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Likkutei Torah · Parshas Metzora · Maamar 1

זאת תהיה תורת המצורע ביום טהרתו וגו׳

« Telle sera la loi (Torah) du metzora, au jour de sa purification »

  • 20 paragraphes · 78 sections
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L’idée centrale

La tzaraat est un ratso sans chov : une ferveur pour D.ieu qui a perdu le bitoul de la 'Hokhma et ne dispose donc d’aucun réceptacle pour la contenir. Le remède est la techouva, qui éveille d’abord le cœur, puis le ramène à l’Un ; viennent ensuite la Torah et les mitsvot, qui font descendre la lumière dans de nombreux réceptacles.

Le maamar en bref

À la suite de l’Arizal, l’Alter Rebbe enseigne que les négaïm de la tzaraat proviennent du retrait de la 'Hokhma, l’intellect d’Abba. L’intellect d’Imma, la contemplation, produit le ratso, un amour ardent qui aspire à abandonner tous les réceptacles ; l’intellect d’Abba produit le bitoul, et du bitoul vient le chov, qui fait descendre la divinité dans des réceptacles : les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale, qui sont Léa et Ra’hel. Lorsque la lumière d’Abba se retire, le ratso reste seul, les forces extérieures s’en nourrissent et, à la place du « nom » sacré des lettres, apparaissent les négaïm, un « mauvais nom », comme dans le lachon hara et la rébellion de Korah. Le remède est « la Torah du metzora » : la Torah, l’huile bénéfique de la 'Hokhma, qui guérit lorsqu’elle est étudiée avec bitoul. Pourtant, la lumière d’Abba ne peut revenir qu’une fois réparé le défaut d’Imma : d’abord, « il sera amené au kohen », éveillant le ratso et l’absorbant dans le bitoul — la techouva, le hé revenant au youd — puis « le kohen sortira », le chov se déployant dans la Torah et les mitsvot. Le chov est le service essentiel ; grâce à l’« écarlate » de la Torah orale, l’Assemblée d’Israël n’a pas à craindre la « neige » de la bahéret.

Plan

  1. La racine de la tzaraatLe verset d’ouverture et le principe de l’Arizal : les négaïm proviennent du retrait de la lumière de la 'Hokhma, car le metzora est considéré comme un mort, et « ils meurent, sans sagesse ».¶1
  2. Deux sortes d’intellect : ratso et chovL’intellect d’Imma produit le ratso, un amour pareil à des éclairs de feu ; l’intellect d’Abba produit le bitoul, d’où vient le chov, qui fait descendre la lumière dans des réceptacles : les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale, qui sont Léa et Ra’hel.¶2–4
  3. Comment apparaissent les négaïm : le « mauvais nom »Sans la lumière d’Abba, Léa et Ra’hel ne se constituent pas ; le ratso seul nourrit les forces extérieures, et les négaïm, un « mauvais nom », apparaissent à la place des lettres sacrées, comme dans le lachon hara, la tour de Babel, les Nefilim et Korah.¶5
  4. Le remède : le kohen et la TorahLe kohen fait descendre la lumière d’Abba, qui pénètre dans les réceptacles de la pensée et de la parole ; la Torah, l’huile bénéfique de la 'Hokhma, guérit et purifie, mais seulement lorsqu’elle est étudiée avec bitoul.¶6–10
  5. Amené au kohen, puis le kohen sortLes deux versets décrivent deux étapes : d’abord, la techouva éveille le ratso et l’absorbe dans le bitoul, le hé revenant au youd, comme le chant des Lévi précède celui des kohanim ; puis le chov se déploie dans les réceptacles et les lettres.¶11–16
  6. Le chov, service essentielAprès la techouva, la Torah de l’homme « sera » complète, faisant descendre la divinité jusqu’en bas ; le ratso n’est qu’un commencement, et l’essentiel est de créer de nombreux réceptacles par la Torah et les mitsvot, même en récitant la Torah sans la comprendre pleinement.¶17–19
  7. Elle ne craint pas la neigeLa bahéret, blanche comme la neige, est le retrait de la force vitale de la 'Hokhma ; l’Assemblée d’Israël, vêtue de l’« écarlate » de la Torah orale qui fait descendre la 'Hokhma, ne lui laisse aucune place.¶20

Notions clés

Ratso et chov (aller et retour)רצוא ושוב
Le ratso est le désir ardent de l’âme de dépasser ses limites et de s’absorber en D.ieu ; le chov est le retour qui fait descendre la divinité dans le monde par la Torah et les mitsvot. Le maamar enseigne que le chov est l’essentiel et que le ratso n’en est que le commencement.
L’intellect d’Imma et l’intellect d’Abbaמוחין דאימא ומוחין דאבא
L’intellect d’Imma (Bina) est la contemplation, qui engendre l’amour et le ratso ; l’intellect d’Abba ('Hokhma), où repose la Lumière infinie, produit le bitoul, d’où viennent le chov et les réceptacles.
Léa et Ra’helלאה ורחל
Deux configurations féminines derrière Zeir Anpin : Léa correspond aux lettres de la pensée (la Torah écrite), Ra’hel aux lettres de la parole et de l’action (la Torah orale). Elles ne se forment que lorsque l’intellect d’Abba est révélé.
Négaïmנגעים
Les affections de la tzaraat : sé’et à la place de Léa, sapahat et bahéret à la place de Ra’hel. Elles apparaissent lorsque la lumière d’Abba se retire et que les forces extérieures tirent leur nourriture des lumières d’Imma.
Bon nom et mauvais nomשם טוב ושם רע
Les lettres sacrées, Léa et Ra’hel, sont appelées chem, un « bon nom », car la Torah est constituée des Noms de D.ieu ; le lachon hara fait apparaître à leur place des lettres appelées « mauvais nom », source de vie des kelipot.
La techouva : le hé revient au youdתשובה — תשוב ה׳ לגבי יו״ד
La faute sépare Bina (le hé supérieur) de la 'Hokhma (le youd) ; la techouva éveille le ratso de Bina et le réunit au bitoul de la 'Hokhma.
Atteindre et ne pas atteindreמטי ולא מטי
Expression de l’Etz Chaim désignant les lumières qui s’éloignent puis reviennent, tout en restant attachées à leur source, de sorte que les forces extérieures ne peuvent s’en emparer ; dans le service divin, cela correspond au ratso et au chov.

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La racine de la tzaraat ¶1

1זאת תהיה תורת המצורע ביום טהרתו וגו׳ [וגומר]. הנה מבואר בע״ח [בעץ חיים] של״ז פ״ז [פרק ז׳] שסיבת הנגעים הוא מחמת הסתלקות אור החכמה כי מצורע חשוב כמת וכתיב ימותו ולא בחכמה כו׳ ע״ש [עיין שם].

« Telle sera la loi (Torah) du metzora, le jour de sa purification », etc. Or, il est expliqué dans Etz Chaim, Chaar 37, chapitre 7, que la cause des atteintes est le retrait de la lumière de 'Hokhma (sagesse) ; car le metzora est considéré comme un mort, et il est écrit : « Ils meurent, privés de sagesse », etc. ; voir là-bas.

Explication

Le maamar s’ouvre sur le verset qui inaugure la purification du metzora, une personne atteinte de tsaraat (Lévitique 14:2), et expose la racine de la question selon l’Etz Chaim de l’Ari Zal : les atteintes de tsaraat apparaissent lorsque se retire la lumière de 'Hokhma, la sagesse divine. La preuve en est qu’un metzora est considéré comme un mort, et que le verset relie la mort à l’absence de sagesse : « Ils meurent, privés de sagesse. » L’édition Kehot précise que le portail numéroté 37 dans le texte (dans l’édition de Chklov) est le portail 38 dans les éditions actuelles.

Le paragraphe 1 en bref

Le verset d’ouverture est mis en regard du principe de l’Ari Zal selon lequel les atteintes de tsaraat résultent du retrait de la lumière de 'Hokhma ; c’est là le fondement que le maamar entend expliquer.

Pour aller plus loin

Dans le passage de l’Etz Chaim cité, l’Ari Zal enseigne que le départ de l’intellect supérieur de Zeir Anpin provenant du côté d’Abba entraîne la mort ; tel est le secret de « Ils meurent, privés de sagesse ». Et puisque la tsaraat est elle aussi un retrait de l’intellect de 'Hokhma, le metzora est considéré comme un mort.

Maré mekomot

  1. 1
    מבואר בע״ח של״ז · דפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו הוא של״ח. [כ].
  2. 2
    מצורע חשוב כמת · Nedarim 64b:6
  3. 3
    ימותו ולא בחכמה · Job 4:21
  4. 4
    מצורע חשוב כמת וכתיב ימותו ולא בחכמה · Sefer Etz Chaim 38:7
  5. 5
    זאת תהי׳ · הנחת כ״ק אדה״א בביאה״ז עב, א. ובדרך מצותיך מצות טומאת המצורע ק, א ואילך (ושם עם הגהות כ״ק אדמו״ר הצ״צ). והנחת הר״מ בן אדה״ז בסה״מ תקס״ה ע׳ תכג ואילך. ראה קונטרס לימוד החסידות ע׳ 19 וש״נ.
  6. 6
    זאת תהי׳ תורת המצורע · Leviticus 14:2

Deux sortes d’intellect : ratso et chov ¶2–4

2ולהבין זה קצת צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ענין מוחין דאימא ומוחין דאבא, כי הנה מוחין דאימא הוא כמ״ש אם הבנים שמחה שע״י ההתבוננות נולד האהבה והשמחה ורשפי אש והוא בחי׳ הרצוא להסתלק וליכלל בעצמותו ית׳.

Pour comprendre quelque peu cela, il faut [expliquer] la notion des mo'hin d’Imma et des mo'hin d’Abba. En effet, les mo'hin d’Imma sont ce qui est évoqué par les mots : « La mère des enfants est joyeuse » : la contemplation fait naître l’amour, la joie et les flammes ardentes ; c’est le niveau du ratso (élan), qui consiste à se détacher et à s’absorber dans Son essence, béni soit-Il.

Explication

Pour expliquer pourquoi la perte de 'Hokhma entraîne les plaies, l’Alter Rebbe distingue deux formes d’intellect divin : celui d’Imma, qui est Bina (compréhension), et celui d’Abba, qui est 'Hokhma (sagesse). L’intellect d’Imma est la contemplation ; telle « la mère joyeuse des enfants », elle fait naître l’amour, la joie et une aspiration ardente. Il en résulte le ratso, l’élan de l’âme qui veut sortir de ses limites pour s’absorber dans l’essence même de D.ieu.

אך יש עוד בחי׳ שלמעלה מהאהבה ברשפי אש דהיינו מוחין דאבא שאור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה בח״ע [בחכמה עילאה] ועי״ז נמשך הביטול עד שאין בו כח ויכולת להגביה א״ע [את עצמו] בבחי׳ רצוא שהוא בחי׳ יש מי שאוהב,

Mais il existe encore un autre niveau, supérieur à l’amour aux flammes ardentes : celui des mo'hin d’Abba. La Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, réside dans la 'Hokhma supérieure (’Hokhma Ilaa), et c’est ainsi que se répand l’annulation de soi (bitoul), au point que l’on n’a ni la force ni la capacité de s’élever dans le mouvement du ratso, qui est le niveau de « quelqu’un qui aime ».

Explication

Au-dessus de cet amour ardent se trouve l’intellect d’Abba : la Lumière infinie réside dans la 'Hokhma supérieure, d’où découle le bitoul, une annulation de soi si complète qu’une personne ne peut même pas s’élever dans le ratso. Malgré toute son ardeur, le ratso suppose encore « quelqu’un qui aime », un moi qui aime ; le bitoul de la 'Hokhma ne laisse subsister aucun moi de cette sorte.

