Likkutei Torah · Parshas Bechukosai · Maamar 2
ביאור אם בחקותי
Explication de « Si vous marchez selon Mes statuts »
L’idée centrale
Comme la Torah, chaque âme possède deux sortes de lettres : des lettres écrites, qui la revêtent comme l’encre sur le parchemin, et des lettres gravées, qui ne font qu’un avec leur source, comme une gravure dans une pierre précieuse. « Si vous marchez selon Mes statuts (’houkotaï) » est la supplication de D.ieu pour que l’ascension sans limite de l’âme passe par sa racine gravée, les attributs des Patriarches dans Kéter, accessibles dans la prière et préservés par les mitsvot.
Le maamar en bref
En expliquant le discours précédent, l’Admour Hazaken oppose les lettres écrites à l’encre, qui ne font que revêtir le parchemin, aux lettres gravées dans une pierre précieuse, qui appartiennent à sa substance. Dans l’âme, la pensée et la parole sont des lettres écrites, des vêtements ; la forme des vingt-deux lettres, enracinée dans l’intellect et la volonté cachés, est gravée. En haut, les Séfirot d’Atsilout, avec leurs réceptacles révélés, sont comparables à l’écriture, tandis que Kéter, Atik Yomin et Arich Anpin, est la « gravure dans la splendeur suprême » du Zohar, au-delà même de la 'Hokhma de Moché, comme le montre l’histoire de Rabbi Akiva. Ainsi, la Torah écrite vient par Bina, tandis que les Tables, données à Chavouot lorsque Kéter rayonne, furent gravées. Les âmes d’Israël ont leur racine « au-delà du fleuve », dans les attributs d’Arich Anpin ; les Patriarches descendirent pour raffiner les étincelles et guider leur troupeau dans sa remontée. « Marcher selon Mes statuts », c’est cette ascension dans la prière, avec un amour « de toute votre force » ; « garder Mes commandements » fait descendre la lumière dans les réceptacles des mitsvot. Un autre discours ajoute le tsélem, les Pessouké DéZimra et les ‘houkim comme gravures extérieure et intérieure de l’âme animale, et la Torah comme une pluie qui fait croître l’amour.
Plan
- Écriture et gravure : l’analogiePourquoi « marcher » se rapporte-t-il à « Mes statuts » ? Les lettres à l’encre revêtent le parchemin et restent distinctes de lui, tandis que les lettres gravées appartiennent à la pierre ; dans l’âme, la pensée et la parole sont des vêtements, étrangers à elle tout en lui étant liés.¶1–7
- Les lettres gravées dans l’âmeLa pensée supérieure contient des lettres absorbées dans le concept ; plus profondément encore, la forme des vingt-deux lettres, enracinée dans l’intellect et la volonté cachés, comme l’explique l’Iguéret HaKodech, est gravée, tandis que le souffle et la voix en sont l’écriture.¶8–14
- La gravure en haut : KéterLes lettres de parole et de pensée de D.ieu sont des vêtements ; les mots du Zohar, « Il grava des gravures », désignent Kéter, Atik et Arich Anpin, l’intermédiaire uni à la Lumière infinie. La question de Moché au sujet de Rabbi Akiva montre combien cela dépasse Atsilout, dont les réceptacles révélés sont comparables à l’encre.¶15–22
- La Torah écrite et les TablesLa Torah, issue de 'Hokhma, devint des lettres dans Bina ; les Tables, issues de Kéter révélé à Chavouot, furent gravées, et leurs 620 lettres correspondent à Kéter.¶23–24
- La racine de l’âme au-delà du fleuvePourquoi « elle est pure » précède-t-il « Tu l’as créée » ? L’expression de Yehochoua, « au-delà du fleuve », désigne la racine d’Israël dans la pensée cachée, et celle des Patriarches dans le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet d’Arich Anpin, d’où elle descend à travers Atsilout pour raffiner les étincelles : une racine gravée et une descente écrite.¶25–30
- Marcher selon Mes statutsL’amour essentiel de l’âme, au-delà de la connaissance, vient de sa racine ; marcher à travers les trois gravures est sans limite, chaque âme atteindra sa racine, surtout aux jours du Machia’h, et « si » exprime la supplication de D.ieu.¶31–32
- Garder Mes commandementsLes mitsvot sont des réceptacles, les « réceptacles variés » du vin royal ; une mitsva relie la lumière à nous ; courir et revenir ; les produits de la terre et les fruits de l’arbre ; la prière comme intention générale, la bénédiction sur chaque mitsva comme élément particulier.¶33–36
- Une autre explication : le tsélem et la lumière du TohouL’âme intellectuelle relie l’âme divine et l’âme animale ; soixante-dix années sont accordées pour raffiner ; Mah raffine Ban ; l’amour de Moché venait d’Abba à l’intérieur d’un réceptacle, tandis que « très », la lumière des sept jours, se révélera lorsque les réceptacles seront purifiés.¶37–39
- Les deux gravures de l’âme animaleLes Pessouké DéZimra retranchent le mal de l’extérieur ; les ‘houkim, enracinés dans le Kéter de Kéter, le gravent de l’intérieur, en creusant le puits du cœur scellé.¶40–42
- Les mitsvot comme lampe, la Torah comme pluieLes mitsvot préservent la lumière comme une lampe et la « contraignent » à descendre dans les réceptacles ; la Torah, donnée au milieu de cinq voix, tombe comme la pluie, ouvre le cœur, raffine Ban et révèle les étincelles cachées.¶43–44
Notions clés
- Lettres de l’écriture (otiyot haketiva)אותיות הכתיבה
- Lettres écrites à l’encre, distinctes du parchemin et qui ne lui sont liées qu’à la manière d’un vêtement : elles servent de modèle à la pensée et à la parole, aux Séfirot d’Atsilout avec leurs réceptacles, ainsi qu’à la descente de l’âme dans les mondes.
- Lettres de la gravure (otiyot ha’hakika)אותיות החקיקה
- Lettres taillées dans une pierre, qui n’y ajoutent rien d’étranger : elles servent de modèle à la forme des lettres dans l’essence de l’âme, à Kéter, aux Tables et à la racine de l’âme ; le discours lit ‘houkotaï, « Mes statuts », comme des gravures.
- La splendeur suprême (tehirou ila’a)טהירו עילאה
- Le rayonnement de la Lumière infinie dans lequel, selon le Zohar, D.ieu « grava d’abord des gravures » : la genèse de Kéter. Le mot tehora, « pure », dans la bénédiction du matin y fait allusion.
- Kéter comme intermédiaireכתר — ממוצע
- Selon l’enseignement de l’Arizal, Kéter comporte deux parties : Atik Yomin, qui contient le niveau le plus bas de l’Infini, et Arich Anpin, la racine cachée des Séfirot. Ensemble, ils font fonction d’intermédiaire entre l’Émanateur et l’émané.
- Au-delà du fleuveבעבר הנהר
- Au-dessus de Bina, « le fleuve qui sort d’Éden » : la racine des Patriarches et des âmes d’Israël dans le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet d’Arich Anpin.
- Très (me’od)מאד
- Sans limite : l’amour « de toute votre force », la lumière du Tohou, qui peut briller chaque jour comme un faible éclat et se révélera dans le monde futur.
- Tsélemצלם
- L’âme intellectuelle, issue de la noga, qui relie l’âme divine et l’âme animale pour le travail du raffinement.
Écriture et gravure : l’analogie ¶1–7
1ביאור אם בחקותי
Explication de « Si vous marchez dans Mes statuts ».
Le titre indique que ce qui suit est une explication (biour) du discours précédent sur le verset d’ouverture de la paracha : « Si vous marchez dans Mes statuts et gardez Mes commandements » (Lévitique 26:3). Il revient sur les mêmes thèmes et en explique les racines.
Le titre introduit une explication plus approfondie du discours précédent sur « Si vous marchez dans Mes statuts ».
2להבין שרש הדברים הנ״ל. הנה להבין ענין אם בחקותי תלכו שבחי׳ ההליכה היא בחקותי דוקא בבחי׳ אותיות החקיקה.
Pour comprendre la racine des propos mentionnés ci-dessus. À présent, pour comprendre le sens de « Si vous marchez dans Mes statuts » (Be’houkotaï) : le niveau de la « marche » se trouve précisément dans « Mes statuts », au niveau des lettres gravées.
Le discours entreprend d’expliquer les racines de ce qui a été exposé dans le discours précédent. Son idée centrale est que la « marche » dont parle le verset s’accomplit précisément par « Mes statuts » (’houkotaï), un mot que l’Alter Rebbe relie à la gravure (hakika), désignant ainsi des lettres gravées plutôt qu’écrites.
יש להקדים תחלה שרש ענין ההפרש בין תורה שבכתב שנתלבשה באותיות הכתב בדיו על הקלף. לבחי׳ מכתב אלהים חרות על הלוחות שהוא אותיות החקיקה.12
Il faut d’abord exposer la racine de la différence entre la Torah écrite, revêtue de lettres tracées à l’encre sur du parchemin, et le niveau de « l’écriture de D.ieu, gravée sur les Tables », qui consiste en des lettres gravées.
Avant d’expliquer le verset, il pose un fondement : la différence entre la Torah écrite, dont les lettres sont tracées à l’encre sur du parchemin, et les Dix Commandements sur les Tables, que l’Écriture qualifie d’« écriture de D.ieu, gravée sur les Tables ». Les lettres écrites et les lettres gravées constitueront les deux modèles de tout ce qui suit.
Ce paragraphe énonce le thème : pour comprendre pourquoi la marche s’effectue « dans Mes statuts », il faut d’abord comprendre en quoi les lettres tracées à l’encre, comme dans le rouleau de la Torah, diffèrent des lettres gravées dans la pierre, comme sur les Tables.
Maré mekomot
- 1
- 2
3וההפרש בין כתיבה לחקיקה. בגשמיות הוא פשוט דבאותיות הנכתבים בדיו הנה הדיו הוא דבר בפ״ע [בפני עצמו] ואינו מגופו ומהותו של הקלף.
La différence entre l’écriture et la gravure est simple lorsqu’on considère les choses matérielles. Dans les lettres écrites à l’encre, l’encre est une chose en soi, qui ne fait pas partie du corps et de l’essence du parchemin.
Il commence par le cas matériel. L’encre est une substance à part entière ; elle n’est pas faite du parchemin sur lequel elle est écrite.
אך כשמצטייר הדיו בצורות אותיות על הקלף ידבקו והיו לאחדים ונראה כאלו הם דבר א׳, שהרי הקלף הלבן ישנו תחת האות ועליו ממש נכתב האות והוא סובלו.
Mais lorsque l’encre prend la forme de lettres sur le parchemin, elles s’unissent et ne font plus qu’un ; elles semblent alors former une seule chose, car le parchemin blanc se trouve sous la lettre, qui est écrite directement dessus, et il la porte.
Lorsque l’encre prend la forme de lettres sur le parchemin, les deux semblent ne former qu’une seule chose. Le parchemin se trouve sous chaque lettre et la porte.
אבל מ״מ [מכל מקום] באמת הם שני דברים שהרי הקלף הוא דבר בפ״ע [בפני עצמו] והדיו הוא דבר בפ״ע [בפני עצמו] לגמרי
Néanmoins, en vérité, ce sont deux choses : le parchemin est une chose en soi, et l’encre est entièrement une chose en soi.
Pourtant, en réalité, le parchemin et l’encre restent deux choses distinctes.
רק שהלביש את הקלף הלבן להיות נראה על הקלף צורות אותיות מדיו וא״כ [ואם כן] אין זה רק דרך הלבשה בלבד שהלבוש הוא דבר בפ״ע [בפני עצמו] ממש.
Seulement, l’encre a recouvert le parchemin blanc, de sorte que des formes de lettres faites d’encre apparaissent sur le parchemin. Ainsi, il ne s’agit que d’une manière de vêtir, car un vêtement est véritablement une chose à part entière.
L’encre ne fait que recouvrir le parchemin blanc, de sorte que des formes de lettres apparaissent dessus. C’est ainsi qu’un vêtement se rapporte à ce qu’il vêt ; le vêtement est une chose distincte de celui qui le porte.
Les lettres écrites illustrent une union par le vêtement : l’encre et le parchemin semblent ne former qu’une seule chose, mais l’encre demeure une substance distincte qui ne fait que recouvrir le parchemin.
4ואף לבוש המחובר תמיד מ״מ [מכל מקום] מצד עצמו הוא דבר בפני עצמו. וכך הוא ענין אותיות הנכתבים בדיו הן מלבישים את הקלף בחי׳ לבוש לבד משא״כ באותיות החקיקה שנחקקים ונחרצים ע״ג [על גבי] אבן טוב וכה״ג [וכהאי גוונא]
Même un vêtement qui reste toujours attaché est néanmoins, en lui-même, une chose distincte. Il en va de même des lettres écrites à l’encre : elles revêtent le parchemin comme un simple vêtement. Il n’en est pas ainsi des lettres gravées, qui sont gravées et incisées sur une pierre précieuse ou autre chose semblable :
Même un vêtement qui ne se retire jamais reste, en lui-même, une chose distincte ; les lettres à l’encre se rapportent au parchemin exactement de cette manière. Les lettres gravées, taillées dans une pierre précieuse ou une matière semblable, sont différentes.
הנה אין האותיות חשובים בחי׳ לבוש לבד אלא הן מעצמיותו ומהותו של האבן טוב ומגופו ממש יחשבו.
là, les lettres ne sont pas considérées comme un simple vêtement ; elles relèvent plutôt de l’essence et de la nature de la pierre précieuse, et sont considérées comme faisant partie de son corps même.
Les lettres gravées ne recouvrent pas la pierre. Rien n’y a été ajouté ; les lettres comptent donc comme faisant partie de l’essence même et du corps de la pierre.
Les deux modèles sont présentés côte à côte : les lettres à l’encre sont un vêtement sur le parchemin, tandis que les lettres gravées appartiennent à la substance même de la pierre.
5והגם שמ״מ [שמכל מקום] אינו דומה ממש לכמו שהיה האבן טוב מצד עצמו קודם החקיקה שמתחלה היה פשוט בלא ציור אותיות כלל וע״י החקיקה נולדו בו אותיות
Et bien que, néanmoins, cela ne soit pas tout à fait comme la pierre précieuse en elle-même avant la gravure : au départ, elle était simple, sans aucune forme de lettres, et la gravure y fit apparaître des lettres,
Il apporte une réserve. La pierre gravée n’est pas tout à fait comme elle était auparavant : elle était alors unie et sans forme, et la gravure y fit apparaître des lettres.
והרי א״כ [אם כן] צורות האותיות אלו אינן עצמות ומהות האבן טוב שהוא מצד עצמו פשוט בלא ציור אותיות.
il s’ensuit donc que ces formes de lettres ne sont pas l’essence et la nature même de la pierre précieuse, qui est simple en elle-même, sans aucune forme de lettres ;
En ce sens, les formes des lettres ne relèvent pas de l’essence propre de la pierre, car celle-ci, en elle-même, est simple et ne porte aucune lettre.
אך הגם שצורת האותיות היא הוי׳ חדשה אבל עכ״פ [על כל פנים] אותיות אלו הם בגוף האבן טוב ממש ואינו דבר נפרד ממנו
pourtant, bien que la forme des lettres soit une existence nouvelle, ces lettres se trouvent néanmoins dans le corps même de la pierre précieuse et ne sont pas une chose distincte d’elle ;
Cependant, même si les formes des lettres sont quelque chose de nouveau, elles se trouvent dans le corps même de la pierre et ne constituent pas une chose séparée.
רק חרותים וחקוקים בגופו ממש ולא כאותיות שעושים בדיו שהם דבר נפרד חוץ מהקלף וחשובים לבוש לבד
elles sont simplement incisées et gravées dans son corps même, contrairement aux lettres tracées à l’encre, qui sont une chose distincte, extérieure au parchemin, et ne sont considérées que comme un vêtement.
Elles sont gravées dans la pierre elle-même, contrairement aux lettres à l’encre, qui demeurent à l’extérieur du parchemin et en sont comme un vêtement.
אבל אותיות החקיקה אע״פ [אף על פי] שהן ג״כ אותיות ולא כקלף הלבן ואבן טוב במהותו ועצמותו שמופשט מכל צורה ממש אבל עכ״פ [על כל פנים] הם מגופו ומהותו של הדבר הנחקק ולמעלה מעלה מבחי׳ לבוש:
Mais les lettres gravées, bien qu’elles soient elles aussi des lettres et ne soient donc pas comme le parchemin blanc ou la pierre précieuse dans son être et son essence, entièrement dépourvus de toute forme, proviennent néanmoins du corps et de la nature même de la chose gravée, et se situent bien au-dessus du niveau d’un vêtement.
La conclusion est la suivante : les lettres gravées sont bien des lettres ; elles ne sont donc pas l’essence informe de la pierre (ni du parchemin blanc). Mais elles appartiennent au corps et à la nature de ce qui est gravé, et dépassent de très loin le statut d’un vêtement.
L’analogie est précisée : la gravure introduit bien quelque chose de nouveau, les formes des lettres, mais cette nouveauté se trouve dans la pierre elle-même. Les lettres gravées se situent donc entre l’essence informe de la pierre et le vêtement extérieur que constitue l’encre.
Cette position intermédiaire annonce la manière dont le discours décrira Kéter (paragraphe 21) : ses Séfirot ne sont pas la Lumière infinie simple elle-même, mais elles ne lui sont pas non plus étrangères, de même que la gravure n’est ni la pierre unie ni une matière ajoutée.
6והנה עם היות המשל הנ״ל הוא ענין גשמי מ״מ [מכל מקום] ממנו יובן הנמשל למעלה בענין שרש מעלת הלוחות וכמשי״ת [וכמו שיתבאר] אי״ה [אם ירצה השם].
Or, bien que l’analogie évoquée plus haut relève du domaine matériel, elle permet néanmoins de comprendre ce qu’elle représente dans les mondes supérieurs, concernant la racine de la supériorité des Tables, comme nous l’expliquerons, avec l’aide de D.ieu.
L’analogie matérielle vise à expliquer une réalité des mondes supérieurs : la racine de la supériorité des Tables. Le maamar appliquera cette analogie par la suite.
אך מקודם יש לבאר עוד איך שדוגמת המשל הנ״ל באותיות הכתיבה ואותיות החקיקה הגשמיים. יש דוגמתם ממש ברוחניות באותיות שבנפש המדברת שבאדם.
Mais il faut d’abord expliquer davantage comment l’analogie précédente des lettres écrites et des lettres gravées, dans le domaine matériel, possède un équivalent exact dans la spiritualité : les lettres qui se trouvent dans l’âme parlante de l’homme.
Il montre d’abord que ces deux sortes de lettres ont un équivalent spirituel dans l’âme humaine, dite « parlante » parce qu’elle s’exprime par la pensée et la parole.
דהנה עם היות שהנפש מלאה אותיות1 וכמ״ש ויהי האדם לנפש חיה2 ותרגם אונקלוס לרוח ממללא3 וכדלקמן אי״ה [אם ירצה השם] מ״מ [מכל מקום]
En effet, bien que l’âme soit pleine de lettres, comme il est écrit : « Et l’homme devint une âme vivante », ce qu’Onkelos traduit par « un esprit parlant », comme nous l’expliquerons plus loin, avec l’aide de D.ieu, néanmoins,
L’âme elle-même est pleine de lettres. Onkelos traduit « l’homme devint une âme vivante » par « un esprit parlant » : le pouvoir de parler, et avec lui les lettres, appartiennent donc à l’âme humaine. Le maamar reviendra plus loin sur ce point.
הנה נביעת האותיות שבמחשבה ודבור אף שנובעים מהנפש מ״מ [מכל מקום] גשם מהות אותיות הדבור שהם מבחי׳ קול והבל הלב הגשמי היוצא מן הקנה כמו דבר זר ממש נחשב לגבי מהות ועצמות הנפש
quant à l’épanchement des lettres dans la pensée et dans la parole, bien qu’elles émanent de l’âme, la substance grossière des lettres de la parole — qui relèvent du niveau de la voix et du souffle physique du cœur, sortant par la trachée — est néanmoins considérée comme quelque chose de véritablement étranger à l’être et à l’essence de l’âme.
Même lorsque les lettres émanent de l’âme sous forme de pensée et de parole, les lettres parlées, constituées de la voix et du souffle physique qui monte du cœur et passe par la trachée, sont comme quelque chose d’étranger à l’être et à l’essence propres de l’âme.
כי מה ענין קול גשמי למהות הנפש הרוחניות ואפי׳ [ואפילו] מהות האותיות שבמחשבה שחושב ומהרהר אותיות א״ב ג״ד כו׳ מהות מחשבה זו ואותיות אלו
Car quel rapport une voix physique peut-elle avoir avec l’être de l’âme spirituelle ? Et même l’être des lettres de la pensée, lorsque l’on pense et médite les lettres alef, beit, guimel, dalet, etc., l’être de cette pensée et de ces lettres
Une voix physique n’a rien de commun avec l’âme spirituelle. Même les lettres de la pensée — comme lorsqu’une personne passe mentalement en revue les lettres alef, beit, guimel, dalet — ne relèvent pas de l’être propre de l’âme.
כמו דבר זר ממש נחשב לגבי הנפש ע״ד [על דרך] אותיות הדבור דאע״פ [דאף על פי] שהם רוחניים יותר ממהות הקול הגשמי מ״מ [מכל מקום] בנקל לצייר שאין זה כלל מערך מהות רוחניות הנפש
est considéré comme quelque chose de véritablement étranger à l’âme, tout comme les lettres de la parole. Car bien qu’elles soient plus spirituelles que la substance de la voix physique, il est néanmoins facile de concevoir qu’elles ne sont nullement comparables à l’être spirituel de l’âme.
Les lettres de la pensée sont plus subtiles que la voix physique, mais il est facile de comprendre qu’elles restent sans commune mesure avec l’être spirituel de l’âme.
ולכן מחשבה ודבור נקראו רק לבושין בלבד לגבי הנפש כמו הלבוש שאינו כלל ממהות הדבר
C’est pourquoi la pensée et la parole ne sont appelées que des vêtements par rapport à l’âme, comme un vêtement qui ne relève nullement de l’être de la chose
Voilà pourquoi la pensée et la parole sont appelées les « vêtements » de l’âme : comme un vêtement, elles ne font pas partie de l’être de celui qui le porte.
רק דבר אחר ממש וכנ״ל במשל שאותיות הכתיבה הן לבושים לפי שהדיו הוא דבר זר ואינו כלל ממהות הקלף רק שמלבישו ונראה כאלו הוא דבר אחד.
mais constituent véritablement quelque chose d’autre. C’est ce qui a été dit plus haut dans l’analogie : les lettres écrites sont des vêtements parce que l’encre est une chose étrangère, qui ne relève nullement de l’être du parchemin ; elle ne fait que le recouvrir, et l’on dirait alors qu’ils ne forment qu’une seule chose.
Cela correspond à l’analogie des lettres écrites : l’encre est étrangère au parchemin et ne fait que le recouvrir, bien que tous deux semblent ne former qu’une seule chose.
כך אותיות המחשבה ודבור הם דברים נפרדים. אותיות הדבור הן מקול גשמי. ואותיות המחשבה רוחניים יותר ומ״מ [ומכל מקום] אינן כלל ממהות הנפש וחשובים
De même, les lettres de la pensée et de la parole sont des choses distinctes. Les lettres de la parole sont constituées d’une voix physique. Les lettres de la pensée sont plus spirituelles, mais elles ne sont néanmoins nullement de l’essence de l’âme et sont considérées
Les lettres de la parole sont constituées d’une voix physique, tandis que celles de la pensée sont plus spirituelles. Toutes deux sont toutefois distinctes de l’essence de l’âme et comptent comme des vêtements.
כמו לבוש לבד רק המחשבה היא לבוש המחובר והדבור הוא בחי׳ לבוש הנפרד כמ״ש במ״א,4 ואעפ״כ [ואף על פי כן] הרי הם דבוקי׳ [דבוקים] ממש במהו׳ [במהות] הנפש ממש
comme un simple vêtement, à ceci près que la pensée est un vêtement attaché, tandis que la parole est du niveau d’un vêtement séparé, comme cela est expliqué ailleurs. Malgré cela, elles adhèrent véritablement à l’essence même de l’âme,
Dans cette distinction, la pensée est appelée un « vêtement attaché » et la parole un « vêtement séparé », comme l’expliquent d’autres maamarim. Malgré cela, toutes deux adhèrent étroitement à l’essence même de l’âme.
שהרי הנפש היא המדברת אותיות הדבור ומחשבת ומהרהרת באותיות המחשבה ובלעדה אין שום מציאות לאותיות המחשבה והדבור
car c’est l’âme qui prononce les lettres de la parole, pense et médite les lettres de la pensée ; sans elle, les lettres de la pensée et de la parole n’auraient absolument aucune existence.
Elles adhèrent à l’âme parce que c’est l’âme elle-même qui les prononce et les pense. Sans l’âme, les lettres de la pensée et de la parole n’existeraient absolument pas.
וזה ממש כמשל אותיות הנכתבים בדיו שאע״פ [שאף על פי] שאין הדיו ממהות הקלף מ״מ [מכל מקום] הוא דבוק בהקלף והקלף הוא הסובל ונושא עליו אותיות אלו
Cela est exactement comparable à des lettres tracées à l’encre : bien que l’encre ne soit pas de l’essence du parchemin, elle adhère néanmoins au parchemin, et c’est le parchemin qui supporte et porte ces lettres.
Il en va de même de l’encre : bien qu’elle soit étrangère au parchemin, elle y adhère, et c’est le parchemin qui porte les lettres.
וגם תחת שחרורית הדיו יש לבנונית הקלף ובלעדי הקלף אינו שייך שום מציאת אותיות מהדיו בעצמו.
En outre, sous la noirceur de l’encre se trouve la blancheur du parchemin ; sans le parchemin, les lettres tracées par l’encre seule ne pourraient absolument pas exister.
La blancheur du parchemin se trouve également sous le noir de l’encre ; sans le parchemin, l’encre seule ne pourrait former aucune lettre.
כך הנפש היא המדברת ומהרהרת וסובלת גשם אותיות הדבור והמחשבה ובלעדה אין שום מציאות אותיות מחשבה ודבור
De même, c’est l’âme qui parle et médite, et qui supporte la matérialité des lettres de la parole et de la pensée ; sans elle, les lettres de la pensée et de la parole n’auraient absolument aucune existence.
De la même manière, l’âme parle, pense et supporte les lettres plus matérielles de la parole et de la pensée, qui ne pourraient exister sans elle.
וגם הארה ממנה מתלבשת באותיות המחשבה ודבור כלבנונית הקלף שתחת הדיו כדלקמן והרי א״כ [אם כן] אותיות המחשבה ודבור דבוקים ממש להנפש והיו לאחדים.
En outre, un rayonnement de l’âme s’habille dans les lettres de la pensée et de la parole, comme la blancheur du parchemin sous l’encre, ainsi qu’il sera expliqué plus loin. Il s’ensuit que les lettres de la pensée et de la parole adhèrent véritablement à l’âme et ne font qu’un avec elle.
De plus, un rayonnement de l’âme s’habille dans ces lettres, comme la blancheur du parchemin sous l’encre. En ce sens, les lettres de la pensée et de la parole sont véritablement unies à l’âme et ne font qu’un avec elle.
L’analogie des lettres écrites est appliquée à l’âme : les lettres de la pensée et de la parole sont des vêtements, étrangers à l’essence de l’âme, mais néanmoins unis à elle, car l’âme les exprime, les porte et rayonne en elles.
Cette double caractéristique — un vêtement étranger à celui qui le porte, tout en lui étant pleinement uni — servira plus loin de modèle pour les dix Séfirot d’Atsilout, comparées à des lettres d’encre sur le parchemin (paragraphes 20–22).
Maré mekomot
- 1שהנפש מלאה אותיות · ראה לקמן פ׳ נשא כו, ב. וראה באוה״ת תבוא ע׳ תתרלב.
- 2ויהי האדם לנפש חי׳ · Genesis 2:7
- 3לרוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
- 4לבוש . . כמ״ש במ״א · ראה לקו״ת שה״ש ד, א. בלק סז, ג.
7ומ״מ [ומכל מקום] הן לבושים לבד לפי שמצד עצמן הן דבר נפרד הדבור מן בחי׳ הבל הלב כו׳
Néanmoins, elles ne sont que des vêtements, car, en elles-mêmes, elles sont une chose distincte : la parole provient du niveau du souffle du cœur, etc.,
Même ainsi, la pensée et la parole demeurent des vêtements, car elles sont en elles-mêmes distinctes de l’âme : la parole, par exemple, est constituée du souffle du cœur.
