם בזה שע״י המרירות זוכה לגילוי אלקות”.
- 30בהעלותך · Numbers 8:2
- 31זורע צדקות ומצמיח ישועות · ברכת יוצר.
- 32תיבה מליאה אבנים טובות . . סגורים בתיבה · בסה״ש תנש״א כרך ב ע׳ 802 הערה 53 מציין גם לסה״מ תרכ״ז (צילום כת״י הר״ש סופר) ס״ע תלג ואילך. סה״מ תרכ״ט ריש ע׳ רט.
Sion et ses captifs ¶6
6ג אך כל זה הוא כפי שצריך להיות אבל כשאינו כן והמרירות הוא מעניני עולם הזה בהעדרו בבני חיי מזוני
3. Mais tout cela est conforme à ce qui devrait être. Toutefois, lorsqu’il n’en est pas ainsi et que l’amertume porte sur des affaires de ce monde, sur le manque de « descendance, vie et subsistance »,
La section 3 se tourne vers une personne dont les sentiments sont mal orientés : son amertume porte sur des manques matériels — « descendance, vie et subsistance ». C’est l’inverse de l’amertume due à l’éloignement de D.ieu décrit précédemment.
וכן השמחה היא משלימותו בהם זהו בחי׳ גלות הניצוץ אלהי בתוך נה״ב [נפש הבהמית] כרחל לפני גוזזיה1 כו׳
et que, de même, sa joie vient du fait qu’elle les possède en abondance, c’est là le niveau de l’exil de l’étincelle divine au sein de l’âme animale, « comme une brebis devant ceux qui la tondent », etc.
Sa joie, elle aussi, vient du fait qu’elle possède ces choses en abondance. C’est l’exil de l’étincelle divine à l’intérieur de l’âme animale, silencieuse et impuissante « comme une brebis devant ceux qui la tondent » (Isaïe 53:7).
(Voir plus haut, sur le verset « Voici les étapes ».) C’est à ce sujet qu’il est écrit : « Tsion sera délivrée par la justice. » Tsion est un terme qui désigne un signe : « Je suis un signe » (ana simana), etc.
C’est à propos de cet exil que le verset dit : « Tsion sera délivrée par la justice. » Tsion signifie un signe ou un repère : le Talmud déduit ce sens du verset d’Ézéchiel « il établira un repère (tsiyoun) à côté », et le Zohar emploie l’expression « Je suis un signe ».
והיינו בחינת פנימית הלב ואהבה הטבעיות ואהבה פנימיות המסותרת בלב איש ישראל (וע׳ בד״ה כי תצא10 וע״פ רני ושמחי בת ציון1112 כו׳).
Et cela désigne le niveau de la dimension intérieure du cœur (pnimiyout halev), de l’amour naturel et de l’amour intérieur caché dans le cœur d’un Juif. (Voir aussi le discours commençant par « Lorsque tu sortiras », et le commentaire sur le verset « Chante et réjouis-toi, fille de Tsion », etc.)
Tsion désigne la dimension intérieure du cœur : l’amour naturel et caché pour D.ieu qui réside dans le cœur de chaque Juif, sous les sentiments manifestes. Le texte renvoie à deux discours qui approfondissent cet amour intérieur.
וגם היא בגלות ותפדה במשפט היינו הלכות13 כתרגומו ע״פ כמשפט הראשון14 כהלכתא קדמייתא1516 והיינו כמשארז״ל [כמו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] אין הגליות מתכנשות
Celle-ci aussi est en exil, et elle « sera délivrée par le michpat », c’est-à-dire par les lois (halakhot), comme le traduit le Targoum dans le verset « selon la règle précédente » (kemishpat harishon) : « selon la halakha précédente ». C’est dans ce sens que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les exilés ne seront rassemblés
Cet amour intérieur est lui aussi en exil, et il est délivré « par le michpat », qui désigne ici les lois de la Torah : Onkelos traduit le mot michpat de Genèse 40:13 par halakha. Les Sages disent donc que les exilés ne seront rassemblés qu’en vertu de l’étude de la Michna.