וזהו ענין ההשתחוואות שבשמונה עשרה וכמ״ש מזה בדוכתי טובא ועמ״ש ע״פ כאשר השמים החדשים וע״פ וכל העם רואים את הקולות וע״פ זאת חוקת התורה ובד״ה ועבד הלוי הוא ובד״ה מצה זו כו׳

C’est là le sens des prosternations de la Chemoné Essré, comme cela est expliqué en de nombreux endroits. Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset « Comme les nouveaux cieux », sur le verset « Et tout le peuple vit les sons », sur le verset « Ceci est le statut de la Torah », ainsi que dans le discours qui commence par « Et le Lévite, lui, fera le service », et dans celui qui commence par « Cette matsa », etc.

Explication

La prosternation dans la Chemoné Essré (la Amida) exprime ce bitoul. Une note de Kehot cite une autre transcription de ce maamar : celui qui apprend de loin que le roi est arrivé court avec empressement pour le voir ; mais, lorsqu’il s’approche, il tombe à terre et n’a même plus la force de relever la tête. Cet état est supérieur à son élan initial. L’Alter Rebbe énumère ensuite d’autres discours où ce sujet est expliqué.

ובד״ה צאינה וראינה בענין ויין ישמח כו׳ להצהיל פנים משמן וע״פ כי תבואו אל ארץ מושבותיכם כו׳ בפ׳ נסכים.

Et dans le discours qui commence par « Allez et voyez », au sujet de « Le vin réjouit », etc., « pour faire rayonner le visage plus que l’huile » ; ainsi que sur le verset « Quand vous entrerez dans le pays de vos demeures », etc., dans le passage consacré aux libations.

Explication

La liste se poursuit avec le discours « Allez et voyez », sur le vin qui « réjouit » et l’huile qui fait « rayonner » le visage, puis avec le discours sur les libations dans la paracha de Chela'h. Le passage cité à ce sujet décrit les sérafim, qui demeurent toujours dans une ardeur de feu parce qu’ils sont constitués de l’unique élément du feu divin.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe introduit les deux notions essentielles du maamar : l’amour ardent du ratso, suscité par la contemplation de Bina (l’intellect d’Imma), et le bitoul plus profond de 'Hokhma (l’intellect d’Abba), qui lui est supérieur.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot renvoient à Etz Chaim, dans le Portail de la naissance d’Abba et Imma et de Zeir Anpin et Noukva, chapitre 4, au sujet des deux formes d’intellect, ainsi qu’au commentaire du Tanya, chapitre 35, pour le principe selon lequel la Lumière infinie réside dans la 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    מוחין דאימא ומוחין דאבא · ע׳ ע״ח ש׳ הולדת או״א וזו״ן פ״ד. [כ].
  2. 2
    אם הבנים שמחה · Psalms 113:9
  3. 3
    א״ס ב״ה שורה בח״ע · Tanya, Likkutei Amarim 35
  4. 4
    וזהו ענין ההשתחוואות שבשמונה עשרה · בסה״מ תקס״ה ע׳ תכה מביא משל ע״ז: ”וה״ז כמו עד״מ במלך ב״ו כששמע מרחוק שהמלך בא בעיר אזי רץ לקראתו במרוצה גדולה ותשוקה גדולה לראותו, אבל כיון שהגיע מקרוב אל המלך אזי נופל על הארץ בהשתחואה ואין בו רוח וכח להרים ראש נגדו שנתבטל לגמרי מכל וכל, שזהו למעלה מבחי׳ המרוצה שלו בתשוקה נפלאה קודם לכן”.
  5. 5
  6. 6
    וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15
  7. 7
    זאת חוקת התורה · Numbers 19:2
  8. 8
    ועבד הלוי הוא · Numbers 18:23
  9. 9
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  10. 10
    ויין ישמח כו׳ להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
  11. 11
    וע״פ כי תבואו · לקו״ת שלח מ, ב.
  12. 12
    כי תבואו אל ארץ מושבותיכם · Numbers 15:2

3וזהו אם רץ לבך שוב לאחד. כי ע״י הביטול דמוחין דאבא נמשך בחי׳ שוב והוא המשכת אלהות למטה. ולהמשכה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] הרחבת הכלים והן אותיות התשב״כ [התורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה].

Et tel est [le sens de] : « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un. » Car, par l’annulation de soi (bitoul) de l’intellect (mo’hin) d’Abba, le niveau du retour est suscité, c’est-à-dire que la divinité est attirée vers le bas. Pour cette descente, les réceptacles doivent être élargis ; ce sont les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale.

Explication

L’expression « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un » (tirée des Tikkunei Zohar) désigne les deux mouvements : l’élan du cœur, ratso, et le retour, chov. Le retour procède de l’annulation de soi de 'Hokhma et signifie que la divinité est attirée dans le monde ; cela nécessite des « réceptacles » pour la contenir, et ces réceptacles sont les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale.

וז״ש [וזהו שכתוב] בע״ח [בעץ חיים] שער לאה ורחל פ״ז [פרק ז׳] וז״ל [וזה לשונו] וזכור כלל זה שאין נעשה ב׳ פרצופים אלו לאה ורחל כאן אלא אחר התגלות מוחין דאבא בז״א [בזעיר אנפין] עכ״ל [עד כאן לשונו],

Et voici ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar Leah v’Rachel (la Porte de Léa et Rachel), chapitre 7 ; en voici les termes : « Souviens-toi de cette règle : ces deux partsoufim (configurations), Léa et Rachel, ne se forment ici qu’après la révélation de l’intellect d’Abba dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels) », fin de citation.

Explication

L’Arizal enseigne que les partsoufim de Léa et de Rachel, deux configurations féminines qui se tiennent derrière Zeir Anpin, ne se forment qu’après la révélation de l’intellect d’Abba dans Zeir Anpin. Puisque Léa et Rachel sont des lettres, comme l’expliquent les lignes suivantes, cela montre que les lettres et les réceptacles procèdent de l’intellect d’Abba.

כי לאה היא אותיות המחשבה והיא בחי׳ תשב״כ [תורה שבכתב] כי ס״ר אותיות התורה היינו אותיות המחשבה כמ״ש במ״א ע״פ את שבתותי תשמרו.

Car Léa est constituée des lettres de la pensée, et elle correspond au niveau de la Torah écrite ; en effet, les six cent mille lettres de la Torah sont les lettres de la pensée, comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Vous garderez Mes Chabbat. »

Explication

Léa est constituée des lettres de la pensée et correspond à la Torah écrite, car les six cent mille lettres de la Torah sont des lettres de la pensée. Une note de Kehot indique Megaleh Amukos, ofan 186, comme source du décompte des six cent mille lettres de la Torah ; l’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Vous garderez Mes Chabbat. »

Le paragraphe 3 en bref

Il est montré que l’annulation de soi de 'Hokhma est la source du retour, c’est-à-dire de la descente de la divinité dans des réceptacles, qui sont les lettres de la Torah. La règle de l’Arizal — selon laquelle Léa et Rachel ne se forment qu’après la révélation de l’intellect d’Abba — le confirme : Léa est constituée des lettres de la pensée, la Torah écrite.

Pour aller plus loin

Les passages cités dans les notes, dans Torah Ohr (Vayeitzei) et plus tard dans Likkutei Torah (Emor), décrivent Léa et Rachel comme les lettres de la pensée et celles de la parole, « le monde caché » et « le monde révélé ». Le passage d’Emor ajoute que toutes deux sont appelées Noukva parce que les lettres constituent le dernier niveau, et que les lettres sont divisées par les Guevourot, dont les scories nourrissent les forces extérieures.

Maré mekomot

  1. 1
    אם רץ לבך שוב לאחד · הקדמת ת״ז (ז, א). ועוד גי׳ שם: שוב לאחור. בס״י פ״א הגירסא: שוב למקום. וראה אוה״ת יתרו ע׳ תתקעח. ע׳ תתקפא. סה״מ תרנ״ט ע׳ ריא בהערה. בביאה״ז לאדה״א עב, ב. ובדרך מצותיך ק, ב מציין לס״י. אדמו״ר ציין ע״ז מס״י ב[לקו״ת] חקת נו, ב. [כ].
  2. 2
    אם רץ לבך שוב לאחד · Tikkunei Zohar 7a:3
  3. 3
    אם רץ לבך שוב לאחד · Sefer Yetzirah 1:8
  4. 4
    וזכור כלל זה שאין נעשה ב׳ פרצופים אלו לאה ורחל כאן אלא אחר התגלות מוחין דאבא בז״א · Sefer Etz Chaim 38:7
  5. 5
    לאה . . מחשבה · ראה סידור ס, ג. סט, א. קג, ג. תו״א ויצא כב, ד. מאמרי אדה״ז-פרשיות ע׳ קנו. תקמ. תו״ח ויצא כז, ד. שער היחוד פל״ז. קהלת יעקב בערכו ט. לקמן לח, ד.
  6. 6
    ס״ר אותיות התורה · מגלה עמוקות אופן קפו.

4ורחל היא אותיות הדבור תשבע״פ [תורה שבעל פה]. ולכן התהוות ב׳ בחי׳ אלו נמשך ע״י התגלות מוחין דאבא דייקא

Et Rachel est constituée des lettres de la parole, la Torah orale. C’est pourquoi la venue à l’existence de ces deux niveaux procède précisément du dévoilement de l’intellect (mo’hin) d’Abba,

Explication

Rachel est constituée des lettres de la parole et correspond à la Torah orale. Léa et Rachel, les lettres de la pensée et de la parole, viennent toutes deux à l’existence précisément par le dévoilement de l’intellect d’Abba.

שהוא הביטול שמזה נמשך השוב והוא ההמשכה בבחי׳ כלים ואותיות כו׳ משא״כ מבחי׳ מוחין דאימא שמהם נמשך הרצוא שהוא אדרבה ההסתלקות מהכלים והאותיות.

qui est l’annulation de soi (bitoul), d’où procède le chov, c’est-à-dire la descente au niveau des réceptacles et des lettres, etc. Il n’en va pas de même du niveau de l’intellect d’Imma, d’où procède le ratso, qui est au contraire un retrait hors des réceptacles et des lettres.

Explication

La raison en est que l’intellect d’Abba est bitoul, et que le bitoul entraîne le chov, la descente de la lumière dans les réceptacles et les lettres. L’intellect d’Imma entraîne le ratso, qui est précisément le contraire : une élévation hors des réceptacles et des lettres vers ce qui les transcende.

ועיין מ״ש בד״ה וייצר את האדם בפ׳ בראשית איך שהאותיות נמשכים דייקא מח״ע [מחכמה עילאה] שלמעלה מהבינה ע״ש [עיין שם] באריכות.

Voyez également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Il forma l’homme », dans la paracha Berechit, sur le fait que les lettres procèdent précisément de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa), qui est au-dessus de Bina ; voyez-y les explications détaillées.

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à son discours « Et Il forma l’homme » dans Torah Ohr, Berechit, qui explique en détail que les lettres proviennent précisément de la 'Hokhma supérieure, au-dessus de Bina. Cela confirme que les réceptacles et les lettres procèdent d’Abba, et non d’Imma.

Le paragraphe 4 en bref

Léa et Rachel, les lettres de la pensée et de la parole (la Torah écrite et la Torah orale), procèdent de l’intellect d’Abba, car seul le bitoul produit le chov dans les réceptacles, tandis que le ratso d’Imma s’éloigne des réceptacles.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה וייצר את האדם · תו״א ד, א.
  2. 2
    וייצר את האדם · Genesis 2:7

Comment apparaissent les négaïm : le « mauvais nom » ¶5

5ולכן מחמת הסתלקות מוחין דאבא שזהו ענין צרעת דתרגומו סגירו מזה נסתעף שאין נבנים פרצופי לאה ורחל ויוצאים תמורתם הנגעים שאת נגד לאה כו׳

Ainsi, du fait du retrait des mo'hin d’Abba — ce qui constitue le sujet de la tsaraat, que le Targoum traduit par seguirou (« fermeture ») — il s’ensuit que les partzoufim (configurations) de Léa et de Rachel ne se construisent pas ; à leur place apparaissent les négaïm : se’et correspond à Léa, etc.

