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Torah Ohr · Parshas Ki Sisa · Maamar 2

זה יתנו כל העובר על הפקודים מחצית השקל…

Ceci, chacun le donnera : tous ceux qui passent parmi les recensés

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L’idée centrale

L’amour de D.ieu chez un Juif comporte deux moitiés : l’amour qui naît de la contemplation de l’unité de D.ieu, qui est commandé, relève du choix de chacun et est exigé même de celui qui a fauté (le demi-sicle) ; et le grand amour qui vient d’en haut comme un don, à chaque âme selon sa mesure, et qui complète les vingt guéras du sicle.

Le maamar en bref

Le maamar s’ouvre sur le verset du demi-sicle et sur « Son mari est connu aux portes » : D.ieu donne à chaque âme son amour et sa crainte, à chacune selon sa mesure. Si tel est le cas, que reste-t-il au libre choix ? La réponse réside dans deux lectures de « Et tu aimeras ». Comme commandement, il s’agit de l’amour qui naît de la contemplation : saisir que la création n’a rien changé en D.ieu, que les mondes sont annulés devant Lui comme la parole devant la pensée, et qu’Il dépasse même la pensée la plus élevée. Un tel amour remet à D.ieu la pensée, la parole et l’action de la personne ; et puisqu’on ne peut être sans pensée, on les lie à la Volonté suprême par la Torah et les mitsvot, qui proviennent de 'Hokhma, au-dessus de la pensée. Cet amour est le devoir de chacun et relève de son choix. Comme promesse, il s’agit de l’ahava rabba, un amour venu d’en haut que la contemplation ne peut atteindre : le « sicle saint » d’argent, interprété comme le désir ardent, issu de la lumière qui entoure tous les mondes. Chaque amour comprend dix forces, soit vingt guéras en tout. Tous ne reçoivent pas le second ; mais le premier est le demi-sicle que chaque Juif doit donner, même celui qui a fauté. Une remarque finale applique cela au service de D.ieu dans la joie.

Plan

  1. Son mari est connu aux portesTout amour et toute crainte de D.ieu viennent de Lui, à chaque âme selon sa mesure, par les quatre portes de l’amour, de la crainte, de la Torah et des mitsvot. Qu’est-ce donc qui dépend du libre choix ? Le Chema et « Et tu aimeras » apporteront la réponse.¶1–2
  2. Le premier amour : contempler l’unité de D.ieu« Et tu aimeras », en tant que commandement, désigne l’amour qui naît de la contemplation : la création ne change rien en D.ieu ; les mondes, une seule parole divine, sont annulés devant Lui comme la parole devant la pensée ; Il est au-dessus de toute pensée ; il faut donc L’aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force.¶3–4
  3. Remettre sa pensée, sa parole et son action« De toute ton âme » signifie remettre sa pensée, sa parole et son action ; puisqu’on ne peut être sans pensée, on les lie à la Volonté suprême par la Torah et les mitsvot, qui, comme des cheveux issus du cerveau, proviennent de 'Hokhma, au-dessus de la pensée.¶5–6
  4. Le second amour : l’ahava rabba venue d’en hautLe premier amour est le devoir de chacun et relève de son choix. « Tu aimeras » désigne l’ahava rabba, qui vient d’en haut, au-delà de la contemplation : le sicle saint d’argent (le désir ardent), mesuré pour chaque âme, issu de la lumière qui entoure tous les mondes.¶7–8
  5. Vingt guéras et le recensement des âmesLes quatre cents sicles d’argent sont les quatre cents mondes du désir ardent ; chacun des deux amours comprend dix forces, soit vingt guéras ; le verset du recensement parle des âmes, mais le grand amour n’est pas accordé à tous.¶9–10
  6. Le demi-sicle que chaque Juif doit donnerLe premier amour, remettre son âme avec ses dix forces, est le demi-sicle exigé de tous, même de celui qui a transgressé. Remarque finale : servir D.ieu dans la joie est le demi-sicle ; « Réjouissez-vous en D.ieu, ô justes » est la seconde moitié.¶11

Notions clés

grand amour (ahava rabba)אהבה רבה
Un amour de D.ieu qui vient à une personne d’en haut, au-delà de ce que la contemplation peut produire, accordé à chaque âme selon sa mesure. Ici, il constitue le « sicle saint » d’argent et la seconde moitié du sicle.
contemplationהתבוננות
Une réflexion soutenue de l’intellect sur l’unité de D.ieu : la création n’a rien changé en Lui et les mondes sont annulés devant Lui. Elle est la source du premier amour, qui est commandé, et relève du choix de chacun.
annulation (bitoul)ביטול
Être comme rien devant ce qui est supérieur, comme la parole devant la pensée. Les mondes sont annulés devant D.ieu, et l’amour commandé demande à chacun d’annuler sa propre pensée, sa parole et son action dans l’Un.
sacrifice de soi (messirout néfech)מסירות נפש
Remettre entièrement son âme à D.ieu, ce qui s’exprime dans la pensée, la parole et l’action. En pratique, cela signifie lier ces trois dimensions à la Volonté suprême par la Torah et les mitsvot.
le demi-sicleמחצית השקל
Dans le maamar, le premier amour, avec les dix forces de l’âme, que chaque Juif doit donner, même s’il a transgressé ; le grand amour venu d’en haut est l’autre moitié qui complète les vingt guéras.
la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
Une lumière divine trop élevée pour pénétrer dans les mondes, qui agit sur eux depuis l’extérieur. Le maamar la trouve dans « passer chez le marchand » (over lasocher) et en fait la source du grand amour venu d’en haut.

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Son mari est connu aux portes ¶1–2

1זה יתנו כל העובר על הפקודים מחצית השקל בשקל הקודש עשרים גרה השקל מחצית השקל תרומה להוי״ה וגו׳ [וגומר].

