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Likkutei Torah · Parshas Behar · Maamar 2

את שבתתי תשמרו ומקדשי תיראו וגו׳

« Vous garderez Mes Chabbatot et vous révérerez Mon Sanctuaire »

  • 30 paragraphes · 216 sections
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L’idée centrale

Chaque Chabbat renferme deux Chabbatot : un Chabbat inférieur, où les mondes s’élèvent et où leur yesh s’annule dans le ayin au sein de 'Hokhma, et un Chabbat supérieur, où 'Hokhma elle-même est incluse dans la Lumière infinie qui entoure tous les mondes. C’est la même élévation que les âmes acquièrent en descendant dans des corps et en accomplissant les mitsvot ; leur récompense, le dévoilement du sovev à la Résurrection, est l’annulation de soi propre à la mitsva, portée à son accomplissement.

Le maamar en bref

Le Talmud dit que si Israël observait deux Chabbatot, il serait aussitôt délivré, tandis que le Talmud de Jérusalem parle d’un seul ; le maamar explique que chaque Chabbat renferme deux niveaux, un Chabbat inférieur et un Chabbat supérieur. Le Chabbat est l’élévation des mondes ; mais en quoi consiste cette élévation, si D.ieu remplit tout lieu ? La réponse commence par l’âme : enracinée dans la pensée de D.ieu, elle est au-dessus des anges et des mondes issus de Sa parole ; elle descend dans un corps en vue d’une élévation. Pourtant, les âmes elles-mêmes ne procèdent que du « Nom » de D.ieu, d’un éclat : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), qui commence avec 'Hokhma, elle-même issue du ayin. La véritable élévation est le dévoilement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), égale en haut et en bas ; elle sera révélée aux âmes dans des corps à la Résurrection, par l’intermédiaire des mitsvot matérielles. Chaque mitsva annule le yesh, et sa récompense est l’accomplissement véritable de cette annulation de soi. Il en va de même du Chabbat : le Chabbat inférieur élève les mondes dans 'Hokhma, comme l’année sabbatique annule la propriété ; le Chabbat supérieur élève 'Hokhma dans le sovev, le silence de Kéter. Tous deux sont un don de D.ieu, qu’il faut garder.

Plan

  1. Deux Chabbatot en un« Mes Chabbatot » désigne le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur présents en chaque Chabbat ; cela concilie les « deux Chabbatot » du Talmud avec le « seul Chabbat » du Talmud de Jérusalem.¶1
  2. Le Chabbat comme élévation ; la descente de l’âmeLe Chabbat et la prière quotidienne élèvent le service de la semaine ; mais en quoi consiste l’élévation si D.ieu est partout ? Les âmes, enracinées dans Sa pensée, constante et éternelle, contrairement à la parole, sont descendues dans des corps en vue d’une élévation.¶2–4
  3. « Créateur des êtres saints »Les âmes, « saintes » et au-delà de l’espace et du temps, louent D.ieu sans interruption à travers les niveaux infinis du Gan Eden ; pourtant, tout ce qu’elles saisissent est Son « Nom », le rayonnement de la Chekhina.¶5–7
  4. L’analogie du nomLe Nom est la « lumière » du Zohar : comme la lumière du soleil ou le nom d’une personne, c’est un éclat qui porte la force vitale sans toucher à l’essence. D.ieu ne crée que par Son Nom, et Son Nom même est « élevé, seul ».¶8–11
  5. Les noms, la désolation et la création à partir du néantLes mondes vivent d’un éclat d’éclat, par l’intermédiaire de nombreux « noms » ; comparés à l’essence, ils ne sont que désolation. Au-dessous de 'Hokhma, tout se déploie selon le rapport de cause à effet ; mais 'Hokhma, ainsi que les âmes qui y sont enracinées, sont créées à partir du ayin.¶12–15
  6. Sovev et memaléLa récompense principale vient à la Résurrection, dans des corps. Le memalé, lumière mesurée selon chaque monde, n’est rien à côté du sovev, égal en haut et en bas, qui sera révélé même en Assiya par l’intermédiaire des mitsvot matérielles.¶16–17
  7. La récompense d’une mitsva est la mitsvaChaque mitsva, dont l’expression générale est la Torah, le service et la bonté, transforme le yesh en ayin ; cette annulation de soi partielle fait naître le véritable ayin, lorsque le corps et l’intellect eux-mêmes deviennent des réceptacles pour la Lumière infinie.¶18–20
  8. Chabbat : d’Elokim à HavayaLe Chabbat, les contractions d’Elokim cessent et les mondes s’élèvent dans Havaya : c’est une élévation d’en bas. Le Chabbat inférieur est illustré par l’année sabbatique, où la propriété est annulée et où l’homme et la bête sont égaux.¶21–23
  9. « Qu’Il a fait » et « qu’Il a créé »Le Chabbat inférieur élève les mondes dans 'Hokhma d’Atsilout ; le Chabbat supérieur élève 'Hokhma jusqu’à Celui qui l’a émanée, le sovev, le silence de Kéter, auquel fait écho la retenue de la parole le Chabbat.¶24–28
  10. Garder les Chabbatot, révérer le SanctuaireLe Chabbat est un don qu’il faut garder contre le mensonge, l’arrogance et l’orgueil que l’on pourrait tirer de son propre bitoul. « Mon Sanctuaire » désigne la Torah, révélée par 'Hokhma mais enracinée dans la volonté suprême qui la dépasse ; son dévoilement inspire la crainte.¶29–30

Notions clés

Le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieurשבת תתאה ושבת עילאה
Les deux niveaux présents en chaque Chabbat : l’élévation des mondes dans 'Hokhma, où le yesh s’annule dans le ayin, et l’élévation de 'Hokhma elle-même dans la Lumière infinie qui la dépasse.
La lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin)ממלא כל עלמין
La lumière divine mesurée selon la capacité de chaque monde, qui commence en 'Hokhma ; elle est la source des âmes.
La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
La Lumière infinie que les mondes ne peuvent saisir ; présente partout, égale en haut et en bas, elle sera révélée à la Résurrection.
Son Nomשמו
Le rayonnement de D.ieu dans son rapport à la création, comme le nom d’une personne dans son rapport à celle-ci : un éclat qui porte la force vitale sans toucher à l’essence.
Yesh et ayinיש ואין
L’existence distincte et son annulation ; chaque mitsva transforme le yesh en ayin, et ayin désigne aussi le niveau au-dessus de 'Hokhma dont 'Hokhma est issue.
L’annulation de soi (bitoul)ביטול
Le bitoul partiel qu’une personne atteint suscite, par un éveil d’en bas, le véritable bitoul : le dévoilement du véritable ayin.
Chevi’it (l’année sabbatique)שביעית
Le Chabbat de la terre, où la propriété est annulée et où l’homme et la bête mangent de la même manière ; c’est le modèle du Chabbat inférieur.

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Deux Chabbatot en un ¶1

1את שבתתי תשמרו ומקדשי תיראו וגו׳ [וגומר]. הנה פי׳ שבתתי הם שתי שבתות, שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] (שבת קי״ח ב׳)

« Vous garderez Mes Chabbatot et vous révérerez Mon Sanctuaire », etc. Le sens de « Mes Chabbatot » est qu’il s’agit de deux Chabbatot, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Chabbat 118b) :

Explication

Le maamar s’ouvre sur un verset qui conclut la paracha Behar (et figure auparavant dans Kedochim) : « Vous garderez Mes Chabbatot et vous révérerez Mon Sanctuaire. » L’Admour Hazaken relève le pluriel « Mes Chabbatot » et l’interprète comme désignant deux Chabbatot, en s’appuyant sur le Talmud.

אמר ר׳ [רבי] יוחנן משום ר׳ [רבי] שמעון בן יוחאי אלמלי משמרין ישראל שתי שבתות כהלכתן מיד נגאלין,

Rabbi Yo’hanan a dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Si Israël observait deux Chabbatot conformément à leurs lois, il serait délivré immédiatement. »

Explication

Le Talmud promet la délivrance immédiate si Israël observe « deux Chabbatot » conformément à leurs lois. À première vue, cela semble désigner deux Chabbatot distincts ; l’Admour Hazaken l’interprétera comme deux dimensions présentes dans chaque Chabbat.

והיינו ב׳ בחי׳ שבת שיש בכל שבת וכמ״ש עלת שבת בשבתו (ועמ״ש במ״א ע״פ והיה מדי חדש בחדשו גבי מדי שבת בשבתו)

C’est-à-dire les deux niveaux de Chabbat présents dans chaque Chabbat, comme il est écrit : « l’holocauste du Chabbat en son Chabbat » (voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset « Il en sera ainsi, à chaque nouvelle lune en sa nouvelle lune », à propos de « et à chaque Chabbat en son Chabbat »).

Explication

Les deux Chabbatot sont deux niveaux présents dans chaque Chabbat. Le verset relatif au sacrifice du Chabbat dit : « l’holocauste du Chabbat en son Chabbat », comme s’il y avait un Chabbat à l’intérieur du Chabbat. La parenthèse renvoie à un maamar sur la phrase d’Isaïe « à chaque Chabbat en son Chabbat » ; comme l’explique la note du Kehot, il s’agit d’un Chabbat du Chabbat, auquel même le Chabbat est comparable à un jour de semaine.

והיינו כמ״ש בזהר בראשית דף ה׳ ע״ב שיש שבת תתאה ושבת עילאה בכל שבת וע״ז [ועל זה] נאמר את שבתתי תשמרו.

C’est ce qui est indiqué dans le Zohar, Béréchit, folio 5b : il y a un Chabbat inférieur (Chabbat tata’a) et un Chabbat supérieur (Chabbat ila’a) dans chaque Chabbat ; c’est à leur sujet qu’il est dit : « Vous garderez Mes Chabbatot. »

Explication

Le Zohar interprète le pluriel « Mes Chabbatot » comme désignant un Chabbat supérieur et un Chabbat inférieur. Ces deux niveaux présents dans chaque Chabbat, le Chabbat inférieur (Chabbat tata’a) et le Chabbat supérieur (Chabbat ila’a), sont le sujet de tout ce maamar.

וזהו שבירושלמי (פ״ק [פרק קמא] דתענית סוף ה״א) אמרו אלו היו ישראל משמרין שבת א׳ כתיקונה מיד הי׳ [היה] בן דוד בא.

C’est le sens de ce qu’ils ont dit dans le Talmud de Jérusalem (chapitre 1 de Ta’anit, fin de la halakha 1) : « Si Israël observait un Chabbat comme il convient, le fils de David viendrait immédiatement. »

Explication

Le Talmud de Jérusalem semble dire autre chose : il suffirait d’observer un seul Chabbat comme il convient pour que vienne le fils de David, le Machia’h.

דאינו סותר למאמר אלמלי משמרין ישראל שתי שבתות כי פי׳ שתי שבתות היינו ג״כ שבת אחת ע״ד [על דרך] הנזכר.

Cela ne contredit pas l’enseignement « Si Israël observait deux Chabbatot », car le sens de « deux Chabbatot » est également un seul Chabbat, selon ce qui vient d’être expliqué.

Explication

Il n’y a pas de contradiction. Puisque chaque Chabbat comporte les deux niveaux, le « deux Chabbatot » du Talmud de Babylone et le « un Chabbat » du Talmud de Jérusalem décrivent la même chose : un seul Chabbat observé dans ses deux dimensions.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe d’ouverture interprète « Mes Chabbatot » comme désignant deux niveaux présents dans chaque Chabbat, un Chabbat inférieur et un Chabbat supérieur. Il concilie ainsi le « deux Chabbatot » du Talmud de Babylone avec le « un Chabbat » du Talmud de Jérusalem.

Pour aller plus loin

Le Zohar (1:5b) dit à propos de « Mes Chabbatot » que le Chabbat supérieur et le Chabbat inférieur « sont deux, inclus l’un dans l’autre et cachés l’un dans l’autre ». Le Biour qui suit ce maamar dans Likkutei Torah (44a), auquel renvoie la note du Kehot, explique que les deux Chabbatot du Zohar sont le jour du Chabbat et la nuit du Chabbat ; il rapporte également que le Mikdach Mélekh les explique comme Atik et Zeir Anpin.

Maré mekomot

  1. 1
    את שבתתי תשמרו · מאמר זה הוא משנת תקע״א — ראה אוה״ת על מארז״ל וענינים ע׳ שלג (וראה להלן בהוספות ברשימת הכתבי-יד על המאמר כאן ועל הביאור דלהלן מג, ב). הגהות למאמר זה נדפסו באוה״ת בהר כרך ב׳ ע׳ תרכד. קיצורים באוה״ת בהר כרך-ד ע׳ א׳קס ושם כרך-ג ע׳ תתק המאמר בשינויים ותוס׳ הגהות. קיצור באוה״ת דברים כרך-ו ע׳ א׳תפז. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואות לד״ה זה. ראה גם ס׳ פלח הרמון שמות ע׳ רמח ואילך. המאמר והביאור בארוכה מכ״ק אדהאמ״צ במאמרי אדהאמ״צ ויקרא-ב ע׳ תשיח. ד״ה את שבתתי תשמרו דתק״ע שלא נדפס בלקו״ת [נדפס בסה״מ תק״ע ע׳ פא] הובא באור התורה פ׳ נח (נז, ב). ופי׳ שם כי המשכת והתגלות התענוג הוא בחי׳ שבתא דיומא, וע׳ בתו״א יתרו ד״ה להבין ביאור ענין האבות (קכב, ב) [עג, א] בענין זכור ושמור, יעו״ש. [כ].
  2. 2
    את שבתתי תשמרו · Leviticus 19:30
  3. 3
  4. 4
  5. 5
    עולת שבת בשבתו · Numbers 28:10
  6. 6
    ע״פ והי׳ מדי חדש בחדשו · לקמן פ׳ ברכה צז, ג — דשם מבאר בענין שבת שאחר ששת ימי המעשה. ומדי שבת בשבתו שבתו של שבת היינו שגם שבת נחשב אצלו כיום החול.
  7. 7
    והיה מדי חדש בחדשו · Isaiah 66:23
  8. 8
    והיינו כמ״ש בזהר בראשית דף ה׳ ע״ב · ראה לקמן מד, א ובאוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכט.
  9. 9
    שיש שבת תתאה ושבת עילאה · ראה מאמרי אדה״א שמות-א ע׳ רח ואילך. שרש מצות התפלה פרק לג (דף קלד, א) ואילך. ראה סה״מ תרכ״ז (הוצאת תש״ס) ע׳ ט. תרל״ד ע׳ ריד ובמ״מ לשם.
  10. 10
    שיש שבת תתאה ושבת עילאה בכל שבת וע״ז נאמר את שבתתי תשמרו · Zohar, Introduction 12:74–84
  11. 11

Le Chabbat comme élévation ; la descente de l’âme ¶2–4

2ולהבין זה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ענין שבת. כי הנה נודע דשבת הוא בחי׳ עליות העולמות, והתומע״ט [והתורה ומצות ומעשים טובים] של כל ימי החול מתעלים למעלה בשבת,

Pour comprendre cela, il faut [expliquer] la notion de Chabbat. Or, on sait que le Chabbat est le niveau de l’élévation des mondes, et que la Torah, les mitsvot et les bonnes actions de tous les jours de semaine s’élèvent vers le haut le Chabbat.

Explication

Pour expliquer les deux Chabbat, l’Alter Rebbe commence par expliquer le Chabbat lui-même : c’est le moment où les mondes s’élèvent. Tout ce qui a été accompli pendant la semaine par la Torah, les mitsvot et les bonnes actions s’élève le Chabbat.

ואמנם לא שמתכללים בשבת ממש כי א״א [אי אפשר] למהות העבודה שבחול שתוכלל בשבת, אלא שיש בכל יום הארת שבת, וכמ״ש זכור את יום השבת, והוא התפלה שבה נכללים ועולים התומע״ט [התורה ומצות ומעשים טובים] של כל היום,

Cependant, cela ne signifie pas qu’ils soient véritablement intégrés au Chabbat, car la nature même du service des jours de semaine ne peut être intégrée au Chabbat. Mais chaque jour comporte un reflet du Chabbat, comme il est écrit : « Souviens-toi du jour du Chabbat » ; il s’agit de la prière, dans laquelle la Torah, les mitsvot et les bonnes actions de toute la journée sont intégrées et s’élèvent.

Explication

Le service des jours de semaine, par sa nature même, ne peut toutefois être directement absorbé dans le Chabbat. Chaque jour possède plutôt son propre reflet du Chabbat, auquel fait allusion le commandement de « se souvenir » du Chabbat ; ce reflet est la prière, qui rassemble et élève la Torah, les mitsvot et les bonnes actions de la journée.

כי התפלה נק׳ עולת תמיד ע״ש [עיין שם] עליות העולמות שעולים למעלה מעלה בזמן התפלה (ע׳ [עיין] בזהר פ׳ פנחס דרמ״ז ע״ב ופ׳ פקודי דר״ס סע״ב [סוף עמוד ב]),

Car la prière est appelée « l’offrande perpétuelle » (olat tamid), en raison de l’élévation des mondes, qui s’élèvent toujours plus haut au moment de la prière (voir le Zohar, Parachat Pin’has, folio 247b, et Parachat Pekoudei, folio 260, fin du côté b),

Explication

La prière est appelée « l’offrande perpétuelle », d’après l’offrande quotidienne dans le Temple. Le mot olah signifie « ce qui s’élève », et ce nom convient à la prière car, au moment de celle-ci, les mondes s’élèvent toujours plus haut.

כמו שהשבת נק׳ עולת שבת ע״ש [עיין שם] עליות העולמות שבשבת, ואח״כ [ואחר כך] התפלות של כל ימי החול עם כל התומע״ט [התורה ומצות ומעשים טובים] שנכללו בהן נכללים בשבת ממש.

tout comme le Chabbat est appelé « l’offrande du Chabbat » (olat Chabbat), en raison de l’élévation des mondes le Chabbat. Ensuite, les prières de tous les jours de semaine, avec toute la Torah, les mitsvot et les bonnes actions qu’elles ont intégrées, sont véritablement intégrées au Chabbat.

Explication

De même, l’offrande du Chabbat est appelée olat Chabbat parce que les mondes s’élèvent le Chabbat. Il y a donc deux étapes : les actions de chaque jour s’élèvent dans la prière de ce jour, puis toutes les prières de la semaine, avec tout ce qu’elles portent, sont intégrées au Chabbat lui-même.

וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] ענין עליות אלו מהו דהא מלא כל הארץ כבודו, וכתיב כי ה׳ הוא האלקים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת, וכמ״ש בזהר דלית אתר פנוי מיני׳

Il faut comprendre en quoi consistent ces élévations, puisque « toute la terre est pleine de Sa gloire », et qu’il est écrit : « Havaya, Lui, est Elokim dans les cieux en haut et sur la terre en bas » ; comme le dit le Zohar, « aucun lieu n’est vide de Lui »

Explication

L’Alter Rebbe pose ici une question : que peut signifier une « élévation » par rapport à D.ieu, qui remplit tous les lieux ? Les versets et le Zohar enseignent que Sa gloire remplit la terre et qu’aucun lieu n’est vide de Lui.

(וכמ״ש ג״כ במדרש רבה פ׳ שמות פ׳ ב׳ למה מתוך הסנה ללמדך שאין מקום פנוי בלא שכינה אפילו סנה).

(comme il est également dit dans le Midrash Rabbah, Parachat Chemot, section 2 : « Pourquoi depuis le milieu du buisson ? Pour t’enseigner qu’aucun lieu n’est dépourvu de la Chekhina, pas même un buisson »).

Explication

Le Midrach exprime la même idée : D.ieu parla à Moché depuis un modeste buisson épineux pour enseigner que la Chekhina est présente même là.

וא״כ [ואם כן] מהו ל׳ [לשון] עליות העולמות וכן בפסוק נאמר עלת שבת דמשמע שעולים למעלה דוקא. ויובן בהקדים ענין ירידת הנשמות בגוף בעוה״ז [בעולם הזה] שהיא ירידה צורך עליה.

Si c’est ainsi, que signifie l’expression « l’élévation des mondes » ? De même, le verset dit « l’offrande du Chabbat » (olat), ce qui semble indiquer qu’ils s’élèvent précisément vers le haut. Cela se comprendra en introduisant d’abord la notion de la descente des âmes dans un corps, dans ce monde, descente qui a pour but une élévation.

Explication

Si D.ieu est également présent partout, rien ne se rapproche de Lui en montant ; l’expression « élévation », ainsi que le mot olat (« qui s’élève ») dans l’appellation de l’offrande du Chabbat, demandent donc une explication. La réponse commence par la descente de l’âme dans un corps, qui vise une élévation supérieure.

והנה ידוע דגם קודם ירידתן הם גבוהים מאד במדרגה, כמאמר ישראל עלו במחשבה, משא״כ אפילו במלאכים דכתיב וברוח פיו כל צבאם, וכמו שעד״מ [שעל דרך משל] באדם האותיות והדיבורים שמדבר הם כלא חשיב לגבי כללות נפש המדברת

Or, on sait qu’avant même leur descente, elles se trouvent à un rang très élevé, comme le dit l’expression : « Israël s’éleva dans [la pensée de D.ieu] », ce qui n’est pas le cas, même pour les anges, dont il est écrit : « et par le souffle de Sa bouche, toute leur armée ». À titre d’analogie, chez l’homme, les lettres et les mots qu’il prononce ne sont rien en comparaison de l’âme parlante dans son ensemble,

Explication

Avant même leur descente, les âmes occupent un rang très élevé : elles « s’élevèrent dans [la pensée de D.ieu] », tandis que les anges furent créés par Son « souffle », c’est-à-dire par Sa parole. L’analogie est celle de la parole humaine : expression extérieure, ses mots ne sont rien en comparaison de l’âme parlante elle-même.

ולא נעשה שינוי וגרעון בה מחמת הדבורים ויכולה היא לדבר דיבורים אין קץ, כך כל העולמות והמלאכים והחיות שבהם הוא רק הארה וכלא חשיב אצלו ית׳ ואין תופס מקום נגדו כו׳.

et aucun changement ni aucune diminution ne se produit en elle du fait des paroles, et elle peut prononcer des paroles sans fin. De même, tous les mondes, les anges et la force vitale qui les anime ne sont qu’un reflet, et ne comptent pour rien devant Lui, béni soit-Il, et n’occupent aucune place par rapport à Lui, etc.

Explication

La parole ne retire rien à l’âme, qui pourrait continuer à parler sans fin. De même, tous les mondes, avec les anges et la force vitale qui les anime, ne sont qu’un reflet qui n’occupe aucun « espace » devant D.ieu, tandis que les âmes ont leur racine plus haut, dans Sa pensée.

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe définit le Chabbat comme l’élévation des mondes : le service de la semaine s’élève par la prière quotidienne jusqu’au Chabbat. Il demande ensuite ce que peut signifier une « élévation » alors que D.ieu remplit tous les lieux. La réponse commence par la descente des âmes, enracinées dans la pensée de D.ieu, bien au-dessus des mondes et des anges issus de Sa parole.

Pour aller plus loin

Les passages du Zohar cités par le texte décrivent l’offrande quotidienne comme s’élevant « chaque jour jusqu’à la pensée suprême, qui n’a pas de fin », et la septième salle de la prière, « Ado-nai, ouvre mes lèvres », comme faisant monter la volonté du cœur « d’en bas vers le haut, jusqu’à Ein Sof ». Torah Ohr (Noach, 9b), auquel renvoie la note de Kehot, appelle également chaque prière des jours de semaine un reflet du Chabbat, et ajoute que tout cela n’est que le Chabbat inférieur ; le Chabbat supérieur est le futur « jour qui sera entièrement Chabbat ».

Maré mekomot

  1. 1
    זכור את יום השבת · Exodus 20:8
  2. 2
    והוא התפלה שבה נכללים · וכ״ה בתו״א ט, ב. פח, א. לקמן האזינו עב, ג.
  3. 3
    עולת תמיד · Numbers 28:6
  4. 4
    התפלה נק׳ עולת תמיד · Zohar, Pinchas 97:662–98:669
  5. 5
    זהר פ׳ פנחס דרמ״ז ע״ב · ”עולת תמיד איהי רגל רביעאה לכורסייא עילאה דא עולה תמיד בכל יום מאינון יומין שית דבראשית, וקודם לזה מביא הזהר רביעית ההין רגלא רביעאה לכורסייא עילאה ואיהו עולה תמיד”.
  6. 6
    ופ׳ פקודי דר״ס סע״ב · ”היכלא שביעאה אדני שפתי תפתח כו׳ הכא איהו רעותא דליבא” בוך 1999. ומוסיף שם ”ויתכן מה שהביא הזהר פקודי אחר הזח״ג דשם מבאר על קרבנות, ובזח״ב על תפלה”.
  7. 7
    עולת שבת · Numbers 28:10
  8. 8
    מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
  9. 9
    כי ה׳ הוא האלקים · Deuteronomy 4:39
  10. 10
    בזהר דלית אתר פנוי מיני׳ · ת״ז תנ״ז. ושם ת״ע קכב, ב ד׳ זיטאמיר. [כ].
  11. 11
    דלית אתר פנוי מיני׳ · Tikkunei Zohar 91b:6
  12. 12
    למה מתוך הסנה ללמדך שאין מקום פנוי בלא שכינה אפילו סנה · Shemot Rabbah 2:5
  13. 13
    ויובן בהקדים · ראה דרך מצותיך א, א.
  14. 14
    ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
  15. 15
    וברוח פיו כל צבאם · Psalms 33:6
  16. 16
    שו״ה ל׳ — למעלה דוקא · באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכד יש הגה״ה.

3ואמנם נש״י [נשמות ישראל] עלו במחשבה, ואע״ג [ואף על גב] דגם המחשבה היא כלא חשיב אצלו ית׳, וכמו למשל מחשבות האדם שנמשכים מנפשו ונשמתו שאין תופסים מקום כלל

Les âmes d’Israël, cependant, s’élevèrent dans la pensée. Bien que la pensée aussi soit comme rien devant Lui, béni soit-Il, tout comme, par exemple, les pensées d’un homme, qui émanent de son néfech et de sa nechama, n’occupent absolument aucune place,

Explication

Les âmes d’Israël sont supérieures aux anges parce qu’elles « s’élevèrent dans la pensée », et non dans la parole. L’Admour Hazaken reconnaît que même la pensée de D.ieu est comme rien en comparaison de Lui, tout comme les pensées d’un homme ne prennent aucune place dans son âme.

ולא שינוי ולא גרעון בנפשו מחמת המחשבות ויכולה היא לחשוב מחשבות אין קץ, וכך עד״מ [על דרך משל] למעלה המחשבה א׳ היא כלא חשיב כו׳

et que son âme ne subit ni changement ni diminution du fait de ces pensées, et qu’elle peut penser sans fin ; de même, par analogie, en haut, une pensée unique est comme rien, etc.,

Explication

L’âme d’un homme ne change ni ne diminue lorsqu’il pense, et elle peut penser sans fin ; toute pensée isolée n’est donc rien à côté d’elle. Il en va de même en haut : même l’unique pensée divine est comme rien devant D.ieu.

וכמ״ש אני הוי׳ לא שניתי כו׳ מ״מ [מכל מקום] המחש בה הוא למעלה מן הדבור שהדבור נק׳ לבוש החיצון,

comme il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », etc. Néanmoins, la pensée est supérieure à la parole, car la parole est appelée le vêtement extérieur,

Explication

Rien de ce qui émane de D.ieu ne Le change, comme le dit le verset : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé. » Pourtant, dans le cadre de l’analogie, la pensée est supérieure à la parole, car celle-ci n’est que le vêtement extérieur de l’âme.

כמו עד״מ [על דרך משל] בגשמיות לבוש שאינו לובשו תמיד רק לפעמים דהיינו כשהולך לחוץ, כך הוא הדבור שהרי לא תמיד הוא מדבר

comme, par analogie, un vêtement matériel que l’on ne porte pas en permanence, mais seulement à certains moments, c’est-à-dire lorsqu’on sort. Il en va ainsi de la parole, car on ne parle pas tout le temps,

Explication

La parole est comparable à un vêtement extérieur que l’on ne porte que lorsqu’on sort : on ne parle qu’à certains moments.

