Likkutei Torah · Parshas Behar · Maamar 3
ביאור הדברים ע״פ את שבתותי כו׳
Explication des mots « Vous garderez Mes Chabbatot »
L’idée centrale
Le Chabbat est « gardé » et le Sanctuaire « révéré » parce que le Chabbat est une lumière enveloppante et la Torah une lumière intérieure, toutes deux issues de la même Lumière infinie. Lors du tsimtsoum, cette lumière fut cachée dans les lettres, le réchimou, d’où provient chaque niveau jusqu’à Adam Kadmon ; le Chabbat ramène chaque monde à la lumière dont il est issu : le Chabbat inférieur élève les mondes inférieurs dans Atsilout, et le Chabbat supérieur élève Adam Kadmon dans la Lumière infinie — telle est l’élévation pour laquelle les âmes sont descendues.
Le maamar en bref
Ce Biour explique le maamar qui précède sur « Vous garderez Mes Chabbatot et vous révérerez Mon Sanctuaire ». Il commence par les Noms divins : à l’image du nom d’une personne, qui n’existe que pour les autres, un Nom relie la lumière aux réceptacles, comme les lettres revêtent une idée sans participer à son essence. Il explique ensuite le tsimtsoum : la Lumière infinie ne s’est pas retirée ; elle a cessé d’être révélée à travers les lettres, et les lettres laissées sans la lumière qui s’y révélait sont le réchimou. Tout ce qui va jusqu’à Adam Kadmon, ainsi que la 'Hokhma qui se trouve au-dessus de lui, provient de ce réchimou, le « Nom » de D.ieu, et est donc « créé » par rapport à Lui. Le Chabbat est l’élévation des mondes vers leur source. Le Chabbat inférieur, à l’image de l’année sabbatique, élève Béria, Yetsira et Assiya dans Atsilout par le bitoul ; le Chabbat supérieur élève les niveaux au sein d’Atsilout, ainsi qu’Adam Kadmon, dans la Lumière infinie. Tous deux sont des lumières enveloppantes, un don qu’il faut garder : « garder ». La Torah est une lumière intérieure, révélée à proximité, et c’est pourquoi elle est « révérée ». Les âmes sont descendues afin d’obtenir le Chabbat supérieur, qui sera pleinement révélé au Temps à venir.
Plan
- Les Noms, les lettres et le réchimouUn Nom divin relie la lumière aux réceptacles, comme les lettres revêtent une idée sans participer à son essence. Lors du tsimtsoum, la Lumière infinie a cessé d’être révélée à travers les lettres ; les lettres laissées sans la lumière qui s’y révélait sont le réchimou, les « Noms ».¶1–3
- « Créateur des saints »Tous les niveaux de la 'Hokhma, jusqu’à Adam Kadmon et au-delà, proviennent du réchimou, de « Ton Nom », et sont donc une création ex nihilo par rapport à l’Émanateur : Atsilout est l’Adam d’Assiya, Akoudim l’Adam de Yetsira et Adam Kadmon l’Adam de Béria.¶4–7
- La descente des âmes et les deux ChabbatotLes âmes enracinées dans la « pensée » descendent afin de s’élever plus haut. La clé est le Chabbat, l’élévation des mondes : le Chabbat inférieur élève Béria, Yetsira et Assiya dans Atsilout par le bitoul, tandis que le Chabbat supérieur élève les niveaux au sein d’Atsilout, ainsi qu’Adam Kadmon, dans la Lumière infinie.¶8–10
- L’année sabbatique et « vous garderez »L’année sabbatique illustre le Chabbat inférieur, où l’homme et l’animal sont égaux face à Atsilout. Le Chabbat est un don de D.ieu qu’il faut garder, et une lumière enveloppante qui, à l’image de la connaissance de D.ieu, entoure une personne sans la contraindre.¶11–13
- Deux sortes de makif ; le Temps à venirUn makif proche stimule une personne, tandis qu’un makif éloigné ne le fait pas ; le Chabbat inférieur est le makif proche et le Chabbat supérieur, le makif qui se trouve au-delà. Sa révélation manifeste au Temps à venir est le but de la descente des âmes.¶14–15
- Les niveaux au sein du ChabbatAdam Kadmon se situe au-dessus du reste « de toute Son œuvre qu’Il avait faite », mais au sein du reste « de toute Son œuvre qu’Il avait créée », de même que Bina se situe au-dessus du « Chabbat » et est elle-même « un Chabbat de repos solennel ».¶16–17
- « Et vous révérerez Mon Sanctuaire »Le Sanctuaire est la Torah, une lumière intérieure révélée à proximité, qui suscite la crainte, tandis que le Chabbat est une lumière enveloppante. « Je suis Havaya » montre que tous deux proviennent de l’unique Lumière infinie.¶18–19
- Le tav et le Moussaf du ChabbatL’alphabet inversé de la prière du Moussaf du Chabbat est la lumière des lettres qui s’élève d’en bas, par le tav qui « marqua un signe » pour Atik, jusqu’à ce que le Chabbat lui-même « s’élève dans son Chabbat ».¶20–23
- Les lettres dans la Lumière infinieUne illumination ne retranche rien à sa source, de même que les pensées ne retranchent rien à l’âme ; c’est pourquoi l’illumination issue de la Lumière infinie est appelée « lettres ». Toutefois, contrairement à la pensée d’une personne, elle ne revêt ni n’entoure D.ieu.¶24
Notions clés
- Nom (shem)שם
- Ce qui relie une lumière divine à ses réceptacles. À l’image du nom d’une personne, il existe pour être appelé et révélé aux autres ; il n’est pas l’essence elle-même.
- Lettres (osiyos)אותיות
- Les vêtements d’une idée : elles la transmettent aux émotions et aux autres, mais ne sont en rien comparables à son essence. En haut, les Noms sont des lettres.
- Réchimou (empreinte)רשימו
- Ce qui subsista après le tsimtsoum : les lettres, laissées sans la lumière qui s’y révélait. Chaque niveau jusqu’à Adam Kadmon vient à l’existence à partir de lui.
- Tsimtsoum (contraction)צמצום
- Il ne s’agit pas d’un retrait de la Lumière infinie, qui emplit tout, mais de sa dissimulation : elle n’est dès lors plus révélée à travers les lettres.
- Adam Kadmonאדם קדמון
- Le niveau primordial au-dessus d’Atsilout, source des dix Séfirot, appelé « Adam de Béria » car, même lui, est une création ex nihilo par rapport à l’Émanateur.
- Chabbat inférieur et supérieurשבת תתאה ושבת עילאה
- Le Chabbat inférieur élève Béria, Yetsira et Assiya (ainsi que la Mal'hout d’Atsilout) dans Atsilout ; le Chabbat supérieur élève les niveaux au sein d’Atsilout et, finalement, Adam Kadmon, dans la Lumière infinie.
- Lumière enveloppante et intérieure (makif et pnimi)אור מקיף ואור פנימי
- Une lumière qui entoure une personne sans pénétrer en elle, comme le fait le Chabbat, est « gardée » ; une lumière révélée au-dedans, comme l’est la Torah, est « révérée ».
- Annulation de soi (bitoul)ביטול
- Le niveau au-dessus de l’amour et de la crainte, le « et que sommes-nous ? » de Moché, par lequel les mondes inférieurs s’élèvent et sont inclus dans Atsilout.
Les Noms, les lettres et le réchimou ¶1–3
1ביאור הדברים1 ע״פ את שבתותי2 כו׳. ענין תשמרו ותיראו יובן בהקדים ענין בחי׳ שם שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] עד שלא נברא העולם3 היה הוא ושמו לבד.4
Explication des mots du verset : « Mes Chabbatot », etc. Le sens de « vous garderez » et de « vous révérerez » se comprendra après avoir introduit la notion du niveau d’un Nom, selon l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Avant que le monde fût créé, Lui et Son Nom étaient seuls. »
Ce maamar est une explication (Biour) du discours précédent sur le verset : « Vous garderez Mes Chabbatot et vous révérerez Mon Sanctuaire. » Pour expliquer pourquoi le Chabbat doit être « gardé » et le Sanctuaire « révéré », il définit d’abord ce qu’est un « Nom » divin, en partant de l’enseignement selon lequel, avant la création, seuls D.ieu et Son Nom existaient.
כי הנה השמות הם המחברים האורות עם הכלים, פי׳ עד״מ [על דרך משל] שם האדם שבו ועל ידו הוא פונה לקוראי בשמו אבל כשהוא בפני עצמו אינו צריך לשמו כלל,
Car les Noms sont ce qui relie les lumières aux réceptacles. C’est-à-dire, par analogie : le nom d’une personne. C’est par lui et au moyen de lui qu’elle se tourne vers ceux qui l’appellent par son nom ; mais lorsqu’elle est seule, elle n’a nul besoin de son nom.
Un Nom est ce qui relie une lumière divine au réceptacle par lequel elle agit. L’analogie est celle du nom d’une personne : elle n’en a besoin que dans sa relation aux autres, qui l’appellent par ce nom et vers lesquels elle se tourne alors ; seule, elle n’en a pas l’usage.
נמצא ענין בחי׳ השם הוא שבו ועל ידו ממשיכים אותו שיהיה נמשך ומתגלה. כמו כן יובן למעלה ענין השמות הוא שהם המחברים האורות עם הכלים.
Il ressort que le niveau du nom consiste en ceci : par lui et au moyen de lui, on l’attire, de sorte qu’il se manifeste et se révèle. De même, on comprendra dans les mondes supérieurs que les Noms sont ce qui relie les lumières aux réceptacles.
Le nom est donc le moyen par lequel une personne se tourne vers les autres et se révèle à eux. De même, les Noms de D.ieu sont le moyen par lequel Sa lumière est attirée dans les réceptacles et s’y révèle.
(וע׳ [ועיין] מ״ש בד״ה בעצם היום הזה5 יצאו6 כל צבאות בפ׳ בא דשם נת׳ [נתבאר] דשאר השמות מלבד שם הוי׳ הם בהכלים דע״ס [דעשר ספירות].
(Voyez également ce qui est écrit dans le discours commençant par « En ce jour même, toutes les armées sortirent », dans la paracha Bo, où il est expliqué que les autres Noms, à l’exception du Nom Havaya, se trouvent dans les réceptacles des Dix Séfirot.
La parenthèse renvoie au discours de Torah Ohr sur le verset de l’Exode : « En ce jour même, toutes les armées de Havaya sortirent. » Il y est expliqué que tous les Noms, à l’exception de Havaya, se trouvent « dans les réceptacles » des Dix Séfirot, c’est-à-dire qu’ils sont liés à un attribut divin particulier.
אך מבואר במ״א בשם הבעש״ט [הבעל שם טוב]7 נ״ע [נשמתו עדן] דאין ר״ל [רוצה לומר] שהשמות הן הכלים עצמן דהא הכלים הם המדות והשם קאי להבורא עצמו שהוא עצמו כביכול נק׳ אל
Cependant, il est expliqué ailleurs, au nom du Baal Chem Tov, que son âme repose en Éden, qu’il ne faut pas entendre par là que les Noms sont les réceptacles eux-mêmes, car les réceptacles sont les attributs (midot), tandis que le Nom désigne le Créateur Lui-même, car Lui-même, pour ainsi dire, est appelé E-l,
Une précision, rapportée au nom du Baal Chem Tov : un Nom n’est jamais simplement le réceptacle. Les réceptacles sont les attributs de D.ieu, tandis qu’un Nom désigne le Créateur Lui-même ; lorsqu’Il est appelé E-l, c’est Lui qui est ainsi nommé, et non l’attribut.
וכמאמר אליו ולא למדותיו89 אלא מ״ש שהשמות הן בהכלים פי׳ שהם החיות וההארה מאור א״ס [אין סוף] המלובש בהכלי ומחיה את הכלי כי הכלים יש בהן חיות מאור א״ס [אין סוף] מלבד האור המלובש בהם.10
comme l’enseigne la formule : « C’est à Lui, et non à Ses attributs. » Ainsi, lorsqu’il est écrit que les Noms se trouvent dans les réceptacles, cela signifie qu’ils sont la force vitale (la ’hayout) et le rayonnement provenant de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est revêtue dans le réceptacle et lui donne vie ; car les réceptacles possèdent une force vitale provenant de la Lumière infinie, indépendamment de la lumière qui est revêtue en eux.
« C’est à Lui, et non à Ses attributs » est le principe selon lequel, dans la prière, on s’adresse à D.ieu Lui-même et non aux Séfirot. Ainsi, « les Noms se trouvent dans les réceptacles » signifie que chaque Nom est la force vitale provenant de la Lumière infinie qui donne vie au réceptacle lui-même, distincte de la lumière revêtue dans le réceptacle et qui agit par son intermédiaire.
וזהו ענין שאר השמות שאינן נמחקין אמנם שם הוי׳ הוא המשכת האור בהכלי שמחבר וממשיך האור בהכלי).
Voilà le sens des autres Noms, qui ne peuvent être effacés. Le Nom Havaya, en revanche, est l’attraction de la lumière dans le réceptacle : il relie la lumière au réceptacle et l’y attire.)
C’est pourquoi ces Noms font partie des Noms qui, selon la loi, ne peuvent être effacés : chacun est une force vitale divine, et non un simple réceptacle. Havaya est différent : il est l’attraction même de la lumière dans le réceptacle, le Nom qui unit les deux.
והנה ענין השמות למעלה הם בחי׳ האותיות ע״ב [שם ע״ב] ס״ג [שם ס״ג] מילוי יודי״ן מילוי ההי״ן כו׳ והנה עד״מ [על דרך משל] למטה אף שהתהוות האותיות הוא מן השכל עכ״ז [עם כל זה]
Or, les Noms dans les mondes supérieurs sont le niveau des lettres : le Nom Av (72), le Nom Sag (63), l’écriture développée (milouï) avec des youd, l’écriture développée avec des hé, etc. Or, par analogie, dans les mondes inférieurs : bien que les lettres proviennent de l’intellect, néanmoins
Les Noms dans les mondes supérieurs sont constitués de lettres : Havaya écrit selon différentes formes de remplissage (milouï), telles que Av (72), écrit avec des youd, Sag (63) et le remplissage avec des hé (Ban, 52). Pour montrer ce que sont les lettres, l’Alter Rebbe passe à l’analogie dans les mondes inférieurs : les lettres de la pensée et de la parole humaines proviennent de l’intellect.
אין מהות האותיות מערך מהות השכל כלל שהשכל עצמו הוא מהות השכלה וההשכלה מעורר את המדות להיות מתאוה עד״מ [על דרך משל] למה שהשכל מורה שהוא טוב
L’essence des lettres n’a absolument aucune commune mesure avec l’essence de l’intellect. Car l’intellect lui-même est l’essence même de la compréhension, et cette compréhension éveille les attributs, de sorte que l’on désire, par exemple, ce que l’intellect montre comme étant bon.
Les lettres restent pourtant d’un ordre différent de celui de l’intellect. L’intellect est la compréhension elle-même, et c’est cette compréhension qui éveille les émotions : une personne en vient à désirer ce que son esprit lui montre comme étant bon.
ונמצא שהמדות יש להם שייכות ממש להשכל ומתאחדים זע״ז [זה עם זה / זה על זה] אבל אין כן האותיות שהם רק לבושים להשכל.
Il en ressort que les attributs ont un lien véritable avec l’intellect et s’unissent les uns aux autres ; il n’en va pas ainsi des lettres, qui ne sont que des vêtements pour l’intellect.
Les émotions sont donc véritablement liées à l’intellect et ne font qu’un avec lui. Les lettres, elles, ne sont que des vêtements : elles enveloppent l’intellect sans être de sa substance.
(וכמו הלבוש שאינו מתאחד כ״כ [כל כך] עם המלובש בו וכלבוש תחליפם ויחלופו11 אבל התאחדות המדות עם השכל הוא כמו התאחדות הגוף עם הנפש שהיו לאחדים ממש
(Comme un vêtement, qui n’est pas si étroitement uni à celui qui le porte, et [comme il est écrit] : « Comme un vêtement, Tu les changes, et ils passent. » Mais l’union des attributs avec l’intellect est semblable à celle du corps avec l’âme, qui ne font véritablement qu’un.
Un vêtement ne fait pas un avec celui qui le porte et peut être changé, comme le dit le psaume au sujet des cieux : « Comme un vêtement, Tu les changes. » À l’inverse, les émotions et l’intellect s’unissent comme le corps et l’âme, pour former un seul être vivant.
והיינו לפי שהאותיות הם בחי׳ דומם משא״כ המדות ועמ״ש בפ׳ בראשית ע״פ וייצר12 כו׳ ובד״ה בכ״ה בכסלו13 בפ׳ וישב גבי חומת בת ציון, ועמ״ש מענין לבוש וגוף בד״ה זכור ושמור14 בדבור אחד נאמרו).
Cela tient au fait que les lettres sont du niveau de l’inerte, contrairement aux attributs. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Berechit, sur le verset « Et Il forma », etc., ainsi que dans le discours commençant par « Le vingt-cinq Kislev », dans la paracha Vayéchev, au sujet du « mur de la fille de Sion » ; voyez aussi ce qui est écrit au sujet du vêtement et du corps dans le discours commençant par « “Souviens-toi” et “Garde” furent prononcés en une seule parole ».)
Les lettres sont « inertes » (domem) : ce sont des formes fixes, dépourvues de vie propre, tandis que les émotions sont vivantes de l’intellect qui les anime. La parenthèse renvoie à trois discours de Torah Ohr qui traitent des lettres et de la différence entre un vêtement et un corps.
דהיינו שמ״מ [שמכל מקום] אי אפשר לתפוס את השכל רק ע״י אותיות והם בחי׳ לבושים הפנימים שגם המדות שבאדם אין מקבלים שפע השכל להיות נמשך במדה אלא ע״י האותיות שהרי מחשבה שחושב השכל הוא בחי׳ אותיות.
Cela signifie que, néanmoins, il est impossible de saisir l’intellect autrement que par les lettres, qui sont du niveau des vêtements intérieurs. En effet, même les attributs d’une personne ne reçoivent le flux de l’intellect pour qu’il se déploie en eux que par l’intermédiaire des lettres, puisque la pensée dans laquelle l’intellect pense est elle-même du niveau des lettres.
Les lettres sont pourtant indispensables. Une idée ne peut être saisie qu’au moyen de lettres, puisque la pensée elle-même est constituée de lettres ; celles-ci sont les « vêtements intérieurs » de l’âme, et même les émotions ne reçoivent ce que leur donne l’intellect que par les lettres de la pensée.
(ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ענין השמות למעלה כמו שם ע״ב [שם ע״ב] דיודי״ן הוא המביא אור דחכמה שיתלבש בכלי החכמה כמו שהאותיות מחברים השכל והמדות עד״מ [על דרך משל]).
(De même, on comprendra la fonction des Noms en haut : par exemple, le Nom Av composé de youd est ce qui amène la lumière de 'Hokhma (sagesse) à se revêtir dans le réceptacle de 'Hokhma, tout comme, par analogie, les lettres relient l’intellect aux attributs.)
Il en va de même en haut : le Nom Av, Havaya épelé avec des youd, amène la lumière de 'Hokhma à entrer dans le réceptacle de 'Hokhma. Il accomplit en haut ce que les lettres accomplissent chez une personne : elles transmettent l’intellect aux émotions.
והנה עפ״ז [על פי זה] יובן מעט מ״ש בע״ח [בעץ חיים] בענין הצמצום15 שהיה באור א״ס [אין סוף] ונשאר מקום פנוי16 (כמ״ש בשער עגולים ויושר ענף ב׳)
À présent, à la lumière de ce qui précède, nous pourrons comprendre quelque peu ce qui est écrit dans Etz Chaim au sujet du tsimtsoum (contraction) survenu dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), à la suite duquel un espace vacant subsista (comme il est écrit dans Sha’ar Iggulim VeYosher, Branch 2).
L’Alter Rebbe applique à présent ces idées au tsimtsoum. Etz Chaim enseigne qu’avant les mondes, la Lumière infinie emplissait tout, puis qu’elle se contracta, laissant un « espace vacant » où des mondes finis pourraient exister.
ואיתא באוצ״ח [באוצרות חיים] בתחלתו בהג״ה [בהגהה] דמ״ש מקום פנוי וחלל הוא לאו דוקא כי נשאר שם רשימו מהאור,
Et il est indiqué dans Otzros Chaim, au début de l’ouvrage, dans une note, que l’expression « espace vacant et vide » ne doit pas être comprise littéralement, car une empreinte (réchimou) de la lumière y subsista ;
Une note au début de Otzros Chaim apporte cette précision : le « vide » n’est pas réellement vide. Une empreinte, ou trace, de la lumière y subsista.
אבל לגבי הא״ס [האין סוף] נק׳ חלל ובע״ח [ובעץ חיים] אינו מבואר ענין הרשימו רק בס פר עמק המלך ביאר זה שהוא בחינת אותיות רל״א שערים פנים ואחור כו׳
Mais, par rapport à l’Infini (Ein Sof), cela est appelé un vide. Dans Etz Chaim, la nature du réchimou n’est pas expliquée ; c’est seulement dans le livre Emek HaMelech qu’il l’explique : il s’agit du niveau des lettres, des 231 portes, dans les deux sens, etc.
Cela n’est appelé un vide que par rapport à la Lumière infinie elle-même. Etz Chaim ne précise pas ce qu’est le réchimou ; Emek HaMelech l’explique : ce sont les lettres, les 231 « portes », c’est-à-dire les combinaisons des vingt-deux lettres, chaque paire étant prise dans les deux ordres, « dans les deux sens ».