Explication

Puisque la tsaraat est un retrait des mo'hin d’Abba — le Targoum traduisant tsaraat par seguiriou, « fermeture », que le Zohar interprète comme la fermeture de la lumière supérieure —, les partzoufim de Léa et de Rachel ne se construisent pas. À leur place apparaissent les négaïm : se’et correspond à Léa et, comme le texte le poursuit, sapachat et bahéret correspondent à Rachel.

דהיינו מחמת שאין נמשך בחי׳ שוב בכלים ואותיות דקדושה אזי מבחי׳ הרצוא לבד יוכל להסתעף יניקת החיצונים

C’est-à-dire que, lorsque le niveau du chov n’est pas attiré dans les réceptacles et les lettres de sainteté, alors, du seul niveau du ratso, la nourriture des forces extérieures peut se développer ;

Explication

Sans que le chov attire la lumière dans les réceptacles et les lettres de sainteté, le ratso demeure seul ; les forces extérieures, opposées à la sainteté, peuvent alors en tirer leur nourriture.

כמו שאחר ההתלהבות בתפלה אם אינו עוסק בתורה יוכל להתהוות מההתלהבות בחי׳ דינים קפידא וכעס ומזה נסתעף ג״כ יש וגסות כו׳ או תאוות רעות.

De même qu’après l’ardeur de la prière, si l’on ne s’adonne pas à la Torah, cette ardeur peut engendrer le niveau des rigueurs (dinim) : irritabilité et colère ; et de là peuvent aussi se développer le sentiment d’être une entité (yech) et l’orgueil, etc., ou des désirs mauvais.

Explication

Voici un exemple tiré du service personnel : après une prière ardente, si l’on ne poursuit pas par l’étude de la Torah, l’ardeur elle-même peut se transformer en rigueurs, en irritabilité et en colère, puis en ego et en orgueil, ou en désirs mauvais. Un ratso qui n’a pas de réceptacles pour le contenir nourrit ce qui s’oppose à la sainteté.

[וז״ש [וזהו שכתוב] בע״ח [בעץ חיים] שם שאת כנגד לאה ספחת בהרת כנגד רחל כי לאה יש לה אור אחד ורחל ב׳ והם ג׳ אלפין כו׳

[Et c’est ce qui est écrit dans Etz Chaim, à cet endroit : se’et correspond à Léa, sapachat [et] bahéret correspondent à Rachel ; car Léa possède une lumière et Rachel deux, ce qui fait les trois alef, etc.

Explication

Dans ce passage entre parenthèses, l’Alter Rebbe rapporte les paroles de l’Ari Zal : parmi les trois sortes de néga, se’et correspond à Léa, tandis que sapachat et bahéret correspondent à Rachel. Dans Etz Chaim, Léa reçoit une des trois lumières des 'Hassadim d’Imma, et Rachel en reçoit deux ; ces trois lumières sont les trois alef du Nom MaH, écrit avec des alef, dans le Zeir Anpin.

והענין כי לאה היא בחי׳ מחשבה ורחל היא בחי׳ דיבור וגם בחי׳ מעשה עשייה שבאצילות היא המל׳ [המלכות] ועמ״ש בפ׳ שלח בענין דור המדבר כו׳

L’explication est que Léa est le niveau de la pensée, tandis que Rachel est le niveau de la parole et aussi celui de l’action ; [car] l’Assiya (Action) qui se trouve dans le Monde d’Atsilout (Émanation) est Mal'hout (souveraineté). Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Chela'h au sujet de la génération du désert, etc.,

Explication

Pourquoi Rachel possède-t-elle deux lumières ? Léa correspond à la pensée, tandis que Rachel correspond à la fois à la parole et à l’action, car Mal'hout est le niveau de l’« Assiya », l’action, au sein d’Atsilout. L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur la paracha Chela'h, consacré à la génération du désert, pour approfondir le sujet de Léa et de Rachel.

מענין לאה ורחל והם ג׳ לבושים מדומ״ע [מדבור ומעשה] ונמשכים ממוחין דאבא וזהו ענין האלפין שהאל״ף הוא יו״ד וי״ו יו״ד (כמ״ש בד״ה מראיהם ומעשיהם ובד״ה להבין ביאור ענין האבות כו׳ ע״ש [עיין שם]).

au sujet de Léa et de Rachel. Ce sont les trois vêtements — pensée, parole et action —, qui sont attirés des mo'hin d’Abba ; et c’est là le sujet des alef, car la lettre alef est composée d’un youd, d’un vav et d’un youd (comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Leur apparence et leurs actes », et dans celui commençant par « Comprendre l’explication du sujet des Patriarches », etc. ; voyez là-bas).

Explication

La pensée, la parole et l’action sont les trois « vêtements » de l’âme, attirés des mo'hin d’Abba. Voilà pourquoi les lumières sont des alef : la lettre alef est formée d’un youd, d’un vav et d’un youd, et les discours cités expliquent cette forme — l’un d’eux la décrit comme un youd en haut, un youd en bas et un trait entre les deux.

ובהסתלקות אור אבא יוצאין תמורתן הנגעים אותיות שמהם נמשך יניקה לחיצונים]. וזהו ענין מצורע מוציא שם רע וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שלאה ורחל נק׳ שם

Et lorsque la lumière d’Abba se retire, les négaïm apparaissent à leur place, des lettres d’où les forces extérieures tirent leur nourriture.] C’est là le sens de metzora : celui qui fait sortir un mauvais nom (motsi chem ra) ; et, comme il est écrit dans Etz Chaim, Léa et Rachel sont appelées chem (« nom »),

Explication

Lorsque la lumière d’Abba se retire, les négaïm apparaissent à la place de Léa et de Rachel : ce sont des « lettres » qui nourrissent les forces extérieures. C’est le jeu de mots des Sages sur metzora, compris comme motsi chem ra, « celui qui fait sortir un mauvais nom », car Etz Chaim enseigne que l’aspect féminin, Léa et Rachel, est appelé chem, « nom ».

והיינו כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל התורה כולה היא שמותיו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] והם בחי׳ שם טוב. והמדבר לשון הרע שהוא הפך הטוב באותיות וכלים דקדושה.

c’est-à-dire, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Toute la Torah, dans son intégralité, est constituée des noms du Saint béni soit-Il » ; et ceux-ci sont le niveau du bon nom. Celui qui profère une parole mauvaise (lachon hara), qui est l’opposé du bien, dans les lettres et les réceptacles de sainteté,

Explication

Un nom est constitué de lettres, et les Sages enseignent que toute la Torah est constituée des noms de D.ieu ; les lettres saintes sont donc un « bon nom ». Une note de Kehot indique comme source de cet enseignement l’introduction du Ramban à son commentaire de la Torah, ainsi que des parallèles dans Yonas Elem et le Zohar. La parole mauvaise, le lachon hara, est l’opposé du bien présent dans les lettres et les réceptacles de sainteté.

גורם שגם למעלה במקום שם טוב שהם האותיות והכלים דקדושה יצאו תמורתן אותיות הנק׳ שם רע דהיינו שבחי׳ שם ההוא ואותיות אלו הוא מקור חיות הרע

fait qu’en haut aussi, à la place du bon nom — les lettres et les réceptacles de la sainteté — apparaissent à leur place des lettres appelées un mauvais nom ; c’est-à-dire que ce niveau du nom et ces lettres sont la source de la force vitale du mal,

Explication

Une telle parole produit un effet en haut : à la place du « bon nom », les lettres et les réceptacles de sainteté, apparaissent des lettres appelées un « mauvais nom », qui deviennent la source de la vie du mal.

והיינו כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמהנגעים נמשך יניקת הקליפות (ועמ״ש בד״ה לסוסתי ברכבי שפרעה העמיד תחלה סוסים נקבות כו׳ ע״ש [עיין שם]).

comme il est écrit dans Etz Chaim, que les kelipot tirent leur nourriture des négaïm (et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « À ma jument parmi les chars », selon lequel Pharaon fit d’abord sortir des juments, etc. ; voir là-bas).

Explication

Ainsi, comme l’enseigne Etz Chaim, les kelipot, ces écorces qui dissimulent la sainteté, tirent leur nourriture des négaïm. L’Alter Rebbe renvoie à son discours « À ma jument parmi les chars de Pharaon », qui explique que les lettres sont appelées des « chevaux » et rappelle, d’après le Zohar, que Pharaon fit d’abord sortir des juments, puis plaça les chevaux devant elles.

והענין הוא ע״ד [על דרך] מ״ש בדור הפלגה ונעשה לנו שם ועד״ז [ועל דרך זה] נאמר הנפילים היו בארץ כו׳ אנשי השם. וכן בעדת קרח כתיב אנשי שם.

L’explication suit la même idée que ce qui est écrit au sujet de la génération de la Dispersion : « Faisons-nous un nom » ; et de même, il est dit : « Les Nefilim étaient sur la terre », etc., « les hommes du nom ». De même encore, au sujet de l’assemblée de Kora’h, il est écrit : « des hommes de nom ».

Explication

Le mot shem, « nom », revient dans les récits de la Torah sur la rébellion : les bâtisseurs de la tour de Babel (« faisons-nous un nom »), les Nefilim d’avant le Déluge (« les hommes du nom ») et les princes qui se joignirent à Kora’h (« des hommes de nom »).

והיינו מפני שמחלוקת קרח על אהרן הוא ג״כ שלא רצה שיהיו הלוים טפלים ונכנעים לבחי׳ המשכת מוחין דאבא שזהו בחי׳ אהרן הכהן כ״א [כי אם] להיות הלוים דבר בפ״ע [בפני עצמו]

En effet, la dispute de Kora’h contre Aharon venait aussi de ce qu’il ne voulait pas que les Léviim soient subordonnés et soumis au niveau de la transmission des mo’hin d’Abba, qui est le niveau d’Aharon le kohen ; il voulait au contraire que les Léviim soient une entité à part entière,

Explication

À la racine, la dispute de Kora’h avec Aharon était un refus de laisser les Léviim être subordonnés à l’intellect d’Abba qu’Aharon le kohen transmet. Il voulait que les Léviim se tiennent par eux-mêmes.

שהוא להיות בבחי׳ רצוא לבד וכמ״ש בזהר ר״פ קרח שמאלא אתכליל תדיר בימינא קרח בעי לאחלפא כו׳,

c’est-à-dire qu’ils demeurent dans le niveau du ratso seul ; comme il est écrit au début de la paracha de Kora’h dans le Zohar : « La gauche est toujours incluse dans la droite ; Kora’h voulut les intervertir », etc. ;

Explication

Se tenir par soi-même signifie demeurer dans le ratso seul, sans chov. Le Zohar, au début de la paracha de Kora’h, dit qu’Aharon représente la droite et les Léviim la gauche, que la gauche doit toujours être incluse dans la droite, et que Kora’h voulut les intervertir.

ומזה נמשך יניקת הקליפות הנק׳ שם רעוכמ״ש ברבה פ׳ בראשית ס״פ כ״ו נאמר כאן אנשי השם ונאמר להלן קראי מועד אנשי שם כו׳.

et de là les kelipot, appelées un mauvais nom, tirent leur nourriture. Comme il est écrit dans Midrash Rabbah, sur la paracha de Berechit, à la fin de la section 26 : « Il est dit ici “les hommes du nom”, et il est dit ailleurs “ceux qui sont convoqués à l’assemblée, des hommes de nom” », etc.

Explication

C’est de ce ratso séparé que les kelipot, appelées un « mauvais nom », tirent leur nourriture. Le Midrash rapproche « les hommes du nom », à propos des Nefilim, de « des hommes de nom », à propos de l’assemblée de Kora’h, pour enseigner que la discorde est aussi grave que la faute de la génération du Déluge.

וגם מלשון שם וכמ״ש קראו שם פרעה כו׳ וזהו ושם ימותו. ומצורע חשוב כמת. ועמ״ש מענין שם בד״ה חוקת התורה:

Et aussi au sens de sham, « là », comme il est écrit : « Ils appelèrent là (sham) : Pharaon… », etc. C’est là le sens de « et là (sham) ils mourront ». Or, un metzora est considéré comme un mort. Voir aussi ce qui est écrit au sujet du shem dans le discours commençant par « Le statut de la Torah ».