אלא17 בזכות המשניות שנאמר גם כי יתנו בגוים18 כו׳ כי התורה אור19 (וע׳ ע״פ ואלה המשפטים2021 כו׳ לפניהם לבחי׳ פנימיותם כו׳ ע״ש)
qu’en vertu de l’étude des Michnayot, ainsi qu’il est dit : « Même s’ils contractent alliance (yisnu) parmi les nations », etc. Car la Torah est lumière. (Voir aussi le commentaire sur le verset « Et voici les lois », etc., « devant eux » : vers leur dimension intérieure, etc. Voir là-bas.)
Le Midrach le prouve à partir du verset d’Osée : « Même s’ils étudient (yisnu) parmi les nations, maintenant Je les rassemblerai », comprenant yisnu comme « ils étudient ». La Torah est lumière, et son étude révèle le cœur intérieur, comme l’explique le texte à propos de « devant eux » dans Michpatim : « vers leur dimension intérieure ».
ושביה ב׳ חללי הלב שהם שבוים ממש כי המרירות שהיתה ראויה להיות על ריחוקו מה׳ עתה נהפוך הוא על חסרוני העוה״ז
« Et ses captifs » désigne les deux chambres du cœur, qui sont véritablement captives. Car l’amertume qui aurait dû porter sur son éloignement de D.ieu porte maintenant, au contraire, sur les manques de ce monde,
« Ses captifs » désigne les deux chambres du cœur, qui sont véritablement retenues captives. L’amertume qui devrait porter sur l’éloignement de D.ieu est au contraire dirigée vers les manques de ce monde.
וכן השמחה שהיתה ראויה להיות מן המצות היא מתאוות עוה״ז וה״ז [והרי זה] כשבוים ממש משא״כ בחי׳ ציון שאין בחינה זו בלעומת זה (ועיין ע״פ חכלילי)22
et, de même, la joie qui aurait dû venir des mitsvot vient des désirs de ce monde ; elles sont donc comme de véritables captives. Il n’en va pas ainsi du niveau de Tsion, car ce niveau n’existe pas dans « ce qui lui est opposé » (le’oumat zé). (Voir aussi le commentaire sur le verset « [Ses yeux sont] rouges » (khakhlili).)
De même, la joie qui devrait provenir des mitsvot vient des désirs de ce monde. Tsion, le cœur intérieur, est différent : il n’a pas de pendant du côté opposé à la sainteté (le’oumat zé) ; il peut donc être en exil, mais ne peut être réduit en captivité.
והמה יפדו בצדקה רחמנות על העני ומדה כנגד מדה רחם עלינו ותן בלבנו23 בינה ובינה לבא2425 כו׳ וע׳ באגה״ק [באגרת הקודש] ע״פ זורע צדקות26 וע״פ והי׳ [והיה] מעשה הצדקה שלום.2728
Et elles sont délivrées par la charité : par la compassion envers le pauvre. Mesure pour mesure : « Aie compassion de nous et mets la compréhension (Bina) dans notre cœur », et « Bina est le cœur », etc. Voir aussi Iggeres HaKodesh, sur « Il sème des actes de charité » et sur le verset « Et l’œuvre de la charité sera la paix ».
Les chambres captives sont délivrées par la charité, par la compassion envers le pauvre. Mesure pour mesure, D.ieu a alors compassion de nous et « met la compréhension dans notre cœur », comme le demande la prière du matin ; Bina réside dans le cœur. Le texte renvoie également à deux lettres d’Iggeres HaKodesh consacrées à la charité.
והנה בבחי׳ ציון כתיב כי שם צוה2930 ה׳ את הברכה (בתלים סי׳ קל״ג) וכמ״ש באדר״ז [באדרא זוטא] (דרצ״ו ב׳ ודרצ״ג31 סע״ב [סוף עמוד ב])
Or, au sujet du niveau de Sion, il est écrit : « Car c’est là que Havaya a ordonné la bénédiction » (Psaumes, chapitre 133), comme il est écrit dans l’Idra Zouta (296b, et fin de 293b).
Le psaume dit au sujet de Sion : « Car c’est là que Havaya a ordonné la bénédiction. » L’Idra Zouta situe Sion à l’endroit d’où les bénédictions sont attirées vers le bas et dit qu’en Sion tout est compassion.