(וע׳ [ועיין] מזה ג״כ בזהר הרקיע בפ׳ בראשית על דט״ו ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם. ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] ע״פ אני ישנה ולבי ער17. בענין האותיות שאלוני כו׳)18
(Voyez aussi à ce sujet Zohar HaRakia, sur la paracha Bereishis, au folio 15, ainsi que le Mikdash Melech à cet endroit. Voyez également ce qui a été écrit plus haut à propos du verset « Je dors, mais mon cœur veille », au sujet de « Demandez-moi au sujet des lettres », etc.)
Autres références : Zohar HaRakia et Mikdash Melech, deux commentaires du Zohar, sur Bereishis, folio 15, ainsi que le discours précédent sur « Je dors, mais mon cœur veille ». Ce discours interprète le mot ha’osiyos (« les choses à venir »), dans « Demandez-moi au sujet des choses à venir », comme signifiant « les lettres », qui font passer la Lumière infinie de la dissimulation à la révélation.
והיינו שהצמצום היה שלא יהיה גילוי האור א״ס [אין סוף] ע״י האותיות, וז״ש [וזהו שכתוב] בע״ח [בעץ חיים] שהאור נסתלק ופי׳ דאיך שייך נסתלק כי אינו בגדר מקום,
Cela signifie que le tsimtsoum avait pour but qu’il n’y ait pas de révélation de la Lumière infinie par l’intermédiaire des lettres. C’est le sens de ce qui est écrit dans Etz Chaim, à savoir que la lumière s’est retirée. L’explication est la suivante : comment peut-on parler de « retrait », puisqu’elle n’est pas dans les limites de l’espace ?
Le tsimtsoum signifie donc que la Lumière infinie n’est plus révélée par l’intermédiaire des lettres. Lorsque Etz Chaim dit que la lumière « s’est retirée », cela ne peut désigner un déplacement dans l’espace, car la Lumière infinie ne se trouve en aucun lieu d’où elle pourrait s’éloigner.
ועוד דהלא את השמים ואת הארץ אני מלא19 כתיב אלא דר״ל [דרוצה לומר] שהוא בבחי׳ העלם ואינו מתגלה ע״י האותיות ולא
De plus, il est écrit : « Ne remplis-je pas les cieux et la terre ? » Cela signifie plutôt qu’elle est dans un état de dissimulation et qu’elle n’est pas révélée par l’intermédiaire des lettres, et non
En outre, D.ieu dit : « Ne remplis-je pas les cieux et la terre ? » Il n’existe donc aucun lieu où Il ne soit présent. « S’est retirée » doit par conséquent signifier que la lumière est devenue cachée et n’est pas révélée par l’intermédiaire des lettres.
כמו קודם הצמצום שהיה נמשך ומתגלה האור ע״י האותיות רק האותיות לבד נשארים בלי גילוי האור וזהו ענין הרשימו כו׳.
comme avant le tsimtsoum, lorsque la lumière jaillissait et se révélait par l’intermédiaire des lettres ; seules les lettres demeurent, sans que la lumière s’y révèle. Tel est le sens du réchimou, etc.
Avant le tsimtsoum, la lumière brillait ouvertement à travers les lettres ; après, les lettres demeurent, mais la lumière ne s’y révèle pas. Des lettres sans lumière révélée : tel est le réchimou.
דהנה עד״מ [על דרך משל] למטה הרי האותיות מהותן ועצמותן אינן ערוך למהות השכל. רק שהם כמו לבוש לבד ויכולים להבין על ידם השכל.2021
En effet, par analogie avec ce qui se passe ici-bas, les lettres, par leur nature et leur essence, ne sont en rien comparables à l’essence de l’idée. Elles sont seulement comme un vêtement, et c’est par leur intermédiaire que l’on peut comprendre l’idée.
Revenons à l’analogie : dans leur essence, les lettres n’ont rien de commun avec l’idée qu’elles portent. Elles ne sont qu’un vêtement à travers lequel on peut parvenir à comprendre l’idée.
Pour expliquer « garder » et « révérer », le maamar commence par définir un Nom divin comme ce qui relie la lumière aux réceptacles, à l’image des lettres qui revêtent l’intellect sans être de sa substance. Il s’appuie sur cela pour expliquer le tsimtsoum décrit dans Etz Chaim : la Lumière infinie cessa de se révéler par les lettres, et les lettres demeurées sans lumière révélée sont le réchimou.
La note de Kehot sur la force vitale propre aux réceptacles cite le discours Va’eira 5649 du Rabbi Rachab : le Tikouné Zohar enseigne que, lorsque D.ieu se retire des Séfirot, « tous les Noms demeurent comme un corps sans âme » ; puisqu’ils demeurent et ne sont pas entièrement annulés, les réceptacles doivent avoir une racine propre, distincte de la lumière intérieure qui est en eux. Le manuscrit cité à propos de l’union du corps et de l’âme (Buch 1999) emploie cette image pour l’union appelée « Lui et Ses forces vitales » (ihou ve’hayohi), par opposition à « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi).
Maré mekomot
- 1ביאור הדברים · הגהות ושינוים באוה״ת כרך-ג ע׳ תתקח. באוה״ת בהר כרך-ד ע׳ א׳קסג. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואות לד״ה זה. ביאור בסה״מ מאדמו״ר האמצעי ויקרא-ב ע׳ תשכב. ראה דרך מצותיך. קטע מכאן בד״ה כי תשא תרל״ח ע׳ סג. לעניני הסעי׳ א ראה ד״ה וירד ה׳ תרמ״ג ע׳ עה ואילך.
- 2את שבתותי · Leviticus 19:30
- 3עד שלא נברא העולם · Song of Songs 1:2
- 4עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו לבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2
- 5בד״ה בעצם היום הזה · תו״א פ׳ בא ס, א.
- 6
- 7בשם הבעש״ט · מובא גם לקמן נא, ג. מאמרי אדה״ז ענינים ע׳ שיח. אוה״ת ענינים ע׳ רלח ועוד. ובד״ה וארא תרמ״ט.
- 8אליו ולא למדותיו · פרדס של״ב, פ״ב בשם הספרי. נתבאר בארוכה בשרש מצות התפלה פרק ז ואילך. וראה בהנסמן לשם.
- 9אליו ולא למדותיו · Pardes Rimmonim 32:2
- 10כי הכלים יש בהן חיות מאור א״ס מלבד האור המלובש בהם · ”וראי׳ לזה ממ״ש בת״ז במאמר פתח אליהו וכד אנת תסתלק מיני׳ אשתארו כולהו שמהן כגופא בלא נשמתא כו׳. וידוע הקושיא ע״ז איך אשתארו כגופא כו׳ ולא מתבטלים לגמרי, אלא צ״ל שהכלי׳ יש להם שורש בפ״ע לבד האו״פ שבהם” — ד״ה וארא תרמ״ט ע׳ ערה.
- 11וכלבוש תחליפם ויחלופו · Psalms 102:27
- 12בפ׳ בראשית ע״פ וייצר · תו״א ג, ד.
- 13ובד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ב.
- 14בד״ה זכור ושמור · תו״א עא, א. ”ירידה זו צורך עלייה היא דהיינו להעלותה מבחי׳ איהו וגרמוהי לבחי׳ איהו וחיוהי ונק׳ בזוה״ק לאשתאבא בגופא דמלכא דהיינו להיות כמו התאחדות הגוף עם הנפש (וקורא כאן התאחדות הגוף עם הנפש בחי׳ היחוד דאיהו וחיוהי, ודוק)” בוך 1999.
- 15מ״ש בע״ח בענין הצמצום · ראה לקמן נא, ב ואילך.
- 16הצמצום שהיה באור א״ס ונשאר מקום פנוי · Sefer Etz Chaim 1:3–4
- 17
- 18ע״פ — אני ישנה . . בענין האותיות שאלוני כו׳ · לקו״ת שה״ש לג, ג ואילך. באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳קסג הגה״ה. ”אותיות הוא מלשון אתא בוקר שהן המביאות והממשיכות אור א״ס ב״ה מההעלם אל הגילוי . . אוא״ס הסוכ״ע . . ולית מחשבה תפיסא בי׳ . . כ״א ע״י שנתפס ומתלבש באותיות התורה . . וזהו האותיות שאלוני על בני (נראה דמבאר איך שייך לומר שם אותיות, ומתרץ זה דאותיות לשון אתא שהן המשכות וזה יתכן לומר גם באוא״ס ודו״ק. וע׳ מזה בד״ה ואל מי תדמיוני תרס״ה” — בוך 1999 [וראה בסה״מ תרס״ה ע׳ רנב ואילך].
- 19את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 20רק בספר עמק המלך · שער א׳ שעשועי המלך ספ״ב. ראה לקמן נא, ב. שרש מצות התפלה פרק לג. אוה״ת ענינים ע׳ שלג.
- 21
2והיינו מי שהוא חכם. אבל מי שאינו חכם ואין לו לב להבין השכל רק מ״מ [מכל מקום] תופס ומשיג האותיות לבד הרי השכל הוא בבחי׳ הסתלקות ממנו לגמרי היינו בבחי׳ העלם.
Cela signifie que c’est le cas pour celui qui est sage. Mais celui qui n’est pas sage et n’a pas le cœur à comprendre l’idée, mais qui saisit et appréhende néanmoins les lettres seules : l’idée se trouve pour lui dans un état de retrait complet, c’est-à-dire dans un état de dissimulation.
L’analogie est précisée : les lettres ne transmettent une idée qu’à celui qui est sage. Pour celui qui ne comprend pas, bien qu’il puisse lire et saisir les lettres, l’idée elle-même est entièrement retirée et cachée à ses yeux.
ואע״פ [ואף על פי] שתופס האותיות הרי הם מצד עצמן אינן שייכים למהות השכל כלל א״כ [אם כן] השכל הוא בבחי׳ העלם והסתלקות ממנו ומה שתופס האותיות זהו כמו רשימו בלבד.
Et bien qu’il saisisse les lettres, celles-ci, en elles-mêmes, n’ont absolument aucun lien avec l’essence de l’idée. Dès lors, l’idée se trouve pour lui dans un état de dissimulation et de retrait, et ce qu’il saisit des lettres n’est qu’une sorte de réchimou (empreinte).
Puisque les lettres, en elles-mêmes, ne contiennent rien de l’essence de l’idée, ce qu’une telle personne saisit n’est qu’une trace de l’idée, comme un réchimou. C’est là l’image du réchimou après le tsimtsoum : des lettres subsistent tandis que la lumière qu’elles véhiculaient est cachée.
Le paragraphe affine l’analogie du réchimou : les lettres ne révèlent une idée qu’à celui qui peut la comprendre ; pour tout autre, elles ne sont que la trace nue d’une idée qui demeure cachée à ses yeux.
3ויובן זה יותר כמו עד״מ [על דרך משל] בדיבור תוספת שהשכלת ר״י [רבינו יצחק] בעל התוספת1 נכתבה בדיו ונייר הרי אין הדיו ונייר מערך מהות השכלת ר״י [רבינו יצחק] המונחת ומיוחדת עמובגנזי מרומים רק שהחכם והלומד יוכל
Cela se comprendra mieux à l’aide d’une analogie tirée d’un commentaire des Tossafot : l’analyse du Ri, le tossafiste, fut écrite à l’encre sur du papier, et l’encre et le papier sont sans commune mesure avec l’essence de l’analyse du Ri, qui demeure déposée et unie à lui dans les trésors célestes ; toutefois, celui qui est sage et instruit peut
L’analogie se précise par un exemple : un commentaire des Tossafot du Ri. Son analyse demeure avec lui « dans les trésors célestes », tandis que l’encre et le papier qui la consignent sont d’un tout autre ordre ; seul quelqu’un de sage et d’instruit peut accéder à cette analyse par leur intermédiaire.
להבין ולעמוד על ההשכלה ע״י אמצעות האותיות (והיינו לפי שהוא חכם ויש לו לב להבין מצד עצמו) עם היותן גשמיים בדיו ונייר.
comprendre et saisir l’analyse par l’intermédiaire des lettres (c’est-à-dire parce qu’il est sage et qu’il a un cœur capable de comprendre par lui-même), bien qu’elles soient matérielles, faites d’encre et de papier.
Un tel lecteur n’accède à l’analyse par les lettres que parce qu’il est sage et qu’il a « un cœur capable de comprendre » par lui-même. Les lettres matérielles ne lui apportent pas la compréhension.
אכן מי שאינו חכם לא יבין כלום מההשכלה ואף שתופס האותיות היטב מ״מ [מכל מקום] ההשכלה היא בהעלם והסתלקות ממנו כיון שאין ההשכלה מערך מהות האותיות מצד עצמן.
Mais celui qui n’est pas sage ne comprendra rien de l’analyse ; et bien qu’il saisisse parfaitement les lettres, l’analyse demeure néanmoins cachée et retirée à lui, puisque son essence est sans commune mesure avec celle des lettres en elles-mêmes.
Celui qui n’est pas sage peut lire correctement chaque lettre et pourtant ne rien comprendre. Pour lui, l’analyse reste cachée et retirée, car elle n’a rien de commun avec les lettres en elles-mêmes.
וכך עד״ז [על דרך זה] יובן הנמשל למעלה בענין הצמצום שנסתלק האור להיות בבחי׳ העלם היינו שלא ניתן להיות גילוי האור ע״י האותיות,
De même, on comprendra l’analogue dans les réalités supérieures, à propos du tsimtsoum (contraction) : la lumière se retira pour se trouver dans un état de dissimulation, c’est-à-dire qu’il ne fut pas donné que la lumière se révèle par l’intermédiaire des lettres
Tel est l’analogue dans les réalités supérieures : lors du tsimtsoum, la lumière « se retira » en ce sens qu’elle entra dans un état de dissimulation. Les lettres ne la révèlent plus.
(כמו עד״מ [על דרך משל] למטה שהרי ע״י האותיות לא יובן השכל כלל רק למי שהוא חכם ומבין מצד רוח חכמתו ובינתו,
(comme dans l’analogie des réalités inférieures : l’idée ne sera nullement comprise par l’intermédiaire des lettres, sinon par celui qui est sage et comprend grâce à l’esprit de sa propre sagesse et de sa propre compréhension ;
La parenthèse reprend le point de l’analogie. Dans les réalités inférieures, les lettres transmettent une idée uniquement à quelqu’un de sage, qui la comprend grâce à l’esprit de sa propre sagesse et de sa propre compréhension.
אבל הרי יש מי שתופס האותיות לבד ואינו מבין השכל כלל. וכך עד״מ [על דרך משל] למעלה הצמצום הוא שלא יהיה גילוי האור רק האותיות עצמן).
mais il est des personnes qui ne saisissent que les lettres et ne comprennent nullement l’idée. De même, par analogie, dans les réalités supérieures : le tsimtsoum consiste en ce que la lumière ne se révèle pas, seules les lettres elles-mêmes demeurant).
D’autres saisissent les lettres sans saisir l’idée. De même, dans les réalités supérieures, après le tsimtsoum, les lettres elles-mêmes subsistent, mais la lumière ne se révèle pas par leur intermédiaire.
וזהו צמצום עצום שהאור א״ס [אין סוף] נסתלק שהרי הוא בבחי׳ העלם ממש רק רשימו נשאר והוא ענין האותיות ואותן האותיות הן הנק׳ שמות.
Tel est un tsimtsoum considérable : la Lumière infinie (Or Ein Sof) s’est retirée, car elle est véritablement dans un état de dissimulation ; seul un réchimou (empreinte) subsiste, et ce sont les lettres. Or ces lettres sont ce que l’on appelle les Noms.
Voilà pourquoi le tsimtsoum est qualifié de considérable : la Lumière infinie est véritablement cachée, et seul subsiste le réchimou, c’est-à-dire les lettres. Ces lettres sont ce que l’on appelle les « Noms » de D.ieu.
וכמש״ש [וכמה שכתוב שם] בע״ה [בעליו השלום]2 שם ס״ג [שם ס״ג] וכו׳ ומיו״ד אחרונה שבשם ס״ג [שם ס״ג] נתהווה עולם התהו. וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר בראשית דט״ו בקע ולא בקע3 כו׳.
Comme il l’écrit là, dans Emek HaMelech : le Nom Sag (63), etc. ; et c’est de la dernière youd du Nom Sag que fut créé le Monde du Tohou. Tel est le sens de ce qui est écrit dans le Zohar, Bereishis, folio 15 : « Il perça et ne perça pas », etc.
Emek HaMelech (abrégé ici, comme l’explique la note de Kehot) rattache le Monde du Tohou à la dernière youd du Nom Sag, Havaya dont l’orthographe développée totalise 63. Le récit du Zohar sur le premier stade de la création, où la lumière cachée « perça et ne perça pas » son air, se comprend de la même manière : une lumière qui émerge tout en demeurant cachée.
(ובביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] עמש״ש [עיין מה שכתוב שם] דקכ״ח סע״ב [סוף עמוד ב] תי״ו רשים רשימו לעתיק יומין4 כו׳ וז״ל [וזה לשונו] מ״כ מהרב זלה״ה [זכרונו לחיי העולם הבא] הנה כבר ידעת כי תוך בחינה אחרונה שבמאציל5 נעשה מציאות כל העולמות וכאלו נאמר דרך משל מל׳ [מלכות] שבמל׳ [שבמלכות]
(Et dans le commentaire de l’Idra par l’Arizal, de mémoire bénie, voyez ce qui est écrit là, folio 128, fin du côté b : « La tav marqua une empreinte pour Atik Yomin », etc. Voici ses paroles : « J’ai trouvé écrit de la main du Rav, que sa mémoire soit pour la vie du monde futur : Vous savez déjà qu’au sein du dernier niveau de l’Émanateur prit forme l’existence de tous les mondes ; et c’est comme si l’on disait, à titre d’analogie, la Mal’hout de la Mal’hout
Une parenthèse supplémentaire cite un enseignement trouvé par écrit au nom du Rav, l’Arizal, dans son commentaire sur les paroles de l’Idra : « La tav marqua une empreinte pour Atik Yomin ». Tous les mondes prirent forme au sein du « dernier niveau de l’Émanateur », que l’on peut désigner, à titre d’analogie seulement, comme « la Mal’hout de la Mal’hout » de l’Infini.
שבא״ס [שבאין סוף] עם היות שאין צודק ח״ו [חס ושלום] שום תואר וספירה בא״ס [באין סוף], נמצא שהתי״ו אחרונה שבכל האותיות היא האצילה הכל ומכאן השורש שגם בעולם האצילות מל׳ [מלכות] דא״ק [דאדם קדמון] יורדת ונעשה עתיק בראש א״א [אריך אנפין] והוא ת׳ שבסוף אותיות א״ק [אדם קדמון]
de l’Infini (Ein Sof), bien qu’aucune description ni aucune Séfira ne puisse, à D.ieu ne plaise, être attribuée à l’Infini. Il s’ensuit que la tav, la dernière de toutes les lettres, est celle qui a émané toutes choses. Et c’est là l’origine [du fait] que, dans le Monde d’Atsilout également, la Mal’hout d’Adam Kadmon descend et devient Atik à la tête d’Arich Anpin ; c’est la tav à la fin des lettres d’Adam Kadmon.
Il ne s’agit que d’une analogie, car aucun attribut ni aucune Séfira ne peut être attribué à l’Infini. La tav, dernière des lettres, représente ce dernier niveau, qui a « émané toutes choses » ; ce schéma se répète dans Atsilout, où la Mal’hout, dernier niveau d’Adam Kadmon, descend pour devenir Atik à la tête d’Arich Anpin.
וזהו תי״ו רשים רשימו לע״י ולכן האותיות מתחילים בתשר״ק שהם בסוד חותם המתהפך והבן זה מאד עד כאן מצאתי כתוב בשם הרב זלה״ה [זכרונו לחיי העולם הבא] עכ״ל [עד כאן לשונו] שם.
Et c’est là : « La tav marqua une empreinte pour Atik Yomin ». C’est pourquoi les lettres commencent par tav-chin-rech-kouf, qui relèvent du secret du sceau inversé ; comprenez bien cela. Jusqu’ici, ce que j’ai trouvé écrit au nom du Rav, que sa mémoire soit pour la vie du monde futur. Fin de la citation, là-bas.
Ainsi, l’Idra dit que la tav a « marqué une empreinte » pour Atik : le dernier niveau du monde supérieur devient le premier du monde inférieur. C’est pourquoi les lettres peuvent commencer par tav-chin-rech-kouf, l’alphabet à l’envers, comme l’empreinte d’un sceau qui apparaît inversée, sa fin se présentant en premier.
ולפמש״כ [ולפי מה שכתוב] מובן כי גם כללות האותיות כולם הם רק בחי׳ היותר אחרונה אלא שהתי״ו היא ג״כ בחי׳ האחרונה שבהאותיות והיא האצילה הכל וז״ש [וזהו שכתוב] ד״מ [דרך משל] מל׳ [מלכות] שבמל׳ [שבמלכות] כו׳ וזהו תי״ו רשים רשימו כו׳):6
Et d’après ce qui a été écrit, on comprend que les lettres, prises dans leur ensemble, ne sont toutes que le niveau le plus ultime ; toutefois, la tav est également le dernier niveau au sein des lettres, et c’est elle qui a émané toutes choses. C’est là le sens de ce qui est écrit : « à titre d’analogie, la Mal’hout de la Mal’hout », etc. ; et c’est là : « La tav marqua une empreinte », etc.)
L’Alter Rebbe en tire sa propre conclusion : toutes les lettres réunies ne sont que le niveau le plus ultime de l’Émanateur, et, parmi les lettres, la tav est la dernière de toutes. C’est pourquoi l’analogie citée parle de « la Mal’hout de la Mal’hout » : le dernier niveau au sein du dernier niveau.
Le paragraphe achève l’analogie du commentaire des Tossafot écrit à l’encre et identifie le réchimou aux lettres appelées Noms. Il cite ensuite Emek HaMelech, le Zohar et un enseignement de l’Arizal sur le tav, « le dernier niveau de l’Émanateur », d’où tout fut émané.