רק שהנפש מתלבשת בהן זהו המשל מבחי׳ אותיות הכתיבה בדיו ע״ג [על גבי] קלף שדוגמתן ברוחנית בנפש הוא בחי׳ אותיות המחשבה והדבור כנ״ל (ועמ״ש מזה בד״ה שחורה אני1 אש שחורה ע״ג [על גבי] אש לבנה):
seulement, l’âme s’en revêt. Telle est l’analogie des lettres écrites à l’encre sur du parchemin, auxquelles correspondent, dans la spiritualité et au sein de l’âme, les lettres de la pensée et de la parole, comme mentionné plus haut. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je suis noire », [sur] le feu noir sur le feu blanc.)
L’âme ne fait que s’en revêtir. Cela achève la première moitié de l’analogie : les lettres d’encre sur le parchemin correspondent, dans l’âme, aux lettres de la pensée et de la parole. La parenthèse renvoie au discours sur « Je suis noire », qui parle de la Torah comme d’un feu noir sur un feu blanc.
Ce paragraphe achève la première moitié de l’analogie : les lettres de la pensée et de la parole sont les « lettres écrites » de l’âme, des vêtements dont l’âme se revêt.
L’image du feu noir sur le feu blanc correspond étroitement à l’analogie : les lettres noires correspondent aux lettres de la pensée et de la parole, et le blanc qui les sous-tend, à l’éclat de l’âme qui s’en revêt (paragraphe 6).
Maré mekomot
- 1בד״ה שחורה אני · לקו״ת שה״ש ד, ב ואילך.
Les lettres gravées dans l’âme ¶8–14
8ב אמנם להבין המשל מאותיות החקיקה מהו בנפש אין לזה דמיון כלל באותיות הגלוים לנו מהנפש רק מעט יש דמיון ממה שידוע שיש ב׳ בחי׳ במחשבה.
2. Cependant, pour comprendre ce qui, dans l’âme, correspond à l’analogie des lettres gravées, il n’existe aucune ressemblance avec les lettres de l’âme qui nous sont révélées. Il n’y a qu’une faible ressemblance, fondée sur ce que l’on sait de l’existence de deux niveaux dans la pensée.
La section 2 aborde la partie la plus difficile de l’analogie : ce qui, dans l’âme, correspond aux lettres gravées. Aucune des lettres dont nous avons conscience en nous ne ressemble véritablement à une gravure, mais on en trouve une faible ressemblance dans la distinction connue entre deux niveaux de pensée.
הא׳ הנק׳ מחשבה תתאה והוא כשחושב מה שמדבר וחושב האותיות ממש א״ב ג״ד להוציאן כן בפה כענין השמע לאזנך1 מה שאתה מוצא מפיך.
Le premier est appelé la pensée inférieure (machchava tata’a) : c’est lorsque l’on pense à ce que l’on dit et que l’on pense aux lettres mêmes — alef, beit, guimel, dalet — afin de les faire sortir ainsi de sa bouche, selon le sens de : « Que ton oreille entende ce que ta bouche prononce. »
Le premier niveau, la « pensée inférieure », consiste à penser en mots : à reprendre les lettres mêmes que l’on s’apprête à prononcer. C’est l’attention portée aux mots eux-mêmes, que les Sages décrivent dans la formule : « Que ton oreille entende ce que ta bouche prononce. »
La recherche d’un équivalent intérieur aux lettres gravées commence par les deux niveaux de pensée, en premier lieu la « pensée inférieure », qui pense dans les lettres de la parole.
Maré mekomot
- 1השמע לאזנך · Berakhot 13a:28–30
9וזהו חיצוניות המחשבה ונק׳ למעלה בחי׳ מלכות דתבונה שהיא בחי׳ לאה חיצוניות הבינה שהיא בחי׳ אותיות המחשבה הנ״ל. ובחי׳ הב׳ הוא הנק׳ מחשבה עילאה דהיינו כשחושב השכל ולא האותיות.
C’est la dimension extérieure de la pensée, appelée dans les mondes supérieurs le niveau de Mal'hout de Tevouna, qui est le niveau de Léa, la dimension extérieure de Bina, correspondant aux lettres de la pensée mentionnées plus haut. Le second niveau est appelé « pensée supérieure » (ma'hchava ila'a), c’est-à-dire lorsque l’on pense le concept, et non les lettres.
La pensée inférieure est la dimension extérieure de la pensée. Parmi les Séfirot, elle correspond à Mal'hout de Tevouna, l’aspect inférieur de Bina, dans la configuration appelée Léa, qui est la source des lettres de la pensée. Le second niveau, la « pensée supérieure », consiste à penser le concept lui-même plutôt que ses mots.
ומ״מ [ומכל מקום] אף שאינו מרגיש כלל האותיות מ״מ [מכל מקום] יש כלול בחי׳ אותיות במחשבה זו שחושב השכל שא״א [שאי אפשר] להיות כלל גילוי השכל אפי׳ [אפילו] במוח האדם עצמו בלי אותיות
Néanmoins, bien que l’on ne perçoive absolument pas les lettres, le niveau des lettres est tout de même inclus dans cette pensée où l’on pense le concept, car aucune révélation du concept n’est possible, même dans le cerveau de la personne elle-même, sans lettres ;
Même dans la pensée supérieure, où l’on n’a conscience d’aucune lettre, les lettres sont présentes. Aucun concept ne peut se manifester, même dans son propre esprit, sans une forme de lettres.
רק שהאותיות כלולים ממש בתוך השכל ממש ואינן כהרהור אותיות דמחשבה תתאה שיצאו האותיות להיות מורגשין בפני עצמן חוץ מהשכל והוא בחי׳ חיצוני׳ דבינה כנ״ל.
mais les lettres sont véritablement incluses dans le concept lui-même ; elles ne sont pas comme les lettres que l’on médite dans la pensée inférieure, où elles se sont détachées pour être perçues en elles-mêmes, hors du concept ; c’est le niveau de la dimension extérieure de Bina, comme mentionné plus haut.
Ici, toutefois, les lettres sont entièrement absorbées dans le concept. Dans la pensée inférieure, les lettres se sont détachées pour être perçues en elles-mêmes, hors du concept ; c’est pourquoi elle constitue la dimension extérieure de Bina.
אבל אותיות הכלולים בשכל עצמו שהוא בחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] בינה ואינן דבר נפרד חוץ מהשכל הרי הן דבר א׳ עם השכל
Mais les lettres incluses dans le concept lui-même, qui relèvent de la dimension intérieure de Bina et ne sont pas une chose séparée, extérieure au concept, ne font qu’un avec le concept.
Les lettres contenues dans le concept lui-même correspondent à la dimension intérieure de Bina. Puisqu’elles ne sont pas séparées du concept, elles ne font qu’un avec lui.
והרי מ״מ [מכל מקום] יש שם אותיות ולמעלה ג״כ הוא ענין פתוחי חותם1 מקור האותיות שבבחי׳ יסוד
Et pourtant, des lettres s’y trouvent. Dans les mondes supérieurs également, cela correspond aux « gravures d’un sceau », la source des lettres, qui se situe au niveau de Yessod.
Des lettres s’y trouvent malgré tout. Dans les mondes supérieurs, elles correspondent aux « gravures d’un sceau », expression de la Torah désignant des caractères gravés, employée ici pour évoquer la source des lettres dans le Yessod d’Imma.
אימא שמשם נמשך להיות התהוות אותיות מחשבה ודבור הנק׳ לאה ורחל.2 ולכן נקראת הבינה ספר ע״ש [עיין שם] סיפורי האותיות שמתהוים ממנה במחשבה ודבור.
d’Imma, d’où procède la formation des lettres de la pensée et de la parole, appelées Léa et Ra'hel. C’est pourquoi Bina est appelée sefer (« livre »), en raison des sipourim (« récits ») des lettres qui en procèdent dans la pensée et la parole.
Du Yessod d’Imma, le canal situé à la base de Bina, procèdent les lettres de la pensée et de la parole, connues dans la Kabbale sous les noms de Léa et Ra'hel. Voilà pourquoi Bina est appelée un « livre » (sefer) : le mot est apparenté à sipour, « récit », car les lettres qui en procèdent dans la pensée et la parole constituent ses récits.
La pensée comporte un niveau extérieur, où l’on pense en lettres, et un niveau intérieur, où l’on pense le concept lui-même ; les lettres y sont présentes, mais entièrement absorbées. Dans les mondes supérieurs, ces niveaux correspondent aux dimensions extérieure et intérieure de Bina, tandis que la source de toutes les lettres est appelée « les gravures d’un sceau ».
Léa et Ra'hel sont deux configurations féminines dans la Kabbale de l’Ari zal ; le discours les identifie respectivement aux lettres de la pensée et à celles de la parole. La note de Kehot renvoie le lecteur à un discours antérieur de Likkutei Torah, sur Metsora, où sont indiquées les sources de cette identification.
Maré mekomot
- 1פתוחי חותם · Exodus 21:13
- 2אותיות מחשבה ודבור הנק׳ לאה ורחל · נסמן לעיל (מצורע) כד, ג.
10והנה בחי׳ אותיות אלו הכלולים בהשכל ממש המתגלה מהנפש במוח האדם היא כמו משל אותיות החקיקה שהן בגופו של האבן טוב ולא כמו דיו שהוא נפרד מצד עצמו מהקלף כו׳.
Or, ces lettres, qui sont véritablement incluses dans le concept révélé par l’âme dans le cerveau de l’homme, ressemblent, à titre de comparaison, aux lettres gravées, qui font corps avec la pierre précieuse, et non à l’encre, qui, en elle-même, est séparée du parchemin, etc.
Les lettres absorbées dans un concept, tel qu’il se révèle de l’âme dans l’esprit, ressemblent à des lettres gravées. Elles font partie du concept lui-même et ne sont pas posées sur lui comme l’encre sur le parchemin.
וכך אותיות אלו הן מגוף ומהות השכל ממש שממהות ועצם השכל נמשכו בחי׳ אותיות אלו הכלולים בו ממש
De même, ces lettres appartiennent au corps même et à l’essence du concept, car elles, qui y sont véritablement incluses, sont issues de l’être et de l’essence du concept.
Elles sont issues de l’être même du concept et demeurent partie intégrante de celui-ci.
ולכן לא נרגשו כלל להיות דבר בפ״ע [בפני עצמו] כאותיות המחשבה תתאה והדבור שהן בחי׳ דבר זר ונפרד ממהות השכל כנ״ל.
C’est pourquoi elles ne sont nullement ressenties comme une chose en soi, à la différence des lettres de la pensée inférieure et de la parole, qui sont étrangères à l’essence du concept et en sont séparées, comme mentionné précédemment.
Voilà pourquoi elles ne sont jamais ressenties comme quelque chose de séparé, contrairement aux lettres de la pensée inférieure et de la parole, qui sont étrangères au concept.
משא״כ כאן במחשבת השכל שאינן דבר בפ״ע [בפני עצמו] שהרי אינו חושב כלל האותיות רק שחושב השכל ממש אלא שבו נמצאו ובו היו האותיות כנ״ל:
Il n’en va pas ainsi ici, dans la pensée du concept, où elles ne sont pas une chose en soi : en effet, on ne pense nullement aux lettres, mais au concept lui-même ; simplement, les lettres s’y trouvent et y existent, comme mentionné précédemment.
Lorsqu’on pense à un concept, on ne pense nullement à des lettres : on ne pense qu’à l’idée, et les lettres existent simplement en elle.
Les lettres cachées dans un concept sont comparées à des lettres gravées, car elles sont de même substance que lui, contrairement aux lettres de la pensée verbale et de la parole, qui sont comme de l’encre.
11אמנם באמת אין משל זה מכוון עדיין ואינו דוגמא לבחי׳ אותיות שבנפש. כי אותיות הכלולים בשכל יתכן עליהן שהן עצם א׳ עם השכל וכמו חקיקה.
En vérité, toutefois, cette analogie n’est pas encore précise et ne correspond pas au niveau des lettres qui sont dans l’âme. En effet, on peut dire des lettres incluses dans le concept qu’elles sont d’une même essence que lui, comme dans le cas d’une gravure,
Il précise à présent les limites de l’analogie : elle ne rend pas encore compte des lettres gravées propres à l’âme. Les lettres incluses dans un concept ne font qu’un avec celui-ci, comme une gravure ne fait qu’un avec la pierre.
אבל לא יתכן לומר עליהם שהם עצם א׳ עם הנפש שהיא למעלה אפי׳ [אפילו] מכח השכל כש״כ [כל שכן] מן השכל הגלוי
mais on ne peut pas dire qu’elles sont d’une même essence que l’âme, laquelle est supérieure même à la faculté intellectuelle, et à plus forte raison à l’intellect révélé.
Mais elles ne font pas un avec l’âme elle-même, car l’âme est supérieure même à la faculté intellectuelle, et plus encore à l’intellect qui se manifeste.
(וגם לא יתיישב מה שית׳ לקמן דבבחי׳ אותיות החקיקה שבנפש שייך הליכה ותוספת נביע׳ [נביעה] חדשה דמהשכל הגלוי לא יהי׳ [יהיה] כלל נביעות חדשות)
(Cela ne s’accorderait pas non plus avec ce qui sera expliqué plus loin : au niveau des lettres gravées dans l’âme, il peut y avoir un « cheminement » et un ajout de nouvelles émanations, alors que l’intellect révélé ne peut produire aucune nouvelle émanation.)
Cette remarque anticipe la suite : le discours montrera que les lettres gravées dans l’âme permettent un « cheminement », c’est-à-dire un jaillissement continuellement renouvelé. L’intellect révélé ne produit aucune nouvelle émanation ; les lettres gravées qui rendent possible ce cheminement doivent donc se situer plus haut dans l’âme.
ולענין המשל יובן ממ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ע״פ ויעש דוד שם שמבטא אותיות והנקודות הוא למעלה מהשכל המושג ומובן
Pour ce qui est de l’analogie, on la comprendra à partir de ce qui est écrit dans Iggeres HaKodesh au sujet du verset « Et David se fit un nom » : l’articulation des lettres et des voyelles est supérieure à l’intellect qui est saisi et compris,
L’analogie appropriée se trouve dans Iggeres HaKodesh (Tanya, partie IV, épître 5), à propos de « Et David se fit un nom ». Il y est expliqué que la capacité d’articuler les lettres et les voyelles ne provient pas de l’intellect qu’une personne saisit et comprend.
אלא משכל הנעלם וקדמות השכל שבנפש המדברת1 ולכן אין התינוק יכול לדבר אף שמבין הכל כו׳ ע״ש [עיין שם].
mais provient plutôt de l’intellect caché et de l’intellect primordial (kadmout ha-sé’khel) de l’âme parlante. C’est pourquoi un nourrisson ne peut pas parler, bien qu’il comprenne tout, etc. Voir là-bas.
Elle provient de l’intellect caché et de l’intellect primordial de l’âme parlante, le niveau qui précède la compréhension. La preuve en est le nourrisson : il comprend tout, mais ne peut pourtant pas parler.
Les lettres absorbées dans un concept ne font qu’un avec ce concept, et non avec l’âme. Les véritables lettres gravées de l’âme se trouvent dans la faculté d’articulation qui, comme l’explique Iggeres HaKodesh, provient de l’intellect caché et primordial.
Maré mekomot
- 1שמבטא אותיות והנקודות הוא למעלה מהשכל המושג ומובן אלא משכל הנעלם וקדמות השכל שבנפש המדברת · Tanya, Iggeres HaKodesh 5:5–6
12וע״פ כ״ז [כל זה] יובן איך שיש בנפש בחי׳ אותיות החקיקה ואותיות הכתיבה והיינו כמו שאותיות החקיקה הם חקוקים בגוף ועצם האבן ואין כאן דבר נוסף, כך
Selon tout ce qui précède, on comprendra comment il existe dans l’âme le niveau des lettres gravées et [celui] des lettres écrites. C’est-à-dire que, de même que les lettres gravées sont inscrites dans le corps et l’essence même de la pierre, sans qu’aucune chose s’y ajoute, ainsi
Tout cela permet de voir que l’âme possède à la fois des lettres gravées et des lettres écrites. Les lettres gravées sont taillées dans la pierre elle-même et ne lui ajoutent rien.
הוא ענין צורת הכ״ב אותיות שמקורן הוא מקדמות השכל ורצון הנפש1 הרי הם למעלה ממהות מחשבה ואפי׳ [ואפילו] ממהות שכל הגלוי כדפי׳ לעיל שהוא למעלה משכל המושג ומובן אלא משכל הנעלם וקדמות השכל.
en est-il de la forme des vingt-deux lettres, dont la source est dans l’intellect primordial et la volonté de l’âme : elles sont au-dessus de la nature de la pensée, et même au-dessus de la nature de l’intellect révélé, comme expliqué plus haut : elles sont au-dessus de l’intellect saisissable et compréhensible, et relèvent plutôt de l’intellect caché et de l’intellect primordial.
De même, les formes des vingt-deux lettres ont leur source dans l’intellect primordial et la volonté de l’âme. Elles se situent au-dessus de la pensée, et même de l’intellect révélé, comme l’explique Iggeres HaKodesh.
Les lettres gravées de l’âme sont identifiées : ce sont les formes des vingt-deux lettres telles qu’elles existent à leur source, dans l’intellect primordial et la volonté de l’âme.
Maré mekomot
- 1שמקורן הוא מקדמות השכל ורצון הנפש · Tanya, Iggeres HaKodesh 5:6
13ור״ל [ורוצה לומר] כח השכל הכלול בעצם הנפש שם הוא מקור צורת כ״ב אותיות הנ״ל. וגילוי השכל המתגלה במוח האדם הוא
C’est-à-dire que la puissance intellectuelle incluse dans l’essence même de l’âme est là la source de la forme des vingt-deux lettres mentionnées plus haut. Quant au dévoilement de l’intellect qui se manifeste dans le cerveau de l’homme, il est
La puissance intellectuelle contenue dans l’essence de l’âme est la source de la forme des lettres. L’intellect qui se manifeste dans l’esprit de l’homme est beaucoup plus limité, comme l’explique la partie suivante.
רק איזה הארה נשפעת ונמשכת משכל הנעלם שבנפש וכלא חשיב לגבי שכל הנעלם שיכול להשכיל השכלות רבות מאד
seulement un certain rayonnement qui émane et se déploie à partir de l’intellect caché dans l’âme, et il ne compte pour rien comparé à l’intellect caché, qui peut concevoir un très grand nombre d’idées.
L’intellect dévoilé n’est qu’un faible rayonnement émanant de l’intellect caché, et il n’est rien à côté de celui-ci, puisque l’intellect caché peut produire un très grand nombre d’idées.
כי שכל הנעלם מיוחד בעצם הנפש ולמעלה מגילוי כחותיה במחשבה דו״מ [דבור ומעשה] ושם הם מקור צורת הכ״ב אותיות א״כ [אם כן] ה״ז [הרי זה] כמו אותיות החקיקה שהן במהות הנפש ועצמותה ואין כאן דבר זר ומהות אחר.
Car l’intellect caché est uni à l’essence de l’âme et se situe au-dessus du dévoilement de ses forces dans la pensée, la parole et l’action ; c’est là que se trouve la source de la forme des vingt-deux lettres. Dès lors, cela ressemble aux lettres gravées, qui appartiennent à l’être et à l’essence de l’âme : il n’y a ici ni élément étranger ni autre essence.
L’intellect caché est uni à l’essence de l’âme et se situe au-dessus de ses forces de pensée, de parole et d’action. Puisque la forme des lettres prend sa source là, elle ressemble à une gravure : elle fait partie de l’être propre de l’âme, sans qu’aucun élément étranger y soit ajouté.
L’intellect caché, uni à l’essence de l’âme, est la source de la forme des lettres ; celles-ci sont donc comme gravées dans la propre substance de l’âme.
14והן אמת שמהות ועצמות הנפש ממש הוא למעלה מעלה ממהות צורת האותיות כי האותיות היא רק בחי׳ אחרונה שבה. אך מ״מ [מכל מקום] עכ״פ [על כל פנים] הוא בחי׳ אחרונה שבמהותה ועצמותה ממש ולא תוספת מהות אחר.
Il est vrai que l’être même et l’essence même de l’âme se situent très, très au-dessus de l’être de la forme des lettres, car les lettres n’en sont que le dernier niveau. Pourtant, malgré tout, elles constituent au moins le dernier niveau de son être et de son essence mêmes, et non l’ajout d’un autre être.
Il concède que l’essence de l’âme est très au-dessus de la forme des lettres, qui n’en est que le niveau ultime et le plus bas. Ce dernier niveau appartient néanmoins à l’être propre de l’âme ; il ne s’agit pas d’un élément qui lui serait ajouté de l’extérieur.
וה״ז [והרי זה] כמשל אותיות החקוקים בהאבן טוב שהאבן טוב מצד עצמו פשוט בתכלית ולמעלה מתמונת אותיות וכשחוקקים בו אותיות נחשך קצת העצם הפשוט אמנם מ״מ [מכל מקום] אין כאן מהות אחר.
Cela ressemble à l’analogie des lettres gravées dans une pierre précieuse : la pierre précieuse, en elle-même, est absolument simple et se situe au-dessus de toute forme de lettres ; lorsque des lettres y sont gravées, sa substance simple s’assombrit quelque peu. Néanmoins, il n’y a là aucun autre être.
C’est l’analogie de la pierre précieuse : la gravure assombrit légèrement sa substance simple, dépourvue de lettres, mais n’y introduit rien d’étranger.
משא״כ כשנמשכים הכ״ב אותיות מהנפש במחשבה ודבור ומתלבשים בחומר וגוף אותיות הדבור שהוא בחי׳ הבל הלב (ואפי׳ [ואפילו] המחשבה כו׳ כנ״ל)
Il n’en va pas ainsi lorsque les vingt-deux lettres sont tirées de l’âme pour entrer dans la pensée et la parole, et qu’elles s’habillent dans la matière et le corps des lettres de la parole, c’est-à-dire dans le souffle du cœur (et même la pensée, etc., comme mentionné plus haut) :
Les lettres de l’âme apparaissent lorsque les vingt-deux lettres descendent dans la pensée et la parole, et s’habillent dans la matière du son parlé, le souffle du cœur. Comme indiqué plus haut, la pensée aussi est un tel vêtement.
הרי ההבל הוא מהות גשמי ואינו ערוך למהות הנפש זהו כמשל אותיות הכתיבה שהן מדיו
le souffle est alors un être matériel, qui ne peut être comparé à l’être de l’âme. Cela ressemble à l’analogie des lettres écrites, qui sont faites d’encre,
Le souffle est matériel et ne peut être comparé à l’être de l’âme ; ces lettres ressemblent donc à des lettres écrites à l’encre.
שהוא מהות זר מן הקלף שהקלף הוא לבן והדיו הוא שחור ומהות זר לגמרי רק שכותבין בו על הקלף ונעשה אות כו׳.
laquelle est un être étranger au parchemin, car le parchemin est blanc et l’encre noire : c’est un être entièrement étranger. Seulement, on écrit avec elle sur le parchemin, et elle devient alors une lettre, etc.
L’encre est étrangère au parchemin : elle est noire sur un fond blanc et ne forme une lettre que parce que quelqu’un écrit avec elle sur le parchemin.
כך ההבל מלביש לבחי׳ צורת האותיות כדיו המלביש להקלף כו׳ ומ״מ [ומכל מקום] היו לאחדים שהנפש היא המדברת ובלעדה אין אומר ואין דברים1 כמו שא״א [שאי אפשר] להיות אותיות מדיו בלי קלף.
Ainsi, le souffle revêt la forme des lettres, comme l’encre revêt le parchemin, etc. Pourtant, ils ne font plus qu’un, car c’est l’âme qui parle et, sans elle, « il n’y a ni parole ni mots », de même qu’il ne peut y avoir de lettres d’encre sans parchemin.
Ainsi, le souffle revêt les formes des lettres comme l’encre recouvre le parchemin ; pourtant, les deux ne font plus qu’un, car c’est l’âme qui parle. Sans elle, « il n’y a ni parole ni mots », de même que des lettres d’encre ne peuvent exister sans parchemin.
De plus, toute lettre qui n’est pas entourée de parchemin sur ses quatre côtés est invalide, comme l’explique le développement sur le verset « Place-moi comme un sceau ». Voir là-bas.
La règle selon laquelle une lettre doit être entourée de parchemin sur ses quatre côtés apporte un élément supplémentaire : la lettre écrite dépend du parchemin qui l’entoure autant que de celui qui se trouve sous elle. Le sujet est expliqué dans le discours sur « Place-moi comme un sceau ».
L’essence de l’âme se situe très au-dessus des lettres, mais la forme des lettres constitue son propre niveau ultime, comme dans l’analogie de la gravure. Lorsque les lettres s’habillent dans le souffle matériel pour former la parole, elles ressemblent à de l’encre sur du parchemin : elles lui sont étrangères, tout en étant unies à lui.
La distinction entre la forme des lettres, enracinée dans l’intellect et la volonté primordiaux de l’âme, et leur matière — le souffle et la voix de la parole — suit Iggeres HaKodesh 5, qui les appelle respectivement la forme et la matière des lettres.
Maré mekomot
- 1אין אומר ואין דברים · Psalms 19:4
- 2כל אות שאין גויל מקיף מד׳ רוחותיה פסול · Menachot 29a:17–18
- 3שימני כחותם · Song of Songs 8:6
La gravure en haut : Kéter ¶15–22
15ג והנה אחר שנתבאר ענין אותיות החקיקה ואותיות הכתיבה מהו ההפרש ביניהם במשל גשמי ונתבאר ג״כ כל זה ברוחניות באותיות הנפש.
3. À présent que l’on a expliqué la nature des lettres gravées et des lettres écrites, ainsi que la différence entre elles dans une analogie matérielle, et que tout cela a également été expliqué dans le domaine spirituel, à propos des lettres de l’âme,
La section 3 s’ouvre sur un récapitulatif. La différence entre les lettres gravées et les lettres écrites a maintenant été présentée à la fois au moyen d’une analogie matérielle et à propos des lettres de l’âme.
מעתה יובן כ״ז [כל זה] מעט מזעיר בנמשל למעלה בענין שורש הלוחות שהן בחי׳ חרות וחקיקה מהו מעלתן על תורה שבכתב בבחי׳ כתיבה.
on comprendra désormais tout cela, dans une mesure modeste, dans ce qu’il représente dans les mondes supérieurs, à propos de la racine des Tables, qui relèvent du niveau de ce qui est « gravé » et de la gravure : en quoi elles sont supérieures à la Torah écrite, qui relève du niveau de l’écriture.
On peut maintenant appliquer l’analogie, au moins dans une faible mesure, à ce qu’elle représente dans les mondes supérieurs : la racine des Tables, dont les lettres étaient gravées, et la raison pour laquelle elles surpassent la Torah écrite, dont les lettres sont écrites.
כי הנה ידוע ענין בחי׳ אותיות למעלה כמ״ש בדבר ה׳ שמים נעשו1 שהן בחי׳ התגלות. כי אותיות מלשון אתא כו׳.
Car on connaît la notion du niveau des lettres dans les mondes supérieurs, comme il est écrit : « Par la parole de Havaya, les cieux furent faits » ; elles relèvent du niveau de la révélation, car le mot osiyot (« lettres ») est apparenté à asa (« est venu »), etc.
On sait qu’il existe également des « lettres » dans les mondes supérieurs, comme dans le verset « Par la parole de Havaya, les cieux furent faits », qui évoque la parole créatrice de D.ieu. Les lettres sont une forme de révélation : le mot hébreu osiyot, « lettres », est lié à l’araméen asa, « est venu », car les lettres font passer au grand jour ce qui était caché.
La section 3 passe des analogies à leur application dans les mondes supérieurs : la racine des Tables et les « lettres » par lesquelles D.ieu crée, qui sont une forme de révélation.
Maré mekomot
- 1בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6
16ויש עד״מ [על דרך משל] בחי׳ אותיות הדבור המהוה ומחי׳ עלמין דאתגליין ויש בחי׳ אותיות המחשבה המחיה ומהוה עלמין סתימין.
À titre d’analogie, il existe le niveau des lettres de la parole, qui fait advenir et donne vie aux mondes révélés, et celui des lettres de la pensée, qui donne vie aux mondes cachés et les fait advenir.
À titre d’analogie, les « lettres de la parole » de D.ieu créent et maintiennent les mondes révélés, tandis que Ses « lettres de la pensée » créent et maintiennent les mondes cachés, plus élevés.
אמנם ב׳ בחי׳ אלו נק׳ לבושין כמו שע״ד [שעל דרך] משל למטה ההבל מלביש צורת האותיות כך הם בחי׳ לבושים כדי שיוכלו העולמות לקבל החיות וזהו ע״ד [על דרך] משל כמו אותיות הכתיבה.