אלא כשצריך לגלות לזולתו ויש מעצור לרוחו שלא לדבר, משא״כ המחשבה היא לבוש הפנימי שלובשו תמיד גם כשהוא בפ״ע [בפני עצמו] שא״א [שאי אפשר] להיות בלא מחשבה, ולכן לא תנוח המחשבה לעולם.

mais seulement lorsqu’on doit révéler [quelque chose] à autrui, et l’on peut retenir son souffle et ne pas parler. La pensée, en revanche, est le vêtement intérieur que l’on porte en permanence, même lorsqu’on est seul, car il est impossible de se trouver sans pensée ; la pensée ne s’interrompt donc jamais.

Explication

On ne parle que pour révéler quelque chose à quelqu’un, et l’on peut s’abstenir de parler. La pensée est le vêtement intérieur qu’on ne retire jamais : on n’est jamais sans penser, même lorsqu’on est seul.

והיא ג״כ נצחית כמו שהנפש עצמה נצחית (ועמ״ש בד״ה אני ישנה גבי רעיתי ובד״ה ראיתי והנה מנורת זהב) ולכן העולמות והנבראים שהתהוותן מבחי׳ דבור נתחדשו ונתהוו בשי״ב [בששת ימי בראשית] שאז היה עת לדבר.

Elle est également éternelle, tout comme l’âme elle-même est éternelle (voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je dors », au sujet des mots « mon bien-aimé », et dans le discours commençant par « J’ai vu, et voici, un chandelier tout en or »). C’est pourquoi les mondes et les êtres créés, dont l’existence procède du niveau de la parole, furent nouvellement amenés à l’existence durant les six jours de la Création, car ce fut alors le moment de parler.

Explication

Parce que la pensée est constante, elle est éternelle, comme l’âme elle-même. Les mondes et les créatures, qui procèdent de la parole de D.ieu, furent amenés à l’existence à un moment déterminé : les six jours de la Création, qui furent « un moment pour parler ». La parenthèse renvoie à deux autres discours, « Je dors » et « J’ai vu, et voici, un chandelier tout en or », qui développent ce sujet.

וגם יחזרו לאין ואפס אחר הזמן משך עמידת העולם שית אלפי שני דהוי עלמא כו׳

Ils retourneront également au néant et au vide lorsque prendra fin la durée du monde, les « six mille ans que le monde existe », etc.

Explication

Ce qui a commencé dans le temps s’achèvera aussi dans le temps : les mondes retourneront au néant au terme des six mille ans d’existence du monde.

(ובמדרש רבה סדר נח פ׳ ל״ד מבואר ראי׳ [ראיה] מהתורה שיש גבול לעמידת העולם מדכתיב כל ימי הארץ), והיינו לפי שהתהוותם הוא מבחי׳ הדיבור אשר יש עת לחשות כמו שיש עת לדבר.

(Dans Midrash Rabbah, ordre de Noa'h, section 34, une preuve tirée de la Torah est présentée pour établir que la durée du monde est limitée, à partir du verset « tous les jours de la terre ».) Cela tient au fait que leur existence procède du niveau de la parole, pour laquelle il y a un temps pour se taire, tout comme il y a un temps pour parler.

Explication

Le Midrach trouve cette limite dans les mots de la Torah « tous les jours de la terre » : l’alliance conclue après le Déluge ne dure que tant que subsistent le ciel et la terre. Tout cela s’explique par le fait que les choses créées procèdent de la parole, qui a un temps pour se taire aussi bien qu’un temps pour parler.

משא״כ הנשמות לפי שעלו במחשבה היו גם קודם שי״ב [ששת ימי בראשית] וכמאמר רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בבראשית רבה פ׳ ח׳ ע״פ עם המלך במלאכתו ישבו שם (בד״ה א׳ סי׳ ד׳)

Les âmes, en revanche, puisqu’elles s’élevèrent dans la pensée, existaient déjà avant les six jours de la Création, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie, dans Bereishis Rabbah, section 8, à propos du verset : « Là, ils demeurèrent auprès du roi dans son œuvre » (I Chronicles, chapter 4) :

Explication

Les âmes, issues de la pensée de D.ieu, existaient avant les six jours de la Création. Le Midrash l’apprend d’un verset des Chroniques au sujet de ceux qui « demeurèrent auprès du roi dans son œuvre ».

עם מלך מלכי המלכים הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ישבו נפשות של צדיקים שבהן נמלך הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] וברא את העולם.

« Auprès du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, siégeaient les âmes des justes, auprès desquelles le Saint béni soit-Il prit conseil et créa le monde. »

Explication

Le Midrash comprend « le roi » comme désignant le Roi des rois, et ceux qui demeuraient auprès de Lui comme les âmes des justes, auprès desquelles D.ieu prit conseil lorsqu’Il créa le monde. Les âmes précédèrent ainsi le monde.

וגם לכן הם נצחיים כי המחשבה היא ג״כ תמידית והשכל והמחשבה הם תרין רעין דלא מתפרשין וכהדין קמצא דלבושא מיני׳ וביה.

Pour cette raison également, elles sont éternelles, car la pensée est elle aussi constante, et l’intellect et la pensée sont « deux compagnons qui ne se séparent jamais » ; elles sont comme « la sauterelle dont le vêtement vient d’elle-même et se trouve en elle ».

Explication

Comme la pensée, qui ne cesse jamais, les âmes sont éternelles. L’intellect et la pensée sont des « compagnons » inséparables, et la pensée est comme la sauterelle dont l’enveloppe se développe à partir de son propre corps : un vêtement qui fait partie de celui qui le porte.

אך הנשמות הם מחולקים במעלה ומדרגה זה מזה כי יש ס״ר נשמות שרשיים. (וכל שרש מתחלק לענפים וענפים לניצוצות אין קץ כו׳) כנגד ס״ר אותיות שבתורה אף שבתורה אין

Cependant, les âmes se distinguent les unes des autres par leur rang et leur degré, car il existe six cent mille âmes-racines (et chaque racine se divise en branches, et les branches en étincelles sans fin, etc.), correspondant aux six cent mille lettres de la Torah. Et bien que dans la Torah, il n’y ait pas

Explication

Les âmes ne sont pourtant pas toutes égales. Il existe six cent mille âmes-racines, dont chacune se ramifie en étincelles innombrables, et elles correspondent aux six cent mille lettres de la Torah.

נמצא ס״ר אותיות היינו מפני אותיות המשך שהם אותיות אהו״י שבכלל הנקודות שאינן בכתב אבל ישנן במחשבה שהקמץ הוא א׳ והחירק י׳ כו׳.

six cent mille lettres, cela s’explique par les lettres de prolongement, les lettres alef, hei, vav et yud, qui sont incluses dans les points-voyelles : elles ne figurent pas par écrit, mais elles sont présentes dans la pensée, car le kamats est un alef et le hirik un yud, etc.

Explication

La Torah écrite ne comporte pas six cent mille lettres ; on complète ce décompte par les « lettres de prolongement » silencieuses (alef, hei, vav et yud) qu’impliquent les voyelles. Un kamats implique un alef et un hirik un yud : ces lettres ne sont pas écrites, mais existent « dans la pensée ».

(וכדפרש״י [וכדפירש רש״י / וכדפירוש רש״י] ספ״ו דכתובות גבי ינחם כתיב כאילו כתיב ינאחם), אך איזו מהנקודות הם אינו ידוע כו׳.

(comme l’explique Rashi à la fin du sixième chapitre de Kesubos, à propos de ינחם, qui est écrit comme s’il était écrit ינאחם). Mais on ne sait pas quels points-voyelles elles représentent, etc.

Explication

Rashi donne l’exemple d’un mot écrit sans alef, mais lu comme si l’alef y figurait. On ne sait toutefois pas quels points-voyelles correspondent à ces lettres non écrites.

וא״כ [ואם כן] יפלא למה ירדו הנשמות כ״כ [כל כך] למטה וכנודע בפי׳ מה שאנו אומרים בכל יום המתנשא מימות עולם כו׳

Dès lors, il est étonnant que les âmes soient descendues si bas, comme on le sait d’après l’explication de ce que nous disons chaque jour : « Toi qui es exalté au-dessus des jours du monde », etc.,

Explication

Si les âmes ont une racine si élevée, dans la pensée de D.ieu, pourquoi sont-elles descendues si bas ? La prière quotidienne du matin y fait allusion lorsqu’elle parle de D.ieu comme de Celui qui est « exalté au-dessus des jours du monde ».

ברחמיך הרבים רחם עלינו, שרחמנות גדולה היא על הנשמות שירדו מאיגרא רמה היינו מחשבתו ית׳ המתנשא מימות עולם. למטה מאד בעוה״ז [בעולם הזה] בגוף ונפש הבהמית. אך הענין נודע דירידה זו צורך עלייה היא:

« Dans Ta grande miséricorde, prends pitié de nous. » Car les âmes suscitent une grande compassion : elles sont descendues « d’un toit élevé », c’est-à-dire de Sa pensée, béni soit-Il, qui est « exaltée au-dessus des jours du monde », jusqu’à très bas, dans ce monde, au sein d’un corps et d’une âme animale. Mais le principe est connu : cette descente a pour but une ascension.

Explication

La supplication « Dans Ta grande miséricorde, prends pitié de nous » exprime la compassion pour les âmes, qui sont tombées de la pensée exaltée de D.ieu dans un corps et une âme animale, en ce monde. La réponse est que cette descente a pour but une ascension, que le maamar va maintenant expliquer.

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe montre pourquoi les âmes sont supérieures aux anges et aux mondes : elles ont leur racine dans la pensée de D.ieu, qui est constante et éternelle, tandis que les mondes procèdent de Sa parole, qui commence et s’achève dans le temps. Leur descente dans des corps n’en est que plus étonnante ; la réponse est qu’il s’agit d’une descente en vue d’une élévation.

Pour aller plus loin

L’opposition entre « un temps pour se taire et un temps pour parler » (Ecclésiaste 3 :7) sous-tend cette distinction : la parole, et avec elle les mondes créés, a un commencement et une fin, tandis que la pensée, vêtement intérieur de l’âme, ne cesse jamais. L’image du kamtza « dont le vêtement est de lui-même » provient de Bereishis Rabbah (21:5), où elle décrit l’ange Gavriel, « vêtu de lin ».

Maré mekomot

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    אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  2. 2
    יש מעצור לרוחו שלא לדבר · Ecclesiastes 3:7
  3. 3
    אני ישנה · Song of Songs 5:2
  4. 4
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    כל ימי הארץ · Genesis 8:22
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    כל ימי הארץ · Bereshit Rabbah 34:11
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  8. 8
  9. 9
    כהדין קמצא דלבושא מיני׳ וביה · Bereshit Rabbah 21:5
  10. 10

4קיצור (ענין אלמלי שמרו ישראל שתי שבתות. ענין עולת תמיד ועולת שבת. מהו פי׳ עלייה ויובן בהקדים ענין ירידת הנשמה לגוף שהיא ג״כ צורך עלייה):

Résumé. (Le sens de « Si Israël observait deux Chabbatot ». Le sens de l’offrande consumée perpétuelle et de l’offrande consumée du Chabbat. Que signifie « élévation » ? Cela se comprendra en introduisant d’abord le sujet de la descente de l’âme dans le corps, qui a elle aussi pour but une élévation.)

Explication

Résumé de la première section : les deux Chabbatot, les offrandes consumées quotidiennes et du Chabbat, et la question du sens de l’« élévation », à laquelle répondra l’examen de la descente de l’âme dans le corps, qui a pour but une élévation.

Le paragraphe 4 en bref

Le résumé de la première section du maamar.

« Créateur des êtres saints » ¶5–7

5ב וענין העלייה יובן ע״פ מאמר בורא קדושים ישתבח שמך לעד, כי הנשמות נק׳ קדושים

2. Le sens de l’élévation se comprendra à partir des mots « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué à jamais. » Car les âmes sont appelées « saintes »,

Explication

La section 2 commence à expliquer l’élévation à partir d’une formule de la première bénédiction précédant le Chema du matin : « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué à jamais. » Les « saints » sont les âmes.

וכמו שאומרים בשמו״ע [בשמונה עשרה] וקדושים בכל יום יהללוך סלה דקאי על הנשמות, שמתחלה אומרים סדר קדושה של המלאכים איך שאומרים קדוש וברוך וימלוך, ואח״כ [ואחר כך] אומרים עוד וקדושים בכל יום על הנשמות.

comme nous le disons dans la Chemoné Essré : « Et les saints Te loueront chaque jour, séla », ce qui désigne les âmes. Nous disons d’abord l’ordre de la Kedoucha des anges, qui disent « Saint », « Béni » et « Il régnera » ; puis nous ajoutons : « Et les saints, chaque jour », à propos des âmes.

Explication

Dans la Chemoné Essré, la Kedoucha reprend d’abord les paroles des anges (« Saint », « Béni », « Il régnera »), puis ajoute seulement ensuite : « Et les saints Te loueront chaque jour, séla. » Ces autres « saints » sont les âmes.

Le paragraphe 5 en bref

La deuxième section commence sa réponse à partir des mots « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué », en identifiant les « saints » aux âmes, dont la louange est mentionnée après celle des anges.

6ואומרים כסדר מלמטה למעלה תחלה קדושת המלאכים שהמלאכים יש להם גוף, וכמ״ש בדניאל ס״י וגויתו כתרשיש

Nous les récitons dans l’ordre, du bas vers le haut : d’abord la Kedouchah des anges, car les anges ont un corps, comme il est écrit dans Daniel, chapitre 10 : « et son corps était comme du béryl »,

Explication

L’ordre de la prière s’élève du niveau inférieur au niveau supérieur : d’abord la Kedouchah des anges, puis celle des âmes. Les anges viennent en premier parce qu’ils ont une sorte de corps, comme le décrit Daniel lorsqu’il dit que l’ange avait « un corps comme du béryl ».

וכתיב עושה מלאכיו רוחות משרתיו אש לוהט, ולכן המלאכים תופסים מקום שיש מלאך גדול מהלך ת״ק שנה ויש מלאך בשליש עולם כו׳,

et il est écrit : « Il fait de Ses anges des vents, de Ses serviteurs un feu flamboyant. » Les anges occupent donc un espace : il existe un grand ange dont la taille équivaut à un parcours de cinq cents ans, et il existe un ange qui représente un tiers du monde, etc.

Explication

Les anges sont formés de « vents » et de « feu » : ils sont subtils, mais possèdent néanmoins un corps et occupent donc un espace. Les Sages parlent d’un ange aussi grand qu’un parcours de cinq cents ans et d’un ange qui représente un tiers du monde.

והיינו הגוף שלהם גדול כ״כ [כל כך] שהוא בבחי׳ מקום ומאחר שהם בבחי׳ מקום הרי הם ג״כ בבחי׳ זמן שהמקום והזמן שניהם הם נבראים בבחי׳ א׳,

Autrement dit, leur corps est si grand qu’il relève de la catégorie de l’espace ; et puisqu’ils relèvent de la catégorie de l’espace, ils relèvent aussi de celle du temps, car l’espace et le temps ont été créés tous deux d’un seul tenant.

Explication

Le fait d’avoir un corps, aussi vaste soit-il, situe les anges dans l’espace ; or tout ce qui se trouve dans l’espace se trouve également dans le temps, puisque l’espace et le temps ont été créés ensemble, d’un seul tenant.

ולכן יש להן עת קבוע לומר שירה, משא״כ הנשמות אין להם בחי׳ זמן ומקום לפי שהם בבחי׳ קדושים, קדש היינו מובדל שהנשמה כמו שהיא למעלה הם מובדלים מבחי׳ גוף לגמרי ואינן בבחי׳ מקום,

Ils ont donc un moment fixé pour chanter. Les âmes, en revanche, ne relèvent ni du temps ni de l’espace, car elles sont au niveau des « saints » : kadoch signifie « séparé », car les âmes, telles qu’elles sont en haut, sont entièrement séparées de tout ce qui est corporel et ne relèvent pas de la catégorie de l’espace,

Explication

Puisqu’ils sont soumis au temps, les anges ont un moment fixé pour leur chant. Les âmes sont des « saints », et kadoch signifie « séparé » : telles qu’elles sont en haut, elles sont entièrement séparées de tout ce qui est corporel et ne se trouvent donc pas dans l’espace.

ולכן אינן ג״כ בבחי׳ זמן, וע״כ [ועל כן] שירה שלהם הוא בכל יום תמיד וזהו וקדושים בכל יום יהללוך וגם סלה בלי הפסק.

et elles ne relèvent donc pas non plus de la catégorie du temps. Leur chant a ainsi lieu chaque jour, constamment ; c’est le sens de « et les saints Te louent chaque jour », ainsi que de « séla », sans interruption.

Explication

N’étant pas dans l’espace, les âmes ne sont pas non plus soumises au temps ; leur chant est donc constant, « chaque jour », et « séla ». Le Talmud enseigne que « séla » signifie « sans interruption ».

כמאמר ילכו מחיל אל חיל וכל הילוך ועליי׳ [ועלייה] הוא ע״י שיר דוקא. (וכמ״ש מזה בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית).

Comme il est dit : « Ils vont de force en force » ; tout cheminement et toute ascension s’accomplissent précisément par le chant. (C’est ce qui est expliqué dans le discours commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison ».)

Explication

Leur chant incessant accompagne leur ascension incessante : ils « vont de force en force », et toute ascension s’accomplit par le chant. Le texte renvoie au discours intitulé « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », où cela est expliqué.

וגם כי הנה וקדושים ל׳ [לשון] רבים שיש בחי׳ קדושים רבים גבוה מעל גבוה עד רום המעלות, וזהו יהללוך סלה.

De plus, « saints » est au pluriel, car il existe de nombreux niveaux de saints, « élevés les uns au-dessus des autres », jusqu’aux plus hautes cimes ; c’est le sens de « qu’ils Te louent, séla ».

Explication

Le pluriel « saints » indique qu’il existe de nombreux niveaux d’âmes, « élevés les uns au-dessus des autres », jusqu’aux plus hautes cimes ; tous louent D.ieu sans interruption.

כי הנה ההילול הוא מחמת ההשגה והתענוג באלקותו ית׳, וזהו הג״ע [הגן עדן] שהוא תענוג הנשמות בהשגתם מזיו השכינה ע״ד [על דרך] שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] מוטב דלידייניה וליתי׳ [וליתיה] לעלמא דאתי שכדאי כל יסורי גיהנם אף

Car la louange naît de la perception de Sa divinité, béni soit-Il, et du plaisir qu’elle procure ; c’est là le Gan Eden, le plaisir des âmes lorsqu’elles perçoivent le rayonnement de la Chekhina. Cela rejoint l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Mieux vaut qu’il soit jugé et qu’il parvienne au Monde futur », car toutes les souffrances du Guehinnom en valent la peine, même

Explication

La louange naît de la saisie de la divinité et du plaisir qu’elle procure ; ce plaisir constitue le Gan Eden : les âmes se réjouissent de percevoir le rayonnement de la Chekhina. La valeur de ce plaisir ressort de l’enseignement talmudique au sujet d’Élicha ben Avouya (A’her) : mieux vaut qu’il soit jugé au Guehinnom, puis qu’il parvienne au Monde futur.

גם בשביל תענוג ג״ע [גן עדן] התחתון, ועד״ז [ועל דרך זה] יש ריבוי מדרגות בעילוי אחר עילוי, הגם שבספרים לא נזכר רק ב׳ מדרגות דרך כלל ג״ע [גן עדן] העליון וג״ע [וגן עדן] התחתון, היינו שלא נתגלו אלינו.

ne serait-ce que pour le plaisir du Gan Eden inférieur. De même, il existe de nombreux niveaux, toujours plus élevés les uns que les autres, bien que les livres n’en mentionnent, de manière générale, que deux : le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur ; c’est-à-dire que [les autres] ne nous ont pas été révélés.

Explication

Toutes les souffrances du Guéhinom valent la peine d’être endurées, ne serait-ce que pour le Gan Eden inférieur. Il existe de nombreux niveaux du Gan Eden, les uns au-dessus des autres ; les livres n’en mentionnent que deux, le Gan Eden inférieur et le Gan Eden supérieur, car les autres ne nous ont pas été révélés.

Le paragraphe 6 en bref

Les anges, qui possèdent une sorte de corps, se trouvent dans l’espace et le temps et chantent à des moments fixés ; les âmes, « saintes » et séparées de tout ce qui est corporel, dépassent l’espace et le temps : elles louent donc D.ieu et s’élèvent constamment à travers les innombrables niveaux du Gan Eden.

Pour aller plus loin

Le passage parallèle de Likkutei Torah, Bamidbar (18a), auquel renvoie la note de Kehot, ajoute que l’enseignement des Sages selon lequel les érudits en Torah ne connaissent aucun repos, même dans le Monde futur — « ils vont de force en force » — fait allusion à ces niveaux infinis du Gan Eden. Il précise également que chaque Eden, jusqu’au plus élevé, est appelé 'Hokhma, car le plaisir qu’on y éprouve est à la mesure de la compréhension.

Maré mekomot

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  2. 2
    עושה מלאכיו רוחות משרתיו אש לוהט · Psalms 104:4
  3. 3
    סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13
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  5. 5
    מוטב דלידייניה וליתי׳ לעלמא דאתי · Chagigah 15b:3
  6. 6
  7. 7

7וזהו יהללוך סלה בלי הפסק, ומ״מ [ומכל מקום] נאמר עליהם בורא קדושים ישתבח שמך היינו שעם כל השבח הזה של

Et c’est ainsi qu’ils « Te louent, sans cesse ». Néanmoins, il est dit à leur sujet : « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué » ; c’est-à-dire qu’avec toutes ces louanges de

Explication

Les âmes louent D.ieu sans cesse, et pourtant la bénédiction l’appelle « Créateur des saints » et dit : « que Ton Nom soit loué ». L’Admour Hazaken interprète cela avec précision : toutes leurs louanges ne parviennent qu’à Son « Nom ».

בחי׳ הנשמות וכל בחי׳ הקדושים עד רום המעלות אינן מקבלים ומשיגים אלא מבחי׳ שמו ית׳ בלבד שבבחי׳ זו הם מהללים סלה, וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] נהנים מזיו השכינה.

ces âmes et de tous les niveaux de sainteté, jusqu’aux hauteurs les plus sublimes, elles ne reçoivent et ne saisissent que du niveau de Son Nom, béni soit-Il, et c’est à ce niveau qu’elles louent sans cesse, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Ils jouissent du rayonnement de la Chekhina. »

Explication

Même les âmes les plus élevées ne reçoivent et ne saisissent que quelque chose du « Nom » de D.ieu, un rayonnement de Lui, et non Son essence. Aussi les Sages décrivent-ils la récompense du Monde futur comme le fait de jouir du rayonnement (ziv) de la Chekhina : son rayonnement, et rien de plus.

Le paragraphe 7 en bref

Les louanges et le plaisir de toutes les âmes, à tous les niveaux, proviennent uniquement du « Nom » de D.ieu, de Son rayonnement. Cela prépare la question de la nature de leur véritable élévation.

Maré mekomot

  1. 1
    סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13
  2. 2
    אינן מקבלים ומשיגים אלא מבחי׳ שמו ית׳ · ראה סה״מ תרנ״ה ע׳ יג.
  3. 3
    נהנים מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
  4. 4
    ילכו מחיל אל חיל · Psalms 84:8
  5. 5
    בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית · לקו״ת ברכה צח, א ”ובאמת גם הנשמות אומרים שירה תמיד שהרי יש להם עליות וירידות תמיד מחיל אל חיל וידוע דכל הילוך ועלי׳ היינו ע״י שיר דוקא”.
  6. 6
    גבוה מעל גבוה · Ecclesiastes 5:7
  7. 7
    מוטב דלידייני׳ · Chagigah 15b:3
  8. 8
    הגם שבספרים לא נזכר רק ב׳ מדרגות · Numbers 18:1

L’analogie du nom ¶8–11

8ובזהר נק׳ בלשון אור וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] אור אין סוף, פי׳ עד״מ [על דרך משל] אור השמש המאיר לארץ ולדרים שהוא זיו והארה ממנו ונחשב לאין ואפס לגבי עצם השמש שהוא מקור האור והזיו.

Dans le Zohar, on le désigne par le terme « lumière » et, comme le dit Etz Chaim, « la Lumière infinie (Or Ein Sof) ». Cela signifie, par analogie, qu’il est comme la lumière du soleil qui éclaire la terre et ses habitants : elle est un rayonnement et un éclat qui en émanent, et elle est considérée comme rien et néant par rapport au corps même du soleil, qui est la source de la lumière et du rayonnement ;

Explication

Le niveau que la bénédiction appelle le « Nom » de D.ieu est ce que le Zohar désigne comme la « lumière » et Etz Chaim comme la Lumière infinie. La lumière n’est qu’un rayonnement de sa source : auprès du corps du soleil, elle ne compte pour rien.

עד שאין שום שינוי בעצם השמש אם מאיר אורו על הארץ או אם יחשיכו העבים או שיסתירו חלוני הבית

à tel point que le corps du soleil ne subit absolument aucun changement, que sa lumière éclaire la terre, que des nuages l’assombrissent ou que les fenêtres d’une maison soient fermées

Explication

Le soleil lui-même n’est pas affecté, que sa lumière atteigne la terre ou qu’elle soit bloquée par des nuages ou des fenêtres fermées.

ולא יומשך שם האור אין מכ״ז [מכל זה] שום שינוי כלל במאור השמש. כך פי׳ אור א״ס [אין סוף] הוא רק בחי׳ הארה המתפשט ונמשך ממנו ית׳.

et que la lumière n’y soit pas attirée : rien de tout cela n’entraîne le moindre changement dans le soleil, le luminaire. De même, la « Lumière infinie » désigne uniquement un rayonnement qui se répand et émane de Lui, béni soit-Il.

Explication

Que la lumière atteigne ou non un endroit, le soleil demeure inchangé. De même, la Lumière infinie n’est qu’un rayonnement qui émane de D.ieu et ne touche en rien à Son essence.

Le paragraphe 8 en bref

Le « Nom » est identifié à ce que le Zohar désigne comme la « lumière » et Etz Chaim comme la Lumière infinie : à l’image de la lumière du soleil par rapport au soleil, ce n’est qu’un rayonnement qui laisse sa source inchangée.

Pour aller plus loin

La note de Kehot renvoie à Or HaTorah, où le Tséma'h Tsédek développe longuement une seconde analogie pour exprimer la même idée : la force vitale de l’âme dans le corps, qui est elle aussi appelée « lumière ». Dans les paragraphes suivants, le maamar se tourne vers l’âme et le corps, à travers l’analogie d’un nom.

Maré mekomot

  1. 1
    ובזהר נק׳ בלשון אור · ראה אוה״ת יתרו ע׳ תתלד. סה״מ תש״ב ע׳ 75.
  2. 2
    פי׳ עד״מ אור השמש · ראה אוה״ת-ענינים ע׳ קסא מביא בארוכה משל מחיות הנפש בגוף שנק׳ ג״כ בשם אור, ע״ש.

9והנה הארה מבחי׳ זו ע״י צמצומים רבים נמשך להיות מושג לקדושים הנ״ל. וזהו פי׳ ישתבח שמך.

Or, un rayonnement de ce niveau est attiré vers le bas, à travers de nombreux tsimtsoumim, de sorte qu’il puisse être appréhendé par les saints mentionnés plus haut. Tel est le sens de « Que Ton Nom soit loué ».

Explication

Même ce rayonnement n’atteint les âmes qu’après de nombreux tsimtsoumim. C’est pourquoi la bénédiction dit « Que Ton Nom soit loué » : la louange des âmes ne porte que sur le « Nom », le rayonnement qu’elles peuvent saisir.

כי הנה בחי׳ זו שנק׳ בלשון הזהר אור נק׳ ג״כ שם. כמ״ש בפרקי דר״א [דרבי אליעזר] פ״ג [פרק ג׳] עד שלא נברא העולם היה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ושמו הגדול בלבד והכל הולך אל מקום אחד וכוונה אחת,

Car ce niveau, que le langage du Zohar appelle « lumière », est également appelé « Nom », comme il est écrit dans Pirkei deRabbi Eliezer, chapitre 3 : « Avant que le monde ne fût créé, il n’y avait que le Saint béni soit-Il et Son grand Nom. » Et tout va vers un seul lieu et une seule intention :

Explication

Ce que le Zohar appelle « lumière », Pirkei deRabbi Eliezer l’appelle « Nom » : avant la Création, il n’y avait que D.ieu et Son grand Nom. Toutes ces expressions renvoient à une seule idée.