« Voici ce qu’ils donneront : quiconque est recensé donnera un demi-sicle, selon le sicle sacré — le sicle vaut vingt guéras — un demi-sicle en offrande à D.ieu », etc.

Explication

Le maamar s’ouvre sur Exode 30:13 : chacun de ceux qui sont recensés doit donner un demi-sicle, évalué selon le « sicle sacré » de vingt guéras, en offrande à D.ieu. À la fin, le Rabbi Chnéour Zalman interprétera chaque expression de ce verset comme une étape de l’amour d’un Juif pour D.ieu.

כתיב נודע בשערים בעלה שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] הוא בעל של כל נשמה מישראל שמשפיע לכל או״א [אחד ואחד]. שכל אהבה או יראה שיש לכל נשמה מישראל הכל הוא מאתו ית׳ ולכל חד לפום שיעורא דיליה.

Il est écrit : « Son époux est connu aux portes » : le Saint béni soit-Il est l’époux de chaque âme d’Israël, à laquelle Il dispense [Ses bienfaits]. Car tout amour ou toute crainte qu’éprouve une âme d’Israël vient entièrement de Lui, béni soit-Il, et chacun le reçoit selon sa propre mesure.

Explication

Proverbes 31:23 dit de la femme vaillante que « son époux est connu aux portes ». Le Rabbi Chnéour Zalman voit dans l’époux D.ieu et dans l’épouse chaque âme juive : tout amour ou toute crainte de D.ieu qu’éprouve une âme est un don de Sa part, accordé à chacun dans une mesure adaptée à cette âme. L’expression « selon sa propre mesure » fait écho au Zohar sur ce verset, qui comprend le mot she’arim, « portes », comme ce que chacun « mesure » (meshaer) dans son cœur.

ולפי מה שנכנס בשערים שהם ד׳ שערים אהבה ויראה תורה ומצות כנודע כנגד ד׳ אותיות הוי״ה ב״ה.

Et selon la manière dont il entre dans les portes — qui sont au nombre de quatre : l’amour et la crainte, la Torah et les mitsvot, comme on le sait —, elles correspondent aux quatre lettres de Havaya, béni soit-Il.

Explication

Les portes par lesquelles D.ieu devient « connu » de l’âme sont au nombre de quatre : l’amour, la crainte, la Torah et les mitsvot. Elles correspondent aux quatre lettres du Nom Havaya. La mesure dans laquelle une personne parvient à connaître D.ieu dépend de la profondeur avec laquelle elle franchit ces portes.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe présente le verset du maamar et sa première prémisse : tout l’amour et toute la crainte de D.ieu qu’éprouve une âme viennent de Lui, son « époux », et sont accordés à chaque âme selon sa propre mesure.

Pour aller plus loin

Dans Likkutei Torah, Masei, auquel Kehot renvoie, le Rabbi Chnéour Zalman rapporte les deux interprétations du Zohar de « connu aux portes » : « selon ce qu’il mesure dans son cœur », et les portes célestes, qui sont les cinquante portes de Bina. Il explique que l’entendement du cœur consiste ici à méditer sur la Lumière infinie, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Kehot note également que Or HaTorah, Shoftim, décrit les portes comme celles « par lesquelles le Saint béni soit-Il est connu d’Israël » et explique pourquoi l’amour et la crainte sont appelés des portes.

Maré mekomot

  1. 1
    זה יתנו · ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. המאמר עם הגהות באוה״ת ע׳ א׳תתקיט. ביאור שם ע׳ א׳תתקכח.
  2. 2
    זה יתנו כל העובר על הפקודים · Exodus 30:13
  3. 3
    נודע בשערים בעלה · Proverbs 31:23
  4. 4
    ולכל חד לפום שיעורא דילי׳ · Zohar I, 103b
  5. 5
    שהם ד׳ שערים . . כנגד ד׳ אותיות הוי״ה ב״ה · מובא באוה״ת פ׳ שופטים ע׳ תתכח ”שבהן ועל ידן נודע קוב״ה לישראל”, ושם מבאר מה שאהוי״ר נקרא שערים ע״ש.

2ולהבין זה אם הכל ממנו ית׳ א״כ [אם כן] מהו הבחירה לאדם. ובודאי יש דבר התלוי בבחירתו של אדם.

À présent, pour comprendre ceci : si tout vient de Lui, béni soit-Il, quelle est donc la liberté de choix de l’homme ? Il est certain qu’il existe quelque chose qui dépend du choix de l’homme.

Explication

Si chaque amour et chaque crainte qu’éprouve une personne viennent de D.ieu, que reste-t-il de sa propre liberté de choix ? Pourtant, quelque chose doit certainement dépendre du choix de l’homme, et le maamar entreprend de montrer quoi.

ולבאר זה מה תלוי בבחירתו ומה בא מלמעלה. כתיב שמע ישראל ה׳ אלהינו ה׳ אחד. ואהבת כו׳.

Pour expliquer ceci — ce qui dépend de son choix et ce qui vient d’en haut —, il est écrit : « Écoute, Israël : D.ieu est notre D.ieu, D.ieu est Un. Et tu aimeras… », etc.

Explication

La réponse viendra du Chema et du verset qui le suit : « Et tu aimeras ». Ensemble, ils montrent quel amour une personne doit atteindre par ses propres efforts et lequel lui vient d’en haut.

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe soulève la question de la liberté de choix qui découle du principe posé au début, et indique le Chema comme source de la réponse.

Maré mekomot

  1. 1
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4

Le premier amour : contempler l’unité de D.ieu ¶3–4

3והנה בואהבת יש ב׳ פירושים. אחד לשון צווי שתאהוב אותו. וא׳ לשון עתיד שתבא האהבה ממילא. וענין אהבה הראשונה היא מההתבוננות.