Cependant, ces deux niveaux sont appelés des vêtements : de même que, dans l’analogie du monde d’en bas, le souffle revêt la forme des lettres, ces niveaux sont des vêtements, afin que les mondes puissent recevoir la force vitale. Cela ressemble, à titre d’analogie, aux lettres écrites.
Tous deux sont appelés des vêtements. De même que le souffle revêt la forme des lettres dans la parole humaine, ces lettres revêtent la force vitale divine afin que les mondes puissent la recevoir ; elles correspondent ainsi à des lettres tracées à l’encre.
אמנם יש ג״כ בחי׳ אותיות החקיקה והוא מ״ש בתחלת ספר זוה״ק [זוהר הקדוש] (בראשית ד׳ ט״ו ע״א) בריש הרמנותא דמלכא1 גליף גליפו בטהירו עילאה.
Mais il existe aussi le niveau des lettres gravées. C’est ce qui est dit au début du livre du saint Zohar (Bereishis, folio 15a) : « Au tout début de l’autorité du Roi, Il grava des gravures dans la splendeur suprême. »
Il existe également, au-dessus, des lettres gravées, comme le dit le Zohar au tout début de son commentaire sur la Genèse : « Au tout début de l’autorité du Roi, Il grava des gravures dans la splendeur suprême. » Le premier acte de la volonté de D.ieu fut une gravure, et non une écriture.
פי׳ טהירו עילאה הוא בחי׳ התגלות הארה מא״ס [מאין סוף] ב״ה מלשון כעצם השמים לטוהר2 ובחי׳ התהוות פרצוף ע״י [עתיק יומין] וא״א [ואריך אנפין] מהארה זו נק׳ גליף גליפו
Cela signifie que la splendeur suprême (tehiru ila’ah) est le niveau de la révélation d’un rayonnement émanant de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il ; l’expression vient de « comme l’essence des cieux dans la pureté » (latohar). La formation de la configuration d’Atik Yomin et d’Arich Anpin à partir de ce rayonnement est appelée « Il grava des gravures »,
La « splendeur suprême » est un rayonnement révélé de l’Infini ; son nom, tehiru, est apparenté à tohar, « pureté », comme dans le verset « comme l’essence des cieux dans la pureté ». La formation d’Atik Yomin et d’Arich Anpin, les deux aspects de Kéter, à partir de ce rayonnement est ce que le Zohar appelle « Il grava des gravures ».
שהוא ענין חקיקה ורשימה בטהירו עילאה ונמשלו לחקיקה להורות שבחי׳ הכתר הנק׳ ע״י ואריך אנפין
ce qui désigne une gravure et une inscription dans la splendeur suprême. Elles sont comparées à une gravure pour enseigner que le niveau de Kéter (la Couronne), appelé Atik Yomin et Arich Anpin,
Ici, la gravure désigne une marque creusée dans la splendeur elle-même. Cette image vise à enseigner quelque chose au sujet de Kéter, qui comprend Atik Yomin et Arich Anpin.
מתאחד בתכלית בהאור א״ס [אין סוף] ולמעלה מעלה מבחי׳ שאר העשר ספירות דאצי׳ [דאצילות] אע״פ [אף על פי] דג״כ איהו וגרמוהי חד34 מ״מ [מכל מקום] נמשלו לבחי׳ אותיות הכתב כמשי״ת [כמו שיתבאר].
est absolument uni à la Lumière infinie (Or Ein Sof), et se situe bien, bien au-dessus du niveau des autres Séfirot d’Atsilout (Émanation) qui, bien qu’il soit également dit à leur sujet que « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) sont un, sont néanmoins comparées au niveau des lettres écrites, comme cela sera expliqué.
Kéter est absolument uni à la Lumière infinie et se situe bien au-dessus des dix Séfirot d’Atsilout. Les Séfirot d’Atsilout ne font elles aussi qu’un avec D.ieu, comme le dit le Tikkunei Zohar : « Lui et Ses réceptacles sont un » ; elles sont néanmoins comparées à des lettres écrites, comme l’expliquera le maamar.
אבל בחי׳ ע״י [עתיק יומין] וא״א [ואריך אנפין] נמשלו לחקיקה. ומ״מ [ומכל מקום] גליף גליפו רק בטה״ע [בטהירו עילאה] שהוא בחי׳ ההארה הנמשכת מן האור א״ס [אין סוף]
Mais le niveau d’Atik Yomin et d’Arich Anpin est comparé à une gravure. Néanmoins, « Il grava des gravures » uniquement « dans la splendeur suprême », qui est le niveau du rayonnement émanant de la Lumière infinie
Atik Yomin et Arich Anpin sont donc comparés à une gravure. Pourtant, la gravure eut lieu seulement dans la « splendeur suprême », un rayonnement émanant de la Lumière infinie, et non dans la Lumière elle-même.
(וע׳ [ועיין] מענין טה״ע [טהירו עילאה] בביאור ע״פ וכעצם השמים לטהר5 לעיל בפ׳ משפטים ובמק״מ [ובמקדש מלך] בראשית ט״ו ד״ה בטהירו עילאה)
(Au sujet de la splendeur suprême, voir l’explication du verset « Et comme l’essence des cieux dans la pureté », plus haut, dans la paracha Mishpatim, ainsi que le Mikdash Melech sur Bereishis 15, le passage commençant par « Dans la splendeur suprême »),
Cette remarque renvoie à un développement plus complet sur la splendeur suprême dans Torah Ohr, paracha Mishpatim, au sujet du verset « Et comme l’essence des cieux dans la pureté », ainsi qu’au Mikdash Melech, un commentaire sur le Zohar, à propos de ce passage.
משא״כ מהותו ועצמותו ית׳ אין שייך כלל לומר בו כן וכנודע ג״כ שהצמצום ומקום פנוי היה רק בהאור כו׳ כמ״ש במ״א.
Tandis que, s’agissant de Son être et de Son essence, béni soit-Il, il n’est absolument pas pertinent de dire cela. Comme on le sait également, le tsimtsoum (contraction) et l’espace vacant n’ont concerné que la lumière, etc., ainsi qu’il est expliqué ailleurs.
De l’être et de l’essence mêmes de D.ieu, on ne peut nullement parler de gravure. De même, on sait que le tsimtsoum, le retrait qui laissa un « espace vacant » pour les mondes, eut lieu uniquement dans Sa lumière, et non dans Son essence.
והענין כי הנה ידוע מחלוקת המקובלים אם הכתר נמנה מכלל ע״ס [עשר ספירות] או שאינו מכלל כמו שהובא בפרדס שער ג׳6 שיש מי שרצו לומר
Voici de quoi il s’agit : on sait qu’il existe une controverse parmi les kabbalistes quant à savoir si Kéter est compté parmi les dix Séfirot ou non, comme il est rapporté dans le Pardes, porte 3 : certains voulurent dire
Pour expliquer pourquoi Kéter est comparé à une gravure, il cite une controverse bien connue parmi les kabbalistes, rapportée dans le Pardes Rimonim de Rabbi Moché Cordovero, porte 3 : Kéter est-il compté parmi les dix Séfirot ?
שהוא אינו בגדר הי״ס [הי׳ ספירות] כלל רק הוא בחי׳ הארת אור א״ס [אין סוף] כו׳. ויש שחלקו ע״ז [על זה] ואמרו שהוא מכלל הע״ס [העשר ספירות].
qu’il n’entre nullement dans la catégorie des dix Séfirot, mais qu’il n’est que le niveau d’un rayonnement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), etc. D’autres s’opposèrent à cette opinion et dirent qu’il fait partie des dix Séfirot.
Certains pensaient que Kéter ne faisait pas du tout partie des Séfirot, mais qu’il était un rayonnement de la Lumière infinie ; d’autres s’opposèrent à eux et le comptèrent parmi les dix Séfirot.
והאר״י [והאלקי רבי יצחק] ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] הכריע (בע״ח [בעץ חיים] שער מ״א פ״ג [פרק ג׳])7 שהוא בחי׳ ממוצע בין המאציל לנאצלים ויש בו מבחי׳ תחתונה שבאין סוף והוא בחי׳ עתיק יומין וזו הבחינה האצילה את הבחי׳ הב׳ שבו
L’Ari zal, de mémoire bénie, trancha (dans Etz Chaim, porte 41, chapitre 3) qu’il constitue un intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés. Il comporte quelque chose du niveau inférieur de l’Infini (Ein Sof), à savoir le niveau d’Atik Yomin ; et ce niveau émana le second niveau qui est en lui,
L’Ari zal trancha la question dans Etz Chaim : Kéter est un intermédiaire entre l’Émanateur, D.ieu, et les Séfirot émanées. Sa partie supérieure, Atik Yomin, contient le niveau inférieur de l’Infini ; ce niveau émana la seconde partie de Kéter.
שהוא שרש כל י״ס [י׳ ספירות] הנאצלים8 בבחי׳ העלם ודקות גדול והוא הנק׳ אריך אנפין וב׳ בחי׳ אלו יחד נק׳ כתר והיא בחי׳ הממוצע9 כו׳ יעו״ש [יעויין שם].
qui est la racine des dix Séfirot émanées, sous une forme voilée et d’une grande subtilité ; c’est ce que l’on appelle Arich Anpin. Ces deux niveaux réunis sont appelés Kéter, et celui-ci est l’intermédiaire, etc. Voir là-bas.
La seconde partie, Arich Anpin, est la racine des dix Séfirot, sous une forme cachée et très subtile. Ensemble, les deux parties sont appelées Kéter, l’intermédiaire.
הרי מבואר דבחי׳ הכתר הוא למעלה מכל הע״ס [העשר ספירות] שאפי׳ [שאפילו] בחי׳ תחתונה שבו היא רק שרש הנאצלים בדקות גדול ולמעלה ממהות ספירות דאצילות.
Il ressort donc clairement que le niveau de Kéter est au-dessus de toutes les dix Séfirot, car même le niveau inférieur qui s’y trouve n’est que la racine des émanés [Séfirot], sous une forme d’une grande subtilité, et se situe au-dessus de la nature des Séfirot d’Atsilout.
Kéter se tient donc au-dessus des dix Séfirot. Même sa partie inférieure n’est que leur racine, présente sous une forme très subtile, et se situe au-dessus de la nature des Séfirot d’Atsilout.
וזהו כעין ענין ע״ס [עשר ספירות] הגנוזות הנזכר בלשון הגאונים10 ובלשון האר״י [האלקי רבי יצחק] ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] הוא ענין ע״ס [עשר ספירות] דעתיק ודא״א [ודאריך אנפין].
C’est là une notion semblable à celle des dix Séfirot cachées, mentionnées dans le langage des Guéonim ; dans le langage de l’Ari zal, de mémoire bénie, elle correspond aux dix Séfirot d’Atik et d’Arich Anpin.
Cela ressemble à ce que les Guéonim appelaient les « dix Séfirot cachées ». Dans les termes de l’Ari zal, il s’agit des dix Séfirot d’Atik et d’Arich Anpin, les Séfirot telles qu’elles existent au sein de Kéter.
וביאור הענין הנה יובן ע״ד [על דרך] דוגמא מענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] (מנחות דכ״ט) גבי ר׳ [רבי] עקיבא ששאל משה רבע״ה [רבינו עליו השלום] זו תורה וזו שכרה והיתה התשובה שתוק כך עלה במחשבה11.12
L’explication de la chose se comprendra par analogie à partir de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Menachot, folio 29) au sujet de Rabbi Akiva : Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, demanda : « Est-ce là la Torah, et est-ce là sa récompense ? » Et la réponse fut : « Tais-toi ; ainsi en est-il advenu dans la pensée. »
À titre d’illustration, il rapporte le récit du Talmud : Moché vit la Torah de Rabbi Akiva, puis son martyre, et demanda : « Est-ce là la Torah, et est-ce là sa récompense ? » D.ieu répondit : « Tais-toi ; ainsi en est-il advenu dans la pensée. »
פי׳ כי מבחי׳ חכמה עילאה היתה השגת משה רבינו שמשם נמשכה התורה שבכתב מבחי׳ נובלות ואחוריים דח״ע [דחכמה עילאה]13 כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש]14 ד״ה עוטה אור כו׳.1516
Cela signifie que la compréhension de Moché notre maître relevait du niveau de la 'Hokhma supérieure (Chochmah ila’ah), d’où fut tirée la Torah écrite, du niveau des novlot (« fruits tombés ») et de l’arrière de la 'Hokhma supérieure, comme cela est expliqué dans Iggeres HaKodesh, dans le discours commençant par « Il s’enveloppe de lumière », etc.
La compréhension de Moché atteignait la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, source de la Torah écrite. La Torah écrite procède de ses niveaux extérieurs, appelés novlot (« fruits tombés ») et « arrière » de la 'Hokhma, comme l’explique Iggeres HaKodesh dans l’épître commençant par « Il s’enveloppe de lumière ».
Les lettres de la parole et de la pensée de D.ieu sont des vêtements, comme les lettres écrites ; mais le Zohar évoque une « gravure » antérieure dans la splendeur suprême : Kéter, constitué d’Atik Yomin et d’Arich Anpin, qui, selon l’Arizal, est un intermédiaire uni à la Lumière infinie. L’histoire de Moché et de Rabbi Akiva commence à montrer à quel point Kéter se situe au-dessus d’Atsilout.
Le passage de Likkutei Torah, Chukas, auquel renvoie la note de Kehot, développe la même image : une pierre précieuse lumineuse brille un peu moins là où des lettres y sont gravées, mais la gravure se trouve dans la pierre elle-même. Il rapporte aussi l’interprétation de l’Eshel Avraham, selon laquelle « le début de l’autorité du Roi » désigne ce qui prit naissance dans la volonté simple de D.ieu : être appelé Roi.
Maré mekomot
- 1מ״ש . . בריש הרמנותא דמלכא · ראה לקמן פ׳ חוקת נט, ג. ביאה״ז לצ״צ ע׳ שצח ואילך.
- 2כעצם השמים לטוהר · Exodus 24:10
- 3איהו וגרמוהי חד · ת״ז בהקדמה.
- 4איהו וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10
- 5בביאור ע״פ וכעצם השמים לטהר · תו״א עח, ג. נתבאר בארוכה באוה״ת בלק ע׳ תתקסו. אוה״ת ענינים ע׳ קסב.
- 6מחלוקת המקובלים . . בפרדס שער ג׳ · ראה מאמרי אדה״ז — ענינים ע׳ קצא. סה״מ תרס״ו ע׳ קמה.
- 7בע״ח שער מ״א פ״ג · בדפוס שקלאוו תר״ס. [לפננו שער מ״ב] צ״ל פ״א ולא פ״ג [כ]. בארוכה ראה אוה״ת בלק ע׳ תתקסו.
- 8האצילה את הבחי׳ הב׳ שבו שהוא שרש כל י״ס הנאצלים · Sefer Etz Chaim 42:3
- 9כתר והיא בחי׳ הממוצע · Song of Songs 7:4
- 10ע״ס הגנוזות . . הגאונים · ראה הנסמן לקמן (בהעלותך) לו, א.
- 11
- 12שתוק כך עלה במחשבה · ראה ביאה״ז לאדה״א מז, א.
- 13נובלות ואחוריים דח״ע · Tanya, Iggeres HaKodesh 19:2
- 14באגה״ק — חכמה · ראה לעיל בהוספות יח, ג הערת כ״ק אדמו״ר מהורש״ב נ״ע.
- 15ויש — יומין · וע׳ ברכה לקמן צט, א [כ].
- 16
17וע״פ חכמה זו לא נתיישב זה הענין וכי זו תורה וזו שכרה אלא שהשיב לו הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כך עלה במחשבה שזה נמשך מבחי׳ חכמה סתימאה וזהו לשון עלה שהוא למעלה מעלה מחכמה עילאה הנק׳ תשב״כ [תורה שבכתב]
Selon cette 'Hokhma (sagesse), la question n’était pas résolue : « Est-ce là la Torah, et est-ce là sa récompense ?! » Mais le Saint béni soit-Il lui répondit : « Ainsi en fut-il décidé dans la pensée », c’est-à-dire que cela découle du niveau de la 'Hokhma cachée ('Hokhma setima'a). C’est [le sens du] mot « décidé », car cela se situe bien, bien au-dessus de la 'Hokhma supérieure, appelée la Torah écrite,
Du point de vue de la 'Hokhma supérieure, la question de Moché n’avait pas de réponse. Par la réponse de D.ieu, « Ainsi en fut-il décidé dans la pensée », Il voulait dire que cette question relevait de la 'Hokhma cachée ; le mot « décidé » indique une source bien au-dessus de la 'Hokhma supérieure, le niveau de la Torah écrite.
אלא נמשך מחכמה סתימאה שהוא למעלה מעלה מבחי׳ הבנה והשגה הנמשך מחכמה דאצי׳ [דאצילות] ועד״מ [ועל דרך משל] כמו שבאדם יש גילוי השכל ויש כח השכל שלמעלה מהשכל המושג ומובן.
et découle plutôt de la 'Hokhma cachée, qui se situe bien, bien au-dessus du niveau de compréhension et de saisie qui découle de la 'Hokhma du Monde d'Atsilout (Émanation). À titre d’analogie, chez l’être humain, il y a l’intellect révélé, et il y a la faculté intellectuelle, qui est au-dessus de l’intellect qui est saisi et compris.
La 'Hokhma cachée, qui se trouve au sein de Kéter, dépasse de très loin toute compréhension issue de la 'Hokhma du Monde d'Atsilout. De même, l’être humain possède un intellect révélé, mais aussi une faculté intellectuelle qui se situe au-dessus de tout ce qu’il saisit et comprend.
La réponse de D.ieu à Moché renvoie à une source des raisons, la 'Hokhma cachée, qui dépasse la 'Hokhma du Monde d'Atsilout, d’où proviennent la Torah écrite et la compréhension de Moché.
18וכמו כשאדם מעמיק בשכלו באיזו סברא ויפול לו בשכלו איזה סברא חדשה שהיא ודאי נמשכת מבחי׳ כח השכל שלמעלה מהשכל המושג ומובן שהיה לו בתחלה שהשכל הראשון שהי׳ [שהיה] מושג לו כשהעמיק בסברא זו לא היה
C’est comme lorsqu’une personne approfondit avec son intellect un raisonnement et qu’un raisonnement nouveau lui vient à l’esprit : celui-ci provient certainement du niveau de la puissance intellectuelle qui se situe au-dessus de l’intellect qu’elle saisissait et comprenait jusque-là. Car le premier intellect, qu’elle avait saisi en approfondissant ce raisonnement, n’était
Exemple tiré de la pensée humaine : lorsqu’une personne approfondit un raisonnement et qu’une idée nouvelle lui vient soudainement, celle-ci provient assurément de sa puissance intellectuelle, qui dépasse la compréhension qu’elle avait auparavant.
רק בחי׳ כלי בעלמא לקבל אותה שפע הבאה פתאום מלמעלה מהשכל. כך ע״ד [על דרך] משל זה יתפרש ג״כ ענין עלה במחשבה.
que le niveau d’un simple réceptacle destiné à recevoir ce flux qui vient soudainement d’au-dessus de l’intellect. Ainsi, par analogie, on pourra également expliquer l’expression « il est monté dans la pensée ».
La compréhension qu’elle avait tandis qu’elle approfondissait le sujet ne servait que de réceptacle pour recevoir l’idée venue soudainement d’au-delà de l’intellect. L’expression « il est monté dans la pensée » doit être comprise de la même manière.
פי׳ המחשבה סתם הוא חכמה דאצי׳ [דאצילות] ולשם נמשך מבחי׳ חכמה סתימאה להיות כך וכך בענין ר׳ [רבי] עקיבא, והל״ל [והוה ליה למימר] ירד ונפל במחשבה שהרי הח״ס [החכמה סתימאה] הוא למעלה מחכמה דאצילות ומבחי׳ ח״ס [חכמה סתימאה] נמשך זה במחשבה שהיא חכמה דאצילות.
Autrement dit, la « pensée » sans autre précision désigne la 'Hokhma (sagesse) d’Atsilout (Émanation), et c’est en elle que fut attiré, depuis le niveau de la 'Hokhma cachée, le fait que telle ou telle chose devait se produire dans l’affaire de Rabbi Akiva. Il aurait donc fallu dire : « descendit et tomba dans la pensée », puisque la 'Hokhma cachée est au-dessus de la 'Hokhma d’Atsilout, et que c’est depuis le niveau de la 'Hokhma cachée que cela fut attiré dans la pensée, qui est la 'Hokhma d’Atsilout.
La « pensée » sans autre précision désigne la 'Hokhma d’Atsilout, et ce qui fut décidé au sujet de Rabbi Akiva y parvint depuis la 'Hokhma cachée. Puisqu’il s’agit d’un mouvement du supérieur vers l’inférieur, on aurait attendu du Talmud qu’il dise que cela « descendit » ou « tomba » dans la pensée, et non que cela « monta ».
אלא מפני שהח״ס [שהחכמה סתימאה] נק׳ ג״כ מחשבה סתימאה ובזה שייך לומר באמת לשון עלה שכך עלה במחשבה זו לכך אמר בכלל לשון עלה.
Mais puisque la 'Hokhma cachée est également appelée « pensée cachée » (machchava stima’a), on peut véritablement employer à son sujet le terme « monta » : c’est ainsi que cela « monta » dans cette pensée. C’est pourquoi il employa, de manière générale, le terme « monta ».
Le terme « monta » est employé parce que la 'Hokhma cachée est également appelée « pensée cachée » ; à propos de cette pensée supérieure, on peut véritablement dire que la chose « y monta ». C’est pourquoi cette expression fut choisie.
Une idée nouvelle qui surgit soudainement de la puissance intellectuelle cachée illustre la 'Hokhma cachée ; le terme « monta » renvoie à sa source dans la « pensée cachée », au-dessus de la 'Hokhma d’Atsilout.
19ועכ״פ [ועל כל פנים] מובן מזה איך בחי׳ הח״ס [החכמה סתימאה] שהיא שרש הח״ע [החכמה עילאה] איך שהיא בכתר היא למעלה מעלה ממהות חכמה דאצי׳ [דאצילות] עד שאינו מושג ומובן כלל בח״ע [בחכמה עילאה] כנ״ל בשאלת זו תורה כו׳
Quoi qu’il en soit, on comprend ainsi comment le niveau de la 'Hokhma cachée, qui est la racine de la 'Hokhma supérieure, telle qu’elle se trouve dans Kéter (la Couronne), est infiniment au-dessus de l’essence de la 'Hokhma du Monde d’Atsilout (Émanation), au point qu’elle n’est nullement saisissable ni compréhensible par la 'Hokhma supérieure, comme mentionné plus haut à propos de la question « Ceci est la Torah… », etc.,
Conclusion : la 'Hokhma cachée, racine de la 'Hokhma supérieure telle qu’elle existe en Kéter, est si élevée au-dessus de la 'Hokhma d’Atsilout qu’elle ne peut absolument pas y être saisie. C’est pourquoi la question de Moché, « Ceci est la Torah… ? », ne pouvait recevoir de réponse à son niveau.
עד שא״א [שאי אפשר] להיות התשובה רק שתוק כו׳ כאלו אין לזה טעם לפי שהטעם הזה שבח״ס [שבחכמה סתימאה] הוא למעלה מעלה מההשגה באצי׳ [באצילות] ששם היתה השגת משה רבע״ה [רבינו עליו השלום].
si bien qu’il ne pouvait y avoir d’autre réponse que « Tais-toi », etc., comme s’il n’y avait aucune raison à cela, car cette raison, dans la 'Hokhma cachée, est infiniment au-dessus de la compréhension en Atsilout, où se situait la compréhension de Moché notre maître, que la paix soit sur lui.
La seule réponse possible était « Tais-toi », comme s’il n’y avait aucune raison. Cette raison existe, mais dans la 'Hokhma cachée, bien au-dessus de la compréhension d’Atsilout, où se situait la compréhension de Moché.
La 'Hokhma cachée de Kéter dépasse toute compréhension en Atsilout ; c’est pourquoi la réponse à Moché devait être « Tais-toi ».
Cela prépare l’étape suivante de l’argument : Kéter, qui dépasse même la 'Hokhma de Moché, est comparé à la gravure, tandis que les Séfirot d’Atsilout, racine de la Torah écrite, sont comparées à l’écriture.
20וע״ד [ועל דרך] זה יובן ג״כ בכללות בחי׳ הכתר אפילו בצד היותו שרש לאצי׳ [לאצילות] הוא למעלה מעלה ממהות ע״ס [עשר ספירות] דאצי׳ [דאצילות] כי בו הוא הארת אור א״ס [אין סוף].
Dans cette même perspective, on comprendra également que Kéter (la Couronne), considéré dans son ensemble, même en tant que racine d’Atsilout (Émanation), se situe infiniment au-dessus de la nature des dix Séfirot d’Atsilout, car le rayonnement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) réside en lui.
Appliqué à Kéter dans son ensemble, cela signifie que même la partie de Kéter qui sert de racine à Atsilout se situe infiniment au-dessus des dix Séfirot d’Atsilout, car le rayonnement de la Lumière infinie réside en elle.
וזהו בחי׳ עתיק יומין ונמשך ממנו שרש לי״ס [לי׳ ספירות] דאצי׳ [דאצילות] וזהו בחי׳ א״א [אריך אנפין], ולכן נמשל לחקיקה
C’est le niveau d’Atik Yomin. De lui émane une racine pour les dix Séfirot d’Atsilout, qui est le niveau d’Arikh Anpin. C’est pourquoi il est comparé à la gravure,
La partie supérieure de Kéter est Atik Yomin, et c’est d’elle qu’émane la racine des dix Séfirot d’Atsilout, qui est Arikh Anpin. Voilà pourquoi Kéter est comparé à la gravure.
שהיא כאלו אין כאן שום דבר נוסף כלל זולת המהות שהיה קודם החקיקה כך הוא ג״כ עכשיו לאחר החקיקה כך ג״כ התהוות בחי׳ ע״י [עתיק יומין] וא״א [ואריך אנפין] הם
où rien, pour ainsi dire, n’a été ajouté : il n’y a que la nature qui était présente avant la gravure ; telle elle était, telle elle demeure après la gravure. De même, la venue à l’existence des niveaux d’Atik Yomin et d’Arikh Anpin : ils sont
La gravure n’ajoute rien à la pierre : ce qui s’y trouvait avant, voilà tout ce qui s’y trouve après. De même, lorsque les niveaux d’Atik Yomin et d’Arikh Anpin viennent à l’existence, rien d’étranger ne s’y ajoute, comme l’explique la partie suivante.
עדיין מכלל עולמות הא״ס [האין סוף], משא״כ בחי׳ התהוות י״ס [י׳ ספירות] דאצי׳ [דאצילות] חכמה וחסד הרי כיון דאור א״ס [אין סוף] לאו מכל אינון מדות1 איהו כלל2 וח״ע [וחכמה עילאה] כעשי׳ [כעשיה] גופניות נחשבת אצלו ית׳3 לכך נמשלו לאותיות הכתב שהדיו הוא דבר זר
encore inclus dans les mondes de l’Infini (Ein Sof). Il n’en va pas de même pour la venue à l’existence des dix Séfirot d’Atsilout, 'Hokhma (sagesse) et 'Hessed (bonté) : puisque la Lumière infinie « n’est nullement de ces attributs », et que la 'Hokhma supérieure est considérée devant Lui, béni soit-Il, comme une action physique, elles sont donc comparées aux lettres de l’écriture, dont l’encre est une chose étrangère
Elles demeurent incluses dans les « mondes de l’Infini », c’est-à-dire dans les niveaux encore unis à l’infinité de D.ieu. Il en va autrement des Séfirot d’Atsilout, telles que 'Hokhma et 'Hessed : le Tikkouné Zohar dit que D.ieu « n’est nullement de ces attributs » ; même la 'Hokhma supérieure est considérée devant Lui comme une action physique. Elles sont donc comparées aux lettres écrites, dont l’encre est étrangère au parchemin.
רק שנתאחד עם הקלף משא״כ בחי׳ ע״י [עתיק יומין] וא״א [ואריך אנפין] נחשבו מבחי׳ א״ס [אין סוף] כנ״ל בשם האר״י [האלקי רבי יצחק] ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] שהוא בחי׳ ממוצע לכך לא נמשלו לאותיות הכתב רק לבחי׳ חקיקה.
qui s’est seulement unie au parchemin. En revanche, les niveaux d’Atik Yomin et d’Arikh Anpin sont considérés comme relevant du niveau de l’Infini, comme cela a été mentionné plus haut au nom de l’Arizal, de mémoire bénie : il s’agit d’un niveau intermédiaire. C’est pourquoi ils ne sont pas comparés aux lettres de l’écriture, mais à la gravure.