Le principe décrit ici, selon lequel le dernier niveau d’un monde supérieur devient la tête intérieure du monde suivant, se retrouve dans tout ce système : de même que la Mal'hout d’Adam Kadmon devient Atik d’Atsilout, plus loin dans ce maamar, la Mal'hout d’Atsilout devient Atik de Béria. Le maamar revient plus bas à ce tav pour expliquer l’alphabet inversé (tav-chin-reich-kouf) sur lequel s’appuie la prière de Moussaf de Chabbat.
Maré mekomot
- 1שהשכלת ר״י בעל התוספת · ראה סה״מ תרמ״ג ע׳ פ.
- 2האותיות — בע״ה · בעמק המלך. ראה לקו״ת בשה״ש ט, ב שכן כתב במק״מ בשם עמק המלך. וראה בכ״ז באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳סז.
- 3בקע ולא בקע · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
- 4תי״ו רשים רשימו לעתיק יומין · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
- 5בחינה אחרונה שבמאציל · ראה ד״ה וילך תרס״ו ע׳ קמו.
- 6
« Créateur des saints » ¶4–7
4ב ומעתה יובן ענין בורא קדושים ישתבח שמך ומבואר למעלה הפי׳ שכל בחי׳ הקדושים שברום המעלות בעולמות עליונים התהוותן הוא
2. Nous pouvons à présent comprendre le sens de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué ». L’explication donnée plus haut est que tous les niveaux des êtres saints, jusque dans les hauteurs les plus élevées des mondes supérieurs, viennent à l’existence
La section 2 applique tout ce qui précède aux paroles de la bénédiction qui précède le Chema du matin : « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué ». Comme l’a expliqué le maamar précédent, même les « êtres saints » des hauteurs les plus élevées des mondes supérieurs ne viennent à l’existence que par le « Nom » de D.ieu.
רק מבחי׳ שמך שהם אינן ערוך למהותו ועצמותו והם בריאה יש מאין וקאי ג״כ על נש״י [נשמות ישראל] שעלו במחשבה שהוא בחי׳ אותיות שנק׳ שמך כו׳.
uniquement du niveau de « Ton Nom », car ils sont sans commune mesure avec Son essence et Son être, et ils sont une création, quelque chose à partir du néant. Cela désigne aussi les âmes d’Israël, qui s’élevèrent dans la pensée, laquelle est le niveau des lettres appelé « Ton Nom », etc.
Le Nom, les lettres, est sans commune mesure avec Son essence ; tout ce qui en procède est donc « créé », quelque chose à partir du néant. Ces paroles désignent aussi les âmes d’Israël, qui « s’élevèrent dans la pensée » : la pensée, elle aussi, est constituée de lettres et est donc elle aussi « Ton Nom ».
La section 2 aborde les paroles « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué » : tous les êtres saints, ainsi que les âmes d’Israël, procèdent du Nom de D.ieu, c’est-à-dire des lettres, et non de Son essence ; ils sont donc une création à partir du néant.
5והענין כי קדש היינו בחי׳ חכמה שהיא הנק׳ קדש.1 ופי׳ קדושים לשון רבים וכמאמר וקדושים בכל יום יהללוך סלה היינו כי יש בחי׳ חכמה עד רום המעלות היינו חכמה דאצילות חכמה דעקודים חכמה דא״ק [דאדם קדמון]
L’explication est que « saint » (kodesh) désigne le niveau de 'Hokhma (sagesse), qui est appelé kodesh. Le sens de « saints », au pluriel, comme dans la formule « et les saints Te louent chaque jour, selah », est qu’il existe un niveau de 'Hokhma jusqu’aux sommets les plus élevés : la 'Hokhma du Monde d’Atsilout (Émanation), la 'Hokhma d’Akoudim, la 'Hokhma d’Adam Kadmon,
« Saint » (kodesh) est une appellation de 'Hokhma. Le pluriel « saints », comme dans « et les saints Te louent chaque jour », montre qu’il existe de nombreux niveaux de 'Hokhma, qui s’élèvent à travers les mondes : la 'Hokhma d’Atsilout, celle d’Akoudim (un monde où les dix Séfirot sont toutes liées dans un seul réceptacle) et celle d’Adam Kadmon, le niveau primordial qui les surplombe.
ועוד למעלה מבחי׳2 א״ק [אדם קדמון]. נמצא יש מדריגות הרבה מאד בחי׳ חכמה זה למעלה מזה וזהו קדושים לשון רבים.
et même plus haut que le niveau d’Adam Kadmon. Il s’ensuit qu’il existe de très nombreux degrés du niveau de 'Hokhma, l’un au-dessus de l’autre ; c’est là le sens de « saints », au pluriel.
Il existe de la 'Hokhma même au-dessus d’Adam Kadmon. Ces nombreux degrés, l’un au-dessus de l’autre, sont les « saints » au pluriel.
« Saints », au pluriel, désigne les nombreux niveaux de 'Hokhma, depuis la 'Hokhma d’Atsilout jusqu’aux niveaux situés au-dessus d’Adam Kadmon.
Maré mekomot
- 1חכ׳ שהיא הנק׳ קדש · מא״א בערכו.
- 2מבחי׳ — מהן האור א״ס כנ״ל · באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳קסד יש הגה״ה. ותי׳ ”א״ס” ליתא שם.
6והתהוותן נק׳ בורא קדושים שהם בריאה יש מאין כי לגבי עצמות המאציל נקראים בשם בריאה ממש
Et leur venue à l’existence est appelée « Créateur des saints », car elles sont une création, quelque chose à partir de rien ; en effet, par rapport à l’essence de l’Émanateur, elles sont véritablement appelées du nom de « création »,
Tous ces niveaux, même le plus élevé, sont « créés », quelque chose à partir de rien. Par rapport à l’essence de l’Émanateur, ils sont une création au plein sens du terme.
שהרי הוא ית׳ הוא למעלה מעלה אין קץ מכל בחי׳ ומדרגות היותר עליונות שבבחינת חכמה1 כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ט.
puisqu’Il, béni soit-Il, est infiniment élevé au-dessus de tous les niveaux et degrés les plus élevés relevant de 'Hokhma, comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim [Tanya], deuxième partie, chapitre 9.
Comme l’explique le Tanya (deuxième partie, chapitre 9), D.ieu est sans commune mesure avec même les niveaux les plus élevés de 'Hokhma : par rapport à Lui, 'Hokhma, le commencement de la pensée, compte comme l’aboutissement du processus, un niveau de simple « faire ».
רק שנמשכו ונתהוו מבחי׳ הרשימו שהם האותיות שנשארו אחר שנסתלק מהן האור א״ס [אין סוף] כנ״ל.
Seulement, elles ont été attirées et sont venues à l’existence à partir du niveau du réchimou, c’est-à-dire des lettres qui sont restées après que la Lumière infinie se fut retirée d’elles, comme mentionné plus haut.
Elles sont venues à l’existence à partir du réchimou, les lettres demeurées après que la Lumière infinie se fut retirée d’elles. C’est pourquoi leur création provient de « Ton Nom » : des lettres, et non de la lumière elle-même.
Même le niveau le plus élevé de 'Hokhma est « créé » par rapport à l’essence de D.ieu, car il provient du réchimou, les lettres qui sont demeurées lorsque la lumière s’est retirée.
Maré mekomot
- 1שהרי הוא ית׳ הוא למעלה מעלה אין קץ מכל בחי׳ ומדרגות היותר עליונות שבבחינת חכמה · Tanya, Sha’ar HaYichud 9:7
7וזהו שבריאת כל בחי׳ הקדושים הוא רק מבחי׳ שמך שהוא בחי׳ אותיות וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שא״ק [שאדם קדמון]1 נקרא אדם דבריאה2 הגם שבריאה הוא למטה מאד
Et voici pourquoi la création de tous les niveaux de sainteté provient uniquement du niveau de « Ton Nom », qui est le niveau des lettres. Ainsi qu’il est écrit dans Etz Chaim, Adam Kadmon est appelé « Adam de Béria », bien que Béria soit très bas,
C’est pourquoi tous les « saints » sont créés « à partir de Ton Nom », c’est-à-dire des lettres. Etz Chaim appelle même Adam Kadmon « Adam de Béria », lui donnant le nom du Monde de la Création, bien que Béria soit un monde bien inférieur.
שהם בחי׳ נפרדים שלמטה גם מבחי׳ עולם האצי׳ [האצילות] וע״ז [ועל זה] נאמר ומשם יפרד34 כו׳ אמנם לגבי עצמות המאציל גם א״ק [אדם קדמון] אדם דבריאה יחשב
car ils sont des êtres distincts, situés plus bas encore que le Monde d’Atsilout. C’est à leur propos qu’il est dit : « Et de là, il se divisait », etc. Pourtant, par rapport à l’essence de l’Émanateur, même Adam Kadmon est considéré comme Adam de Béria.
Béria est le premier domaine des êtres distincts, inférieur à Atsilout ; à son sujet, le verset dit : « Et de là, il se divisait », à propos du fleuve qui sort d’Éden. Pourtant, par rapport à l’essence de l’Émanateur, même Adam Kadmon est considéré comme « créé ».
כי אצילות נק׳ אדם דעשייה כולם בחכמה עשית5 להיות שאצילות הוא בחי׳ כלים מדת החסד מדת הדין בחי׳ מדה וגבול כו׳ ויש בהם התחלקות חסד בפ״ע [בפני עצמו] וגבורה בפ״ע [בפני עצמו]6 והתכללות חו״ג [חסד וגבורה] כו׳ לכן נקרא עשייה.
Car Atsilout est appelé « Adam d’Assiya », selon les mots : « Tu les as tous faits avec sagesse », puisque Atsilout est le niveau des réceptacles : l’attribut de bonté, l’attribut de jugement, le niveau de la mesure et de la limite, etc. Il y a en eux une division — le 'Hessed à part et la Guevoura à part — ainsi qu’une inclusion mutuelle du 'Hessed et de la Guevoura, etc. C’est pourquoi il est appelé Assiya (action).
Dans le même ordre d’idées, Atsilout est appelé « Adam d’Assiya », le niveau de l’« action », comme dans « Tu les as tous faits avec sagesse ». Cela tient au fait qu’Atsilout se compose de réceptacles, des attributs définis par une mesure et une limite, où le 'Hessed et la Guevoura sont distincts tout en étant également combinés.
ועולם העקודים שאינו בבחי׳ התחלקות עדיין אלא כל הע״ס [העשר ספירות] הם עקודים בכלי אחד נק׳ אדם דיצירה
Quant au Monde d’Akoudim, qui n’est pas encore dans un état de division, mais où les dix Séfirot sont toutes liées (akoudim) dans un seul réceptacle, il est appelé « Adam de Yetsira »,
Dans Akoudim, les dix Séfirot ne sont pas encore divisées, mais sont « liées » dans un seul réceptacle. Ce monde est appelé « Adam de Yetsira », un degré supérieur à Atsilout.
(וכ״ה בזהר בזהר הרקיע בפ׳ בראשית בדף ט״ו בפי׳ מהר״ר [מהרחמים רבים] מאיר פאפרוש על מאמר בריש הורמנתא7 כו׳ שכתב כן ע״ש [עיין שם] הרב ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה]), וא״ק [ואדם קדמון] שהוא למעלה גם מעקודים
(Il en est ainsi dans le Zohar, dans Zohar HaRakia, sur la paracha Béréchit, au folio 15, dans le commentaire de notre maître, le Rav, Rabbi Meir Poppers, sur le passage « Au commencement de l’autorité », etc., où il l’écrit au nom du Rav, de mémoire bénie.) Adam Kadmon, qui est au-dessus même d’Akoudim,
La parenthèse indique la source : Zohar HaRakia sur le passage d’ouverture du Zohar concernant la création, où Rabbi Meir Poppers rapporte cette explication au nom du Rav, l’Arizal. La phrase se poursuit ensuite à propos d’Adam Kadmon, qui se situe au-dessus même d’Akoudim.
כי עקודים הם ע״ס [עשר ספירות] ממש אלא שעקודים בכלי א׳ אבל א״ק [אדם קדמון] הוא למעלה מזה אלא אעפ״כ [אף על פי כן] הרי הוא מקור לע״ס [לעשר ספירות] וסוף כל סוף יתהוה ממנו בחי׳ אצילות
car Akoudim consiste bien en dix Séfirot, quoique liées dans un seul réceptacle, tandis qu’Adam Kadmon est au-dessus de cela. Pourtant, il est la source des dix Séfirot et, en fin de compte, le niveau d’Atsilout en émanera :
Akoudim est déjà constitué de dix Séfirot distinctes, simplement réunies dans un seul réceptacle, tandis qu’Adam Kadmon se situe au-dessus des Séfirot. Il en est néanmoins la source, et Atsilout en procède finalement.
לכן נקרא אדם דבריאה שלגבי המאציל גם הוא נק׳ בריאה יש מאין (ועמ״ש בד״ה תקעו גבי עלה במחשבה לברא את העולם במדה״ד [במדת הדין] כו׳ שמש ומגן8 כו׳ ע״ש [עיין שם]):9
c’est pourquoi il est appelé « Adam de Béria », car, par rapport à l’Émanateur, lui aussi est appelé création, quelque chose à partir du néant. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sonnez », à propos de « Il vint à la pensée de créer le monde par l’attribut de jugement », etc., et de « soleil et bouclier », etc. ; voir là-bas.)
Parce qu’il est la source des niveaux ordonnés, Adam Kadmon lui aussi est une « création » par rapport à l’Émanateur ; c’est pourquoi il est appelé « Adam de Béria ». La parenthèse renvoie au discours « Sonnez », sur l’enseignement selon lequel il vint d’abord à la pensée de créer le monde par l’attribut de jugement, ainsi qu’au verset « soleil et bouclier ».
Ce paragraphe étaye son propos par les appellations des mondes dans Etz Chaim : par rapport à l’Émanateur, Atsilout est « Adam d’Assiya », Akoudim « Adam de Yetsira », et même Adam Kadmon n’est que « Adam de Béria », une création ex nihilo.
Le passage de Torah Ohr sur Noa'h cité dans les notes situe l’inclusion mutuelle du 'Hessed et de la Guevoura dans le Monde de Tikoun, après le Monde de Nekoudim, où chaque Séfira se tenait seule. Il explique que la Lumière infinie brille précisément là où il y a union et inclusion mutuelle. Cette union reste toutefois différente d’Akoudim, où les dix éléments ne formaient véritablement qu’une seule chose dans un unique réceptacle.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש בע״ח שא״ק נק׳ אדם דבריאה · שער ב׳ ענף ב׳ וריש ש׳ ג׳ [כ].
- 2שא״ק נקרא אדם דבריאה · Sefer Etz Chaim 2:2
- 3ומשם יפרד · Genesis 20:10
- 4ומשם יפרד · Genesis 2:10
- 5כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
- 6חסד בפ״ע וגבורה בפ״ע · ראה תו״א י, ג.
- 7בריש הורמנתא · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
- 8שמש ומגן · Psalms 84:12
- 9לכן נק׳ עשי׳ · באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳קסד הגה״ה.
La descente des âmes et les deux Chabbatot ¶8–10
8ועפ״ז [ועל פי זה] יובן ג״כ ענין ירידת הנשמות בגופים שהוא צורך עלייה הגם כי גם מקודם ירידתן גבהו מאד דרכיהן שעלו במחשבה
Et selon ce principe, nous comprendrons également la descente des âmes dans les corps, qui a pour but une élévation, bien qu’avant leur descente aussi leurs voies fussent extrêmement élevées, puisqu’elles s’étaient élevées dans la pensée.
Le même principe explique pourquoi les âmes descendent dans les corps « en vue d’une élévation ». Avant leur descente, les âmes étaient déjà très élevées, car elles « s’étaient élevées dans la pensée », le niveau des lettres ; quelle élévation leur descente pourrait-elle donc leur apporter ?
רק מי שנשמתו מבריאה היינו מבחי׳ מחשבה דבריאה ומי שנשמתו מיצירה היינו ממחשבה דיצירה כו׳
Seulement, celui dont l’âme provient de Béria relève du niveau de la pensée de Béria, et celui dont l’âme provient de Yetsira relève de la pensée de Yetsira, etc.
Chaque âme a sa racine dans la « pensée » d’un monde particulier : une âme de Béria dans la pensée de Béria, une âme de Yetsira dans la pensée de Yetsira, et ainsi de suite.
ושנשמתו מאצילות היינו ג״כ ממחשבה דאצילות וס״ר נשמות הן ס״ר אותיות1 שבתורה הגם שבכתב אין נמצא ס״ר אותיות בתורה.
Et celui dont l’âme provient d’Atsilout relève également de la pensée d’Atsilout. Les six cent mille âmes sont les six cent mille lettres de la Torah, bien que le texte écrit de la Torah ne comporte pas six cent mille lettres.
Même une âme d’Atsilout a sa racine uniquement dans la pensée d’Atsilout. Les six cent mille âmes correspondent aux six cent mille lettres de la Torah, bien que le décompte des lettres écrites n’atteigne pas ce nombre.
היינו מפני אותיות המשך שהם אותיות אהו״י שבכלל הנקודות שאינן בכתב אבל ישנן במחשבה אך איזו מהנקודות הם אינו ידוע כו׳
Cela s’explique par les lettres qui prolongent [une voyelle] — les lettres alef, hé, vav et youd — incluses dans les signes vocaliques. Elles ne figurent pas dans l’écriture, mais sont présentes dans la pensée ; toutefois, on ne sait pas à quels signes vocaliques elles correspondent, etc.
La différence est comblée par les lettres qui prolongent une voyelle (alef, hé, vav et youd), qui souvent ne sont pas écrites, un signe vocalique tenant lieu d’elles. Elles existent « dans la pensée », bien qu’elles ne figurent pas dans l’écriture, mais on ne sait pas exactement quels signes vocaliques les représentent.
(פי׳ שהוא ע״ד [על דרך] דאיתא בגמ׳ [בגמרא] בכתובות דס״ט ע״ב ינחם כתיב2 ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] אין לך לומר פת״ח בשום אות אא״כ [אלא אם כן] אל״ף3 או ה״א סמוכין לו או ע״פ הנקודה שתחתיה והיא באה במקום אות כאלו כתוב ינאחם עכ״ל [עד כאן לשונו],
(Cela signifie que c’est dans le même esprit que ce qui est dit dans la Guemara, dans Ketoubot, folio 69b : « Il est écrit yenachem », et Rachi explique : « Vous ne pouvez pas prononcer un pata’h sous une lettre, à moins qu’un alef ou un hé ne se trouve à côté d’elle, ou en vertu du signe vocalique qui se trouve dessous ; celui-ci tient lieu d’une lettre, comme si ינאחם était écrit. » Fin de citation.
La parenthèse donne un exemple tiré du Talmud, qui commente l’écriture du mot yenachem. Rachi explique qu’un signe vocalique placé sous une lettre peut tenir lieu d’une lettre, comme si un alef avait été écrit.
הרי שהנקודה שתחתיה באה במקום אות כאלו כתוב אל״ף או ה״א וכן בוי״ו ויו״ד ולכן עם חשבון אותיות אלו שהיו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] רק שנקודות באו במקומן יש ששים רבוא אותיות בתורה ואיזו מהנקודות הוא אינו ידוע לנו).
Ainsi, le signe vocalique placé dessous tient lieu d’une lettre, comme si un alef ou un hé était écrit ; il en va de même pour le vav et le youd. Par conséquent, en comptant ces lettres qui auraient dû être [écrites], mais dont des signes vocaliques ont pris la place, on obtient six cent mille lettres dans la Torah ; toutefois, nous ne savons pas de quels signes vocaliques il s’agit.)
L’Alter Rebbe en déduit que si l’on compte ces lettres non écrites, représentées uniquement par des signes vocaliques, la Torah comporte six cent mille lettres. Nous ne savons toutefois pas quels signes vocaliques tiennent lieu de lettres.
והנה להבין ענין הירידה צורך עלייה למעלה מבחי׳ שעלו במחשבה, יובן בהקדים ענין השבת שיש שבת עילאה ושבת תתאה
À présent, pour comprendre la descente en vue d’une élévation au-delà du niveau où elles « s’étaient élevées dans la pensée », il faut commencer par examiner le sujet du Chabbat : il existe un Chabbat supérieur (Chabbat ila’a) et un Chabbat inférieur (Chabbat tata’a).
La véritable question est de savoir comment la descente peut élever l’âme au-delà de son origine, là où elle « s’était élevée dans la pensée ». La réponse commence par le Chabbat, qui comporte deux niveaux : un Chabbat supérieur et un Chabbat inférieur.
והיינו מ״ש וישבות ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה4 שהיא השביתה מבחינת עשייה זהו שבת תתאה ומ״ש עוד אח״כ [אחר כך] כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא5 זהו שבת עילאה.
C’est le sens de ce qui est écrit : « Il se reposa le septième jour de tout le travail qu’Il avait accompli » : il s’agit du repos par rapport au niveau de l’« action » (Assiya), et c’est là le Chabbat inférieur. Quant à ce qui est écrit ensuite : « car en ce jour Il se reposa de tout le travail qu’Il avait créé », c’est le Chabbat supérieur.
Les deux versets relatifs au premier Chabbat correspondent aux deux niveaux. « Il se reposa de tout le travail qu’Il avait accompli » désigne le repos par rapport à l’« action », le Chabbat inférieur ; « Il se reposa de tout le travail qu’Il avait créé » désigne le Chabbat supérieur.
Se demandant comment la descente de l’âme peut l’élever au-delà de son origine « dans la pensée », le paragraphe indique que chaque âme a sa racine dans la pensée — dans les lettres — de son monde, et que les six cent mille âmes correspondent aux six cent mille lettres de la Torah. Il introduit ensuite le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur, qui constituent la clé de la réponse.