להבין ענין חיות אלקות המחיה את כל העולמות איך שאינו נוגע כלל לעצמיות רק שכל מדרש מדבר בלשון אחר ומשל אחר, וכמ״ש וידבר שלשת אלפים משל

comprendre la nature de la force vitale divine qui donne vie à tous les mondes, et comment elle ne touche nullement à l’essence ; chaque Midrach ne fait que s’exprimer dans un langage différent et au moyen d’une autre parabole, comme il est écrit : « Il prononça trois mille paraboles. »

Explication

Chaque source emploie son propre langage et sa propre image pour exprimer une seule vérité : la force vitale qui soutient les mondes ne touche pas à l’essence de D.ieu. Comme dans les « trois mille paraboles » de Chlomo, une seule idée peut être illustrée par de nombreuses images.

וכן בלשון מקרא הוא נק׳ ג״כ בלשון שם, דכמו השם אשר יקראו לו עד״מ [על דרך משל] אברהם הרי אין ערוך השם לגבי עצמותו ומהותו של האדם ואינו נוגע לו

De même, dans le langage de l’Écriture, il est également désigné par le terme « Nom ». De même que le nom par lequel on appelle une personne — par exemple Avraham — n’est nullement comparable à l’essence et à l’être de cette personne et ne la touche pas

Explication

L’Écriture aussi parle du « Nom » de D.ieu. Le nom d’une personne, tel qu’Avraham, n’est rien en comparaison de la personne elle-même et ne l’affecte pas.

כלל שבפ״ע [שבפני עצמו] א״צ [אין צריך / אינו צריך] להשם, ועכ״ז [ועם כל זה] מתלבש החיות באותיות השם וכמ״ש גבי אדה״ר [אדם הראשון] ויבא אל האדם לראות מה יקרא לו וכל אשר יקרא לו האדם נפש חיה הוא שמו

du tout ; à lui seul, il n’a nul besoin d’un nom. Pourtant, la force vitale se revêt dans les lettres du nom, comme il est écrit au sujet d’Adam, le premier homme : « Il l’amena à l’homme pour voir comment il l’appellerait ; et tout ce que l’homme appela, “âme vivante”, tel est son nom »

Explication

Une personne n’a pas besoin d’un nom pour elle-même ; pourtant, un nom n’est pas arbitraire : la force vitale se revêt dans ses lettres. Adam nomma chaque créature, et « âme vivante, tel est son nom » : la vie de la créature réside dans son nom.

(בראשית ב׳ י״ט), הרי יש שייכות ממש להשם אל עצם הדבר ואינו הסכמה בעלמא (ועיין ברבות בראשית פרשה י״ז מזה עד אני ה׳ הוא שמי שקרא לי אדה״ר [אדם הראשון])

(Genèse 2:19). Le nom a donc un lien véritable avec la chose elle-même ; il ne s’agit pas d’une simple convention (voir à ce sujet Midrash Rabbah, Bereishis, section 17, jusqu’à : « Je suis Havaya, tel est Mon Nom » : c’est le nom qu’Adam, le premier homme, M’a donné).

Explication

Un nom est donc véritablement lié à la chose qu’il désigne ; ce n’est pas une simple convention. Le Midrach raconte qu’Adam connaissait les noms de toutes les créatures, un savoir qui échappait aux anges, et qu’il nomma D.ieu Lui-même « Ado-nai », Maître de tout ; d’où : « Je suis Havaya, tel est Mon Nom », le nom qu’Adam M’a donné.

והיינו שהוא ע״ד [על דרך] מ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] שער היחוד והאמונה ספ״א [סוף פרק א׳] וזה שמו אשר יקראו לו בלה״ק [בלשון הקודש] הוא כלי לחיות המצומצם באותיות שם זה שנשתלשל מעשרה מאמרות כו׳ ע״ש [עיין שם].

C’est dans cet esprit qu’il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, Shaar HaYichud VehaEmunah, fin du chapitre 1 : « Et son nom, par lequel on l’appelle dans la langue sainte, est un réceptacle pour la force vitale contractée dans les lettres de ce nom, qui s’est enchaînée et descend des Dix Énoncés », etc. ; voir là-bas.

Explication

Le Tanya explique la même chose : le nom d’une créature dans la langue sainte est un réceptacle pour sa force vitale contractée, qui descend des Dix Énoncés de la Création.

ועד״ז [ועל דרך זה] בשם האדם הנה הנשמה עצמה קודם בואה בגוף אינה נקראת בשם כלל כמ״ש בפ׳ בלק ע״פ מי מנה ובפי׳ ולאדם לא מצא עזר כו׳, והוא מהרמב״ן [מהרבי משה בן נחמן] שם

De même pour le nom d’une personne : l’âme elle-même, avant de venir dans le corps, ne porte aucun nom, comme cela est expliqué dans la Paracha de Balak à propos du verset « Qui a compté », ainsi que dans l’explication de « Mais pour Adam, il ne se trouva pas d’aide », etc. ; cet enseignement est tiré du Ramban, là-bas.

Explication

Il en va de même pour une personne : avant d’entrer dans le corps, l’âme elle-même n’a pas de nom. Le texte renvoie aux développements sur « Qui a compté » (dans la Paracha de Balak) et sur « Mais pour Adam, il ne se trouva pas d’aide », qu’il emprunte au Ramban.

נמצא השם אינו לבחי׳ הנשמה עצמה והרי גם לגוף עצמו אין השם מועיל, אך השם מקשר הנשמה בגוף והחיות הנמשך מהנשמה ומחיה הגוף הוא נשרש בהשם.

Il en ressort que le nom ne concerne pas l’âme elle-même ; et, pour le corps lui-même également, le nom n’est d’aucune utilité. Le nom relie plutôt l’âme au corps, et la force vitale qui émane de l’âme et donne vie au corps est enracinée dans le nom.

Explication

Un nom ne sert ni l’âme à elle seule, ni le corps à lui seul ; il constitue le lien entre eux. La force vitale qui émane de l’âme et anime le corps est enracinée dans le nom.

דהיינו ראובן חיות שלו באותיות ריש אלף כי הוא מבחי׳ ראיה, וכמ״ש ברבות פ׳ שמות ראובן שנאמר ראה ראיתי כו׳

C’est-à-dire que, pour Reouven, sa force vitale se trouve dans les lettres rech et alef, car il relève du niveau de la vision (reïya), comme il est écrit dans [le Midrach] Rabba, Parachat Chemot : « Reouven, comme il est dit : “J’ai bien vu” », etc. ;

Explication

Par exemple, la force vitale de Reouven réside dans les lettres rech et alef, qui forment la racine de « voir » (reïya), car son âme provient du niveau de la vision. Le Midrach relie son nom aux paroles de D.ieu : « J’ai bien vu » l’affliction de Son peuple.

וע״ש [ועיין שם] מענין שמות, ועמ״ש בד״ה יהודה אתה כו׳, ולאה מחמת שראתה המעשה ראו מה בין בני כו׳ ידעה ששרש נשמתו באותיות שמו ראובן.

et voyez là-bas ce qui concerne les noms ; voyez également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Yehouda, toi », etc. Et Léa, parce qu’elle avait vu l’acte, « Voyez la différence entre mon fils », etc., savait que la racine de son âme se trouvait dans les lettres de son nom, Reouven.

Explication

Léa le nomma Reouven en disant, selon la lecture du Talmud : « Voyez la différence entre mon fils et le fils de mon beau-père » ; elle avait prévu sa conduite et savait donc que la racine de son âme se trouvait dans les lettres de son nom. Le texte renvoie également au discours « Yehouda, toi », qui traite du sens des noms.

דהנה כל דבר הגדול הצריך לצמצם א״ע [את עצמו] להחיות שלמטה ממנו הוא רק בבחינת שמו שלעצמו א״צ [אין צריך / אינו צריך] שום שם

Car toute chose supérieure qui doit se contracter afin de donner vie à ce qui est en dessous d’elle ne le fait que par le niveau de son nom ; pour elle-même, elle n’a besoin d’aucun nom,

Explication

Voici le principe général : toute chose supérieure qui doit se contracter pour donner vie à ce qui est en dessous d’elle ne le fait que par son nom. Pour elle-même, elle n’a besoin d’aucun nom.

רק בכדי להתגלות לאחרים צריך שם, והנה כשמתגלה לאחרים אינו מתגלה לו בעצמיות שכלו רק שמו כו׳.

mais elle a besoin d’un nom uniquement afin de se révéler à autrui. Or, lorsqu’elle se révèle à autrui, ce qui se révèle à [l’autre] n’est pas l’essence de son intellect, mais seulement son nom, etc.

Explication

Un nom n’existe que pour permettre de se révéler à autrui ; même alors, ce que les autres reçoivent n’est pas l’essence de l’intellect, mais seulement son « nom ».

Le paragraphe 9 en bref

Un nom n’est qu’un rayonnement extérieur, sans commune mesure avec l’essence de celui qui le porte ; pourtant, il transmet véritablement la force vitale : la vie d’une créature réside dans son nom, et la force vitale de l’âme se déverse dans le corps par l’intermédiaire du nom. De même, le « Nom » de D.ieu, que le Zohar appelle « lumière », est la manière dont Il donne vie aux mondes sans que Son essence soit touchée.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, Balak (67c), auquel renvoie la note de Kehot, explique que « le souffle de Sa bouche » est un énoncé unique et englobant, que la parole divise en de nombreuses combinaisons de lettres ; celles-ci sont les noms de tous les êtres créés, comme dans « et l’homme appela des noms ». La note de Kehot attribue au Baal Chem Tov, cité dans Toldos Yaakov Yosef, l’enseignement selon lequel le nom d’une créature est un réceptacle pour sa force vitale.

Maré mekomot

  1. 1
    נק׳ ג״כ שם · ראה אוה״ת-ענינים ע׳ קסב. קעח. ובארוכה שם ע׳ שלג. ד״ה הקל קול יעקב תר״ס ע׳ מד.
  2. 2
    בפרקי דר״א פ״ג · ראה הלשון בתו״א יד, א. עט, ד. ובסה״מ תרנ״ד ע׳ רחצ. וראה מצות שביעית בדרך מצותיך לה, ב. ראה הנסמן במאמרי אדה״ז-פרשיות לע׳ תקעב. ראה לקמן מג, ב.
  3. 3
  4. 4
  5. 5
    וידבר שלשת אלפים משל · מ״א ה, יב.
  6. 6
    וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
  7. 7
    בלשון מקרא הוא נק׳ ג״כ בל׳ שם · Exodus 3:13
  8. 8
    דכמו השם אשר יקראו לו · מובא בביאה״ז לצ״צ-א ע׳ תקמד. ראה גם סה״מ תרל״ח ע׳ סב, ובמ״מ לשם.
  9. 9
    וכמ״ש גבי אדה״ר · ראה מאמרי אדה״ז-פרשיות ע׳ של ובהנסמן לשם.
  10. 10
  11. 11
    אני ה׳ הוא שמי · Isaiah 42:8
  12. 12
    ברבות בראשית פרשה י״ז · ”שאמר הקב״ה למלאכים על האדם שחכמתו גדולה משלכם שהעביר הקב״ה כל מין ומין לפני המלאכים שיקראו להם שמות ולא ידעו . . העבירן לפני אדם א״ל זה מה שמו אמר זה שור . . לך נאה להקראות אדני . . אני ה׳ הוא שמי”. וראה המשך מים רבים תרל״ו פרק כב.
  13. 13
    אני ה׳ הוא שמי שקרא לי אדה״ר · Bereshit Rabbah 17:4
  14. 14
    וזה שמו . . באותיות שם זה · פי׳ הבעש״ט בתולדות יעקב יוסף פ׳ שמות. או״ת פ׳ בראשית. ונתבאר בתו״ח ד״ה וייצר הא׳ פ״י ואילך.
  15. 15
    וזה שמו אשר יקראו לו בלה״ק הוא כלי לחיות המצומצם באותיות שם זה שנשתלשל מעשרה מאמרות · Tanya, Sha’ar HaYichud 1:9
  16. 16
    הנשמה עצמה קודם בואה בגוף אינה נקראת בשם כלל · ”דהיינו בהנשמה כמו שהיא למעלה מהבחינה דבראת יצרת ונפחתה ולמעלה גם מהבחינה דטהורה היא . . ואפילו כמו שהיא בהבחינה דטהורה היא, מכיון שגם היא שייכת לגוף זה” — ד״ה באתי לגני (י״א שבט) תש״כ — הנחה.
  17. 17
    בפ׳ בלק ע״פ מי מנה · לקו״ת בלק סז, ג. ראה לקו״ש חכ״א ע׳ 174 הערה 12.
  18. 18
    מי מנה · Numbers 23:10
  19. 19
    וכמ״ש ברבות פ׳ שמות · א, ה.
  20. 20
    ראובן שנאמר ראה ראיתי · Shemot Rabbah 1:5
  21. 21
    ראה ראיתי · Exodus 3:7
  22. 22
    בד״ה יהודה אתה · תו״א מה, א ”נת׳ טעם השמות בעבודה” בוך 1999.
  23. 23
    ראו מה בין בני · Berakhot 7b:6
  24. 24
    ידעה ששרש נשמתו באותיות שמו ראובן · ראה לקו״ש ח״י ע׳ 97. ושם ע׳ 98 הערה *51.
  25. 25

10והנה נראה שאותיות השם הם חומריים ואינם כלום רק שבו יש חיות מעט שמחיה את הגוף.

Or, on voit que les lettres d’un nom sont matérielles et ne sont rien, si ce n’est qu’elles contiennent une petite force vitale qui donne vie au corps.

Explication

Considérées en elles-mêmes, les lettres d’un nom sont matérielles et ne sont rien ; leur seule importance tient à la petite mesure de force vitale qu’elles contiennent et qui soutient le corps.

דהיינו כנודע שהאור והחיות המתפשט מהנשמה בהגוף דהיינו החיות המתפשט בכל רמ״ח איברי הגוף אין זה מהות ועצמות הנשמה ממש

C’est-à-dire, comme on le sait, que la lumière et la force vitale qui se répandent de l’âme dans le corps — autrement dit, la force vitale qui se répand dans les 248 membres du corps — ne sont pas l’être et l’essence mêmes de l’âme,

Explication

La force vitale que l’âme répand dans les 248 membres du corps n’est pas l’essence même de l’âme.

אלא רק בחי׳ גילוי והארה ממנו, וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״א והמשכת הארה זו נשרש באותיות השם.

mais seulement une révélation et un rayonnement provenant d’elle, comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, chapitre 51 ; et le déploiement de ce rayonnement prend sa source dans les lettres du nom.

Explication

Ce n’est qu’un rayonnement révélé de l’âme, comme l’explique le Tanya au chapitre 51, et le déploiement de ce rayonnement prend sa source dans les lettres du nom de la personne.

לכן השם שייך דוקא בהתלבשות הנשמה בגוף שאז נמשך הארה מהנשמה להתפשט בגוף וזהו ע״י בחי׳ השם, משא״כ קודם ירידתה בגוף היה

C’est pourquoi le nom ne s’applique qu’à l’âme lorsqu’elle est revêtue dans le corps : alors, un rayonnement est attiré de l’âme pour se répandre dans le corps, et cela se fait par le nom. En revanche, avant sa descente dans le corps,

Explication

Voilà pourquoi un nom ne concerne l’âme que lorsqu’elle se trouve dans le corps : le rayonnement qui se répand de l’âme dans le corps passe par le nom.

הארה זו כלולה במהותה ועצמותה בבחי׳ ביטול ממש ע״כ [על כן] אין נקראת בשם כי השם הוא רק בחי׳ הארה כו׳ משא״כ מהותה ועצמותה כו׳.

ce rayonnement était inclus dans son être et son essence, dans un état d’annulation de soi (bitoul) complète ; c’est pourquoi elle n’est pas appelée par un nom, car le nom n’est qu’un rayonnement, etc., contrairement à son être et à son essence, etc.

Explication

Avant la descente de l’âme, ce rayonnement était entièrement absorbé et annulé dans son essence ; l’âme n’avait donc pas de nom. Le nom se rapporte au rayonnement, et non à l’essence.

נמצא מובן ג״כ דענין השם הוא ג״כ עד״מ [על דרך משל] דבחי׳ הארה כו׳ מה שאינו נוגע לעצ מיות כלל.

Il ressort également que la notion de nom est elle aussi, par analogie, celle d’un rayonnement, etc., qui ne touche nullement à l’essence.

Explication

Ainsi, un nom est lui aussi l’analogie d’un rayonnement qui ne touche nullement à l’essence.

שכשהנשמה למעלה א״צ [אין צריך / אינו צריך] לשם רק כשהיא ממלאה את הגוף שהוא בחי׳ הארה המתפשט ממנה הוא ע״י השם.

Car, lorsque l’âme est en haut, elle n’a pas besoin d’un nom ; ce n’est que lorsqu’elle remplit le corps — ce qui se fait [par] le rayonnement qui se répand d’elle — que cela passe par le nom.

Explication

L’âme en haut n’a pas besoin d’un nom ; ce n’est que lorsqu’elle remplit le corps par le rayonnement qui se répand d’elle qu’elle agit par son nom.

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe précise l’analogie : le nom ne se rapporte à l’âme que lorsqu’elle donne vie au corps, par le rayonnement qui se répand d’elle, et non à son essence, qui n’avait pas de nom avant sa descente.

Pour aller plus loin

Le Tanya, au chapitre 51, explique que l’âme dans son ensemble est revêtue dans le cerveau, tandis que seuls les rayonnements de ses facultés se répandent dans chaque membre, selon la fonction de celui-ci : la vue dans l’œil, par exemple, et l’ouïe dans l’oreille. Le maamar ajoute que ce rayonnement prend sa source dans les lettres du nom de la personne.

Maré mekomot

  1. 1
    החיות המתפשט בכל רמ״ח איברי הגוף אין זה מהות ועצמות הנשמה ממש אלא רק בחי׳ גילוי והארה ממנו · Tanya, Likkutei Amarim 51:3–4

11וכך יובן למעלה מה שהוא ית׳ מחיה ומהוה העולמות עליונים ותחתונים הוא רק בבחי׳ שמו ולא בעצמותו ממש כי העצמות לא היו יכולים לסבול.

Ainsi s’éclaire ce qui se passe dans les mondes supérieurs : s’Il donne vie aux mondes supérieurs et inférieurs et les fait advenir, c’est uniquement par le niveau de Son Nom, et non par Son essence même, car les mondes ne pourraient supporter l’essence.

Explication

De même, D.ieu donne vie à tous les mondes, supérieurs et inférieurs, et les fait advenir uniquement par Son « Nom », un reflet de Lui, et non par Son essence, qu’aucun monde ne pourrait supporter.

וגם בבחי׳ שמו כתיב כי נשגב שמו לבדו. דהיינו ששמו ג״כ אינו בגדר מהווה ומחיה כלל אלא הוא לבדו.

Et même au sujet du niveau de Son Nom, il est écrit : « Car Son Nom seul est élevé » ; c’est-à-dire que Son Nom lui-même n’entre nullement dans les limites de ce qui fait advenir et donne vie, mais qu’il est seul.

Explication

En effet, « Son Nom seul est élevé » : même Son Nom n’est pas en lui-même une force qui crée et donne vie, mais se tient à part, « seul ». Comme l’explique le paragraphe suivant, seul un rayonnement issu de lui soutient les mondes.

Le paragraphe 11 en bref

Appliquée aux mondes supérieurs, l’analogie montre que D.ieu ne crée les mondes et ne leur donne vie que par Son Nom, et que Son Nom lui-même est, en tant que tel, élevé au-dessus de toute création.

Maré mekomot

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    כי נשגב שמו לבדו · Psalms 148:13

Les noms, la désolation et la création à partir du néant ¶12–15

12ונשגב מורה על הפלגה יתירה שהוא מופלג הרבה מעולמות הנאצלים כו׳ רק כי הודו על ארץ ושמים פי׳ שנמשך הוד וזיו משמו לחיות ארץ ושמים כו׳,

Et « exalté » indique un éloignement extrême : Il est très éloigné des mondes émanés, etc. ; seul « Son éclat est sur la terre et les cieux », c’est-à-dire qu’un éclat et une splendeur émanent de Son Nom pour donner vie à la terre et aux cieux, etc.

Explication

« Exalté » signifie que le Nom de D.ieu est éloigné même des mondes émanés. Seul « Son éclat », une splendeur émanant de Son Nom, atteint la terre et les cieux pour leur donner vie.

וזהו ושמך קדוש כו׳ שגם בחי׳ שמך הוא קדוש ומובדל. ומה שנמשך בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כמו שהנשמה ממלא את הגוף. זהו רק הארה דהארה כו׳.

Et c’est là le sens de « et Ton Nom est saint », etc. : même le niveau de « Ton Nom » est saint et séparé. Quant à ce qui se prolonge sous la forme de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), comme l’âme remplit le corps, ce n’est qu’une lueur d’une lueur, etc.

Explication

C’est pourquoi nous disons : « Ton Nom est saint » : kadosh signifie séparé, de sorte que même le Nom de D.ieu se tient à part. Ce qui remplit les mondes comme l’âme remplit le corps — la lumière qui remplit tous les mondes — n’est qu’une lueur d’une lueur.

וזהו לכו חזו מפעלות ה׳ אשר שם שמות בארץ בתהלים (סי׳ מ״ו ט׳) וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ק [פרק קמא] דברכות (ד״ז ע״ב) אל תקרי שמות אלא שמות.

Et c’est là le sens de « Venez, contemplez les œuvres de Havaya, qui a opéré des désolations (shamos) sur la terre », dans les Psaumes (46:9) ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le premier chapitre de Berachos (folio 7b) : « Ne lisez pas shamos (désolations), mais shemos (noms). »

Explication

Le verset « qui a opéré des shamos (désolations) sur la terre » est relu par le Talmud comme shemos, « noms ». L’Alter Rebbe s’appuiera sur ces deux lectures.

כי הנה יש כמה שמות לו ית׳ והיינו מחמת שהעולמות לא יכלו לסבול ולהבין האור והחיות הנמשך ומתפשט משמו הגדול ב״ה

Car voici : Il possède, béni soit-Il, plusieurs Noms. Cela tient au fait que les mondes ne pouvaient supporter ni appréhender la lumière et la force vitale qui émanent et se répandent depuis Son grand Nom, béni soit-Il,

Explication

D.ieu possède de nombreux Noms parce que les mondes ne pouvaient supporter ni saisir directement la lumière et la force vitale de Son grand Nom.

רק ע״י אמצעות כמה מיני מדרגות וכל מדרגה הגבוה המחיה את שלמטה ממנו הוא רק בבחי׳ שם וכולם ממנו יתברך

si ce n’est par l’intermédiaire de plusieurs sortes de niveaux ; et chaque niveau supérieur, qui donne vie à celui qui est en dessous de lui, ne le fait qu’au niveau d’un nom, et tous viennent de Lui, béni soit-Il.

Explication

Cette lumière ne les atteint qu’à travers une série de niveaux intermédiaires ; chaque niveau supérieur donne vie à celui qui est en dessous uniquement par son « nom », sa lueur extérieure. Pourtant, tous les niveaux viennent de D.ieu seul.

(והוא ע״ד [על דרך] מ״ש באג״ה [באגרת הקודש] איהו וחיוהי ענין הקו והארת הקו והארה דהארה. והארה דהארה דהארה כו׳),

(Cela rejoint ce qui est écrit dans Iggeres HaKodesh au sujet de « Lui et Ses forces vitales » (ihou ve’hayohi) : la notion du kav, de la lueur du kav, d’une lueur d’une lueur, puis d’une lueur d’une lueur d’une lueur, etc.) ;

Explication

Iggeres HaKodesh décrit la même descente graduelle : le kav, une lueur du kav, une lueur de cette lueur, et ainsi de suite.

ולכן יש כמה שינויים בעולמות (וע׳ [ועיין] בפרדס שער השמותפרק א׳ שיש שני שמות שאותיותיהם שוים ועכ״ז [ועם כל זה] א׳ מורה למעלה מעלה בבחי׳ ומדרגה יותר גבוה כו׳ ע״ש [עיין שם] הטעם.

et c’est pourquoi il existe de nombreuses différences entre les mondes. (Voir aussi le Pardes, Shaar HaShemos, chapitre 1, qui rapporte qu’il existe deux Noms dont les lettres sont identiques et que, néanmoins, l’un indique un niveau et un rang bien plus élevés, etc. ; voir là-bas la raison.)

Explication

Ces degrés expliquent pourquoi les mondes diffèrent les uns des autres. Le Pardes note que deux Noms divins peuvent être formés des mêmes lettres, et pourtant l’un d’eux se situe bien plus haut que l’autre.

ומזה יובן ג״כ עד״ז [על דרך זה] מה שיש למטה ב׳ בנ״א [בני אדם] ששמותיהן שוין ואעפ״כ [ואף על פי כן] אינן שוין במעלתן), והנה השם אינו כלום כנגד העצמיות וכאפס נחשב כו׳.

On comprendra également, de la même manière, pourquoi il existe ici-bas deux personnes dont les noms sont identiques, sans qu’elles soient pour autant égales en valeur.) Or, le nom n’est rien en comparaison de l’essence, et il est considéré comme néant, etc.

Explication

De même, deux personnes portant le même nom ne sont pas nécessairement égales en stature. Quoi qu’il en soit, un nom n’est rien en comparaison de l’essence de celui qui le porte.

וזהו לכו חזו מפעלות הוי׳ היא הפליאה הגדולה שהוא א״ס [אין סוף] ב״ה המהוה כל העולמות תמיד מאין ליש בדבורו.

Et c’est là [le sens de] « Venez, contemplez les œuvres de Havaya » : c’est la grande merveille que Lui, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, fait constamment exister tous les mondes, du néant à l’être, par Sa parole.

Explication

« Venez, contemplez les œuvres de Havaya » : la grande merveille est que l’Infini fait constamment exister tous les mondes, du néant, par Sa parole.

אשר שם שמות בארץ לשון שממה שבאמת אפילו כל העולמות מריש כל דרגין כו׳ הוא רק שממה נגד עצמותו ית׳ וכמ״ש במ״א ע״פ במדבר סיני

« Qui a fait des shamos sur la terre » : shamos est un terme qui désigne la désolation. En vérité, même tous les mondes, depuis le sommet de tous les degrés, etc., ne sont qu’une désolation comparés à Son essence, béni soit-Il, comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset « Dans le désert du Sinaï »,

Explication

Shamos signifie également désolation : comparés à l’essence de D.ieu, tous les mondes, même les plus élevés, ne sont qu’un désert désolé. Le texte renvoie à son discours sur « Dans le désert du Sinaï », où cela est expliqué.

והיינו לפי שחיותם הוא רק מבחי׳ שֵׁמות כי ביה הוי׳ צור עולמים ביו״ד נברא העוה״ב כו׳ (ועמ״ש מזה ע״פ ובבואה לפני המלך כו׳. וע׳ זח״א ר״פ נח ד״ס ע״א).

et cela parce que leur force vitale provient uniquement du niveau des shemot (noms), car « par Yah, Havaya est le Formateur des mondes » : le Monde futur fut créé par le youd, etc. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet à propos du verset « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi », etc. ; voyez également le Zohar, partie I, début de la paracha Noa’h, folio 60a.)

Explication

Les mondes sont « désolés » parce que leur force vitale provient uniquement des « noms » de D.ieu, shemot. Les Sages interprètent « par Yah, Havaya est le Formateur des mondes » comme signifiant que les mondes furent formés par les lettres du Nom, le Monde futur par le youd.

וזהו בורא קדושים ישתבח שמך שכל העליות של בחי׳ וקדושים בכל יום יהללוך סלה אינו אלא בבחי׳ שמך כו׳ ולכן אמר בורא קדושים שהם בחי׳ בריאה מאין ליש.