L’encre s’unit au parchemin, tout en lui restant étrangère. En revanche, Atik Yomin et Arikh Anpin sont considérés comme faisant partie de l’Infini, car, comme l’a dit l’Arizal, Kéter est le niveau intermédiaire ; ils sont donc comparés à la gravure, et non aux lettres de l’écriture.
Kéter, qui comprend Atik Yomin et Arikh Anpin, fait encore partie de l’infinité de D.ieu et est comparé à la gravure, tandis que les Séfirot d’Atsilout, qui sont comme rien devant D.ieu, sont comparées à l’encre sur le parchemin.
L’idée que même la 'Hokhma est considérée devant D.ieu comme une action physique apparaît dans le Tanya, qui lui applique le verset « Tu as tout fait avec la 'Hokhma » (Psalms 104:24), comme l’indique la note de Kehot.
Maré mekomot
- 1לאו מכל אינון מדות · ת״ז בהקדמה.
- 2לאו מכל אינון מדות איהו כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
- 3וח״ע כעשי׳ גופנית נחשבת אצלו ית׳ · Psalms 104:24
21ואף גם שבאמת אינם ג״כ מערך ומהות עצם האור הנמשך מא״ס [מאין סוף] שהוא פשוט עדיין בתכלית
Et bien qu’en vérité, eux non plus ne soient pas du même ordre ni de même nature que la lumière même émanant de l’Infini (Ein Sof), qui est encore absolument simple,
Il ajoute une précision : Atik et Arich, eux aussi, ne sont pas identiques à la lumière absolument simple émanant de l’Infini.
ה״ז [הרי זה] כמשל החקיקה שכשרושמים וחוקקים על האבן טוב ונראה רשימות אין זה כמו עצם הפשוט ממש אך מ״מ [מכל מקום] אינו דבר זר כמו הדיו כו׳.
cela est comparable à l’analogie de la gravure : lorsqu’on inscrit et grave sur une pierre précieuse, et que des marques apparaissent, cela n’est pas comme la substance simple elle-même ; néanmoins, ce n’est pas non plus une chose étrangère, comme l’encre, etc.
La gravure d’une pierre précieuse produit elle aussi des marques qui ne sont pas la substance simple de la pierre, sans toutefois lui être étrangères comme l’encre l’est au parchemin.
וכמ״כ [וכמו כן] ע״ס [עשר ספירות] שבכתר עליון אין התחלקותם בבחי׳ הכתר נראית ונגלית ליש ודבר כלל מעצמות אור א״ס [אין סוף] מאחר שהכתר יש בו עדיין מבחי׳ תחתונה שבאור א״ס [אין סוף] רק שהם עד״מ [על דרך משל]
De même, les dix Séfirot dans Kéter suprême (Kéter Elyon) ne se divisent pas, au niveau de Kéter, de façon à être vues ou révélées comme une entité, comme une chose [distincte] de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), puisque Kéter contient encore quelque chose du niveau inférieur de la Lumière infinie ; elles sont plutôt, par analogie,
De même, les dix Séfirot au sein de Kéter n’apparaissent pas comme des entités distinctes de l’essence de la Lumière infinie, puisque Kéter conserve encore le niveau inférieur de la Lumière infinie.
כמו בחי׳ חקיקה ורושם בעלמא ומיוחדים בעצמות אא״ס [אור אין סוף] (וכמו עד״מ [על דרך משל] שהשכל הגלוי מתגלה חוץ מהנפש משא״כ כח השכל כלול ומתאחד עם הנפש כו׳ אע״פ [אף על פי] שהנפש עצמה היא למעלה גם מכח השכל כמ״ש במ״א).
comme le niveau d’une simple gravure et empreinte, et elles sont unies à l’essence de l’Or Ein Sof (ainsi, par analogie, l’intellect révélé se manifeste à l’extérieur de l’âme, tandis que la faculté intellectuelle est incluse dans l’âme et unie à elle, etc., bien que l’âme elle-même soit supérieure même à la faculté intellectuelle, comme cela est expliqué ailleurs).
Elles sont comme une simple gravure, unie à l’essence de la Lumière infinie. La parenthèse propose un parallèle humain : l’intellect révélé se tient à l’extérieur de l’âme, tandis que la faculté intellectuelle est fondue en elle, bien que l’âme elle-même soit encore supérieure.
וזהו בריש הורמנותא דמלכא גליף גליפו. פי׳ בעלות הרצון לפניו להאציל הע״ס [העשר ספירות] אזי מתחלה גליף
C’est là [le sens de] : « Au tout début de l’autorité du Roi, Il grava des gravures. » Cela signifie : lorsque Sa volonté s’éveilla à émaner les dix Séfirot, alors, tout d’abord, « Il grava
Tel est le sens de l’enseignement du Zohar : lorsque la volonté de D.ieu s’éveilla à émaner les dix Séfirot, la première étape fut : « Il grava des gravures. »
גליפו הוא עד״מ [על דרך משל] התהוות בחי׳ חקיקה בהאור הפשוט לחקוק שרשי הע״ס [העשר ספירות] והיינו התהוות בחי׳ הכתר כנ״ל שזהו למעלה עדיין מהתהוות אותיות הכתב שהם ע״ס [עשר ספירות] דאצי׳ [דאצילות].
des gravures » : cela désigne, par analogie, l’apparition du niveau de gravure dans la lumière simple, afin d’y graver les racines des dix Séfirot, c’est-à-dire l’apparition du niveau de Kéter, comme indiqué plus haut ; celui-ci précède encore l’apparition des lettres de l’écriture, qui sont les dix Séfirot d’Atsilout (Émanation).
Cette gravure est la formation, au sein de la lumière simple, des racines des dix Séfirot, c’est-à-dire l’apparition de Kéter. Elle précède les « lettres de l’écriture », les dix Séfirot d’Atsilout, et leur est supérieure.
Les Séfirot au sein de Kéter sont comme une gravure dans une pierre précieuse : elles ne sont pas identiques à la lumière simple, mais ne lui sont pas étrangères. L’expression du Zohar, « Il grava des gravures », désigne cette première étape de l’émanation, antérieure aux Séfirot « écrites » d’Atsilout.
22ותוכן הענין דבאצי׳ [דבאצילות] יש בחי׳ כלים ממש לאורות די״ס [די׳ ספירות] דלכך נמשלו לאותיות הכתב מדיו ע״ג [על גבי] קלף לבן שהדיו הוא משל לכלים שאינן ממהות אור הפשוט.
Le fond du sujet est qu’à Atsilout, il y a de véritables réceptacles pour les lumières des dix Séfirot ; c’est pourquoi celles-ci sont comparées aux lettres écrites à l’encre sur du parchemin blanc, l’encre étant une analogie des réceptacles, qui ne sont pas de la nature de la lumière simple.
Pourquoi Atsilout est associé à l’« écriture » : dans ce monde, les Séfirot ont de véritables réceptacles pour leurs lumières et, comme l’encre, ces réceptacles ne sont pas de la nature de la lumière simple.
משא״כ בע״י [בעתיק יומין] וא״א [ואריך אנפין] הגם שיש בהם שרש לכלים די״ס [די׳ ספירות] אין הכלים ניכרים ונתגלים בהם עדיין אלא בהעלם גדול ונמשלו לאותיות החקיקה שאין כאן דבר זר כדיו כו׳.
Il n’en va pas ainsi pour Atik Yomin et Arikh Anpin : bien qu’ils contiennent une racine des réceptacles des dix Séfirot, ceux-ci n’y sont pas encore discernables ni révélés, sinon dans un grand état de dissimulation. Ils sont donc comparés aux lettres gravées, où il n’y a aucun élément étranger tel que l’encre, etc.
En Atik Yomin et en Arikh Anpin, il n’y a qu’une racine des réceptacles, profondément dissimulée et pas encore discernable. Rien d’étranger, comme l’encre, ne s’y trouve donc, et ces lettres sont comparées à la gravure.
(ועמ״ש מזה ע״פ זאת חקת התורה)1 ומ״מ [ומכל מקום] הגליפו לאהיה רק בטה״ע [בטהירו עילאה] שהוא הארה בעלמא הנמשכת מאורו ית׳ הפשוט.
(Voir ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Ceci est le statut de la Torah ».) Néanmoins, la gravure n’eut lieu que dans la clarté supérieure (tehirou ila’a), qui n’est qu’un rayonnement émanant de Sa lumière simple, béni soit-Il.
Le lecteur est renvoyé au discours sur « Ceci est le statut de la Torah ». Pourtant, la gravure eut lieu uniquement dans la clarté supérieure, simple rayonnement de la lumière simple de D.ieu.
שבחי׳ הארה זו היא ג״כ פשוט בתכלית הפשיטות ובה נחקקו בחי׳ הי״ס [הי׳ ספירות] דכתר אבל באור א״ס [אין סוף] עצמו לא שייך כלל בחי׳ חקיקה וגליפו ח״ו [חס ושלום].
Ce rayonnement est lui aussi d’une simplicité absolue, et c’est en lui que furent gravées les dix Séfirot de Kéter (la Couronne) ; mais dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, la gravure et l’inscription ne s’appliquent absolument pas, à D.ieu ne plaise.
Ce rayonnement est lui-même d’une simplicité absolue, et c’est en lui que furent gravées les dix Séfirot de Kéter. Dans la Lumière infinie elle-même, la gravure ne s’applique absolument pas.
La différence entre l’écriture et la gravure dans les mondes supérieurs tient aux réceptacles : en Atsilout, ils sont révélés et comparables à l’encre, tandis qu’en Kéter, ils n’existent qu’à l’état de racine dissimulée ; ses Séfirot sont donc comparables à une gravure dans la clarté supérieure.
Maré mekomot
- 1ע״פ זאת חקת התורה · לקו״ת חקת נו, א.
La Torah écrite et les Tables ¶23–24
23וזהו ג״כ כללות ההפרש בין תורה שבכתב למכתב הלוחות כי פי׳ תורה שבכתב היינו שנתלבשה באותיות הכתב
C’est aussi, en général, la différence entre la Torah écrite et l’écriture des Tables. En effet, le sens de « Torah écrite » est qu’elle a été revêtue des lettres de l’écriture,
Cela explique également, en général, en quoi la Torah écrite diffère de l’écriture sur les Tables : la Torah écrite est la Torah telle qu’elle a été revêtue de lettres écrites.
כי התורה עצמה היא למעלה מהכתב כי תורה היא מבחי׳ יסוד אבא שעדיין יש בו הארת א״ס [אין סוף] שמלובש בכתר כמ״ש ה׳ בחכמה1 ונק׳ בשם עדן
car la Torah elle-même est au-dessus de l’écriture, puisqu’elle provient du niveau de Yessod (fondement) d’Abba, où subsiste encore le rayonnement de l’Infini (Ein Sof), revêtu en Kéter (la Couronne), comme il est écrit : « Havaya, par la 'Hokhma », et ce niveau est appelé Eden ;
La Torah en elle-même est supérieure à l’écriture. Elle provient du Yessod d’Abba, le canal de la 'Hokhma, qui contient encore le rayonnement de l’Infini revêtu en Kéter, comme l’indique le verset : « Havaya, par la 'Hokhma [a fondé la terre] ». Ce niveau de 'Hokhma est appelé « Eden ».
mais elle a été revêtue en Bina (compréhension), où se trouve le niveau des lettres, comme il est expliqué à ce sujet dans le commentaire sur le verset « Tu feras un tsits », à propos de « tu graveras ».
La Torah n’est devenue lettres que lorsqu’elle a été revêtue en Bina, où les lettres existent. Torah Ohr l’explique à propos du verset « Tu feras un tsits » : la 'Hokhma y est décrite comme un éclair informe, tandis que seule Bina comporte des lettres.
La Torah écrite trouve son origine dans le Yessod d’Abba, au niveau de la 'Hokhma, et ne devient des lettres écrites que lorsqu’elle est revêtue en Bina.
Maré mekomot
- 1ה׳ בחכמה · Proverbs 3:19
- 2בביאור ע״פ ועשית ציץ · תו״א פד, א ”כי הרי החכמה היא בחי׳ ברק ואין בה שום תמונה, רק בינה היא יש ושייך בה בחי׳ אותיות”.
- 3ועשית ציץ · Exodus 28:36
24והיינו ג״ן סדרים דאורייתא נמשכים מבחי׳ נהר היוצא מעדן1 וגם האותיות אלו שהן הכלים הרי איהו וגרמוהי חד בהון2 כו׳. אמנם הלוחות שרשם בבחי׳ כתר עליון.
Cela signifie que les cinquante-trois sections de la Torah procèdent du niveau du « fleuve qui sort d’Éden ». Et ces lettres aussi, qui sont les réceptacles : « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) sont un en eux, etc. Mais la racine des Tables se trouve au niveau de Kéter supérieur.
Les cinquante-trois sections de la Torah — le nombre cinquante-trois s’écrit ג״ן (« jardin ») — procèdent de Bina, le « fleuve qui sort d’Éden » pour arroser le jardin. Leurs lettres sont des réceptacles et, dans Atsilout, « Lui et Ses réceptacles sont un » ; pourtant, les Tables ont une racine plus élevée, dans Kéter supérieur.
וזהו ענין עשרת הדברות שניתנו בחג השבועות לפי שאז הוא ההתגלות והמשכת הכתר מבחי׳ א״א [אריך אנפין] ועתיק יומין ממש בז״א [בזעיר אנפין] כמבואר בפע״ח [בפרי עץ חיים]
C’est là le sens des Dix Commandements, qui furent donnés à la fête de Chavouot : à ce moment-là se révèlent et se déversent Kéter, depuis les niveaux mêmes d’Arikh Anpin et d’Atik Yomin, dans Zeir Anpin, comme l’explique Pri Etz Chaim.
C’est pourquoi les Dix Commandements furent donnés à Chavouot : ce jour-là, Kéter, provenant d’Arikh Anpin et d’Atik Yomin, se révèle et se déverse dans Zeir Anpin, comme l’explique Pri Etz Chaim.
כי כל ימי הספירה הוא הגדלת המוחין דז״א [דזעיר אנפין] בהשלמת מוחין דאו״א [דאבא ואימא] המתלבשים בז״א [בזעיר אנפין] גדלות ראשון וגדלות שני.
Car, durant tous les jours du compte [du Omer], les mo'hin de Zeir Anpin se développent, au fur et à mesure qu’ils s’achèvent de recevoir les mo'hin d’Abba et Imma, qui s’habillent en Zeir Anpin : le premier degré de maturité, puis le second degré de maturité.
Durant les jours du compte du Omer, les mo'hin de Zeir Anpin se développent, recevant les mo'hin d’Abba et Imma en deux étapes de maturité.
אך בשבועות מאיר בו בחי׳ גלגלתא שהוא בחי׳ הכתר שמקבל מא״א [מאריך אנפין] וע״י ממש ואז דוקא ניתנו שני הלוחות
Mais, à Chavouot, le niveau de la Goulgalta (« crâne ») brille en lui ; c’est le niveau de Kéter, qui reçoit directement d’Arikh Anpin et d’Atik Yomin eux-mêmes. C’est alors, précisément, que les deux Tables furent données,
À Chavouot, quelque chose de plus élevé brille dans Zeir Anpin : la Goulgalta, le « crâne », le niveau de Kéter, qui reçoit directement d’Arikh Anpin et d’Atik Yomin. C’est précisément alors que les Tables furent données.
שבהם עשרת הדברות ע״כ [על כן] היה המכתב חרות על הלוחות בחי׳ אותיות החקיקה כמו שהוא בחי׳ ומדרגת הכתר שהיא בחי׳ גליף גליפו בט הירו עילאה כנ״ל.
sur lesquelles étaient inscrits les Dix Commandements. C’est pourquoi « l’écriture » était « gravée sur les Tables » : elle relevait du niveau des lettres gravées, comme le niveau et le degré de Kéter, qui est celui de « Il grava des gravures dans la lumière suprême », comme mentionné plus haut.
Ainsi, l’écriture sur les Tables était gravée, conformément au niveau de Kéter : « Il grava des gravures dans la lumière suprême », selon la formule du Zohar.
(ולכן יש ג״כ תר״ך אותיות בעשרת הדברות כמנין כתר וכמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ אמור ד׳ צ״ו ע״ב וברבות נשא פי״ג איתא תרי״ג אותיות יש3 מן אנכי עד אשר לרעך ושבעה יתירות כנגד שבעה ימי בראשית4 עכ״ל [עד כאן לשונו]):
(C’est également pourquoi les Dix Commandements comptent six cent vingt lettres, valeur numérique de Kéter, comme l’écrit le Ramaz sur la paracha Emor, folio 96b. Et dans Rabbah sur Nasso, chapitre 13, il est dit : « Il y a six cent treize lettres depuis “Je suis” jusqu’à “qui est ton prochain”, et sept lettres supplémentaires, correspondant aux sept jours de la Création » ; fin de citation.)
Un indice en est que les Dix Commandements comptent 620 lettres, valeur numérique de כתר (Kéter), comme le relève le Ramaz. Le Midrash dénombre 613 lettres depuis « Je suis » jusqu’à « qui est ton prochain », correspondant aux 613 mitsvot, auxquelles s’ajoutent sept lettres pour les sept jours de la Création, soit 620 en tout.
Les lettres de la Torah écrite procèdent de Bina, tandis que les Tables procèdent de Kéter, qui se révèle à Chavouot. Leur écriture était donc gravée, et les Dix Commandements comptent 620 lettres, valeur numérique de Kéter.
Maré mekomot
- 1נהר היוצא מעדן · Genesis 2:10
- 2איהו וגרמוהי חד בהון · Tikkunei Zohar 3b:9–10
- 3וברבות נשא פי״ג . . תרי״ג אותיות יש · ראה ד״ה ויחי יעקב תרמ״ד ע׳ רכא.
- 4אותיות יש מן אנכי עד אשר לרעך ושבעה יתירות כנגד שבעה ימי בראשית · Bamidbar Rabbah 13:16
La racine de l’âme au-delà du fleuve ¶25–30
25ד ועתה נבוא לביאור הפסוק אם בחקותי תלכו דמבואר לעיל דכיון דתלת קשרין אינון1 כו׳ ע״כ [על כן] כמו שבתורה יש ב׳ בחי׳ הנ״ל כתיבה וחקיקה דהיינו התושב״כ [התורה שבכתב] והלוחות
4. Nous en venons maintenant à l’explication du verset : « Si vous marchez dans Mes statuts ». Comme cela a été expliqué plus haut, puisque « trois liens sont unis », etc., de même que la Torah comporte les deux niveaux mentionnés plus haut — l’écriture et la gravure, c’est-à-dire la Torah écrite et les Tables —,
La section 4 aborde le verset lui-même. Le discours a rappelé l’enseignement du Zohar selon lequel le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël sont trois liens unis ; tout ce qui se trouve dans la Torah a donc son correspondant en Israël. Puisque la Torah comporte à la fois l’écriture, la Torah écrite, et la gravure, les Tables, il en va de même pour Israël.
כמו כן בכל ניצוץ ונפש אלקית יש ג״כ ב׳ בחי׳ אלו אותיות החקוקים ואותיות הכתובים דהנה אנו אומרים נשמה שנתת בי טהורה היא23 אתה בראתה כו׳,
de même, en chaque étincelle et en chaque âme divine, il existe également ces deux niveaux : des lettres gravées et des lettres écrites. Car nous disons : « L’âme que Tu as placée en moi est pure ; Tu l’as créée », etc.
Chaque âme divine, chaque « étincelle », comporte elle aussi des lettres gravées et des lettres écrites. La bénédiction du matin y fait allusion : « L’âme que Tu as placée en moi est pure ; Tu l’as créée. »
וידוע הקושיא איך שייך לומר טהורה היא קודם שבראתה ואיפכא הל״ל [הוה ליה למימר] אתה בראתה טהורה היא כו׳.
Or, une question bien connue se pose : comment peut-on dire « elle est pure » avant « Tu l’as créée » ? Il aurait fallu dire l’inverse : « Tu l’as créée ; elle est pure », etc.
La bénédiction soulève une difficulté bien connue. Une âme doit être créée avant de pouvoir être qualifiée de pure ; l’ordre devrait donc sembler être : « Tu l’as créée ; elle est pure. »
והענין יובן בהקדים4 ביאור הפסוק (ביהושע כ״ד ב׳) ויאמר יהושע אל כל העם כה אמר ה׳ אלהי ישראל בעבר הנהר ישבו אבותיכם מעולם5 כו׳
On comprendra cela en expliquant d’abord le verset (Josué 24:2) : « Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle Havaya, le D.ieu d’Israël : “Vos pères habitaient au-delà du Fleuve depuis les temps anciens…” », etc.
Pour répondre à la question, il commence par expliquer les paroles de Josué au peuple : « Ainsi parle Havaya, le D.ieu d’Israël : Vos pères habitaient au-delà du Fleuve depuis les temps anciens. »
ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען6 ומבואר הקושיא ע״ז [על זה] בזהר (פ׳ אמור צ״ח ב׳)
« J’ai pris votre père Avraham de l’autre côté du Fleuve et Je l’ai fait parcourir tout le pays de Canaan. » Le Zohar formule une question à ce sujet (Parachat Emor, 98b) :
Le passage poursuit : « J’ai pris votre père Avraham de l’autre côté du Fleuve et Je l’ai fait parcourir tout le pays de Canaan. » Le Zohar soulève une question à propos de ces versets.
מאי קמ״ל [קא משמע לן] בזה וכי כל ישראל לא ידעו זה7 ומלשון הפסוק נראה שהוא דבר גדול ומחודש אפילו לגבי יהושע עד שצריך שה׳ יאמר אותו.
Que nous apprend cela ? Tous les enfants d’Israël ne le savaient-ils pas ? Pourtant, la formulation du verset laisse entendre qu’il s’agit d’une chose grande et nouvelle, même pour Josué, au point qu’il fallait que D.ieu la lui annonce.
Chaque Juif savait d’où venait Avraham ; que nous enseigne donc le verset ? Son ton laisse entendre une révélation grande et nouvelle, que D.ieu Lui-même devait annoncer, même à Josué.
ותירץ בזה״ק [בזהר הקדוש]8 כי באמת דבר גדול דיבר הנביא בהודעה זו והוא ע״ד [על דרך] ישראל עלו במחשבה9101112 דהכוונה ששרשם נמשך מבחי׳ מחשבה סתימאה דא״א [דאריך אנפין]
Le saint Zohar répond que le prophète a véritablement annoncé une chose grande. Cela rejoint l’expression : « Israël s’éleva dans la pensée » ; cela signifie que leur racine procède du niveau de la pensée cachée d’Arikh Anpin,
Le Zohar répond que le prophète annonçait une chose grande. L’Admour Hazaken relie cela à la parole des Sages : « Israël s’éleva dans la pensée » ; la racine des âmes d’Israël réside dans la pensée cachée d’Arikh Anpin.
שהיא למעלה מעלה מבחי׳ סתם מחשבה עילאה ותתאה. דהיינו כי מחשבה תתאה הוא שחושב מה שמדבר.
qui est très, très au-dessus du niveau de la pensée supérieure ou inférieure en tant que telle. En effet, la pensée inférieure consiste à penser à ce que l’on dit.
Cette pensée cachée se situe très au-dessus de la pensée ordinaire, qu’elle soit supérieure ou inférieure. Comme cela a été expliqué plus tôt, la pensée inférieure consiste à penser aux mots que l’on s’apprête à dire.
La section 4 commence l’explication du verset. À l’instar de la Torah, l’âme comporte des lettres gravées et des lettres écrites ; cela est suggéré par la bénédiction « elle est pure ; Tu l’as créée » et par les paroles de Josué : « Vos pères habitaient au-delà du Fleuve », que le Zohar interprète comme la révélation de la racine d’Israël, identifiée ici à la pensée cachée d’Arikh Anpin.
Le maamar Vayomer Yehoshua 5657 du Rabbi Rachab, cité dans les notes de Kehot, rapporte la réponse du Zohar : le Saint béni soit-Il a fait preuve d’une grande bonté envers Israël en le choisissant à travers les Patriarches et en faisant de lui un char saint et sublime pour Sa gloire. Dans un maamar de 5720, le Rabbi souligne le mot « s’éleva » : il ne s’agit pas simplement du fait qu’Israël était dans la pensée, mais du fait qu’au sein même de la pensée, Israël en constitue le niveau le plus sublime.
Maré mekomot
- 1תלת קשרין אינון · Zohar, Achrei Mot 49:296–50:305
- 2נשמה שנתת בי טהורה היא · ברכת השחר.
- 3נשמה שנתת בי טהורה היא · Berakhot 60b:4
- 4והענין יובן בהקדים · מכאן ראה ד״ה ויאמר יהושע תרנ״ז ע׳ ס ואילך.
- 5
- 6ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען · Joshua 24:3
- 7וכי כל ישראל לא ידעו זה · Zohar, Emor 35:171–38:188
- 8ותירץ בזה״ק · ”ותירץ שמודיע לנו בזה דטיבו סגי עביד קוב״ה בישראל דאיתרעי בהוא באבהתא ועביד לו רתיכא קדישא עילאה ליקרי׳ כו׳” — סה״מ תרנ״ז ע׳ ס.
- 9במחשבה — כדלעיל באריכות · פ״ג [כ].
- 10עלו במחשבה מבחי׳ מחשבה סתימאה · נתבאר באריכות בסה״מ תרנ״ז שם ע׳ סד ואילך.
- 11ישראל עלו במחשבה · ”עלו דוקא, שאינו אומר היו במחשבה, כ״א עלו במחשבה היינו שבבחינת המחשבה גופא הם בבחי׳ היותר נעלה שבמחשבה” — ד״ה ויאמר יהושע תש״כ (הנחה).
- 12ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
26ומחשבה עילאה היא מחשבת השכל. וכ״ז [וכל זה] הנמשל למעלה בבחי׳ ע״ס [עשר ספירות] דאצי׳ [דאצילות] הנה אפי׳ [אפילו] מחשבה עילאה הוא בחי׳ בינה.
Et la pensée supérieure est la réflexion sur le concept. Tout cela, tel qu’il est représenté en haut au niveau des dix Séfirot d’Atsilout (Émanation) : même la pensée supérieure n’est que le niveau de Bina (compréhension).
La pensée supérieure consiste à réfléchir au concept lui-même. Parmi les dix Séfirot d’Atsilout, même la pensée supérieure ne correspond qu’à Bina.
והוא הנק׳ נהר היוצא מעדן1 כי המחשבה אינה נחה כמו שהנהר נמשך תמיד ונמשכת מעדן היא בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה].
C’est ce qui est appelé « un fleuve qui sort d’Éden », car la pensée ne s’arrête pas, de même qu’un fleuve coule sans cesse ; elle provient d’Éden, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure (sagesse).
Bina est appelée « le fleuve qui sort d’Éden », car la pensée ne s’arrête jamais, mais coule comme un fleuve. Sa source, Éden, est la 'Hokhma supérieure.
אמנם ענין עלו במחשבה הוא בחי׳ ח״ס [חכמה סתימאה] דא״א [דאריך אנפין] שלמעלה מעלה מח״ע [מחכמה עילאה] דאצי׳ [דאצילות] כדלעיל באריכות בפי׳ שתוק כך עלה במחשבה.
Mais l’expression « montèrent en pensée » désigne le niveau de la 'Hokhma cachée d’Arich Anpin, très, très au-dessus de la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, comme cela a été expliqué longuement plus haut à propos de l’explication de « Tais-toi : ainsi cela est monté en pensée. »
« Montèrent en pensée » désigne cependant la 'Hokhma cachée d’Arich Anpin, très au-dessus de la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, comme cela a été expliqué plus tôt à propos de « Tais-toi : ainsi cela est monté en pensée. »
וא״כ [ואם כן] אמרם ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] עלו במחשבה היינו ששרש נשמתם מושרש ונמשך מבחי׳ מחשבה סתימאה דא״א [דאריך אנפין] שלמעלה מחו״ב [מחכמה ובינה] דאצי׳ [דאצילות]
Dès lors, la parole de nos Sages, de mémoire bénie, « ils montèrent en pensée » signifie que la racine de leurs âmes est enracinée et provient du niveau de la pensée cachée d’Arich Anpin, qui se situe au-dessus de 'Hokhma et de Bina d’Atsilout.
Lorsque les Sages disent qu’Israël « monta en pensée », ils veulent donc dire que la racine des âmes juives se trouve dans la pensée cachée d’Arich Anpin, au-dessus de 'Hokhma et de Bina d’Atsilout.
(ועיין בזהר פ׳ נח דף ס״ה ע״א ובפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך מחשבה).2 וזהו ג״כ ענין הודעה זו שהודיעם ה׳ איך כי בעבר הנהר ישבו אבותיכם מעולם.