Or, dans « Et tu aimeras », il y a deux interprétations. L’une donne à ces mots le sens d’un commandement : tu dois L’aimer. L’autre leur donne le sens du futur : l’amour viendra de lui-même. Le premier amour procède de la contemplation.

Explication

Le mot hébreu ve’ahavta peut se lire comme un commandement, « Tu aimeras », ou comme une promesse, « tu aimeras », désignant un amour qui vient de lui-même. Le premier amour, celui qui est commandé, est celui qu’une personne atteint par la contemplation.

והיינו להבין בדעתו אחדותו ית׳ בשבעה רקיעים ובארבע רוחות ואני ה׳ לא שניתי שאין לו שום שינוי

C’est-à-dire comprendre par l’intellect Son unité, béni soit-Il, dans les sept cieux et aux quatre points cardinaux, et « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » : Il ne subit absolument aucun changement ;

Explication

Cette contemplation consiste à saisir par l’intellect que D.ieu est Un dans les sept cieux et aux quatre points cardinaux du monde, c’est-à-dire dans toute la création. Le verset « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » enseigne que la création du monde n’a entraîné en Lui aucun changement.

כמו קודם בריאת העולם כן הוא ממש עתה כי כל העולמות בטלים בבטול גמור נגדו כידוע כי שמש ומגן כו׳

Il est exactement maintenant comme avant la création du monde. Car tous les mondes sont annulés devant Lui d’une annulation complète (bitoul), comme on le sait [de] « Car un soleil et un bouclier », etc.

Explication

Il est exactement tel qu’Il était avant la création du monde, car tous les mondes sont totalement annulés devant Lui. L’allusion à « Car un soleil et un bouclier, Havaya Elokim » renvoie à l’explication bien connue selon laquelle le Nom Elokim protège les créatures de la lumière de D.ieu, comme un fourreau tamise la lumière du soleil.

ואף שנראה לנו העולמות ליש הוא שקר גמור. כי בדבר ה׳ שמים נעשו וברוח פיו כו׳.

Et bien que les mondes nous paraissent exister par eux-mêmes (yech), c’est un mensonge absolu. Car « Par la parole de D.ieu les cieux furent faits, et par le souffle de Sa bouche », etc.

Explication

Ainsi, l’apparence d’existence indépendante des mondes est « un mensonge absolu » : ils n’existent que par la parole de D.ieu, comme le dit le verset, les cieux furent faits « par la parole de D.ieu ». Le paragraphe suivant l’explique au moyen de l’analogie de la pensée et de la parole.

Le paragraphe 3 en bref

Le paragraphe distingue les deux lectures de « Et tu aimeras » et commence à décrire la première : une contemplation selon laquelle D.ieu n’est pas changé par la création et les mondes, bien qu’ils semblent réels, sont annulés devant Lui.

Pour aller plus loin

Kehot note que, dans Or HaTorah, le Tséma’h Tsédek identifie le premier amour, celui qui est commandé, à l’amour qui vient « selon la mesure de ce que l’on ressent dans son cœur », et le second, celui du futur, à l’ahavah rabbah. Kehot cite également la question du Rabbi Maharach dans Sefer HaMaamarim 5632 : si l’existence du monde est « un mensonge absolu », pourquoi la Torah dit-elle « Au commencement, D.ieu créa » ?

Maré mekomot

  1. 1
    אחד לשון צווי · באוה״ת פ׳ שופטים ע׳ תתכז מוסיף כ״ק אדמו״ר הצ״צ וז״ל ”והיינו האהבה הבאה ע״י נש״ב לפום מה דמשער בליבי׳, והב׳ לשון עתיד שתבא האהבה ממילא הוא אה״ר. . .”.
  2. 2
    שתבא האהבה ממילא · ראה באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ שצג. ובספר הערכים-חב״ד ערך אהבת ה׳ בהערה 489 שמציין מאוה״ת ויחי כרך ב שסו, א שהאהבה שבכאן היא אה״ר המסותרת ע״ש.
  3. 3
    ואני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  4. 4
    כי שמש ומגן · Psalms 84:12
  5. 5
    כידוע כי שמש ומגן כו׳ · Tanya, Sha’ar HaYichud 4:1
  6. 6
    ואף שנראה לנו העולמות ליש הוא שקר גמור · ”אך ע״פ השכל קשה ליישבו שהרי נראה מציאות העולם יש ונפרד והאיך יתיישב שהוא שקר גמור. ועוד אם נאמר שכוונתו שאין שום מציאות כלל, א״כ מהו שכתב בראשית ברא הלא לא נברא כלל כ״א שנדמה לנו וה״ה כמיותר בתורה ח״ו” — סה״מ תרל״ב ע׳ ערה ע׳ש בארוכה. סה״מ תרצ״ז ע׳ 227.
  7. 7
    בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6

4ומבשרי אחזה כו׳. כמו באדם בתחלה כשחושב אזי מחשבתו באחדות גמור אתו בלי שום התחלקות כלל

« Et de ma chair je contemple », etc. : ainsi en est-il chez l’homme — au début, lorsqu’il pense, sa pensée est dans une unité parfaite avec lui, sans aucune division ;

Explication

Les paroles de Job, « De ma chair je contemple D.ieu », permettent d’apprendre ce qui concerne D.ieu à partir de l’âme humaine. Chez l’homme, tant qu’une pensée n’est encore qu’une pensée, elle ne fait qu’un avec celui qui pense, sans aucune division.

ואח״כ [ואחר כך] כשיוצא מפיו הוא נפרד מאתו. כן כל העולמות קודם הבריאה היו באחדות גמור אתו ית׳.

puis, lorsqu’elle sort de sa bouche, elle se sépare de lui. De même, [tous] les mondes, avant la création, étaient dans une unité parfaite avec Lui, béni soit-Il.