Et c’est là [le sens de] « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué » : toutes les ascensions du niveau de « et les saints Te louent chaque jour, selah » restent uniquement dans le niveau de « Ton Nom », etc. C’est pourquoi il est dit « Créateur des saints », car ils relèvent du niveau de la création (Béria), du néant à l’être.

Explication

Cela explique « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué » : toutes les ascensions sans fin des âmes restent dans le niveau du Nom de D.ieu. Elles sont dites « créées », car la création (Béria) signifie le passage du néant à l’existence.

כי הנה כתיב והחכמה מאין תמצא פי׳ כי התהוות החכמה שהוא ראשית ההשתלשלות מא״ס [מאין סוף] ב״ה אינו

Car il est écrit : « Et la 'Hokhma (sagesse) se trouve à partir de ayin (néant). » Cela signifie que l’apparition de la 'Hokhma, qui est le commencement de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), à partir de l’Infini, béni soit-Il, n’est pas

Explication

Le verset « Et la 'Hokhma se trouve à partir de ayin » est compris comme signifiant « à partir du néant » : la 'Hokhma, premier niveau de l’enchaînement des mondes, émane de l’Infini d’une manière différente de tout ce qui vient en dessous d’elle.

כמו השתלשלות שמהחכמה למטה שהוא דרך עילה ועלול כמשל באדם שיש בו שכל ומדות ומחודומ״ע [ומחשבה דבור ומעשה] שמשתלשלים זה מזה הנה השכל עצמו נמשך ומתלבש בהמחשבה, וכן המחשבה בהדבור וכן השכל ומדות כו׳.

semblable à l’enchaînement descendant depuis la 'Hokhma vers le bas, qui procède par cause et effet, comme dans l’exemple d’une personne qui possède l’intellect, des attributs émotionnels, ainsi que la pensée, la parole et l’action, lesquels se déploient les uns à partir des autres : l’intellect lui-même se prolonge dans la pensée et s’y revêt ; de même, la pensée dans la parole, et de même l’intellect et les attributs émotionnels, etc.

Explication

En dessous de la 'Hokhma, chaque niveau découle du précédent par cause et effet, comme l’intellect d’une personne se prolonge dans la pensée, la pensée dans la parole, et l’intellect dans les émotions.

Le paragraphe 12 en bref

Même le Nom de D.ieu se tient à part des mondes : ceux-ci ne vivent que d’une lueur d’une lueur de ce Nom, par l’intermédiaire de nombreux « noms », et, comparés à Son essence, ils sont une désolation. Les âmes aussi, « créées » à partir du Nom de D.ieu, viennent à l’existence à partir du néant, tout comme la 'Hokhma elle-même provient de ayin.

Pour aller plus loin

Torah Ohr, dans le discours sur « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi », auquel renvoie la note de Kehot, explique que les six mille ans constituent une période de descentes et d’ascensions, suivie du millénaire de repos. Une note manuscrite d’un ‘hassid, dans le volume 1999, ajoute que même ce but ultime de toutes les ascensions n’est encore que « shemos », le niveau du Nom de D.ieu, Son attribut de Mal’hout.

Maré mekomot

  1. 1
    כי הודו על ארץ ושמים · Psalms 148:13
  2. 2
    בבחי׳ ממכ״ע כמו שהנשמה · ראה לעיל ד״ה ונקדשתי פ״ב.
  3. 3
    לכו חזו מפעלות ה׳ אשר שם שמות בארץ · Psalms 46:9
  4. 4
    אשר שם שמות בארץ · Zohar, Noach 1:12–4:23
  5. 5
  6. 6
    יש כמה שמות לו ית׳ · ראה אוה״ת יתרו ע׳ תתמא.
  7. 7
    ביה הוי׳ צור עולמים ביו״ד נברא · Jerusalem Talmud Chagigah 2:1
  8. 8
    ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
  9. 9
    ע״פ ובבואה לפני המלך · תו״א צו, א ”דתי׳ שמות הו״ע חד חרוב סוף ותכלית כל העליות ואעפ״כ כ״ז הוא רק בחי׳ שמות שאין זה אלא מבחי׳ שמו מדת מלכותו ית׳ כמאמר יחיד חי העולמים מלך” — הערה מחסיד בבוך 1999.
  10. 10
    ובבואה לפני המלך · Esther 9:25
  11. 11
    וע׳ זח״א . . ד״ס ע״א · ”אשר שם שמות, שמות ודאי דהא שמא גרים לכלא” — בוך 1999.
  12. 12
    וזהו בורא קדושים . . הנה הם בחי׳ בריאה יש מאין · נמצא בד״ה בראשית ברא תר״ל, וסה״מ תרל״ד בתחלתו, ובסה״מ תר״ן ע׳ שכז, ובסה״מ תרנ״ה ע׳ י. ועוד.
  13. 13
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
  14. 14
    כי בי-ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4

13וזהו הנק׳ השתלשלות עילה ועלול שהוא בחי׳ יש מיש. ולא יש מאין. כי העילה עצמה נתפסת ומתלבשת בהעלול.

C’est ce que l’on appelle l’enchaînement de cause à effet, qui relève de la catégorie de quelque chose issu de quelque chose, et non de quelque chose issu de rien, car la cause elle-même est saisie et revêtue dans l’effet.

Explication

Dans un enchaînement de cause à effet, la cause elle-même est présente et revêtue dans son effet ; l’effet est donc « quelque chose issu de quelque chose », et non une véritable création ex nihilo.

וכך הוא ענין השתלשלות עילה ועלול שבאצי׳ [שבאצילות] מהחכמה ולמטה כמ״ש בזהר בראשית, וכמ״ש כולם בחכמה עשית.

Il en va ainsi de l’enchaînement de cause à effet dans le Monde d’Atsilout (Émanation), depuis 'Hokhma (sagesse) et en descendant, comme il est écrit dans le Zohar, Bereishis, et comme il est écrit : « Tu les as tous faits par la sagesse. »

Explication

Ce type de déploiement s’applique au sein d’Atsilout, depuis 'Hokhma et en descendant, comme l’indique le Zohar sur Bereishis, et comme le dit le verset : « Tu les as tous faits par la sagesse » : tout se déploie à partir de 'Hokhma.

שכל ההתהוות נמשכו מהעלם לגילוי מבחי׳ חכמה שבתחלה היו כלולים יחד בבחי׳ חכמה, והוא בחי׳ המאמר האחד שבו יכול להבראות דהיינו שהוא הכולל לכל ט׳ מאמרות.

Car tout ce qui est venu à l’existence a été tiré de la dissimulation vers la révélation à partir du niveau de 'Hokhma, où tout était d’abord inclus ensemble ; c’est là le niveau de la « parole unique » par laquelle [le monde] « aurait pu être créé », c’est-à-dire celle qui inclut les neuf autres paroles.

Explication

Toutes choses existaient d’abord ensemble en 'Hokhma, puis furent révélées à partir d’elle. 'Hokhma est la « parole unique » par laquelle, dit la Michna, le monde aurait pu être créé : cette parole inclut les neuf autres.

Le paragraphe 13 en bref

À partir de 'Hokhma et en descendant, la création se déploie selon un enchaînement de cause à effet, « quelque chose issu de quelque chose » : tout est d’abord contenu en 'Hokhma, la parole unique qui englobe tout, puis émerge dans la révélation.

Pour aller plus loin

Le Zohar (1:31b), auquel renvoie la note de Kehot, explique que « Bereishis » désigne 'Hokhma, comme le traduit le Targoum par « avec sagesse », et que « Bereishis est appelée une parole ; les six jours en émanent et sont inclus en elle ». Likkutei Torah, Bechukosai (45b), identifie la « parole unique » à la pensée revêtue dans toute la parole et qui lui donne vie.

Maré mekomot

  1. 1
    כי העילה עצמה נתפסת ומתלבשת בהעלול · ראה אגה״ק סי׳ כ (קכט, ב).
  2. 2
    כמ״ש בזהר בראשית · Zohar I, 31b
  3. 3
    כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
  4. 4
    המאמר האחד שבו יכול להבראות · אבות ה, א. וראה לקו״ת בחוקותי מה, ב. נשא כו, ב. ועוד. וראה פרדס שער טעם האצילות פ״י. ובד״ה וידבר אלקים אנכי תשכ״ח (סה״מ מלוקט-ג) ע׳ קסד הערה 12.
  5. 5
    המאמר האחד שבו יכול להבראות · Pirkei Avot 5:1
  6. 6
    שהוא הכולל לכל ט׳ מאמרות · ראה סה״מ תרנ״ט ע׳ קמג ואילך. סה״מ תש״ד ע׳ 67 ואילך. סה״מ מלוקט ח״ג ע׳ קסד. ובשיחת ש״פ עקב תש״נ בסעיף ט׳ מבאר ”שעם היותו מאמר כללי שלמעלה מהתשעה מאמרות הרי גם הוא מאמר שבו נברא העולם” ע״ש.

14וכן הוא למטה ג״כ כשעלה ברצונו לברא העולם במחשבה א׳ נבראו כל העולמות בדרך כלל והוא מ״ש בראשית ברא ות״י [ותרגום ירושלמי] בחוכמתא ונפרטו אח״כ [אחר כך] בט׳ מאמרות בששת ימים כו׳.

Il en va de même ici-bas : lorsque la volonté de créer le monde s’éveilla en Lui, tous les mondes furent créés en général en une seule pensée. C’est le sens de « Berechit bara », que le Targoum Yerouchalmi rend par « par la sagesse » ; ensuite, ils furent différenciés dans les neuf paroles, au cours des six jours, etc.

Explication

Le même modèle s’applique à notre monde : toute la création fut d’abord amenée à l’existence, dans son ensemble, en une seule pensée, comme « Berechit » est rendu par « par la sagesse » ; ensuite, elle fut divisée en éléments particuliers par les neuf autres paroles des six jours.

אבל התהוות החכמה מא״ס [מאין סוף] ב״ה הוא יש מאין ממש להיות כי א״ס [אין סוף] ב״ה הוא למעלה מעלה אין קץ מבחי׳ ומדרגת חכמה ולכן כדי שיהיה התהוות בחי׳ חכמה זהו בריאה יש מאין.

Mais l’émergence de 'Hokhma à partir de l’Infini, béni soit-Il, est véritablement une création de quelque chose à partir de rien, puisque l’Infini, béni soit-Il, est infiniment au-dessus du niveau et du rang de 'Hokhma. Ainsi, l’émergence de 'Hokhma est une création de quelque chose à partir de rien.

Explication

'Hokhma elle-même ne découle pas de l’Infini par un rapport de cause à effet : Il est infiniment au-dessus de 'Hokhma, si bien que l’émergence de celle-ci est une véritable création à partir de rien.

(ועמ״ש מזה בד״ה ואתחנן ובפ׳ וירא בד״ה פתח אליהו כו׳ וע׳ [ועיין] בהרמב״ן [בהרבי משה בן נחמן] בפי׳ החומש ר״פ בראשית במ״ש ועתה שמע פי׳ המקרא כו׳,

(Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Vaet'hanan », ainsi que dans la paracha de Vayéra, dans le discours qui commence par « Éliyahou ouvrit », etc. ; voyez aussi le Ramban dans son commentaire sur le 'Houmach, au début de la paracha de Berechit, où il écrit : « À présent, écoutez l’explication du verset », etc.,

Explication

Le texte renvoie à d’autres discours sur ce sujet ainsi qu’à l’explication par le Ramban du premier verset de la Torah.

שכמ״כ [שכמו כן] בגשמיות בהתהוות עוה״ז [עולם הזה] כללות הבריאה יש מאין הוא נתהווה ע״י מאמר דבראשית כו׳ אלא שנפרטו אח״כ [אחר כך] ע״י ט׳ מאמרות כנ״ל, וכמ״ש במ״א בסידור ע״פ הקל קול יעקב.

car il en va de même dans l’ordre matériel : lors de l’émergence de ce monde, la création dans son ensemble, quelque chose à partir de rien, vint à l’existence par la parole « Berechit », etc. ; ce n’est qu’ensuite que [les choses] furent différenciées par les neuf paroles, comme indiqué plus haut. Et comme il est écrit ailleurs, dans le Siddour, à propos de « La voix est la voix de Yaakov ».

Explication

Dans l’explication du Ramban, ce monde dans son ensemble fut créé à partir de rien par la première parole, « Berechit », puis seulement différencié par les neuf paroles. Le discours du Siddour sur « La voix est la voix de Yaakov » traite également de ce sujet.

ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעש׳ לנשמע גבי ענין בראשית נמי מאמר הוא, והיינו מטעם הנ״ל שכמ״כ [שכמו כן] למעלה באצי׳ [באצילות] החכמה מאין תמצא)

Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Lorsque les enfants d’Israël firent précéder “Nous ferons” à “Nous écouterons” », à propos de l’affirmation selon laquelle « Berechit est également une parole ». Cela s’explique par la raison mentionnée plus haut : de même, en haut, dans Atsilout, « 'Hokhma se trouve à partir de ayin ».)

Explication

Un autre discours explique de la même manière l’affirmation talmudique selon laquelle « Berechit est également une parole » : en haut aussi, dans Atsilout, 'Hokhma, la première révélation, vient « de ayin ».

וזהו בורא קדושים, פי׳ שהנשמות שעלו במחשבה שלכן נק׳ קדושים, שכללותן ומקורן הוא מבחי׳ חכמה עילאה שנק׳ קדש, וכמו הבן שהתהוותו הוא מבחי׳ מוח האב.

Et c’est là le sens de « Créateur des saints ». Les âmes, qui s’élevèrent dans la pensée et sont donc appelées « saints », ont pour expression générale et collective et pour source le niveau de la 'Hokhma supérieure, appelée « sainteté », tout comme un fils vient à l’existence à partir du cerveau de son père :

Explication

« Créateur des saints » prend maintenant tout son sens : les âmes « s’élevèrent dans la pensée », et leur source, considérée dans son ensemble, est la 'Hokhma supérieure, appelée « sainteté », de même qu’un enfant vient de l’esprit de son père.

הנה הם בחי׳ בריאה יש מאין והיינו מבחי׳ שמך. וזהו ישתבח שמך, ולכן ירדו ונתלבשו בגוף שהיא צורך עלייה:

elles relèvent du niveau de la création, quelque chose à partir de rien, c’est-à-dire du niveau de « Ton Nom ». C’est là le sens de « Que Ton Nom soit loué ». C’est pourquoi elles descendirent et s’habillèrent dans un corps, ce qui est nécessaire à leur ascension.

Explication

Puisque 'Hokhma vient de ayin, les âmes aussi sont une création à partir de rien, issue du niveau du « Nom » de D.ieu. Voilà pourquoi elles descendent dans des corps : en vue d’une ascension au-delà de ce niveau, comme le maamar l’expliquera.

Le paragraphe 14 en bref

La 'Hokhma, et avec elle les âmes qui en proviennent, est créée à partir de rien par l’Infini, qui lui est infiniment supérieur. Ainsi, les âmes, bien qu’elles soient des « saints », ne procèdent que du « Nom » de D.ieu, et descendent dans des corps en vue d’une ascension supérieure.

Pour aller plus loin

Torah Ohr (Vayera, 14a) formule cela brièvement : « l’émergence de 'Hokhma à partir de Kéter est véritablement à partir de rien ». Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, relève que cette interprétation de « 'Hokhma se trouve à partir de ayin » comme une création à partir de rien apparaît dans plusieurs discours, notamment celui-ci et « VeAtah Harem es Matcha ».

Maré mekomot

  1. 1
    בראשית ברא · Genesis 1:1
  2. 2
    התהוות החכמה מא״ס ב״ה הוא יש מאין ממש · ”בדרך זה הלך אדמ״ו ז״ל בכמה דרושים בפי׳ והחכמה מאין תמצא ואמר דהיינו בריאה יש מאין בד״ה את שבתותי תשמרו ובד״ה ואתה הרם את מטך”. — אוה״ת ענינים ע׳ רנט. ראה ד״ה ואתה הרם בתו״ח שמות קעח, א (והוא הנחה משנת תקס״ג). וראה סה״מ תקס״ג ע׳ שט ואילך. אוה״ת בשלח ע׳ תטז. ביאה״ז לצ״צ ע׳ שצו. סה״מ תקס״ב-ב ע׳ תתפה. וראה באוה״ת ויקרא-ג ע׳ א׳קסב.
  3. 3
    בד״ה ואתחנן · לקו״ת ואתחנן ב ב ”וא״א להיות בריאות העולמות כלל בדרך ההשתלשלות מעילה לעילה . . כי הוא רם ונשא . . אלא בריאת העולמות הוא ע״י בחי׳ כי ובטובו מחדש . . וכמ״ש והחכמה מאין תמצא” — בוך 1999.
  4. 4
    בד״ה פתח אליהו · תו״א יד, א ”כי התהוות חכמה מהכתר היא מאין ממש”.
  5. 5
    פתח אליהו · Tikkunei Zohar 17a
  6. 6
    ועתה שמע · Ramban on Genesis 1:3
  7. 7
    הקל קול יעקב · Genesis 27:22
  8. 8
    בד״ה בשעה שהקדימו · לקו״ת במדבר יב, ד ”בראשית נמי מאמר הוא שראשית הגילוי הוא בחי׳ חכמה ג״כ אינה אלא בחי׳ מאמר ועשי׳ כי מאמר ועשי׳ הכל אחד כמאמר ברוך אומר ועושה” — בוך 1999.
  9. 9
    בשעה שהקדימו ישראל · Shabbat 88a:7–8
  10. 10
    החכמה מאין תמצא · Job 28:12
  11. 11
    שכללותן ומקורן הוא מבחי׳ חכמה · ראה וככה תרל״ז סעי׳ לה.

15קיצור. (כי הנה בורא קדושים שהם הנשמות והיינו וקדושים בכל יום יהללוך סלה. עכ״ז [עם כל זה] התהוותם רק מבחינת שמך שהוא ענין הארה בעלמא שנחשב לאין ואפס לגבי עצמותו ית׳. כמו שם האדם שאינו ערוך לעצמותו.

Résumé. (Car le « Créateur des êtres saints » désigne les âmes, et c’est le sens de « et les êtres saints Te louent chaque jour, séla ». Malgré cela, elles ne viennent à l’existence que du niveau de « Ton Nom », qui n’est qu’un simple rayonnement, considéré comme néant et rien par rapport à Son essence, béni soit-Il, tout comme le nom d’une personne n’a aucune commune mesure avec son essence.

Explication

Résumé de la deuxième section : les « êtres saints » sont les âmes, qui louent D.ieu sans cesse ; pourtant, elles ne viennent à l’existence que de Son « Nom », simple rayonnement qui n’est rien en comparaison de Son essence, tout comme le nom d’une personne n’est rien en comparaison de la personne elle-même.

וזהו אשר שם שמות בארץ וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] אל תקרי שמות אלא שמות. וכמ״כ [וכמו כן] גם החכמה מקור בחי׳ הנשמות מאין תמצא מבחי׳ שנק׳ אין הוא בחי׳ שמך. משם נתהוה בבחי׳ בריאה יש מאין):

Et c’est là le sens de « Celui qui a accompli des shamos dans le pays », et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ne lis pas shamos, mais shemos. » De même, 'Hokhma, elle aussi, source des âmes, « se trouve à partir du ayin », du niveau appelé ayin, qui est le niveau de « Ton Nom » : c’est de là qu’elle est venue à l’existence par la création, quelque chose à partir de rien.)

Explication

C’est le sens de lire shamos comme shemos. 'Hokhma, source des âmes, provient du ayin, le niveau du Nom de D.ieu ; c’est de là qu’elle est créée à partir de rien.

Le paragraphe 15 en bref

Résumé de la deuxième section du maamar.

Maré mekomot

  1. 1
    אשר שם שמות בארץ · Psalms 46:9
  2. 2
    אל תקרי שמות אלא שמות · Berakhot 7b:10–11
  3. 3
    החכמה מקור בחי׳ הנשמות מאין תמצא · Job 28:12

Sovev et memalé ¶16–17

16ג אך ענין העלייה מהו, וגם להבין דהנה נודע דעיקר קבול השכר הוא בזמן תחיית

3. Mais en quoi consiste cette élévation ? Il faut également comprendre ceci : il est connu que l’essentiel de la réception de la récompense a lieu au moment de la Résurrection des morts.

Explication

La section 3 demande directement en quoi consiste l’élévation des âmes. Elle ajoute une autre question : comme on le sait, l’essentiel de la récompense ne vient qu’à la Résurrection des morts.

המתים וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] ודע מתן שכרן של צדיקים לע״ל [לעתיד לבוא], שאם הפי׳ על הג״ע [הגן עדן] מהו ל׳ [לשון] לעתיד הלא הג״ע [הגן עדן] ישנו גם עתה לנשמות בצאתם מן הגוף,

comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Et sache que la récompense des justes sera accordée dans le Monde futur. » Si cela désignait le Gan Eden, pourquoi employer l’expression « dans le Monde futur » ? Le Gan Eden existe dès maintenant pour les âmes, lorsqu’elles quittent le corps.

Explication

La Michna dit que la récompense des justes sera accordée « dans le Monde futur ». Cela ne peut désigner le Gan Eden, où les âmes entrent dès maintenant, aussitôt qu’elles quittent le corps.

אלא בודאי קאי על תח״ה [תחיית המתים] לפי שזהו עיקר השכר ועליית הנשמות, וג״ע [וגן עדן] אינו אלא לפי שעה עד התחיי׳ [התחייה].

Il s’agit donc certainement de la Résurrection des morts, car c’est là que résident l’essentiel de la récompense et l’élévation des âmes, tandis que le Gan Eden n’est que temporaire, jusqu’à la Résurrection.

Explication

Ainsi, l’essentiel de la récompense et de l’élévation des âmes se trouve à la Résurrection ; le Gan Eden n’est qu’une étape temporaire jusqu’alors.

וגם זה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] למה קיבול שכר העיקרי הוא להנשמות כשיהיו בגופים דווקא. אך הענין עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בזהר דא״ס [דאין סוף] ב״ה הוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין].

Il faut également comprendre pourquoi la réception de la récompense essentielle est destinée aux âmes précisément lorsqu’elles seront dans des corps. Or, le sujet s’éclaire à la lumière de ce qui est écrit dans le Zohar : l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, est la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

Pourquoi la récompense suprême de l’âme lui est-elle accordée lorsqu’elle est de nouveau dans un corps, plutôt que lorsqu’elle est purement spirituelle ? La réponse commence par l’enseignement du Zohar selon lequel l’Infini entoure tous les mondes (sovev) et les remplit (memalé).

פי׳ כי הנה עצמותו ית׳ אינו בגדר השפעה כלל (ועמ״ש ע״פ אתם נצבים), ולכן פי׳ אור א״ס [אין סוף] היינו על החיות המאיר ונמשך ממנו ית׳ להחיות העולמות שהוא

Cela signifie que Son essence, béni soit-Il, n’est nullement dans la catégorie de ce qui se communique (voir également ce qui est écrit à propos du verset « Vous vous tenez »). Par conséquent, l’expression « la Lumière infinie (Or Ein Sof) » désigne la force vitale qui rayonne et émane de Lui, béni soit-Il, afin de donner vie aux mondes, laquelle est

Explication

L’essence de D.ieu n’est pas quelque chose qui « émet » quoi que ce soit. Ainsi, l’expression « Lumière infinie » ne désigne pas Son essence, mais la force vitale qui rayonne de Lui pour donner vie aux mondes.

כמו זיו והארה לבד כמו זיו השמש לגבי השמש, אלא שזהו משל גשמי, ופי׳ המשל היינו

comme un simple rayonnement et une lueur, à l’image du rayonnement du soleil par rapport au soleil. Mais ce n’est là qu’une analogie matérielle ; le sens de cette analogie est le suivant :

Explication

Cette force vitale est comparable à la lumière du soleil par rapport au soleil. Mais le soleil n’est qu’une analogie matérielle ; l’Admour Hazaken explique donc ce qu’elle signifie véritablement.

כי לפי שעצמותו ית׳ הוא מחיה החיים ומכלכל חיים על כן בחי׳ איזה גילוי ממנו דוגמת זיו והארה לבד הוא מחיה את העולמות ומהוה אותן.

puisque Son essence, béni soit-Il, est la source de la vie et le soutien de tout ce qui vit, une certaine révélation émanant de Lui, semblable à un simple rayonnement et à une lueur, donne vie aux mondes et les fait venir à l’existence.

Explication

Puisque l’essence de D.ieu est la source même de toute vie, une certaine révélation de Lui, une simple lueur, suffit à donner vie à tous les mondes et à les faire venir à l’existence.

עד״מ [על דרך משל] מה שהנשמה מחיה את הגוף שהחיות המלובש ברמ״ח איברי הגוף שהן חיים מן הנשמה כח הראיה בעין וכח השמיעה באוזן כו׳, אין זה חלק מעצמות הנשמה ממש

À titre d’analogie, l’âme donne vie au corps : la force vitale qui réside dans les 248 membres du corps et qui leur donne vie à partir de l’âme — la faculté de voir dans l’œil, celle d’entendre dans l’oreille, etc. — ne constitue pas une partie véritable de l’essence de l’âme,

Explication

De manière analogue, l’âme donne vie au corps : les facultés présentes dans chaque membre, la vue dans l’œil et l’ouïe dans l’oreille, ne sont pas des fragments de l’essence de l’âme.

אלא שהוא בחי׳ גלוי והארה מהנשמה, כי לפי שהיא בעצמה נשמת רוח חיים ע״כ [על כן] בהתלבשותה בגוף היא מחיה את הגוף וחיות זה שהגוף חי ממנה הוא כמו בחי׳ הארה ממנה ואין מעצמותה ממש.

mais elle est une révélation et un rayonnement de l’âme. Puisqu’elle est elle-même « un souffle de l’esprit de vie », lorsqu’elle se revêt dans le corps, elle donne vie au corps ; et cette force vitale par laquelle le corps vit est comme un rayonnement provenant d’elle, et non de son essence même.

Explication

Il ne s’agit que d’un rayonnement révélé de l’âme. Puisque l’âme est elle-même « un souffle de l’esprit de vie », elle donne vie au corps dans lequel elle réside ; pourtant, cette vie n’est qu’un rayonnement d’elle.

(וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״א), אלא שהנשמה מתלבשת עכ״פ [על כל פנים] עצמותה ג״כ תוך הגוף ואז נמשך הארה וחיות ממנה להחיות רמ״ח איברי הגוף,

(comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, chapitre 51). Cependant, l’essence même de l’âme se revêt aussi, en tout état de cause, à l’intérieur du corps ; alors, un rayonnement et une force vitale en émanent pour donner vie aux 248 membres du corps ;

Explication

C’est là que l’analogie cesse de correspondre : l’essence même de l’âme se revêt à l’intérieur du corps, et ce n’est qu’ensuite que son rayonnement se répand dans les membres.

ולכן מתפעלת בעצמותה ג״כ ממקרי הגוף, אבל בהנמשל למעלה אינו כן שאינו מתפעל מהעולמות ואתה הוא עד שלא נברא העולם אתה הוא משנברא העולם כו׳

elle est donc affectée jusque dans son essence par ce qui arrive au corps. Mais il n’en va pas ainsi pour l’analogue dans les mondes supérieurs : Lui n’est pas affecté par les mondes. « C’est Toi qui étais avant que le monde fût créé ; c’est Toi qui es depuis que le monde a été créé », etc.,

Explication

C’est pourquoi l’âme est affectée jusque dans son essence par ce qui arrive au corps. D.ieu, en revanche, n’est nullement affecté par les mondes, comme le dit la prière du matin : « C’est Toi qui étais avant que le monde fût créé ; c’est Toi qui es depuis que le monde a été créé. »

הכל בהשוואה אחת וכמ״ש אני הוי׳ לא שניתי, והיינו לפי שהוא ית׳ קדוש ומובדל ואינו מתלבש ונתפס בהעולמות ואפילו בהאור לא שייך בחי׳ התלבשות

tout est égal à Ses yeux, comme il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé. » Cela tient à ce que Lui, béni soit-Il, est saint et séparé ; Il n’est pas revêtu dans les mondes et ceux-ci ne Le saisissent pas. Même pour la lumière, la notion de revêtement ne s’applique pas

Explication

Il est le même avant et après la création : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé. » Saint et séparé, Il n’est pas revêtu dans les mondes et ceux-ci ne Le saisissent pas ; Sa lumière elle-même ne pénètre en eux qu’après de nombreuses contractions.