(Voir le Zohar, Parachat Noa'h, folio 65a, et le Pardes, Erchei HaKinuyim, entrée « Machshavah ».) C’est aussi le sens de cette annonce que D.ieu leur fit, à savoir que « vos pères demeurèrent depuis toujours au-delà du Fleuve » :
La parenthèse renvoie au Zohar et à la partie du Pardes qui explique les termes kabbalistiques, à l’entrée « pensée ». C’est cette même racine que D.ieu annonça par l’intermédiaire de Yehoshoua : « Vos pères demeurèrent depuis toujours au-delà du Fleuve. »
ר״ל [רוצה לומר] ששרשם נמשך מבחי׳ שלמעלה מבחי׳ נהר היוצא מעדן שהיא בחי׳ בינה. כי פי׳ בעבר ר״ל [רוצה לומר] בעבר השני כשעוברים הנהר ובעבר השני שם ישבו אבותיכם.
c’est-à-dire que leur racine provient d’un niveau supérieur à celui du « fleuve qui sort d’Éden », lequel est le niveau de Bina. Car « au-delà » (be’ever) signifie de l’autre côté, lorsqu’on traverse le fleuve ; c’est de l’autre côté que « vos pères demeurèrent ».
Le « Fleuve » est Bina, « le fleuve qui sort d’Éden ». « Au-delà du Fleuve » désigne sa rive opposée, celle qu’on atteint en le traversant ; là, au-dessus de Bina, les Patriarches « demeurèrent ».
La pensée supérieure est Bina, le « fleuve » qui coule depuis la 'Hokhma. La racine d’Israël se trouve dans la pensée cachée d’Arich Anpin, au-dessus de l’une et de l’autre ; c’est l’autre côté du Fleuve, où « vos pères demeurèrent ».
Maré mekomot
- 1נהר היוצא מעדן · Genesis 2:10
- 2ובפרדס בעה״כ ערך מחשבה · נעתק באוה״ת בראשית-ד דף תשמ, ב.
27והיינו בבחי׳ א״א [אריך אנפין] שלמעלה מהאצי׳ [מהאצילות] כי פרסא מפסיק בינו לאצי׳ [לאצילות] כמ״ש במ״א בענין עד הגל12 כו׳ ומעבר להפרסא מושרשים האבות.
C’est-à-dire au niveau d’Arikh Anpin, qui est au-dessus d’Atsilout, car une parsa (rideau) le sépare d’Atsilout, comme il est expliqué ailleurs à propos de « Le monticule est témoin », etc. Au-delà du rideau, les Patriarches ont leur racine.
L’autre rive du fleuve correspond à Arikh Anpin, au-dessus d’Atsilout et séparé de celui-ci par un « rideau » (parsa), comme il est expliqué ailleurs au sujet du monticule marquant la frontière entre Yaakov et Lavan : « Le monticule est témoin ». Les Patriarches ont leur racine au-delà de ce rideau.
והענין כי ידוע דאברהם יצחק ויעקב הם בחי׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] אמנם שרשם הוא בחי׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] דא״א [דאריך אנפין].3
Voici l’explication : il est connu qu’Avraham, Yits’hak et Yaakov correspondent aux niveaux de 'Hessed (bonté), Guevoura (retenue) et Tiferet (beauté) ; mais leur racine est le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet d’Arikh Anpin.
Avraham, Yits’hak et Yaakov incarnent le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet : l’amour, la crainte et la compassion. Leur racine est toutefois le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet d’Arikh Anpin, au-dessus d’Atsilout.
Les Patriarches, qui incarnent le 'Hessed, la Guevoura et la Tiferet, ont leur racine dans ces attributs tels qu’ils existent en Arikh Anpin, au-delà du rideau qui le sépare d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1כמ״ש במ״א בענין עד הגל · סדור עם דא״ח דש, ד. בהפסק שבין בחי׳ לובן העליון ליעקב בעל האצי׳.
- 2עד הגל · Genesis 31:52
- 3דאברהם יצחק ויעקב . . חג״ת דא״א · ראה בהנסמן בספר הערכים-חב״ד כרך א ע׳ יח.
28והוא ענין טורי נהורא וטורי חשוכא1 הנזכר בזהר2 דהיינו חג״ת [חסד גבורה תפארת] דאצי׳ [דאצילות] נק׳ טורי נהורא והם בחי׳ המדות הנמשכים מן השכל וההתבוננות שע״י השכל וההתבוננות נולד האהבה או היראה,
C’est là le sens des « montagnes de lumière » et des « montagnes de ténèbres » mentionnées dans le Zohar. C’est-à-dire que 'Hessed (bonté), Guevoura (retenue) et Tiferet (beauté) d’Atsilout (Émanation) sont appelés « montagnes de lumière » ; ils sont le niveau des attributs émotionnels (midot) qui découlent de l’intellect et de la contemplation, car l’amour ou la crainte naît de l’intellect et de la contemplation.
Le Zohar parle des « montagnes de lumière » et des « montagnes de ténèbres ». Les montagnes de lumière sont 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout : des émotions qui naissent de la compréhension et de la contemplation, comme lorsque la méditation sur D.ieu suscite l’amour ou la crainte.
אך יש בחי׳ אהבה רבה שלמעלה מהשכל ונק׳ טורי חשוכא שהם המדות הכלולים בהרצון שלמעלה מהשכל וכענין שתוק כך עלה במחשבה כו׳.
Mais il existe un niveau de grand amour (ahava rabba) qui dépasse l’intellect ; il est appelé « montagnes de ténèbres ». Il s’agit des attributs inclus dans la volonté (ratzon), qui dépasse l’intellect, comme dans : « Tais-toi ; ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée », etc.
Les montagnes de ténèbres sont un grand amour qui dépasse l’intellect : des émotions contenues dans la volonté qui transcende la compréhension. Elles sont « ténébreuses » parce que la compréhension ne peut les atteindre, comme dans la réponse : « Tais-toi ; ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée. »
וזהו ענין ג׳ ידות3 יד הגדולה4 ויד החזקה56 ויד הרמה7 וכנודע שבחי׳ חו״ג [חסד וגבורה] דא״א [דאריך אנפין] מתלבשים באו״א [באבא ואימא] ומהם נמשך אח״כ [אחר כך] בחג״ת [בחסד גבורה תפארת] דאצי׳ [דאצילות].
C’est là le sens des trois « mains » : « la main grande », « la main puissante » et « la main élevée ». Comme on le sait, le niveau de 'Hessed et de Guevoura d’Arikh Anpin est revêtu en Abba et Imma, et c’est d’eux qu’il se prolonge ensuite dans 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout.
C’est le sens des trois « mains » de la Torah : la main grande, la main puissante et la main élevée. Comme on le sait, 'Hessed et Guevoura d’Arikh Anpin sont revêtus en Abba et Imma et, par leur intermédiaire, parviennent à 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout.
Les émotions qui naissent de la compréhension sont les « montagnes de lumière » ; l’amour qui dépasse la compréhension, contenu dans la volonté d’Arikh Anpin, constitue les « montagnes de ténèbres », la racine des Patriarches. C’est là le sens des trois « mains ».
Le discours de Likkutei Torah, Nasso, auquel renvoie la note de Kehot, explique longuement les trois mains : la main grande est « abondante en bonté », la main puissante est « Sa main gauche sous ma tête », et la main élevée, dérivée du mot qui signifie élévation, se rapporte aux fils de Kehat, qui portaient l’Arche et les Tables.
Maré mekomot
- 1טורי נהורא וטורי חשוכא · Zohar, Pinchas 104:696–105:706
- 2טורי נהורא וטורי חשוכא הנזכר בזהר · ח״ג רמט, ב. ועל״ק בשה״ש טו, ג. [כ].
- 3שלמעלה — ג׳ ידות · ראה לקמן פ׳ נשא כא, ב בארוכה.
- 4יד הגדולה · Exodus 14:31
- 5יד החזקה · שם ו, א.
- 6יד החזקה · Exodus 6:1
- 7יד הרמה · שם יד, ח.
29והנה המדות שלמעלה מהשכל הם בבחי׳ התכללות מאד וכנ״ל שבכתר אין שייך התחלקות עדיין.
Or, les attributs émotionnels qui dépassent l’intellect sont dans un état de grande inclusion mutuelle, comme indiqué plus haut : dans Kéter, la division n’a pas encore cours.
Les émotions qui transcendent l’intellect ne sont pas encore divisées en attributs distincts ; chacun inclut les autres, car en Kéter il n’y a pas de division.
וזהו ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען1 פי׳ ארץ כנען הוא המל׳ [המלכות] דאצי׳ [דאצילות] לשון תגר וסוחר ולשון הכנעה כמ״ש במ״א.2
C’est là le sens de : « Et je pris votre père Avraham d’au-delà du fleuve et le conduisis à travers tout le pays de Canaan. » Autrement dit, « le pays de Canaan » désigne Mal’hout d’Atsilout, terme qui signifie « marchand » et « commerçant », et qui évoque aussi la soumission (hakhn’a), comme cela est expliqué ailleurs.
Voici à présent le verset : « Je pris votre père Avraham d’au-delà du fleuve et le conduisis à travers tout le pays de Canaan. » Le pays de Canaan désigne Mal’hout d’Atsilout ; le mot peut signifier « marchand » et se rattache aussi à hakhn’a, la soumission, comme cela est expliqué ailleurs.
והכוונה שהמשיך את האבות משרשם שבעבר הנהר לירד למטה בכל האצי׳ [האצילות] (דהיינו כנ״ל שחג״ת [שחסד גבורה תפארת] דא״א [דאריך אנפין] מתלבשים באו״א [באבא ואימא] ומשם בזו״נ [בזעיר אנפין ונוקבא])
L’intention est qu’Il fit descendre les Patriarches depuis leur racine située au-delà du fleuve, à travers tout Atsilout — c’est-à-dire, comme indiqué plus haut, que le 'Hessed, la Guevoura et le Tiferet d’Arikh Anpin s’habillent en Abba et Imma, puis de là en Zeir Anpin et Noukva —
D.ieu fit descendre les Patriarches depuis leur racine au-delà du fleuve, à travers tout Atsilout : d’Arikh Anpin en Abba et Imma, puis de là en Zeir Anpin et Noukva.
עד המל׳ [המלכות] כדי להתלבש בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בגופים בעוה״ז [בעולם הזה] לברר ברורי רפ״ח נצוצין שנפלו בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] וירידה זו צורך עלייה היא שיעלו הרפ״ח ניצוצות לשרשן ומקורן
jusqu’à Mal’hout, afin qu’ils s’habillent en Béria, Yetsira et Assiya, dans des corps en ce monde, pour raffiner les 288 étincelles tombées en Béria, Yetsira et Assiya. Cette descente a pour but l’élévation : que les 288 étincelles remontent vers leur racine et leur source
Ils descendirent jusqu’à Mal’hout, puis de là dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya, dans des corps en ce monde. Le but était de raffiner et d’élever les 288 étincelles de sainteté tombées dans ces mondes ; ainsi, cette descente est en vue d’une élévation.
(וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] ענין זה ג״כ בד״ה לך לך3 הנה אב רם הוא שכל הנעלם כו׳) אברהם ע״י בחי׳ האהבה ויצחק בבחי׳ יראה ויעקב בחי׳ רחמנות.
(comme cela fut également expliqué dans le discours commençant par « Va pour toi », [où] « Av ram » [« père élevé »] désigne l’intellect caché, etc.) : Avraham, par le niveau de l’amour ; Yits’hak, par le niveau de la crainte ; et Yaakov, par le niveau de la compassion.
Cela fut également expliqué dans le discours sur « Va pour toi » (Le’h Le’ha), où Av ram, « père élevé », désigne l’intellect caché. Avraham raffine les étincelles par l’amour, Yits’hak par la crainte et Yaakov par la compassion.
וזהו ענין אם בחקותי תלכו שהיא בחי׳ ההליכה ממטה למעלה ובפרט העיקר ע״י מדת רחמנות בחי׳ נחלה בלי מצרים4 כו׳
C’est là aussi le sens de « Si vous marchez selon Mes statuts » : il s’agit du niveau de la « marche » de bas en haut, et plus particulièrement, principalement, par l’attribut de compassion, le niveau de « l’héritage sans limites », etc.
« Si vous marchez selon Mes statuts » signifie marcher de bas en haut, en remontant vers la racine. Cela se réalise avant tout par la compassion, l’attribut de Yaakov, que les Sages qualifient d’« héritage sans limites ».
(וכמ״ש במ״א ע״פ המאמר וישב5 ד׳ קפ״א וגבה מאד מסטרא דיעקב6 כו׳ ע״ש [עיין שם] וע׳ [ועיין] במ״ש בד״ה כנשר יעיר7 וע׳ [ועיין] לעיל פ׳ ויצא בד״ה והיה הוי׳ לי לאלקים8 כו׳ וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך9 כו׳).
(Comme cela est expliqué ailleurs à propos de la déclaration du Zohar, Vayeshev, folio 181 : « Et très élevé : du côté de Yaakov », etc. ; voir là-bas. Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Comme un aigle réveille son nid », et voir plus haut, dans la paracha Vayetsé, le discours commençant par « Et Havaya sera mon D.ieu », etc. : « Et tout ce que Tu me donneras, j’en prélèverai certainement la dîme pour Toi », etc.)
La parenthèse renvoie au Zohar commentant le verset « Il sera exalté, élevé et très haut » : le terme « très » (me’od) relève du côté de Yaakov. Elle renvoie aussi aux discours sur « Comme un aigle réveille son nid » et sur le vœu de Yaakov : « Havaya sera mon D.ieu. »
וזהו ג״כ ענין נשמה שנתת בי טהורה היא כי הנה בחי׳ שרשם בעבר הנהר היינו בחי׳ אותיות החקיקה כנ״ל דבחי׳ מחשבה סתימאה נק׳ גליף גליפו בטה״ע [בטהירו עילאה]
C’est aussi le sens de « L’âme que Tu as placée en moi, elle est pure » : car le niveau de leur racine, au-delà du fleuve, est celui des lettres gravées, comme indiqué plus haut ; en effet, le niveau de la pensée cachée est appelé : « Il grava des gravures dans la luminosité supérieure » (tehirou ila’a).
Cette même racine éclaire les mots « L’âme que Tu as placée en moi, elle est pure ». La racine de l’âme au-delà du fleuve est le niveau des lettres gravées, puisque la pensée cachée est ce que le Zohar appelle « Il grava des gravures dans la luminosité supérieure ».
וזהו פי׳ טהורה היא שנמשכה מבחי׳ טהירו עילאה והיינו ממש ענין בעבר הנהר ישבו אבותיכם.
Tel est le sens de « elle est pure » (tehora) : elle est attirée du niveau de l’éclat suprême. C’est précisément là le sens de « Vos pères demeuraient au-delà du fleuve ».
« Elle est pure » (tehora) fait allusion à tehirou, l’éclat suprême, d’où l’âme est attirée. C’est précisément ce que signifie « Vos pères demeuraient au-delà du fleuve ».
La descente des Patriarches depuis l’au-delà du fleuve, à travers Atsilout jusque dans des corps, a pour but l’élévation des étincelles tombées ; leur « marche » vers le haut, principalement par la compassion, correspond à « Si vous marchez selon Mes statuts ». La racine de l’âme dans ces lettres gravées explique que la bénédiction commence par « elle est pure ».
Maré mekomot
- 1ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען · Joshua 24:3
- 2הכנעה כמ״ש במ״א · ראה תו״א כו, ג ואילך, ובהגהות לזה באוה״ת בראשית.
- 3בד״ה לך לך · תו״א יא, א ואילך.
- 4נחלה בלי מצרים · Shabbat 118a:7–8
- 5במ״א ע״פ המאמר וישב · ביאה״ז לאדה״א כב, ג. ועם הגהות בביאה״ז לצ״צ ע׳ קיח ואילך.
- 6וגבה מאד מסטרא דיעקב · Zohar, Vayeshev 5:44–57
- 7כנשר יעיר · Deuteronomy 32:11
- 8והיה הוי׳ לי לאלקים · Genesis 28:21
- 9וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך · Genesis 28:22
30ואח״כ [ואחר כך] כשירדה למטה כמ״ש ואולך אותו בכל ארץ כנען הוא ענין אתה בראתה יצרתה בחי׳ השתלשלות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] עד שנפחתה בי והשתלשלות זו היינו בחי׳ אותיות הכתב
Ensuite, lorsqu’elle descendit en bas, comme il est écrit : « Je le conduisis à travers tout le pays de Canaan », c’est là le sens de « Tu l’as créée, Tu l’as formée », le niveau de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) à travers Béria (Création), Yetsira (Formation) et Assiya (Action), jusqu’à « Tu l’as insufflée en moi ». Cet enchaînement descendant est le niveau des lettres de l’écriture.
Après la racine de l’âme vient sa descente, comme dans « Je le conduisis à travers tout le pays de Canaan ». C’est là « Tu l’as créée, Tu l’as formée… Tu l’as insufflée en moi » : le passage de l’âme à travers Béria, Yetsira et Assiya jusque dans le corps ; cette descente correspond au niveau des lettres de l’écriture.
נמצא יש בישראל ג״כ ב׳ מדרגות מצד שרשן טהורה היא הם בחי׳ אותיות החקיקה ומצד השתלשלותן למטה בבחי׳ בראתה יצרתה נפחתה בי1 זהו ענין אותיות הכתב.
Il s’ensuit qu’en Israël aussi, il existe deux niveaux : du côté de leur racine, « elle est pure », elles sont au niveau des lettres gravées ; et du côté de leur descente en bas, au niveau de « Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi », c’est là le sens des lettres de l’écriture.
Ainsi, chaque Juif possède deux niveaux. À sa racine, « elle est pure », l’âme est constituée de lettres gravées, unies à leur source ; dans sa descente, « Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi », elle est constituée de lettres écrites. Cela répond à la question : « elle est pure » vient en premier parce que la racine précède la descente.
L’âme possède deux niveaux : sa racine gravée, « elle est pure », et sa descente écrite, « Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi ». Cela explique pourquoi « pure » vient en premier dans la bénédiction.
Maré mekomot
- 1בראתה יצרתה נפחתה בי · Berakhot 60b:4
Marcher selon Mes statuts ¶31–32
31ולהבין ענין ב׳ בחי׳ אלו בעבודת ה׳ הוא כי יש בחי׳ אהבה הנמשכת מצד הבינה והדעת בגדולת ה׳.
Pour comprendre ces deux niveaux dans le service de D.ieu : il existe un niveau d’amour qui découle de Bina (compréhension) et de Daat (connaissance) de la grandeur de D.ieu.
Les deux niveaux sont maintenant appliqués au service de D.ieu. Une forme d’amour pour D.ieu naît de la compréhension et de la connaissance, en méditant sur Sa grandeur.
אמנם עיקר בחי׳ האהבה אינה מצד הדעת וההתבוננות כי אנו רואים שגדול כח הרצון והאהבה יותר מערך השכל וההתבוננות שהרי אפילו קל שבקלים יכול למסור נפשו על קדש״ה [קדושת השם] שלא מצד ערך ההתבוננות כלל
Cependant, l’essence de l’amour ne provient pas de la connaissance et de la méditation. Nous voyons en effet que la puissance de la volonté et de l’amour dépasse tout ce qui est à la mesure de l’intellect et de la méditation, puisque même le plus vil des vils peut donner sa vie (messirout néfech) pour la sanctification du Nom de D.ieu, sans que cela soit aucunement à la mesure de la méditation.
Mais l’amour dans son essence ne provient pas de la méditation. La preuve : même le Juif le moins méritant est prêt à donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu, ce qu’aucune méditation ne pourrait expliquer.
נמצא שעצם הרצון בכל נפש לה׳ זהו למעלה מהדעת רק שעובר דרך מעבר ע״י השכל והדעת ולכך בלי התבוננות לא יומשך בגילוי.
Il en ressort que la volonté même de chaque âme envers D.ieu est au-dessus de la connaissance ; seulement, elle passe par l’intellect et la connaissance comme par un passage, et c’est pourquoi, sans méditation, elle ne se révélera pas.
Ainsi, la volonté essentielle envers D.ieu, présente dans chaque âme, est au-dessus de la connaissance. Elle passe par l’intellect et la connaissance pour se manifester ; c’est pourquoi, sans méditation, elle ne devient pas révélée.
אבל מ״מ [מכל מקום] עצם שרש הרצון הוא למעלה מהדעת. וזהו מצד בחי׳ נשמה שנתת בי טהורה היא
Néanmoins, la racine même de la volonté est au-dessus de la connaissance. Cela relève du niveau de « L’âme que Tu as placée en moi est pure ».
Pourtant, la racine de cette volonté est au-dessus de la connaissance. Elle vient de la racine de l’âme, dont la bénédiction dit : « elle est pure ».
(והיא בחי׳ אהבת הבן אל האב שנתבאר במ״א1 מפני שהוי׳ אלהינו ממש כו׳. וזהו בחינת חטה שאין התינוק יודע23 כו׳ כמ״ש במ״א).
(C’est le niveau de l’amour d’un fils pour son père, expliqué ailleurs, parce que Havaya est véritablement notre D.ieu, etc. C’est aussi le niveau du « blé », car « un nourrisson ne sait pas », etc., comme expliqué ailleurs.)
Il s’agit de l’amour d’un fils pour son père, expliqué ailleurs, qui découle du fait que « Havaya est notre D.ieu », véritablement le nôtre. Il est également lié au « blé », d’après l’enseignement des Sages selon lequel un nourrisson ne sait pas appeler « père » et « mère » avant d’avoir goûté au grain ; cela aussi est expliqué ailleurs.
וזהו אם בחקותי תלכו בחוקים שחקקתי לכם היינו בחי׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] דא״א [דאריך אנפין] ששם שרש האבות ע״כ [על כן] ביכולתם לרעות צאנם ולהביאם למקור זה הנק׳ חקיקות ואז תלכו בבחי׳ מהלך בלתי שיעור וגבול.
C’est là le sens de « Si vous marchez dans Mes statuts » : dans les statuts que J’ai gravés pour vous, c’est-à-dire le niveau de 'Hessed (bonté), Guevoura (retenue) et Tiferet (beauté) d’Arich Anpin, où se trouve la racine des Patriarches. C’est pourquoi ils peuvent faire paître leur troupeau et le conduire à cette source, appelée « gravures » ; alors, « vous marcherez », à un niveau de marche sans mesure ni limite.
Ainsi, « Si vous marchez dans Mes statuts » signifie : dans les statuts que J’ai gravés pour vous, les niveaux de 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Arich Anpin, où les Patriarches ont leur racine. Les Patriarches, tels des bergers, peuvent conduire leur troupeau — les âmes juives — à cette source ; alors la marche de l’âme sera sans mesure ni limite.
וכמ״ש הנה ישכיל עבדי4 כו׳ וגבה מאד ופי׳ מאד בלי גבול היינו בבחי׳ א״ס [אין סוף] (ועמ״ש ע״פ הזהר וישב הנ״ל) וזה הגילוי יהיה לע״ל [לעתיד לבוא].
Comme il est écrit : « Voici, Mon serviteur sera avisé », etc., « et s’élèvera très haut ». Le sens de « très » (me’od) est « sans limite », c’est-à-dire le niveau de l’Infini (Ein Sof) (voir ce qui est écrit au sujet du Zohar sur Vayéchev, mentionné plus haut). Cette révélation aura lieu au Temps à venir.
Le verset « Voici, Mon serviteur sera avisé… et s’élèvera très haut » l’indique : « très » (me’od) signifie « sans limite », le niveau de l’Infini. Cette révélation appartient au Temps à venir.
והיינו ע״י אהבת בכל מאדך5 בבחי׳ הילוך בתוספת אור דבר יום ביומו וכל א׳ מוכרח לבא אל אמיתית שרשו ומקורו בבחי׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] דא״א [דאריך אנפין] הנק׳ בחקותי כי לא ידח ממנו נדח6 ממנו ממש ממהותו ועצמותו ית׳.
Cela se réalise par l’amour de « de toute ta force » (bechol me’odecha), au niveau de la marche, avec un accroissement de lumière, « chaque jour selon ce qui lui revient ». Chacun doit parvenir à la vérité de sa racine et de sa source, au niveau de 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Arich Anpin, appelés « Mes statuts », car « l’exilé ne sera pas exilé loin de Lui » : loin de Lui véritablement, de Son être et de Son essence, béni soit-Il.
On y parvient par l’amour de « de toute ta force » (bechol me’odecha), avec une lumière qui augmente de jour en jour. Chaque âme doit finalement atteindre sa véritable racine, car, selon les termes du verset, « l’exilé ne sera pas exilé loin de Lui », loin de l’être et de l’essence mêmes de D.ieu.
L’amour qui découle de la méditation relève du niveau « écrit » de l’âme, tandis que sa volonté essentielle, au-dessus de la connaissance, est sa racine « gravée ». Marcher « dans Mes statuts », c’est l’ascension sans limite de l’âme vers cette racine, par l’amour de « de toute ta force ».
Maré mekomot
- 1שנתבאר — במ״א · עיין לעיל בהוספות יח, ג הערת כ״ק אדמו״ר מהורש״ב נ״ע.
- 2שאין התינוק יודע · ברכות מ, סע״א.
- 3שאין התינוק יודע · Berakhot 40a:14
- 4הנה ישכל עבדי · Isaiah 52:13
- 5בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 6כי לא ידח ממנו נדח · II Samuel 14:14
32ואם לא בדור הזה יבא בגלגול בדור אחר ובפרט בדרא דמלכא משיחא שיתעלו כללות נש״י [נשמות ישראל] בבחי׳ מאד
Et si ce n’est pas dans cette génération, il reviendra par une réincarnation dans une autre génération, et en particulier dans la génération du roi Machia’h, lorsque l’expression générale et collective des âmes d’Israël s’élèvera au niveau du « très » (meod).
Si une âme n’atteint pas sa racine au cours de cette vie, elle revient dans une génération ultérieure, par une réincarnation. Plus encore, dans la génération de Machia’h, les âmes d’Israël, dans leur expression générale et collective, s’élèveront au niveau du « très ».
כי בימות המשיח עד תחיית המתים1 יהיה העבודה במצות מעשיות רק שיהיה שלימות העבודה וכמ״ש במ״א ע״פ אוסרי לגפן23 לכן אז יהיה גבה מאד בחקותי ממש תלכו.
Car, aux jours de Machia’h, jusqu’à la Résurrection des morts, le service consistera en mitsvot pratiques ; seulement, le service sera alors parfait, comme cela est expliqué ailleurs au sujet du verset « Attachant son ânon à la vigne ». C’est pourquoi alors il y aura une élévation « très haute » : vous marcherez véritablement « selon Mes statuts ».
Aux jours de Machia’h, jusqu’à la Résurrection, le service divin consistera encore en mitsvot pratiques, mais celles-ci seront accomplies dans leur perfection, comme cela est expliqué au sujet du verset « Attachant son ânon à la vigne ». Alors se réalisera l’élévation « très haute », et Israël marchera véritablement « selon Mes statuts ».
והנה מה שאמר אם בחקותי תלכו אין אם אלא לשון תחנונים4 הכוונה בבקשה זו שלא ילכו כנסת ישראל בבחי׳ הילוך הנ״ל כ״א [כי אם] בג׳ חקיקות הללו
Or, quant à la formule « Si vous marchez selon Mes statuts », « si » n’est qu’une expression de supplication. Le sens de cette demande est que la Congrégation d’Israël ne suive la marche évoquée plus haut que selon ces trois gravures
Comme l’ont dit les Sages, « si » est ici une supplication : D.ieu implore Israël. Sa demande est que la Congrégation d’Israël suive cette voie uniquement selon ces trois « gravures ».
(שהם שרש ג׳ אבות שהם שרש ג׳ מדות הקדושות אהוי״ר [אהבה ויראה] ורחמנות ושאר המדות מסתעפים מהם נצח ענף החסד שהוא האהבה כו׳ וכן כל המצות נמשכים מג׳ קוין אלו
(qui sont la racine des trois Patriarches, eux-mêmes racines des trois attributs saints (midot) : l’amour, la crainte et la compassion ; les autres attributs en découlent, Netzach étant une branche de 'Hessed, qui est l’amour, etc. ; de même, toutes les mitsvot procèdent de ces trois lignes,
Les trois gravures sont la racine des trois Patriarches et des trois attributs saints : l’amour, la crainte et la compassion. Tous les autres attributs en découlent, comme Netzach découle de 'Hessed ; de même, toutes les mitsvot procèdent de ces trois lignes.