Explication

Une fois prononcées, les paroles deviennent distinctes de celui qui les a prononcées. De même, avant la création, tous les mondes ne faisaient qu’un avec D.ieu.

וכמו שבטל הדבור אצל המחשבה בבטול גמור כי ברגע א׳ יכול לחשוב דברים עד אין קץ.

Et de même que la parole s’annule entièrement devant la pensée — car en un seul instant, on peut penser à une infinité de choses —

Explication

À côté de la pensée, la parole n’est rien : en un seul instant, l’esprit peut penser sans fin, tandis que la parole ne fait entendre que quelques mots à la fois. Telle est la mesure de l’annulation de la parole devant la pensée.

כן כל העולמות שהם רק דבור א׳ והוא נמשך מחכמתו ית׳ כדכתיב ויצא כברק כו׳. ובטובו מחדש בכל יום כו׳.

de même, tous les mondes ne sont qu’une seule parole, qui procède de Sa 'Hokhma, béni soit-Il, comme il est écrit : « Elle sortira comme l’éclair », etc. Et « Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour », etc.

Explication

Tous les mondes réunis ne sont qu’une seule « parole » divine, qui procède de la 'Hokhma de D.ieu ; le maamar la compare à l’éclair, en s’appuyant sur un verset de Zacharie. Cette parole est renouvelée chaque jour, comme le dit la prière du matin : « Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour [l’œuvre de la création]. »

וגם אחר הבראם הרי אצל הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אין דבורו מובדל ממנו ית׳ ח״ו [חס ושלום] כי אין לך דבר שחוץ ממנו כו׳.

Et même après leur création, auprès du Saint béni soit-Il, Sa parole n’est pas séparée de Lui, béni soit-Il — à D.ieu ne plaise —, car rien n’est en dehors de Lui, etc.

Explication

Contrairement à la parole humaine, la parole de D.ieu ne se sépare jamais de Lui, même après la création des mondes, car rien n’existe en dehors de Lui.

וכמ״ש בתניא (פכ״א) ולכן קמיה כולא כלא חשיב ממש וגם העולמות בטלים זה בזה ומה שלמעלה

Comme il est écrit dans le Tanya (ch. 21) : « C’est pourquoi, devant Lui, tout est véritablement considéré comme rien. » Les mondes, eux aussi, s’annulent les uns devant les autres : ce qui est en haut

Explication

Le Tanya, ch. 21, en tire la conclusion : devant Lui, tout est considéré comme rien. L’Admour Hazaken ajoute que les mondes s’annulent également les uns devant les autres, selon un enchaînement où chaque monde inférieur s’annule devant celui qui le précède.

בחי׳ דבור נק׳ למטה נגד עולם התחתון בחינת מחשבה ובטל אצלו כמו שהדבור של הרב נעשה בחי׳ מחשבה אצל התלמיד כו׳

est, pour le monde inférieur, le niveau de la parole, tandis que, pour celui-ci, il est le niveau de la pensée ; [le monde inférieur] s’annule devant lui. Ainsi, la parole du maître devient le niveau de la pensée chez l’élève, etc.

Explication

Ce qui est considéré comme « parole » dans un monde supérieur est, pour le monde inférieur, aussi élevé et caché que la « pensée », et le monde inférieur s’annule devant lui. De même, les paroles prononcées par un maître sont, pour l’élève, aussi profondes qu’une pensée.

כנודע (ועמ״ש ע״פ כאשר דברת לאמר בפ׳ שלח) וזהו לית מחשבה תפיסא ביה כלל דהיינו אף עולמות עליונים מאד שהם בחי׳ מחשבה הם בטלים אצלו ית׳ ולא תפיסא ביה כלל כי הוא למעלה ממחשבה.

comme on le sait (et voir ce qui est écrit sur le verset « Comme Tu as parlé, en disant », dans la paracha Chela'h). C’est là le sens de : « Aucune pensée ne peut Le saisir, en aucune façon » : autrement dit, même des mondes très élevés, qui sont au niveau de la pensée, s’annulent devant Lui, béni soit-Il, et ne Le saisissent en aucune façon, car Il est au-dessus de la pensée.

Explication

Même les mondes les plus élevés, qui se situent au niveau de la « pensée », s’annulent devant D.ieu et ne peuvent Le saisir ; tel est le sens de la phrase « Aucune pensée ne peut Le saisir, en aucune façon ». La note entre crochets renvoie à Likkutei Torah, Chela'h, sur le verset « Comme Tu as parlé, en disant ».

וזהו סתימא דכל סתימין טמירא וכו׳ אף מעולמות הנק׳ סתימא וטמירא הוא סתים וטמיר ולית מחשבה

Et c’est là [le sens de] « le Caché de tous les cachés, le dissimulé », etc. : même aux mondes que l’on appelle « cachés » et « dissimulés », Il est caché et dissimulé, et aucune pensée

Explication

De même, D.ieu est appelé « le Caché de tous les cachés » : même les mondes qui sont eux-mêmes appelés cachés et dissimulés sont dévoilés en comparaison de Lui. Aucune pensée ne Le saisit.

תפיסא ביה וע״ז [ועל זה] נאמר הצווי ואהבת את הוי״ה אלקיך שיתבונן כ״כ [כל כך] באחד ממש שיהיה הוי״ה אלקיך בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאדך

ne peut Le saisir. C’est à ce sujet qu’a été formulé le commandement : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu » : qu’il médite si profondément sur l’Un véritable que Havaya devienne « ton D.ieu » (Eloke’ha), « de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta puissance » —

Explication

Ici, l’Alter Rebbe revient au commandement : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu. » L’homme doit méditer si profondément sur l’unité véritable de D.ieu, qui transcende tout, que Havaya devienne « ton D.ieu », le sien propre, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa puissance.