אלא אחר כמה צמצומים כו׳, וא״כ [ואם כן] כ״ש [כל שכן] שיובן שהחיות שכל העולמות עליונים ותחתונים חיים ומתהוים ממנו ית׳ אינו עצמותו ח״ו [חס ושלום] רק גילוי הארה לבד.

si ce n’est après plusieurs contractions, etc. Dès lors, on comprendra à plus forte raison que la force vitale par laquelle tous les mondes, supérieurs et inférieurs, vivent et viennent à l’existence par Lui, béni soit-Il, n’est pas Son essence, à D.ieu ne plaise, mais seulement la révélation d’un rayonnement.

Explication

Si même Sa lumière nécessite de nombreuses contractions avant de pouvoir se revêtir, à plus forte raison la force vitale de tous les mondes n’est-elle qu’un rayonnement révélé, et non Son essence, à D.ieu ne plaise.

ולכן הוא ית׳ נק׳ מחיה החיים מכלכל חיים כו׳ (ועמ״ש בד״ה ונקדשתי בתוך בנ״י [בני ישראל] ובד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו בפי׳ כי עמך מקור חיים שגם בחי׳ המקור חיים הוא רק עמך טפל ובטל לך,

C’est pourquoi Lui, béni soit-Il, est appelé « Celui qui donne la vie aux vivants, Celui qui soutient les vivants », etc. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël », ainsi que dans le discours commençant par « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », au sujet du sens de « Car auprès de Toi est la source de la vie » : même le niveau de la source de la vie n’est qu’« auprès de Toi », secondaire et annulé devant Toi ;

Explication

Ainsi, D.ieu est appelé Celui qui « donne la vie aux vivants », au-dessus de la vie elle-même. Le texte renvoie à ses discours sur le verset « Car auprès de Toi est la source de la vie » : même la source de la vie n’est qu’« auprès de Toi », secondaire par rapport à Lui.

ולכן לא נאמר כי אתה כו׳ כי גם בחי׳ חיי החיים הוא בחי׳ אור א״ס [אין סוף] והוא ע״ד [על דרך] עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו לבד שבחי׳ האור כלול במאור כו׳).

c’est pourquoi il n’est pas dit : « Car Tu es… », etc., car même le niveau de la Vie de toute vie est celui de la Lumière infinie (Or Ein Sof). Cela correspond à l’idée exprimée par « Avant que le monde fût créé, Lui et Son Nom étaient seuls » : la lumière était incluse dans le Luminaire, etc.)

Explication

Le verset ne dit pas : « Tu es la source de la vie », car même la Vie de toute vie n’est que la Lumière infinie, et non l’essence de D.ieu. Cela correspond à « Lui et Son Nom étaient seuls » avant la création : la lumière était contenue dans sa source.

והנה בחי׳ אור וגילוי והמשכה זו נק׳ אור א״ס [אין סוף] כי אין קץ וגבול להארה זו מאחר שהוא עכ״פ [על כל פנים] אור וזיו עד״מ [על דרך משל] ממנו ית׳ הבלתי בעל גבול כו׳,

Or, ce niveau de lumière, de révélation et d’émanation est appelé « la Lumière infinie », car ce rayonnement n’a ni fin ni limite, puisqu’il est, en tout état de cause, une lumière et une radiance provenant, par analogie, de Lui, béni soit-Il, qui est sans limite, etc.

Explication

Cette lumière est dite « infinie » parce que, bien qu’elle ne soit qu’un rayonnement, elle provient de Lui, qui est sans limite ; elle est donc elle aussi sans fin.

(ונקרא ג״כ שמו הגדול ועמ״ש מענין יהא שמיה רבא מברך ס״פ שלח בד״ה אני הוי׳ כו׳ להיות לך לאלקים).

(On l’appelle également « Son grand Nom » ; voir aussi ce qui est écrit au sujet de « Que Son grand Nom soit béni » à la fin de la paracha de Chela’h, dans le discours qui commence par « Je suis Havaya… pour être ton D.ieu ».)

Explication

Cette lumière est également appelée « Son grand Nom ». Le texte renvoie à son développement sur « Que Son grand Nom soit béni », dans un discours situé à la fin de la paracha de Chela’h.

ומה שאעפ״כ [שאף על פי כן] נתהוו העולמות בבחי׳ גבול ותכלית, היינו מחמת כמה מיני צמצומים שהיה בהאור שלא להיות בגילוי בחי׳ א״ס [אין סוף] אלא בגבול ומדה, (כמ״ש בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות).

Et si les mondes sont néanmoins venus à l’existence sous une forme limitée et finie, c’est en raison des différentes sortes de contractions (tsimtsoumim) qui ont eu lieu dans la lumière, afin qu’elle ne se révèle pas comme infinie, mais dans une limite et une mesure (comme il est écrit dans le Biour sur « Qu’on apporte des vêtements royaux »).

Explication

Si la lumière est infinie, comment des mondes finis ont-ils pu apparaître ? Par différentes sortes de contractions, afin que la lumière se révèle dans une limite et une mesure, et non comme infinie.

וזהו בחי׳ ממלא שהוא מה שנמשך בבחי׳ גילוי בגבול ומדה עד״מ [על דרך משל] ומאיר בכל עולם לפי ערכו כו׳, וראשית הגילוי הוא בחכמה כו׳

Et tel est le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) : ce qui est attiré et révélé dans une limite et une mesure, à titre d’analogie, et qui brille dans chaque monde selon sa capacité, etc. ; le début de cette révélation se trouve dans 'Hokhma, etc.

Explication

Cette lumière contractée et mesurée est le memalé kol almin : elle brille dans chaque monde selon la capacité de celui-ci, et sa première révélation se trouve dans 'Hokhma.

וכללות בחי׳ זו אינו אפילו כערך טפה לגבי אוקיינוס לגבי האור א״ס [אין סוף] ממש שאינו מאיר בבחי׳ גילוי והתלבשות העולמות כ״א [כי אם] בבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין], ואין פי׳ סובב שמקיף מלמעלה

Et ce niveau dans son ensemble n’est même pas dans le rapport d’une goutte à l’océan par comparaison avec la Lumière infinie (Or Ein Sof) proprement dite, qui ne brille pas en se révélant et en se revêtant dans les mondes, mais seulement en tant que lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Et « entourer » ne signifie pas qu’elle les environne d’en haut ;

Explication

Le memalé kol almin dans son ensemble est moins qu’une goutte dans l’océan en comparaison de la Lumière infinie elle-même, qui ne se révèle ni ne se revêt jamais dans les mondes, mais est sovev kol almin, « ce qui les entoure ». Sovev ne signifie pas qu’elle les environne d’en haut.

כי לית אתר פנוי מיניה רק שאינו מושג ונתפס כו׳ ולא כמו שהנשמה מתלבשת בגוף כו׳.

car « aucun lieu n’est vide de Lui » ; seulement, Il n’est ni appréhendé ni saisi, etc., et cela ne ressemble pas à la manière dont l’âme se revêt dans le corps, etc.

Explication

Car aucun lieu n’est vide de Lui : sovev est présent partout, mais les mondes ne peuvent pas le saisir, et Il ne s’y revêt pas comme l’âme se revêt dans le corps.

Le paragraphe 16 en bref

Ce paragraphe prépare la réponse à la question de l’élévation : la récompense essentielle est accordée à la Résurrection, lorsque les âmes se trouvent dans des corps. Pour expliquer pourquoi, il distingue la lumière mesurée qui remplit chaque monde (memalé), à commencer par 'Hokhma, de la Lumière infinie qui entoure tous les mondes (sovev), présente partout mais insaisissable.

Pour aller plus loin

L’explication développée dans Torah Ohr à propos de « Qu’ils apportent des vêtements royaux », à laquelle renvoie la note de Kehot, applique cette distinction aux mitsvot : la Torah, qui « émane de 'Hokhma », est la dimension intérieure de memalé, tandis que les mitsvot pratiques, accomplies au moyen d’objets matériels, attirent sovev, qui dépasse l’enchaînement descendant des mondes, car faire surgir le matériel du spirituel ne relève pas d’un processus de cause à effet. Le discours sur Chelah (Likkutei Torah 48b) pose précisément la question de cette section : en quoi consiste l’élévation qui suit la descente de l’âme ?

Maré mekomot

  1. 1
    אך ענין העלי׳ · באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכו שהג״ה לכאן.
  2. 2
    ודע מתן שכרן של צדיקים לע״ל · Pirkei Avot 2:16
  3. 3
    בזהר דא״ס ב״ה · ח״ג פנחס רכה, א. [כ].
  4. 4
    ע״פ אתם נצבים · לקו״ת נצבים מד, ג.
  5. 5
    ע״פ אתם נצבים · Deuteronomy 29:9
  6. 6
    נשמת רוח חיים · Genesis 7:22
  7. 7
    ואתה הוא עד שלא נברא · ראה תפלת השחר. של״ה ג, ב. ראה לעיל לא, א.
  8. 8
    אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  9. 9
    בד״ה ונקדשתי בתוך בנ״י · לקו״ת אמור לא, א.
  10. 10
    בד״ה ונקדשתי בתוך בנ״י · Leviticus 22:32
  11. 11
    ובד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · לקו״ת ראה יט, ג.
  12. 12
    ובד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
  13. 13
    כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
  14. 14
    ס״פ שלח בד״ה אני ה׳ · לקו״ת שלח מח, ב.
  15. 15
    אני הוי׳ כו׳ להיות · Numbers 15:41
  16. 16
    בביאור ע״פ יביאו לבוש מל׳ · תו״א צב, א ואילך.
  17. 17
    ע״פ יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
  18. 18
    בחי׳ ממלא · Zohar, Pinchas 40:222–230
  19. 19
    ואין פי׳ סובב שמקיף מלמעלה · Tanya, Likkutei Amarim 48:5–6
  20. 20
    לית אתר פנוי מיני׳ · ת״ז תנ״ז (צא, ב). ת״ע (קכב, ב). וראה להלן (הוספות — ויקרא) נב, ג.
  21. 21
    כי לית אתר פנוי מיניה · Tikkunei Zohar 91b:6
  22. 22
    ודע שמתן שכרן של צדיקים · אבות ספ״ב.

17ונק׳ סובב ע״ד [על דרך] מ״ש כאשר יהיה האופן בתוך האופן, פי׳ כמו עיגול קטן שבתוך עיגול גדול המקיפו מכל צדדים שלא יתכן לומר שמה שמקיף למעלה הוא מעולה יותר ממה שמקיף למטה בתחתי׳ [בתחתיה] האופן הקטן.

Il est appelé sovev (qui entoure), conformément à ce qui est écrit : « comme une roue à l’intérieur d’une roue ». C’est-à-dire, comme un petit cercle à l’intérieur d’un grand cercle qui l’entoure de tous côtés : on ne peut pas dire que la partie qui l’entoure en haut soit supérieure à celle qui l’entoure en bas, sous la petite roue.

Explication

La Lumière infinie est appelée sovev, « qui entoure », d’après l’image d’Ézéchiel d’« une roue à l’intérieur d’une roue ». Lorsqu’un grand cercle entoure un petit cercle, la partie située au-dessus de celui-ci n’est ni plus proche ni meilleure que celle qui se trouve en dessous.

כי האופן הגדול שוה הוא ממש מלמעלה ולמטה. וכך אור א״ס [אין סוף] ב״ה הוא שוה ומשוה קטן וגדול, וז״ש [וזהו שכתוב] מעונה אלהי קדם ומתחת זרועות עולם שהוא למטה

Car la grande roue est exactement identique en haut et en bas. De même, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est égale et rend le petit et le grand égaux ; c’est le sens de ce qui est écrit : « Le D.ieu d’autrefois est une demeure, et sous lui sont les bras éternels » : Il est en bas

Explication

La roue extérieure est identique de tous côtés. De même, la Lumière infinie se rapporte de manière égale au petit et au grand, comme le dit le piyout des Grandes Fêtes : « égale et rend le petit et le grand égaux ». Le verset « sous lui sont les bras éternels » signifie que D.ieu est en bas tout autant qu’en haut.

כמו למעלה (וע׳ [ועיין] ע״פ זה ברבות ר״פ ויצא הוא מקומו של עולם ע״ש [עיין שם] גבי ויפגע במקום וע׳ [ועיין] בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ כי תשא ע״פ הנה מקום אתי),

comme en haut (et voyez à propos de ce verset dans [le Midrash] Rabbah, au début de la paracha Vayetsé : « Il est le lieu du monde » ; voyez là-bas au sujet de « Il rencontra le lieu » ; et voyez le Likkutei Torah de l’Arizal, paracha Ki Tissa, sur le verset « Voici, il y a un lieu auprès de Moi »).

Explication

Le Midrash sur « Il rencontra le lieu », à propos de Yaakov, explique pourquoi D.ieu est appelé Makom, « Lieu » : Il est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Le Likkutei Torah de l’Arizal traite du verset apparenté : « Voici, il y a un lieu auprès de Moi ».

ולכן ההארה המתלבשת בעולמות להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] היא כלא חשיבא לגבי ערך אור הגנוז ונעלם שאינו מתלבש ונק׳ סכ״ע [סובב כל עלמין], וכנודע פי׳ מלת ערך במספרים שאחד במספר יש לו ערך לגבי מספר אלף אלפים כו׳,

C’est pourquoi le rayonnement qui se revêt dans les mondes pour être la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) est considéré comme néant en regard de la lumière cachée et dissimulée, qui ne se revêt pas [en eux] et est appelée la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Comme on le sait, le sens du mot « proportion » appliqué aux nombres : le nombre un est en proportion avec le nombre mille milliers, etc.,

Explication

Le rayonnement revêtu dans les mondes en tant que memalé est donc comme néant auprès de la lumière cachée qui ne se revêt pas en eux, sovev. Tout nombre fini, si petit soit-il, reste néanmoins dans un rapport de proportion avec un nombre fini plus grand : ainsi, un avec un million.

אבל לגבי דבר שהוא בבחי׳ בלי גבול ומספר אין כנגדו שום ערך במספרים כו׳, וכך אין ערוך אור הנמשך ומתלבש בעולמות לגבי עיקר האור מה שאינו נתפס ומתלבש בעולמות (וכמ״ש כ״ז [כל זה] בסש״ב [בספר של בינונים] פמ״ח).

mais, en comparaison d’une chose qui est sans limite ni nombre, aucun nombre ne peut être dans une quelconque proportion avec elle, etc. De même, la lumière qui est attirée et se revêt dans les mondes est sans proportion avec la lumière essentielle, qui n’est ni saisie ni revêtue dans les mondes (comme il est écrit à ce sujet dans le Sefer Shel Beinonim, chapitre 48).

Explication

Mais aucun nombre fini n’est dans un rapport de proportion avec l’infini. De même, la lumière revêtue dans les mondes est absolument sans proportion avec la lumière essentielle, qui n’est pas saisie par eux, comme l’explique le Tanya au chapitre 48.

וזהו ענין עליית הנשמות ע״י ירידתן בגוף בעוה״ז [בעולם הזה] כי אע״ג [אף על גב] דעלו במחשבה היינו בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמקורן מבחי׳ חכמה עילאה

Tel est le sens de l’élévation des âmes à travers leur descente dans un corps en ce monde. Car, bien qu’elles soient apparues dans la pensée, il s’agit du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, puisque leur source est le niveau de la 'Hokhma supérieure

Explication

On peut maintenant expliquer l’élévation des âmes. Bien que les âmes soient « apparues dans la pensée », cette pensée relève encore de memalé, car leur source est la 'Hokhma supérieure, première des qualités mesurées.

(וגם פי׳ בורא קדושים ישתבח שמך ששרשם מבחי׳ שמך ושבעה שמות שאינן נמחקין הם התפשטות בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כמ״ש במ״א בד״ה מראיהם ומעשיהם).

(et c’est aussi le sens de « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué » : leur racine vient du niveau de « Ton Nom », et les sept Noms qui ne peuvent être effacés sont une extension au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, comme il est écrit ailleurs, dans le maamar commençant par « Leur apparence et leurs actes »).

Explication

C’est aussi pourquoi la bénédiction dit que les âmes proviennent du « Nom » de D.ieu : même les sept Noms divins qui ne peuvent être effacés sont une extension de memalé. Le texte renvoie au maamar sur « Leur apparence et leurs actes ».

והעלייה הוא ההתגלות אור הסכ״ע [הסובב כל עלמין] שיהי׳ [שיהיה] לע״ל [לעתיד לבוא] בזמן התחיי׳ [התחייה], ולכן יהי׳ [יהיה] גילוי זה לנשמות בגופים דייקא כי לפי שהוא שוה ומשוה כו׳ ואין שייך בו מעלה ומטה כו׳

Et l’élévation est la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes, qui aura lieu dans le monde futur, au moment de la Résurrection. C’est pourquoi cette révélation sera accordée aux âmes précisément dans des corps : puisque cette lumière est égale et rend égaux, etc., et qu’en elle les notions de haut et de bas ne s’appliquent pas, etc.,

Explication

L’élévation est la révélation de sovev, la lumière qui entoure tous les mondes, qui se produira au moment de la Résurrection. Comme sovev est égal partout, sans haut ni bas, il se révélera aux âmes dans des corps.

לכן יהיה הגילוי גם בעשייה ממש. והנה עלייה זו וגילוי זה נמשך דוקא ע״י קיום מעשה המצות בעוה״ז [בעולם הזה],

la révélation se produira donc jusque dans le Monde d’Assiya (Action) lui-même. Or, cette élévation et cette révélation sont précisément attirées par l’accomplissement effectif des mitsvot en ce monde.

Explication

La révélation atteindra donc même Assiya, le monde le plus bas, le monde de l’action. Elle est attirée précisément par l’accomplissement concret des mitsvot en ce monde.

(ולכן מה״ט [מהאי טעמא] ג״כ הוא שלע״ל [שלעתיד לבוא] יהי׳ [יהיה] הגילוי בעשייה דוקא לנשמות בגופים כו׳), שבשביל זה ירדה הנשמה בגוף כדי לקיים מצות מעשיות דוקא כמ״ש היום לעשותם,

(C’est aussi pour cette raison que, dans le Temps à venir, la révélation se produira spécifiquement en Assiya, pour les âmes dans des corps, etc.) : c’est pour cela que l’âme est descendue dans un corps, afin d’accomplir spécifiquement les mitsvot de l’action, comme il est écrit : « Aujourd’hui, pour les accomplir. »

Explication

C’est aussi pour cette raison que, dans le Temps à venir, la révélation se produira en Assiya, pour les âmes dans des corps : l’âme est descendue dans un corps précisément pour accomplir les mitsvot de l’action, comme le dit le verset : « Aujourd’hui, pour les accomplir. »

ולכן הנשמה באה בגלגול כמה פעמים עד שתשלים קיום כל התרי״ג מצות לפי שע״י קיום המצות דוקא יהיה זה הגילוי דלע״ל [דלעתיד לבוא].

C’est pourquoi l’âme revient par plusieurs réincarnations, jusqu’à ce qu’elle ait achevé l’accomplissement des 613 mitsvot, car c’est précisément par l’accomplissement des mitsvot que se produira cette révélation du Temps à venir.

Explication

Voilà pourquoi une âme revient par plusieurs réincarnations jusqu’à avoir accompli les 613 mitsvot : la révélation du Temps à venir dépend de leur accomplissement effectif.

Le paragraphe 17 en bref

L’élévation que les âmes acquièrent en descendant dans des corps est la révélation future de sovev, la Lumière infinie, égale en haut et en bas et infiniment au-delà de memalé, qui est la source des âmes. Comme elle ne fait aucune distinction entre le haut et le bas, elle se révélera dans des corps, en Assiya même, et sera attirée par l’accomplissement matériel des mitsvot.

Pour aller plus loin

Le Tanya, Iggeres HaKodesh 19, cité dans la note du Kehot, enseigne que le but principal de la Torah est l’accomplissement concret des mitsvot, « aujourd’hui, pour les accomplir », et que, comme on le sait de l’Arizal, chaque personne doit revenir en réincarnation jusqu’à avoir accompli concrètement les 613 mitsvot. Torah Ohr (Shemos, 53c) ajoute que la mesure et la limitation elles-mêmes sont attirées de sovev, le « grand cercle », qui, du fait de son élévation, peut s’abaisser pour mesurer chaque détail des mondes.

Maré mekomot

  1. 1
    כאשר יהי׳ האופן בתוך האופן · Ezekiel 1:16
  2. 2
    שוה ומשוה קטן וגדול · פיוט וכל מאמינים (במוסף דימים נוראים).
  3. 3
    הוא מקומו של עולם · Bereshit Rabbah 68:9
  4. 4
    ויפגע במקום · Genesis 28:11
  5. 5
    הנה מקום אתי · Exodus 33:21
  6. 6
    שבעה שמות שאינן נמחקים · רמב״ם הל׳ יסודי התורה ו, ב. ועל״ק ד״ה תקעו הב׳ פ״ג נה, ד. [כ].
  7. 7
    ושבעה שמות שאינן נמחקין · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 6:2
  8. 8
    בד״ה מראיהם ומעשיהם · תו״א סט, ג.
  9. 9
    היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
  10. 10
    ולכן הנשמה באה בגלגול · אגה״ק סי׳ יט בשם האריז״ל. תו״א נג, ג. וראה לקו״ת שה״ש לה, ד.
  11. 11
    מעונה אלקי קדם · Deuteronomy 33:27

La récompense d’une mitsva est la mitsva ¶18–20

18והענין כי שכר מצוה מצוה. פי׳ שהמצוה עצמה היא השכר ע״ד [על דרך] שיתבאר. כי הנה תכלית ויסוד כל המצות הוא להפוך היש לאין דהיינו שיהיה ביטול היש, וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] הוקשה כל התורה לתפילין.

Le point est que « la récompense d’une mitsva est la mitsva ». Autrement dit, la mitsva elle-même est la récompense, comme cela sera expliqué. Car le but et le fondement de toutes les mitsvot est de transformer le yesh (quelque chose) en ayin (néant), c’est-à-dire de parvenir à l’annulation de soi (bitoul) du yesh. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Toute la Torah est comparée aux tefillin. »

Explication

Pourquoi la récompense est-elle liée aux mitsvot ? Parce que « la récompense d’une mitsva est la mitsva » elle-même. Le but de chaque mitsva est de transformer le yesh, le sentiment d’existence séparée d’une chose, en ayin, en annulation devant D.ieu ; c’est pourquoi les Sages ont comparé toute la Torah aux tefillin.

כי בתפילין כותבין אחד על קלף גשמי ששרשו מק״נ [מקליפת נוגה] שהוא יש ונפרד ונכלל בבחי׳ אין שנעשה כלי לאלקות השורה עליו בחי׳ אחד כו׳, וכך הוא ענין כל מצות התורה.

En effet, dans les tefillin, on écrit « Un » sur un parchemin matériel, dont la racine provient de la kelipat noga, qui est un yesh séparé ; il est inclus dans le niveau d’ayin, car il devient un réceptacle pour la divinité qui repose sur lui, le niveau de « Un », etc. Il en va ainsi pour toutes les mitsvot de la Torah.

Explication

Dans les tefillin, le mot « Un » (tiré du Chéma) est écrit sur un parchemin matériel provenant de la kelipat noga, le domaine de l’existence séparée. Le parchemin devient un réceptacle pour la divinité de « Un » qui repose sur lui : ainsi, un yesh est absorbé dans l’ayin. Chaque mitsva accomplit la même chose.

Le paragraphe 18 en bref

Ce paragraphe explique « la récompense d’une mitsva est la mitsva » : chaque mitsva transforme quelque chose de séparé (yesh) en réceptacle pour la divinité (ayin), comme les tefillin font du parchemin matériel un réceptacle pour « Un ».

Maré mekomot

  1. 1
    שכר מצוה מצוה · אבות ד, ב. ראה גם לקמן פ׳ מטות פג, א. פ׳ ראה כב, ד (ושם מציין לתניא פל״ט (נב, ב)). אוה״ת פ׳ ראה ע׳ תרמב ואילך.
  2. 2
    שכר מצוה מצוה · Pirkei Avot 4:2
  3. 3
    הוקשה כל התורה לתפלין · Kiddushin 35a:5

19ומה גם בקרבנות היו רואים ביטול זה בפו״מ [בפועל ממש] שעיקר הקרבן הוא שיוכלל הבהמה או העוף בבחי׳ אש שלמעלה שהיה יורד בגילוי ממש ה״ז [הרי זה] ביטול היש לאין בפו״מ [בפועל ממש].

À plus forte raison en est-il ainsi pour les sacrifices, où cette annulation du yesh en ayin (bitoul) se manifestait concrètement : car l’essence du sacrifice est que l’animal ou l’oiseau soit inclus dans le feu d’en haut, qui descendait de façon réellement manifeste ; c’est là l’annulation du yesh en ayin concrètement.

Explication

Les sacrifices manifestaient ouvertement ce bitoul. L’essentiel du sacrifice était que l’animal ou l’oiseau soit consumé par le feu qui descendait visiblement du ciel : une réalité physique était absorbée dans la divinité sous les yeux de tous.

וכן ג״כ ענין מצות הצדקה שהממון שייגע עליו בכל רמ״ח איבריו עד שהרויחו נותנו לעני דלית ליה מגרמיה כלום ה״ז [הרי זה] ביטול היש לאין

Il en va de même pour la mitsva de la tsédaka : l’argent pour lequel il a peiné de ses 248 membres jusqu’à le gagner, il le donne à un pauvre qui « n’a rien en propre » ; c’est là l’annulation du yesh en ayin.

Explication

La tsédaka agit de la même manière. L’argent gagné au prix du labeur de tout le corps, comme un prolongement de soi-même, est donné à un pauvre qui n’a rien en propre ; ainsi, le yesh du donateur est annulé.

(וזהו בחי׳ חסד לאברהם שנמשך מצד הביטול כמ״ש ואנכי עפר ואפר וכמ״ש בד״ה ארץ הרים ובקעות),

(C’est là le niveau de la bonté envers Avraham, qui découle du bitoul, comme il est écrit : « Et moi, je suis poussière et cendre » ; et comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Un pays de montagnes et de vallées ».)

Explication

C’est pourquoi le 'Hessed, la bonté, est l’attribut d’Avraham : la véritable bonté découle de l’annulation de soi, et Avraham disait : « Je suis poussière et cendre. » Le texte renvoie au discours « Un pays de montagnes et de vallées ».

וכן הוא ג״כ מצות תלמוד תורה הגם שהוא המשכת אלקות למטה. אבל ההמשכה הוא ע״י ביטול היש וכמ״ש ודברת בם כו׳ סמוך לבכל נפשך.

Il en va de même pour la mitsva de l’étude de la Torah : bien qu’elle soit un influx de divinité ici-bas, cet influx se réalise par l’annulation du yesh, comme il est écrit : « Et tu en parleras », etc., juste après « de toute ton âme ».

Explication

L’étude de la Torah fait descendre la divinité dans le monde, mais elle aussi agit par l’annulation. La Torah place « Et tu en parleras » juste après « de toute ton âme ».

כי הנה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] פי׳ ובכל נפשך שהוא אפילו נוטל את נפשך וא״כ [ואם כן] הל״ל [הוה ליה למימר] ובכל גופך, (וע׳ [ועיין] בת״ז [בתיקוני זהר] ד״י [ד׳ יסודות] ע״א).

Car il faut comprendre le sens de « de toute ton âme », qui signifie « même s’Il prend ton âme » ; dans ce cas, le verset aurait dû dire « de tout ton corps » (voir le Tikkunei Zohar, folio 10a).

Explication

Les Sages interprètent « de toute ton âme » comme signifiant « même s’Il prend ton âme ». Or, celui qui donne sa vie abandonne son corps ; le verset aurait donc pu dire « de tout ton corps ». Le texte renvoie au Tikkunei Zohar à propos de ce verset.