Explication

Le même mot hébreu, prononcé sham, « là », apparaît dans « Ils appelèrent là : Pharaon… » et dans « et là ils mourront », à propos de la génération morte dans le désert ; cela relie le « mauvais nom » à la mort. L’argument revient ainsi à son point de départ : le metzora, coupé de la vie de 'Hokhma, est considéré comme un mort.

Le paragraphe 5 en bref

Lorsque la lumière d’Abba se retire, le ratso se retrouve sans réceptacles ; à la place de Léa et de Rachel, le « nom » saint constitué de lettres, surgissent les négaïm, un « mauvais nom » qui nourrit les kelipot. L’Alter Rebbe retrouve ce même schéma dans le lachon hara, la génération de la Dispersion, les Nefilim et la révolte de Koré.

Pour aller plus loin

Dans le chapitre d’Etz Chaim qui sous-tend ce paragraphe, les négaïm ne sont pas en eux-mêmes une impureté, mais des rigueurs de sainteté dont les forces impures tirent leur nourriture. Léa et Rachel se construisent à partir des lumières de 'Hessed qui sortent d’Imma ; seule la présence des mo'hin d’Abba empêche les forces extérieures de s’emparer de ces lumières. En leur absence, les forces extérieures construisent « une image à la place de Léa et de Rachel » : les négaïm.

Maré mekomot

  1. 1
    שאת כנגד לאה ספחת בהרת כנגד רחל · Sefer Etz Chaim 38:7
  2. 2
    בד״ה מראיהם ומעשיהם · תו״א סט, ג.
  3. 3
    מראיהם ומעשיהם · Ezekiel 1:16
  4. 4
    ובד״ה להבין ביאור ענין האבות · תו״א עב, ד.
  5. 5
    מצורע מוציא שם רע · Arakhin 15b:9–10
  6. 6
    כל התורה כולה שמותיו של הקב״ה · Zohar II, 87a
  7. 7
    בד״ה לסוסתי ברכבי פרעה · תו״א סג, ד ”כמו פרעה העמיד תחלה סוסים נקבות ואח״כ היפך זכרים קודם לנקבות כמ״ש בזהר פ׳ בשלח (ד׳ מז).
  8. 8
    לסוסתי ברכבי · Song of Songs 1:9
  9. 9
    ונעשה לנו שם · Genesis 11:4
  10. 10
    הנפילים היו בארץ כו׳ אנשי השם · Genesis 6:4
  11. 11
    אנשי שם · Numbers 16:2
  12. 12
    שמאלא אתכליל תדיר בימינא קרח בעי לאחלפא · Zohar, Korach 1:1–5
  13. 13
    נאמר כאן אנשי השם ונאמר להלן קראי מועד אנשי שם · Bereshit Rabbah 26:7
  14. 14
    קראו שם פרעה · Jeremiah 46:17
  15. 15
    שם ימותו · Numbers 14:35
  16. 16
    מצורע חשוב כמת · Nedarim 64b:6
  17. 17
    בד״ה חוקת התורה · לקמן חקת נו, ד.
  18. 18
    הנפילים היו בארץ · שם ו, ד.
  19. 19

Le remède : le kohen et la Torah ¶6–10

6ב והנה התיקון של הנגעים ורפואתן הוא ע״י והובא אל הכהן. כי הכהן הוא הממשיך אור אבא וכמ״ש ע״פ בהעלותך את הנרות וע״ש [ועיין שם] בענין שלך גדול משלהם כו׳

2. Or, la rectification des plaies et leur guérison s’opèrent par « On le conduira auprès du kohen ». Car le kohen est celui qui fait descendre la lumière d’Abba, comme cela est expliqué à propos du verset « Quand tu élèveras les lampes » ; voir là-bas également au sujet de « La tienne est plus grande que la leur », etc.

Explication

La section 2 aborde le remède. Le verset prescrit « On le conduira auprès du kohen », car le kohen fait descendre la lumière d’Abba. L’Alter Rebbe renvoie à son maamar sur « Quand tu élèveras les lampes », qui explique que l’huile correspond à 'Hokhma, ainsi qu’aux paroles du Midrach adressées là à Aharon : « La tienne est plus grande que la leur » ; l’allumage des lampes par Aharon surpassait les offrandes des princes des tribus.

וע״י המשכת מוחין דאבא בז״א [בזעיר אנפין] אזי יסוד אבא בוקע יסוד אימא והוא המשכת בחי׳ השוב.

Et par la descente de l’intellect (mo'hin) d’Abba dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels), le Yessod (fondement) d’Abba perce le Yessod d’Imma ; c’est là la descente du niveau de chov.

Explication

Lorsque l’intellect d’Abba est attiré dans Zeir Anpin, « le Yessod d’Abba perce le Yessod d’Imma » : selon l’enseignement de l’Arizal, le Yessod — le canal de transmission — d’Abba est plus long et descend plus bas que celui d’Imma, de sorte que la lumière d’Abba jaillit au-delà du voile d’Imma. Cette percée est le chov, le flux descendant.

וזהו ענין זיווג יעקב עם לאה ורחל יעקב אותיות יבקע שיסוד אבא בוקע יסוד אימא ומשם נמשך ההשפעה באותיות המחשבה והדבור לאה ורחל עור בעד עור כו׳ בחי׳ לבושים מודומ״ע [מחשבה דבור ומעשה] וכמ״ש ה׳ מלך גאות לבש כו׳.

C’est là le sens de l’union de Yaakov avec Léa et Rachel : les lettres du nom Yaakov forment yivka (« il percera »), car le Yessod d’Abba perce le Yessod d’Imma ; de là, le flux se répand dans les lettres de la pensée et de la parole, Léa et Rachel, « peau pour peau », etc., le niveau des vêtements — pensée, parole et action — comme il est écrit : « D.ieu règne ; Il s’est revêtu de majesté », etc.

Explication

Il s’agit de l’union de Yaakov avec Léa et Rachel : le nom Yaakov contient les lettres de yivka, « il percera ». Par ce biais, le flux atteint les lettres de la pensée et de la parole, Léa et Rachel, qu’Etz Chaim situe sur la « peau » de Zeir Anpin — d’où « peau pour peau » — en tant que vêtements de la pensée, de la parole et de l’action, à l’image de « Il s’est revêtu de majesté ».

Le paragraphe 6 en bref

La guérison des plaies s’opère par le kohen, qui fait descendre la lumière d’Abba afin qu’elle perce jusqu’aux réceptacles de la pensée et de la parole : l’union de « Yaakov » avec Léa et Rachel.

Pour aller plus loin

Dans Etz Chaim, Aharon le kohen correspond à Abba : il fait descendre et révèle la lumière suprême « scellée » dans Zeir Anpin. Lorsque l’intellect issu du côté d’Abba y pénètre, les 'Hassadim de l’intellect d’Imma brillent et la tsaraat — l’emprise des forces extérieures sur eux — disparaît.

Maré mekomot

  1. 1
    והובא אל הכהן · Leviticus 14:2
  2. 2
    הכהן — ע״פ בהעלותך · לקו״ת בהעלותך לב, א.
  3. 3
    בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
  4. 4
    יעקב אותיות יבקע · נסמן לעיל ח, ד.
  5. 5
    עור בעד עור · Job 2:4
  6. 6
    ה׳ מלך גאות · Psalms 93:1

7וזהו ענין זאת תהיה תורת המצורע. וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שם וז״ל [וזה לשונו] כי זהו ענין אומרו זאת תהיה תורת המצורע

Et voici le sens de « Telle sera la loi du metzora », comme il est écrit à cet endroit dans Etz Chaim, et voici ses termes : « Car tel est le sens de l’expression : “Telle sera la loi du metzora” ;

Explication

L’Alter Rebbe cite maintenant l’interprétation que donne Etz Chaim du verset d’ouverture, qui repose sur le mot « loi » dans « la loi du metzora ».

כי כל בחי׳ היותו מצורע הוא לסבת הסתלקות מוחין דמצד אבא חכמה הנק׳ תורה וא״כ [ואם כן] אין תיקונו

car tout ce qui fait qu’il est un metzora est dû au retrait de l’intellect (mo’hin) provenant du côté d’Abba, la ‘Hokhma (sagesse), appelée Torah ; dès lors, sa rectification ne peut

Explication

La tsaraat résulte du retrait de l’intellect provenant du côté d’Abba, c’est-à-dire de la ‘Hokhma, appelée Torah, puisque la Torah est la sagesse de D.ieu. La guérison doit donc provenir de la même source.

אלא ע״י עסק התורה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] לכן אמר תורת המצורע ולא טהרת המצורע או כיוצא עכ״ל [עד כאן לשונו].

venir que par l’étude de la Torah, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie. C’est pourquoi il est dit « la loi du metzora », et non « la purification du metzora » ou une expression semblable », fin de citation.

Explication

Seule l’étude de la Torah peut rétablir ce qui a été perdu ; c’est pourquoi le verset dit « la loi du metzora », et non « la purification du metzora ». Les Sages enseignent effectivement (Arachin 15b) que le remède pour celui qui prononce du lashon hara, s’il est un érudit en Torah, est de s’occuper de Torah.

Le paragraphe 7 en bref

Etz Chaim comprend littéralement « la loi du metzora » : puisque la tsaraat consiste en la perte de la ‘Hokhma, appelée Torah, son remède est l’étude de la Torah.

Maré mekomot

  1. 1
    זאת תהיה תורת המצורע · Leviticus 14:2
  2. 2
    כי כל בחי׳ היותו מצורע הוא לסבת הסתלקות מוחין דמצד אבא חכמה הנק׳ תורה · Sefer Etz Chaim 38:7

8ועד״ז [ועל דרך זה] איתא בתנחומא ובילקוט מרפא לשון עץ חיים שהתורה עץ חיים היא והיא רפואתו של המצורע שהוציא שם רע כו׳ ע״ש [עיין שם]

Dans le même sens, on trouve dans le Tanhouma et le Yalkout : « La guérison de la langue est un arbre de vie » ; c’est-à-dire que la Torah est un arbre de vie, et qu’elle est le remède du metsora qui a fait courir un mauvais bruit, etc. Voir là-bas.

Explication

Le Midrach dit la même chose (Tanhouma sur Metsora, et Yalkout sur les Proverbes) : la Torah est « l’arbre de vie », et « la guérison de la langue est un arbre de vie » ; ainsi, la Torah guérit celui dont la langue a proféré le mal et fait courir un mauvais bruit.

והיינו משום שע״י התורה ממשיך מוחין דאבא וזהו טוב שם משמן טוב שע״י התורה שהיא בחי׳ שמן הטוב ח״ע [חכמה עילאה] ממנה נמשך טוב שם

Cela tient au fait que, par la Torah, on attire l’intellect (mo'hin) d’Abba. C’est le sens de « Un bon nom vient d’une bonne huile » : par la Torah, qui est le niveau de « la bonne huile », la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), un bon nom est attiré depuis elle,

Explication

La raison en est que la Torah attire l’intellect d’Abba. Le Rabbi Chnéour Zalman interprète « Un bon nom vaut mieux qu’une bonne huile » comme signifiant : « Un bon nom vient d’une bonne huile ». La Torah, la 'Hokhma supérieure, est « la bonne huile », et c’est d’elle que provient le « bon nom », les lettres saintes qui remplacent le « mauvais bruit ».

שהוא הטבת השם ע״ד [על דרך] הטבת הנרות וכמ״ש במ״א בד״ה ואלה שמות בענין לאתקנא רזא דשמיה ובד״ה משה ידבר כו׳

ce qui constitue l’amélioration du nom, à l’image de l’amélioration des lampes, comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Et voici les noms », au sujet de « réparer le mystère de Son Nom », ainsi que dans le discours qui commence par « Moché parlera », etc.