ובפ׳ צו (דל״א32 א׳) הרי שבחי׳ ומדרגת ברכה הנ״ל והוא פנימית הלב שלמעלה מבחי׳ אהבה זהו בחי׳ ציון.
et dans la Paracha Tsav [du Zohar] (31a). Ainsi, le niveau et le degré de bénédiction mentionnés plus haut, qui sont la dimension intérieure du cœur, au-dessus du niveau de l’amour, constituent le niveau de Sion.
Le Zohar, dans la Paracha Tsav, parle également de Sion. Le niveau de bénédiction décrit précédemment — le cœur intérieur, qui est au-dessus de l’amour — est donc Sion.
ועמ״ש מענין פנימית הלב בד״ה ביום השמיני שלח3334 שע״ז נאמר וקדם צרתני35 ועמ״ש בביאור ע״פ אחת היא יונתי3637 בענין בכל מאדך38
Voir aussi ce qui est écrit au sujet de la dimension intérieure du cœur dans le discours commençant par « Le huitième jour, il renvoya », où il est dit à ce propos : « Et avant (kedem), Tu m’as formé » ; voir aussi ce qui est écrit dans le Biour sur le verset « Elle est unique, ma colombe », au sujet de « de toute ta force ».
Le texte renvoie à deux développements sur le cœur intérieur : le discours sur Chemini Atseret, qui interprète « et avant (kedem), Tu m’as formé » comme désignant ce niveau, et le Biour sur « Elle est unique, ma colombe », au sujet de l’amour de D.ieu « de toute ta force ».
וכן פי׳ האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה]39 הובא בספר זהר הרקיע (דקכ״ב א׳) שבחי׳ ציון הוא בחי׳ ממעמקים קראתיך40 כו׳.
De même, le Arizal — que sa mémoire soit bénie — a expliqué (comme le rapporte le livre Zohar HaRakia, 122a) que le niveau de Sion est celui de « Des profondeurs, je T’ai appelé », etc.
Le Arizal enseigna également, comme le rapporte le livre Zohar HaRakia, que Sion est « Des profondeurs, je T’ai appelé » (Psaumes 130:1). Sion est l’appel qui s’élève des profondeurs.
והובא דבריו בסה״מ [בספר הדרת מלך] סי׳ קנ״ו41 ועמ״ש בד״ה לבבתני4243 בפי׳ ברוך שיש בו שני פירושים כו׳ וב׳ פירושים ההם זהו ענין ברוך וענין ברכה
Ses paroles sont rapportées dans Sefer Hadras Melech, section 156. Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Tu as ravi mon cœur », au sujet du sens de baruch, qui a deux significations, etc. Ces deux significations correspondent aux notions de baruch et de berachah.
Les paroles du Arizal sont également rapportées dans Sefer Hadras Melech. Le discours « Tu as ravi mon cœur » explique que le mot baruch a deux significations, qui correspondent aux deux notions de baruch et de berachah (bénédiction).
והנה אורייתא מחכמה נפקת הוא בחי׳ ברוך לכן ציון שהוא בחי׳ ברכה במשפט תפדה דהיינו על ידי הלכות התורה כו׳
Or, « la Torah provient de 'Hokhma (sagesse) » correspond au niveau de baruch ; c’est pourquoi Sion, qui est le niveau de berachah, « sera délivrée par le mishpat », c’est-à-dire par les lois de la Torah, etc.
La Torah, qui « provient de 'Hokhma », correspond au niveau de baruch. Sion, le niveau de berachah, est donc délivrée « par le mishpat », c’est-à-dire par les lois de la Torah.
ועמ״ש בד״ה רני ושמחי44 בענין מ״ש גבי יוסף ויקראו לפניו אברך45 שהוא ג״כ בחי׳ ברוך וברכה מבואר בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ ויצא46 ציון גימטריא יוסף כו׳
Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi », au sujet de ce qui est écrit concernant Yossef : « On criait devant lui : “Avrekh” », qui correspond également aux niveaux de baruch et de berachah. Cela est expliqué dans le Likkutei Torah [du Arizal], Parachat Vayétsé : Tsiôn a la même valeur numérique que Yossef, etc.
Yossef est lui aussi lié à baruch et berachah, car on criait devant lui : « Avrekh » (Genèse 41:43). Le Arizal remarque que Tsiôn et Yossef ont la même valeur numérique, 156.