אך הענין דקאי ג״כ על ודברת בם דכתיב בתריה שכל מה שיקרא וישנה מקרא ומשנה לא יהי׳ [יהיה] נפשו מסך מבדיל כאלו עושה וקורא ושונה,

Mais voici ce qu’il en est : cela se rapporte aussi à « Et tu en parleras », qui vient ensuite ; dans tout le texte biblique et toute la Michna qu’il lit et étudie, son âme ne doit pas être un écran qui fait obstacle, comme s’il était lui-même celui qui agit, lit et étudie,

Explication

La réponse est que « de toute ton âme » régit aussi les mots qui suivent : « Et tu en parleras ». Lorsqu’on étudie, le moi ne doit pas faire obstacle, comme si l’étude était l’œuvre de celui qui étudie.

אלא כמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך כו׳ אני המשנה המדברת בפיך כו׳ ב״ש [בית שמאי] וב״ה [ובית הלל] אלו ואלו דברי אלקים חיים כו׳,

mais plutôt, comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche », etc. ; « C’est Moi, la Michna, qui parle dans ta bouche », etc. ; Beit Chammaï et Beit Hillel : « Les uns comme les autres sont les paroles du D.ieu vivant », etc.

Explication

Au contraire, la bouche doit être un canal pour les paroles de D.ieu : « Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche », « C’est Moi, la Michna, qui parle dans ta bouche. » Même les opinions opposées de Beit Chammaï et de Beit Hillel sont toutes deux « les paroles du D.ieu vivant ».

ושלשה דברים אלו הם כללות כל המצות כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] על שלשה דברים העולם עומד על התורה ועל העבודה שהוא קרבנות ועל גמ״ח [גמילות חסדים].

Et ces trois éléments sont l’expression générale et collective de toutes les mitsvot, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le monde repose sur trois choses : sur la Torah, sur le service », c’est-à-dire les sacrifices, « et sur les actes de bonté. »

Explication

Ces trois éléments — la Torah, le service des sacrifices et la tsédaka — sont l’expression générale de toutes les mitsvot, comme l’enseigne la Michna : le monde repose sur la Torah, le service et les actes de bonté.

וכמ״כ [וכמו כן] כל פרטי המצות שתכליתם ויסודם הוא ביטול היש לאין (וכמ״ש ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ כו׳ הרי שתכלית המצות הוא בחי׳ יראה).

Et de même, toutes les mitsvot particulières — leur but et leur fondement étant l’annulation du yesh en ayin (comme il est écrit : « Havaya nous a ordonné d’accomplir toutes ces lois, afin de craindre Havaya », etc.) — montrent que le but des mitsvot est le niveau de la crainte.

Explication

Chaque mitsva particulière vise également à annuler le yesh. Le verset dit que les lois ont été données « afin de craindre Havaya » : leur but est donc la crainte, qui constitue elle-même une forme de bitoul.

אמנם ביטול זה אינו אמיתי שהרי מ״מ [מכל מקום] יש הוא אלא שמבטל א״ע [את עצמו]. אך מ״מ [מכל מקום] הוא אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שעי״ז

Cependant, ce bitoul n’est pas un [bitoul] véritable, car il demeure malgré tout un yesh ; il ne fait que s’annuler lui-même. Néanmoins, c’est un éveil d’en bas, par lequel

Explication

Pourtant, le bitoul qu’une personne atteint à présent n’est pas complet : elle existe toujours en tant que yesh et ne fait que s’effacer. Malgré cela, c’est un « éveil d’en bas » qui suscite une réponse d’en haut.

אח״כ [אחר כך] יהיה בחי׳ אין ממש ע״ד [על דרך] יחוד עולם האצי׳ [האצילות] בא״ס [באין סוף] ב״ה דאיהו וגרמוהי חד שהע״ס [שהעשר ספירות] הם בבחי׳ ביטול אמיתי לאור א״ס [אין סוף] ב״ה המלובש בהם כו׳,

il y aura ensuite le niveau de l’ayin véritable, à la manière de l’union du Monde d’Atsilout avec l’Infini, béni soit-Il, où « Lui et Ses réceptacles sont un » (ihou vegarmohi had), car les dix Séfirot sont dans un état de bitoul véritable à l’égard de la Lumière infinie, bénie soit-Il, qui est revêtue en elles, etc.

Explication

Cette réponse sera l’ayin véritable, comme dans le Monde d’Atsilout, où « Lui et Ses réceptacles sont un » : les dix Séfirot y sont entièrement annulées devant la Lumière infinie qui est revêtue en elles.

וכך יהיה גילוי זה חסד דרועא ימינא למטה בעולם העשייה ממש יהי׳ [יהיה] הגוף ודרועא ימינא כלי למטה ג״כ בעולם העשייה להשראת אור א״ס [אין סוף]

Ainsi, cette révélation de « 'Hessed est le bras droit » se manifestera en bas, dans le Monde d’Assiya même : le corps et le bras droit seront eux aussi, en bas, dans le Monde d’Assiya, un réceptacle pour la résidence de la Lumière infinie,

Explication

Dans l’avenir, il en sera de même dans notre monde matériel : tout comme, dans Atsilout, « 'Hessed est le bras droit », le corps même d’une personne et son bras droit deviendront des réceptacles pour la Lumière infinie.

כמו בחי׳ חסד דרועא ימינא כו׳, (וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ב״ב [בבא בתרא] ע״ה ב׳ עתידים צדיקים שיקראו בשמו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]. וע״ש [ועיין שם] בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י]) והיינו ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] דביטול היש שנתן צדקה בידו כו׳.

à l’image du niveau de « 'Hessed est le bras droit », etc. (C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans Bava Basra 75b : « Les justes seront appelés du Nom du Saint béni soit-Il » ; voir aussi le commentaire de Rachi à cet endroit.) Cela se réalise par l’éveil d’en bas que constitue l’annulation du yesh, lorsqu’il a donné la tsédaka de sa main, etc.

Explication

Cela accomplit l’affirmation du Talmud selon laquelle les justes seront appelés du Nom de D.ieu. Cela se produit par l’éveil d’en bas consistant à annuler son yesh, en donnant la tsédaka de sa propre main.

וחכמה ומוח האדם יהיה כלי לבחי׳ חכמה עילאה ממש שאור א״ס [אין סוף] מלובש בה, והיינו ע״י עסק התורה ע״ד [על דרך] הנ״ל כו׳,

Et la sagesse et l’intellect de l’homme seront un réceptacle pour le niveau de la 'Hokhma suprême elle-même, en laquelle la Lumière infinie est revêtue ; cela se réalise par l’étude de la Torah selon la manière mentionnée plus haut, etc.

Explication

De même, par l’étude de la Torah accomplie avec bitoul, l’intellect propre d’une personne deviendra un réceptacle pour la 'Hokhma suprême, en laquelle la Lumière infinie est revêtue.

והיינו ע״י גילוי אור הסכ״ע [הסובב כל עלמין] דקמיה באמת כולא כלא חשיבי׳ [חשיבי] ואצילות עם עשייה שוין, וזהו ששכר מצוה היא המצוה בעצמה כי עיקר המצוה הוא ביטול היש לאין

Cela se réalise par la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), devant laquelle, en vérité, « tout est considéré comme rien », et Atsilout et Assiya sont égaux. C’est pourquoi la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même : car l’essence de la mitsva est l’annulation du yesh en ayin,

Explication

Tout cela vient de la révélation du sovev kol almin, devant laquelle « tout est considéré comme rien », si bien qu’Atsilout et Assiya sont égaux. Voilà pourquoi la mitsva elle-même est sa récompense : son essence est l’annulation du yesh en ayin.

וזהו עצמו הוא השכר של המצוה אלא שהשכר הוא גילוי אין אמיתי ממקורא דכולא ושהביטול ע״י גילוי אא״ס [אור אין סוף] ב״ה וביטול זה ישנו בכל א׳ מישראל.

et cela même constitue la récompense de la mitsva ; seulement, cette récompense est la révélation de l’ayin véritable provenant de la Source de tout, ainsi que le bitoul suscité par la révélation de la Lumière infinie, bénie soit-Il. Et ce bitoul se trouve chez chacun d’Israël,

Explication

La récompense est ce même bitoul, mais à l’état complet : la révélation de l’ayin véritable provenant de la « Source de tout », suscitée par la révélation de la Lumière infinie. Chaque Juif possède une certaine mesure de ce bitoul.

שהרי כל א׳ מבטל א״ע [את עצמו] מעט לפי ערכו, אם ע״י אתכפיא או ע״י אתהפכא ועי״ז יהיה לו חלק לעוה״ב [לעולם הבא],

car chacun s’annule un peu, selon sa mesure, que ce soit par la soumission (iskafya) ou par la transformation (is’hapcha), et qu’ainsi il aura une part dans le Monde futur.

Explication

Chacun s’annule un peu, selon sa mesure, que ce soit en soumettant son côté animal (iskafya) ou en le transformant (is’hapcha), et cela lui donne une part dans le Monde futur.

ולכן מאן דלא כרע במודים שאין לו בחי׳ הודיה וביטול כלל ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] דלא יקום בתח״ה [בתחיית המתים] כו׳:

C’est pourquoi, au sujet de celui qui ne s’incline pas lors de Modim et qui n’a aucun aspect de reconnaissance et de bitoul, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’il ne se relèvera pas lors de la résurrection des morts, etc.

Explication

Inversement, les Sages ont dit que celui qui ne s’incline pas lors de Modim, la bénédiction de reconnaissance dans la prière de la Chemona Essré, ne manifestant aucune reconnaissance ni aucun bitoul, ne se relèvera pas lors de la résurrection des morts.

Le paragraphe 19 en bref

Toutes les mitsvot, dont l’expression générale est la Torah, les sacrifices et la tsédaka, ont pour but d’annuler le yesh. Ce bitoul partiel, présent dès à présent, est un éveil d’en bas qui fera advenir la révélation future du sovev kol almin : le corps et l’intellect eux-mêmes deviendront alors des réceptacles de la divinité, comme dans Atsilout. Ainsi, la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même, dans sa forme achevée.

Pour aller plus loin

Le passage du Tikkunei Zohar cité par le texte (imprimé en 10a ; la note de Kehot suggère 10b, où il apparaît) interprète « de toute ton âme » comme le fait de donner son âme lorsque celle-ci est plus chère à une personne que son corps. Une note manuscrite citée par Kehot explique que l’Alter Rebbe distingue « de toute ton âme » du rôle de l’âme qui donne vie au corps, car cela correspondrait à « de tout ton corps » ; ici, il s’agit de l’annulation de l’âme elle-même.

Maré mekomot

  1. 1
    חסד לאברהם · Micah 7:20
  2. 2
    ואנכי עפר ואפר · Genesis 18:27
  3. 3
    בד״ה ארץ הרים ובקעות · לקו״ת עקב יז, ג. ”באברהם אבינו ע״ה ואנכי עפר ואפר דהנה עיקר החסד להשפיע מחייו ולא ממותרות שלו . . שבחזרתו פרע הקפותיו שלא לומר שחייך קודמין מפני שמשים עצמו כשיריים” — בוך 1999.
  4. 4
    בד״ה ארץ הרים ובקעות · Deuteronomy 11:11
  5. 5
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  6. 6
    ובכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  7. 7
    אפי׳ נוטל את נפשך · Berakhot 54a:6
  8. 8
    ובכל נפשך שהוא אפילו נוטל את נפשך · Tikkunei Zohar 10b:1
  9. 9
    בת״ז ד״י ע״א · אולי צ״ל: ע״ב. ”ובג״ד ואהבת את ה׳ אלקיך אפילו נוטל את נפשך דאם חביב עלי׳ נפשי׳ מגופא לכך נאמר ובכל נפשך (הרי דמחלק מבין בכל נפשך מה שהנפש מחי׳ הגוף דא״כ ה״ז בכל גופך דמבאר כאן דמנין בכל נפשך הוא ביטול הנפש ודו״ק” — בוך 1999.
  10. 10
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
  11. 11
    אני המשנה המדברת בפיך · מגיד מישרים ר״פ ויקרא.
  12. 12
    ב״ש וב״ה אלו ואלו דא״ח · Eruvin 13b:10
  13. 13
    על שלשה דברים העולם עומד · אבות א, ב.
  14. 14
    על שלשה דברים העולם עומד על התורה ועל העבודה · Pirkei Avot 1:2
  15. 15
    ויצונו ה׳ . . את כל החוקים . . ליראה את ה׳ · Deuteronomy 6:24
  16. 16
    דאיהו וגרמוהי חד · ת״ז בהקדמה.
  17. 17
    חסד דרועא ימינא · שם (פתח אלי׳ ואמר).
  18. 18
    חסד דרועא ימינא · Tikkunei Zohar 17a:16–17
  19. 19
    עתידים צדיקים שיקראו בשמו של הקב״ה · Bava Batra 75b:3
  20. 20
    דקמיה באמת כולא כלא חשיבי׳ · Zohar, Introduction 20:188–22:199
  21. 21

20קיצור. (והנה אור א״ס [אין סוף] ב״ה הוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] שבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין] עם היותו ג״כ בחי׳ אור ושמו לבד עכ״ז [עם כל זה] הוא א״ס [אין סוף] ממש ולכן נקרא שמו הגדול.

Résumé. (Or, la Lumière infinie, béni soit-Il, est à la fois la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Le niveau du sovev, bien qu’il ne soit lui aussi que lumière et Son Nom, est néanmoins véritablement infini ; c’est pourquoi il est appelé « Son grand Nom ».

Explication

Résumé de la troisième section : la Lumière infinie entoure (sovev) et remplit (memalé) tous les mondes. Le sovev, bien qu’il ne soit lui aussi que « lumière » et le « Nom » de D.ieu, est véritablement infini ; c’est pourquoi il est appelé « Son grand Nom ».

אבל בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] המתלבש בתוך העולמות הוא רק הארה מצומצמת. ושרש הנשמות מבחי׳ ישתבח שמך היינו מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] מבחי׳ חכמה והעלייה הוא גילוי סוכ״ע [סובב כל עלמין]. וגילוי זה נמשך ע״י מעשה המצות.

Mais le niveau du memalé, qui se revêt à l’intérieur des mondes, n’est qu’un rayonnement contracté. La racine des âmes relève du niveau de « que Ton Nom soit loué », c’est-à-dire du niveau du memalé, du niveau de 'Hokhma ; leur élévation consiste en la révélation du sovev. Et cette révélation est attirée par l’accomplissement des mitsvot,

Explication

Le memalé, qui se revêt à l’intérieur des mondes, n’est qu’un rayonnement contracté. Les âmes ont leur racine dans le memalé, dans 'Hokhma, le niveau de « Ton Nom » ; leur élévation est la révélation du sovev, attirée par l’accomplissement des mitsvot.

שכללותן תורה ועבודה וגמילת חסדים שתכלית יסודתם ביטול היש. ועי״ז נמשך השכר מצוה גילוי בחי׳ אין שלמעלה מהחכמה מה שהחכמה תמצא מבחי׳ זו דרך יש מאין):

dont l’expression générale et collective est la Torah, le service et les actes de bonté, et dont le fondement a pour finalité l’annulation du yéch. Par là est attirée la récompense de la mitsva : la révélation du niveau de l’ayin, qui est au-dessus de 'Hokhma, d’où 'Hokhma « vient à l’existence » selon le mode de quelque chose à partir de rien.)

Explication

Toutes les mitsvot, dont l’expression générale est la Torah, le service et les actes de bonté, ont pour but d’annuler le yéch. Par elles vient leur récompense : la révélation de l’ayin qui est au-dessus de 'Hokhma, d’où 'Hokhma vient à l’existence comme quelque chose à partir de rien.

Le paragraphe 20 en bref

Résumé de la troisième section du maamar.

Chabbat : d’Elokim à Havaya ¶21–23

21ד והנה מעתה יובן ג״כ ענין שתי שבתות כהלכתן. כי הנה השבת הוא עליית העולמות והעלייה היינו ג״כ בחי׳ ביטול, וכמו ענין עלייה דלע״ל [דלעתיד לבוא] שהוא ג״כ בחי׳ ביטול הנ״ל.

4. À présent, on comprendra également la notion de « deux Chabbatot conformément à leurs lois ». En effet, le Chabbat est l’élévation des mondes, et cette élévation est elle aussi un niveau de bitoul, comme l’élévation du Temps à venir, qui est également le niveau de bitoul mentionné plus haut.

Explication

La section 4 revient à la question initiale des « deux Chabbatot ». Le Chabbat est l’élévation des mondes, et toute élévation est une forme de bitoul, tout comme l’élévation future décrite plus haut.

והענין כי הנה פי׳ וישבת ביום השביעי הוא עד״מ [על דרך משל] מאדם שעשה איזה מלאכה כמו שכותב איזה שכל, הנה צריך שכלו לירד עד שיתלבש בהמדות והמחשבה, ואח״כ [ואחר כך] יורדים כולם ומתלבשים בכח המעשה.

Le point est que le sens de « Et Il se reposa le septième jour » peut être illustré par l’exemple d’une personne qui accomplit un travail, comme écrire une idée : son intellect doit descendre jusqu’à s’investir dans les attributs émotionnels et dans la pensée ; ensuite, tous descendent et s’investissent dans la faculté d’agir.

Explication

Pour expliquer « Et Il se reposa le septième jour », l’Admour Hazaken prend l’exemple d’une personne qui écrit une idée : son intellect doit d’abord descendre dans ses émotions et sa pensée, puis tout cela descend dans la faculté d’agir, c’est-à-dire la main qui écrit.

Le paragraphe 21 en bref

La quatrième section commence à appliquer au Chabbat la discussion sur le bitoul et l’élévation, en partant d’une analogie destinée à expliquer le « repos » de D.ieu le septième jour.

Maré mekomot

  1. 1
    וישבת ביום השביעי · Genesis 2:2

22ואחר שנח ממלאכתו חוזרים כל הכחות ומתעלי׳ ונכללים בכח השכל ובעצמות הנפש כו׳. וכך עד״מ [על דרך משל] ששת ימים עשה ה׳, היינו ירידת החכמה והמדות ע״י כמה צמצומים להתלבש בעשרה מאמרות כו׳,

Après qu’il se repose de son travail, toutes les forces reviennent, s’élèvent et sont incluses dans la faculté intellectuelle et dans l’essence de l’âme, etc. De même, par analogie, « six jours, Havaya a fait » signifie la descente de 'Hokhma et des attributs émotionnels, à travers plusieurs contractions, afin qu’ils se revêtent dans les Dix Paroles, etc.

Explication

Après s’être reposées du travail, toutes les facultés de l’homme remontent dans son intellect et dans le noyau de son âme. De même, « six jours, Havaya a fait » signifie que 'Hokhma et les attributs divins sont descendus, à travers de nombreuses contractions, dans les Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé.

ולכן נז׳ [נזכר] הכל שם אלקים במעשה בראשית שהוא בחי׳ צמצומים כו׳, ובשבת כתיב ויכל אלקים היינו שכלו ופסקו הצמצומים ועולה ונכלל בשם הוי׳ שהוא בחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין],

C’est pourquoi, dans tout le récit de l’œuvre de la Création, le Nom Elokim est mentionné : il correspond au niveau des contractions, etc. Au sujet du Chabbat, il est écrit : « Et Elokim acheva », c’est-à-dire que les contractions prirent fin et cessèrent ; tout s’élève et est inclus dans le Nom Havaya, qui correspond au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),

Explication

Voilà pourquoi seul le Nom Elokim, le Nom de la contraction et de la limitation, apparaît dans le récit de la Création. « Et Elokim acheva » (vayekhal), au Chabbat, signifie que les contractions prirent fin et que tout s’élève dans le Nom Havaya, le niveau du sovev.

וכמו עד״מ [על דרך משל] הנ״ל עליית השכל והמדות שנשפלו שחוזרים ומתעלים לשרשן, וז״ש [וזהו שכתוב] שבת להוי׳ וכמ״ש אני הוי׳ חוקר לב בוחן כליות שלפי שאני הוי׳ בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שהוא למטה

tout comme, dans l’analogie mentionnée plus haut, l’intellect et les attributs émotionnels qui étaient descendus retournent à leur racine et s’élèvent. C’est là le sens de ce qui est écrit : « un Chabbat pour Havaya », et de ce verset : « Moi, Havaya, je sonde le cœur et éprouve les reins » : puisque « Moi, je suis Havaya », le niveau du sovev, qui est en bas

Explication

De même que les facultés abaissées d’un homme retournent à leur source, le Chabbat est « un Chabbat pour Havaya », un retour à Havaya. Havaya, le sovev, est identique en bas et en haut, comme le montre le verset : « Moi, Havaya, je sonde le cœur et éprouve les reins ».

כמו למעלה המשפילי לראות בשמים ובארץ שמים וארץ שוים, לכן אני חוקר לב וכליות שאין שום דבר מסתיר לפניו ית׳ וכחשכה כאורה כו׳,

comme en haut, « qui s’abaisse pour regarder les cieux et la terre » ; les cieux et la terre sont égaux. C’est pourquoi « je sonde le cœur et les reins », car rien ne peut se cacher devant Lui, béni soit-Il, et « l’obscurité est comme la lumière », etc.

Explication

D.ieu « s’abaisse pour regarder les cieux et la terre » pareillement, car à Ses yeux les cieux et la terre sont égaux ; rien ne peut donc se cacher devant Lui et « l’obscurité est comme la lumière ». C’est ainsi qu’Il peut sonder les profondeurs cachées du cœur.

ולכן בשבת שנאמר שבת להוי׳ היינו עליות בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] בסכ״ע [בסובב כל עלמין] (ועמ״ש בפ׳ בשלח סד״ה להבין ענין לחם משנה).

C’est pourquoi, le Chabbat, dont il est dit « un Chabbat pour Havaya », il y a l’élévation du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) dans le sovev (voir aussi ce qui est écrit dans la paracha de Bechala’h, à la fin du discours commençant par « Pour comprendre la notion du double pain »).

Explication

Ainsi, le Chabbat, le memalé s’élève et est inclus dans le sovev. Le texte renvoie au discours de Torah Ohr sur la double portion de manne (le’hem michné).

ולכן הוא עליות העולמות שגם העולמות יש להם עלייה והיינו ג״כ בחי׳ ביטול שמתבטלים מיש לאין, וזהו פי׳ ויכולו השמים והארץ כו׳.

C’est pourquoi il s’agit de l’élévation des mondes : les mondes eux aussi s’élèvent, et cela correspond également au niveau de l’annulation de soi (bitoul), en ce qu’ils sont annulés, passant du yéch au aïn. Tel est le sens de « Et les cieux et la terre furent achevés » (vayekhoulou), etc.

Explication

Il s’agit de l’élévation des mondes au Chabbat : eux aussi s’élèvent, et leur élévation est le bitoul, l’annulation du yéch dans le aïn. Le verset « Et les cieux et la terre furent achevés » y fait allusion.

ויכולו לשון כלות הנפש וביטול כו׳ שבשבת הם בבחי׳ עלייה וביטול וכדלקמן, (וכן לשון שבת ג״כ השבתה שהוא ענין ביטול), והיינו מחמת גילוי בחינת סכ״ע [סובב כל עלמין] שעי״ז נמשך הביטול כנ״ל בענין שכר מצוה מצוה.

Vayekhoulou est un terme évoquant l’aspiration de l’âme à s’épuiser (kelot hanéfech) et le bitoul, etc. : au Chabbat, ils se trouvent dans un état d’élévation et de bitoul, comme cela sera expliqué plus loin. De même, le terme Chabbat signifie aussi cessation, ce qui relève du bitoul. Cela tient à la révélation du niveau du sovev, par laquelle le bitoul est suscité, comme mentionné plus haut à propos de « la récompense d’une mitsva est la mitsva ».

Explication

Vayekhoulou (« furent achevés ») est apparenté à kelot hanéfech, l’aspiration de l’âme à s’épuiser en D.ieu ; ainsi, au Chabbat, les mondes sont dans un état d’élévation et de bitoul. Le mot Chabbat signifie aussi « cessation ». Ce bitoul découle de la révélation du sovev, comme dans le cas de la récompense des mitsvot.

(והנה מה שנק׳ בחי׳ זו עלייה והלא לית אתר פנוי מיניה ונמצא למטה כמו למעלה. אך הענין כמ״ש במ״א בענין כורע בברוך וזוקף בשם כי כורע היינו המשכה וזוקף היינו העלאה.

(Quant à ce que ce niveau soit appelé une « élévation », comment cela se peut-il, alors qu’« il n’est aucun lieu vide de Lui » et qu’Il se trouve en bas comme en haut ? La réponse est celle qui est expliquée ailleurs à propos de « on s’incline à “Béni sois-Tu” et l’on se redresse au Nom » : s’incliner signifie attirer vers le bas, et se redresser signifie élever.

Explication

Une parenthèse demande comment on peut parler d’« élévation » vers D.ieu, alors qu’Il est partout. La réponse s’appuie sur l’inclinaison dans la Amida : on s’incline à « Béni sois-Tu », ce qui signifie attirer vers le bas, puis on se redresse au Nom, ce qui signifie élever.

כי יש ב׳ בחי׳ בגילוי אלקות הא׳ כמ״ש וירד הוי׳ שהירידה הוא ענין המשכה למטה, ופי׳ למטה ר״ל [רוצה לומר] למטה במדרגה שנראה העולם למטה כמו שהוא בבחינתו ומדרגתו רק שנמשך בו גילוי אלקות כי הוא ית׳ כל יכול,

Car il existe deux niveaux dans la révélation de la divinité. Le premier est celui dont il est écrit : « Et Havaya descendit » : la descente consiste en un influx vers les niveaux inférieurs ; « inférieurs » signifie d’un rang inférieur, de sorte que le monde d’en bas est vu tel qu’il est, dans son propre état et à son propre rang, seule une révélation de la divinité étant attirée en lui, car Lui, béni soit-Il, est tout-puissant.

Explication

Il existe deux sortes de révélation divine. Dans la première, « Et Havaya descendit » : la divinité est attirée dans le monde tandis que celui-ci reste tel qu’il est, d’un rang inférieur ; D.ieu, étant tout-puissant, peut se révéler même là.

אבל הבחי׳ הב׳ הוא מ״ש לע״ל [לעתיד לבוא] עין בעין יראו שהוא בבחי׳ עלייה ממטה למעלה ומלאה הארץ דעה שגם הארץ תשתנה ממהות׳ [ממהותה] ותזדכך עד שתמלא הארץ דעה את ה׳, והוא כמשל ב׳ בנ״א [בני אדם] שהא׳ עומד

Mais le second niveau est celui dont il est dit, au sujet du Temps à venir : « œil à œil ils verront » ; il consiste en une élévation du bas vers le haut. « Et la terre sera remplie de connaissance » : la terre aussi changera de nature et sera affinée, jusqu’à ce que « la terre soit remplie de la connaissance de Havaya ». Cela ressemble à l’exemple de deux personnes, l’une se tenant

Explication

Dans le second cas, celui du Temps à venir, « œil à œil ils verront » : le monde lui-même s’élève, et la terre même sera affinée jusqu’à être « remplie de la connaissance de Havaya ». Lorsqu’une personne se tient en hauteur et l’autre en contrebas, elles peuvent se rejoindre de deux façons : celle qui est en hauteur peut descendre, ou celle qui est en contrebas peut être élevée.

במקום גבוה והב׳ במקום נמוך וכדי שיתחברו יש ב׳ אופנים כו׳. וזהו ענין כורע בברוך וזוקף בשם שהם ב׳ בחי׳ הנ״ל, ולכן בשבת שנאמר שבת להוי׳ זהו בחי׳ עליות העולמות כענין וזוקף בשם כו׳).

en un lieu élevé et l’autre en un lieu bas : pour qu’elles se rejoignent, il existe deux façons, etc. C’est là le sens de l’inclinaison à « Béni sois-Tu » et du redressement à la mention du Nom, qui correspondent aux deux niveaux évoqués plus haut. C’est pourquoi, le Chabbat, dont il est dit « un Chabbat pour Havaya », il s’agit du niveau de l’élévation des mondes, comme dans « et se redresse à la mention du Nom », etc.)

Explication

L’inclinaison et le redressement correspondent à ces deux façons. Le Chabbat, « un Chabbat pour Havaya », relève de la seconde : les mondes eux-mêmes s’élèvent, comme lorsqu’on se redresse à la mention du Nom.