Explication

L’« amélioration » du nom ressemble à l’amélioration quotidienne des lampes de la Ménora, lorsque le Cohen les nettoyait et les préparait (la Torah emploie le même verbe en Exode 30:7). Le Rabbi Chnéour Zalman renvoie à ses discours « Et voici les noms », au sujet de l’expression du Zohar « réparer le mystère de Son Nom », et « Moché parlera ».

והיינו ע״י התומ״צ [התורה ומצות] שהם המשכת שמן הטוב שמן משחת קדשהפך בחי׳ שם רע הנ״ל ועיין בפ׳ יתרו דפ״ז [דפרק ז׳] סע״ב [סוף עמוד ב] בענין טוב שם משמן טוב וכמ״ש במ״א ע״פ שמן תורק שמך כו׳.

Cela se fait par la Torah et les mitsvot, qui attirent « la bonne huile », « l’huile d’onction sainte », à l’opposé du niveau du mauvais nom mentionné plus haut. Voir aussi [le Zohar], dans la paracha Yitro, folio 87, fin du côté b, au sujet de « Un bon nom vient d’une bonne huile » ; et comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset « Ton nom est une huile répandue », etc.

Explication

Cela se fait par la Torah et les mitsvot, qui attirent « la bonne huile », également appelée « l’huile d’onction sainte », à l’opposé du « mauvais nom ». Le Zohar cité ici, dans la paracha Yitro, interprète « Un bon nom vient d’une bonne huile » comme signifiant que le Nom saint tire sa bénédiction de l’huile qui éclaire les lampes saintes.

Le paragraphe 8 en bref

La Torah guérit le metsora parce qu’elle attire la 'Hokhma, « la bonne huile », dont est formé un « bon nom » de lettres saintes, qui défait le « mauvais bruit ».

Pour aller plus loin

Le Zohar poursuit en expliquant que le « bon nom » est le Nom suprême, dont toutes les lampes saintes brillent grâce à « la bonne huile » ; il identifie cette huile à « la bonne huile sur la tête » de Psaumes 133:2.

Maré mekomot

  1. 1
    מרפא לשון עץ חיים · Proverbs 15:4
  2. 2
    שהתורה עץ חיים היא והיא רפואתו · Midrash Tanchuma, Metzora 2:1
  3. 3
    טוב שם משמן טוב · Ecclesiastes 7:1
  4. 4
    טוב שם משמן טוב · Zohar, Yitro 24:431–26:441
  5. 5
    שמן הטוב · Psalms 133:2
  6. 6
    בד״ה ואלה שמות · תו״א מט, ד ואילך. אוה״ת שמות
  7. 7
    ואלה שמות · Exodus 1:1
  8. 8
    ובד״ה משה ידבר · תו״א סז, ד.
  9. 9
    משה ידבר · Exodus 19:19
  10. 10
    שמן משחת קודש · Exodus 30:25
  11. 11
    שמן תורק שמך · Song of Songs 1:3
  12. 12

9וזהו ג״כ ענין ביום טהרתו וכמ״ש בפ׳ קדושים ד״פ ע״ב ות״ח [ותא חזי] לא אתדכי בר נש לעלמין

Et c’est aussi le sens de « le jour de sa purification », comme il est écrit [dans le Zohar], dans la paracha Kedoshim, folio 80, côté b : « Viens et vois : un homme n’est jamais purifié

Explication

« Le jour de sa purification » fait également allusion à la Torah. Le Zohar, dans la paracha Kedoshim, dit qu’un homme n’est purifié que par les paroles de la Torah.

אלא במילין דאורייתא בגין כך מילין דאורייתא לא מקבלין טומאה. בגין דאיהי קיימא לדכאה לאלין מסאבי.

que par les paroles de la Torah. C’est pourquoi les paroles de la Torah ne reçoivent pas l’impureté, car elle se tient prête à purifier ceux qui sont impurs. »

Explication

Le Zohar ajoute que les paroles de la Torah ne reçoivent pas l’impureté, car la Torah « se tient prête à purifier » ceux qui sont impurs.

Le paragraphe 9 en bref

L’expression « le jour de sa purification » est expliquée par le Zohar : seule la Torah purifie, et la Torah elle-même est au-delà de l’impureté.

Pour aller plus loin

Le Zohar poursuit : « et la guérison se trouve dans la Torah », en citant « Elle sera une guérison pour ton nombril » (Proverbes 3:8), puis ajoute que la pureté se trouve dans la Torah, comme il est écrit : « La crainte de D.ieu est pure, elle subsiste à jamais. »

Maré mekomot

  1. 1
    ביום טהרתו · Leviticus 14:2
  2. 2
    לא אתדכי בר נש לעלמין אלא במילין דאורייתא · Zohar, Kedoshim 1:6–3:13

10ואסוותא באורייתא אשתכח כו׳ וע״ש [ועיין שם] בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שהוא לפי שהתורה שרשה ממו״ס [ממוחא סתימאה] שבה מלובש גבורה דעתיק והיא מקור המתקת הדינים שמשם נמשך קרע שטן כו׳ ע״ש [עיין שם].

« Et la guérison se trouve dans la Torah », etc. Voir aussi le commentaire du Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) : cela s’explique par le fait que la racine de la Torah provient de Mo'ha Stima'a (le cerveau caché), où est revêtue la Guevoura (retenue) d’Atik. Celle-ci est la source de l’adoucissement des rigueurs (dinim), d’où découle « Kera Satan » (« déchirer l’accusateur »), etc. Voir là-bas.

Explication

La phrase du Zohar s’achève ainsi : « et la guérison se trouve dans la Torah ». Le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) en explique la raison : la Torah a sa racine dans Mo'ha Stima'a, le « cerveau caché » au sein de Kéter, où est revêtue la Guevoura d’Atik (la dimension la plus intérieure de Kéter). La Torah est donc la source qui adoucit les jugements rigoureux. De là vient « Kera Satan », Nom divin formé des initiales de la deuxième ligne de la prière Ana BeKoach, qui « déchire l’accusateur ».

ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פ׳ תזריע בענין התנאים ואמוראים בעסקם בתורה שעי״ז היה להם כח לעשות נסים גדולים כו׳. ועכ״ז [ועם כל זה] והובא אל הכהן.

Voir aussi ce qui est écrit plus haut, dans la paracha Tazria, au sujet des Tannaïm et des Amoraïm : leur étude de la Torah leur donnait le pouvoir d’accomplir de grands miracles, etc. Pourtant, « il sera amené au kohen ».

Explication

L’Admour Hazaken rappelle ce qu’il a écrit plus haut, dans la paracha Tazria : grâce à leur étude de la Torah, les Tannaïm et les Amoraïm, Sages de la Michna et du Talmud, avaient le pouvoir d’accomplir de grands miracles. Malgré cela, la Torah seule ne suffit pas : le verset exige encore qu’« il soit amené au kohen ».

כי עיקר עסק התורה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בבחי׳ ביטול וכנ״ל בענין שוב לאחד משא״כ האומר אין לו אלא תורה (יבמות ק״ט ע״ב) לו בבחי׳ יש אפילו תורה אין לו:

Car l’essentiel de l’étude de la Torah doit se faire dans un état d’annulation de soi (bitoul), comme indiqué plus haut à propos du « retour vers l’Un ». En revanche, celui qui dit : « Il n’a rien d’autre que la Torah » (Yevamos 109b), [s’il la possède] pour lui-même, dans le sentiment d’exister séparément (yech), « ne possède même pas la Torah ».

Explication

Le kohen représente le bitoul, et l’étude de la Torah doit se faire dans le bitoul, le « retour vers l’Un ». Le Talmud enseigne que celui qui dit n’avoir rien d’autre que la Torah ne possède même pas la Torah. L’Admour Hazaken comprend les mots « pour lui » comme désignant une Torah gardée pour soi, comme un être distinct (yech) ; une telle Torah est perdue.

Le paragraphe 10 en bref

La Torah guérit parce qu’elle prend sa source dans le lieu le plus profond de l’adoucissement des jugements ; toutefois, elle ne guérit que lorsqu’elle est étudiée avec bitoul. C’est pourquoi le verset dit encore : « il sera amené au kohen ».

Maré mekomot

  1. 1
    ואסוותא באורייתא אשתכח · Zohar, Kedoshim 1:6–3:13
  2. 2
    וע״ש בפי׳ הרמ״ז · פ, א.
  3. 3
    נמשך — ועמש״ל פ׳ תזריע · כב, ג.
  4. 4
    והובא אל הכהן · Leviticus 14:2
  5. 5

Amené au kohen, puis le kohen sort ¶11–16

11ג והנה להבין פי׳ אומרו והובא אל הכהן שמשמעו שיביאו את המצורע אל מקום הכהן.

3. À présent, pour comprendre le sens de « Et il sera amené au prêtre », ce qui semble indiquer que l’on amène le metsora là où se trouve le prêtre,

Explication

La section 3 soulève une difficulté à partir des versets. « Il sera amené au prêtre » semble indiquer que le metsora est conduit là où se trouve le prêtre.

והלא סמוך מיד אמר ויצא הכהן אל מחוץ למחנה דמשמע להפך שהכהן יצא אליו חוצה. גם ענין זאת תהיה תורת המצורע דתיבת תהיה מיותרת לכאורה וכמ״ש באלשיך.

alors que, juste après, il est dit : « Et le prêtre sortira hors du camp », ce qui semble signifier le contraire : le prêtre sort pour aller vers lui, à l’extérieur. Il y a également la question de « Telle sera la loi (Torah) du metsora » : le mot « sera » semble superflu, comme l’écrit l’Alshich.

Explication

Pourtant, le verset suivant dit : « Le prêtre sortira hors du camp », ce qui signifie que le prêtre se rend auprès de lui. En outre, comme le remarque l’Alshich (Rabbi Moché Alshich, commentateur du XVIe siècle à Safed), le mot « sera » dans « Telle sera la Torah du metsora » semble superflu.

אך הענין יובן עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בזהר דמ״ט ע״ב בפי׳ והובא אל הכהן והועלה מיבעי ליה כו׳ וביאר דבריו בע״ח [בעץ חיים] והביאם הרמ״ז [הרב משה זכות] ס״פ תזריע

Mais la question s’éclaire à la lumière de ce qui est écrit dans le Zohar, folio 49, côté b, à propos du sens de « Et il sera amené (vehouva) au prêtre » : « Il aurait fallu dire : “Et il sera amené vers le haut (vehou’ala)” », etc. Ses paroles sont expliquées dans Etz Chaim, et le Ramaz les rapporte à la fin de la paracha Tazria :

Explication

La réponse se trouve dans le Zohar, sur la paracha Tazria, qui demande pourquoi le verset dit « amené » (vehouva), et non « amené vers le haut » (vehou’ala). Il explique que « amené » signifie introduit, une chose étant insérée dans une autre, comme les barres furent « introduites dans » les anneaux. Etz Chaim explique les paroles du Zohar, et le Ramaz rapporte cette explication à la fin de la paracha Tazria.

כי ע״י הראותו אל הכהן התחתון גורם למעלה שאותם האורות דמצד אימא שבז״א [שבזעיר אנפין] היוצאים לחוץ ושאז שם נעשים בחוץ בחי׳ נגעים וע״י הראותו אל הכהן גורם למעלה שאותם האורות יחזרו למקומן כו׳

« Car, en se présentant au prêtre d’en bas, il provoque en haut ceci : ces lumières du côté d’Imma qui se trouvent dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels), et qui sortent, devenant alors à l’extérieur le niveau des negaïm (affections), reviennent à leur place par le fait qu’il se présente au prêtre, etc. ;

Explication

Voici l’explication d’Etz Chaim : en se présentant au prêtre d’en bas, le metsora provoque un effet en haut. Les lumières de 'Hessed issues de l’intellect d’Imma dans Zeir Anpin étaient sorties et étaient devenues, à l’extérieur, des negaïm ; à présent, elles reviennent à leur place.

בבחי׳ מטי ולא מטי יוצא לחוץ וחוזר ונכנס ומתדבק במקורו ועי״כ [ועל ידי כך] לא יהיה כח אל החיצונים להתאחז בהם כו׳ עכ״ל [עד כאן לשונו].

elles sont dans le mode de « toucher et ne pas toucher » : elles sortent, puis reviennent et rentrent, et s’attachent à leur source. Ainsi, les forces extérieures n’auront pas le pouvoir de s’en saisir », etc. Fin de citation.