וע׳ בפ׳ בשלח (דנ״ה ע״ב)47 ע״פ בשוב ה׳ ציון ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות]48 שם ובפרשה במדבר (דקי״ח49 א׳) ע״פ יברכך ה׳ מציון.
Et voyez dans la paracha Bechala'h (55b), sur le verset « Quand Havaya ramènera Sion », ainsi que dans le commentaire du Ramaz à cet endroit ; et dans la paracha Bamidbar (118a), sur le verset « Que Havaya te bénisse depuis Sion ».
Le texte ajoute des passages du Zohar sur Sion : celui de Bechala'h sur « Quand Havaya ramènera Sion », avec le commentaire du Ramaz, et celui de Bamidbar sur « Que Havaya te bénisse depuis Sion ».
וענין ושביה בצדקה י״ל [יש לומר] עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בד״ה ושמתי כדכד5051 בענין וצדקה תרומם גוי52 ועפמ״ש [ועל פי מה שכתוב] סד״ה ועתה יגדל נא כח5354 כו׳ גבי בחסד ואמת יכופר עון55 כו׳
Quant à la question de « ses captifs par la charité », on peut l’expliquer selon ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je ferai [tes fenêtres] en kadkod », à propos de « La charité élève une nation », et selon ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et maintenant, que la puissance soit grande », etc., au sujet de « Par la bonté et la vérité, la faute est expiée », etc. ;
À propos de « ses captifs par la charité », le texte renvoie aux développements sur « La charité élève une nation » (Proverbes 14:34) et sur « Par la bonté et la vérité, la faute est expiée » (Proverbes 16:6), dans d’autres discours.
ע״ש ועמ״ש סד״ה ויעש דוד שם56 באג״ה [באגרת הקודש] ועמ״ש סד״ה מי מנה5758 בענין מעלת המשכה שע״י עסק התורה ומשם יובן ג״כ ענין ציון במ שפט דוקא תפדה שהוא עסק התורה.
Voyez là-bas. Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « David se fit un nom », dans Iggeres HaKodesh, ainsi que ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Qui a compté », au sujet de la supériorité de l’effusion qui s’opère par l’étude de la Torah ; on comprendra également de là pourquoi « Sion sera rachetée » précisément « par le mishpat », c’est-à-dire par l’étude de la Torah.
Il renvoie aussi à Iggeres HaKodesh, sur « David se fit un nom », et à la fin de « Qui a compté », au sujet de l’effusion particulière qui s’opère par l’étude de la Torah. Cela explique pourquoi Sion est rachetée précisément « par le mishpat », c’est-à-dire par l’étude de la Torah.
ושביה בצדקה יעו״ש [יעויין שם]. ועיין מה שכתוב בד״ה מה טובו5960 גבי והתשובה השלישית והוא ע״י התורה כו׳:616263646566
Et « ses captifs par la charité » : voyez là-bas. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Que tes tentes sont belles », au sujet du « troisième [niveau de] techouva », qui s’accomplit par la Torah, etc.
Les mêmes discours expliquent « ses captifs par la charité ». Enfin, le texte renvoie au discours « Que tes tentes sont belles », sur le troisième niveau de techouva, qui s’accomplit par la Torah.
Lorsque l’amertume et la joie d’une personne sont attachées aux choses de ce monde, l’étincelle divine est en exil. Tsion, le cœur intérieur, est délivrée par l’étude des lois de la Torah, et les chambres captives du cœur par la charité ; Tsion désigne aussi le niveau de la bénédiction, que la Torah fait descendre.
Or HaTorah, tel que le citent les notes de Kehot, lit l’Idra Zouta comme situant Tsion dans le Yessod de Noukva, un lieu de compassion, et déduit du Zohar sur Bechala’h que Tsion est Yessod. Il observe également que le sens littéral de « par la justice » suit le Targoum Yonatan, bien qu’ici l’Admour Hazaken interprète michpat comme les lois de la Torah.
Maré mekomot
- 1כרחל לפני גוזזי׳ · Isaiah 53:7
- 2ע׳ לעיל ע״פ אלה מסעי · פ׳ מסעי פח, ג. פט, ג.