ולכן נחלקו לג׳ בחי׳ תורה ועבודה וגמ״ח [וגמילות חסדים])56 ולא בדרך אחרת זולתם כלל וזהו בחקותי שחקקתי דוקא תלכו:
et c’est pourquoi elles sont réparties en trois catégories : la Torah, le service divin et les actes de bonté), et nullement selon une autre voie. Tel est le sens de « selon Mes statuts » : ceux que J’ai précisément gravés, « vous marcherez ».
C’est pourquoi les mitsvot se répartissent en trois catégories : la Torah, le service divin et les actes de bonté, les trois choses sur lesquelles le monde repose. D.ieu demande à Israël de ne suivre aucune autre voie : « selon Mes statuts », ceux qu’Il a gravés.
Chaque âme finira par atteindre sa racine, sinon dans cette vie, alors dans une autre, et plus encore aux jours de Machia’h. Par la formule « Si vous marchez », D.ieu demande que cette marche ne s’accomplisse qu’au moyen des trois « gravures », racines des attributs des Patriarches et de toutes les mitsvot.
La note de Kehot sur les jours de Machia’h renvoie à Iggeres HaKodesh 26, qui explique que la déclaration des Sages selon laquelle « les mitsvot seront annulées dans le monde à venir » se rapporte à la Résurrection des morts, et non aux jours de Machia’h qui la précèdent, ainsi qu’à l’énoncé talmudique de cette déclaration (Niddah 61b).
Maré mekomot
- 1בימות המשיח עד תחיית המתים יהי׳ העבודה במצות מעשיות · Niddah 61b
- 2ע״פ אוסרי לגפן · תו״א מו, א ובאוה״ת לשם.
- 3אוסרי לגפן · Genesis 49:11
- 4אין אם אלא לשון תחנונים · Avodah Zarah 5a:20
- 5תורה ועבודה וגמ״ח · אבות א, ב.
- 6תורה ועבודה וגמ״ח · Pirkei Avot 1:2
Garder Mes commandements ¶33–36
33ה ואת מצותי תשמרו.1 פי׳ השמירה כדי שיתקיים ההילוך דבכל מאדך בתפלה הוא ע״י המצות שהן בחי׳ כלים מכלים שונים לאור א״ס [אין סוף] ב״ה וזהו ויין מלכות רב כיד המלך.2
5. « Et gardez Mes mitsvot. » Cela signifie que la préservation, afin que se maintienne la démarche de « de toute ta force » dans la prière, s’opère par les mitsvot, qui sont des réceptacles de diverses sortes pour la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. C’est là [le sens de] « et du vin royal en abondance, selon la main du roi ».
La section 5 passe à la seconde moitié du verset : « et gardez Mes mitsvot ». La démarche de la prière, « de toute ta force », doit être préservée, et cela s’accomplit par les mitsvot, qui sont des réceptacles pour la Lumière infinie ; les « réceptacles de diverses sortes […] et du vin royal en abondance » de la Meguila y font allusion.
פי׳ עד״מ [על דרך משל] היין שא״א [שאי אפשר] לקבלו בלא כלי וכן עד״מ [על דרך משל] האור שמאיר בפתילה שאם אין פתילה יסתלק האור.3
Cela signifie, à titre d’analogie : le vin, qui ne peut être reçu sans réceptacle ; et de même, à titre d’analogie, la lumière qui brille sur une mèche : s’il n’y a pas de mèche, la lumière se retire.
Le vin ne peut être contenu sans réceptacle, et une flamme ne peut rester allumée sans mèche : sans la mèche, la lumière se retire.
Les mitsvot, sujet de la seconde moitié du verset, sont les réceptacles qui préservent la lumière atteinte dans la prière, tout comme le vin a besoin d’une coupe et une flamme d’une mèche.
Maré mekomot
- 1ואת מצותי תשמרו · Leviticus 26:3
- 2ויין מלכות רב כיד המלך · Esther 1:7
- 3שאם אין פתילה יסתלק האור · ראה תו״א מ, סע״ב.
34וכן עד״מ [על דרך משל] בנפש החיונית המחיה אברי הגוף כמו כח הראיה בעין וכח השמיעה באזן שבקלקול הכלי ע״י מכה וכדומה מסתלק אור הראיה מהעין והשמיעה מהאזן עד״מ [על דרך משל].
De même, à titre d’analogie, l’âme vitale donne vie aux membres du corps, comme le pouvoir de voir dans l’œil et celui d’entendre dans l’oreille. Lorsque le réceptacle est endommagé par un coup ou autre chose de semblable, la lumière de la vision se retire de l’œil, et celle de l’audition de l’oreille, à titre d’analogie.
Il en va de même pour l’âme vitale dans le corps : la vue et l’ouïe ont besoin d’organes sains ; si l’œil ou l’oreille est blessé, le pouvoir correspondant s’en retire.
וכך עד״ז [על דרך זה] יובן ענין רמ״ח מ״ע [מצות עשה] רמ״ח אברים דהיינו בחי׳ כלים דז״א [דזעיר אנפין] לקבל המשכת האור מבחי׳ כתר תר״ך עמודי אור12
De la même manière, on comprendra la notion des deux cent quarante-huit commandements positifs, correspondant aux deux cent quarante-huit membres : il s’agit du niveau des réceptacles de Zeir Anpin, qui reçoivent le déploiement de la lumière depuis le niveau de Kéter (la Couronne), les six cent vingt colonnes de lumière,
Les 248 commandements positifs correspondent donc aux 248 « membres », les réceptacles de Zeir Anpin, qui reçoivent la lumière déployée depuis Kéter, appelé les « 620 colonnes de lumière ».
שהם תרי״ג מצות דאורייתא ושבע מצות דרבנן שיומשך ויתפשט בכלים ואברים דז״א [דזעיר אנפין] ומשם יומשך בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] ובלעדי הכלים הי׳ [היה] מסתלק האור כענין שנאמר כלים רקים אל תמעיטי3 כו׳ וכתיב אין עוד כלי ויעמוד השמן45 כו׳.
lesquelles sont les six cent treize mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages, afin que la lumière se déploie et se répande dans les réceptacles et les membres de Zeir Anpin, puis, de là, dans Béria (Création), Yetsira (Formation) et Assiya (Action). Sans les réceptacles, la lumière se serait retirée, comme il est dit : « Des récipients vides, n’en prends pas peu », etc. ; et il est écrit : « Il n’y avait plus d’autre récipient, et l’huile s’arrêta », etc.
Les 620 sont les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages. Par elles, la lumière se répand dans Zeir Anpin, puis dans les mondes inférieurs ; sans réceptacles, elle se retirerait, comme lors du miracle d’Élicha, où l’huile ne coula que tant qu’il restait des récipients vides à remplir.
(ועמ״ש מזה בביאור ע״פ וקבל היהודים).67 וזהו ויין מלכות הוא האור שמאיר רב כיד המלך הוא בחי׳ היד הגדולה חסד דאריך כו׳
(Voyez à ce sujet l’explication sur le verset : « Et les Juifs acceptèrent. ») Et voici le sens de « le vin royal » : c’est la lumière qui brille ; « en abondance, selon la main du roi » : c’est le niveau de la « grande main », le 'Hessed d’Arich [Anpin], etc.
Le lecteur est renvoyé au maamar sur « Et les Juifs acceptèrent ». Dans le verset, le « vin royal » désigne la lumière, et « selon la main du roi » désigne la « grande main », le 'Hessed d’Arich Anpin.
ועל ידי שנכנס יין זה באדם יצא הסוד ואהבה מסותרת ששרשה מבחי׳ האבות אשר שרשן מבחי׳ זו בעבר הנהר כו׳ כנ״ל.
Lorsque ce vin entre en l’homme, « le secret sort », ainsi que l’amour caché, dont la racine se trouve au niveau des Patriarches, dont la racine provient de ce niveau au-delà du Fleuve, etc., comme indiqué plus haut.
Lorsque ce vin entre en l’homme, « le secret sort », selon l’enseignement des Sages au sujet du vin : l’amour caché se révèle, lui qui a sa racine chez les Patriarches, au-delà du Fleuve.
אך שצריך להיות בחי׳ כלים מכלים שונים דתורה ומצות שבהן יומשך יין מלכות להיות רב כיד המלך.
Cependant, il faut des réceptacles, « des récipients de toutes sortes », ceux de la Torah et des mitsvot, dans lesquels le vin royal pourra se déployer, afin d’être « en abondance, selon la main du roi ».
Mais le vin doit être reçu dans des réceptacles, les « récipients de toutes sortes » de la Torah et des mitsvot, afin de pouvoir couler « en abondance, selon la main du roi ».
Comme les organes du corps servent de réceptacles aux facultés de l’âme, les 620 mitsvot sont des réceptacles qui reçoivent la lumière de Kéter ; le « vin royal » de l’amour caché ne peut se déployer en abondance que dans ces réceptacles.
Maré mekomot
- 1כתר . . תר״ך עמודי אור · פרדס ש״ח, פ״ג. כמ״ש להדיא במאו״א מערכת תר״ך סנ״ו. ועל״ק מטות (פו, ב). ראה (כ, ב). ח׳ דברים הנ״ל (פג, ג). שה״ש (ב, א. ז, ג. כב, ד ונ׳[סמן] מאדמו״ר) [כ].
- 2כתר תר״ך עמודי אור · Pardes Rimmonim 8:5–6
- 3ובלעדי — כלים רקים אל תמעיטי · II Kings 4:3
- 4אין עוד כלי ויעמוד השמן · שם ד, ו.
- 5אין עוד כלי ויעמוד השמן · II Kings 4:6
- 6ועמ״ש מזה בביאור ע״פ וקבל היהודים · תו״א צז, א ואילך. ושם צז, ב ”ואילו היו עוד כלים היה עוד ריבוי המשכת האורות כו׳”.
- 7וקבל היהודים · Esther 9:23
35וזהו ואת מצותי תשמרו פי׳ מצוה לשון צוותא והתחברות והיינו כאשר האור נמשך בכלי אז הוא בבחי׳ התקשרות וצוותא אלינו משא״כ בעודו למעלה נק׳ חקיקה גליף גליפו וכו׳.
C’est là [le sens de] « Vous garderez Mes commandements » (mitsvotaï) : le terme mitsva est apparenté à tsavta, union et attachement. Autrement dit, lorsque la lumière est attirée dans un réceptacle, elle se trouve alors dans un état d’attachement et d’union avec nous ; tandis que, tant qu’elle demeure en haut, elle est appelée « gravure », « Il grava des gravures », etc.
« Mes commandements » (mitsvotaï) est rapproché de tsavta, l’union. Lorsque la lumière est attirée dans un réceptacle, elle se trouve liée et unie à nous ; tant qu’elle demeure en haut, elle n’est que « gravure ».
וזהו בחוקתי תלכו בתפלה בבחי׳ אהבה ויראה והתעוררות רחמים כו׳ שהם עליות עד בחי׳ חקיקה עליונה אורות דכתר
C’est là le sens de « Vous marcherez dans Mes statuts » : dans la prière, au niveau de l’amour et de la crainte (ahava et yira) et de l’éveil de la compassion, etc., qui sont des élévations jusqu’au niveau de la gravure supérieure, les lumières de Kéter (la Couronne) ;
Ainsi, « Vous marcherez dans Mes statuts » désigne l’élévation dans la prière, par l’amour, la crainte et l’éveil de la compassion, jusqu’à la gravure supérieure, les lumières de Kéter.
והיינו דוקא ע״י ואת מצותי תשמרו שהן הכלים להמשכת וגילוי אורות הנ״ל שע״י הכלי יתקיים האור והיינו כי צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] תמיד בחי׳ העלאה והמשכה כו׳ בחי׳ רצוא ושוב.1
et cela s’accomplit précisément par « Vous garderez Mes commandements », qui sont les réceptacles permettant d’attirer et de révéler les lumières mentionnées plus haut, car c’est par le réceptacle que la lumière se maintient. Autrement dit, il faut toujours qu’il y ait une élévation et une attraction vers le bas, etc., un mouvement de « course et retour » (ratso vachov).
Cette élévation ne perdure que grâce à « Vous garderez Mes commandements », les réceptacles qui attirent les lumières vers le bas et les révèlent. Il faut toujours qu’il y ait à la fois une élévation et une attraction vers le bas, une « course et un retour », comme le prophète le décrit à propos des créatures vivantes du Char.
Les deux parties du verset correspondent aux deux mouvements du service divin : « marcher dans Mes statuts » est l’élévation de la prière jusqu’aux lumières gravées de Kéter, et « garder Mes commandements » les attire vers le bas dans des réceptacles, selon le mouvement de course et de retour.
Maré mekomot
- 1רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
36ועי״ז ונתנה הארץ יבולה1 הארץ היינו בחי׳ מלכות דאצילות שתתן יבולה בהעלאת מ״נ [מיין נוקבין] דרפ״ח ניצוצין ואח״כ [ואחר כך] ממילא יומשך בחי׳ ועץ השדה יתן פריו הוא המשכת מ״ד [מיין דוכרין]
Par cela, « la terre donnera son produit » : « la terre » désigne le niveau de Mal'hout d’Atsilout, qui donnera son produit par l’élévation des eaux féminines (mayin noukvin) des 288 étincelles ; ensuite, automatiquement, sera attiré le niveau de « l’arbre des champs donnera son fruit », qui est l’attraction des eaux masculines (mayin doukhrin).
Le verset poursuit : « la terre donnera son produit, et l’arbre des champs donnera son fruit ». La terre est Mal'hout d’Atsilout : son « produit » est l’élévation des « eaux féminines », les 288 étincelles élevées d’en bas ; en réponse vient le « fruit » de l’arbre, les « eaux masculines » attirées d’en haut.
והיינו שיהיה גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה להיות והתהלכתי בתוככם2 בבחי׳ עץ החיים שמשם יומשכו נשמות עליונות הנקראים פרי צדיק עץ חיים3 (ועיין בזח״א [בזהר חלק א] בראשית דל״ז סע״ב [סוף עמוד ב]. עמ״ש במ״א ע״פ בן פורת יוסף4 כו׳)
C’est-à-dire qu’il y aura une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin que « Je marcherai parmi vous », au niveau de l’Arbre de Vie, d’où seront attirées des âmes élevées, appelées « le fruit du juste est un arbre de vie » (voir aussi le Zohar, partie I, Bereishit, fin du folio 37b ; voir ce qui est écrit ailleurs sur le verset « Yossef est un sarment fertile », etc.).
Cette réponse est une révélation de la Lumière infinie, comme le promet un verset ultérieur : « Je marcherai parmi vous », depuis le niveau de l’Arbre de Vie. De là viennent des âmes élevées, appelées « le fruit du juste », qui « est un arbre de vie ».
ועמ״ש עוד ע״פ את שבתותי תשמרו5 מענין ירידת הנשמות ממקורם ממחשבה עילאה להתלבש בגופים איך שהיא ירידה צורך עלייה למעלה מעלה כו׳.
Voir également ce qui est écrit sur le verset « Vous observerez Mes Chabbatot », au sujet de la descente des âmes depuis leur source, depuis la pensée supérieure, pour s’envelopper dans des corps : comment cette descente est en vue d’une ascension, toujours plus élevée, etc.
Le lecteur est renvoyé au discours sur « Vous observerez Mes Chabbatot », qui explique que la descente des âmes depuis la pensée supérieure jusque dans des corps vise une ascension bien plus élevée.
Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je ferai tes fenêtres de kadkod », au sujet de l’enseignement « la pureté mène à la sainteté », et à la fin du discours commençant par « Voici les étapes », au sujet de « leurs étapes selon leurs départs ».
Sont également cités le discours sur « Je ferai tes fenêtres de kadkod », à propos de l’enseignement selon lequel la pureté mène à la sainteté, et la fin du discours sur « Voici les étapes », à propos de « leurs étapes selon leurs départs ».
(ועיין מענין חרות על הלוחות1011121314151617181920 ברבות משפטים ר״פ ל״ב. כי תשא פמ״א [פרק מ״א / פרשה מ״א]. פקודי פנ״א. ובגמרא עירובין נ״ד א׳. ובזהר ח״ב [חלק ב׳] דף פ״ד דקי״ג ב׳. קי״ד א׳. קפ״ג א׳ מ״ה ע״ב. ח״א [חלק א׳] דל״ז סע״ב [סוף עמוד ב] ודקל״א ב׳. ח״ג [חלק ג׳] ד״ו ע״ב).21
(Au sujet de « gravées sur les Tables », voir aussi Rabbah sur Michpatim, début de la section 32 ; Ki Tissa, section 41 ; Pekoudei, section 51 ; et dans la Guemara, Erouvin 54a ; et dans le Zohar, partie II, folio 84 ; folio 113b ; 114a ; 183a ; 45b ; partie I, fin du folio 37b, et folio 131b ; partie III, folio 6b.)
Cette parenthèse rassemble des sources sur « gravées sur les Tables » dans le Midrash, le Talmud et le Zohar. Plusieurs d’entre elles lisent charout, « gravée », comme ‘hérout, « liberté » : liberté à l’égard de l’ange de la mort et de la soumission.
וצויתי את ברכתי22 ברכת המצות כי מצות צריכות כוונה להמשיך בהן האור וכללות הכוונה היא התפלה של כל יום כמ״ש במ״א ע״פ לא הביט און ביעקב23
« Et Je commanderai Ma bénédiction » : la bénédiction sur les mitsvot. Car les mitsvot exigent une intention afin d’y attirer la lumière, et l’expression générale et collective de l’intention est la prière de chaque jour, comme cela est expliqué ailleurs sur le verset « Il n’a pas contemplé d’iniquité en Yaakov ».
Le verset « Et Je commanderai Ma bénédiction » (dans la paracha Behar) est interprété comme la bénédiction récitée sur une mitsva. Les mitsvot requièrent une intention afin d’y attirer la lumière ; l’intention dans son expression générale et collective est la prière quotidienne, comme cela est expliqué à propos du verset « Il n’a pas contemplé d’iniquité en Yaakov ».
וזהו ענין אם בחקותי תלכו שהוא בבחינת התפלה ואחר כך ואת מצותי תשמרו כו׳ ודרך פרט זהו ג״כ ענין ברכות המצות:24
Tel est le sens de « Si vous marchez dans Mes statuts », qui se situe au niveau de la prière, puis « et observez Mes commandements », etc. ; dans le détail, cela désigne également les bénédictions sur les mitsvot.
Ainsi, « Si vous marchez dans Mes statuts » désigne la prière, puis vient « observez Mes commandements ». Dans le détail, la bénédiction récitée sur chaque mitsva accomplit la même fonction pour cette mitsva.
Les promesses du verset sont comprises comme le fruit de ce service : Mal'hout élève les étincelles sous forme d’« eaux féminines », et la Lumière infinie est attirée en réponse. La prière est l’intention générale qui sous-tend toutes les mitsvot, tandis que la bénédiction sur chaque mitsva en est l’intention particulière.
Le discours sur Masei, auquel renvoie la note de Kehot, compare la bénédiction sur une mitsva à un éveil d’en haut qui donne la force d’élever l’objet matériel avec lequel la mitsva est accomplie.
Maré mekomot
- 1ונתנה הארץ יבולה · Leviticus 26:4
- 2והתהלכתי בתוככם · Leviticus 26:12
- 3פרי צדיק עץ חיים · Proverbs 11:30
- 4בן פורת יוסף · Genesis 49:22
- 5ע״פ את שבתותי תשמרו · לעיל מא, א.
- 6ושמתי כדכד · Isaiah 54:12
- 7וסד״ה אלה מסעי · לקו״ת מסעי צב, א.
- 8אלה מסעי · Numbers 33:1
- 9מסעיהם למוצאיהם · Numbers 33:2
- 10חרות על הלוחות · Shemot Rabbah 32:1
- 11חרות על הלוחות · Shemot Rabbah 41:7
- 12חרות על הלוחות · Shemot Rabbah 51:8
- 13חרות על הלוחות · Zohar, Yitro 21:367–378
- 14חרות על הלוחות · Zohar, Mishpatim 3:355–364
- 15חרות על הלוחות · Zohar, Mishpatim 3:364–370
- 16חרות על הלוחות · Zohar, Tetzaveh 7:64–9:73
- 17חרות על הלוחות · Zohar, Beshalach 2:28–3:39
- 18חרות על הלוחות · Zohar, Bereshit 48:470–49:479
- 19חרות על הלוחות · Zohar, Chayei Sara 19:214–21:221
- 20חרות על הלוחות · Zohar, Vayikra 10:80–11:88
- 21(ברבות משפטים . . ח״ג ד״ו ע״ב) · רוב המ״מ נעתקו ונתבארו באוה״ת תשא ע׳ ב׳כא ואילך על הפסוק.
- 22וצויתי את ברכתי · Leviticus 25:21
- 23לא הביט און ביעקב · Numbers 23:21
- 24
Une autre explication : le tsélem et la lumière du Tohou ¶37–39
37אם בחקותי1 תלכו כו׳. מבואר בע״ח [בעץ חיים] (שער כ״ה2 פ״א המתחיל ענין הצלם באמיתית נלע״ד [נראה לעניות דעתי]3 כו׳)
« Si vous marchez selon Mes statuts », etc. Cela est expliqué dans Etz Chaim (Porte 25, chapitre 1, qui commence ainsi : « Le sujet du tzelem, en vérité, selon ce qui me semble humblement », etc.).
Un nouveau discours sur le verset commence ici ; la note de Kehot indique qu’une autre version figure dans Sefer HaMaamarim 5666, où elle explique le discours « Si vous marchez selon Mes statuts ». Il s’ouvre sur le passage d’Etz Chaim consacré au tzelem, l’« image » qui revêt l’âme.
בחי׳ צלם כו׳ שהוא בחי׳ נפש השכלית המחבר הצורה והחומר שהוא נפש האלהית עם נפש הבהמית לברר בירורים
[que] le niveau du tzelem (« image »), etc., est celui de l’âme intellectuelle, qui relie la forme et la matière, c’est-à-dire l’âme divine et l’âme animale, afin d’opérer des clarifications (beirourim).
Le tzelem est l’âme intellectuelle : elle relie la forme et la matière, l’âme divine et l’âme animale, afin qu’elles puissent, ensemble, opérer les clarifications nécessaires.
כי נפש הבהמית הוא בחי׳ בהמה פשוטה ועמ״ש מזה בד״ה זאת חנוכת המזבח4 ונפש השכלית היא בחי׳ נוגה מעורב טו״ר [טוב ורע]5 כמ״ש חכמים המה להרע.6
Car l’âme animale est le niveau d’un animal tout simple (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Voici la dédicace de l’autel »), tandis que l’âme intellectuelle est le niveau du nogah, où le bien et le mal sont mêlés, comme il est écrit : « Ils sont sages pour faire le mal. »
L’âme animale est un « animal tout simple », tandis que l’âme intellectuelle relève du nogah, le domaine où le bien et le mal sont mêlés : l’intelligence humaine peut servir l’un ou l’autre, comme le dit le prophète : « Ils sont sages pour faire le mal. »
Cette nouvelle explication s’ouvre sur l’enseignement de l’Ari zal au sujet du tzelem, l’âme intellectuelle qui relie l’âme divine à l’âme animale pour le travail de clarification.
La note de Kehot cite le Hemshech 5672 du Rabbi Rachab, qui explique qu’ici, l’âme divine désigne la volonté essentielle et naturelle de l’âme vers la divinité, et que l’âme intellectuelle est le bien au sein du nogah : la capacité humaine de saisir la grandeur de D.ieu par la raison humaine et d’en être touché, d’abord dans l’intellect, puis dans le cœur.
Maré mekomot
- 1אם בחקותי · הנחה אחרת בסה״מ תקס״ו ע׳ קעט (בתור ביאור על ד״ה אם בחוקותי הנדפס שם ע׳ קסג. וראה ביאור נוסף שם ע׳ קצח). ראה גם אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרלד.
- 2בע״ח (שער כ״ה · בדפוס שקלאוו תק״ס ולפנינו ש׳ כ״ו. ראה באוה״ת פ׳ כי תשא ע׳ ב׳נ שמעתיק מכאן. וראה גם אוה״ת בראשית כרך-א דף רו, א. אוה״ת במדבר כרך-ה ע׳ א׳תשמב. סוכות ע׳ א׳תשכט.
- 3ענין הצלם באמיתית נלע״ד · Sefer Etz Chaim 26:2
- 4בד״ה זאת חנוכת המזבח · לקו״ת נשא כח, ג ואילך.
- 5נפש השכלית המחבר הצורה והחומר . . בחי׳ נוגה מעורב טו״ר · באוה״ת סוכות ע׳ א׳תשט בשם המו״נ ח״א פ״א. ובארוכה ביהל אור ע׳ קמח ואילך. וראה בסה״מ תער״ב-א סעי׳ רנד שכאן הכוונה דנה״א הוא בחי׳ הרצון עצמי וטבעי דנשמה לאלקות שזהו עיקר האלקות שבנשמה [ראה שם סעי׳ רז] ונפש השכלית זהו בחי׳ הטוב שבנוגה והיינו מה שיש בכח האדם להשכיל בשכל אנושי ג״כ בגדולת ה׳ ולהתפעל במוחו ואח״כ בלבו, ע״ש.
- 6חכמים המה להרע · Jeremiah 4:22
38וזהו ימי שנותינו בהם1 שבעים שנה דקאי אלמעלה שתה עונותינו לנגדך2 עלומינו למאור פניך כו׳ היינו שיתהפכו בחי׳ עונותינו כו׳
C’est là le sens de « Les jours de nos années sont, en eux, de soixante-dix ans », qui se rapporte au verset précédent : « Tu as placé nos fautes devant Toi, nos choses cachées à la lumière de Ton visage », etc. Autrement dit, le niveau de « nos fautes » sera transformé, etc.,
Le verset « Les jours de nos années… sont de soixante-dix ans » se lit à la suite du verset précédent : « Tu as placé nos fautes devant Toi, nos choses cachées à la lumière de Ton visage ». Les fautes d’une personne doivent être transformées.
שיהיה לנגדך ועלומינו יבא למאור פניך כו׳ הוא ע״י הצלם כו׳ ולזה ניתן ע׳ [שבעים] שנה לכל אחד ואחד לפי ערכו ושיעורו בכדי לברר כו׳.
de sorte qu’elles soient « devant Toi », et que « nos choses cachées » parviennent « à la lumière de Ton visage », etc. Cela se fait par le tsélem, etc. C’est pourquoi soixante-dix ans sont accordés à chacun, selon sa mesure et sa capacité, afin d’opérer le raffinement, etc.
Par le tsélem, les fautes deviennent « devant Toi », et les choses cachées parviennent « à la lumière de Ton visage ». Pour ce travail de raffinement, soixante-dix ans sont accordés à chacun, selon sa mesure.
גם איתא בע״ח [בעץ חיים]3 שעתה מ״ה [שם מ״ה] מברר ב״ן [שם ב״ן] ולע״ל [ולעתיד לבוא] כשיתברר בחי׳ ב״ן [שם ב״ן]4 אזי יהיה א״ח [אשת חיל] עטרת בעלה. כי השבירה היא בבחי׳ ס״ג [שם ס״ג]5 כלו ס״ג [שם ס״ג] יחדיו6 כו׳ והיינו בבחי׳ ב״ן [שם ב״ן] שבס״ג [שבשם ס״ג].7
On trouve également dans Etz Chaim qu’à présent, le Nom Mah (45) raffine le Nom Ban (52) et que, dans le Temps à Venir, lorsque le niveau de Ban aura été raffiné, alors « une femme vaillante sera la couronne de son mari ». Car le brisement se situe au niveau du Nom Sag (63), « ils se sont tous détournés ensemble » (sag), etc., c’est-à-dire au niveau de Ban au sein de Sag.
Etz Chaim enseigne également qu’à présent, le Nom Mah raffine le Nom Ban et que, lorsque Ban aura été raffiné, « une femme vaillante sera la couronne de son mari » : le féminin s’élèvera au-dessus du masculin. Le brisement des réceptacles eut lieu dans le Nom Sag, comme l’indique le verset « ils se sont tous détournés ensemble » (sag), et plus précisément dans le Ban au sein de Sag.
Soixante-dix ans sont accordés à chacun afin qu’il transforme ses manquements par le tsélem. Cela s’inscrit dans le processus plus vaste où Mah raffine Ban, jusqu’à ce que Ban raffiné s’élève pour devenir « la couronne de son mari ».
La note de Kehot situe cet enseignement dans plusieurs portiques d’Etz Chaim (sur les aspects intérieurs et extérieurs, sur les ta’amim, nekoudot, taguin et otiyot, et sur le Tikkoun), et renvoie à d’autres discours de Likkutei Torah sur le raffinement de Ban dans le Temps à Venir.