Explication

Elles reviennent dans le mode de « toucher et ne pas toucher » : elles sortent, puis rentrent de nouveau, de sorte qu’elles demeurent attachées à leur source. Une lumière qui reste attachée à sa source ne laisse rien aux forces extérieures dont elles puissent s’emparer.

Le paragraphe 11 en bref

La tension entre « il sera amené au prêtre » et « le prêtre sortira » se résout à la lumière du Zohar et d’Etz Chaim : les lumières qui étaient sorties sont ramenées à leur source, selon le mouvement de « toucher et ne pas toucher ».

Pour aller plus loin

Etz Chaim compare cela au don de la grande terouma au prêtre, qu’il explique comme le retour de la lumière à sa place dans Zeir Anpin ; le « prêtre » auquel les lumières reviennent est la racine des 'Hassadim, dans le Yessod d’Imma au sein de Zeir Anpin.

Maré mekomot

  1. 1
    והובא אל הכהן · Leviticus 14:2
  2. 2
    ויצא הכהן אל מחוץ למחנה · Leviticus 14:3
  3. 3
    והובא אל הכהן והועלה מיבעי ליה · Zohar, Tazria 25:134–27:143
  4. 4
    בע״ח · של״ח ש׳ לאה ורחל פ״ח [פ״ז]. [כ].
  5. 5
    כי ע״י הראותו אל הכהן התחתון גורם למעלה שאותם האורות · Sefer Etz Chaim 38:7

12וביאור הענין בעבודת ה׳ דהנה עם היות שסיבת הצרעת והנגעים הוא מחמת הסתלקות מוחין דאבא שהוא בחי׳ הביטול והשוב שמחמת זה נמשך יניקת החיצונים מבחי׳ הרצוא וההתלהבות דמוחין דאימא.

Explication de la question dans le service de D.ieu : bien que la cause de la tsaraat et des plaies soit le retrait des mo'hin d'Abba, qui correspondent au niveau de l'annulation de soi (bitoul) et du chov, et qu'en conséquence la nourriture des forces extérieures provienne du niveau du ratsot et de la ferveur des mo'hin d'Imma,

Explication

À présent, l’Alter Rebbe explique tout cela en termes du service de D.ieu. La cause de la tsaraat est la perte du bitoul et du chov d’Abba, qui laisse le ratsot et la ferveur d’Imma exposés aux forces extérieures.

והיה עולה על הדעת שתיקון המעוות הוא די ע״י העבודה בהמשכת מוחין דאבא לבד דהיינו בחי׳ השוב בעסק התורה שהיא המשכת מוחין דאבא בהאותיות והכלים כנ״ל.

on aurait pu penser que la rectification de ce qui a été faussé s’accomplirait suffisamment par le seul service consistant à attirer les mo'hin d'Abba, c’est-à-dire le niveau du chov, en s’occupant de la Torah, ce qui consiste à attirer les mo'hin d'Abba dans les lettres et les réceptacles, comme indiqué plus haut ;

Explication

On pourrait penser que le remède consiste simplement à rétablir le chov : étudier la Torah, ce qui attire les mo'hin d’Abba dans les lettres et les réceptacles.

שע״י החזרת מוחין דאבא בז״א [בזעיר אנפין] כמקדם יתוקן הדבר כי אור אבא דוחה יניקת החיצונים כנ״ל.

car, en rétablissant les mo'hin d'Abba dans le Zeir Anpin (les attributs émotionnels) comme auparavant, la chose serait rectifiée, puisque la lumière d'Abba repousse la nourriture des forces extérieures, comme indiqué plus haut.

Explication

Le raisonnement semble solide : une fois les mo'hin d’Abba rétablis dans le Zeir Anpin, leur lumière repousse les forces extérieures, comme l’explique Etz Chaim.

אך באמת אי אפשר להמשיך המוחין דאבא בז״א [בזעיר אנפין]. בלתי שיתחיל מתחלה לתקן המעוות בפגם שהיה במוחין דאימא. כי תשובה באותו מקום ואז אח״כ [אחר כך] ימשיך המוחין דאבא.

Mais, en vérité, il est impossible d’attirer les mo'hin d'Abba dans le Zeir Anpin sans commencer d’abord à rectifier ce qui a été faussé, à savoir la brèche qui s’est produite dans les mo'hin d'Imma. Car la techouva [doit se faire] au même endroit, et c’est seulement ensuite qu’il attirera les mo'hin d'Abba.

Explication

Mais il est impossible d’attirer les mo'hin d’Abba sans réparer d’abord le dommage à l’endroit où il s’est produit, dans les mo'hin d’Imma. Comme les Sages décrivent la techouva complète comme ayant lieu « au même endroit » où l’on a fauté, la réparation doit commencer dans Imma ; ce n’est qu’ensuite que les mo'hin d’Abba pourront être attirés.

Le paragraphe 12 en bref

Dans le service divin, l’étude de la Torah (chov) ne peut à elle seule guérir : il faut d’abord réparer, par la techouva, le ratsot atteint d’Imma ; ce n’est qu’ensuite que les mo'hin d’Abba peuvent être attirés.

Maré mekomot

  1. 1
    תשובה באותו מקום · Yoma 86b:8–9

13והיינו שצריך לעורר בחי׳ הרצוא וההתלהבות הנמשך ממוחין דאימא ואח״כ [ואחר כך] יתחברו לבחי׳ הביטול דמוחין דאבא בחי׳ ואם רץ לבך שוב לאחד.

Cela signifie qu’il faut éveiller le niveau du ratso et de l’ardeur qui procède des mo’hin d’Imma, puis les unir au niveau de l’annulation de soi (bitoul) des mo’hin d’Abba : le niveau de « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un ».

Explication

La réparation commence par l’éveil du ratso et de l’ardeur, associés aux mo’hin d’Imma, puis par leur union avec le bitoul d’Abba : d’abord le cœur s’élance, puis il retourne vers l’Un.

וזהו ענין תשובה תשוב ה׳ לגבי יו״ד כי הה״א עילאה היא בינה שבחטאו פגם בה שנפרדה מן היו״ד שהוא הביטול דח״ע [דחכמה עילאה] ועי״ז נמשך יניקת החיצונים ממוחין דאימא שזהו ענין הנגעים כנ״ל.

Tel est le sens de la techouva (retour) : tachouv hé, « que le hé retourne », vers le youd. Car le hé supérieur est Bina (compréhension) ; par son péché, l’homme y a provoqué un défaut, de sorte qu’elle s’est séparée du youd, qui est l’annulation de soi de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa). De ce fait, les forces extérieures tirent leur nourriture des mo’hin d’Imma ; tel est le sens des négaïm, comme mentionné plus haut.

Explication

Le mot techouva se lit tachouv hé, « que le hé retourne » vers le youd : le hé supérieur du Nom divin est Bina (Imma), et le youd est la 'Hokhma (Abba). Le péché porte atteinte à Bina et la sépare du bitoul de la 'Hokhma ; alors, les forces extérieures tirent leur nourriture des mo’hin d’Imma. C’est là le néga.

Le paragraphe 13 en bref

La techouva est le « retour du hé vers le youd » : le ratso de Bina est éveillé et réuni au bitoul de la 'Hokhma, dont le péché l’avait séparé.

Maré mekomot

  1. 1
    ואם רץ לבך שוב לאחד · נסמן לעיל כג, ג.
  2. 2
    ואם רץ לבך שוב לאחד · Tikkunei Zohar 7a:3

14וע״י שמתעורר בתשובה מעומקא דליבא ממעמקים קראתיך ב׳ עומקים דיסודות או״א [אבא ואימא] יחד דהיינו בבחי׳ רצוא ושוב

Et par son éveil à la techouva depuis les profondeurs du cœur — « Des profondeurs, je T’ai appelé » — il atteint les deux profondeurs des Yessod d’Abba et d’Imma réunis, c’est-à-dire selon la modalité de ratso et chov,

Explication

La techouva « depuis les profondeurs du cœur » est décrite par « Des profondeurs, je T’ai appelé » : « profondeurs » est au pluriel, car il s’agit des profondeurs du Yessod d’Abba et du Yessod d’Imma réunis, qui correspondent à ratso et chov conjoints.

שהוא בחי׳ אהבה רבה והביטול שלמעלה מהאהבה עי״ז נעשה תשוב ה׳ לגבי יו״ד. אבל קודם התעוררות הרצוא שממוחין דאימא א״א [אי אפשר] להמשיך המוחין דאבא.

qui est le niveau d’un grand amour et de l’annulation de soi (bitoul) qui dépasse l’amour ; par cela s’accomplit le retour du hé vers le youd. Mais avant l’éveil du ratso provenant des mo’hin d’Imma, il est impossible de faire descendre les mo’hin d’Abba.

Explication

Les deux profondeurs sont le grand amour du ratso et le bitoul qui dépasse l’amour ; ensemble, ils entraînent le retour du hé vers le youd. Mais l’ordre ne peut être inversé : sans éveiller d’abord le ratso d’Imma, les mo’hin d’Abba ne peuvent être attirés vers le bas.

Le paragraphe 14 en bref

La techouva depuis les profondeurs du cœur réunit les deux profondeurs : le ratso de l’amour et le bitoul de la 'Hokhma ; elle doit commencer par l’éveil du ratso.

Maré mekomot

  1. 1
    ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1

15ועיין במ״ש בד״ה צאינה וראינה בענין ויין ישמח כו׳ להצהיל פנים משמן. ועד״ז [ועל דרך זה] נאמר ועבד הלוי הוא שעבודת הלוים להמשיך מוחין דאימא

Et voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Sortez et voyez », à propos de « Le vin réjouit », etc., « pour faire resplendir le visage plus que l’huile ». Dans le même esprit, il est dit : « Et le Lévite, lui, servira » : le service des Lévites consiste à faire descendre l’intellect (mo’hin) d’Imma,

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son discours « Sortez et voyez », sur le vin qui réjouit et l’huile qui fait resplendir le visage, et établit un parallèle : « Le Lévite, lui, servira » ; le service des Lévites fait descendre l’intellect d’Imma.

וזהו ענין השיר ועי״ז אח״כ [אחר כך] יומשך מוחין דאבא והוא ענין הכהנים משא״כ כהנים בלא לוים אי אפשר כו׳.

et c’est là le chant ; grâce à lui, l’intellect d’Abba sera ensuite attiré vers le bas. C’est là le service des kohanim ; en revanche, les kohanim sans les Lévites, cela est impossible, etc.

Explication

Le chant des Lévites correspond à l’intellect d’Imma, au ratzo ; grâce à lui, l’intellect d’Abba est ensuite attiré vers le bas, ce qui correspond au service des kohanim. Les kohanim ne peuvent agir sans les Lévites : le bitoul du kohen a d’abord besoin du chant du Lévite.

וז״ש [וזהו שכתוב] בע״ח [בעץ חיים] שאותן האורות יחזרו למקומן כו׳ בבחי׳ מטי ולא מטי כו׳ שהוא בחי׳ רצוא ושוב.

Et c’est ce qui est écrit dans Etz Chaim : ces lumières retourneront à leur place, etc., selon le mode de « parvenir et ne pas parvenir », etc., qui est le niveau de ratzo et chov.

Explication

Il s’agit du « parvenir et ne pas parvenir » d’Etz Chaim : les lumières s’éloignent puis reviennent. Dans le service de l’homme, cela correspond au ratzo et au chov.

(ועיין מ״ש מענין רצוא ושוב בד״ה וכל העם רואים את הקולות כו׳). ובזה יש לפרש פי׳ ו הובא אל הכהן ואח״כ [ואחר כך] ויצא הכהן. והובא אל הכהן.