- 3אלה מסעי · Numbers 33:1
- 4ציון · Zohar, Tzav 12:93–14:104
- 5ציון במשפט תפדה · Isaiah 1:27
- 6ציון במשפט תפדה · Zohar, Idra Zuta 31:134–32:144
- 7ציון לשון סימן · Eruvin 54b:24
- 8אנא סימנא · עד״ה והי׳ מספר בנ״י פ״ג (ו, ב) מעירובין (נד, סע״ב) והל׳ אנא סימנא הובא בזח״א (רכה, א). [כ]. ראה סה״מ תקס״ד ע׳ קו. אוה״ת ויחי כרך ב שנט, א.
- 9אנא סימנא · Zohar, Vayechi 32:314–327
- 10בד״ה כי תצא · ”בלקו״ת בד״ה כי תצא דרוש השני רפ״ב [לה, ד] אך בחי׳ פנימי׳ הלב הוא רעותא דלבא ותעלומות לבו אשר למעלה מעלה מן הטעם ודעת המושג ומושכל בכח השגת הנפש והשכלתה הוא בחי׳ אלקות שבנפש המתגלה בבחי׳ יחידה שבה להשתפך אל חיק אביה ממש בבחי׳ ביטול כו׳” — אוה״ת דברים ע׳ לא.
- 11ע״פ רני ושמחי בת ציון · ”וז״ל אך גשמי׳ המצות כו׳ הם רק בחי׳ ציון מלשון סימן” — אוה״ת דברים ע׳ לא.
- 12רני ושמחי בת ציון · Zechariah 2:14
- 13במשפט היינו הלכות · ”הגם דשם [— בלקו״ת כאן] פי׳ משפט זהו הלכות התורה, אבל כפשוטו הפי׳ במשפט דוקא כמ״ש הת״י” — אוה״ת משפטים ע׳ א׳קג.
- 14כמשפט הראשון · Genesis 40:13
- 15כהלכתא קדמייתא · בתרגום אונקלוס ות״י: ”קדמאה”. וראה סה״מ מלוקט ח״א ע׳ קס הערה 4. בתרגום אונקלוס דפוסים עתיקים ובכת״י ג״כ הגי׳ ”קדמאה”.
- 16כהלכתא קדמייתא · Onkelos Genesis 40:13
- 17אין הגליות מתכנשות אלא · Vayikra Rabbah 7:3
- 18גם כי יתנו בגוים · Hosea 8:10
- 19התורה אור · Proverbs 6:23
- 20ע״פ ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים. ”ר״ל לפנימיותם שע״י עסק התורה יתגלה פנימי׳ הלב” — אוה״ת דברים ע׳ לב.
- 21ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 22חכלילי · Genesis 49:12
- 23רחם עלינו ותן בלבנו · ברכת ק״ש של שחרית.
- 24ובינה ליבא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 25ובינה לבא · Tikkunei Zohar 17a:17–19
- 26זורע צדקות · Tanya, Iggeres HaKodesh 8:1
- 27והי׳ מעשה הצדקה שלום · Tanya, Iggeres HaKodesh 12:1
- 28והי׳ מעשה הצדקה שלום · Isaiah 32:17
- 29כי שם צוה ה׳ את הברכה · Psalms 133:3
- 30בבחי׳ ציון כתיב כי שם צוה · Zohar, Idra Zuta 39:183–42:193
- 31באדר״ז (דרצ״ו ב׳ ודרצ״ג ע״ב) · ראה אוה״ת דברים ע׳ לג ”משמע דציון הוא יסוד נוקבא והוא רחמי, וכ״כ שם דרצ״ג ע״ב” ומבאר שם.
- 32ובפ׳ צו (דל״א א׳) · ”כי היא כלולה מבחי׳ אה״ר שהיא בחי׳ דכר”.
- 33בד״ה ביום השמיני שלח · לקמן שמע״צ פו, ג.
- 34ביום השמיני שלח · I Kings 8:66
- 35וקדם צרתני · Psalms 139:5
- 36בביאור ע״פ אחת היא יונתי · כנראה הכוונה ללקו״ת שה״ש מ, א ביאור ע״פ ששים המה ”בענין בחי׳ המשכה זו שהיא מעצמות ח״ע שלמעלה מבחי׳ הארה שע״י הדבור כו׳ וגם שהיסוד נמשך ע״י הכתר” — אוה״ת דברים ע׳ לד.