Maré mekomot
- 1וס״ר נשמות . . אותיות · נסמן לע׳ מא, ב.
- 2
- 3אין לך לומר פת״ח בשום אות אא״כ אל״ף או ה״א סמוכין לו או ע״פ הנקודה שתחתיה והיא באה במקום אות כאלו כתוב ינאחם · Rashi on Ketubot 69b:2:1
- 4וישבות ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה · Genesis 2:2
- 5כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא · Genesis 2:3
9והענין כי שבת הוא בחי׳ עליות העולמות עשייה ביצי׳ [ביצירה] ויצי׳ [ויצירה] בבריאה ובריאה באצילות כו׳ עד רום המעלות שגם א״ק [אדם קדמון] עולה במאציל העליון.
L’explication est que Chabbat correspond à l’élévation des mondes : Assiya en Yetsira, Yetsira en Béria, et Béria en Atsilout, etc., jusqu’aux sommets les plus élevés, de sorte que même Adam Kadmon s’élève vers l’Émanateur suprême.
Chabbat est une élévation des mondes, chacun s’élevant dans celui qui lui est supérieur : Assiya en Yetsira, Yetsira en Béria, Béria en Atsilout, et ainsi de suite, jusqu’à ce que même Adam Kadmon s’élève vers l’Émanateur suprême.
כי השבת הוא עד״מ [על דרך משל] אדם ששובת ונח מאיזו מלאכת עבודה שבשעת המלאכה נתלבש השכל ונשפל בעשיית המלאכה וכשפוסק ממנה חוזר שכלו לאיתנו ועולה למעלה להשכיל ענינים רוחניים שלמעלה מעלה מהשכל שבהמלאכה שנק׳ מילין דהדיוטא כו׳.
Car Chabbat est comparable à une personne qui cesse une tâche et se repose d’un travail : pendant qu’elle travaille, son intellect est investi dans l’exécution de la tâche et s’abaisse à son niveau ; lorsqu’elle s’arrête, son intellect retrouve toute sa vigueur et s’élève pour contempler des sujets spirituels, très au-dessus de l’intellect mobilisé par le travail, que l’on appelle les « affaires ordinaires » (milin dehedyota), etc.
L’analogie est la suivante : pendant qu’une personne travaille, son esprit est investi dans la tâche et s’abaisse à son niveau ; lorsqu’elle se repose, son esprit retrouve toute sa vigueur et s’élève vers des sujets spirituels, très au-dessus des « affaires ordinaires » de son travail. De même, le Chabbat, les mondes, libérés de leur travail, s’élèvent.
Chabbat est l’élévation de chaque monde dans celui qui lui est supérieur, jusqu’à Adam Kadmon, comme l’esprit qui s’élève vers des sujets plus élevés lorsqu’il se repose de son travail.
10וכך עד״ז [על דרך זה] יובן למעלה ענין העלייה בשבת עד רום המעלות. אך הנה עליי׳ [עלייה] שעד אצילות היינו עליי׳ [עלייה] בי״ע [בריאה יצירה עשיה] באצי׳ [באצילות] נק׳ שבת תתאה וענין עלייה זו הוא כי
De même, on comprendra ce qu’est, en haut, l’élévation du Chabbat jusqu’aux sommets les plus élevés. Toutefois, l’élévation qui atteint Atsilout — c’est-à-dire l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya dans Atsilout — est appelée le Chabbat inférieur. Cette élévation consiste en ceci :
L’élévation du Chabbat atteint « les sommets les plus élevés », mais elle comporte plusieurs étapes. La première, où Béria, Yetsira et Assiya s’élèvent dans Atsilout, est le Chabbat inférieur.
הנה עם היות שהאצי׳ [שהאצילות] אינו בערך עצמות אור א״ס [אין סוף] ממש מ״מ [מכל מקום] הרי הוא אלהות ממש.
bien qu’Atsilout soit sans commune mesure avec l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), il est néanmoins réellement divin.
Atsilout, bien qu’infiniment inférieur à l’essence de la Lumière infinie, est lui-même « réellement divin » : c’est un monde qui ne fait encore qu’un avec D.ieu.
משא״כ בי״ע [בריאה יצירה עשיה] הם נפרדים ממש ובעלי גבול עד שיש להם בחירה1 לעשות ח״ו [חס ושלום] הפך רצונו ית׳ וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במט״ט [במטטרון] דמחו לי׳2 שתין פולסי דנורא כו׳. ואינן בערך האצילות.
À l’inverse, Béria, Yetsira et Assiya sont véritablement séparés et limités, au point que leurs êtres ont le libre choix d’agir, à D.ieu ne plaise, à l’opposé de Sa volonté, qu’Il soit béni. Ainsi, nos Sages, de mémoire bénie, disent de Metatron qu’on le frappa de soixante coups de fouet de feu, etc. Ces mondes sont sans commune mesure avec Atsilout.
Les trois mondes inférieurs sont véritablement séparés et limités ; leurs êtres peuvent même choisir, à D.ieu ne plaise, d’agir contre Sa volonté. Le Talmud raconte que l’ange Metatron fut puni de « soixante coups de fouet de feu ».
ולכן עלייתם באצילות היא עלייה עצומה ונפלאה שהנברא עולה ונכלל בבורא שיהיה מתלבש בו אור א״ס [אין סוף] ב״ה
C’est pourquoi leur élévation dans Atsilout est une élévation immense et merveilleuse : l’être créé s’élève et s’intègre au Créateur, de sorte que la Lumière infinie, béni soit-Il, s’en revêt
Leur élévation dans Atsilout est donc merveilleuse. L’être créé s’intègre à son Créateur, et la Lumière infinie elle-même vient s’en revêtir.
(שבאצילות מלובש אור א״ס [אין סוף] ב״ה בכלים דאצילות שהקו מסתיים באצילות, כך עד״ז [על דרך זה] כשע״ס [כשעשר ספירות] דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] מתעלים באצילות הרי מלובש בהן אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש)
(car, dans Atsilout, la Lumière infinie, béni soit-Il, est revêtue dans les réceptacles d’Atsilout, puisque le kav (ligne de lumière) se termine dans Atsilout ; de même, lorsque les dix Séfirot de Béria, Yetsira et Assiya s’élèvent dans Atsilout, la Lumière infinie, béni soit-Il, s’en revêt véritablement).
La raison en est que le kav, la ligne de Lumière infinie qui se prolonge dans le vide après le tsimtsoum, se termine dans Atsilout et s’y revêt dans ses réceptacles. Lorsque les Séfirot des mondes inférieurs s’élèvent dans Atsilout, la Lumière infinie s’en revêt également.
והיינו ע״י הביטול כי בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] הם בחי׳ יש מי שאוהב מיכאל באהבה גבריאל ביראה זעות מחיל כסא3 כו׳.
Cela se réalise par l’annulation de soi (bitoul). Car, dans Béria, Yetsira et Assiya, ils sont au niveau du « quelque chose » (yech), de celui qui aime : Mikhaël avec amour, Gavriel avec crainte ; « ils tremblent de terreur devant le Trône », etc.
Cette élévation se réalise par le bitoul. Dans les mondes inférieurs, même les êtres les plus saints sont un yech, un soi qui aime ou craint : l’ange Mikhaël sert avec amour, Gavriel avec crainte, et les ‘Hayot « tremblent de terreur devant le Trône », selon les mots d’un piyout récité lors de la prière de Moussaf de Roch Hachana.
אבל יש בחינה שלמעלה מאהוי ״ר והיינו בחי׳ הביטול כי אברהם הוא בחי׳ אהבה4 אבל משה ונחנו מה5 היינו בחי׳ ביטול כבד פה6 ולכן משה מלגאו7 ויעקב מלבר.8
Mais il existe un niveau supérieur à l’amour et à la crainte : celui du bitoul. Avraham incarne l’amour, tandis que Moché — « et que sommes-nous ? » — incarne le bitoul, lui qui était « lourd de bouche ». C’est pourquoi Moché est à l’intérieur, et Yaakov à l’extérieur.
Le bitoul est supérieur à l’amour et à la crainte. Avraham incarne l’amour, mais Moché disait « et que sommes-nous ? » et était « lourd de bouche », dans un effacement absolu de soi ; Moché est donc la dimension intérieure de la « colonne du milieu », et Yaakov sa dimension extérieure.
ומזה יובן למה ג״כ הבחינה מה שבכל יום יש הארת שבת הוא בחי׳ שמונה עשרה משום כי תפלת שמונה עשרה כריעות והשתחוואות זהו בחי׳ ביטול קול דממה דקה9 כו׳,
On comprendra aussi ainsi pourquoi la dimension selon laquelle un reflet du Chabbat est présent chaque jour correspond au niveau de la prière de la Chemoné Esré : car cette prière, avec ses inclinaisons et ses prosternations, relève du bitoul, de « la voix ténue et silencieuse », etc.
Voilà pourquoi le reflet quotidien du Chabbat correspond à la Chemoné Esré. C’est une prière accompagnée d’inclinaisons et de prosternations, récitée d’une « voix ténue et silencieuse » : une prière de bitoul.
(ולכן שמ״ע [שמונה עשרה] באצילות דהיינו ע״ד [על דרך] בחי׳ שבת) ועליות התומ״צ [התורה ומצות] של כל היום הוא ע״י התפלה, הגם שהתורה היא למעלה מתפלה מ״מ [מכל מקום] להיותה נשפלה בקול גשמי
(et c’est pourquoi la Chemoneh Essré se situe dans Atsilout, c’est-à-dire selon le niveau du Chabbat). L’élévation de la Torah et des mitsvot de toute la journée s’accomplit par la prière : bien que la Torah soit supérieure à la prière, puisqu’elle est néanmoins abaissée dans une voix physique,
La Chemoneh Essré se situe donc dans Atsilout, comme le Chabbat. La prière élève également la Torah et les mitsvot de la journée : la Torah est supérieure à la prière, mais, puisqu’elle est descendue dans une voix physique, la prière doit l’élever.
לכן צריכה להתעלות על ידי התפלה עולת תמיד כו׳, וכ״ז [וכל זה] נק׳ שבת תתאה וזהו בקבלת שבת שמוסיפים מחול על הקדש.
elle doit donc être élevée par la prière, « l’offrande perpétuelle », etc. Tout cela est appelé le Chabbat inférieur ; c’est le sens de l’accueil du Chabbat, lorsque l’on ajoute du temps profane au temps sacré.
La prière est appelée « l’offrande perpétuelle », une offrande qui s’élève. Tout cela — l’élévation des mondes inférieurs vers Atsilout — constitue le Chabbat inférieur, qui commence avec l’accueil du Chabbat, lorsque l’on ajoute au Chabbat du temps pris sur le jour profane.
ולכן ג״פ [ג׳ פעמים] הבו כנגד ג׳ עולמות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] עד השתחוו לה׳10 בהדרת קדש11 הוא בחי׳ אצילות ולכן ר״ת [ראשי תיבות] קבלה.12
C’est pourquoi le mot « Donnez » (havou) est prononcé trois fois, en correspondance avec les trois mondes de Béria, Yetsira et Assiya, jusqu’à « Prosternez-vous devant Havaya dans la splendeur de la sainteté », qui correspond au niveau d’Atsilout ; c’est pourquoi les initiales de ces mots forment kabbala (réception),
Dans l’accueil du Chabbat, le psaume dit trois fois « Donnez (havou) à Havaya », en référence aux trois mondes inférieurs, puis « Prosternez-vous devant Havaya dans la splendeur de la sainteté », en référence à Atsilout. Les initiales de ces quatre derniers mots, lues à rebours, forment kabbala, « réception ».
היינו קבלת שבת שהוא עליי׳ [עלייה] בי״ע [בריאה יצירה עשיה] באצילות (וגם קבלה היא באצי׳ [באצילות], ועיין במבוא שערים שער שלישי חלק שני ספט״ו בענין עלייה זו דבריאה כו׳ ע״ש [עיין שם]).
c’est-à-dire l’accueil du Chabbat, qui est l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya dans Atsilout (et la kabbala elle-même se situe également dans Atsilout ; voir Mavo She’arim, Gate Three, Part Two, fin du chapitre 15, au sujet de cette élévation de Béria, etc. ; voir là-bas).
L’accueil du Chabbat est ainsi l’élévation des mondes inférieurs dans Atsilout, et la « kabbala » elle-même se situe dans Atsilout. Mavo She’arim traite de cette élévation de Béria.
ויש בו מחלוקת הפוסקים אם הוא אסור במלאכה מדאורייתא.13 ואח״כ [ואחר כך] בכניסת ליל שבת ממש מתחיל עליות האצילות ערבית הוא עליית המל׳ [המלכות] חקל תפוחין כו׳.
Les autorités halakhiques sont en désaccord sur ce point : est-il interdit d’effectuer un travail, selon la Torah ? Ensuite, au début effectif de la nuit du Chabbat, commencent les élévations au sein d’Atsilout : la prière du soir est l’élévation de Mal'hout, le « Champ des Pommiers » (hakal tapou'hin), etc.
Les autorités halakhiques discutent de la question de savoir si le temps ajouté avant le Chabbat est soumis à l’interdiction de travailler selon la Torah. À la tombée de la nuit commencent les élévations à l’intérieur même d’Atsilout : lors de la prière du soir, Mal'hout, appelée le « Champ des Pommiers », s’élève.
ואח״כ [ואחר כך] ביום הוא עליות הז״א [הזעיר אנפין] ואו״א [ואבא ואימא] עד שגם א״ק [אדם קדמון] עולה עליי׳ [עלייה] עצומה במאציל העליון. שהרי גם א״ק [אדם קדמון] הוא בריאה יש מאין
Puis, durant le jour, ont lieu les élévations de Zeir Anpin et d’Abba et Imma, jusqu’à ce que même Adam Kadmon s’élève d’une élévation immense vers l’Émanateur suprême ; car Adam Kadmon aussi est une création, quelque chose issu du néant
Durant le jour, Zeir Anpin et Abba et Imma s’élèvent, et finalement Adam Kadmon accomplit une immense élévation vers l’Émanateur suprême. Adam Kadmon peut « s’élever » car, comme cela a été expliqué, il est lui aussi une création issue du néant par rapport à Lui.
(וכמו שבת תתאה הוא עליות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] באצילות כך ג״כ שבת עילאה היינו עליות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] דאצילות שהרי החכמה נק׳ אשר ברא בריאה יש מאין והחכמה מאין תמצא14 ועלייתה בבחי׳ כתר שהוא אצילות שבאצי׳ [שבאצילות].
(et de même que le Chabbat inférieur est l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya dans Atsilout, le Chabbat supérieur est l’élévation du Béria, du Yetsira et de l’Assiya d’Atsilout ; car 'Hokhma (sagesse) est appelée « ce qu’Il a créé », une création, quelque chose issu du néant, et « 'Hokhma est trouvée à partir de ayin (néant) » ; son élévation se fait vers le niveau de Kéter (la Couronne), qui est l’Atsilout au sein d’Atsilout.)
La parenthèse établit le parallèle : le Chabbat inférieur élève les trois mondes inférieurs dans Atsilout, tandis que le Chabbat supérieur élève le « Béria, Yetsira et Assiya » au sein d’Atsilout. 'Hokhma est le « Béria » d’Atsilout, « ce qu’Il a créé », puisque « 'Hokhma est trouvée à partir de ayin » ; elle s’élève vers Kéter, l’« Atsilout d’Atsilout ».
וכך העליות עד רום המעלות עד שגם א״ק [אדם קדמון] שנק׳ אדם דבריאה ועלייתו הוא באצילות היינו באור א״ס [אין סוף] ב״ה כי בכללות העולמות שא״ק [שאדם קדמון] נק׳ בריאה יש מאין כו׳
Ainsi, les élévations se poursuivent jusqu’aux sommets les plus élevés, jusqu’à ce que même Adam Kadmon, appelé l’Adam de Béria, s’élève dans Atsilout, c’est-à-dire dans la Lumière infinie, béni soit-Il ; car, dans l’ensemble des mondes où Adam Kadmon est appelé une création, quelque chose issu du néant, etc.,
Le même schéma se poursuit jusqu’à Adam Kadmon, l’« Adam de Béria » dans l’ensemble de l’ordre des mondes. Son élévation se fait dans l’« Atsilout » de cet ordre, c’est-à-dire dans la Lumière infinie elle-même.
הנה אצילות אינו אלא בחי׳ אור א״ס [אין סוף] פי׳ הגילוי מא״ס [מאין סוף] ב״ה כי אצילות מלשון ויאצל שהוא הפרשת הארה כו׳ ועמ״ש מזה בביאור ע״פ אלה מסעי15 נמצא דרך כלל שבת הוא בחי׳ אצילות) וזהו
Atsilout n’est rien d’autre que le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), c’est-à-dire la révélation provenant de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il ; car Atsilout vient du mot « vaya’tzel » (« et Il mit à part »), qui désigne la séparation d’une illumination, etc. ; voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Voici les étapes ». Il s’ensuit que, de manière générale, Chabbat est le niveau d’Atsilout.) Et c’est [le sens de]
Dans l’ensemble des mondes, où même Adam Kadmon est considéré comme une création, « Atsilout » ne peut désigner que la Lumière infinie révélée. Le mot vient de « vaya’tzel », « Il mit à part », expression employée à propos de l’esprit mis à part de Moché pour les anciens : il ne s’agit pas d’une création nouvelle, mais d’une lumière tirée de sa source ; ainsi, à chaque niveau, Chabbat est une élévation vers « Atsilout ».
כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא אלקים לעשות,16 פי׳ אשר ברא היינו א״ק [אדם קדמון] שנק׳ אדם דבריאה לעשות היינו אדם דאצילות שנק׳ אדם דעשייה שא״ק [שאדם קדמון] הוא מקור ושרש לאצילות כמש״ל [כמה שכתוב לעיל]17
« car en ce jour Il se reposa de toute Son œuvre que D.ieu avait créée pour faire ». Le sens est le suivant : « qu’Il avait créée » désigne Adam Kadmon, appelé Adam de Béria ; « pour faire » désigne Adam d’Atsilout, appelé Adam d’Assiya ; car Adam Kadmon est la source et la racine d’Atsilout, comme expliqué plus haut.
C’est ainsi qu’est interprété le verset : « car en ce jour Il se reposa de toute Son œuvre que D.ieu avait créée pour faire ». « Créée » désigne Adam Kadmon, Adam de Béria, et « pour faire » désigne Atsilout, Adam d’Assiya, qui provient d’Adam Kadmon, sa source.
וזהו בחינת שבת עילאה. ושבת תתאה הוא מ״ש וישבות ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה.18
Et c’est là le niveau du Chabbat supérieur. Le Chabbat inférieur est ce qui est écrit : « Et Il se reposa le septième jour de toute Son œuvre qu’Il avait faite. »
Le repos de ce qu’Il avait « créé », c’est-à-dire l’élévation d’Adam Kadmon, est le Chabbat supérieur. Le repos de ce qu’Il avait « fait » est le Chabbat inférieur.
(והגם שאצילות נק׳ עשייה ושבת תתאה הוא רק עליות בי״ע [בריאה יצירה עשיה]. אך באמת גם ליל שבת שאז עליות המל׳ [המלכות] דאצילות הוא ג״כ שבת תתאה ולכן וישבות ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה זהו שבת תתאה כי המל׳ [המלכות] היא עשייה שבאצילות.22
(Bien qu’Atsilout soit appelé Assiya, tandis que le Chabbat inférieur ne désigne que l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya, en vérité, la nuit de Chabbat aussi, lorsque Mal'hout d’Atsilout s’élève, est également le Chabbat inférieur. C’est pourquoi « Et Il se reposa le septième jour de toute Son œuvre qu’Il avait faite » désigne le Chabbat inférieur, car Mal'hout est l’Assiya au sein d’Atsilout.
Précision : Atsilout aussi est appelé Assiya ; le Chabbat inférieur inclut donc non seulement l’élévation des trois mondes inférieurs, mais aussi la nuit de Chabbat, lorsque Mal'hout d’Atsilout s’élève. Mal'hout est l’« Assiya » au sein d’Atsilout.
ושבתא דיומא עליי׳ [עלייה] ז״א [זעיר אנפין] וחכמה כו׳ זהו התחלת שבת עילאה מכל מלאכתו אשר ברא שהוא בריאה דאצילות כנ״ל. ובזהר בראשית דף19 ה׳ ע״ב שבתותי דא שבת עילאה ושבת תתאה כו׳
Et le Chabbat du jour (Chabbata deYoma), l’élévation de Zeir Anpin et de 'Hokhma, etc., est le commencement du Chabbat supérieur, « de toute Son œuvre qu’Il avait créée », c’est-à-dire la Béria d’Atsilout, comme mentionné plus haut. Et dans le Zohar, Béréchit, folio 5b : « “Mes Chabbatot” : cela désigne le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur », etc. ;
L’élévation du Chabbat du jour, celle de Zeir Anpin et de 'Hokhma, marque le commencement du Chabbat supérieur, la « Béria » d’Atsilout. Le Zohar interprète « Mes Chabbatot », au pluriel, comme désignant le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur.
את לאסגאה תחום שבת20 כו׳ י״ל [יש לומר] שבת עילאה ותתא ה יום שבת וליל שבת ואת לאסגאה היינו מה שמוסיפים מחול על הקדש שהוא עליית בי״ע [בריאה יצירה עשיה] באצילות ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם פי׳ שבת עילאה ותתאה עתיק וז״א [וזעיר אנפין] כו׳):21
« “Et” vient inclure la limite du Chabbat », etc. On peut l’expliquer ainsi : le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur sont le Chabbat du jour et le Chabbat de la nuit ; et « “et” vient inclure » désigne ce que nous ajoutons au jour saint à partir du jour ordinaire, c’est-à-dire l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya vers Atsilout. Et le Mikdash Melekh explique à cet endroit que le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur désignent Atik et Zeir Anpin, etc.)