והנה מבואר למעלה שיש ב׳ מדרגות בבחי׳ הביטול. הא׳ ב חי׳ ביטול היש לאין והוא אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] לבחי׳ גילוי ביטול האמיתי

Or, il a été expliqué plus haut qu’il existe deux degrés de bitoul. Le premier est le niveau de l’annulation du yesh dans le ayin ; il constitue un éveil d’en bas en vue de la révélation du bitoul véritable,

Explication

Comme expliqué plus haut, le bitoul comporte deux degrés. Le premier, l’annulation du yesh dans le ayin qu’une personne accomplit, est un éveil d’en bas qui attire le second, le bitoul véritable.

דהיינו שיהיה גילוי בחי׳ אין ממש היינו אור א״ס [אין סוף] ב״ה מה שהוא בבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין] ואינו מושג כלל

c’est-à-dire que se révèle le niveau du ayin véritable, à savoir la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, telle qu’elle se trouve au niveau du sovev, qui n’est absolument pas appréhendé ;

Explication

Le bitoul véritable procède de la révélation du ayin véritable, la Lumière infinie telle qu’elle se trouve dans le sovev, au-delà de toute appréhension.

ולכן נק׳ אין, (ופי׳ אין כמ״ש באדר״ז [באדרא זוטא] דרפ״ח ע״ב ובג״כ ע״ק [עתיקא קדישא] אקרי אין כו׳, ועמ״ש ע״ז [על זה] במבוא שערים שער שלישי ח״ב [חלק ב׳] פ״י [פרק י׳ / פרשה י׳], וע׳ [ועיין] בזהר שלח דקנ״ח ב׳ ע״פ היש בה עץ אם אין.

c’est pourquoi on l’appelle ayin (et le sens de ayin est celui qui est écrit dans l’Idra Zouta, folio 288b : « C’est pourquoi Atika Kadicha est appelé ayin », etc. ; voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans Mavo Shearim, Gate Three, Part 2, chapter 10 ; et voir le Zohar, Shelach, folio 158b, sur le verset : « Y a-t-il un arbre en lui, ou non (ayin) ? »

Explication

On l’appelle ayin, « néant », parce qu’il ne peut être appréhendé. L’Idra Zouta dit qu’Atika Kadicha est appelé ayin, et le Zohar lit la question adressée aux explorateurs, « Y a-t-il un arbre en lui, ou non (ayin) ? », comme une allusion à ce niveau.

ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם במ״ש והוא הנק׳ אין כו׳ ע״ש [עיין שם]). וע״י גילוי זה יהי׳ [יהיה] הביטול אמיתי.

et voir le commentaire du Ramaz à cet endroit, sur les mots « et c’est ce qui est appelé ayin », etc.). Et par cette révélation, le bitoul sera véritable.

Explication

Le Ramaz, dans son commentaire sur ce Zohar, explique ce qui est appelé ayin. La révélation de ce niveau rendra le bitoul complet et véritable.

וכך יובן שיש ב׳ בחי׳ אלו בשבת וזהו ענין שתי שבתות כהלכתן שיש בכל שבת,

Ainsi comprendra-t-on que ces deux niveaux se trouvent dans le Chabbat ; tel est le sens des « deux Chabbatot selon leurs lois » que comporte chaque Chabbat :

Explication

Le Chabbat comporte ces deux degrés ; ce sont les « deux Chabbatot » présents dans chaque Chabbat.

דהיינו שבת תתאה ושבת עילאה. והנה להבין ענין שבת תתאה צריך להקדים תחלה ענין מצות שביעית הכתוב בסדרה זאת.

à savoir le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur. Or, pour comprendre le sujet du Chabbat inférieur, il faut d’abord introduire la mitsva de la Shevi’it (l’année sabbatique), qui est écrite dans cette paracha,

Explication

Il s’agit du Chabbat inférieur et du Chabbat supérieur. Pour expliquer le Chabbat inférieur, l’Alter Rebbe se tourne vers l’année sabbatique (Shevi’it), prescrite dans cette même paracha.

שנק׳ ג״כ שבת כמ״ש ושבתה הארץ שבת לה׳ שהוא ג״כ בחי׳ שבת ועלייה שהיש בטל לאין

qui est également appelée Chabbat, comme il est écrit : « La terre observera un Chabbat pour Havaya » ; elle aussi relève du niveau du Chabbat et de l’élévation, où le yesh est annulé dans l’ayin.

Explication

L’année sabbatique est également appelée « un Chabbat pour Havaya » ; elle aussi constitue une élévation où le yesh est annulé dans l’ayin.

כי שש שנים שזורע וחורש וקוצר לעצמו הוא בחי׳ יש ודבר והארץ ופירותיה הן שלו דוקא,

Car, durant les six années où il sème, laboure et moissonne pour lui-même, il se trouve au niveau du yesh, d’une réalité distincte, et la terre ainsi que ses fruits lui appartiennent à lui seul.

Explication

Pendant six ans, une personne cultive son champ pour elle-même ; elle est une réalité distincte, un yesh, et la terre ainsi que ses fruits lui appartiennent à elle seule.

נמצא הוא בחי׳ יש ודבר ובשביעית הוא בחי׳ ביטול היש ולכן נעשה הפירות הפקר (וגם ארעא אפקרא רחמנא לצורך אכילת הפירות) (בנדרים דמ״ב ע״ב).

Il se trouve donc au niveau du yesh, d’une réalité distincte ; mais, la septième année, c’est le niveau de l’annulation du yesh. Les fruits deviennent donc sans propriétaire (et aussi : « Le Miséricordieux a rendu la terre sans propriétaire » afin que l’on puisse manger les fruits) (Nedarim, folio 42b).

Explication

La septième année, ce sentiment de propriété est annulé : les fruits deviennent sans propriétaire. Le Talmud dit même que la Torah a rendu la terre elle-même sans propriétaire afin que l’on puisse manger ses fruits.

רק שיוכל לזכות מן ההפקר כאדם אחר הזוכה מן ההפקר כו׳ ולכן כתיב ולבהמתך ולחיה כו׳ שכל זמן שחיה אוכלת בשדה כו׳, וזהו מצות ביעור בשביעית שמוכרח להוציאם מן הבית.

Toutefois, il peut acquérir ce qui est sans propriétaire comme toute autre personne qui acquiert ce qui est sans propriétaire, etc. C’est pourquoi il est écrit : « Et pour ton bétail et pour la bête », etc., [ce qui enseigne] que tant que la bête mange dans le champ, etc. C’est là la mitsva du biour durant la septième année : il est tenu de les retirer de la maison.

Explication

Le propriétaire ne peut prendre des produits que comme toute personne peut prendre ce qui est sans propriétaire. Le verset lie la consommation aux animaux : lorsque les bêtes sauvages n’ont plus rien à manger dans le champ, il faut retirer les produits de la maison (biour).

Le paragraphe 22 en bref

Le Chabbat est l’élévation des mondes, du Nom Elokim, lié à la contraction, vers Havaya, le sovev : le monde lui-même s’élève depuis le bas, il ne s’agit pas seulement d’une révélation qui y est attirée vers le bas. Cette élévation est le bitoul, qui comporte deux degrés, le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur ; le degré inférieur est expliqué à travers l’année de Chémita, où le yéch du propriétaire est annulé et où les produits deviennent sans propriétaire.

Pour aller plus loin

Le Zohar sur Chela’h (158b), cité par la note de Kehot d’après le manuscrit Buch 1999, interprète la question de Moché aux explorateurs : « Y a-t-il un arbre en lui ou non (aïn) ? », comme une allusion à la question d’Israël : « Havaya est-Il parmi nous ou non (aïn) ? » Si les fruits du pays étaient semblables à ceux des autres pays, ils tireraient leur flux du seul Arbre de Vie ; mais s’ils surpassaient tous les autres, cela montrerait qu’ils proviennent d’Atika Kadicha, qui est appelé aïn. Le Ramaz explique à cet endroit que cet aïn est le Daat caché d’Arikh Anpin, le deuxième des trois Rachin.

Maré mekomot

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    ששת ימים עשה ה׳ · Exodus 20:11
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    אני ה׳ חוקר לב · Jeremiah 17:10
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    כחשיכה כאורה · Psalms 139:12
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    סד״ה — להבין ענין לחם משנה · תו״א סו, ג.
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    ויכולו השמים והארץ · Genesis 2:1
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    כורע בברוך וזוקף בשם · Berakhot 12a:24–26
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    וירד ה׳ · Exodus 19:20
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    עין בעין יראו · ישעי׳ נב, כ.
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    עין בעין יראו · Isaiah 52:8
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    ומלאה הארץ דעה · שם יא, ט.
  15. 15
    ומלאה הארץ דעה · Isaiah 11:9
  16. 16
    כמשל ב׳ בנ״א · ועל״ק ר״פ ואתחנן. וש״נ. [כ].
  17. 17
    ובג״כ ע״ק אקרי אין · Zohar, Idra Zuta 1:29–4:37
  18. 18
    וע׳ בזהר שלח דקנ״ח ב׳ . . וברמ״ז שם · ראה גם לקמן פ׳ שלח מ, ג. מב, ד. אוה״ת ויקרא-א ע׳ קצו. ”רמז להם על מה דשאילו בקדמיתא דכתיב היש ה׳ בקרבנו אם אין, אמר תמן תחמון אי היא אתחזיא להאי או להאי, אמר לון אי דאיבא דארעא כשאר ארעי דעלמא יש בה עץ אילנא דחיי ולא מאתר עילאה יתיר. ואי תחמון דאיבא דארעא יתיר ומשנייא מכל אתר דעלמא תנדעון דהא מעתיקא קדישא קא נגיד ואתמשך ההוא שנוייא עלאה מכל אתרי דעלמא ובדא תנדעון היש בה עץ אם אין. והרמ״ז שם כ׳ שעיקר השפע הוא מושרש מהדעת וב׳ דעות הם העיקריים של זעיר שבו ב׳ יסודי או״א ושל אריך הנעלם דהיינו רישא תניינא דג׳ רישין והוא הנק׳ אין” — בוך 1999.
  19. 19
    היש בה עץ אם אין · Numbers 13:20
  20. 20
    ענין מצות שביעית · ראה גם בדרך מצותיך מצות קדושת שנת השביעית דף לה, א ואילך.
  21. 21
    בנדרים דמ״ב ע״ב · ”על המשנה דהנודר הנאה מחבירו לפני שביעית אינו יורד לתוך שדהו ואינו אוכל מן הנוטות ובשביעית אינו יורד לתוך שדהו אבל אוכל הוא מן הנוטות ופריך בגמרא מאי שנא דאוכל מן הנוטות דפרי דהפקירא אינון ארעא נמי אפקרה כו׳” בוך 1999.
  22. 22
    ולבהמתך ולחי׳ · Leviticus 25:7
  23. 23
    שכל זמן שחי׳ אוכלת · Pesachim 52b:3
  24. 24
  25. 25

23וזהו ביטול היש בפ״מ [בפועל ממש]. וגם מה שתלה הכתוב אכילת אדם באכילת חיה שכשכלה לחיה מן השדה אסור לו לאכול וחייב לבער.

Et c’est là l’annulation du yesh dans les faits. C’est aussi pourquoi le verset fait dépendre la consommation de l’homme de celle de l’animal : lorsque [les produits] ont disparu pour l’animal des champs, il lui est interdit d’en consommer et il doit les éliminer,

Explication

Il s’agit de l’annulation du yesh dans la pratique. Le verset fait dépendre la consommation de l’homme de celle des animaux : lorsque les produits ont disparu des champs pour les animaux sauvages, leur propriétaire ne peut plus en consommer et doit les éliminer.

היינו מפני שהוא ביטול היש עד שאדם ובהמה שוים. וזהו מפני שהוא שבת הארץ ועלייה בבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין], כי

car l’annulation du yesh est telle que l’homme et l’animal sont égaux. Cela tient au fait qu’il s’agit du Chabbat de la terre et de son élévation au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Car

Explication

Cela témoigne d’un bitoul si complet que l’homme et l’animal sont égaux. C’est le « Chabbat de la terre », son élévation vers sovev.

הנה התחלקות המדרגות דצח״מ [דומם צומח חי מדבר] זהו מצד בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שבאדם מתגלה בחי׳ חכמה שלא נתגלה ונמשך בחי׳ זו בבהמה וחיה שנתגלה בהם רק בחי׳ החיות בלבד כו׳, (ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פמ״ח).

la répartition en niveaux — minéral, végétal, animal et parlant — relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) : chez l’homme se révèle le niveau de 'Hokhma, tandis que ce niveau ne se révèle ni n’est transmis aux animaux domestiques et aux animaux sauvages, chez lesquels seul se révèle le niveau de la force vitale, etc. (voir aussi Sefer Shel Beinonim, chapitre 48).

Explication

La hiérarchie de la création — minéral, végétal, animal et humain — découle de memalé, qui se manifeste en chacun selon sa capacité : chez l’homme se révèle 'Hokhma, tandis que chez les animaux seule se révèle la force vitale. Le texte renvoie au Tanya, chapitre 48.

אבל כשמתבטלים לגבי בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שמקיף על כולן בהשוואה א׳ הרי כולן שוין כי בבחי׳ סובב נאמר אדם ובהמה תושיע ה׳ בהשואה א׳

Mais lorsqu’ils s’annulent devant le niveau de sovev, qui les entoure tous de manière égale, ils sont tous égaux ; car, au sujet du niveau de sovev, il est dit : « Tu sauves l’homme et l’animal, Havaya », de manière égale,

Explication

Devant sovev, qui entoure tous les êtres de manière égale, ces distinctions s’effacent. Le verset dit donc : « Tu sauves l’homme et l’animal, Havaya », les plaçant au même niveau.

והיינו בחי׳ בהמה רבה כו׳, (עמש״ל [עיין מה שכתוב לעיל] בד״ה והניף הכהן ובפ׳ עקב בד״ה ויאכילך). ולכן באכילת שביעית אדם ובהמה שוין.

et c’est là le niveau de la « grande bête », etc. (voir ce qui a été écrit plus haut, dans le discours commençant par « Et le Cohen agitera », ainsi que dans la paracha Ekev, dans le discours commençant par « Et Il te nourrit »). C’est pourquoi, lorsqu’ils consomment les produits de la septième année, l’homme et l’animal sont égaux.

Explication

Il s’agit du niveau appelé la « grande bête », qui, selon la note de Kehot, est une « bête » supérieure à l’homme. C’est pourquoi, lorsqu’ils consomment les produits de l’année sabbatique, l’homme et l’animal sont égaux.

והיינו ע״י התגלות סכ״ע [סובב כל עלמין]. ואמנם כ״ז [כל זה] הוא ענין ביטול היש לאין. והיינו כענין בחי׳ ומדרגת שבת תתאה, אבל שבת עילאה הוא למעלה מבחי׳ זו.

Cela se produit par la révélation de sovev. Toutefois, tout cela relève de l’annulation du yesh en ayin. C’est comparable au niveau et au degré du Chabbat inférieur ; mais le Chabbat supérieur se situe au-delà de ce niveau.

Explication

Cette égalité provient de la révélation de sovev. Pourtant, tout cela reste l’annulation du yesh en ayin, le Chabbat inférieur ; le Chabbat supérieur le dépasse.

Le paragraphe 23 en bref

Pendant l’année sabbatique, l’homme et l’animal deviennent égaux dans la consommation des produits, car la terre s’élève vers sovev, devant lequel tous les niveaux de la création sont égaux. Cela relève encore de l’annulation du yesh, le Chabbat inférieur ; le Chabbat supérieur se situe au-delà.

Pour aller plus loin

Le discours de la paracha Emor sur « Et le Cohen agitera », auquel renvoie la note de Kehot, explique que le but de toute la création est que le yesh s’annule en ayin, chaque monde selon son niveau, et que le bitoul essentiel consiste à être inclus dans la Lumière infinie, comme les membres du corps sont unis à l’âme qui leur donne vie.

Maré mekomot

  1. 1
    אדם ובהמה תושיע ה׳ · Psalms 36:7
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    בהמה רבה · Jonah 4:11
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    בד״ה והניף הכהן · לעיל לז, א מענין ביטול.
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    בד״ה והניף הכהן · Leviticus 23:20
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    ובפ׳ עקב בד״ה ויאכילך · לקמן פ׳ עקב יג, ג שיש עוד בחינה בהמה שלמעלה מבחי׳ אדם והיא הנק׳ בשם בהמה רבה.
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    בד״ה ויאכילך · Deuteronomy 8:3

« Qu’Il a fait » et « qu’Il a créé » ¶24–28

24וביאור הענין הוא דהנה מצינו שנאמר בתורה גבי שבת ב׳ לשונות הא׳ כמ״ש וישבת ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה.

L’explication de la chose est la suivante. Nous trouvons que la Torah emploie deux expressions au sujet du Chabbat. La première est celle-ci : « Et Il se reposa le septième jour de tout Son ouvrage qu’Il avait fait. »

Explication

La Torah décrit de deux façons le repos de D.ieu au Chabbat, et celles-ci correspondent aux deux Chabbatot. La première : « Il se reposa le septième jour de tout Son ouvrage qu’Il avait fait (asah). »

שהוא השבת והעלייה מכל אשר עשה דהיינו מבחי׳ עשייה. הב׳ מ״ש אח״כ [אחר כך] כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא.

Il s’agit du repos et de l’élévation hors de tout ce qu’Il avait fait, c’est-à-dire du niveau d’Assiya (l’action). La seconde est ce qui est écrit ensuite : « car en lui Il se reposa de tout Son ouvrage qu’Il avait créé. »

Explication

Cette première expression parle du repos et de l’élévation hors d’Assiya, hors de ce qu’Il avait « fait ». La seconde, dans le verset suivant, dit qu’Il se reposa « de tout Son ouvrage qu’Il avait créé (bara) ».

שהוא בחי׳ שבת ועלייה גם מבחי׳ בריאה. עם היותו למעלה מבחי׳ עשייה, וכמ״ש אשר ברא אלקים לעשות שהבריאה הוא

Il s’agit du niveau du repos et de l’élévation également hors du niveau de Béria (la création), bien que celui-ci soit supérieur au niveau d’Assiya, comme il est écrit : « que D.ieu a créé pour faire » : la création est

Explication

Il s’agit d’un repos et d’une élévation hors de Béria, la « création », qui est supérieure à Assiya. Comme le dit le verset : « que D.ieu a créé pour faire » : la création vient d’abord, et l’action en découle.

רק מקור להיות מזה אח״כ [אחר כך] בחי׳ עשייה ובשבת שבת ג״ כ מבחי׳ מלאכתו אשר ברא כו׳, והן הן בחי׳ שבת תתאה ושבת עילאה.

seulement une source d’où provient ensuite le niveau d’Assiya ; et au Chabbat, Il se reposa également du niveau de « Son ouvrage qu’Il avait créé », etc. Ce sont précisément les niveaux du Chabbat inférieur et du Chabbat supérieur.

Explication

La création n’est que la source d’où procède ensuite l’action. Au Chabbat, D.ieu se reposa même de la création ; ces deux repos sont le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur.

כי הנה וישבת מבחי׳ אשר עשה היינו עליות עולמות התחתונים שנק׳ בכלל בחי׳ עשייה אצלו ית׳ ובשבת הם מתעלים למעלה מבחי׳ עשייה, וזהו

En effet, « et Il se reposa » du niveau de « ce qu’Il avait fait » désigne l’élévation des mondes inférieurs, qui, de manière générale, sont considérés comme le niveau d’Assiya par rapport à Lui, béni soit-Il ; au Chabbat, ils s’élèvent au-dessus du niveau d’Assiya. Et c’est là

Explication

Le repos de « ce qu’Il avait fait » désigne l’élévation de tous les mondes inférieurs, qui, par rapport à D.ieu, relèvent tous d’Assiya, c’est-à-dire des choses faites. Au Chabbat, ils s’élèvent au-dessus de ce niveau.

והנה טוב מאד ויכולו השמים כו׳, פי׳ שהוטב והוכשר בעיניו סדר ההשתלשלות שנעשו על אופן ויכולו לשון כלות הנפש

« Et voici, cela était très bon. Et les cieux […] furent achevés (vayekhoulou) », etc. Cela signifie que l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) était bon et convenable à Ses yeux, en ce qu’ils furent créés de manière à pouvoir atteindre l’état de vayekhoulou, expression désignant l’extinction de l’âme dans son aspiration (kelot hanéfech) :

Explication

« Voici, cela était très bon » est suivi de « Et les cieux furent achevés (vayekhoulou) » : D.ieu trouvait bon et convenable l’enchaînement des mondes, parce qu’ils furent créés avec la capacité d’atteindre l’état de vayekhoulou, kelot hanéfech, l’aspiration à s’élever et à se fondre en Lui.

שנעשו בענין שיוכלו להיות בבחי׳ כלות הנפש מלמטה למעלה בבחי׳ רצוא ושוב וכל בחי׳ העליות הללו הוא עד עלייתם בבחי׳ חכמה שהיא ראשית ההשתלשלות

ils furent créés de telle sorte qu’ils puissent se trouver dans un état de kelot hanéfech, de bas en haut, selon le mouvement de « courir et revenir ». Toutes ces élévations vont jusqu’à leur élévation au niveau de 'Hokhma, qui est le commencement de l’enchaînement descendant,

Explication

Les mondes furent créés de manière à pouvoir aspirer vers le haut, selon le mouvement de « courir et revenir » des anges d’Ézéchiel. Toutes ces élévations vont jusqu’à 'Hokhma, le commencement de l’enchaînement des mondes.

כי אבא מקנן באצי׳ [באצילות] שהוא בחי׳ ביטול חכמה היא כח מ״ה [מה], משא״כ בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] אין מתגלה בחי׳ חכמה

car Abba réside dans Atsilout, qui est le niveau de l’annulation de soi (bitoul) : 'Hokhma est koach mah, « la force du “quoi ?” ». En revanche, dans Béria, Yetsira et Assiya, le niveau de 'Hokhma ne se révèle pas,

Explication

'Hokhma se révèle dans Atsilout, où « Abba réside » ; c’est le niveau de bitoul, car les lettres de 'Hokhma forment koach mah, « la force du “quoi ?” ». Dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya, 'Hokhma ne se révèle pas.

וכמאמר אימא מקננא בכורסייא, ועליי׳ [ועלייה] עולמות ע״י הביטול היינו ליכלל באצי׳ [באצילות] אשר שם גילוי ח״ע [חכמה עילאה] שבו מלובש אור א״ס [אין סוף].

comme il est dit : « Imma fait son nid dans le Trône. » L’élévation des mondes par l’annulation de soi (bitoul) consiste à être inclus dans le Monde d’Atsilout (Émanation), où se révèle la 'Hokhma (sagesse) suprême, en laquelle est revêtue la Lumière infinie (Or Ein Sof).

Explication

Là, comme le dit le Tikkunei Zohar, « Imma fait son nid dans le Trône », dans le Monde de Béria (Création). L’élévation des mondes par le bitoul pendant Chabbat consiste à être inclus dans le Monde d’Atsilout, où se révèle la 'Hokhma suprême, en laquelle est revêtu l’Or Ein Sof.

Le paragraphe 24 en bref

Les deux expressions de la Torah désignant le repos de D.ieu, hors de ce qu’Il a « fait » et hors de ce qu’Il a « créé », correspondent au Chabbat inférieur et au Chabbat supérieur. Le Chabbat inférieur élève les mondes inférieurs, par leur aspiration et leur bitoul, jusqu’à Atsilout et à 'Hokhma qui s’y révèle.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, observe que, selon l’explication donnée ici, le Chabbat inférieur et le Chabbat supérieur sont tous deux des élévations, tandis que le discours « Voyez que Havaya vous a donné le Chabbat » explique les deux Chabbatot comme étant d’abord une montée d’en bas, puis un influx d’en haut. La note de Kehot indique également que la formule « Abba réside dans Atsilout » ne se trouve pas telle quelle, et renvoie à Etz Chaim, Shaar Derushei ABYA, ainsi qu’aux Nitzutzei Oros sur le Zohar (3:117a), qui emploie cette formule.

Maré mekomot

  1. 1
    וישבות ביום השביעי . . אשר עשה · Genesis 2:2
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    כי בו שבת . . אשר ברא · שם ב, ג.
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    כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא · Genesis 2:3
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    והן הן בחי׳ שבת תתאה ושבת עילאה · באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכט כ׳ ”דלפירושו כאן שבת תתאה ושבת עילאה הכל הם עליות, אמנם בד״ה ראו כי ה׳ נתן לכם את השבת [לקו״ת בשלח ב, ג] משמע דב׳ השבתות כהלכתן היינו הא׳ ההילוך מלמטה למעלה והב׳ ההמשכה מלמעלה למטה” ע״ש. וכן הקשה באוה״ת בראשית-א דף סא, א.
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    והנה טוב מאד · Genesis 1:31
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    והנה טוב מאד ויכלו · שם א, לא. ב. א.
  7. 7
    ויכולו השמים · Genesis 2:1
  8. 8
    רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
  9. 9
    אבא מקנן באצי׳ · ועל״ק ש׳ שובה סו, סע״א אבא שרש האצי׳ [כ].
  10. 10
    אבא מקנן באצי׳ · הל׳ ”מקנן” ל״מ. וע׳ בע״ח ש׳ דרושי אבי״ע רפ״ה ושם פי״ג מ״ת ולבסוף שער ק״ש. ושוב מצאתי זח״ג ר״פ במדבר קיז, א בניצוצי אורות אוק״ב [= אות קטן ב] כמ״ש כאן [כ]. וראה הערה בסה״מ תש״ג ע׳ 133.
  11. 11
    חכמה היא כח מ״ה · Zohar III, 34a
  12. 12
    אימא מקננא בכורסיא · ת״ז ת״ו.
  13. 13
    אימא מקננא בכורסייא · Tikkunei Zohar 23a:10–11

25וע״ז [ועל זה] נאמר וישבת מכל אשר עשה. שהרי גם בחכמה כתיב והחכמה מאין תמצא שנק׳ בריאה יש מאין לגבי אור א״ס [אין סוף] ב״ה. וזהו בחי׳ שבת תתאה והוא ענין ביטול היש לאין וכן הוא בענין שביעית.

Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Et Il se reposa de tout ce qu’Il avait fait. » Car il est également écrit au sujet de 'Hokhma : « Et la 'Hokhma se trouve à partir du ayin » ; elle est ainsi appelée une création, quelque chose à partir du néant, par rapport à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Tel est le niveau du Chabbat inférieur : il consiste en l’annulation du yesh dans le ayin ; il en va de même pour la septième année.

Explication

L’élévation « de tout ce qu’Il avait fait » atteint jusqu’à 'Hokhma. Même la 'Hokhma « se trouve à partir du ayin », création à partir du néant par rapport à la Lumière infinie ; aussi l’élévation vers elle relève-t-elle encore du Chabbat inférieur : l’annulation du yesh dans le ayin, comme lors de l’année sabbatique.

Le paragraphe 25 en bref

Le Chabbat inférieur est l’élévation des mondes vers 'Hokhma, qui demeure elle-même une « création » par rapport à la Lumière infinie ; il s’agit de l’annulation du yesh dans le ayin, comme lors de la septième année.

Maré mekomot

  1. 1
    וישבת מכל אשר עשה · Genesis 2:2
  2. 2
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12

26והנה כן הוא ג״כ ענין המצות שהם ג״כ ביטול היש לאין. אמנם השכר שיהי׳ [שיהיה] עי״ז לעתיד היינו בחי׳ גילוי עצמות אור א״ס [אין סוף] הסכ״ע [הסובב כל עלמין] הוא בחי׳ אין שממנו תמצא החכמה עילאה.

Il en va de même des mitsvot, qui sont elles aussi l’annulation du yesh dans l’ayin. Cependant, la récompense qui en découlera dans l’avenir est le niveau de la révélation de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui est le niveau de l’ayin d’où la 'Hokhma suprême « se trouve ».

Explication

Les mitsvot aussi sont l’annulation du yesh dans l’ayin, le niveau inférieur. Mais leur récompense future est la révélation de l’essence de la Lumière infinie, sovev, l’ayin dont procède la 'Hokhma suprême elle-même.

וזהו בחי׳ ומדרגת שבת עילאה והוא מ״ש כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא שהחכמה נקרא בריאה כנ״ל.