Maré mekomot
- 1ימי שנותינו בהם · Psalms 90:10
- 2שתה עונותינו לנגדך · Psalms 90:8
- 3גם איתא בע״ח · נ״ב ע׳ בש׳ פנימי׳ וחיצוני׳ סוף דרוש ד׳. ובש׳ טנת״א סופ״א. ובש׳ התיקון ספ״ג. [כ].
- 4כשיתברר בחי׳ ב״ן · על״ק בואתחנן [ב, ד] ספ״ג וש״נ. וע׳ שה״ש סוף ביאור כי על כל כבוד חופה (מח, ריש ע״ב). וע״ל פ׳ צו (י׳ סע״ד). וע׳ שה״ש סד״ה [ולהבין] ענין מדלג (טז, ג). ושם (טז, ב). [כ].
- 5השבירה היא בבחי׳ ס״ג · ראה הנסמן במאמרי אדה״ז-פרשיות לע׳ תקיח.
- 6כלו סג יחדיו · Psalms 53:4
- 7א״ח עט״ב · Proverbs 12:4
39ולע״ל [ולעתיד לבוא] כשיתברר שם ס״ג [שם ס״ג] יתהוה ממנו ס״ג [שם ס״ג] שבס״ג [שבשם ס״ג] כו׳. וביאור הענין הוא כי בחי׳ מ״ה [שם מ״ה] המברר הוא האור הנמשך בבחי׳ כלי וכמו משה ונחנו מ״ה [מה]1 בחי׳ ביטול בתכלית ואעפ״כ [ואף על פי כן] היה בגוף
Et dans le Temps futur, lorsque le Nom Sag sera purifié, il en émergera Sag de Sag, etc. Voici l’explication de la chose : le niveau de Mah, qui opère la purification, est la lumière attirée dans un réceptacle, comme Moché, qui disait : « Que sommes-nous (mah) ? » — niveau d’annulation de soi (bitoul) absolue ; et pourtant, il était dans un corps.
Dans le Temps futur, une fois Sag purifié, un niveau supérieur, « Sag de Sag », en émergera. Pour l’expliquer : Mah, le Nom qui opère la purification, est une lumière attirée dans un réceptacle ; Moché, qui disait « Que sommes-nous (mah) ? », incarnait cette annulation absolue de soi, et pourtant il vivait dans un corps.
ואף שהוא מבחי׳ אבא היינו רק מבחי׳ אחוריים קפ״ד קס״א גימטריא משה,2 ועמ״ש מזה ע״פ אני ישנה34 גבי קול דודי דופק,
Et bien qu’il relève du niveau d’Abba, cela ne concerne que son aspect extérieur (a’horaïm) : 184 et 161, dont la valeur numérique est celle de Moché. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je dors », à propos de « La voix de mon Bien-Aimé frappe ». )
Moché découle d’Abba ('Hokhma), mais seulement de son « extérieur ». Les nombres 184 et 161 réunis ont pour valeur numérique משה (345) ; le discours sur Pekoudé cité dans la note de Kehot identifie 161 au Nom Ehe-yeh épelé avec des yod, la dimension intérieure de Bina, dans laquelle est revêtu l’aspect extérieur d’Abba.
וכן נובלות חכמה שלמעלה תורה פי׳ הנמשך מבחי׳ מוחין דאבא למדותיו שיהיה תורה כשר או פסול כו׳ ועמ״ש בד״ה השמים כסאי56 כו׳,34
De même, « les fruits tombés de la 'Hokhma d’en haut sont la Torah » : c’est-à-dire ce qui est attiré des mo'hin d’Abba vers Ses attributs, donnant ainsi naissance aux lois de la Torah, apte ou impropre, etc. (Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », etc.)
De même, la formule des Sages « les fruits tombés de la 'Hokhma d’en haut sont la Torah » désigne ce qui émane des mo'hin d’Abba vers les attributs divins, donnant lieu aux décisions de la Torah sur ce qui est apte ou impropre.
וכמ״כ [וכמו כן] בחינת משה היה לו אהבה ויראה ומדות רק שהיו נמשכין מבחי׳ מוחין פי׳ שהיה האהוי״ר [האהבה ויראה] שלו בבחי׳ ביטול בתכלית בבחי׳ אבא מבחי׳ אחוריים
De même, le niveau de Moché comportait amour, crainte et attributs émotionnels (midot), mais ceux-ci étaient attirés du niveau de l’intellect ; autrement dit, son amour et sa crainte étaient dans un état d’annulation de soi absolue, au niveau d’Abba, dans son aspect extérieur
Moché avait bien de l’amour, de la crainte et des émotions, mais ils découlaient de l’intellect, d’Abba. Son amour et sa crainte exprimaient une annulation absolue de soi, issue de l’aspect extérieur d’Abba.
(כי פנימית אבא הוא פנימית עתיק)7 ולא מבחי׳ התלהבות שמבחי׳ אימא וכמו ההפרש שבין שבת ליו״ט [ליום טוב] שיו״ט [שיום טוב] הוא בחי׳ שמחה8 כו׳ ושבת הוא בחי׳ עונג910 נאדר בקדש11 כו׳
(car la dimension intérieure d’Abba est la dimension intérieure d’Atik), et non du niveau de ferveur qui relève d’Imma. C’est comparable à la différence entre Chabbat et Yom Tov : Yom Tov est le niveau de la joie, etc., tandis que Chabbat est le niveau du plaisir, « majestueux dans la sainteté », etc.,
La dimension intérieure d’Abba ne fait qu’un avec celle d’Atik, le niveau le plus élevé. L’amour de Moché ne relevait pas de la ferveur qui découle d’Imma (Bina) ; la différence est comparable à celle entre Yom Tov, caractérisé par la joie, et Chabbat, caractérisé par le plaisir, « majestueux dans la sainteté ».
מלה בגרמיה12 כמ״ש בפ׳ אמור צ״ד ע״א, וכן היה האהוי״ר [האהבה ויראה] של משה וביקש הראני נא את כבודך13 פי׳ שיראה א״ס [אין סוף] שלא בבחי׳ כלי14
une chose en soi, comme cela est expliqué dans la paracha Emor, folio 94a. De même étaient l’amour et la crainte de Moché. Il demanda : « Montre-moi, je Te prie, Ta gloire », c’est-à-dire qu’il désirait voir l’Infini (Ein Sof) sans qu’Il soit dans le niveau d’un réceptacle
Le Zohar appelle la sainteté de Chabbat « une chose en soi », qui ne provient de rien d’autre ; il en allait de même pour l’amour et la crainte de Moché. En demandant : « Montre-moi, je Te prie, Ta gloire », il souhaitait voir l’Infini directement, et non à travers un réceptacle.
(ע׳ [עיין] רע״מ [רעיא מהימנא] פ׳ פנחס ד׳ רנ״ה ע״ב) והשיבו כי לא יראני האדם וחי15 בחייהן אינן רואים16
(voir le Ra’aya Mehemna, paracha Pin’has, folio 255b). Il lui répondit : « Car l’homme ne peut Me voir et vivre » : « de leur vivant, ils ne voient pas,
Le Ra’aya Mehemna sur Pin’has est cité à propos de cette demande. D.ieu répondit : « Car l’homme ne peut Me voir et vivre », ce que les Sages expliquent ainsi : les hommes ne Le voient pas de leur vivant.
אבל במיתתן רואים כו׳ וכדאיתא במדרש טוב זה מלאך חיים17 מאד זה מלאך המות היינו שלאחר מיתה יכול להשיג בחינת מאד בלי גבול כו׳
mais après leur mort, ils voient », etc. Ainsi qu’il est rapporté dans le Midrach : « bon » désigne l’ange de la vie, et « très » l’ange de la mort. Autrement dit, après la mort, on peut saisir le niveau de « très » (me’od), qui est sans limite, etc.
Mais après leur mort, ils voient. Le Midrach interprète ainsi « très bon » : « bon » désigne l’ange de la vie, et « très » l’ange de la mort, car après la mort, on peut saisir le niveau illimité de « très ».
היינו כשהוא חי בבחי׳ גוף וכלי לא יראני כו׳ רק במיתתן אחר שנתברר הכלי לגמרי בבחי׳ אתכפיא ואתהפכא אז רואין ולע״ל [ולעתיד לבוא] שיזדכך שלא יהיה הגוף מדכר ונוקבא (וע׳ [ועיין] זהר ח״ב [חלק ב׳] קס״ז ב׳) רק
C’est-à-dire que, tant qu’il vit au niveau d’un corps et d’un réceptacle, « il ne Me verra pas », etc. ; ce n’est que « dans leur mort », après que le réceptacle a été entièrement raffiné par la soumission et la transformation (itkafya et it’hap’ha), qu’ils voient. Et dans le Temps à venir, lorsqu’il sera purifié, de sorte que le corps ne sera plus [issu] du masculin et du féminin (voir le Zohar, Part II, 167b), mais plutôt,
Tant qu’une personne vit dans un corps, un réceptacle, elle ne peut pas voir ; ce n’est qu’après la mort, une fois que le réceptacle a été entièrement raffiné par la soumission et la transformation du mal, qu’elle voit. Dans le Temps à venir, le corps lui-même sera purifié et ne sera plus issu du masculin et du féminin.
כדכתיב ועצמותיך יחליץ18 מבחי׳ טלא דבדולחא1920 טל אורות טלך21 אז גם הגוף יוכל לראות ולהשיג בחי׳ אור א״ס [אין סוף]22
comme il est écrit : « Il fortifiera tes os », par le niveau de « la rosée de cristal », « une rosée de lumières est ta rosée » ; alors le corps aussi pourra voir et saisir le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof).
Au contraire, comme dit Isaïe, « Il fortifiera tes os », par ce que le Zohar appelle « la rosée de cristal », la « rosée de lumières » par laquelle les morts seront ramenés à la vie. Alors, même le corps pourra voir et saisir la Lumière infinie.
וזהו כאור שבעת הימים23 פי׳ אור ז׳ הימים כמו שהיתה קודם הבריאה בעולם התהו רק שהיה בבחי׳ ז׳ אורות להיות האורות גדולים מהכלי.
Et c’est là « comme la lumière des sept jours » : c’est-à-dire la lumière des sept jours telle qu’elle était avant la Création, dans le Monde de Tohou (chaos), où elle se trouvait au niveau de sept lumières, les lumières étant plus grandes que le réceptacle.
C’est là le sens de « comme la lumière des sept jours » : la lumière telle qu’elle était avant la Création, dans le Monde de Tohou, où les sept lumières étaient plus grandes que leurs réceptacles.
אך היה בהן שבירה ואח״כ [ואחר כך] עולם התקון נעשה הכלי גדול והאור קטן. ולעתיד לבוא כשיזדכך הכלי יהיה ג״כ האור גדול כאור ז׳ הימים בחי׳ תהו ואז יהי׳ [יהיה] א״ח [אשת חיל] עטרת בעלה כו׳
Mais il y eut en elles une brisure ; ensuite, dans le Monde de Tikoun (rectification), le réceptacle devint grand et la lumière petite. Dans le Temps à venir, lorsque le réceptacle sera purifié, la lumière aussi sera grande, comme la lumière des sept jours, le niveau de Tohou ; alors « une femme de vaillance sera la couronne de son mari », etc.
Les réceptacles de Tohou se brisèrent et, dans le Monde de Tikoun, les réceptacles sont grands et la lumière petite. Dans le Temps à venir, les réceptacles purifiés accueilleront une grande lumière, semblable à celle de Tohou ; alors « une femme de vaillance sera la couronne de son mari ».
(ועמ״ש בד״ה והיה אור הלבנה.24 ועיין במק״מ [במקדש מלך] ס״פ מצורע25 מענין אור שבעת הימים ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] פ׳ כי תשא קפ״ח ב׳)
(Voir ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Et la lumière de la lune sera ». Voir aussi le Mikdash Melekh, à la fin de la Parachat Metsora, au sujet de la lumière des sept jours, ainsi que le Ramaz sur la Parachat Ki Tissa, 188b.)
La parenthèse renvoie au maamar sur « Et la lumière de la lune sera », au Mikdash Melekh et au Ramaz, pour davantage d’explications sur la lumière des sept jours.
וזהו ענין ק״ש [קריאת שמע] שמע שם ע׳ רבתי26 היינו בחינת אור שבעת הימים שהעלאת מ״ן [מיין נוקבין] מהבירור דנה״ב [דנפש הבהמית] מתעלה לשם.
Et c’est là le sens du Chema : dans « Chema », le ayin est écrit en grand ; cela correspond au niveau de la lumière des sept jours, car l’élévation des eaux féminines (maïm noukvin), issues du raffinement de l’âme animale, s’élève jusqu’à ce niveau.
Le Chema y fait allusion : le ayin de « Chema », lettre dont la valeur numérique est soixante-dix, est écrit en grand et représente la lumière des sept jours. Les « eaux féminines » élevées par le raffinement de l’âme animale s’élèvent jusqu’à ce niveau.
וזהו ואהבת את2728 הוי׳ אלקיך את הטפל29 כו׳ להיות בבחי׳ אהבה. וטפל ובטל לשם הוי׳ (ועמ״ש ע״פ וידעת היום)3031 ולהתכלל באחד.
Et c’est là « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu » : et inclut ce qui est secondaire, etc., afin d’être au niveau de l’amour, et d’être secondaire et annulé devant le Nom Havaya (voir ce qui est écrit sur le verset « Et tu sauras aujourd’hui »), et d’être inclus dans l’Un.
Dans « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu », le mot et inclut ce qui est secondaire : on devient secondaire et annulé devant le Nom de D.ieu, et l’on est inclus dans l’Un. Le maamar sur « Et tu sauras aujourd’hui » explique cela.
בכל לבבך שהוא בחינת נפש הבהמית רביעית דם שבלב כו׳ ובכל נפשך בחינת נפש השכלית בחי׳ צלם המחבר הנ״ל וכשיתהפכו ויתבררו יבא לבחי׳ ובכל מאדך מאד בלי גבול
« De tout ton cœur » correspond au niveau de l’âme animale, au quart de mesure de sang dans le cœur, etc. ; « et de toute ton âme » correspond au niveau de l’âme intellectuelle, au niveau du tsélem qui relie, mentionné précédemment. Lorsqu’ils seront transformés et raffinés, on atteindra le niveau de « et de toute ta force », méodékha, « très », méod, sans limite,
« De tout ton cœur » désigne l’âme animale, centrée dans le sang du cœur ; « et de toute ton âme » désigne l’âme intellectuelle, le tsélem qui relie les deux. Lorsque toutes deux seront transformées et raffinées, on atteindra « de toute ta force » : méod, « très », un amour sans limite.
כדכתיב הנה ישכיל עבדי ירום ונשא וגבה מאד32 אשר בשביל זה ירדה הנפש האלהית למטה
comme il est écrit : « Voici, Mon serviteur agira avec sagesse ; il sera élevé, exalté et très haut. » C’est dans ce but que l’âme divine descendit ici-bas,
Il s’agit du « très haut » du verset d’Isaïe. C’est pour cela que l’âme divine descendit dans le corps.
כי מקודם היתה בבחי׳ גבול ומספר כי נש״י [נשמות ישראל] נמשכו מבחי׳ זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] עולם התיקון בבחי׳ כלי כו׳
car auparavant, elle était au niveau de la limite et du nombre, puisque les âmes d’Israël furent tirées du niveau de Zeir Anpin et Noukva du Monde de Tikoun, au niveau d’un réceptacle, etc.,
Avant sa descente, l’âme était limitée et dénombrable, car les âmes d’Israël proviennent de Zeir Anpin et Noukva du Monde de Tikoun, qui sont des réceptacles.
וכמ״ש חי ה׳ אשר עמדתי לפניו כו׳ משא״כ אחר ירידתה בחי׳ צלם לברר כו׳ לאכפיא כו׳
comme il est écrit : « Aussi vrai que Havaya vit, devant qui je me tenais », etc. ; tandis qu’après sa descente, [au] niveau du tsélem, pour raffiner, etc., pour soumettre, etc.,
Le verset « Aussi vrai que Havaya vit, devant qui je me tenais » décrit l’âme se tenant devant D.ieu avant sa descente. Après celle-ci, en tant que tsélem, l’âme raffine et soumet l’âme animale.
בכל לבבך ובכל נפשך יכול עי״ז להשיג האהבה מבחי׳ אור א״ס [אין סוף] בחי׳ בכל מאדך שמעולם התהו
« de tout ton cœur et de toute ton âme », elle peut ainsi atteindre l’amour issu du niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), le niveau de « de toute ta force », qui provient du Monde de Tohou.
En aimant D.ieu « de tout ton cœur et de toute ton âme », une fois les deux âmes raffinées, elle peut atteindre l’amour issu de la Lumière infinie elle-même, « de toute ta force », un amour provenant du Monde de Tohou.
ואף שא״א [שאי אפשר] להיות בבחי׳ גוף וכלי מ״מ [מכל מקום] הארה מזה יוכל להיות בכל יום ובמיתתן אחר שנברר הכל רואין כו׳ וזהו היה מספר בני33 ישראל כו׳ אשר לא יספר כו׳:
Et bien qu’il soit impossible que cela se trouve au niveau d’un corps et d’un réceptacle, un rayonnement de cela peut néanmoins être présent chaque jour ; et « à leur mort », après que tout a été raffiné, « ils voient », etc. Et c’est là [le sens de] : « Le nombre des enfants d’Israël sera », etc., « qui ne peut être dénombré », etc.
Un tel amour ne peut être pleinement présent dans un corps, mais il est possible d’en avoir une lueur chaque jour ; après la mort, lorsque tout a été raffiné, l’âme voit. Telle est la promesse que le nombre d’Israël sera au-delà de tout dénombrement, au-delà de toute limite.
L’amour désintéressé de Moché, qui découlait d’Abba, demeurait néanmoins dans les limites d’un corps et d’un réceptacle ; l’amour sans limite, le « très », appartient à la lumière de Tohou et se révélera lorsque les réceptacles seront purifiés. L’âme est descendue afin d’y parvenir, en purifiant l’âme animale et l’âme intellectuelle par l’amour « de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force ».
Le discours sur Tsav (« Et la lumière de la lune sera »), cité dans les notes de Kehot, explique que les sept jours de la création correspondent aux sept Séfirot inférieures d’Atik, comme l’écrit Rabbi ‘Haïm Vital (cité dans le Mikdash Melekh à la fin de Metsora), et que « la lumière des sept jours » est la lumière qui se trouve en elles, les trois Séfirot supérieures d’Atik. Pour 184 et 161, la note de Kehot renvoie également au Likkutei Torah de l’Ari zal sur Chemot.
Maré mekomot
- 1ונחנו מה · Exodus 16:7
- 2קפ״ד קס״א גימטריא משה · Exodus 2:10
- 3ע״פ אני ישנה · לקו״ת שה״ש לה, ב.
- 4אני ישנה · Song of Songs 5:2
- 5בד״ה השמים כסאי · תו״א א, ריש ע״ב.
- 6השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 7פנימית אבא . . עתיק · ראה סה״מ תקס״ה ע׳ תתסה. סה״מ ת״ש ע׳ 49 בהערה. אוה״ת נשא ע׳ רנז.
- 8שיו״ט הוא בחי׳ שמחה · Deuteronomy 16:14
- 9שבת הוא בחי׳ ענג · Isaiah 58:10
- 10ושבת הוא בחי׳ עונג · Isaiah 58:13
- 11נאדר בקדש · Exodus 15:11
- 12מלה בגרמיה · Zohar, Emor 24:111–25:123
- 13הראני נא את כבודך · Exodus 33:18
- 14שלא בבחי׳ כלי · באוה״ת כי תשא ע׳ ב׳נא ר״ל שלא ע״י התלבשותו בז״א כ״א בח״ע. ע׳ בתניא פל״ה בהגה״ה. וראה ביאוה״ז לצ״צ ע׳ עג.
- 15כי לא יראני האדם וחי · Exodus 33:20
- 16בחייהן אינן רואים · במד״ר ספי״ג. לעיל (לה, ג) וש״נ [כ].
- 17וכדאיתא במדרש טוב זה מלאך חיים · Bereshit Rabbah 9:10
- 18ועצמותיך יחליץ · Isaiah 58:11
- 19טלא דבדולחא · ע׳ זח״ג (מט, א). ושם (קכח, ב). וע׳ שה״ש עה״פ שראשי נמלא טל (לה, ד) וכ׳ שהוא מז׳ תיקונים דגלגלתא. וע״ע [לקמן] האזינו [דרוש ה]א׳ ע׳ רע״ג בחצע״ג יעו״ש. ועל״ק חקת (ס, רע״ג). [כ].
- 20טלא דבדולחא · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
- 21טל אורות טלך · Isaiah 26:19
- 22ולהשיג בחי׳ אור א״ס · באוה״ת כי תשא שם: כמו שהוא שלא ע״י כלי, וזהו טל אורות דוקא.
- 23כאור שבעת הימים · Isaiah 30:26
- 24בד״ה והי׳ אור הלבנה · לעיל פ׳ צו ט, ב.
- 25ועיין במק״מ ס״פ מצורע · מובא בלקו״ת שם. וראה באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרלו.
- 26שמע שם ע׳ רבתי · Zohar III, 236b
- 27שמע . . ואהבת את ה״א · Deuteronomy 6:4
- 28ואהבת את הוי׳ אלקיך · Deuteronomy 6:5
- 29את הטפל · Eruvin 4b
- 30ע״פ וידעת היום · לקו״ת ואתחנן ח, ג ”וע״ז נצטוינו ואהבת את כלומר שתמשיך מדת האהבה והשמחה בבחינת את הטפל הוא מדת היראה והביטול”.
- 31וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 32הנה ישכיל עבדי . . וגבה מאד · Isaiah 52:13
- 33הי׳ מספר בנ״י כו׳ אשר לא יספר · Hosea 2:1
- 34נובלות חכ׳ שלמע׳ תו׳ · Bereshit Rabbah 17:5
Les deux gravures de l’âme animale ¶40–42
40ב אך קודם הק״ש [הקריאת שמע] בחי׳ אהבה הנ״ל צריך להיות פסוקי דזמרה. וזהו אם בחקותי תלכו ב׳ חקיקות כמו כלי שצריך חקיקה מבחוץ ומבפנים
2. Mais avant le Chema, le niveau de l’amour mentionné plus haut, il faut réciter les Pesouké déZimra (« versets de chant »). Tel est le sens de « Si vous marchez selon Mes statuts (be’houkotaï) » : deux gravures, comme un réceptacle qui doit être gravé à l’extérieur et à l’intérieur ;
Section 2 de ce discours : avant l’amour du Chema vient la récitation des Pesouké déZimra, les psaumes de louange des prières du matin. Le pluriel « Mes statuts » (be’houkotaï) est interprété comme désignant deux gravures, de même qu’un réceptacle est gravé à l’extérieur comme à l’intérieur.
כמו כן צריך כלי הנפש הבהמית לב׳ חקיקות הללו בכדי שאח״כ [שאחר כך] יוכל להיות בחי׳ תלכו שהוא בחי׳ אהבה להתכלל באחד
de même, le réceptacle de l’âme animale a besoin de ces deux gravures, afin qu’ensuite puisse se réaliser le niveau de « vous marcherez », qui est le niveau de l’amour : être inclus dans l’Un,
L’âme animale est un tel réceptacle et a besoin de ces deux gravures avant de pouvoir « marcher », c’est-à-dire aimer D.ieu et être incluse dans l’Un.
כדכתיב הלוך ונסוע הנגבה1 וענין החקיקה מבחוץ הוא ע״י פסוקי דזמרה שהוא מלשון זמיר עריצים2 פי׳ שע״י ההתבוננות בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה בפסוקי דזמרה הוא מזמר ומכרית בחי׳ הרע שתוכל להתפשט בנפשו בחי׳ אהבה אלקית.
comme il est écrit : « allant et voyageant vers le sud ». La gravure extérieure s’accomplit au moyen des Pesouké déZimra, terme qui vient de « abattre (zemir) les tyrans » : c’est-à-dire qu’en méditant sur la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, dans les Pesouké déZimra, on élague et retranche le niveau du mal, afin que le niveau de l’amour divin puisse se répandre dans son âme.
Cette marche est semblable à celle d’Avraham, qui « allait et voyageait vers le sud ». La gravure extérieure correspond aux Pesouké déZimra ; leur nom est rapproché de zemir, « abattre », comme dans « abattre les tyrans ». En méditant sur la grandeur de D.ieu dans ces psaumes, on élague le mal, afin que l’amour divin puisse se répandre dans l’âme.
כי ההתפעלות מההתבוננות הנ״ל עדיין אין זה בחי׳ אהבה רק בחי׳ התפעלות מאלקות בכדי שיתפרד הרע
Car l’émotion suscitée par la méditation mentionnée plus haut n’est pas encore le niveau de l’amour ; ce n’est que le niveau d’une émotion ressentie devant la Divinité, afin que le mal soit séparé,
Le sentiment éveillé par cette méditation n’est pas encore de l’amour. Il s’agit seulement d’être ému par la Divinité, suffisamment pour séparer le mal du bien.
כדכתיב רוממות אל בגרונם וחרב פיפיות בידם היינו ע״י בחי׳ ההתבוננות ברוממותו ית׳ נפרד הרע.3
comme il est écrit : « L’exaltation de D.ieu est dans leur gorge, et une épée à deux tranchants dans leur main » ; c’est-à-dire que, par la méditation sur Son exaltation, béni soit-Il, le mal est séparé.
Comme le dit le psaume : « L’exaltation de D.ieu est dans leur gorge, et une épée à deux tranchants dans leur main » : méditer sur l’exaltation de D.ieu est comme une épée qui retranche le mal.
Avant l’amour du Chema, l’âme animale doit être « gravée » deux fois ; la gravure extérieure est celle des Pesouké déZimra, dont la méditation sur la grandeur de D.ieu retranche le mal.
Maré mekomot
- 1הלוך ונסוע הנגבה · Genesis 12:9
- 2זמיר עריצים · Isaiah 25:5
- 3רוממות א-ל בגרונם · Psalms 149:6
C’est pourquoi l’obligation de réciter les Psaumes de louange (Pesouké déZimra) n’est pas mentionnée dans la Michna : celle-ci ne parle que des « deux bénédictions qui la précèdent », etc., car ils n’en avaient pas besoin chaque jour, etc.
C’est pourquoi la Michna ne mentionne que les deux bénédictions qui précèdent le Chéma, et non les Psaumes de louange : à l’époque de la Michna, les gens n’avaient pas besoin de cette préparation chaque jour.
וזהו החקיקה מבחוץ והחקיקה מבפנים הוא ע״י מצות מעשיות שבבחי׳ חוקה כמו פרה אדומה ציצית ותפילין שאין בהם שום שכל וטעם
Telle est la gravure de l’extérieur. La gravure de l’intérieur s’accomplit par les mitsvot pratiques qui relèvent de la catégorie des lois statutaires (houka), telles que la vache rousse, les tsitsit et les téfilines, qui n’ont absolument aucune explication ni raison.
La gravure intérieure s’accomplit par les mitsvot pratiques qui sont des houkim, des lois statutaires dépassant la raison, telles que la vache rousse, les tsitsit et les téfilines.
והיינו מפני ששרש המצות הוא מבחינת כתר כי אורייתא מחכמה נפקת4 אבל שרשן הם מכתר תרי״ג מצות5 דאורייתא6 וז׳ מצות דרבנן7 גימטריא תר״ך.
Cela s’explique par le fait que la racine des mitsvot relève du niveau de Kéter (la Couronne). Car « la Torah émane de la 'Hokhma (sagesse) », mais leur racine est en Kéter : les six cent treize mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages ont pour valeur numérique six cent vingt.
La racine des mitsvot se trouve en Kéter, au-delà de la raison. La Torah émane de la 'Hokhma, mais les mitsvot ont leur racine en Kéter : les 613 mitsvot de la Torah et les sept des Sages font 620, valeur numérique de כתר.
אך בכל ספי׳ [ספירה / ספירות] יש בחי׳ קומה כמו חכמה שבחכמה וכמו כן בכתר יש בחי׳ מצות הנמשך מחכמה שבכתר ונתלבש בחכמה דאצילות ואח״כ [ואחר כך] בבריאה שיוכל להיות גם למטה טעם למצוה זו.8
Cependant, chaque Séfira comporte une stature complète (komah), telle que la 'Hokhma de la 'Hokhma. De même, en Kéter, il existe un niveau de mitsvot qui émane de la 'Hokhma de Kéter et qui se revêt dans la 'Hokhma d’Atsilout (Émanation), puis dans la Béria (Création), de sorte que cette mitsva puisse aussi avoir une raison à un niveau inférieur.
Chaque Séfira comprend un ensemble complet de tous les niveaux, comme la 'Hokhma de la 'Hokhma. Ainsi, Kéter aussi comporte des mitsvot issues de sa 'Hokhma, qui se revêt dans la 'Hokhma d’Atsilout, puis en Béria ; c’est pourquoi une telle mitsva peut avoir une raison compréhensible à un niveau inférieur.