Le Zohar ajoute que le mot « et » inclut la limite du Chabbat. L’Admour Hazaken suggère que les deux Chabbatot sont le Chabbat du jour et le Chabbat de la nuit, et que le mot « et » inclut le temps ajouté au jour saint à partir du jour ordinaire, lorsque les mondes inférieurs s’élèvent vers Atsilout ; le Mikdash Melekh les interprète comme Atik et Zeir Anpin.
Ce paragraphe décrit les étapes du Chabbat. Le Chabbat inférieur, à partir de l’accueil du Chabbat et de la nuit, élève Béria, Yetsira et Assiya ainsi que la Mal'hout d’Atsilout dans Atsilout, par le bitoul ; le Chabbat supérieur, durant le jour, élève les niveaux à l’intérieur d’Atsilout et enfin Adam Kadmon dans la Lumière infinie, conformément aux deux parties de « que D.ieu a créé pour faire ».
La note de Kehot sur « ils ont le libre choix » relève qu’en de nombreux endroits, il est dit que les anges n’ont pas de libre choix, comme l’affirme le Tanya (chapitre 39) ; le discours du Rabbi Maharach Mi Chamocha 5629 suggère que Metatron, qui est ‘Hanokh, et les anges qui lui ressemblent étaient autrefois des âmes et peuvent donc encore avoir le libre choix. Une note dans Or HaTorah ajoute qu’à l’accueil du Chabbat, chaque monde s’élève d’un degré : Assiya dans Yetsira, Yetsira dans Béria et Béria dans Atsilout.
Maré mekomot
- 1עד שיש להם בחירה · ראה תניא פרק לט. אבל בכמה מקומות מבואר שלמלאכים אין בחירה. וראה ד״ה מי כמוך תרכ״ט ע׳ קנא (הוצאת תשי״ט) וז״ל ”אבל המלאכים אינם בעלי בחירה כלל רק כגרזן ביד החוצב בו (ומה שארז״ל אפקוהו למט״ט וכן ארז״ל בב״מ דפ״ה על אליהו ומחינה שיתין פולסין דנורא, והיינו מפני כי שינה וגילה בעוה״ז מהרזין עילאין, י״ל שהמלאכים אלו היו תחלה נשמות, שמט״ט הוא חנוך, וא״כ י״ל שגם עתה הם בעלי בחירה, אבל שארי המלאכים הם בלתי בעלי בחירה רק כגרזן ביד החוצב בו)”.
- 2במט״ט דמחו לי׳ · Chagigah 15a:6
- 3זעות מחיל כסא · פיוט והחיות (במוסף לר״ה אחר קדוש).
- 4אברהם . . אהבה · Zohar I, 85a
- 5משה ונחנו מה · Exodus 16:8
- 6כבד פה · Exodus 4:10
- 7משה מלגאו · ת״ז תי״ג כט, א ד׳ זיטאמיר. ועל״ק ואתחנן ה סע״ג [ב]. [כ].
- 8משה מלגאו ויעקב מלבר · Tikkunei Zohar 29a:7–8
- 9קול דממה דקה · I Kings 19:12
- 10הבו . . השתחוו לה׳ · Psalms 29:1
- 11השתחוו לה׳ בהדרת קדש · Psalms 29:2
- 12ר״ת קבלה · Psalms 100:1
- 13ע״ש) — מדאורייתא · באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳קסו יש הגהה וז״ל ”אין הפי׳ כאן דכל בי״ע עולים באצי׳ בעת קבלת שבת כ״א עשי׳ עולה ביצי׳ ויצירה בבריאה ובריאה באצי׳” ע״ש עוד.
- 14והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 15בביאור ע״פ אלה מסעי · לקו״ת מסעי צה, א.
- 16כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא אלקים לעשות · Genesis 2:3
- 17לאצילות — כמש״ל · באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳קסו יש הגה״ה.
- 18וישבות ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה · Genesis 2:2
- 19ובזהר בראשית דף ה׳ ע״ב · הלשון נעתק באוה״ת נ״ך-א ע׳ רעח.
- 20שבתותי דא שבת עילאה ושבת תתאה כו׳ את לאסגאה תחום שבת · Zohar, Introduction 12:74–84
- 21מל׳ ויאצל · Numbers 11:25
- 22גם בליל שבת שאז עליות המל׳ · ראה סידור קעג, ב שיש ב׳ עליות עלי׳ הראשונה הוא בליל שבת ועלי׳ השני׳ ביומא דשבתא. וראה ביאוה״ז להצ״צ כרך-ב ע׳ תשצא.
L’année sabbatique et « vous garderez » ¶11–13
3. Or, l’explication du Chabbat inférieur se comprend à partir de la mitsva de l’année sabbatique (Cheviit), appelée « un Chabbat de repos solennel » (Chabbat Chabbaton), qui comporte elle aussi un niveau d’élévation,
La section 3 explique le Chabbat inférieur à partir de l’année sabbatique, Cheviit, que la Torah appelle « un Chabbat de repos solennel ». Elle aussi entraîne une élévation des mondes.
אלא שאין העליות רק מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] לאצילות ולכן נאמר ושבתה הארץ2 שאין שביתה בשביעית אלא למל׳ [למלכות] דאצילות שהוא מקור דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] לבד
à ceci près que les élévations ne vont que de Béria, Yetsira et Assiya à Atsilout. C’est pourquoi il est dit : « la terre se reposera », car, durant l’année sabbatique, le repos ne concerne que la Mal'hout d’Atsilout, seule source de Béria, Yetsira et Assiya.
Mais son élévation ne va que des trois mondes inférieurs vers Atsilout. La Torah dit donc : « la terre se reposera » : la « terre » désigne la Mal'hout d’Atsilout, source des mondes inférieurs, et elle seule se repose.
ולכן לא נאסר רק עבודת הארץ. אבל מאצילות ולמעלה אין שום עליי׳ [עלייה] וכמ״ש בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] בטעמי מצות פ׳ בהר.
C’est pourquoi seul le travail de la terre fut interdit. Mais, depuis Atsilout et au-delà, il n’y a aucune élévation, comme il est écrit dans le Likkutei Torah [de l’Arizal], dans Ta’amei HaMitzvos, Parshas Behar.
C’est pourquoi, durant l’année sabbatique, seul le travail de la terre est interdit. Au-dessus d’Atsilout, elle n’entraîne aucune élévation, comme l’écrit le Likkutei Torah de l’Arizal dans son explication des mitsvot de Parshas Behar.
La section 3 commence à expliquer le Chabbat inférieur à partir de l’année sabbatique, dont l’élévation ne va que des mondes inférieurs à Atsilout ; seule la « terre », la Mal'hout, se repose.
Maré mekomot
- 1שבת שבתון · Leviticus 25:4
- 2ושבתה הארץ · Leviticus 25:2
12ומ״מ [ומכל מקום] יש בו בחינה שאדם ובהמה שוין דהיינו לענין מצות ביעור בשביעית שהוא מצוה לבער פירות שביעית מן הבית כשכלה לחיה מן השדה
Néanmoins, il existe en elle un aspect sous lequel l’homme et l’animal sont égaux, à savoir en ce qui concerne la mitsva de biour durant l’année sabbatique : c’est une mitsva que de retirer les produits de l’année sabbatique de la maison lorsque l’animal sauvage n’en trouve plus dans les champs,
Malgré tout, l’année sabbatique comporte un aspect sous lequel l’homme et l’animal sont égaux : la mitsva de biour, qui consiste à retirer de sa maison les produits de cette année lorsque cette sorte de produit n’est plus disponible pour les animaux dans les champs.
שנאמר לך ולבהמתך ולחיה אשר בארצך תהיה כל תבואתה לאכול1 כל זמן שחיה אוכלת מן השדה2 אתה אוכל ממה שבבית כלה לחיה מן השדה חייב לבער אותו המין מן הבית כו׳.
comme il est dit : « Pour toi, pour ton bétail et pour les animaux sauvages qui sont dans ton pays, toute sa récolte sera destinée à la nourriture » : tant que l’animal sauvage en mange dans les champs, tu peux manger ce qui se trouve dans la maison ; lorsqu’il n’en trouve plus dans les champs, tu es tenu de retirer de la maison cette espèce, etc.
Le verset destine les produits « à toi, à ton bétail et aux animaux sauvages » de la même manière. D’où la règle : tant que l’animal sauvage trouve cette espèce dans les champs, une personne peut en manger chez elle ; dès qu’elle a disparu des champs, elle doit la retirer de sa maison.
והענין כי אדם ובהמה יש גם בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] פני שור ופני אריה חיה בכלל בהמה3 (ויש ג״כ בחי׳ פני אדם)4
L’explication est que l’homme et l’animal existent aussi dans Béria, Yetsira et Assiya : il y a la face du bœuf et la face du lion — l’animal sauvage étant inclus dans la catégorie des « animaux » — (et il existe également le niveau de la face de l’homme) ;
L’homme et l’animal ont leurs équivalents dans les mondes supérieurs : les faces du bœuf et du lion parmi les 'Hayot de la vision d’Ézéchiel (le lion étant un animal sauvage, que la loi inclut dans la catégorie des « animaux »), ainsi que la face de l’homme.
והחיות נושאות את הכסא5 כמשל המרכבה שמגבהת הרוכב למקום שאינו יכול להגיע בעצמו כו׳ כי שרשן מעולם התהו
et les 'Hayot portent le Trône, comme dans l’image du char qui élève son conducteur jusqu’à un lieu qu’il ne pourrait atteindre par lui-même, etc. Car leur racine se trouve dans le Monde de Tohou,
Les 'Hayot portent le Trône, comme un char transporte son conducteur jusqu’à un lieu qu’il ne pourrait atteindre seul. Leur racine se trouve dans le Monde de Tohou, le monde dont les lumières se sont brisées et sont tombées avant le monde ordonné de Tikoun.
אלא שנפלו. אבל לאחר שמתברר הטוב מהרע (וחיות המרכבה הם לאחר הבירור) הם מעלים לשרשן לתהו.
mais elles sont tombées. Cependant, après que le bien a été séparé du mal (et les 'Hayot du Char se trouvent après cette séparation), elles s’élèvent jusqu’à leur racine, jusqu’à Tohou.
Ce qui est tombé de Tohou doit être trié, le bien étant séparé du mal. Les 'Hayot du Char ont déjà été triées ; elles s’élèvent donc jusqu’à leur racine en Tohou, comme un char élève son conducteur.
ולכן ע״י עלייתן מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] לאצי׳ [לאצילות] בשנת השביעית (שאז הוא עליי׳ [עלייה] בריאה לאצילות) אזי אדם ובהמה שוין,
C’est pourquoi, par leur élévation de Béria, Yetsira et Assiya vers Atsilout durant l’année sabbatique (car c’est alors que Béria s’élève vers Atsilout), l’homme et l’animal sont égaux,
Durant l’année sabbatique, lorsque les mondes inférieurs — et Béria en particulier — s’élèvent vers Atsilout, l’homme et l’animal deviennent égaux. La loi de biour, qui lie la consommation de l’homme à celle de l’animal, reflète cette égalité.
כי אצי׳ [אצילות] הוא בחי׳ מקיף לגבי בריאה ובחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין] דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] וכמ״ש במ״א בפי׳ אדון עוזנו צור משגבנו כו׳
car Atsilout est un niveau de lumière englobante (makif) par rapport à Béria, et le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) pour Béria, Yetsira et Assiya, comme cela est expliqué ailleurs à propos du sens de « Maître de notre force, Rocher de notre refuge », etc.
Atsilout est un makif pour Béria : une lumière qui l’entoure au lieu de pénétrer en lui. Il est également le sovev kol almin, la lumière englobante, des trois mondes inférieurs. Cela a été expliqué ailleurs à propos des paroles de la prière du matin : « Maître de notre force, Rocher de notre refuge. »
אדון עוזנוהוא בחי׳ מל׳ [מלכות] דאצי׳ [דאצילות] שנעשי׳ [שנעשית / שנעשים] עתיק לבריאה וזהו צור משגבנו היינו בחי׳ מקיף לבריאה מגן משגב היינו מקיף ליצי׳ [ליצירה] ולעשייה כו׳.
« Maître de notre force » désigne le niveau de Mal'hout d’Atsilout, qui devient Atik pour Béria ; et c’est cela, « Rocher de notre refuge », c’est-à-dire le niveau de lumière englobante pour Béria ; « Bouclier », « Refuge » désignent la lumière englobante pour Yetsira et Assiya, etc.
« Maître de notre force » désigne Mal'hout d’Atsilout, qui devient l’Atik, la tête intérieure, de Béria. « Rocher de notre refuge » désigne sa lumière englobante pour Béria, tandis que « Bouclier » et « Refuge » désignent la lumière englobante pour Yetsira et Assiya.
ולכן אדם ובהמה דבריאה עם היות שאין ערוך בחי׳ בהמה לגבי בחי׳ אדם מ״מ [מכל מקום] לגבי אצי׳ [אצילות] שניהן שוין ממש
Ainsi, l’homme et l’animal de Béria, bien que le niveau de l’animal soit sans commune mesure avec celui de l’homme, sont néanmoins tout à fait égaux par rapport à Atsilout.
Au sein de Béria, l’« homme » et l’« animal » sont séparés par un abîme. Mais par rapport à Atsilout, qui les enveloppe tous deux de la même façon, cette différence disparaît et ils sont tout à fait égaux.
(וע״ד [ועל דרך] שנתבאר בענין משה שממשיך הדעת לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] לפי שאדם ובהמה דבריאה שוין לגבי דעת דמשה כו׳
(Dans le même esprit que ce qui a été expliqué au sujet de Moché, qui fait descendre Daat (connaissance) dans Béria, Yetsira et Assiya, car l’homme et l’animal de Béria sont égaux par rapport à la Daat de Moché, etc. ;
De même, Moché fait descendre la Daat, la connaissance de D.ieu, dans les mondes inférieurs : par rapport à la Daat de Moché, l’homme et l’animal de Béria sont égaux, et tous deux peuvent donc la recevoir.
עמ״ש מזה ע״פ ואלה המשפטים,6 ואפשר עד״ז [על דרך זה] בקידוש דליל שבת שממשיכים הדעת לנוק׳ [לנוקבא] שהוא מקור דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] בכלל זה שיומשך הדעת אפילו לנשמות שלנו בחי׳ בהמה דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] מטעם הנ״ל דאדם ובהמה שוין לגבי המקיף סוכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳).
voyez ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Et voici les lois ». Il se peut que, dans le même esprit, le Kiddouch du soir de Chabbat, où la Daat est attirée vers la Noukva, la source de Béria, Yetsira et Assiya, comprenne aussi que la Daat soit attirée jusque dans nos âmes, le niveau de l’« animal » de Béria, Yetsira et Assiya, pour la raison mentionnée plus haut : l’homme et l’animal sont égaux par rapport à la lumière qui entoure tous les mondes, sovev kol almin, etc.).
Cela est expliqué dans Torah Ohr à propos de « Et voici les lois ». Le Rabbi Alter Rebbe suggère que le Kiddouch du soir de Chabbat, qui fait descendre la Daat vers la Noukva, source des mondes inférieurs, apporte lui aussi la Daat jusque dans nos âmes, l’« animal » de ces mondes, car tous sont égaux par rapport à la lumière enveloppante, sovev kol almin.
ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ענין שבת תתאה שהוא עליי׳ [עלייה] בי״ע [בריאה יצירה עשיה] לאצילות שהוא עליי׳ [עלייה] עצומה כו׳ כמובן. והנה לע״ל [לעתיד לבוא] יהיה גילוי הסובב שהוא בחי׳ עצמות האור מקור כל המקיפים והוא אור א״ס [אין סוף] שלמעלה מהקו כו׳
Dans le même esprit, on comprendra la signification du Chabbat inférieur : il est l’élévation de Béria, Yetsira et Assiya vers Atsilout, élévation considérable, etc., comme il est évident. Or, dans le monde futur, il y aura une révélation de sovev, qui est le niveau de l’essence de la lumière, source de toutes les lumières enveloppantes ; c’est la Lumière infinie (Or Ein Sof), au-dessus du kav, etc.
Le Chabbat inférieur est donc l’élévation considérable des trois mondes inférieurs vers Atsilout. Dans le monde futur, sovev lui-même sera révélé : l’essence de la lumière, source de toute lumière enveloppante, la Lumière infinie au-dessus du kav.
ועתה הוא בהעלם ולא שסובב מלמעלה אלא כמ״ש הלא את השמים ואת הארץ אני מלא7 רק שהוא נעלם מכל כו׳.
À présent, il est dissimulé ; ce n’est pas qu’il enveloppe le monde depuis le haut, mais, comme il est écrit : « Est-ce que Je ne remplis pas les cieux et la terre ? » ; seulement, il est caché à tout, etc.
À présent, il est caché. Le fait qu’il « enveloppe » ne signifie pas qu’il se trouve loin, au-dessus du monde, car D.ieu remplit les cieux et la terre ; il est simplement caché à tout.
וזהו את שבתותי8 פי׳ ב׳ השבתות שלי הם כי גם שבת תתאה שהוא ביטול והתכללות באצילות נק׳ שבת שלי
Et c’est là le sens de « Mes Chabbatot » : les deux Chabbatot sont à Moi. Car même le Chabbat inférieur, qui consiste en l’annulation de soi (bitoul) et l’inclusion dans Atsilout, est appelé Mon Chabbat,
« Mes Chabbatot » : les deux Chabbatot appartiennent à D.ieu. Même le Chabbat inférieur — l’annulation de soi et l’inclusion des mondes inférieurs dans Atsilout — est appelé « Mon » Chabbat.
כי בי״ע [בריאה יצירה עשיה] לגבי אצילות אין ערוך כנ״ל (מענין אדם ובהמה כו׳ ולכן אנו מצווין בשבת על שביתת בהמה מדאורייתא).9
car Béria, Yetsira et Assiya sont sans commune mesure avec Atsilout, comme indiqué plus haut (à propos de l’homme et de l’animal, etc. ; c’est pourquoi, le Chabbat, la Torah nous ordonne de faire chômer l’animal).
Les mondes inférieurs sont sans commune mesure avec Atsilout, comme le montre le cas de l’homme et de l’animal. C’est pourquoi la Torah ordonne que l’on fasse chômer son animal le Chabbat.
וע״ז [ועל זה] נאמר תשמרו שאתם מוטל עליכם רק לשמור מה שנותנים לכם כענין מתנה טובה יש לי10 בבית גנזי11 כו׳
Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Vous garderez » ; il vous incombe seulement de garder ce qui vous est donné, comme dans l’expression : « J’ai un beau cadeau dans Mon trésor », etc.
« Vous garderez » : notre tâche consiste seulement à garder ce qui nous est donné. Le Chabbat est un cadeau de D.ieu, comme Il l’a dit à Moché : « J’ai un beau cadeau dans Mon trésor, et son nom est Chabbat. »
והיינו ע״י השמירה מכל דברים המונעים הגילוי ואפילו עוונות שאדם דש בעקביו12 כגון שקר וגסות וכמ״ש במ״א.
C’est-à-dire en se gardant de tout ce qui empêche la révélation, même des fautes que l’homme foule aux pieds, comme le mensonge et l’arrogance, ainsi qu’il est expliqué ailleurs.
S’en garder signifie se prémunir contre tout ce qui entrave sa révélation, même contre les fautes que l’homme « foule aux pieds » et considère comme insignifiantes, telles que le mensonge et l’arrogance.
וגם פי׳ תשמרו היינו עד״מ [על דרך משל] כמשל השמירה שהיא מבחוץ כך הנה התגלות זו הוא רק בבחי׳ אור מקיף ושרש כל המקיפים מהאור שלמעלה מהקו ושבת בחי׳ מקיף ואפילו שבת תתאה
De plus, le sens de « vous garderez » est, par analogie, semblable à celui d’une garde, qui se tient à l’extérieur. De même, cette révélation n’est que de l’ordre d’une lumière enveloppante (Or Makif) ; la racine de toutes les lumières enveloppantes provient de la lumière qui est au-dessus du kav, et le Chabbat est du niveau de la lumière enveloppante, même le Chabbat inférieur.
« Garder » évoque aussi un gardien qui se tient à l’extérieur de ce qu’il protège. Ainsi, la révélation du Chabbat est une lumière enveloppante, dont la racine se trouve dans la lumière au-dessus du kav ; même le Chabbat inférieur est une lumière enveloppante.
(הוא מאיר בבחי׳ מקיף ולא בגילוי ממש בנפש והיינו מטעם הנ״ל דשרש כל המקיפים הוא מהמקיף עליון סכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳) ותורה בחי׳ א״פ [אור פנימי] כדלקמן.
(Elle brille de manière enveloppante, et non comme une révélation véritable au sein de l’âme ; cela s’explique par la raison mentionnée plus haut : la racine de toutes les lumières enveloppantes provient de la lumière enveloppante suprême, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc.) La Torah, quant à elle, est du niveau de la lumière intérieure (Or Pnimi), comme il sera expliqué plus loin.
Elle brille autour de l’âme, sans se révéler ouvertement en elle, car toutes les lumières enveloppantes proviennent de la lumière enveloppante suprême, sovev kol almin. La Torah, en revanche, est une lumière intérieure, comme il sera expliqué.
ויובן ענין מקיף עד״מ [על דרך משל] כשאדם חושב איזה דבר במחשבתו הרי אותו דבר מוקף במחשבתו ומחשבתו מקפת הדבר ההוא כולו ואעפ״כ [ואף על פי כן] אין אותו דבר משתנה ומתפעל עי״ז.
On comprendra le concept de lumière enveloppante par analogie : lorsqu’un homme pense à quelque chose, cette chose est enveloppée dans sa pensée, et sa pensée englobe cette chose tout entière ; néanmoins, cette chose n’est ni changée ni affectée par cela.