- 37אחת היא יונתי · Song of Songs 6:9
- 38בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 39וכן פי׳ האריז״ל · ”עפמ״ש בזהר פ׳ וילך דרפ״ה ע״א בג״כ בעא ב״נ לסדרא שבחא דמארי׳ כו׳ דעמיקא דבירא נגיד ונפיק כו׳” — אוה״ת דברים ע׳ לד. ראה שם הלשון.
- 40ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
- 41והובא דבריו בסה״מ סי׳ קנ״ו · ראה אוה״ת בראשית כרך ה תתנו, ב.
- 42בד״ה לבבתני · לקמן שה״ש כח, ד.
- 43לבבתני · Song of Songs 4:9
- 44בד״ה רני ושמחי · תו״א לז, ג. ראה אוה״ת בראשית כרך ה דף תתנו, ב.
- 45ויקראו לפניו אברך · Genesis 41:43
- 46בלק״ת פ׳ ויצא · להאריז״ל ד״ה ותקרא את שמו יוסף.
- 47ועיין בפ׳ בשלח דנ״ה ע״ב · ”משמע דציון הוא יסוד” — אוה״ת דברים ע׳ לד. ”לציון מיבעי ליה כו׳” — אוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רסא.
- 48ובפי׳ הרמ״ז · ”שהוא מצויין” — אוה״ת דברים לד.
- 49ובפרשה במדבר דקי״ח א׳ · ראה אוה״ת פ׳ נשא ע׳ רסו.
- 50בד״ה ושמתי כדכד · ולקמן פ׳ ראה.
- 51ושמתי כדכד · Isaiah 54:12
- 52וצדקה תרומם גוי · Proverbs 14:34
- 53סד״ה ועתה יגדל נא כח · לעיל פ׳ שלח לט, ג.
- 54ועתה יגדל נא כח · Numbers 14:17
- 55בחסד ואמת יכופר עון · Proverbs 16:6
- 56ויעש דוד שם · Tanya, Iggeres HaKodesh 5:1
- 57סד״ה מי מנה · לעיל פ׳ בלק סח, ב.
- 58מי מנה · Numbers 23:10
- 59בד״ה מה טובו · לעיל פ׳ בלק עד, א.
- 60מה טובו · Numbers 24:5
- 61ציון ל׳ סימן · Ezekiel 39:15
- 62ציון מלשון סימן . . המסותרת בלב איש ישראל · מובא באוה״ת בראשית כרך ה תתנו, ב.
- 63אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121a
- 64בשוב ה׳ ציון · Isaiah 52:8
- 65בשוב ה׳ ציון · Zohar, Beshalach 16:241–17:251
- 66יברכך ה׳ מציון · Zohar, Bamidbar 1:17–2:26
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Méditez chaque jour sur le fait qu’ici seulement, dans ce monde, une personne peut attirer l’essence même de D.ieu par la Torah et les mitsvot, et les mitsvot lui sembleront nouvelles chaque jour. Que l’amertume du cœur porte sur l’éloignement de D.ieu et sa joie sur les mitsvot ; réjouissez-vous même avant que la lumière ne se révèle, comme un homme possédant un coffre fermé rempli de joyaux. Lorsque les sentiments du cœur sont captifs des besoins de ce monde, rachetez-les par la charité, et révélez le cœur intérieur par l’étude des lois de la Torah.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar dit-il qu’une âme, qui s’était déjà « élevée dans la pensée » avant la Création, gagne à descendre dans un corps ?
- Quelle est la différence entre reconnaître D.ieu (hodaah) et Le bénir (berakha), et pourquoi l’amour doit-il se situer entre les deux ?
- Selon le maamar, comment les mitsvot peuvent-elles sembler « véritablement nouvelles » chaque jour ?
- Pourquoi une personne peut-elle changer d’un extrême à l’autre en un instant dans ce monde, mais pas dans le Monde futur ?
- Pourquoi Sion, le cœur intérieur, est-elle rachetée par les lois de la Torah, tandis que les cavités captives du cœur sont rachetées par la charité ?