La gravure intérieure de l’âme animale s’accomplit par les mitsvot qui dépassent la raison, les houkim, puisque toutes les mitsvot ont leur racine en Kéter ; les mitsvot qui ont des raisons émanent de la 'Hokhma au sein de Kéter, revêtue dans des niveaux inférieurs.
Maré mekomot
- 1לא נזכר במשנה רק שתים לפני׳ · ברכות פ״א מ״ד.
- 2שתים לפניה · Mishnah Berakhot 1:4
- 3כי לא הי׳ נצרך זה אצלם בכל יום · ראה סה״מ תרס״ה ע׳ קלו.
- 4אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502
- 5תרי״ג מצות · מכות בסופה.
- 6תרי״ג מצות דאורייתא · Makkot 23b
- 7וז׳ מצות דרבנן · ראה לקו״ש חכ״א ע׳ 401.
- 8אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 85a
42ויש מצות הנמשכים מכתר שבכתר והם החוקים שהם רק בחי׳ רצון ונקרא רעוא דרעוין כו׳ וע״י מצות אלו ששרשן מאד נעלה יכול להיות חקיקה מבפנים בנפש הבהמית
Il existe aussi des mitsvot qui émanent de Kéter de Kéter : ce sont les houkim, qui relèvent uniquement de la volonté, et que l’on appelle « la Volonté des volontés », etc. Grâce à ces mitsvot, dont la racine est très élevée, une gravure peut s’opérer de l’intérieur dans l’âme animale,
D’autres mitsvot émanent de Kéter de Kéter : ce sont les houkim, expressions pures de la volonté divine, appelées « la Volonté des volontés ». Leur racine étant si élevée, elles peuvent graver l’âme animale de l’intérieur.
comme il est écrit : « Je passerai à travers le pays d’Égypte » ; « Moi, et non un ange ». Puisqu’ils se trouvaient au plus profond des kelipot, il fallait précisément « Moi », un niveau très élevé.
Il en va ainsi lors de la Sortie d’Égypte : « Je passerai à travers le pays d’Égypte », que les Sages interprètent par « Moi, et non un ange ». Israël était plongé au plus profond des kelipot ; seul le niveau le plus élevé, D.ieu Lui-même, pouvait donc les atteindre.
וכמו כן להיות חקיקה בנפש הבהמית שיהיה לו בחי׳ אהבה להתכלל נפשו באחד היא ע״י מצות הנ״ל ועמ״ש בד״ה ועתה יגדל נא כח.34
De même, pour qu’une gravure s’opère dans l’âme animale et qu’elle acquière un niveau d’amour permettant à son âme de s’inclure dans l’Un, il faut les mitsvot mentionnées ci-dessus. (Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et maintenant, que la force soit grande, je T’en prie ».)
De la même façon, seules ces mitsvot élevées peuvent graver assez profondément l’âme animale pour qu’elle aime D.ieu et s’inclue dans l’Un. Le lecteur est renvoyé au discours sur « Et maintenant, que la force soit grande ».
וזהו באר חפרוה שרים5 בחינת יסוד דנוקבא שכדי שיהיה בבחי׳ נוקבא בחי׳ יסוד התקשרות באלהות ע״י התעוררות הנ״ל צריך חפירה כי בלא זה לבו אטום כבתולה67
C’est là le sens de « un puits que des princes ont creusé » : cela désigne le niveau de Yessod de Noukva. Pour que, dans le niveau de Noukva, existe le niveau de Yessod, c’est-à-dire un lien avec la divinité suscité par l’éveil mentionné ci-dessus, il faut creuser ; sans cela, son cœur est fermé comme une vierge
Le verset « un puits que des princes ont creusé » y fait allusion. Le puits est le Yessod de Noukva, la capacité de l’âme à se lier à D.ieu ; il faut le creuser pour l’ouvrir, car autrement le cœur demeure fermé, « comme une vierge », selon l’expression du Talmud.
(ועמ״ש מזה ע״פ לריח שמניך89 בענין על כן עלמות אהבוך. ועמ״ש בד״ה עיני כל.1011 ובד״ה לא12 תהיה משכלה ועקרה)13 וממה נעשה החפירה במחוקק בחי׳ חקיקה הנ״ל שהוא בחי׳ מצות הנ״ל
(Voir ce qui est écrit à ce sujet sur « À l’odeur de tes parfums », au sujet de « c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment » ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Les yeux de tous », et dans celui commençant par « Nul ne fera de fausse couche et ne sera stérile ».) Et avec quoi creuse-t-on ? « Avec le mechokek », le niveau de la gravure mentionnée ci-dessus, qui correspond aux mitsvot mentionnées ci-dessus.
La parenthèse renvoie à d’autres discours consacrés à ce thème. On creuse « avec le mechokek », mot de la même racine que chakika, « gravure » : autrement dit, au moyen des mitsvot qui sont des houkim.
אך אעפ״כ [אף על פי כן] התפשטותן הוא בבחי׳ חכמה ע״י משה (ועמ״ש בפ׳ חקת ע״פ במחוקק כו׳) כי אף פרה אדומה נאמרה ע״י משה כו׳ וע״ז [ועל זה] נאמר אמרתי אחכמה14 כו׳.
Cependant, leur diffusion s’opère néanmoins au niveau de 'Hokhma, par l’intermédiaire de Moché (voir ce qui est écrit dans la paracha de ‘Houkat sur le verset « avec le mechokek », etc.), car même la vache rousse fut enseignée par Moché, etc. C’est à ce sujet qu’il est dit : « J’ai dit : je deviendrai sage », etc.
Même ces mitsvot qui dépassent la raison sont transmises par l’intermédiaire de 'Hokhma, par Moché ; même la vache rousse fut enseignée par Moché. À ce sujet, le verset dit : « J’ai dit : je deviendrai sage », que les Sages appliquent à la vache rousse.
וזהו אם בחקותי תלכו ודרשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] הלואי בחקתי תלכו15 היינו שיהי׳ [שיהיה] בחי׳ הליכה הוא בחי׳ אהבה ולהתכלל באחד צריך לזה ב׳ חקיקות הנ״ל
C’est là le sens de « Si vous marchez dans Mes statuts », que nos Sages, de mémoire bénie, interprètent ainsi : « Plût au ciel que vous marchiez dans Mes statuts ». Cela signifie que pour atteindre le niveau de la marche — qui est le niveau de l’amour — et s’inclure dans l’Un, les deux gravures mentionnées ci-dessus sont nécessaires.
Ainsi, « Si vous marchez dans Mes statuts », que les Sages interprètent comme une supplication — « Plût au ciel que vous marchiez » — signifie que, pour que l’âme avance, aime et s’inclue dans l’Un, les deux gravures, extérieure et intérieure, lui sont nécessaires.
כי בלתי זה א״א [אי אפשר] שיהיה לו בחי׳ אהבה מאחר שהוא אסור בגוף ונפש הבהמית וכמשל האסור בזיקים שא״א [שאי אפשר] לו להלוך אלא א״כ [אם כן] ישתברו הזיקים:
Car sans cela, il lui est impossible d’atteindre un niveau d’amour, puisqu’elle est liée au corps et à l’âme animale. C’est comme celui qui est entravé par des chaînes : il ne peut marcher que si ses chaînes se brisent.
Sans ces gravures, l’amour est impossible, car l’âme est liée au corps et à l’âme animale, comme un prisonnier enchaîné qui ne peut marcher tant que ses chaînes ne sont pas brisées.
La gravure intérieure s’opère par les houkim, ces mitsvot enracinées dans Kéter de Kéter, qui atteignent les profondeurs de l’âme animale et « creusent le puits » de son lien à D.ieu ; grâce aux deux gravures, l’âme entravée peut enfin avancer.
Le discours sur Matos auquel renvoie la note de Kehot explique qu’avant l’union, Mal'hout est appelée besoula, terme qui implique l’idée d’être « fermée », et que creuser le puits signifie former un réceptacle en Mal'hout pour recevoir ce qui est attiré d’en haut ; la note y cite Etz Chaim et Pri Etz Chaim à ce sujet.
Maré mekomot
- 1ועברתי בארץ מצרים · Exodus 12:12
- 2אני ולא מלאך · הובא ונתבאר בזח״א קיז, א.
- 3בד״ה ועתה יגדל נא כח · לקו״ת שלח לח, ד.
- 4ועתה יגדל נא כח · Numbers 14:17
- 5באר חפרוה שרים · Numbers 21:18
- 6לבו אטום כבתולה · ר׳[אה] מ[סכת] ב״ב (יב, ב). בד״ה לריח שמניך הא׳ (ב, ד). [כ].
- 7לבו אטום כבתולה · Bava Batra 12b:8–9
- 8ע״פ לריח שמניך · לקו״ת שה״ש ב, ד ושם מבאר זה ”שלא נתפעל בדו״ר מענין התבוננות עלמא דאתגלייא”.
- 9לריח שמניך · Song of Songs 1:3
- 10בד״ה עיני כל · לקו״ת מטות פה, ד.
- 11עיני כל · Psalms 145:15
- 12ובד״ה לא תהי׳ משכלה ועקרה · תו״א עט, א.
- 13לא תהיה משכלה ועקרה · Exodus 23:26
- 14אמרתי אחכמה · Ecclesiastes 7:23
- 15הלואי בחקתי תלכו · איכ״ר פתיחה ב. [כ].
Les mitsvot comme lampe, la Torah comme pluie ¶43–44
43ג אך עיקר ההליכה הוא להתכלל נפשו באחד לדבקה בו.1 ואיך אפשר זה. ולזה אמר ואת מצותי תשמרו אשר קדשנו במצותיו כו׳ כמבואר במ״א.
3. Mais l’essence de la marche consiste à ce que son âme s’intègre dans l’Un et s’attache à Lui. Comment cela est-il possible ? C’est pourquoi il est dit : « Et vous observerez Mes commandements », et : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », etc., comme cela est expliqué ailleurs.
Section 3 : l’essence de la marche est de s’attacher à D.ieu, l’âme étant intégrée dans l’Un. Comment une personne peut-elle y parvenir ? Par « Et vous observerez Mes commandements », comme le dit la bénédiction : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements. »
וזהו ואת מצותי תשמרו שע״י המצות משתמר בחי׳ אור א״ס [אין סוף] בחי׳ עתיק. וזהו נר מצוה2 כמו נר המשמר השמן והאור
C’est là le sens de « Et vous observerez Mes commandements » : par les mitsvot, le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), le niveau d’Atik, est préservé. C’est là le sens de « Une mitsva est une lampe » : comme une lampe qui préserve l’huile et la lumière,
Les mitsvot « préservent » la Lumière infinie, le niveau d’Atik, comme une lampe préserve l’huile et la flamme ; c’est pourquoi l’Écriture appelle une mitsva une lampe.
כמו כן המצוה משמרת בחי׳ אור א״ס [אין סוף] (ועמ״ש בד״ה והנה מנורת זהב כולה.34 ובד״ה כי תשמע בקול56 גבי לשמור את כל מצותיו) וע״ז [ועל זה] אמר ועשיתם אותם אתם כתיב.78
de même, la mitsva préserve le niveau de la Lumière infinie (voir ce qui est écrit dans le discours intitulé « Et voici, un chandelier tout en or », ainsi que dans le discours intitulé « Quand tu écouteras la voix », au sujet de « pour observer tous Ses commandements »). À ce propos, il est dit : « Et vous les accomplirez » (otam) ; le texte écrit « vous » (atem).
La mitsva préserve donc la Lumière infinie. Le verset poursuit : « Et vous les accomplirez » (otam), que les Sages lisent comme atem, « vous » : en observant les mitsvot, c’est comme si vous vous étiez faits vous-mêmes.
פי׳ כי זהו באמת בחי׳ עשייה שנשמות ישראל עושין ומכריחין כביכול המשכת אוא״ס [אור אין סוף] בהכלים והוא מלשון גדול המעשה9 כו׳,
Cela signifie que c’est là, véritablement, le niveau de l’« action » : les âmes d’Israël accomplissent et provoquent, pour ainsi dire, l’attraction de la Lumière infinie dans les réceptacles. Le terme renvoie à l’expression : « Plus grand est celui qui fait agir », etc.
C’est là la véritable « action » : par les mitsvot, les âmes d’Israël provoquent, pour ainsi dire, l’attraction de la Lumière infinie dans les réceptacles. Le terme a le même sens dans l’expression : « Plus grand est celui qui fait agir que celui qui agit. »
ולכן נק׳ כל עובדא בלשון עשיה פי׳ לשון הכרח10 כי מה שהשכל מתפשט בהמעשה שעושה זהו בחי׳ הכרח לגבי השכל שיהי׳ [שיהיה] יורד ונמשך בעשייה
C’est pourquoi chaque acte est désigné par le terme « action » (assiya), qui signifie contrainte. En effet, lorsque l’intellect se déploie dans l’acte que l’on accomplit, cela constitue une contrainte pour l’intellect : il lui faut descendre et se prolonger dans l’action ;
Assiya, l’action, implique une contrainte. Lorsque l’intellect est mis en œuvre, il est contraint de descendre vers un domaine inférieur à sa nature propre.
כמו כן בעשיית המצוה שנמשך עי״ז אור א״ס [אין סוף] ב״ה מה שהוא נעתק ונבדל מסדר ההשתלשלות ונמשך ושורה בהכלים דז״א [דזעיר אנפין] על כן נק׳ בחי׳ זו בשם עשיה
de même, lorsqu’on accomplit une mitsva, la Lumière infinie, béni soit-Il — qui est éloignée et séparée de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) — est ainsi attirée et réside dans les réceptacles du Zeir Anpin. C’est pourquoi ce niveau est appelé « action ».
Il en va de même pour une mitsva : la Lumière infinie, qui est très éloignée de l’enchaînement des mondes, est attirée pour résider dans les réceptacles du Zeir Anpin. C’est pourquoi cela est appelé « action ».
(ועמ״ש בד״ה להבין ענין מדלג על ההרים1112 בענין שלכך נק׳ המצות בשם רמ״ח אברין דמלכא כו׳ ע״ש [עיין שם]. וע׳ [ועיין] במ״ש ע״פ ביום השמיני עצרת1314 בפי׳ אשר נשבעת לאבותינו מימי קדם)15
(Voir ce qui est écrit dans le discours intitulé « Pour comprendre le sens de “sauter par-dessus les montagnes” », au sujet de la raison pour laquelle les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi », etc. Voir là-bas. Voir également ce qui est écrit sur le verset « Au huitième jour, une assemblée », au sujet de l’explication de « que Tu as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois ».)
La parenthèse renvoie au discours sur « sauter par-dessus les montagnes », qui explique pourquoi les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi », ainsi qu’au discours sur Chemini Atséret, à propos de « que Tu as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois ».
C’est là le sens de « Et vous les accomplirez » (otam) : « vous » (atem), etc. « Et Je donnerai vos pluies en leur saison » : « vos pluies » désignent la Torah, comme il est écrit : « Mon enseignement s’écoulera comme la pluie. »
Le verset suivant, « Et Je donnerai vos pluies en leur saison », fait référence à la Torah, que Moché compara à la pluie : « Mon enseignement s’écoulera comme la pluie. »
והנה גשמים יורדין בגבורה18 ובתורה אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] שניתנה בה׳ קולות19 פי׳ ה׳ חסדים המגדילים והם בחי׳ ה׳ גבורות דאבא הנעשים בחינת חסדים דאימא.
Or, les pluies descendent par la Guevoura (puissance), et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit de la Torah qu’elle fut donnée au milieu de cinq voix. Cela signifie : cinq 'Hassadim (bontés) qui font croître ; elles sont le niveau des cinq Guevourot d’Abba, qui deviennent le niveau des 'Hassadim d’Imma.
La pluie tombe par la Guevoura, et la Torah fut donnée au milieu de cinq voix. Ces cinq voix sont cinq 'Hassadim, des bontés qui font croître les choses ; elles étaient à l’origine les cinq Guevourot d’Abba, puis devinrent les 'Hassadim d’Imma.
פי׳ כי משה שמע כל התורה בקול אחד כמ״ש והאלהים יעננו בקול20 לפי שמשה היה מבחי׳ אור אבא בעצמו.
Cela signifie que Moché entendit toute la Torah en une seule voix, comme il est écrit : « Et D.ieu lui répondit d’une voix », car Moché relevait du niveau de la lumière d’Abba elle-même.
Moché entendit toute la Torah en une seule voix, comme dans « D.ieu lui répondit d’une voix », car son âme provenait de la lumière d’Abba elle-même.
אך ישראל לא היה באפשרי לקבל ונתחלק ע״י ה׳ גבורות דאבא לבחינת חמשה קולות וזהו פלג אלהים מלא מים.21
Mais Israël n’était pas en mesure de la recevoir [ainsi] ; elle fut donc divisée, par l’intermédiaire des cinq Guevourot d’Abba, en cinq voix. C’est là le sens de : « Le fleuve de D.ieu est plein d’eau. »
Israël ne pouvait la recevoir de cette manière ; elle fut donc divisée en cinq voix par l’intermédiaire des cinq Guevourot d’Abba. C’est là le sens de « Le fleuve de D.ieu est plein d’eau » : le mot peleg, « fleuve », signifie aussi « division ».
פי׳ מה שנתפלג מבחי׳ אלהים בחי׳ ה׳ גבורות מלא מים באמת הם חסדים שיכולים לקבל.
Cela signifie que ce qui fut séparé (nispaleg) du niveau d’Elokim, c’est-à-dire du niveau des cinq Guevourot, est « plein d’eau » : en vérité, ce sont des 'Hassadim, qu’ils peuvent recevoir.
Ce qui fut séparé d’Elokim — les cinq Guevourot — est « plein d’eau » : en vérité, il s’agit de 'Hassadim, d’une bonté sous une forme que le peuple pouvait recevoir.
Les mitsvot préservent la Lumière infinie comme une lampe préserve sa flamme, et la « contraignent » à se déployer dans les réceptacles. La Torah, les « pluies » du verset suivant, est venue par cinq voix : les Guevourot d’Abba transformées en bonté, afin qu’elle puisse être reçue.
Le discours sur Reeh cité dans la note de Kehot ajoute que cette « préservation » signifie que la lumière ne doit pas se retirer vers sa racine, ce qui s’accomplit précisément par les réceptacles.
Maré mekomot
- 1לדבקה בו · Deuteronomy 11:22
- 2נר מצוה · Proverbs 6:23
- 3בד״ה והנה מנורת זהב כולה · לקמן פ׳ בהעלותך לג, ג ואילך.
- 4והנה מנורת זהב כולה · Zechariah 4:2
- 5ובד״ה כי תשמע בקול · לקו״ת פ׳ ראה כג, ג.
- 6כי תשמע בקול · Deuteronomy 13:19
- 7ועשיתם אותם אתם כתיב · Leviticus 26:3
- 8ועשיתם אותם אתם כתיב · Vayikra Rabbah 35:7
- 9גדול המעשה · Bava Batra 9a:13
- 10עשיה פי׳ לשון הכרח · ”כמו גט המעושה או מעשין על הצדקה” — סה״מ תרצ״ט ע׳ 191.
- 11בד״ה להבין ענין מדלג על ההרים · לקו״ת שה״ש טז, ב.
- 12מדלג על ההרים · Song of Songs 2:8
- 13ע״פ ביום השמיני עצרת · לקו״ת סוכות פג, א ואילך.
- 14ביום השמיני עצרת · Numbers 29:35
- 15אשר נשבעת לאבותינו מימי קדם · Micah 7:20
- 16ונתתי גשמיכם בעתם · Leviticus 26:4
- 17יערוף כמטר לקחי · Deuteronomy 32:2
- 18גשמים יורדין בגבורה · Taanit 2a:8
- 19שניתנה בה׳ קולות · Berakhot 6b:30
- 20והאלקים יעננו בקול · Exodus 19:19
- 21פלג אלקים מלא מים · Psalms 65:10
44וע״י גשמיכם בחי׳ התורה הנ״ל נעשה קול דודי דופק1 פתחי לי שיהיה לבו פתוח שיוכל להיות בנפשו בחי׳ אהבה ע״י בחי׳ התורה המגדל והיה מזה ונתנה הארץ יבולה היינו בחינת ב״ן [שם ב״ן] שנתברר מנפש הבהמית
Et par « vos pluies », le niveau de la Torah mentionné plus haut, se produit « La voix de mon Bien-Aimé frappe : ouvre-moi », afin que son cœur s’ouvre et que l’amour puisse être présent dans son âme, grâce au niveau de la Torah qui fait croître. De là vient « et la terre donnera son produit », c’est-à-dire le niveau de Ban, raffiné à partir de l’âme animale.
Par la Torah, les « pluies », vient « La voix de mon Bien-Aimé frappe : ouvre-moi » : le cœur s’ouvre afin que l’amour puisse croître dans l’âme. Il en résulte que « la terre donnera son produit », le Nom Ban raffiné à partir de l’âme animale.
(והוא ע״ד [על דרך] מ״ש בד״ה האזינו השמים23 גבי יערוף כמטר שהתורה נק׳ מטר וגשם שמוציא את כח הצומח שבהארץ מההעלם אל הגילוי
(C’est dans le même esprit que ce qui est écrit dans le discours commençant par « Prêtez l’oreille, cieux », au sujet de « Mon enseignement s’écoulera comme la pluie » : la Torah est appelée pluie et averses, car elles font passer de la dissimulation à la révélation la force de croissance qui se trouve dans la terre,
Le discours sur Haazinou explique que la Torah est appelée pluie car, comme la pluie, elle fait apparaître la force de croissance cachée dans la terre.
דהיינו להיות הצמיחה בחי׳ אהבה בכל מאדך כו׳ ע״ש [עיין שם] באריכות וזהו ואהבת בגימטריא ב׳ פעמים אור4 היינו בחי׳ אור אחד הוא אור זרוע לצדיק5 והב׳ בחי׳ הצמיחה בכל מאדך)
c’est-à-dire que la croissance soit le niveau de l’amour « de toutes tes forces », etc. Voir là-bas le développement détaillé. C’est pourquoi ve’ahavta (« et tu aimeras ») a pour valeur numérique deux fois or (« lumière ») : un niveau de lumière est « la lumière est semée pour le juste », et le second est le niveau de la croissance, « de toutes tes forces ».)
Cette croissance est l’amour « de toutes tes forces ». Le mot ve’ahavta, « et tu aimeras », équivaut à deux fois or, « lumière » (2 × 207 = 414) : une lumière est « la lumière est semée pour le juste », et l’autre est la croissance, l’amour « de toutes tes forces ».
ואח״כ [ואחר כך] ועץ השדה יתן פריו6 (עיין בזהר בפ׳ בראשית דל״ז סע״ב [סוף עמוד ב]. ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם) שהוא בחינת מ״ד [מיין דוכרין] מנפש האלהית.
Puis, « et l’arbre des champs donnera son fruit » (voir le Zohar, Parachat Beréchit, fin du folio 37b, ainsi que le Mikdash Melekh à cet endroit), ce qui correspond au niveau des eaux masculines (mayin doukhrin) provenant de l’âme divine.
Vient ensuite « l’arbre des champs donnera son fruit », les eaux masculines provenant de l’âme divine. Le Zohar et le Mikdash Melekh sont cités à l’appui.
וכמו בארץ שהארץ מעלה מ״ן [מיין נוקבין] והגשם המגדל הוא בחי׳ מ״ד [מיין דוכרין] וכדכתיב כאשר ירד הגשם7 והשלג מן השמים כמו כן ע״י חיבור מ״ה [שם מ״ה] וב״ן [ושם ב״ן] הנ״ל יתן פריו היינו שיתגלה בחי׳ טובא דגניז בגווה
Comme pour la terre : celle-ci élève les eaux féminines (mayin noukvin), et la pluie qui fait croître correspond au niveau des eaux masculines, comme il est écrit : « Car, de même que la pluie et la neige descendent du ciel… » De même, grâce à l’union de Mah et Ban mentionnée plus haut, « il donnera son fruit », c’est-à-dire que se révélera le niveau du « bien qui est caché en son sein »,
Comme dans la nature, la terre élève ses « eaux féminines » et la pluie descend comme des « eaux masculines », l’union de Mah et Ban fait que l’arbre « donne son fruit » : le bien caché en lui se révèle.
היינו רפ״ח ניצוצין שיש בה רק הוא מוסתר ומלובש רשע מכתיר את הצדיק8 משא״כ כשנתברר ונתהפך נתגלה האור הנ״ל להיות א״ח [אשת חיל] עטרת בעלה9 בחי׳ שלמעלה מהתקון ס״ג [שם ס״ג] דס״ג [דשם ס״ג]
c’est-à-dire les 288 étincelles qui s’y trouvent, mais qui sont dissimulées et revêtues : « le méchant entoure le juste ». En revanche, lorsqu’elles sont raffinées et transformées, la lumière mentionnée plus haut se révèle, de sorte qu’« une femme vaillante est la couronne de son mari » : c’est un niveau qui dépasse le Tikoun, Sag de Sag.
Ce bien caché est constitué des 288 étincelles, actuellement dissimulées, comme dans « le méchant entoure le juste ». Lorsqu’elles sont raffinées et transformées, leur lumière se révèle : « une femme vaillante, la couronne de son mari », un niveau qui dépasse le Tikoun, Sag de Sag.
וזהו והצליח אשר שלחתיו10 לברר בירורין ע״י דברי אשר יצא מפי דוקא כי כל העוסק11 בתורה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] יושב ושונה כנגדו12 כו׳:
C’est là le sens de « et il réussira dans ce pour quoi Je l’ai envoyé » : raffiner les éléments à raffiner, précisément par « Ma parole qui sort de Ma bouche ». Car celui qui s’adonne à l’étude de la Torah, le Saint béni soit-Il s’assied et étudie en face de lui, etc.
Tel est le sens de « et il réussira dans ce pour quoi Je l’ai envoyé » : le raffinement s’accomplit précisément par la Torah, « Ma parole qui sort de Ma bouche », car lorsque quelqu’un étudie la Torah, le Saint béni soit-Il s’assied et étudie en face de lui.
La Torah, comme la pluie, ouvre le cœur et fait croître l’amour ; l’union de ce qui s’élève d’en bas et de ce qui descend d’en haut révèle les étincelles cachées, jusqu’à ce que Ban raffiné devienne « la couronne de son mari ».
Maré mekomot
- 1קול דודי דופק · Song of Songs 5:2
- 2בד״ה האזינו השמים · לקו״ת האזינו עד, ב.
- 3האזינו השמים · Deuteronomy 32:1
- 4ואהבת בגימטריא ב׳ פעמים אור · Tanya, Likkutei Amarim 43:11
- 5אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
- 6ועץ השדה יתן פריו · Leviticus 26:4
- 7כאשר ירד הגשם · Isaiah 55:10
- 8רשע מכתיר את הצדיק · Habakkuk 1:4
- 9עטרת בעלה · Proverbs 12:4
- 10והצליח אשר שלחתיו · Isaiah 55:11
- 11כל העוסק בתו׳ הקב״ה יושב ושונה כנגדו · ראה תדב״א רבה רפי״ח. יל״ש איכה רמז תתרלה.
- 12כל העוסק בתורה הקב״ה יושב ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Dans la prière, méditez sur la grandeur de D.ieu afin que se révèle l’amour caché de l’âme, qui vient de sa racine au-delà de la connaissance, et laissez-le croître jour après jour jusqu’à l’amour « de toute votre force ». Commencez par les Pessouké DéZimra, qui retranchent le mal, et gardez les mitsvot, en particulier les ‘houkim qui dépassent la raison et gravent l’âme animale de l’intérieur. Faites durer la lumière de la prière en la faisant descendre dans les réceptacles des mitsvot, avec leurs bénédictions, et étudiez la Torah, qui ouvre le cœur comme la pluie.
Questions à discuter
- Pourquoi le discours insiste-t-il sur le fait que les lettres gravées ne sont pas identiques à la substance simple de la pierre, et comment cette nuance s’applique-t-elle à Kéter et à l’âme ?
- Que montre l’histoire de Moché et de Rabbi Akiva sur la différence entre la 'Hokhma d’Atsilout et la 'Hokhma cachée de Kéter ?
- Comment le fait de lire « au-delà du fleuve » comme la racine de l’âme répond-il à la question de savoir pourquoi la bénédiction dit « elle est pure » avant « Tu l’as créée » ?
- Pourquoi la marche de la prière doit-elle être suivie de la garde des mitsvot, et qu’ajoute l’image du vin et des réceptacles ?
- Comment les Pessouké DéZimra et les ‘houkim gravent-ils l’âme animale de l’extérieur et de l’intérieur ?