Voici une analogie pour la lumière enveloppante : lorsqu’un homme pense à quelque chose, sa pensée en englobe toute l’étendue, et pourtant cette chose même n’est aucunement changée ni affectée.
L’année sabbatique révèle la nature du Chabbat inférieur : lorsque les mondes inférieurs s’élèvent vers Atsilout, l’homme et l’animal deviennent égaux, comme le montre la loi de biour, car Atsilout les englobe tous de la même manière. Le paragraphe explique ensuite « vous garderez » : le Chabbat est un don qu’il faut garder, et une lumière englobante (makif) qui entoure l’âme sans y pénétrer.
Cela prépare le contraste vers lequel tend le maamar : le Chabbat, lumière englobante, est « gardé », protégé de l’extérieur, tandis que le Sanctuaire, que le maamar identifiera à la Torah, lumière intérieure, est « révéré ».
Maré mekomot
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13והנה למעלה ג״כ כתיב אני ה׳ חוקר לב בוחן כליות1 ותעלומות האדם נגלו לפניו והנה מחשבתו ודעתו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שיודע את כל הנבראים מקפת אותן בפועל ממש והרי הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] יודע העתיד
Or, il est également écrit en haut : « Moi, Havaya, Je sonde le cœur et éprouve les reins », et les secrets de l’homme sont dévoilés devant Lui. La pensée et la connaissance du Saint béni soit-Il, par lesquelles Il connaît toutes les créatures, les enveloppent réellement ; et le Saint béni soit-Il connaît l’avenir
L’analogie d’une pensée qui enveloppe son objet s’applique maintenant en haut. D.ieu « sonde le cœur et éprouve les reins » : rien de caché ne Lui échappe, Sa connaissance de chaque créature l’enveloppe réellement, et Il connaît l’avenir comme Il connaît le passé.
כמו העבר ואעפ״כ [ואף על פי כן] אין ידיעה זו מכרחת האדם ויש לו בחירה לטוב או להפך ח״ו [חס ושלום] להרהר רע כו׳ והיינו לפי שידיעה זו אין נמשך ממנה השפעה וגילוי בהאדם רק מקיף אותו.
comme Il connaît le passé. Pourtant, cette connaissance ne contraint pas l’homme : il a le choix du bien ou, à l’inverse, à D.ieu ne plaise, de penser au mal, etc. C’est parce qu’aucune influence ni révélation ne découle de cette connaissance dans l’homme ; elle ne fait que l’envelopper.
Cette connaissance ne force pourtant le choix de personne : l’homme reste libre de choisir le bien ou, à D.ieu ne plaise, le mal. La raison en est que cette connaissance n’entoure l’homme qu’à la manière d’un makif ; rien de celle-ci ne s’écoule en lui.
(ועד״מ [ועל דרך משל] כמו שמחשבת האדם אין גורם התפעלות ושינוי בדבר שמקיף במחשבתו כנ״ל הגם כי לא מחשבותי מחשבותיכם2 כתיב שמה שמחשבת האדם מוקף בה איזה דבר אין הדבר ההוא מוקף בה בפועל ממש רק בדמיון מחשבת האדם ודעתו
(C’est, par analogie, comme la pensée de l’homme, qui ne produit aucun effet ni changement dans la chose qu’elle enveloppe par la pensée, comme indiqué plus haut. Pourtant, il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » : lorsqu’une chose est enveloppée dans la pensée de l’homme, elle ne l’est pas réellement ; elle ne l’est que dans l’imagination de sa pensée et de son esprit,
La pensée de l’homme ne change rien à la chose à laquelle il pense. Mais les pensées de D.ieu « ne sont pas vos pensées » : la pensée de l’homme n’enveloppe une chose que dans son imagination, et non dans la réalité.
ולכן אין הדבר ההוא מתפעל ומשתנה ע״י מקיף זה שהרי אין יכולת במחשבתו לנגוע בהדבר כו׳. אבל הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] דכתיב ביה כי לא מחשבותי מחשבותיכם הרי מחשבתו ודעתו שיודע את הנברא מקפת כל נברא בפועל ממש.3
et cette chose n’est donc pas affectée ni changée par cet enveloppement, puisque sa pensée n’a pas la capacité de la toucher, etc. Mais le Saint béni soit-Il, dont il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », enveloppe réellement chaque créature par Sa pensée et Sa connaissance, au moyen desquelles Il connaît la créature,
C’est pourquoi la pensée humaine ne peut affecter son objet : elle ne peut le toucher. En revanche, la connaissance de D.ieu enveloppe réellement chaque créature, si bien qu’on pourrait s’attendre à ce qu’elle l’affecte.
וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פמ״ח מ״מ [מכל מקום] כתיב כי אל דעות שיש ב׳ בחי׳ דעת הא׳ בחי׳ דעת עליון שאינו מאיר רק בבחי׳ מקיף ולכן אף שמקיף בפו״מ [בפועל ממש] מ״מ [מכל מקום] אין ידיעה ומקיף זה מכריח הבחירה,
comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 48. Pourtant, il est écrit : « Car D.ieu est un D.ieu de connaissances (de’ot) » : il existe deux niveaux de Daat (connaissance). Le premier est le niveau de la Daat supérieure, qui ne se manifeste qu’à la manière d’un makif (lumière enveloppante) ; ainsi, bien qu’elle enveloppe réellement, cette connaissance et ce makif ne contraignent pas le choix.
Cela suit le Tanya, chapitre 48. Pourtant, Il est appelé « un D.ieu de connaissances », au pluriel, car il existe deux niveaux de Daat ; la Daat supérieure ne se manifeste qu’à la manière d’un makif. Ainsi, bien qu’elle enveloppe véritablement, elle ne contraint pas le choix.
וזהו יכולת הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] להיות ידיעתו זו שבבחי׳ דעת עליון רק בבחי׳ מקיף מרחוק עד שלא יתפעל ממנה האדם ולא תגרום לו שום הכרח כלל ממש ע״ד [על דרך] שאין מחשבת האדם גורם התפעלות באבן שמצייר במחשבתו
Telle est la capacité du Saint béni soit-Il : faire en sorte que cette connaissance qui est en Lui, au niveau de la Daat supérieure, ne se manifeste qu’à la manière d’un makif, de loin, afin que l’homme n’en soit pas affecté et qu’elle ne le contraigne absolument en rien ; cela ressemble à la pensée de l’homme, qui ne produit aucun effet sur une pierre qu’il se représente dans son esprit.
Telle est la puissance de D.ieu : Il peut maintenir Sa connaissance supérieure uniquement à la manière d’un makif « de loin », de sorte que l’homme n’en éprouve aucune contrainte. De même, une pierre que l’homme se représente dans son esprit n’est pas affectée par sa pensée.
ואף שמחשבת האדם אינה מקיף באמת כלל רק בדמיון לבד, אבל ידיעת הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] הוא מקיף בפועל ממש מ״מ [מכל מקום] יכול הוא שגם מקיף זה שבפועל לא יגרום התפעלות. וזהו שמ״מ [שמכל מקום] אינו רק בחי׳ מקיף דייקא).
Et bien que la pensée de l’homme ne soit nullement un véritable makif, mais seulement une représentation imaginaire, tandis que la connaissance du Saint béni soit-Il est un makif réel, Il peut néanmoins faire en sorte que même ce makif réel ne produise aucun effet. C’est pourquoi elle demeure néanmoins précisément un niveau de makif.)
La différence subsiste : la pensée humaine n’enveloppe que dans l’imagination, tandis que la connaissance de D.ieu enveloppe réellement. Pourtant, Il peut faire en sorte que même ce makif réel laisse l’homme intact ; c’est précisément pourquoi on l’appelle un makif.
ויש בחינה למטה מזו שמשם נמשך ההשפעה בפנימי׳ [בפנימיות / בפנימית] להאדם כמו ששואל המלאך טפה זו מה תהא עלי׳ [עליה] חכם4 וכו׳ נמצא הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] נותן בו חכמה הרי נמשך בחי׳ זו בפנימית להיות חכם.
Il existe un niveau inférieur à celui-ci, d’où l’influence se déverse intérieurement dans l’homme, comme lorsque l’ange demande : « Cette goutte, que deviendra-t-elle ? Sage », etc. Le Saint béni soit-Il y place alors la sagesse ; ce niveau se déverse ainsi intérieurement, de sorte qu’il devient sage.
Sous la Daat supérieure se trouve un niveau qui se déverse effectivement dans l’homme. L’ange demande si chaque embryon sera sage ou stupide ; lorsque D.ieu décrète « sage », cette sagesse est déversée en lui intérieurement.
אבל בחי׳ דעת עליון הוא בבחי׳ מקיף ולכן אינו מכריח הבחירה כו׳. ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ענין שבת שמאיר על האדם בחי׳ עליונה מאד והיינו בבחי׳ מקיף כו׳:5
Mais le niveau de Daat supérieur se présente sous la forme d’un makif, et ne contraint donc pas le choix, etc. De même, on comprendra la question du Chabbat : un niveau extrêmement élevé illumine la personne, sous la forme d’un makif, etc.
Le Daat supérieur demeure un makif, ce qui explique qu’il ne contraigne pas le choix. Il en va de même pour le Chabbat : un niveau extrêmement élevé illumine la personne, mais sous la forme d’un makif qui l’entoure.
La connaissance divine de l’avenir enveloppe réellement chaque créature tout en laissant le libre choix, car la Daat supérieure n’agit qu’à la manière d’un makif. Le Chabbat, lui aussi, illumine l’homme comme un makif d’une très grande élévation.
L’analogie et le contraste entre la pensée humaine et la pensée divine suivent de près le Tanya (chapitre 48) : la connaissance de D.ieu enveloppe toute la terre, de part en part, réellement, car cette connaissance est la vie et l’existence mêmes de la terre.
Maré mekomot
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Deux sortes de makif ; le Temps à venir ¶14–15
14ד ומכל מקום צ״ע [צריך עיון] אם המשל דמקיף דידיעה מכוון לענין המשכת המקיף בשבת כי הנה ענין הידיעה שאינו גורם שום התפעלות והכרח בהבחירה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] דהיינו משום שהוא בחי׳ המקיף שמרחוק כי יש ב׳ בחי׳ מקיפים.
4. Néanmoins, cela demande examen : l’analogie du makif de la connaissance convient-elle à l’attraction du makif le Chabbat ? Car, quant à la connaissance, qui ne produit aucun effet et n’impose aucunement le choix, il faut dire que cela tient à ce qu’elle relève du makif éloigné ; car il existe deux niveaux de lumières enveloppantes (makifim).
La section 4 met en question l’analogie : le makif de la connaissance de D.ieu correspond-il réellement au makif attiré le Chabbat ? La connaissance laisse le libre choix intact uniquement parce qu’elle est un makif éloigné ; or il existe deux sortes de makif.
הא׳ שאע״פ [שאף על פי] שהוא מקיף ואינו מאיר בפנימי׳ [בפנימיות / בפנימית] עכ״ז [עם כל זה] נמשך התפעלות ממנו כמו שהאדם מתפעל כשמתפלל בצבור משום המקיף דאכל בי עשרה שכינתא שריא1 וזה נק׳ מקיף הקרוב שמאיר בהא״פ [בהאור פנימי].
Le premier : bien qu’il soit un makif et ne brille pas intérieurement, un effet en découle néanmoins, comme une personne est émue lorsqu’elle prie avec une assemblée, en raison du makif associé à l’enseignement : « Là où dix [personnes] sont réunies, la Chekhina réside » ; c’est ce qu’on appelle le makif proche, qui brille dans la lumière intérieure.
Le premier est le « makif proche » : il ne pénètre pas la personne, et pourtant il l’émeut, comme on est touché lorsqu’on prie avec une assemblée, car « là où dix personnes sont réunies, la Chekhina réside ». Un tel makif brille dans la lumière intérieure.
הב׳ מקיף הכללי שמקיף בהשוואה א׳ ואינו מאיר בפנימי כלל ולא נמשך ממנו התפעלות וכמ״ש כ״ז [כל זה] ס״פ שמות בביאור ע״פ הבאים ישרש2 כו׳,
Le second est le makif général, qui enveloppe uniformément et ne brille aucunement à l’intérieur ; aucun effet n’en découle. Tout cela est expliqué à la fin de la paracha Chemot, dans le commentaire du verset « Ceux qui viennent, il les fera prendre racine », etc.
Le second est le « makif général » : il enveloppe tout de façon égale, ne brille pas du tout à l’intérieur et ne suscite rien. Cela est expliqué dans Torah Ohr, à la fin de la paracha Chemot, au sujet du verset « Ceux qui viennent, il les fera prendre racine ».
וא״כ [ואם כן] הידיעה שאינה מכרחת הבחירה כלל היינו משום שהוא בבחי׳ מקיף המובדל, ובשבת הרי יש נשמה יתירה שהוא התגלות מבחי׳ הרצון עליון (כמ״ש במ״א ע״פ ויקהל משה3 כו׳).
Si tel est le cas, la connaissance qui n’impose aucunement le choix le doit au fait qu’elle relève du makif séparé ; tandis que le Chabbat, il y a une âme supplémentaire (nechama yetera), qui est une révélation du niveau de la volonté suprême (comme cela est expliqué ailleurs au sujet du verset « Et Moché rassembla », etc.).
La connaissance de D.ieu laisse le choix libre parce qu’elle relève du makif éloigné, séparé. Le Chabbat, en revanche, apporte une « âme supplémentaire », révélation de la volonté suprême, comme l’explique Torah Ohr au sujet de « Et Moché rassembla » ; ainsi, le Chabbat agit bien sur la personne.
ולכן אפשר כי שבת תתאה ושבת עילאה עם היות שניהם בחי׳ מקיף כנ״ל בפי׳ שבתותי תשמרו.
Il se peut donc que le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur, bien que tous deux relèvent du makif, comme indiqué plus haut dans l’explication de « Vous garderez Mes Chabbatot »,
Cela conduit à une hypothèse concernant les deux Chabbatot. Tous deux sont des makifim, comme il a été dit dans l’explication de « Vous garderez Mes Chabbatot », mais ils pourraient être des sortes différentes de makif.
מ״מ [מכל מקום] י״ל [יש לומר] שבת תתאה הוא מקיף הקרוב וממנו נמשך הארה והתפעלות כו׳ ושבת עילאה הוא מקיף העליון מקיף למקיף כו׳.
soient néanmoins à distinguer : le Chabbat inférieur serait le makif proche, dont proviennent une illumination et un effet, etc., tandis que le Chabbat supérieur serait le makif suprême, un makif du makif, etc.
Le Chabbat inférieur pourrait être le « makif proche », dont une lumière et une émotion parviennent à la personne. Le Chabbat supérieur serait le makif suprême, un makif du makif.
וגם במ״א נתבאר שבשבת נכנסים המקיפים דחול בבחינת פנימים ונמשכים מקיפים עליונים יותר, וגם נתבאר במ״א בפי׳ ושמרו בנ״י [בני ישראל] את השבת לעשות את השבת4 שע״י ושמרו
Il est également expliqué ailleurs que, le Chabbat, les lumières enveloppantes des jours de semaine entrent comme lumières intérieures, tandis que des lumières enveloppantes plus élevées sont attirées. Il est aussi expliqué ailleurs, à propos du sens de « Les enfants d’Israël garderont le Chabbat pour faire le Chabbat », que par « ils garderont
Il est expliqué ailleurs que, le Chabbat, les lumières enveloppantes des jours de semaine entrent à l’intérieur comme lumières intérieures, tandis que des lumières enveloppantes plus élevées sont attirées. Un autre maamar interprète « Les enfants d’Israël garderont le Chabbat pour faire le Chabbat » comme exprimant un rapport de cause à effet.
את השבת נמשך כח ועוז שיוכלו לעשות את השבת הבא אח״כ [אחר כך], ועמ״ש סד״ה לסוסתי5 בענין טלא דנטיף מעתיקא בג׳ סעודות דשבת שמזה נמשך הכח לאתעדל״ת [לאתערותא דלתתא] כו׳.
le Chabbat », une force et une vigueur sont attirées, afin qu’ils puissent « faire » le Chabbat qui viendra ensuite. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du maamar commençant par « À ma jument », au sujet de la rosée qui s’écoule d’Atika pendant les trois repas du Chabbat, d’où provient la force nécessaire à l’éveil d’en bas, etc.
Garder le Chabbat présent attire force et vigueur afin de « faire » le Chabbat suivant. Le maamar « À ma jument » ajoute que la « rosée qui s’écoule d’Atika » pendant les trois repas du Chabbat donne la force nécessaire à l’éveil d’en bas, c’est-à-dire à l’initiative propre de la personne.
La section 4 distingue un makif proche, qui émeut la personne, d’un makif éloigné et général, qui ne suscite aucun effet. Puisque le Chabbat apporte une âme supplémentaire, le Chabbat inférieur est un makif proche, tandis que le Chabbat supérieur est un makif qui le dépasse.
Le passage de Torah Ohr cité dans les notes décrit l’amour des jours de semaine comme naissant de la méditation et de l’effort, le travail intérieur correspondant aux trente-neuf travaux ; l’amour révélé le Chabbat avec l’âme supplémentaire est, lui, un amour simple, au-dessus de l’intellect : une volonté pour D.ieu sans raison, comme dans l’expression « ainsi en vint-il à la pensée ».
Maré mekomot
- 1דאכל בי עשרה שכינתא שריא · Sanhedrin 39a:11
- 2הבאים ישרש · Isaiah 27:6
- 3ויקהל משה · Exodus 35:1
- 4ושמרו בנ״י את השבת לעשות את השבת · Exodus 31:16
- 5לסוסתי · Song of Songs 1:9
15והנה מכ״ז [מכל זה] יובן ענין ירידת הנשמות צורך עליי׳ [עלייה] ועיקר העליי׳ [העלייה] לע״ל [לעתיד לבוא] ליום שכולו שבת.1 והענין
À présent, tout cela permet de comprendre la descente des âmes en vue d’une élévation, et que l’élévation principale aura lieu dans le Monde futur, « le jour qui est entièrement Chabbat ». L’explication est la suivante :
Tout cela explique la descente des âmes « en vue d’une élévation ». Leur élévation principale se produira dans le Monde futur, « le jour qui est entièrement Chabbat ».
כי הנשמות שרשן מבחי׳ מחשבה שהוא בחי׳ בריאה והעלייה בבחי׳ אצילות וכנ״ל דשבת הוא עליית בריאה באצילות ועיקר העלייה בחי׳ שבת עילאה וזהו ענין הגילוי שלע״ל [שלעתיד לבוא].
la racine des âmes se trouve au niveau de la pensée, qui est le niveau de Béria, et leur élévation les mène au niveau d’Atsilout. Comme il a été dit plus haut, Chabbat est l’élévation de Béria vers Atsilout ; mais l’élévation principale est celle du Chabbat supérieur, et c’est là la révélation du Monde futur.
Les âmes ont leur racine dans la « pensée », le niveau de Béria, et Chabbat élève Béria vers Atsilout. Mais l’élévation principale est celle du Chabbat supérieur, qui sera révélé dans le Monde futur.
כי הנה שרש הנשמות הוא מבחי׳ א״ק [אדם קדמון] כי עלה במחשבה היינו בחי׳ א״ק [אדם קדמון] כמ״ש במ״א וירידתן משם ירידה צורך עלייה
Car la racine des âmes se trouve au niveau d’Adam Kadmon, puisque « monta en pensée » désigne le niveau d’Adam Kadmon, comme il est expliqué ailleurs ; leur descente depuis ce niveau est donc une descente en vue d’une élévation,
À la racine, « monta en pensée » désigne Adam Kadmon ; les âmes ont donc leur racine en Adam Kadmon. Leur descente depuis ce niveau vise une élévation plus haute encore.
היינו בחי׳ שבת עילאה שהוא עליות עד שא״ק [שאדם קדמון] שנק׳ אדם דבריאה עולה באצילות שהיא גילוי אור א״ס [אין סוף] ממש
c’est-à-dire le niveau du Chabbat supérieur, qui consiste en des élévations successives jusqu’à ce qu’Adam Kadmon, appelé « Adam de Béria », s’élève dans Atsilout, qui est la révélation même de la Lumière infinie (Or Ein Sof).
Cette élévation est celle du Chabbat supérieur : Adam Kadmon, « Adam de Béria », s’élève dans « Atsilout », la Lumière infinie elle-même révélée.
אך עכשיו הגילוי רק בבחי׳ מקיף והוא בחי׳ סובב אבל לע״ל [לעתיד לבוא] יהי׳ [יהיה] התגלות המקיף בבחי׳ גילוי ממש כו׳
Cependant, à présent, la révélation n’a lieu que sous forme de makif, et elle est au niveau du sovev ; mais, dans le Monde futur, le makif sera révélé de manière manifeste, comme une révélation effective, etc.
À présent, cette lumière ne nous atteint que sous forme de makif, de sovev ; dans le Monde futur, le makif lui-même sera révélé ouvertement. Telle est l’élévation pour laquelle les âmes sont descendues.
ועיין מ״ש ע״פ ואכלתם אכול2 מענין הנשמות החדשות שיומשכו לע״ל [לעתיד לבוא] מבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין] ממש שלמעלה מהקו ויתעטרו בהן נשמות הצדיקים לע״ל [לעתיד לבוא] וכמ״ש בספר הגלגולים פ״ז [פרק ז׳] שזה יהיה באלף השביעי שהוא שבת עילאה ממש.
Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du verset « Vous mangerez, manger encore », à propos des âmes nouvelles qui seront attirées dans le Monde futur depuis le niveau même de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), laquelle est au-dessus du kav, et dont les âmes des tsadikim seront couronnées dans le Monde futur ; comme il est écrit dans Sefer HaGilgulim, chapitre 7, cela aura lieu au septième millénaire, qui est le Chabbat supérieur lui-même.