דהיינו מחדו״מ [מחשבה דבור ומעשה] שלא יהיה לו מחדו״מ [מחשבה דבור ומעשה] כלל רק בטלים בא׳ שהוא למעלה מן המחשבה ולית מחשבה תפיסא ביה כי האדם אינו יכול לחשוב רק דבר גשמי וזהו שקר גמור כו׳.

c’est-à-dire dans la pensée, la parole et l’action : qu’il n’ait aucune pensée, parole ni action qui lui soit propre, mais seulement [qu’elles soient] annulées dans l’Un, qui est au-dessus de la pensée, et « aucune pensée ne peut Le saisir ». Car l’homme ne peut penser qu’à une chose matérielle, et cela est un mensonge absolu, etc.

Explication

Le texte explique qu’il s’agit de la pensée, de la parole et de l’action de l’homme : rien de tout cela ne doit demeurer sien en propre, mais tout doit être annulé dans l’Un, qui est au-dessus de la pensée. La pensée humaine ne peut saisir que des choses matérielles, et leur apparente réalité est « un mensonge absolu ».

Le paragraphe 4 en bref

À travers l’analogie de la pensée et de la parole, ce paragraphe montre que les mondes s’annulent devant D.ieu, qui est au-dessus même de la pensée la plus élevée, et définit l’amour prescrit : contempler cela jusqu’à ce que la pensée, la parole et l’action soient toutes annulées dans l’Un.

Pour aller plus loin

L’analogie suit le Tanya, ch. 21, cité dans le texte : là aussi, la parole de D.ieu, contrairement à celle de l’homme, ne se sépare jamais de Lui ; les nombreuses contractions ne font que la dissimuler aux créatures, qui semblent dès lors exister à part de Lui. Le maamar de Likkutei Torah sur « Comme Tu as parlé, en disant » applique le même principe à la Torah : sa « parole » devient une « expression » cachée dans les niveaux inférieurs.

Maré mekomot

  1. 1
    ומבשרי אחזה · Job 19:26
  2. 2
    ויצא כברק · Zechariah 9:14
  3. 3
    ולכן קמיה כולא כלא חשיב ממש · Tanya, Likkutei Amarim 21:9
  4. 4
    כאשר דברת לאמר · Numbers 14:17
  5. 5
    ועמ״ש ע״פ כאשר דברת לאמר בפ׳ שלח · לקו״ת שלח לט, ג ואילך.
  6. 6
    בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאדך · Deuteronomy 6:5

Remettre sa pensée, sa parole et son action ¶5–6

5וזהו בכל נפשך מסירת נפש. כי נפש של אדם הוא מחדו״מ [מחשבה דבור ומעשה] והכל למסור ולהיות בטל באחד ממש.

Et c’est là le sens de « de toute ton âme » : le sacrifice de soi (messirout néfech). Car l’âme de l’homme est constituée de la pensée, de la parole et de l’action ; tout cela doit être livré et s’annuler véritablement dans l’Un.

Explication

Les mots « de toute ton âme » signifient que l’on se livre entièrement à D.ieu. Puisque le texte identifie l’âme de l’homme à sa pensée, à sa parole et à son action, toutes trois doivent être livrées et s’annuler dans l’Un véritable.

אבל להיות שזה בלתי אפשר שיהיה בלי מחשבה כלל לכן צריך לקשר מחשבתו ודבורו ומעשיו להיו׳ [להיות] מרכבה לרצון העליון ב״ה בתורה ובמצות דאורייתא מחכמה נפקת שהוא למעלה מן המחשבה.

Mais, puisqu’il est impossible d’être totalement dépourvu de pensée, il faut donc lier sa pensée, sa parole et son action afin qu’elles deviennent un char (merkava) pour la Volonté suprême, béni soit-Il, par la Torah et les mitsvot ; car « la Torah émane de 'Hokhma (sagesse) », qui est au-dessus de la pensée.

Explication

Pourtant, une personne ne peut pas simplement être sans pensée. Elle doit donc lier sa pensée, sa parole et son action à la volonté de D.ieu par la Torah et les mitsvot, devenant ainsi un « char » pour elle, un véhicule dépourvu de volonté propre. Et puisque la Torah émane de 'Hokhma, qui est au-dessus de la pensée, elle permet à la personne de s’unir à ce que la pensée ne peut saisir.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe traduit l’annulation totale en pratique : puisqu’une personne ne peut être sans pensée, elle livre sa pensée, sa parole et son action en les liant à la Torah et aux mitsvot, qui émanent d’un niveau supérieur à la pensée.

Maré mekomot

  1. 1
    דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a

6וזהו כל העושה מצוה אחת כהלכתה וכו׳. ואף שהתורה נתלבשה בדברים גשמיים איסור והיתר וכדומה. וכ״ש [וכל שכן] מעשה המצות שהם בדברים גשמיים ממש כמו צדקה בממון וכיוצא.

Et c’est là [le sens de] « Celui qui accomplit une seule mitsva conformément à sa halakha », etc. Bien que la Torah se soit revêtue de réalités matérielles — de l’interdit et du permis, et ainsi de suite —, à plus forte raison l’accomplissement des mitsvot, qui portent sur des choses véritablement matérielles, comme donner de l’argent à la charité, et ainsi de suite,

Explication

L’enseignement sur celui qui accomplit une seule mitsva montre la valeur de chaque mitsva, même unique, lorsqu’elle est accomplie selon la loi : par elle, l’homme se lie à la volonté de D.ieu. Pourtant, la Torah traite de réalités matérielles, comme ce qui est interdit et ce qui est permis, et les mitsvot s’accomplissent au moyen de choses matérielles, par exemple en donnant de l’argent à la charité.