Et cela correspond au niveau et au rang du Chabbat supérieur, ce qui est écrit : « Car en lui, Il cessa toute Son œuvre qu’Il avait créée », car la 'Hokhma est appelée « création », comme mentionné plus haut.

Explication

Cette révélation supérieure est le Chabbat supérieur : D.ieu « cessa toute Son œuvre qu’Il avait créée », au-delà même de la 'Hokhma, qui est appelée « création ».

Le paragraphe 26 en bref

Le Chabbat supérieur correspond à la récompense future des mitsvot : la révélation de sovev, l’ayin qui se situe au-dessus de la 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא · Genesis 2:3

27והנה חיות והתהוות החכמה הוא רק מבחי׳ שמו וזיו בלבד וכמבואר למעלה בפי׳ בורא קדושים ישתבח שמך כו׳ ושמו בגימ׳ [בגימטריא] רצון.

Or, la vitalité et l’apparition de 'Hokhma proviennent uniquement du niveau de Son Nom et de Son rayonnement, comme cela a été expliqué plus haut à propos du sens de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », etc. ; et shemo (« Son Nom ») a la même valeur numérique que ratzon (volonté).

Explication

'Hokhma ne reçoit sa vitalité et son existence que du « Nom » de D.ieu, c’est-à-dire de Son rayonnement, comme cela a été expliqué précédemment. Le mot shemo, « Son Nom », a la même valeur numérique que ratzon, « volonté » : Son Nom correspond à Sa volonté.

אבל עצמותו ית׳ הנק׳ בעל הרצון ונקרא מאור פי׳ מקור האור הוא למעלה מעלה מהיות מקור לחכמה ובשבת יש בחי׳ עליות העולמות כ״כ [כל כך] עד שהחכמה עולה ונכלל במאצילה הסכ״ע [הסובב כל עלמין] וזהו בחינת שבת עילאה.

Mais Son essence, béni soit-Il, appelée le Maître de la volonté et également le Luminaire, c’est-à-dire la source de la lumière, est infiniment au-dessus du fait d’être une source pour 'Hokhma. Le Chabbat, l’élévation des mondes est si grande que 'Hokhma s’élève et s’inclut dans son Émanateur, le sovev ; c’est là le niveau du Chabbat supérieur.

Explication

Mais l’essence de D.ieu, Maître de la volonté et Luminaire d’où provient la lumière, est infiniment au-dessus du fait d’être une source pour 'Hokhma. Le Chabbat, les mondes s’élèvent si haut que 'Hokhma elle-même s’inclut dans sa source, le sovev : c’est là le Chabbat supérieur.

ובחי׳ ביטול זה זהו ענין כתר שהוא לשון שתיקה כתר לי זעיר (באיוב רסי׳ [ריש סימן] ל״ו), דפירושו המתן לי מעט ודום שהוא ענין שתיקה.

Ce niveau de bitoul relève de Kéter (la Couronne), terme qui signifie le silence, comme dans « Kater li ze’ir » (Job, début du chapitre 36), qui signifie : « Attends-moi un peu » et reste silencieux ; il s’agit là du silence.

Explication

Ce bitoul au-dessus de 'Hokhma est Kéter, la Couronne, dont le nom évoque également l’attente silencieuse, comme dans les mots de Job : « Kater li ze’ir », « Attends-moi un peu ».

והוא ענין סייג לחכמה שתיקה. סייג הוא גדר ומקיף שלמעלה מהחכמה הוא השתיקה והביטול וכענין משתאה לה מחריש.

C’est là le sens de l’enseignement : « Le silence est une clôture pour la sagesse. » Une clôture est une enceinte qui entoure ; au-dessus de 'Hokhma se trouvent le silence et le bitoul, comme dans « la regardant avec étonnement, il gardait le silence ».

Explication

La Michna enseigne : « Le silence est une clôture pour la sagesse. » Une clôture entoure ; ce qui entoure 'Hokhma et se tient au-dessus d’elle, ce sont le silence et le bitoul, comme lorsqu’Éliézer « la regardait avec étonnement, en gardant le silence ».

וכמ״ש במ״א בענין כבד פה וכבד לשון דמשה כו׳, וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בירו׳ [בירושלמי] כתיב שבת לה׳ אלקיך שבות כה׳ מה הוא שבת ממאמר אף אתה שבות ממאמר אר״ח [אמר רבי חנינא] בדוחק התירו שאילת שלום בשבת:

Comme cela est expliqué ailleurs à propos de la « lourdeur de bouche et de langue » de Moché, etc. C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages de mémoire bénie dans le Talmud de Jérusalem : il est écrit : « Un Chabbat pour Havaya ton D.ieu » ; repose comme Havaya [se repose]. De même qu’Il cessa de parler, toi aussi, cesse de parler. Rabbi Hanina dit : c’est avec difficulté qu’ils autorisèrent à se saluer le Chabbat.

Explication

La « lourdeur de bouche et de langue » de Moché est expliquée ailleurs dans cette perspective. Le Talmud de Jérusalem interprète « Un Chabbat pour Havaya » comme signifiant : « Repose comme Havaya se repose » ; de même que D.ieu cessa de parler, nous aussi retenons nos paroles le Chabbat, si bien que même le fait de saluer autrui ne fut autorisé qu’avec difficulté.

Le paragraphe 27 en bref

Plus le Chabbat supérieur s’élève au-delà de 'Hokhma, jusqu’au Luminaire lui-même, au niveau de Kéter, plus il relève du silence et du bitoul au-dessus de la sagesse. Cela se reflète dans la retenue de la parole le Chabbat : « Repose comme Havaya se repose. »

Pour aller plus loin

Torah Ohr (Vayetzei, 23a), cité dans la note de Kehot, explique que Moché avait la « lourdeur de bouche » en raison de la profondeur de son lien et de son bitoul — « et que sommes-nous ? » — qui l’empêchaient de transmettre par la parole. Le bitoul de Lévi est intérieur, tandis que celui de Yehouda est un bitoul exprimé au grand jour, comme lorsqu’on s’incline en disant Modim. La note de Kehot rattache l’équivalence entre shemo et ratzon à Pri Etz Chaim, Shaar Krias Shema, fin du chapitre 28.

Maré mekomot

  1. 1
    ושמו בגימ׳ רצון · פע״ח ש׳ הק״ש סופכ״ח [כ]. פלח הרמון — לרמ״ע מפאנו — שער ד פ״ג. מאו״א מ, נה. לעיל (פקודי) ז, ד ”ובס׳ קבלה הראשונים”. מאמרי אדה״ז-הקצרים ע׳ תקמג. אוה״ת פינחס א׳ פד.
  2. 2
    כתר לי זעיר · Job 36:2
  3. 3
    סייג לחכמה שתיקה · אבות ג, יג.
  4. 4
    סייג לחכמה שתיקה · Pirkei Avot 3:13
  5. 5
    משתאה לה מחריש · Genesis 24:21
  6. 6
    כבד פה וכבד לשון · Exodus 4:10
  7. 7
    וכמ״ש במ״א בענין כבד פה וכבד לשון דמשה · כן נזכר גם באוה״ת וישב כרך-ו דף תתרפג, ב. וראה תו״א כג, א.
  8. 8
    שבות כה׳ מה הוא שבת ממאמר אף אתה שבות ממאמר · Jerusalem Talmud Shabbat 15:3
  9. 9
    וזשארז״ל בירושלמי . . בדוחק התירו שאילת שלום בשבת · שבת פט״ו ה״ג.

28קיצור. (וזהו ענין שתי שבתות כהלכתן. כי שבת העלייה מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] בסוכ״ע [בסובב כל עלמין] ועי״ז נמשך בחי׳ הביטול. ויש בזה שני בחי׳. שבת תתאה הוא ענין ביטול היש לאין בבחי׳ חכמה כח מה. ושבת עילאה בחי׳ שלמעלה מהחכמה):

Résumé. (Tel est le sens des « deux Chabbatot selon leurs lois ». Car le Chabbat est l’élévation du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) vers celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), et c’est ainsi que se suscite le bitoul. Il y a à cet égard deux niveaux : le Chabbat inférieur est l’annulation du yéch en ayin au niveau de 'Hokhma, koach ma ; le Chabbat supérieur est le niveau qui dépasse 'Hokhma.)

Explication

Résumé de la quatrième section : le Chabbat est l’élévation de memalé vers sovev, qui suscite le bitoul en deux degrés : le Chabbat inférieur, l’annulation du yéch en ayin au sein de 'Hokhma (koach ma), et le Chabbat supérieur, au-delà de 'Hokhma.

Le paragraphe 28 en bref

Résumé de la quatrième section du maamar.

Maré mekomot

  1. 1
    בבחי׳ חכמה כח מה · Zohar, Tzav 21:154–24:166

Garder les Chabbatot, révérer le Sanctuaire ¶29–30

29ה וזהו את שבתותי תשמרו. פי׳ שבתותי היינו בחי׳ שבת תתאה שהוא ביטול היש לאין, ושבת עילאה

5. Et voici [le sens de] « Vous garderez Mes Chabbatot. » « Mes Chabbatot » désigne le niveau du Chabbat inférieur, qui est l’annulation du yesh dans le ayin, ainsi que le Chabbat supérieur,

Explication

La section 5 revient au verset d’ouverture. « Mes Chabbatot », au pluriel, désigne le Chabbat inférieur, l’annulation du yesh dans le ayin, et le Chabbat supérieur.

שהוא ביטול האמיתי שב׳ שבתות אלו ישנן בכל שבת כנ״ל (וע׳ [ועיין] מענין את שבתותי תשמרו בזח״א [בזהר חלק א] ה׳ ב׳ ח״ג [חלק ג׳] פב״א. ת״ז [תיקוני זהר] ריש תקון כ״ד).

qui est l’annulation véritable de soi (bitoul) ; car ces deux Chabbatot se trouvent en chaque Chabbat, comme indiqué plus haut (voir aussi, au sujet de « Vous garderez Mes Chabbatot », Zohar, partie I, 5b, et partie III, 82a ; Tikkunei Zohar, début du Tikkoun 24).

Explication

Le Chabbat supérieur est le bitoul véritable, et tous deux sont présents en chaque Chabbat. Le texte renvoie au Zohar et au Tikkunei Zohar à propos de ce verset.

ופי׳ תשמרו שבאמת שבת הוא בחי׳ מתנה שנותנים אותה לנו מה׳ רק שאנו צריכים לשמור שלא יפסידו אותה ח״ו [חס ושלום] ע״י איזה קלקול וגרמא בנזקין המונע גילוי זה

Et le sens de « vous garderez » est que, véritablement, le Chabbat est un don que D.ieu nous accorde ; nous devons seulement le préserver, afin qu’il ne soit pas perdu, à D.ieu ne plaise, par quelque faute ou quelque cause indirecte de dommage qui empêcherait cette révélation,

Explication

« Vous garderez » enseigne que le Chabbat est un don de D.ieu, et non une réalisation qui nous serait propre ; notre rôle est de le préserver, afin qu’aucune faute de notre part, même une cause indirecte, n’en empêche la révélation.

כמו אפילו דברים שאדם דש בעקביו שקר וגסות, וכמ״ש דובר שקרים לא יכון לנגד עיני ובגסות אין אני והוא יכולים לדור בעולם א׳.

comme les choses mêmes qu’une personne piétine de ses talons : le mensonge et l’arrogance. Ainsi qu’il est écrit : « Celui qui profère des mensonges ne se tiendra pas devant Mes yeux », et, au sujet de l’arrogance : « Moi et lui ne pouvons demeurer dans un même monde. »

Explication

Même des fautes que l’on prend à la légère, que l’on « piétine de ses talons », comme le mensonge et l’arrogance, peuvent faire obstacle. De celui qui ment, D.ieu dit qu’il « ne se tiendra pas devant Mes yeux », et, au sujet de l’arrogant : « Moi et lui ne pouvons demeurer dans un même monde. »

והנה הרבותא היא על שבת תתאה שהוא ביטול היש שגם זה אינו אלא בחי׳ תשמרו

Or, le point remarquable concerne le Chabbat inférieur, qui est l’annulation du yesh : même celui-ci n’entre que dans la catégorie de « vous garderez »,

Explication

Le point frappant est que même le Chabbat inférieur, notre propre bitoul, doit être « gardé ».

דהיינו שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] שלא יהיה ביטול זה גופא בבחי׳ יש שהוא ביטל עצמו ע״י כחו (וכמ״ש ופלגשו ושמה ראו מ״ה [שם מ״ה] שעושה יש ודבר מהביטול והוא שרש השתלשלות והתהוות היש גשמי דסט״א [דסטרא אחרא] כו׳).

c’est-à-dire qu’il faut veiller à ce que ce bitoul même ne soit pas dans un état de yesh, comme si l’on s’était annulé par sa propre force (ainsi qu’il est écrit : « Et sa concubine, dont le nom était Re’ouma » ; ré’ou mah, « voyez le “quoi” » : faire du bitoul un yesh, une chose. Cela est la racine de l’enchaînement descendant et de la formation du yesh matériel de la sitra a’hra, etc.).

Explication

Il faut veiller à ne pas transformer le bitoul lui-même en yesh, en tirant orgueil de s’être annulé. Le nom de la concubine de Nahor, Re’ouma, se lit ré’ou mah, « voyez le “quoi” » : mettre en évidence son propre bitoul, ce qui est la racine du yesh matériel de la sitra a’hra.

אלא הכל מאת ה׳ כי הגם שהבחירה ניתנה בידי האדם עכ״ז [עם כל זה] אלמלא עוזרו אין יכול לו

Au contraire, tout vient de D.ieu : car, bien que le libre arbitre ait été remis entre les mains de l’homme, néanmoins, s’Il ne l’aidait pas, celui-ci ne pourrait le vaincre ;

Explication

Au contraire, il faut reconnaître que tout vient de D.ieu : le libre arbitre est entre nos mains, mais, enseignent les Sages, sans l’aide de D.ieu, l’homme ne pourrait vaincre son mauvais penchant.

וגם ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] היה בעיניך כרשע כו׳ (וכמ״ש הפי׳ בסש״ב [בספר של בינונים] פכ״ז). וזהו את שבתותי שב׳ השבתות הם שלי כו׳.

et nos Sages, de mémoire bénie, ont aussi dit : « Soyez à vos propres yeux comme un méchant », etc. (comme l’explique le Sefer Shel Beinonim, chapitre 27). Et c’est là le sens de « Mes Chabbatot » : les deux Chabbatot sont à Moi, etc.

Explication

Les Sages ont donc également dit : « Soyez à vos propres yeux comme un méchant », comme l’explique le Tanya. Voilà pourquoi le verset dit « Mes Chabbatot » : les deux Chabbatot, même le Chabbat inférieur, appartiennent à D.ieu.

ומקדשי תיראו פי׳ מקדשי קאי על התורה כי המקדש שלמטה הוא מעשה ידי האדם שלמה המלך בנה אותו,

« Et vous révérerez Mon Sanctuaire » : « Mon Sanctuaire » désigne la Torah. Car le Sanctuaire d’en bas est l’œuvre des mains de l’homme : le roi Chlomo l’a construit.

Explication

« Mon Sanctuaire » désigne la Torah. Le Temple d’en bas était l’œuvre de mains humaines, construit par le roi Chlomo.

אבל התורה היא מקדשו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ממש וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אין לו להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] בעולמו אלא ד״א [ד׳ אמות] של הלכה

Mais la Torah est véritablement le Sanctuaire du Saint béni soit-Il, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le Saint béni soit-Il n’a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha. »

Explication

La Torah, cependant, est le Sanctuaire même de D.ieu : les Sages disent que D.ieu n’a dans Son monde que « les quatre coudées de la halakha ».

(ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״ב שהתלמוד והמשנה נמשכים מהיכל קה״ק [קדש הקדשים] דבריאה יצירה כו׳ נמצא ד׳ אמות של הלכה הם בחי׳ מקדשי ממש.

(Voir aussi Sefer Shel Beinonim, chapitre 52, où il est expliqué que le Talmud et la Michna émanent de la chambre du Saint des Saints de Béria, Yetsira, etc. Il s’ensuit que les quatre coudées de la halakha sont véritablement le niveau de « Mon Sanctuaire ».

Explication

Le Tanya explique que la Michna et le Talmud proviennent de la chambre du Saint des Saints dans les mondes supérieurs ; les quatre coudées de la halakha sont donc véritablement le Sanctuaire de D.ieu.

ועיין בע״ח [בעץ חיים] שער כסה״כ [כסא הכבוד] פ״ה דשרש היכל קדה״ק [קודש הקדשים] שרשו מאד נעלה. ועמ״ש בביאור ע״פ שבת שבתון בשם זהר הרקיע פ׳ בראשית).

Voir aussi Etz Chaim, Shaar Kisei HaKavod (la Porte du Trône de Gloire), chapitre 5, où il est dit que la racine de la chambre du Saint des Saints est très élevée. Voir également ce qui est écrit dans le Biur sur « un Chabbat de repos complet (Chabbat Chabbaton) », au nom du Zohar HaRakia, Parachat Béréchit.)

Explication

Etz Chaim montre que la racine de cette chambre du Saint des Saints est très élevée. Le texte renvoie également à son explication de « un Chabbat de repos complet », qui cite le Zohar HaRakia.

והענין כי התורה הוא המשכת אלקות בבחי׳ פנימית כמו שבהמ״ק [שבית המקדש] היה גילוי השכינה והוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין]. ושבת הוא העליות בבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין].

Le propos est que la Torah est un déversement de divinité de manière intérieure, comme la Chekhina se révélait dans le Temple ; c’est là le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Et le Chabbat est l’élévation vers le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).

Explication

La Torah fait descendre la divinité de manière intérieure, comme la Chekhina se révélait dans le Temple : c’est le memalé. Le Chabbat, en revanche, est l’élévation vers le sovev.

ולכן אמר עם היות דשבתותי תשמרו שהוא עליות בבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין], עכ״ז [עם כל זה] ומקדשי תיראו אני הוי׳ פי׳ אני הוא עצמותו ית׳ הוא ממש הוי׳ שהוא מה שנמשך להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא] כו׳ וכולא חד.

C’est pourquoi il est dit : bien que « vous gardiez Mes Chabbatot » désigne l’élévation vers le niveau du sovev, néanmoins « vous révérerez Mon Sanctuaire ; Je suis Havaya ». Autrement dit, « Je », qui est Son essence même, béni soit-Il, est véritablement Havaya, ce qui est déversé pour devenir memalé — « le monde futur fut créé par la lettre youd », etc. — et tout ne fait qu’un.

Explication

Le verset les associe donc : bien que le Chabbat soit une élévation vers le sovev, il faut néanmoins « révérer Mon Sanctuaire ; Je suis Havaya ». Le « Je », l’essence même de D.ieu, ne fait qu’un avec Havaya lorsqu’Il se déverse dans le memalé ; ainsi, le déversement par la Torah et l’élévation du Chabbat ne font qu’un.

Le paragraphe 29 en bref

Le verset se comprend désormais dans son ensemble : « Mes Chabbatot » désigne les deux Chabbatot, que nous devons « garder » en nous préservant du mensonge, de l’arrogance et de l’orgueil tiré de notre propre bitoul, puisque tous deux sont un don de D.ieu ; « Mon Sanctuaire » désigne la Torah, le déploiement intérieur de memalé, qui ne fait qu’un avec l’essence de D.ieu, même lorsque le Chabbat s’élève vers sovev.

Pour aller plus loin

Le Biour de ce maamar dans Likkutei Torah (44a), où la note de Kehot indique que ce Zohar est cité, explique le Chabbat inférieur comme le reflet quotidien du Chabbat dans les inclinations de la Amida, l’élévation par la prière de la Torah et des mitsvot de la journée, ainsi que l’ajout du temps profane au jour saint à l’entrée du Chabbat. Concernant la lecture de Re’ouma, la note de Kehot énumère de nombreux parallèles, en commençant par le Kéter Shem Tov, les enseignements du Baal Chem Tov.

Maré mekomot

  1. 1
    את שבתותי תשמרו · Leviticus 19:30
  2. 2
    שבתותי תשמרו · Zohar, Introduction 12:74–84
  3. 3
    שבתותי תשמרו · Zohar, Kedoshim 4:30–33
  4. 4
    ח״ג פ״ב א׳ · ”ואת שבתותי תשמרו דא שבת עילאה ושבת תתאה . . וע״ד ואת שבתותי תשמרו תרי וכלא אתדבק דא בדא ע״ש, ואולי הכוונה למ״ש אח״כ ד״א ואת שבתותי תשמורו לאזהרה לאינון דמחכאן לזווגיהו משבת לשבת” — בוך 1999.
  5. 5
    ת״ז ריש תיקון כ״ד · ”דמסמיך ענין השבת לשמירת הברית” — בוך 1999.
  6. 6
    דברים שאדם דש בעקביו · Avodah Zarah 18a:4
  7. 7
    דברים שאדם דש בעקביו · Rashi on Deuteronomy 7:12
  8. 8
    דובר שקרים לא יכון · Psalms 101:7
  9. 9
    אין אני והוא יכולים · Sotah 5a:14
  10. 10
    ופלגשו ושמה ראו מ״ה · Genesis 22:24
  11. 11
    אלמלא עוזרו אין יכול לו · Kiddushin 30b:7
  12. 12
    הי׳ בעיניך כרשע · Niddah 30b:25
  13. 13
    אין לו להקב״ה בעולמו אלא ד״א של הלכה · Berakhot 8a:18–19
  14. 14
    שהתלמוד והמשנה נמשכים מהיכל קה״ק דבריאה · Tanya, Likkutei Amarim 52:8
  15. 15
    בביאור ע״פ שבת שבתון · לקמן דרושים ליוה״כ עא, ב.
  16. 16
    פי׳ אני הוא עצמותו . . וכולא חד · מובא באוה״ת נ״ך-א ע׳ תרפא ויש שם הערה ע״ז.
  17. 17
    בזח״א ה׳ ב׳ · הלשון נעתק לקמן מד, א.

30וזהו אורייתא מחכמה נפקת פי׳ נפקת היינו התגלותה היא מחכמה אבל מקור חוצבה הוא למעלה מן החכמה כי התורה היא פי׳

Et c’est là [le sens de] « La Torah procède de 'Hokhma » : « procède » signifie que sa révélation vient de 'Hokhma, mais que la source dont elle est émanée se situe au-dessus de 'Hokhma. Car la Torah est l’explication

Explication

Le Zohar dit : « La Torah procède de 'Hokhma » : sa révélation se trouve dans 'Hokhma, mais sa source est plus élevée. Car la Torah est l’explication des mitsvot.

וביאור המצות שהם רצון העליון תרי״ג מצות דאורייתא עם ז׳ מצות דרבנן גימ׳ [גימטריא] תר״ך כתר,

et l’élucidation des mitsvot, qui sont la volonté supérieure (ratzon haélyon) : les 613 mitsvot de la Torah, auxquelles s’ajoutent les sept mitsvot des Sages, donnent 620, valeur numérique de Kéter (la Couronne).

Explication

Les mitsvot sont la volonté supérieure de D.ieu, qui se situe au-dessus de 'Hokhma : les 613 commandements de la Torah et les sept des Sages totalisent 620, valeur numérique de Kéter, la Couronne, le niveau de la volonté.

והנה גבי מקדשי נאמר תיראו (ועיין מזה ברבות בשיר השירים בפסוק כמגדל דוד ובסדר בשלח פכ״ט ע״פ נורא אלקים ממקדשך. ובזבחים קט״ו ב׳ ובסדר ויצא ס״פ ס״ט ע״פ מה נורא המקום הזה ובזח״ב [ובזהר חלק ב׳] ע״ט א׳)

Or, à propos de « Mon Sanctuaire », il est dit : « vous le révérerez » (voir à ce sujet Midrach Rabba sur Shir HaShirim, à propos du verset « comme la tour de David », ainsi que dans la section de Béchala'h, chapitre 29, à propos du verset « D.ieu est redoutable depuis Tes sanctuaires » ; voir aussi Zévahim 115b, la section de Vayétsé, fin du chapitre 69, à propos du verset « Que ce lieu est redoutable », et le Zohar, partie II, 79a) ;

Explication

À propos du Sanctuaire, le verset dit : « vous le révérerez ». Les Midrachim, le Talmud et le Zohar cités ici associent la crainte au Sanctuaire de D.ieu et au lieu du Temple, comme dans « Que ce lieu est redoutable ».

והטעם כי לפי שבחי׳ מקדשי הוא ההמשכה בבחי׳ גילוי ואור פנימי לכך נמשך מזה היראה מצד הגילוי (ועמ״ש בד״ה וירא ישראל כו׳ וייראו העם כו׳ ובסש״ב [ובספר של בינונים] ס״פ כ״ג):

et la raison en est que, puisque le niveau de « Mon Sanctuaire » correspond à un influx qui se prolonge sous la forme d’une révélation et d’une lumière intérieure, la crainte en découle, du fait de cette révélation (voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Israël vit… et le peuple craignit », etc., ainsi que dans Sefer Shel Beinonim, fin du chapitre 23).

Explication

La crainte vient de la révélation : puisque « Mon Sanctuaire », la Torah, est la lumière de D.ieu qui se prolonge sous une forme révélée et intérieure, elle suscite la crainte, comme à la mer, lorsqu’Israël « vit… et le peuple craignit ».

Le paragraphe 30 en bref

La Torah se révèle par 'Hokhma, mais prend sa source dans la volonté supérieure, Kéter, qui lui est supérieure ; et parce qu’elle est la lumière de D.ieu révélée à l’intérieur, elle appelle à la crainte : « Mon Sanctuaire, vous le révérerez ».

Maré mekomot

  1. 1
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  2. 2
    תרי״ג מצות · Makkot 23b
  3. 3
    ז׳ מצות דרבנן · ראה לקו״ש חכ״א ע׳ 401.
  4. 4
    תרי״ג . . ז׳ מצות . . גימ׳ תר״ך · ראה הנסמן במאמרי אדה״ז — פרשיות לע׳ שלח.
  5. 5
    גבי מקדשי נאמר תיראו · Leviticus 19:30
  6. 6
    כמגדל דוד · Song of Songs 4:4
  7. 7
  8. 8
    נורא אלקים ממקדשך · Psalms 68:36
  9. 9
    מה נורא המקום הזה · Genesis 28:17
  10. 10
    בד״ה וירא ישראל כו׳ וייראו העם · Exodus 14:31
  11. 11
    אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121a
  12. 12

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Le Chabbat est un don de D.ieu que nous devons garder : contre le mensonge et l’arrogance, défauts que l’on traite à la légère, et même contre l’orgueil que nous pourrions tirer de notre propre annulation de soi, en nous souvenant que tout vient de D.ieu. Durant la semaine, la prière quotidienne rassemble et élève le service de Torah, les mitsvot et les bonnes actions de la journée ; chaque mitsva accomplie avec bitoul prépare le dévoilement à venir ; et, dans l’étude de la Torah, le moi de la personne ne doit pas faire écran à la parole de D.ieu.

Questions à discuter

  1. Pourquoi l’Admour Hazaken dit-il que la récompense principale des âmes doit leur parvenir lorsqu’elles se trouvent de nouveau dans des corps, plutôt qu’au Gan Eden ?
  2. Comment l’analogie du nom d’une personne explique-t-elle ce que signifie le fait que D.ieu ne crée les mondes que par Son « Nom » ?
  3. En quel sens la récompense d’une mitsva est-elle la mitsva elle-même ?
  4. Comment l’année sabbatique, où l’homme et la bête mangent de la même manière, illustre-t-elle le Chabbat inférieur, et qu’est-ce qui rend le Chabbat supérieur plus élevé ?
  5. Pourquoi faut-il « garder » même notre propre annulation de soi, et quel danger la lecture de Re’ouma comme re’ou ma décrit-elle ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Beharבהר

  1. 1כי תבואו אל הארץ אשר אני…When You Come into the Land That I Am Giving You
  2. 2את שבתתי תשמרו ומקדשי תיראו וגו׳“My Shabbosos you shall keep, and My Sanctuary you shall revere”
  3. 3ביאור הדברים ע״פ את שבתותי כו׳An explanation of the words on “My Shabbosos you shall keep”