Le discours sur « Vous mangerez, manger encore » traite des âmes nouvelles qui viendront dans le Monde futur depuis sovev lui-même, au-dessus du kav, et qui couronneront les âmes des tsadikim. Sefer HaGilgulim situe cela au septième millénaire, le véritable Chabbat supérieur.
Les âmes sont descendues afin d’atteindre, dans le Monde futur, le Chabbat supérieur : la révélation manifeste de sovev, qui ne brille à présent que sous forme de makif.
Maré mekomot
- 1ליום שכולו שבת · Mishnah Tamid 7:4
- 2ואכלתם אכול · Joel 2:26
Les niveaux au sein du Chabbat ¶16–17
16והנה לכאורה צ״ע [צריך עיון] לקשר דרוש זה דעליית שבת הוא אפילו בא״ק [באדם קדמון] שגם א״ק [אדם קדמון] עולה כו׳ עם מ״ש סד״ה למנצח על השמינית12 דא״ק [דאדם קדמון] הוא למעלה מהעליות דשבת3 כו׳ ע״ש [עיין שם].
Or, à première vue, il faut examiner comment concilier ce discours — selon lequel l’élévation du Chabbat atteint même Adam Kadmon, qui lui aussi s’élève, etc. — avec ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Au chef des chantres, sur la Sheminit » : Adam Kadmon est au-dessus des élévations du Chabbat, etc. Voir là-bas.
Une difficulté se pose : ce maamar dit que l’élévation du Chabbat atteint même Adam Kadmon, tandis que le discours « Au chef des chantres, sur la Sheminit » enseigne qu’Adam Kadmon est au-dessus des élévations du Chabbat. Comment concilier les deux ?
אך באמת לק״מ [לא קשה מידי] שהרי גדולה מזו מבואר במ״א4 דאפילו הבינה נק׳ ממחרת השבת5 פי׳ שהוא למעלה מבחי׳ שבת
Mais, en vérité, il n’y a là aucune difficulté, car on explique ailleurs quelque chose de plus remarquable encore : même Bina (compréhension) est appelée « le lendemain du Chabbat », c’est-à-dire qu’elle est au-dessus du niveau du Chabbat ;
Il n’y a pas de véritable contradiction. Il est dit ailleurs que même Bina, qui est en dessous d’Adam Kadmon, est appelée « le lendemain du Chabbat », c’est-à-dire qu’elle se situe entièrement au-dessus du Chabbat.
כי שבתא דליליא ושבתא דיומא הם זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] ובינה היא למעלה מזה כו׳ ובמ״א מצינו בזהר דשבת הוא בינה6 כמ״ש בזהר (ח״ב [חלק ב׳] דס״ג ב׳ ודפ״ח7 א׳)
car le Chabbat de la nuit et le Chabbat du jour correspondent à Zeir Anpin et à Noukva, et Bina leur est supérieure, etc. Pourtant, nous trouvons ailleurs dans le Zohar que le Chabbat est Bina, comme il est écrit dans le Zohar (Partie II, folio 63b, et folio 88a).
Le Chabbat de la nuit et le Chabbat du jour correspondent à Zeir Anpin et à Noukva, et Bina leur est supérieure. Pourtant, dans d’autres passages, le Zohar identifie le Chabbat à Bina.
א״ו [אלא ודאי] היינו משום דכמה בחי׳ יש בשבת שיש בחי׳ בשבת שבינה נק׳ לגבי בחי׳ זו ממחרת השבת והיינו שבת סתם.
Il faut donc dire que cela tient au fait qu’il existe plusieurs niveaux dans le Chabbat : il y a un niveau du Chabbat par rapport auquel Bina est appelée « le lendemain du Chabbat » ; il s’agit du Chabbat tout court.
Le Chabbat doit donc comporter plusieurs niveaux. Il y a le « Chabbat » tout court, par rapport auquel Bina est « le lendemain du Chabbat », c’est-à-dire qu’elle lui est supérieure.
Mais il existe un niveau du Chabbat appelé « un Chabbat de repos solennel » (Chabbat Chabbaton), qui correspond au niveau de Bina. Il s’agit de la distinction selon le détail, au sein même d’Atsilout.
Il existe aussi un niveau supérieur, appelé « un Chabbat de repos solennel » (Chabbat Chabbaton), qui est Bina elle-même. C’est la distinction selon le détail, au sein d’Atsilout.
Ce paragraphe concilie l’affirmation selon laquelle Adam Kadmon s’élève le Chabbat avec un discours qui le place au-dessus du Chabbat : le Chabbat comporte plusieurs niveaux, de même que Bina est à la fois au-dessus du « Chabbat » et constitue elle-même « un Chabbat de repos solennel ».
La note de Kehot sur cette question ajoute que le Siddour du Maharik écrit lui aussi qu’Adam Kadmon ne s’élève pas le Chabbat, et renvoie à Magen Avos ainsi qu’à un manuscrit où la réponse est bien expliquée.
Maré mekomot
- 1סד״ה למנצח על השמינית · לעיל כב, א ”שבחינת א״ק רעוא דכל רעוין גבוה מהשבת”. ראה גם באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תקיד.
- 2סד״ה למנצח על השמינית · לקו״ת שמיני כא, ג.
- 3דא״ק הוא למעלה מהעליות דשבת · וכ״כ בסידור מהרי״ק שא״ק אינו עולה בשבת. וע׳ במג״א [במגן אבות ברדיטשוב תרס״ב] ויושט המלך לאסתר ס״ד [נד, א]. אך שם אינו מבואר התי׳ כ״כ. ובכתב ע״ז קיח, ב שם מבואר התי׳ ע״ז בטוב. [כ].
- 4במ״א — ע״פ ויקהל משה · תו״א פז, ד ”אית בחי׳ רצון שלמעלה מעלה מהחכמה . . בחי׳ האהבה שאינה נולדה מהתבוננות השכל כ״א היא אהבה פשוטה שלמעלה מן השכל . . כך עלה במחשבה ואין טעם לרצון . . ובחי׳ אהבה ורצון זה לה׳ מתגלה בנפש האדם ביום השבת דוקא”.
- 5ממחרת השבת · Leviticus 23:15
- 6בזהר דשבת הוא בינה · Zohar, Yitro 27:453–464
- 7ודפ״ח א׳ · ראה בסידור דף קעג, א ביאור על מאמר הזהר ועם הגהות בביאה״ז להצ״צ כרך-ב ע׳ תשפט.
- 8לע״ל ליום שכולו שבת · סוף תמיד.
- 9ע״פ ואכלתם אכול · לקו״ת צו ז, ג.
- 10
17וכמ״כ [וכמו כן] יובן בכללות העולמות שיש בחי׳ בשבת שלגבי זה נק׳ א״ק [אדם קדמון] למעלה מעליות דשבת ויש עוד בחי׳ שבת ששייך גם בא״ק [באדם קדמון] וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] שבשבת נאמר ב׳ בחי׳ מכל מלאכתו אשר ברא ומכל מלאכתו אשר עשה.1
De même, cela se comprend pour les mondes dans leur ensemble : il existe un niveau de Chabbat par rapport auquel Adam Kadmon est considéré comme supérieur aux élévations de Chabbat, et il existe un autre niveau de Chabbat qui s’applique aussi à Adam Kadmon. Comme cela a été expliqué, deux niveaux sont énoncés au sujet de Chabbat : « de toute Son œuvre qu’Il avait créée » et « de toute Son œuvre qu’Il avait faite ».
Il en va de même pour les mondes dans leur ensemble : un niveau de Chabbat est inférieur à Adam Kadmon, tandis qu’un autre l’atteint même. Ils correspondent aux deux expressions du verset : le repos « de toute Son œuvre qu’Il avait créée » et le repos « de toute Son œuvre qu’Il avait faite ».
אשר בחי׳ השבת מכל מלאכתו אשר עשה אדם דאצי׳ [דאצילות] שנק׳ עשייה וא״ק [ואדם קדמון] שכולל אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] בהשוואה א׳ הוא למעלה מעליות זו דשבת,
Car le niveau de Chabbat « de toute Son œuvre qu’Il avait faite » concerne Adam d’Atsilout, qui est appelé Assiya ; et Adam Kadmon, qui inclut Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya à égalité, est supérieur à cette élévation de Chabbat ;
Le repos de ce qu’Il « avait fait » concerne Atsilout, « Adam d’Assiya ». Adam Kadmon, qui comprend également en lui les quatre mondes, est au-dessus de cette élévation, comme l’enseigne le discours « Pour le chef des chantres ».
אבל בחי׳ שבת מכל מלאכתו אשר ברא לעשות2 זהו שייך גם בא״ק [באדם קדמון] וכנ״ל (וע׳ [ועיין] בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ קדושים ע״פ את שבתותי ב׳ שבתות הדר העליון כו׳ והוא יסוד דא״ק [דאדם קדמון] שהוא פנימי׳ [פנימיות / פנימית] א״ק [אדם קדמון] כמ״ש סד״ה למנצח על השמינית.
mais le niveau de Chabbat « de toute Son œuvre qu’Il avait créée pour faire » s’applique aussi à Adam Kadmon, comme indiqué plus haut. (Voir aussi dans le Likkutei Torah [de l’Arizal], Parachat Kedochim, sur le verset « Mes Chabbatot » : deux Chabbatot, le Hadar supérieur, etc. ; il s’agit du Yessod d’Adam Kadmon, qui est la dimension intérieure (pnimiyout) d’Adam Kadmon, comme cela est écrit à la fin du discours commençant par « Pour le chef des chantres, sur la Huitième ».
Mais le repos de ce qu’Il a « créé » atteint aussi Adam Kadmon. Le Likkutei Torah de l’Arizal sur Kedochim parle de deux Chabbatot et du « Hadar supérieur », le Yessod d’Adam Kadmon, qui en est la dimension intérieure.
אלמא דשבת עילאה זה שייך בפנימי׳ [בפנימיות / בפנימית] א״ק [אדם קדמון] כו׳. ועיין פע״ח [פרי עץ חיים] בהקדמה לשער השבת פ״ד וכן עולין כולן עד א״ק [אדם קדמון].
Nous voyons donc que ce Chabbat supérieur s’applique à la dimension intérieure d’Adam Kadmon, etc. Voir aussi Pri Etz Chaim, dans l’introduction à Sha’ar HaShabbos, chapitre 4 : « et ainsi, ils s’élèvent tous jusqu’à Adam Kadmon ».
Ainsi, le Chabbat supérieur atteint la dimension intérieure d’Adam Kadmon. Pri Etz Chaim dit également qu’à Chabbat, « ils s’élèvent tous jusqu’à Adam Kadmon ».
וע׳ [ועיין] בטעמי מצות פ׳ בהר בתחלתו עד המאציל העליון פי׳ אפילו אריך כו׳ כל הנאצלים כולן כו׳ וצ״ע [וצריך עיון] בספר הגלגולים ספי״ז ועיין במב״ש [במבוא שערים] ש״ג ח״ב [חלק ב׳] ס״פ ט״ו):
Voir aussi Ta’amei HaMitzvos, Parachat Behar, au début : « jusqu’à l’Émanateur suprême », c’est-à-dire même Arich, etc., « tous les êtres émanés, tous », etc. Il faut examiner Sefer HaGilgulim, fin du chapitre 17 ; voir aussi Mavo She’arim, Porte trois, deuxième partie, fin du chapitre 15.)
Ta’amei HaMitzvos sur Behar parle d’une élévation « jusqu’à l’Émanateur suprême », de tous les niveaux émanés, y compris Arich Anpin. L’Alter Rebbe indique qu’un passage de Sefer HaGilgulim doit être examiné sur ce point et renvoie à Mavo She’arim.
Dans les mondes dans leur ensemble, le repos « de ce qu’Il avait fait » se situe au-dessous d’Adam Kadmon, tandis que le repos « de ce qu’Il avait créé » atteint jusqu’à sa dimension intérieure, comme l’indiquent les sources kabbalistiques citées ici.
Maré mekomot
- 1מכל מלאכתו אשר עשה · Genesis 2:2
- 2מכל מלאכתו אשר ברא לעשות · Genesis 2:3
« Et vous révérerez Mon Sanctuaire » ¶18–19
18ה ומקדשי תיראו.1 פי׳ מקדשי קאי על התורה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה]2 משחרב בהמ״ק [בית המקדש] אין להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] בעולמו אלא ד״א [ד׳ אמות] של הלכה.
5. « Et Mon Sanctuaire, vous le révérerez. » Le sens est le suivant : « Mon Sanctuaire » désigne la Torah, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Depuis la destruction du Saint Temple, le Saint béni soit-Il n’a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha. »
La section 5 se tourne vers « Et Mon Sanctuaire, vous le révérerez. » « Mon Sanctuaire » désigne la Torah : depuis la destruction du Temple, la demeure de D.ieu dans le monde est « les quatre coudées de la halakha ».
והתורה היא בחינת א״פ [אור פנימי] ולכן נאמר ע״ז [על זה] תיראו כי היראה נמשכת ע״י הגילוי מקרוב (וכמו וירא העם וינועו3 ויעמדו מרחוק דהיינו כדי לנוח מעט מהיראה הגדולה שמקרוב, ובקי״ס [ובקריעת ים סוף] ע״י הגילוי וירא ישראל כו׳ וייראו העם4 כו׳).
La Torah est le niveau de la lumière intérieure (Or pnimi) ; c’est pourquoi il est dit à son sujet : « vous le révérerez », car la crainte est suscitée par une révélation proche (comme dans « Le peuple vit, trembla et se tint à distance », c’est-à-dire afin de se reposer un peu de la grande crainte qu’inspire la proximité ; et, lors de la traversée de la mer, à travers la révélation : « Israël vit », etc., « et le peuple craignit », etc.).
La Torah est une lumière intérieure, une révélation proche, et la proximité de la révélation suscite la crainte ; d’où « révérez ». Au Sinaï, le peuple se tint à distance pour se reposer un peu de la grande crainte qu’inspirait la proximité ; à la mer, la vision suscita la crainte.
ובשבת שהוא אור מקיף נאמר תשמרו. ואומר הטעם אני הוי׳ פי׳ אני אותיות אין5 עצמות אור א״ס [אין סוף] דלית מחשבה תפיסא בי׳ [ביה]67 הוא הוי׳.
Quant au Chabbat, qui est une lumière englobante (Or Makif), il est dit : « vous le garderez ». Le verset en donne la raison : « Je suis Havaya. » Le sens est le suivant : ani (« Je ») est formé des mêmes lettres que ayin (« néant ») : l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), que « nulle pensée ne peut saisir », est Havaya.
Le Chabbat, lumière englobante, est « gardé », protégé de l’extérieur. Le verset se termine par « Je suis Havaya » : ani (« Je ») est formé des mêmes lettres que ayin (« néant »), l’essence de la Lumière infinie que nulle pensée ne peut saisir ; le verset dit que cette essence « est Havaya », la lumière qui se déploie comme lumière intérieure.
והוי׳ הוא האור הנמשך בא״פ [באור פנימי] כי יו״ד צמצום והוא בחי׳ חכמה שלהיות התהוות החכמה מא״ס [מאין סוף] ב״ה הוא ע״י צמצום שנשאר רשימו וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל].
Havaya est la lumière qui se déploie comme lumière intérieure : le youd est le tsimtsoum (contraction), et il correspond au niveau de 'Hokhma (sagesse), car la venue à l’existence de 'Hokhma à partir de l’Infini, béni soit-Il, se fait par un tsimtsoum dans lequel un réchimou (empreinte) demeure, comme expliqué plus haut.
Havaya est la lumière qui pénètre comme lumière intérieure. Son youd est un tsimtsoum, le point de 'Hokhma, qui, comme expliqué, est venue à l’existence par le tsimtsoum ayant laissé un réchimou.
ואח״כ [ואחר כך] ה׳ בינה הרחבת השכל כו׳ והרי גם אור זה המאיר בבחי׳ א״פ [אור פנימי] הוא מאור א״ס [אין סוף] (הוא בחי׳ הקו שהאור מעין המאור8 כמ״ש באג״ה [באגרת הקודש] ד״ה איהו וחיוהי) וכולא חד
Ensuite, le hé est Bina (compréhension), l’élargissement de l’intellect, etc. Cette lumière aussi, qui brille en tant que lumière intérieure, provient de la Lumière infinie (elle correspond au kav, car la lumière est de même nature que sa source, comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, dans le passage commençant par « Lui et Ses forces vitales »), et tout est un.
Son hé est Bina, l’élargissement de l’idée. Cette lumière intérieure est le kav ; et puisque « la lumière est de même nature que sa source », elle aussi est la Lumière infinie : tout est un.
ולכן ומקדשי תיראו כו׳, (וע׳ [ועיין] בת״ז [בתיקוני זהר] ריש תיקון כ״ד ועמ״ש מענין הצמצום דיו״ד ע״פ המאמר זח״ג [זהר חלק ג]9 אחרי דע״ט ע״ב הביאו עלי כפרה).10
C’est pourquoi il est dit : « Et Mon Sanctuaire, vous le révérerez », etc. (Voir le Tikkunei Zohar, début du Tikkoun 24 ; et voir ce qui est écrit au sujet du tsimtsoum du youd, à propos du passage du Zohar, partie III, Acharei, folio 79b, « Apportez une expiation pour Moi. »)
La Torah doit donc être « révérée » : par elle, la Lumière infinie est présente dans une proximité immédiate. La parenthèse renvoie au Tikkunei Zohar et à un discours sur le « Apportez une expiation pour Moi » du Zohar, qui traite du tsimtsoum du youd.
ואפשר לומר שזהו ג״כ הסמיכות כבד את אביך ואת אמך11 לזכור את יום השבת12 וכן בפ׳ קדושים איש אמו ואביו תיראו ואת שבתותי תשמרו,13
On peut dire que c’est aussi la raison du rapprochement entre « Honore ton père et ta mère » et « Souviens-toi du jour du Chabbat », ainsi que, dans la paracha Kedochim, entre « Chacun révérera sa mère et son père » et « vous garderez Mes Chabbatot ».
Cette même association peut expliquer pourquoi « Honore ton père et ta mère » est placé à côté de « Souviens-toi du jour du Chabbat » dans les Dix Commandements. La paracha Kedochim associe également « Chacun révérera sa mère et son père » à « et vous garderez Mes Chabbatot ».
והוא ע״ד [על דרך] ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ קדושים דפ״ב [דפרק ב׳] ע״א ודא איהו תורת14 ה׳ כו׳ ודא איהו כבוד דאבא ואימא כו׳
et cela s’inscrit dans la ligne du Raaya Mehemna, paracha Kedochim, folio 82a : « Et ceci est la Torah de Havaya », etc., « et ceci est l’honneur d’Abba et Imma », etc. ;
Le Raaya Mehemna relie « la Torah de Havaya » à « l’honneur d’Abba et Imma », le père et la mère.
שתשב״כ [שתורה שבכתב] נק׳ מוסר אביך ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] נקרא תורת אמך15 והתורה היא א״פ [אור פנימי] ושבת א״מ [אור מקיף] וכולא חד וכנ״ל.
car la Torah écrite est appelée « l’instruction de ton père », et la Torah orale, « l’enseignement de ta mère » ; la Torah est une lumière intérieure et le Chabbat, une lumière enveloppante, et tout est un, comme mentionné plus haut.
La Torah écrite est « l’instruction de ton père » et la Torah orale, « l’enseignement de ta mère ». Ainsi, honorer son père et sa mère représente la Torah, lumière intérieure, et observer le Chabbat, la lumière enveloppante ; et tout est un.
Section 5 : « Mon Sanctuaire » désigne la Torah, une lumière intérieure révélée dans une proximité immédiate ; c’est pourquoi elle est « révérée », tandis que le Chabbat, lumière englobante, est « gardé ». « Je suis Havaya » montre que tous deux proviennent de l’unique Lumière infinie.
Les notes rattachent l’interprétation de ani comme ayin au Pardes et au Shiur Komah du Ramak, et l’expression « nulle pensée ne peut Le saisir » à l’introduction du Tikkunei Zohar.
Maré mekomot
- 1ומקדשי תיראו · Leviticus 19:30
- 2כמארז״ל · Berakhot 8a
- 3וירא העם וינועו · Exodus 20:15
- 4וירא ישראל . . וייראו העם · Exodus 14:31
- 5אני אותיות אין · ראה פרדס שער הטעמים פ״א. שער אם הא״ס הוא הכתר פ״א. שיעור קומה — להרמ״ק — ס״ז (ז, ג) בסופו. לקמן (במדבר) יח, ג.
- 6דלית מחשבה תפיסא בי׳ · ת״ז בהקדמה.
- 7דלית מחשבה תפיסא בי׳ · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 8שהאור מעין המאור · Tanya, Iggeres HaKodesh 20:5–6
- 9ועמ״ש — ע״פ המאמר זח״ג · ביאה״ז שם (עו, ג).