הוא כמשל השערות הנמשכות מהמוח שאין במוח בחי׳ שערות כלל כן הוא התורה והמצות אף שהם דברים גשמיים עכ״ז [עם כל זה] אורייתא מחכמה נפקת כו׳.

est comme l’analogie des cheveux qui s’étirent à partir du cerveau, alors qu’il n’y a dans le cerveau aucun aspect de cheveux. Il en va de même pour la Torah et les mitsvot : bien qu’elles soient des réalités matérielles, néanmoins, « la Torah émane de 'Hokhma », etc.

Explication

Les cheveux poussent à partir de la tête et tirent leur force vitale du cerveau, alors que rien qui ressemble à des cheveux n’existe dans le cerveau lui-même. De même, la Torah et les mitsvot sont revêtues de réalités matérielles, mais leur source est la 'Hokhma divine, qui est au-delà de la pensée.

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe explique comment des lois et des actes matériels peuvent lier l’homme à la volonté de D.ieu : comme les cheveux qui s’étirent à partir du cerveau, ils proviennent d’une source qui ne leur ressemble en rien, la 'Hokhma divine.

Maré mekomot

  1. 1
    כל העושה מצוה אחת · Sotah 3b:13
  2. 2
    וזהו כל העושה מצוה אחת כהלכתה · אולי הכוונה לסוטה ג, ב ”כל העושה מצוה אחת בעוה״ז, מקדמתו והולכת לפניו בעולם הבא”.
  3. 3
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502

Le second amour : l’ahava rabba venue d’en haut ¶7–8

7ודבר זה חובה על כל אדם להתבונן בזה היטב. וזה תלוי בבחירתו. ופי׳ הב׳ של ואהבת את הוי״ה לשון עתיד הבא ממילא הוא בחי׳ אהבה רבה הבאה מלמעלה מאתו ית׳.

Et cette idée est un devoir pour chacun : il doit y réfléchir attentivement. Cela dépend de son libre choix. La seconde interprétation de « Et tu aimeras Havaya », au futur — [un amour] qui vient de lui-même — correspond au niveau du grand amour (ahava rabba), qui vient d’en haut, de Lui, béni soit-Il.

Explication

La réflexion sur l’unité de D.ieu, telle qu’elle a été décrite, est le devoir de chacun et relève de son libre choix : c’est ce qui dépend de lui. La seconde lecture de « Et tu aimeras », comme une promesse, désigne l’ahava rabba, un grand amour qui vient d’en haut comme un don, et non par l’effort personnel.

ובזה פי׳ שמע לשון שמיעה שאינו יכול להיות בו שום התבוננות כלל שהוא למעלה מההתבוננות.

Et dans cette optique, « Écoute » (chema) s’interprète au sens d’entendre : quelque chose auquel aucune réflexion ne peut s’appliquer, car cela est au-delà de la réflexion.

Explication

Le mot « Écoute » (chema) signifie ici recevoir ce que le raisonnement ne peut atteindre : cela est, pour ainsi dire, entendu d’en haut. L’ahava rabba est au-delà de la réflexion et ne peut être suscitée par elle.

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe répond à la question du libre choix : le premier amour, issu de la réflexion, est un devoir et dépend de l’homme, tandis que le second, l’ahava rabba, vient d’en haut et dépasse la réflexion.

Pour aller plus loin

Iggeres HaKodesh 18, auquel Kehot renvoie, décrit deux amours : « l’amour dans les délices », auquel tous n’ont pas le mérite d’accéder et qui échoit à l’homme d’en haut, et un second amour, caché dans le cœur de chaque Juif, qu’il fait émerger en réfléchissant à D.ieu avec son intellect. Likkutei Torah, Shir HaShirim cite ce maamar pour souligner que ce second amour est un devoir pour tous.

Maré mekomot

  1. 1
    ודבר זה חובה על כל אדם · ראה אגה״ק סי׳ יח (קכו, ב) והשנית היא. נזכר בלקו״ת שה״ש יט, א.

8וזה נק׳ שקל הקדש כסף לשון נכסף נכספת בחי׳ אהבה רבה הבאה מלמעלה במשקל כל חד לפום שיעורא דיליה בבחי׳ עשה טוב וסור מרע צריך להיות בתכלית והוא בחי׳ עובר לסוחר לשון סחור סחור סוכ״ע [סובב כל עלמין].

Et cela est appelé « le sicle sacré », l’argent (kessef), terme qui vient de « tu as ardemment désiré » (nikhssof nikhsafeta) : le niveau du grand amour qui vient d’en haut, mesuré pour chacun selon sa propre mesure, dans le domaine de « fais le bien et détourne-toi du mal », qui doit être réalisé au plus haut degré. C’est aussi le niveau de « passant au marchand » (over la-so’her), expression qui vient de « tout autour » (s’hor s’hor) : la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).

Explication

Le « sicle sacré » est le grand amour qui vient d’en haut : kessef, l’argent, se lit comme kisoufin, le désir ardent, comme dans les paroles de Lavan : « tu as ardemment désiré » (nikhssof nikhsafeta) ; et un sicle étant une mesure de poids, cet amour est donné à chaque âme selon sa propre mesure. Chacun le reçoit dans la mesure de son « fais le bien et détourne-toi du mal », c’est-à-dire de l’accomplissement des mitsvot et de l’abstention de la faute, ce qui, dit le texte, doit être réalisé au plus haut degré. L’expression du verset « passant au marchand » (over la-so’her) est rapprochée de s’hor s’hor, « tout autour », ce qui désigne la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), la source transcendante de cet amour.

Le paragraphe 8 en bref

Le paragraphe commence par interpréter les termes du verset : le « sicle sacré » d’argent est l’amour ardent qui vient d’en haut, mesuré pour chaque âme, et il procède de la lumière qui entoure tous les mondes, sovev kol almin.