(Voyez aussi ce qui est écrit à propos du ratzo et du chov dans le discours qui commence par « Et tout le peuple vit les sons », etc.) Cela permet d’expliquer le sens de « Il sera amené au kohen », puis de « Le kohen sortira ». « Il sera amené au kohen » :

Explication

Après avoir renvoyé à son discours sur « Et tout le peuple vit les sons » au sujet du ratzo et du chov, l’Alter Rebbe résout la difficulté soulevée à la section 3 : « Il sera amené au kohen », puis « Le kohen sortira », décrivent deux étapes successives.

היינו ענין התעוררות הרצוא הנמשך ממוחין דאימא ושיבוא הרצוא ויוכלל בבחי׳ ביטול דמוחין דאבא. ע״ד [על דרך] תשוב ה׳ לגבי יו״ד.

cela désigne l’éveil du ratzo qui découle de l’intellect d’Imma, et le fait que le ratzo vienne s’intégrer au niveau du bitoul de l’intellect d’Abba, selon le mouvement de « le hé revient » (tachouv hé) vers le youd.

Explication

« Il sera amené au kohen » désigne la première étape : éveiller le ratzo à partir de l’intellect d’Imma, puis le faire entrer dans le bitoul d’Abba, comme le hé revient vers le youd.

Le paragraphe 15 en bref

Le chant des Lévites (Imma, ratzo) doit précéder le service des kohanim (Abba, bitoul), comme dans le « parvenir et ne pas parvenir » d’Etz Chaim. Ainsi, « il sera amené au kohen » désigne le ratzo qui s’intègre au bitoul, lequel vient ensuite.

Pour aller plus loin

Le discours de Torah Ohr auquel il est fait référence explique le ratzo et le chov par le feu et l’eau : l’élément du feu se trouve dans le cœur, où réside la soif du ratzo, éveillée par la Bina, qui est « le cœur » ; et « Il fait la paix dans Ses hauteurs » désigne l’union des deux.

Maré mekomot

  1. 1
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  2. 2
    ויין ישמח כו׳ להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
  3. 3
    ועבד הלוי הוא · Numbers 18:23
  4. 4
    שאותן האורות יחזרו למקומן כו׳ בבחי׳ מטי ולא מטי · Sefer Etz Chaim 38:7
  5. 5
    בד״ה וכל העם רואים את הקולות · תו״א עג, ד.
  6. 6
    וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15
  7. 7
    ויצא הכהן · Leviticus 14:3

16וזהו ענין שמע ישראל שם גימטריא ב״ן [שם ב״ן] ורפ״ח יוחזר ויוכלל לשרשו ע׳ רבתי ז״ת [ז׳ תחתונות] דאימא ויוכלל בישראל סבא כו׳. ואח״כ [ואחר כך] ויצא הכהן.

Et tel est le sens de « Écoute, Israël » (Shema Yisrael) : shem a pour valeur numérique [le Nom] Ban (52) et 288 ; il est ramené et réintégré à sa racine, le grand ayin, les sept Séfirot inférieures d’Imma, puis il est réintégré en Israël Saba, etc. Et ensuite : « Le Cohen sortira »:

Explication

La même idée est suggérée dans « Shema Yisrael » : le mot Shema se compose de shem et de la lettre ayin. Shem (340) équivaut à Ban (52), une forme du Nom divin associée à Mal'hout, plus 288, les étincelles déchues ; dans le Shema, elles sont ramenées à leur racine, le grand ayin de Shema (70), les sept Séfirot inférieures d’Imma, et réintégrées en Israël Saba, une configuration d’Abba.

היינו המשכת השוב להתלבש בכלים ואותיות והוא בחי׳ שיסוד אבא בוקע יסוד אימא ונמשך ומתפשט לחוץ וכנודע מענין אך יצא יצא יעקב כו׳.

c’est-à-dire la descente du chov, afin qu’il soit revêtu de réceptacles et de lettres ; c’est le niveau où le Yessod (fondement) d’Abba perce le Yessod d’Imma, puis est attiré et se répand au-dehors, comme on le sait à propos de « Yaakov venait à peine de sortir », etc.

Explication

« Le Cohen sortira » désigne la seconde étape, le chov : la lumière est attirée vers le bas afin d’être revêtue de réceptacles et de lettres, tandis que le Yessod d’Abba perce le Yessod d’Imma et se répand au-dehors. L’Admour Hazaken fait allusion à la double « sortie » dans « Yaakov venait à peine de sortir » ; Yaakov est celui qui « perce », comme expliqué plus haut.

Le paragraphe 16 en bref

Les deux étapes des versets se reflètent dans le Shema, qui élève le « nom » jusqu’à sa racine en Imma et Abba, puis dans la « sortie » de Yaakov, le chov qui se répand dans les réceptacles et les lettres.

Pour aller plus loin

Pri Etz Chaim, cité dans la note de Kehot, explique que les 288 étincelles déchues, avec le Nom Ban, donnent ensemble shem, et que, lors de la récitation du Shema, on a l’intention de leur attirer la lumière depuis le grand ayin, les sept Séfirot inférieures de Bina, afin que Mal'hout puisse ensuite élever les « eaux féminines » (mayin noukvin).

Maré mekomot

  1. 1
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
  2. 2
    שם גימטריא ב״ן ורפ״ח · מאו״א מערכת ש׳ סנ״ג ובפע״ח ש׳ הק״ש בפ״ט [כ].
  3. 3
    שמע ישראל שם גימטריא ב״ן ורפ״ח · Pri Etz Chaim, Gate of the Recitation of the Shema 9:1–2
  4. 4
    ויצא הכהן · Leviticus 14:3
  5. 5
    אך יצא יצא יעקב · Genesis 27:30

Le chov, service essentiel ¶17–19

17ועוד יובן ענין זה ממ״ש במ״א בד״ה ראה אנכי בענין נחל איתן היינו חיבור בחי׳ י״ה תרין רעין.

Cette idée sera également éclaircie par ce qui est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Vois, moi [je place devant vous] », à propos du nachal eitan (« torrent puissant ») : il s’agit de l’union du niveau de youd-hé, « les deux compagnons ».

Explication

Un autre discours, « Vois, moi, je place devant vous » (Likkutei Torah, Re’eh), éclaire cette idée à travers l’expression nachal eitan, « torrent puissant » (Deutéronome 21,4). Eitan désigne là l’union de youd et hé, 'Hokhma et Bina, que le Zohar appelle « les deux compagnons », qui ne se séparent jamais.

ונחל איתן הוא ההמשכה מבחי׳ איתן שנמשך ומתפשט בו״ה שהוא בחי׳ המדות והלבושים מחשבה דבור ומעשה כו׳.

Et nachal eitan désigne l’effusion qui part du niveau d’eitan (« puissant »), se prolonge et se répand dans vav-hé, qui correspond au niveau des attributs émotionnels (midot) et des vêtements que sont la pensée, la parole et l’action, etc.

Explication

Le « torrent » (nachal) est l’effusion qui découle de cette union vers le bas, dans vav-hé : les attributs émotionnels et les vêtements que sont la pensée, la parole et l’action. L’union supérieure, youd-hé, vient d’abord, puis l’effusion vers le bas, vav-hé.

ועד״ז [ועל דרך זה] יובן כאן ענין והובא אל הכהן ואח״כ [ואחר כך] ויצא הכהן כו׳ ועי״ז והנה נרפא כו׳.

De même, on comprendra ici l’idée de « Il sera amené au kohen », puis, ensuite, « Le kohen sortira », etc. ; et par là, « voici qu’il est guéri », etc.

Explication

Les versets concernant le metzora suivent le même schéma : d’abord, « il sera amené au kohen », l’union supérieure, puis « le kohen sortira », l’effusion vers le bas ; par ces deux étapes, « voici qu’il est guéri ».

ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ג״כ ענין זאת תהיה תורת המצורע היינו שכאשר והובא אל הכהן כו׳ בחי׳

De même, on comprendra également l’idée de « Telle sera la Torah du metzora » : c’est-à-dire que lorsque « il sera amené au kohen », etc., le niveau de

Explication

Cela répond également à la deuxième question soulevée dans la section 3 : pourquoi le verset ajoute-t-il le mot apparemment superflu « sera » dans « Telle sera la Torah du metzora » ? La réponse dépend de l’étape où « il sera amené au kohen », celle de la techouva.

תשובה תשוב ה׳ לגבי יו״ד אז אח״כ [אחר כך] תהיה תורתו שלימה שהיא המשכת יו״ד לגבי ה׳ וגם בו״ה מלמעלה למטה משא״כ מקודם התשובה.

la techouva (retour), tashouv hé, « le hé retourne », vers le youd, alors, par la suite, sa Torah sera complète : elle fera descendre le youd vers le hé, ainsi que dans vav-hé, du haut vers le bas ; ce qui n’est pas le cas avant la techouva.

Explication

Une fois que la techouva a ramené le hé vers le youd, sa Torah « sera » complète : elle fera alors descendre le youd vers le hé, puis jusque dans vav-hé, du haut vers le bas. Avant la techouva, sa Torah ne peut accomplir cela ; c’est pourquoi le verset parle de la Torah qui « sera » par la suite.

Le paragraphe 17 en bref

À travers l’image du nachal eitan, l’Admour Hazaken montre un schéma en deux étapes : l’union supérieure, puis l’effusion vers le bas. Il explique ainsi « Telle sera la Torah du metzora » : ce n’est qu’après la techouva que sa Torah sera complète et fera descendre la divinité jusqu’en bas.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה ראה אנכי · לקו״ת ראה יח, א.
  2. 2
    ראה אנכי · Deuteronomy 11:26
  3. 3
    נחל איתן · Deuteronomy 21:4
  4. 4
    והנה נרפא · Leviticus 14:3
  5. 5
    זאת תהיה תורת המצורע · Leviticus 14:2

18והנה לזאת עיקר עבודת האדם להיות אחר הרצוא בחי׳ שוב שהרצוא אינו אלא התחלה לעורר הנפש אבל העיקר הוא ההמשכה בכלים רבים דאותיות התורה ובמצות.

Ainsi, l’essentiel du service de l’homme consiste, après le ratso, en l’aspect du chov. Car le ratso n’est qu’un commencement destiné à éveiller l’âme ; l’essentiel est toutefois de faire descendre la lumière dans de nombreux réceptacles : les lettres de la Torah et les mitsvot.

Explication

La conclusion pratique est que l’essentiel du service est le chov après le ratso. Le ratso ne fait qu’éveiller l’âme ; l’essentiel est de faire descendre la lumière dans de nombreux réceptacles, à savoir les lettres de la Torah et les mitsvot.

ועמ״ש בד״ה כי כאשר השמים החדשים דכמו שהארץ אינה רק כגרגיר חרדל לגבי השמים כך ערך בחי׳ הרצוא לגבי השוב כו׳ ע״ש [עיין שם].

Voyez également ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Car, comme les nouveaux cieux » : de même que la terre n’est qu’un grain de moutarde par rapport aux cieux, ainsi le ratso est-il par rapport au chov, etc. Voyez là-bas.

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à son discours « Car, comme les nouveaux cieux », où il est expliqué que, de même que la terre n’est qu’un grain de moutarde comparée aux cieux, ainsi le ratso est-il par rapport au chov. Le chov, qui consiste à faire descendre la lumière dans les réceptacles de la Torah et des mitsvot, dépasse de loin le ratso.

Le paragraphe 18 en bref

L’essentiel du service est le chov : faire descendre la divinité dans les nombreux réceptacles de la Torah et des mitsvot ; le ratso n’est que le commencement qui éveille l’âme.

Maré mekomot

  1. 1
    כי כאשר השמים החדשים · Isaiah 66:22

19וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ספ״ק [סוף פרק קמא] דע״ז [דעל זה] לעולם ליגרס אינש ואע״ג [ואף על גב] דמשכח ואע״ג [ואף על גב] דלא ידע מאי קאמר שנאמר גרסה נפשי לתאבה.

Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à la fin du premier chapitre d’Avodah Zarah : « Que l’homme récite toujours (ligros), même s’il oublie, et même s’il ne sait pas ce qu’il dit, comme il est dit : “Mon âme est broyée (garsah) par le désir.” »

Explication

Cela éclaire l’enseignement du Talmud selon lequel l’homme doit toujours réciter la Torah, même s’il oublie et même s’il ne comprend pas ce qu’il dit, en s’appuyant sur les mots : « Mon âme est broyée (garsah) par le désir », où le mot fait écho à ligros, « réciter ». Une note de Kehot rapproche cet enseignement du fait qu’avant sa naissance, l’enfant apprend toute la Torah, puis qu’on la lui fait oublier.

והיינו משום שעיקר העבודה לעשות כלים רבים לגילוי והמשכת האור והם אותיות של התורה שיגרוס וילמוד כו׳ ואז ממילא יומשך ויתקיים האור ועמ״ש מזה בביאור ע״פ וקבל היהודים כו׳.

C’est parce que le service essentiel consiste à créer de nombreux réceptacles pour la révélation et l’attraction de la lumière ; ces réceptacles sont les lettres de la Torah, qu’il récite et étudie, etc. Alors, de lui-même, la lumière sera attirée et se maintiendra. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Et les Juifs acceptèrent », etc.

Explication

La raison en est que le service essentiel consiste à créer de nombreux réceptacles pour la lumière, et que ceux-ci sont les lettres de la Torah qu’une personne récite et étudie. Dès lors que les réceptacles sont présents, la lumière s’y attire et s’y maintient d’elle-même. L’Alter Rebbe renvoie à son explication des mots « Et les Juifs acceptèrent » dans Torah Ohr.

Le paragraphe 19 en bref

Réciter la Torah même sans la comprendre a une grande valeur, car cela crée les réceptacles — les lettres — dans lesquels la lumière s’attire ensuite d’elle-même.

Maré mekomot

  1. 1
    ספ״ק דע״ז · יט, א.
  2. 2
    ואע״ג דמשכח · ועל״ק ד״ה והי׳ לכם לציצית הא׳ [מד, א]. פ״ג מלמדין אותו כל התורה כולה ואח״כ משכחין ודו״ק. וע׳ שה״ש ביאור שחורה ח, ד. [כ].
  3. 3
    לעולם ליגרס אינש ואע״ג דמשכח · Avodah Zarah 19a:10–11
  4. 4
    גרסה נפשי לתאבה · Psalms 119:20
  5. 5
    בביאור ע״פ וקבל היהודים · תו״א צז, ב.
  6. 6
    וקבל היהודים · Esther 9:23

Elle ne craint pas la neige ¶20

20ובכ״ז [ובכל זה] יובן מ״ש לא תירא לביתה משלג כי כל ביתה לבוש שנים פי׳ כי בהרת עזה כשלג

Tout cela permet de comprendre ce qui est écrit : « Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue d’écarlate. » Explication : car la bahéret est « blanche éclatante comme la neige »,

Explication

Tout cela explique le verset de la femme vaillante : « Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue d’écarlate. » Le lien tient au fait que la bahéret, le premier type de plaie, est décrite comme « blanche éclatante comme la neige ».

והוא ענין הסתלקות ועיכוב התפשטות הדם באותו מקום הבהרת שבהדם מלובש חיות הנפש וכשמסתלק נהפך לחוור כשלג.

et cela correspond au retrait et à l’arrêt de la circulation du sang en ce lieu où se trouve la bahéret ; car la force vitale de l’âme est revêtue dans le sang, et lorsqu’elle se retire, [l’endroit] devient blanc comme la neige.

Explication

Une tache d’un blanc éclatant apparaît là où le sang cesse de circuler sous la peau : la force vitale de l’âme est revêtue dans le sang et, là où le sang se retire, l’endroit devient blanc comme la neige.

והוא ענין הסתלקות מוחין דאבא כי והחכמה תחיה ובה מלובש אור א״ס [אין סוף] וזהו ענין הדפק (וכמ״ש במ״א ע״פ קול דודי דופק).

Cela correspond au retrait des mo'hin d’Abba, car « la sagesse donne la vie », et la Lumière infinie (Or Ein Sof) est revêtue en elle ; cela correspond à la pulsation (dofek), comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « La voix de mon bien-aimé frappe (dofek). »

Explication

Sur le plan spirituel, il s’agit du retrait des mo'hin d’Abba, car « la sagesse donne la vie » et la Lumière infinie y est revêtue. C’est la « pulsation » de la vie, que l’Admour Hazaken relie ailleurs aux mots : « La voix de mon bien-aimé frappe (dofek). »

והנה תשבע״פ [תורה שבעל פה] נק׳ חוט השני וכמ״ש סד״ה נאוו לחייך בתורים. ועמ״ש בענין תולעת שני ע״פ זאת חקת התורה

Or la Torah orale est appelée « le fil écarlate », comme cela est expliqué à la fin du discours qui commence par « Tes joues sont belles, ornées de rangées ». Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de la laine écarlate (tola'at chani), à propos du verset « Voici le statut de la Torah »,

Explication

La Torah orale est appelée « le fil écarlate », comme l’explique le discours « Tes joues sont belles, ornées de rangées », dans Likkutei Torah sur le Cantique des Cantiques, ainsi que le discours « Voici le statut de la Torah », au sujet de la laine écarlate utilisée pour la vache rousse.

והיא המשכת אור וחיות הח״ע [החכמה עילאה] וחוט השני אדום זהו כמשל התפשטות דם הנפש הפך הבהרת שהיא עיכוב סיבוב הדם כו׳

et elle correspond à la diffusion de la lumière et de la force vitale de la 'Hokhma supérieure (Hokhma Ilaa) ; le fil écarlate est rouge, à l’image de la circulation du sang de l’âme, à l’opposé de la bahéret, qui correspond à l’arrêt de la circulation du sang, etc.

Explication

La Torah orale fait descendre la lumière et la force vitale de la 'Hokhma supérieure, et le fil écarlate est rouge, comme le sang qui circule avec la vie de l’âme. C’est l’exact opposé de la bahéret, où la circulation du sang s’arrête.

ועמ״ש בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע בענין שהתורה נק׳ אדם א׳ דם שהוא הממשיך חיות לכל הרמ״ח איברים

Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Lorsque les enfants d’Israël dirent “Nous ferons” avant “Nous entendrons” », au sujet de la Torah appelée adam : alef-dam (« sang »), qui transmet la force vitale aux 248 membres,

Explication

L’Admour Hazaken cite également son discours « Lorsque les enfants d’Israël dirent “Nous ferons” avant “Nous entendrons” » : la Torah est appelée adam, que l’on peut lire alef plus dam, « sang » — le sang qui transmet la vie aux 248 membres, lesquels correspondent aux mitsvot.

שהם המצות וע״כ [ועל כן] נאמר על כנס״י [כנסת ישראל] שהיא בחי׳ רחל שכנגדה הקליפה הנק׳ בהרת עזה כשלג כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שלא תירא מהתהוותבחי׳ זו מפני

qui sont les mitsvot. C’est pourquoi il est dit de l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël), qui est du niveau de Rachel, que la kelipa (l’écorce) qui lui fait face est appelée « bahéret blanche éclatante comme la neige ». Comme il est écrit dans Etz Chaim, elle ne craint pas que ce niveau vienne à se former, car

Explication

Le verset est donc dit de l’Assemblée d’Israël, qui correspond à Rachel et dont la kelipa opposée est la « bahéret blanche éclatante comme la neige », comme le dit Etz Chaim. Elle n’a pas à craindre que cette kelipa vienne à se former.

כי כל ביתה לבוש שנים תשבע״פ [תורה שבעל פה] שממשיך גילוי ח״ע [חכמה עילאה] אבא יסד ברתא ועי״ז אין שום מקום להתהוות בחי׳ בהרת הנ״ל (ועיין בפ׳ ויחי דרל״ח ע״ב ע״פ לא תירא כו׳ ובפ׳ חקת דקפ״ד ע״א):

« toute sa maison est vêtue d’écarlate » : la Torah orale, qui fait descendre la révélation de la 'Hokhma supérieure — « Abba a fondé la fille » ; grâce à cela, il n’y a absolument aucun espace où le niveau de bahéret mentionné plus haut puisse se former. (Voyez aussi, dans la paracha Vayé'hi, folio 238, côté b, à propos du verset « Elle ne craint pas », etc., et dans la paracha 'Houkat, folio 184, côté a.)

Explication

Sa maison est vêtue d’« écarlate », c’est-à-dire de la Torah orale, qui fait descendre jusqu’à elle la révélation de la 'Hokhma supérieure, conformément aux mots du Zohar : « Abba (la 'Hokhma) a fondé la fille (Mal'hout). » Lorsque la vie de la 'Hokhma s’écoule, il n’y a pas de place pour la bahéret blanche et sans vie. L’Admour Hazaken ajoute deux références du Zohar à propos de ce verset.

Le paragraphe 20 en bref

Le verset de la femme vaillante est interprété à partir de la plaie : l’Assemblée d’Israël (Rachel) n’a pas à craindre la « neige » de la bahéret, qui correspond au retrait de la force vitale de la 'Hokhma, car elle est vêtue de l’« écarlate » de la Torah orale, qui maintient cette force vitale en circulation.

Pour aller plus loin

Les deux passages du Zohar cités interprètent le verset dans ce sens. Dans Vayé'hi, la « neige » désigne le jugement du Guéhinom, dont l’Assemblée d’Israël est protégée parce que « toute sa maison est vêtue de chanim », terme compris comme « paires », telles que les tsitsit et les téfilines ; dans 'Houkat, l’Assemblée d’Israël est nourrie des deux côtés, celui de la miséricorde et celui du jugement, et ne craint donc pas la neige, car « le blanc est dans le rouge et le rouge dans le blanc ».

Maré mekomot

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    לא תירא לביתה משלג · Proverbs 31:21
  4. 4
    בהרת עזה כשלג · Shevuot 5a
  5. 5
    בהרת עזה כשלג · Mishnah Negaim 1:1
  6. 6
    והחכמה תחי׳ · Ecclesiastes 7:12
  7. 7
    קול דודי דופק · Song of Songs 5:2
  8. 8
    וכמ״ש סד״ה נאוו לחייך בתורים · לקו״ת שה״ש יג, ג.
  9. 9
    נאוו לחייך בתורים · Song of Songs 1:10
  10. 10
    זאת חקת התורה · Numbers 19:2
  11. 11
    בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע · Shabbat 88a:7–8
  12. 12
    אבא יסד ברתא · Zohar III, 248a
  13. 13
    אבא יסד ברתא · Tikkunei Zohar 61b:4–5

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Le maamar tire lui-même la leçon : la ferveur de la prière qui n’est pas suivie de l’étude de la Torah peut se transformer en colère, en ego et en mauvais désirs ; après le ratso de la prière, il faut donc passer au chov, en faisant descendre la lumière dans les nombreux réceptacles de la Torah et des mitsvot. La Torah doit être étudiée avec bitoul, et non comme une possession personnelle. La techouva doit commencer là où se trouve le défaut : en éveillant l’amour du cœur, puis en le faisant entrer dans le bitoul. Il faut aussi continuer à réciter la Torah même lorsqu’on l’oublie ou qu’on ne la comprend pas pleinement, car les lettres sont des réceptacles dans lesquels la lumière descend d’elle-même.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar dit-il que le ratso, l’amour ardent de D.ieu, peut devenir une source de nourriture pour les forces extérieures ? De quoi a-t-il besoin pour être saint ?
  2. Comment le maamar résout-il la contradiction apparente entre « il sera amené au kohen » et « le kohen sortira » ?
  3. Pourquoi l’étude de la Torah, à elle seule, ne peut-elle pas guérir le metzora, et que faut-il faire avant ?
  4. Quel lien y a-t-il entre Léa et Ra’hel, les lettres de la pensée et de la parole, le « bon nom » et le « mauvais nom » du metzora ?
  5. Selon le maamar, pourquoi vaut-il la peine de réciter la Torah même sans la comprendre ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Metzoraמצורע

  1. 1זאת תהיה תורת המצורע ביום טהרתו…“This shall be the law (torah) of the metzora on the day of his purification”