- 10הביאו עלי כפרה · Zohar, Achrei Mot 72:405–75:413
- 11כבד את אביך ואת אמך · Exodus 20:12
- 12לזכור את יום השבת · Exodus 20:8
- 13איש אמו ואביו תיראו ואת שבתותי תשמרו · Leviticus 19:3
- 14ודא איהו תורת ה׳ כו׳ ודא איהו כבוד דאבא ואימא · Zohar, Kedoshim 4:37–43
- 15שתשב״כ נק׳ מוסר אביך ותשבע״פ נקרא תורת אמך · Proverbs 1:8
19ובפי׳ וענין שהתורה נק׳ מקדשי היינו כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״ב שהתלמוד נמשך מהיכל קדשי קדשים דבריאה שבו מתלבש מל׳ [מלכות] דאצילות1 ולכן נק׳ א״פ [אור פנימי] בחי׳ אצי׳ [אצילות] הנמשך ומתלבש בבריאה אבל שבת בריאה עולה באצילות ממש
Et l’explication de la chose, à savoir que la Torah est appelée « Mon Sanctuaire », est celle qui est donnée dans le Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 52 : le Talmud provient du Hé’hal du Saint des Saints de Béria, où est revêtue la Mal’hout d’Atsilout ; c’est pourquoi il est appelé lumière intérieure : le niveau d’Atsilout qui descend et se revêt en Béria. Mais le Chabbat, Béria s’élève dans Atsilout même,
Pourquoi la Torah est-elle « Mon Sanctuaire » ? Le Tanya (chapitre 52) enseigne que le Talmud provient du Hé’hal du Saint des Saints de Béria, où est revêtue la Mal’hout d’Atsilout. C’est Atsilout descendu en Béria, une lumière intérieure, tandis que le Chabbat, Béria elle-même s’élève dans Atsilout.
ולכן נקרא א״מ [אור מקיף] ועד״ז [ועל דרך זה] ג״כ שבת עילאה ומ״מ [ומכל מקום] כולא חד וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער כסה״כ [כסא הכבוד] דהיכל ק״ק [קדש הקדשים] הוא כחב״ד [כחכמה בינה ודעת] דבריאה ונשמת היכל ק״ק [קדש הקדשים] הוא אורות המתנוצצים מכח״ב [מכתר חכמה בינה] דאצילות כו׳ וכמ״ש במ״א.
et c’est pourquoi elle est appelée lumière enveloppante ; il en va de même du Chabbat supérieur. Néanmoins, tout ne fait qu’un, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar Kisei HaKavod : le Hé’hal du Saint des Saints est Kéter, 'Hokhma, Bina et Daat de Béria, et l’âme du Hé’hal du Saint des Saints est constituée de lumières qui scintillent depuis Kéter, 'Hokhma et Bina d’Atsilout, etc., comme il est expliqué ailleurs.
S’élever vers un niveau supérieur, c’est être enveloppé par lui ; le Chabbat est donc une lumière enveloppante, tout comme le Chabbat supérieur. Pourtant, les deux ne font qu’un : Etz Chaim enseigne que le Saint des Saints de Béria correspond à Kéter, 'Hokhma, Bina et Daat de Béria, et que son « âme » est constituée de lumières qui scintillent depuis Atsilout.
La Torah est Atsilout descendu en Béria, une lumière intérieure, tandis que le Chabbat est Béria élevée dans Atsilout, une lumière enveloppante ; pourtant, les deux ne font qu’un.
Maré mekomot
- 1שהתלמוד נמשך מהיכל קדשי קדשים דבריאה שבו מתלבש מל׳ דאצילות · Tanya, Likkutei Amarim 52:7–8
Le tav et le Moussaf du Chabbat ¶20–23
20והנה עפ״ז [על פי זה] י״ל [יש לומר] בענין תקנת שבת שבמוסף שבת דאיתא בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער השבת פ״כ שהוא מיוסד על סדר תשר״ק
À présent, selon ce qui précède, on peut expliquer Tikanta Chabbat (« Tu as institué le Chabbat ») dans le Moussaf de Chabbat, dont il est dit dans Pri Etz Chaim, Cha’ar HaChabbat, chapitre 20, qu’il est organisé selon l’ordre tav-chin-rech-kouf,
Cela explique la prière de Moussaf de Chabbat Tikanta Chabbat, qui, comme le dit Pri Etz Chaim, parcourt l’alphabet à rebours, de tav jusqu’à alef.
והוא הארת כ״ב אתוון המאירין במוחא עילאה מתתא לעילא בסוד מ״ש בזהר תי״ו רשים רשימו1 לעתיק יומין דלית דכוותי׳ [דכוותיה]2 ועמ״ש מזה בביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] בדף קכ״ח סע״ב [סוף עמוד ב] גבי תי״ו רשים רשימו כו׳.
et il s’agit de l’illumination des vingt-deux lettres qui brillent dans le cerveau supérieur (mo’ha ila’a), de bas en haut, selon le mystère de ce qui est écrit dans le Zohar : « Tav a tracé une empreinte pour Atik Yomin, auquel nul n’est semblable. » Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le commentaire de l’Idra par le Ari Zal, de mémoire bénie, au folio 128, fin du côté b, à propos de « Tav a tracé une empreinte », etc.
Il s’agit de la lumière des vingt-deux lettres qui brillent vers le haut, de bas en haut, dans l’esprit supérieur. Cela correspond à la phrase du Zohar : « Tav a tracé une empreinte pour Atik Yomin », expliquée dans le commentaire de l’Idra par le Ari Zal cité plus haut.
L’alphabet inversé de la prière de Moussaf de Chabbat exprime la lumière des lettres qui s’élève de bas en haut : le tav qui a « tracé une empreinte pour Atik Yomin ».
Maré mekomot
- 1מ״ש בזהר תי״ו רשים רשימו · זח״ג באדרא קכח, ב.
- 2תי״ו רשים רשימו לעתיק יומין דלית דכוותי׳ · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
21וע׳ [ועיין] עוד בענין האותיות בהרמ״ז [בהרב משה זכות] ר״פ ויקרא בענין ופרחין גו אוירא שהוא ענין תוספת אור אל האותיות מאוירא דא״א [דאריך אנפין] כו׳.
Et voir aussi, au sujet des lettres, le Ramaz, au début de la paracha Vayikra, à propos de « et elles volent dans l’air » : il s’agit de l’ajout de lumière aux lettres, provenant de l’« air » de Arich Anpin, etc.
Au début de la paracha Vayikra, le Ramaz explique « et elles volent dans l’air » comme une lumière supplémentaire que les lettres reçoivent de l’« air » de Arich Anpin.
ועד״ז [ועל דרך זה] י״ל [יש לומר] גם כאן שזהו ענין תשר״ק שבמוסף בחי׳ תוספת אור אל האותיות שהם בזו״ן [בזעיר אנפין ונוקבא]
De même, on peut dire ici que le tav-chin-rech-kouf de Moussaf exprime un ajout de lumière aux lettres, qui se trouvent dans Zeir Anpin et Noukva ;
L’Admour Hazaken applique cela ici à l’alphabet inversé de Moussaf : il s’agit d’une lumière supplémentaire accordée aux lettres, qui se trouvent dans Zeir Anpin et Noukva.
כי אתוון בינונין בז״א [בזעיר אנפין] ואתוון זעירין במל׳ [במלכות], ועתה במוסף שבת נמשך להם תוספת אור מהכתר
car les lettres de taille moyenne se trouvent dans Zeir Anpin, et les petites lettres dans Mal'hout ; à présent, lors du Moussaf de Chabbat, un supplément de lumière leur est attiré depuis Kéter.
Les lettres de taille moyenne se trouvent dans Zeir Anpin et les petites lettres dans Mal'hout. Lors du Moussaf de Chabbat, elles reçoivent un supplément de lumière venant de Kéter.
ולכן נמשך זה ע״י בחי׳ מל׳ [מלכות] דא״ק [דאדם קדמון] שנעשה ע״י וזהו תי״ו רשים רשימו כו׳. ועמ״ש בביאור ע״פ והניף הכהן1 אותם על לחם הבכורים2 כו׳.
C’est pourquoi cette lumière est attirée par le niveau de Mal'hout d’Adam Kadmon, qui devient Atik Yomin ; et c’est là « le tav a marqué une empreinte », etc. Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset : « Le kohen les agitera avec le pain des prémices », etc.
Cette lumière passe par Mal'hout d’Adam Kadmon, qui devient Atik Yomin, le niveau le plus intérieur de Kéter : « Le tav a marqué une empreinte pour Atik Yomin. » C’est pourquoi, ici, les lettres commencent par tav.
Le Moussaf de Chabbat ajoute une lumière aux lettres de Zeir Anpin et de Mal'hout depuis Kéter, par l’intermédiaire de Mal'hout d’Adam Kadmon, qui devient Atik.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ והניף הכהן · ראה לעיל לט, ב.
- 2והניף הכהן אותם על לחם הבכורים · Leviticus 23:20
22והנה לפמ״ש [לפי מה שכתוב] שבשבת יש עליי׳ [עלייה] עוד עד רום המעלות שגם א״ק [אדם קדמון] עולה באור א״ס [אין סוף] ב״ה א״כ [אם כן] ממילא מובן שגם בזה יתפרש ג״כ
Or, selon ce qui est écrit, le Chabbat comporte une ascension supplémentaire jusqu’aux sommets les plus élevés, si bien que même Adam Kadmon s’élève dans la Lumière infinie, béni soit-Il ; il est donc évident que, dans ce cas également, on interprétera
Puisque le Chabbat atteint même l’ascension d’Adam Kadmon dans la Lumière infinie, le tav peut lui aussi être compris à ce niveau suprême.
ענין הנ״ל ע״ד [על דרך] מ״ש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שהתי״ו הוא בחי׳ אחרונה שבמאציל אשר היא האצילה הכל כו׳ ובספר ע״ה [עליו השלום] שער השני פ״ז [פרק ז׳] כ׳ [כתב] ג״כ בענין התי״ו כו׳.
la notion mentionnée plus haut dans le sens de ce qu’a dit l’Arizal : le tav est le dernier niveau de l’Émanateur, celui qui a émané toutes choses, etc. Et, dans le livre Emek HaMelech, Porte deux, chapitre 7, il écrit également au sujet du tav, etc.
Il s’agit là du tav de l’Arizal, « le dernier niveau de l’Émanateur », qui a émané toutes choses. Emek HaMelech traite lui aussi du tav.
Au niveau suprême de l’ascension du Chabbat, ce même tav est le « dernier niveau de l’Émanateur » de l’Arizal, celui qui a émané toutes choses.
23והנה מבואר למעלה בענין בורא קדושים ישתבח שמך שהתהוות א״ק [אדם קדמון] ואפילו בחי׳ חכמה שלמעלה מא״ק [מאדם קדמון] הוא מן הרשימו שנשאר אחר הצמצום והסתלקות האור כו׳
Or, il a été expliqué plus haut, à propos de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », que l’apparition d’Adam Kadmon, et même du niveau de 'Hokhma (sagesse) qui se trouve au-dessus d’Adam Kadmon, procède du réchimou (empreinte) qui subsista après le tsimtsoum (contraction) et le retrait de la lumière, etc.
On rappelle ici le point exposé précédemment : Adam Kadmon, et même la 'Hokhma qui lui est supérieure, apparut à partir du réchimou, la trace laissée lorsque la lumière se retira lors du tsimtsoum.
ובשבת הוא עליי׳ [עלייה] א״ק [אדם קדמון] באור א״ס [אין סוף] שהוא מה שנסתלק בבחינת העלם מאיר בו בגילוי כנ״ל
Et, le Chabbat, Adam Kadmon s’élève dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) : ce qui s’était retiré dans un état de dissimulation y brille ouvertement, comme mentionné plus haut.
Le Chabbat, Adam Kadmon s’élève dans la Lumière infinie. La lumière même qui s’était retirée dans la dissimulation y brille désormais ouvertement.
וזהו שעלייה זו הוא ע״י תי״ו כי תי״ו רשים רשימו כו׳ וע״ד [ועל דרך] הנ״ל בשם האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה].
C’est pourquoi cette élévation s’effectue par le tav, car « le tav a tracé une empreinte », etc., conformément à ce qui a été mentionné plus haut au nom du saint Ari zal.
Voilà pourquoi cette élévation s’effectue par le tav. Les mots de l’Idra, « le tav a tracé une empreinte (réchimou) », emploient précisément le terme réchimou : la trace d’où Adam Kadmon est apparu est l’empreinte du tav, le dernier niveau de l’Émanateur, comme l’a enseigné le Ari zal. C’est donc par le tav qu’Adam Kadmon s’élève de nouveau vers la lumière.
וזהו שאומרים תשר״ק דתקנת שבת במוסף שמוסף שבת הוא תוספת הקדושה כמ״ש בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] בערך מוסף
C’est pourquoi, dans « Tikanta Chabbat », nous prononçons tav-chin-rech-kouf, à l’office de Moussaf : le Moussaf du Chabbat est un ajout de sainteté, comme il est écrit dans le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Moussaf ».
Voilà pourquoi, dans le Moussaf du Chabbat, « Tikanta Chabbat » se dit dans l’ordre alphabétique inverse, en commençant par le tav. Moussaf signifie « ajout », et le Pardes explique que le Moussaf du Chabbat est un ajout de sainteté.
וזהו ענין עולת שבת בשבתו.1 שהשבת עצמו עולה בשבתו והוא בחי׳ שבת עילאה שהעלייה עד א״ס [אין סוף] כו׳.
C’est là le sens de « l’holocauste du Chabbat en son Chabbat » : le Chabbat lui-même s’élève en son Chabbat. C’est le niveau du Chabbat supérieur, où l’élévation atteint l’Infini (Ein Sof), etc.
Cela explique aussi « l’holocauste (olat) du Chabbat en son Chabbat » : olat signifie également « élévation », si bien que le Chabbat lui-même s’élève en son Chabbat. C’est le Chabbat supérieur, dont l’élévation atteint l’Infini.
Le réchimou d’où Adam Kadmon est apparu est l’« empreinte » du tav ; ainsi, le Chabbat, Adam Kadmon s’élève dans la Lumière infinie par le tav. Voilà pourquoi la prière de Moussaf, « Tikanta Chabbat », commence par le tav, et pourquoi l’offrande est appelée « l’holocauste du Chabbat en son Chabbat ».
Maré mekomot
- 1עולת שבת בשבתו · Numbers 28:10
Les lettres dans la Lumière infinie ¶24
24והנה להבין עוד ענין שייכות בחי׳ אותיות באור א״ס [אין סוף] הנה מבואר במ״א בד״ה תחת אשר לא עבדת1 כו׳
À présent, pour comprendre davantage le lien entre le niveau des lettres et la Lumière infinie, il est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Parce que tu n’as pas servi… », etc.,
Une question supplémentaire se pose : comment peut-il y avoir des « lettres » dans la Lumière infinie ? La réponse s’appuie sur le discours consacré à « Parce que tu n’as pas servi », qui distingue la lumière de l’abondance.
החילוק בין אור לשפע שההארה היא שלא נחסר כל עי״ז בהמקור שממנו נמשך ההארה וכך עד״מ [על דרך משל] אותיות מו״ד [מחשבה ודבור] שבאדם הם רק הארה שנמשכת מנפשו ונשמתו.
la différence entre la lumière (or) et l’abondance (chéfa) : une illumination est telle que rien ne manque à la source d’où elle est tirée. Ainsi, par analogie, les lettres de la pensée et de la parole d’une personne ne sont qu’une illumination tirée de sa néfech et de sa néchama,
Une illumination (or) ne retire rien à sa source, contrairement à la chéfa, l’abondance, qui est donnée. La pensée et la parole d’une personne sont de cette nature : elles sont une illumination issue de son âme.
שאין תופסים מקום כלל ואין שינוי וגירעון כלל בנפשו מחמת המחשבות ויכולה היא לחשוב מחשבות אין קץ כך ההארה הנמשכת מא״ס [מאין סוף] ב״ה בכל העולמות הוא
car elles n’occupent absolument aucune place, et les pensées n’entraînent dans son âme ni changement ni diminution ; celle-ci peut penser sans fin. De même, l’illumination qui est tirée de l’Infini, béni soit-Il, dans tous les mondes est
Les pensées ne prennent aucune place dans l’âme et ne la diminuent pas ; celle-ci peut penser sans fin. De même, ce que D.ieu fait pénétrer dans tous les mondes n’est qu’une illumination.
רק הארה והתפשטות ממנו ית׳וכולא קמיה כלא חשיב2 ואין תופס מקום כלל נגדו ואין בו שום שינוי ח״ו [חס ושלום] כמ״ש אני הוי׳ לא שניתי3 ואתה הוא קודם שנברא העולם כו׳
seulement une illumination et une expansion venant de Lui, béni soit-Il, et « tout ce qui est devant Lui est considéré comme rien » ; cela n’occupe absolument aucune place par rapport à Lui, et Il ne subit aucun changement, à D.ieu ne plaise, comme il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », et « Tu étais le même avant que le monde soit créé », etc.
Il ne s’agit que d’un rayonnement venant de Lui : « tout ce qui est devant Lui est considéré comme rien », cela n’occupe aucune place auprès de Lui, et Il n’en est pas changé. Comme il est dit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » : Il est le même avant et après la création.
ולכן נק׳ ההארה הנמשכת מהאור א״ס [אין סוף] בשם אותיות, וז״ש [וזהו שכתוב] ג״כ תוך בחי׳ אחרונה שבמאציל כו׳ ר״ל [רוצה לומר] שגם בהארה זו יש כמה בחי׳,
C’est pourquoi l’illumination qui est tirée de la Lumière infinie est appelée « lettres ». C’est aussi [le sens de] ce qui est écrit : « à l’intérieur du dernier niveau de l’Émanateur », etc. Cela signifie que cette illumination comporte elle aussi plusieurs niveaux,
Voilà pourquoi l’illumination issue de la Lumière infinie est appelée « lettres », à l’image des lettres de la pensée. L’expression « le dernier niveau de l’Émanateur » signifie que cette illumination comporte elle aussi des niveaux.
וכמו עד״מ [על דרך משל] שיש במחשבה ג״כ כמה בחי׳ יש מחשבה בעלמא שהוא בחינת חיצונית לגבי מחשבה עמוקה שהיא פנימית כו׳
tout comme, par analogie, la pensée comporte elle aussi plusieurs niveaux : il y a la pensée simplement passagère, qui est le niveau extérieur par rapport à la pensée profonde, qui est intérieure, etc. ;
La pensée comporte des niveaux : une pensée passagère, extérieure, et une pensée profonde, intérieure. Il en va de même pour l’illumination.
והעולמות נמשכו מבחינ׳ [מבחינת / מבחינה] האחרונה שבהארה ומחשבה כו׳ (ועיין מ״ש מזה בביאור ע״פ ראיתי והנה מנורת זהב4 כולה).5
et les mondes sont issus du dernier niveau de l’illumination et de la pensée, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset : « J’ai vu, et voici un candélabre entièrement d’or. »)
Les mondes proviennent de son niveau le plus inférieur. Le discours de Likkutei Torah sur « J’ai vu, et voici un candélabre entièrement d’or » développe également ce sujet.
אך על כל בחי׳ מחשבה שלמעלה כתיב כי לא מחשבותי מחשבותיכם.6 שמחשבתו של האדם מלבשת את הנשמה ומקיפה מכל צד כו׳
Cependant, à propos de tout niveau de pensée supérieur, il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » : la pensée d’une personne enveloppe l’âme et l’entoure de tous côtés, etc.,
L’analogie a ses limites : au sujet de la « pensée » de D.ieu, il est dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. » La pensée d’une personne enveloppe son âme et l’entoure de toutes parts.
משא״כ אצלו ית׳ שאין המחשבה מלבישתו ומקיפתו ח״ו [חס ושלום] שהוא ית׳ רם ונשא מזה והוא קדוש ומובדל כו׳ (וכמ״ש מזה במ״א בד״ה רני ושמחי בת ציון7 כו׳ ובד״ה צאינה וראינה):8
Tandis qu’en ce qui Le concerne, béni soit-Il, la pensée ne Le revêt ni ne L’enveloppe, à D.ieu ne plaise, car Lui, béni soit-Il, est élevé et exalté au-dessus de cela, et Il est saint et séparé, etc. (comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi, fille de Sion », etc., et dans le discours commençant par « Sortez et voyez »).
D.ieu n’est ni revêtu ni entouré par Sa « pensée », à D.ieu ne plaise : Il est élevé au-dessus d’elle, saint et séparé. Cela est développé dans les discours sur « Chante et réjouis-toi, fille de Sion » et « Sortez et voyez ».
On peut parler de lettres dans la Lumière infinie parce qu’une illumination ne retire rien à sa source, de même que les pensées ne retirent rien à l’âme. Les mondes proviennent du dernier niveau de cette illumination ; toutefois, contrairement à la pensée humaine, celle-ci n’enveloppe ni n’entoure D.ieu Lui-même.
Maré mekomot
- 1תחת אשר לא עבדת · Deuteronomy 28:47
- 2וכולא קמיה כלא חשיב · Zohar, Introduction 20:188–22:199
- 3אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 4ע״פ ראיתי והנה מנורת זהב · לקו״ת בהעלתך לו, א.
- 5ראיתי והנה מנורת זהב כולה · Zechariah 4:2
- 6כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 7רני ושמחי בת ציון · Zechariah 2:14
- 8צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le Chabbat est un don accordé d’en haut, et notre part consiste à le « garder » : veiller à écarter tout ce qui empêche sa révélation, même les fautes qu’une personne « foule de ses talons », telles que le mensonge et l’arrogance. Garder un Chabbat attire la force nécessaire pour « faire » le suivant. La Torah, dans laquelle la lumière de D.ieu est toute proche, appelle à la crainte ; la prière, l’éclat quotidien du Chabbat, est le bitoul, l’inclinaison dans « une voix calme et ténue ».
Questions à discuter
- Pourquoi une personne n’a-t-elle besoin de son nom que par rapport aux autres, et qu’est-ce que cela nous enseigne sur les Noms de D.ieu ?
- Comment la lumière peut-elle « se retirer » lors du tsimtsoum, si D.ieu remplit le ciel et la terre ? Qu’ajoute l’analogie des lettres lues sans les comprendre ?
- En quoi l’homme et l’animal sont-ils égaux pendant l’année sabbatique, et que montre cela sur l’élévation du Chabbat inférieur ?
- Comment la connaissance de D.ieu peut-elle, dans les faits, entourer une personne tout en lui laissant libre choix ?
- Pourquoi le Chabbat est-il « gardé », tandis que le Sanctuaire, la Torah, est « révéré » ?