Pour aller plus loin

Comparer Iggeres HaKodesh 18, cité par Kehot au paragraphe précédent : l’amour des délices échoit à l’homme d’en haut seulement après qu’il a peiné dans la crainte et atteint le degré le plus élevé (tachlis) que son âme puisse atteindre.

Maré mekomot

  1. 1
    נכסף נכספת · Genesis 31:30
  2. 2
    עובר לסוחר · Genesis 23:16
  3. 3
    לשון סחור סחור · Avodah Zarah 17a:6

Vingt guéras et le recensement des âmes ¶9–10

9וזהו ארבע מאות שקל כסף בחי׳ ד׳ מאות עלמין דכסופין לעלמא דאתי. וזהו עשרים גרה השקל.

Et c’est là le sens de « quatre cents sicles d’argent » : le niveau des quatre cents mondes de désir (kissoufin) dans le Monde futur. Et c’est là le sens de « le sicle vaut vingt guéras ».

Explication

Avraham paya à Efron « quatre cents sicles d’argent », que le maamar interprète comme les quatre cents « mondes de désir » dont parle le Zohar, dans le Monde futur. L’amour ardent de désir est ensuite relié aux « vingt guéras » du verset sur le demi-sicle.

כי כל א׳ משני בחי׳ אהבה הנ״ל כלולה מעשר שכל ומדות כנודע ובחי׳ אה״ר [אהבה רבה] הבאה מלמעלה ג״כ כלולה מעשר.

Car chacun des deux niveaux d’amour mentionnés plus haut comprend dix éléments — l’intellect et les attributs émotionnels (midot) — comme on le sait ; et le niveau du grand amour qui vient d’en haut comprend lui aussi dix éléments.

Explication

Chacun des deux amours comprend dix forces : l’intellect et les émotions de l’âme. Le premier amour en compte dix, et le grand amour venu d’en haut en compte dix autres ; ensemble, ils forment les vingt guéras du sicle entier.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe relie les « vingt guéras » du sicle aux deux amours, dont chacun comprend les dix forces de l’âme.

Maré mekomot

  1. 1
    ארבע מאות שקל כסף בחי׳ ד׳ מאות עלמין דכסופין · Genesis 23:15

10וזהו עשרים גרה השקל. וזהו כי תשא את ראש בני ישראל לפקודיהם דהיינו נשמות הנק׳ ראש לפקודיהם לשון

Et c’est là « le shekel vaut vingt guéras ». Et c’est là « Lorsque tu élèveras la tête des enfants d’Israël lifkudeihem (selon leur dénombrement) » : c’est-à-dire les âmes, qui sont appelées « tête » ; lifkudeihem vient du sens de

Explication

Les mots « le shekel vaut vingt guéras » représentent la mesure complète des deux amours. Dans le verset du recensement, « lorsque tu élèveras la tête des enfants d’Israël », la « tête » désigne les âmes, et lifkudeihem, généralement traduit par « selon leur dénombrement », est compris dans le sens du verbe pakad.

וה׳ פקד את שרה וכו׳ ונתנו איש כפר נפשו לה׳. אך שלא לכל אדם באה לו אהבה רבה הנ״ל.

« Et D.ieu se souvint (pakad) de Sarah », etc. « Que chacun donne à D.ieu une rançon pour son âme. » Mais le grand amour mentionné plus haut ne vient pas à chacun.

Explication

Dans Genèse 21:1, D.ieu se « souvint » (pakad) de Sarah et lui donna un fils ; le verset du recensement poursuit en disant que chacun donne « une rançon pour son âme ». Pourtant, le grand amour qui vient d’en haut ne vient pas à chacun.

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe lit le verset du recensement comme parlant des âmes et de ce qui leur vient d’en haut, et relève que le grand amour n’est pas donné à tous.

Pour aller plus loin

Kehot cite Or HaTorah à propos de ce mot : « lifkudeihem » désigne le niveau des mondes (que Kehot comprend comme les « mondes du désir »), dans le sens de « Et D.ieu se souvint de Sarah ».

Maré mekomot

  1. 1
    לפקודיהם לשון וה׳ פקד את שרה · באוה״ת ע׳ א׳תתקכו: לפקודיהם בחי׳ עלמין (צ״ל עלמין דכסופין) לשון וה׳ פקד את שרה.
  2. 2
    וה׳ פקד את שרה · Genesis 21:1
  3. 3
    ונתנו איש כפר נפשו · Exodus 30:12

Le demi-sicle que chaque Juif doit donner ¶11

11ולהיות בבחי׳ עשרים גרה כו׳. אך בחי׳ אהבה ראשונה חובה על הכל והיינו בחי׳ מחצית השקל למסור נפשו הכלולה מעשר.

Ni [chacun ne parvient] au niveau des « vingt guéras », etc. Mais le niveau du premier amour est une obligation pour tous ; c’est là le niveau du demi-chékel : livrer son âme, qui comprend dix.

Explication

Tout le monde n’atteint pas les « vingt guéras » au complet, qui comprennent le grand amour venant d’en haut. Mais le premier amour, issu de la méditation, est requis de tous : c’est le demi-chékel, livrer son âme avec ses dix facultés.

וזהו זה יתנו כל העובר על הפקודים רמ״ח פקודין היינו אף מי שעובר ח״ו [חס ושלום] על איזה מצוה אעפ״כ [אף על פי כן] חובה היא ליתן מחצית השקל בחי׳ עשר שלו בבחינת אה״ר [אהבה רבה] ראשונה הנ״ל ומחצית השקל היא תרומה לה׳.

Et c’est là [le sens de] « Voici ce qu’ils donneront, tous ceux qui passent sur les pekoudim » — les 248 commandements (pekoudim) : autrement dit, même celui qui transgresse, à D.ieu ne plaise, quelque mitsva, reste néanmoins tenu de donner le demi-chékel, le niveau de ses dix [facultés], selon le premier amour mentionné plus haut. Et le demi-chékel est « une offrande à D.ieu ».

Explication

L’Alter Rebbe lit dans les mots du verset « tous ceux qui passent sur les pekoudim » le sens de « tous ceux qui transgressent les 248 commandements (pekoudim) ». Même celui qui a péché doit donner son demi-chékel : ses dix facultés, offertes à D.ieu par le premier amour, qui est « une offrande à D.ieu ».

(ועמ״ש לקמן ע״פ ויקהל בענין אית רצון ואית רצון. ועיין עוד בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ כי תבוא בד״ה תחת אשר לא עבדת.

(Et voyez ce qui est écrit plus bas, à propos [du verset] « Vayakhel », au sujet de « il y a une volonté et il y a une volonté ». Voyez également Likkutei Torah, Parachat Ki Tavo, dans le maamar commençant par « Parce que tu n’as pas servi ».

Explication

Cette note entre parenthèses renvoie le lecteur au maamar sur Vayakhel, plus loin dans Torah Ohr, au sujet de l’enseignement « il y a une volonté et il y a une volonté », ainsi qu’au maamar « Parce que tu n’as pas servi » dans Likkutei Torah, Ki Tavo.

ושם פ״ב [פרק ב׳] גבי מש״ש [מה שכתוב שם] וע״ז [ועל זה] נאמר שמחו צדיקים בהוי״ה ועיין סד״ה זה יתנו כו׳ מחצית השקל עכ״ל [עד כאן לשונו]. ויובן משם ג״כ דבחי׳ העבודה בשמחה שהחיוב על כל ישראל כמ״ש תחת אשר לא עבדת כו׳ בשמחה.

Et là, au chapitre 2, à propos de ce qui y est écrit — « et c’est à ce sujet qu’il est dit : “Réjouissez-vous, justes, en D.ieu” ; voyez la fin du maamar commençant par “Voici ce qu’ils donneront”, etc., “le demi-chékel” » — fin de citation. On comprendra également de là que le niveau du service accompli dans la joie, qui est une obligation pour tout Israël, comme il est écrit : « Parce que tu n’as pas servi », etc., « dans la joie »,

Explication

Le chapitre 2 de ce maamar de Likkutei Torah relie « Réjouissez-vous, justes, en D.ieu » à la fin de ce maamar sur le demi-chékel. On peut également comprendre de là, précise la note, que servir D.ieu dans la joie est requis de chaque Juif, puisque la Torah réprimande ceux qui n’ont pas servi « dans la joie ».

וכן נאמר עבדו את ה׳ בשמחה זהו בחי׳ מחצית השקל שהחיוב על כל א׳ מישראל ליתן. ובחי׳ שמחו צדיקים בה׳ זהו מחצית השני):

et il est aussi dit : « Servez D.ieu dans la joie » : c’est le niveau du demi-chékel, que chacun en Israël est tenu de donner. Et le niveau de « Réjouissez-vous, justes, en D.ieu », c’est le second demi-chékel.)

Explication

La joie requise de chaque Juif — « Servez D.ieu dans la joie » — est le demi-chékel que tous doivent donner. La joie de « Réjouissez-vous, justes, en D.ieu » est le second demi-chékel, qui complète le chékel et correspond au grand amour venant d’en haut.

Le paragraphe 11 en bref

Ce paragraphe conclut que le premier amour, qui consiste à livrer son âme, est le demi-chékel que chaque Juif doit donner, même s’il a péché, tandis que le grand amour venant d’en haut complète le chékel. La note finale applique la même distinction au service accompli dans la joie.

Pour aller plus loin

Dans Iggeres HaKodesh 18, « Réjouissez-vous, justes, en D.ieu » se rapporte à l’amour des délices, auquel tous n’ont pas accès ; cela correspond au fait que la note l’identifie ici au second demi-chékel.

Maré mekomot

  1. 1
    זה יתנו כל העובר על הפקודים · Exodus 30:13
  2. 2
    ושם פ״ב · בלקו״ת שם מג, א.
  3. 3
    תחת אשר לא עבדת · Deuteronomy 28:47
  4. 4
    עבדו את ה׳ בשמחה · Psalms 100:2
  5. 5
    שמחו צדיקים בה׳ · Psalms 97:12

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Chacun doit bien contempler l’unité de D.ieu, jusqu’à Lui remettre sa pensée, sa parole et son action, en les liant à la volonté de D.ieu par la Torah et les mitsvot. Ce demi-sicle est entre ses mains et lui est exigé même s’il a transgressé ; le grand amour venu d’en haut est un don, accordé à chacun selon sa mesure. La remarque finale ajoute que servir D.ieu dans la joie est également une obligation pour chaque Juif.

Questions à discuter

  1. Si tout amour et toute crainte qu’une personne éprouve viennent de D.ieu, comment le maamar laisse-t-il néanmoins une place au libre choix ?
  2. Comment l’analogie de la pensée et de la parole montre-t-elle que les mondes, bien qu’ils semblent exister, sont annulés devant D.ieu ?
  3. Pourquoi, selon le paragraphe 5, faut-il que le fait de remettre sa pensée, sa parole et son action prenne la forme de la Torah et des mitsvot ?
  4. Pourquoi le demi-sicle, plutôt que le sicle entier, est-il l’obligation de chaque Juif, même de celui qui a fauté ?
  5. Comment la remarque finale relie-t-elle le service de D.ieu dans la joie aux deux moitiés du sicle ?

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Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Ki Sisaכי תשא

  1. 1שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקניHis Left Hand Is Under My Head, and His Right Hand Embraces Me
  2. 2זה יתנו כל העובר על הפקודים…This they shall give, everyone who passes over among the counted